• Ce que veut le groupe de Visegrad

    Les premiers ministres du groupe Visegrad en conférence de presse à Varsovie, le 2 mars 2017. De gauche à droite, le Tchèque Bohuslav Sobotka, le Hongrois Viktor Orban, la Polonaise Beata Szydlo et le Slovaque Robert Fico.

    Les premiers ministres du groupe Visegrad en conférence de presse à Varsovie, le 2 mars 2017. De gauche à droite, le Tchèque Bohuslav Sobotka, le Hongrois Viktor Orban, la Polonaise Beata Szydlo et le Slovaque Robert Fico

    Le groupe de quatre pays membres de l’UE – Pologne, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie – s’est réuni jeudi 2 mars à Varsovie, pour s’accorder sur la ligne commune à tenir pour les prochains sommets à 27.

    Le groupe, identifié pour ses positions anti-migrants, veut mettre en avant d’autres thèmes comme le souverainisme, la défense du marché unique, et les conséquences d’une « Europe à plusieurs vitesses » dont ils seraient écartés.

    Avant les 60 ans du traité de Rome

    Le groupe de Visegrad (« V4 » : Pologne, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie) a demandé que le Conseil européen présente à son prochain sommet à Rome, le 25 mars, un projet consensuel de réformes de l’Union européenne pour préserver son unité.

    Cette position a été présentée à Varsovie par la Première ministre polonaise Beata Szydlo, au lendemain de la présentation par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker de ses « pistes » pour l’avenir de l’UE après le Brexit, dont certains passages portent sur une « Europe à plusieurs vitesses ». « Nous voulons une meilleure Europe, pas “plus d’Europe” ou “moins d’Europe” », a-t-elle encore insisté.

    Toujours le refus des migrants

    C’est le thème qui a ressoudé le Groupe de Visegrad à partir de 2015. En effet, ce dernier n’avait plus vraiment de raison d’être, une fois accomplies ses deux vocations premières : l’intégration dans l’UE et dans l’Otan après la chute de l’empire soviétique.

    Les quatre pays se rejoignent sur la même ligne idéologique, avec un besoin de se recentrer sur les identités nationales, de fermer les frontières aux migrants musulmans notamment. Ils ont fermement combattu la logique de répartition des réfugiés dans l’UE, et ont pour le moment obtenu gain de cause lors des derniers sommets.

    Néanmoins, la question d’un asile européen, avec un mécanisme de solidarité, est remise sur la table des discussions par l’Allemagne et des pays du sud qui dénoncent une charge déséquilibrée sur le continent.

    Le « V4 » veut donc resserrer les rangs sur ce point. Mais plus le temps avance, plus les quatre pays risquent de se heurter à un mur budgétaire, alors que les nouvelles perspectives financières vont bientôt être discutées. Pour le moment, le groupe de Visegrad est bénéficiaire des politiques communautaires. Les contributeurs de l’Ouest font valoir que la solidarité ne peut fonctionner à sens unique.

    Préserver le secteur agro-alimentaire et le marché unique

    Voilà une manière de déplacer le bras de fer Est-Ouest, très centré sur l’immigration, sur le plan du marché intérieur, que la première ministre polonaise Beata Szydlo a invité à « préserver » ce jeudi.

    Selon les quatre pays, il existerait deux poids deux mesures dans la qualité des produits fournis par les géants de l’agroalimentaire, avec des meilleurs standards à l’ouest et des biens de consommation inférieurs à l’Est. Cette dénonciation repose sur une étude sur 24 produits, réalisée par l’autorité hongroise de la sécurité alimentaire.

    Le « V4 » demande à la commission européenne de fixer des règles pour sanctionner les entreprises qui essayent de vendre leurs « déchets agro-industriels », estime Janos Lazar, chef de cabinet du premier ministre hongrois, Viktor Orban.

    Souverainisme

    S’il est un message que le Groupe de Visegrad veut adresser, c’est bien celui-là : l’UE doit rendre aux États leur souveraineté. Dans le processus législatif européen, il estime que les chambres nationales doivent avoir le dernier mot.

    Ses membres voudraient aussi donner davantage de poids au Conseil européen – donc aux chefs d’État – au détriment de la Commission. Pour eux l’Europe doit se centrer sur des missions sécuritaires : renfort des contrôles aux frontières de l’UE, lutte contre le terrorisme. Ils ne sont pas contre l’idée de développer une armée européenne.


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