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    Le Sénat américain limite les frappes sur la Syrie à 90 jours

    Un nouveau projet de résolution a été élaboré mardi 3 septembre 2013 au Sénat pour autoriser Barack Obama à lancer des frappes militaires en Syrie. Il fixe une limite de 60 jours à une intervention militaire, avec possibilité de prolongation de 30 jours, et il interdit l'envoi de troupes au sol.

    "La commission des Affaires étrangères du Sénat a élaboré une autorisation du recours à la force militaire qui reflète la volonté et les inquiétudes des démocrates et des républicains", a annoncé le président de la commission, le démocrate Robert Menendez, dans un communiqué.

    La résolution "n'autorise pas l'utilisation des forces armées américaines sur le sol en Syrie dans le but d'opérations de combat", précise le document, que l'AFP et Reuters ont pu consulter. L'intervention devrait en outre être "limitée", selon le texte de compromis.

    Ce nouveau texte vise à gagner le soutien des élus démocrates et républicains encore sceptiques du Congrès. Il pourrait faire l'objet d'un vote au sein de la commission des Affaires étrangères dès mercredi, ce qui permettrait à l'ensemble du Sénat d'en débattre dès la rentrée parlementaire, lundi prochain.


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  • Au Darfour, les violences tribales font 128 morts

    Le bilan humain ne cesse de s'alourdir au Darfour où plus de 128 combattants ont été tués dans de nouveaux affrontements entre tribus rivales après plusieurs jours de violences dans la région.

    Ils opposent les tribus Misseriya et Salamat, malgré une trêve signée le 3 juillet. Vendredi et samedi, les combats entre les deux groupes avaient déjà fait au moins 94 victimes selon les Misseriya. Un bilan contesté par les Salamat, qui ont affirmé avoir perdu 52 hommes, et non 86 comme l'affirmaient leurs opposants, et en avoir tué "un certain nombre" dans le camp adverse.

    L'origine du conflit remonte à 2003, lorsque des rebelles issus de tribus locales se sont soulevés contre Khartoum pour dénoncer la domination économique et politique des élites arabes, déclenchant un conflit long et dévastateur qui a fait au moins 300 000 morts et 1,8 million de déplacés au Darfour, selon l'ONU.

    PLUS DE 300 000 MORTS DEPUIS LE DÉBUT DU CONFLIT

    La mission commune de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour (Minuad) considère que les rivalités tribales sont la principale source du regain de tension qui a fait près de 300 000 nouveaux déplacés dans les cinq premiers mois de 2013, soit deux fois plus que pendant les deux années précédentes combinées.

    "L'absence des autorités de l'Etat a conduit aux affrontements", a indiqué Eltigani Seisi, un des principaux leaders au Darfour. De son côté, le vice-président soudanais, Ali Osman Taha, a assuré que le président Omar Al-Bachir travaillait pour trouver "des solutions radicales aux problèmes du Soudan et pour traiter les causes profondes du conflit au Darfour".

    Un responsable du Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU a précisé mardi qu'au cours des six premiers mois de 2013, 30 000 Soudanais avaient fui vers le Tchad voisin en raison de la résurgence des combats.

     


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  • Les drones américains ont tué au moins 147 civils au Pakistan

    Un document confidentiel du gouvernement pakistanais vient contredire la version de Washington, affirmant que les drones de la CIA font un nombre extrêmement limité de victimes collatérales.

    Depuis neuf ans, la guerre des drones fait rage dans les régions tribales, au nord-ouest du Pakistan. Le nombre de civils tués dans cette zone difficile d'accès reste pour le moment un mystère. Officiellement, l'administration américaine admet un nombre extrêmement limité de victimes collatérales. Un document confidentiel du gouvernement pakistanais, dévoilé lundi par le site d'informations britannique Bureau of Investigative Journalism vient contredire les affirmations de Washington.

    Islamabad détaille le nombre de victimes dans les frappes américaines entre le 1er janvier 2006 et le 24 octobre 2009. Durant ces trois ans, les drones américains aurait tué 746 personnes. Un mort sur cinq serait un civil. Le nombre de victimes collatérales s'élèverait ainsi à 147 personnes. Ce chiffre comprend 94 enfants. Le décompte des Pakistanais ne porte que sur trois des neuf années de frappes américaines. Il couvre principalement le mandat de George W. Bush, seuls les neuf premiers mois d'Obama à la Maison-Blanche sont inclus. Durant cette période, la CIA a ordonné 75 frappes, auxquelles s'ajoutent cinq attaques réalisées par l'Otan. L'ONU estime qu'en neuf ans, au moins 400 civils ont été les victimes collatérales des frappes américaines.

    Cette estimation s'appuie sur le travail de fonctionnaires envoyés sur place par le gouvermement. Cette enquête de terrain est d'autant plus notable que les conditions de sécurité et les risques d'enlèvement rendent la zone inaccessible aux médias occidentaux. Le document comporte néanmoins de nombreuses lacunes. Aucune victime n'est clairement identifiée. Pour une bonne partie de l'année 2009, les fonctionnaires envoyés sur place se contentent de noter que des civils faisaient partie des morts, sans préciser leur nombre exact. Seuls trois civils sont tués lors des neuf premiers mois du mandat Obama. Or, l'utilisation des drones s'est intensifiée depuis 2008, au point de devenir la principale arme dans la guerre d'Obama contre le terrorisme.

    Washington n'offre aucune évaluation officielle sur la question. La guerre des drones est un secret bien gardé et le débat fait actuellement rage aux États-Unis. Le gouvernement américain refuse d'évoquer publiquement les détails du programme. En février, devant le Sénat, le patron de la CIA, John Brennan, a expliqué que les attaques étaient ordonnées seulement quand l'agence était sûre qu'aucun civil ne serait blessé ou tué, ajoutant que les victimes collatérales sont «extrêmement rares». Mais la définition même d'un civil est l'objet d'une controverse. L'administration Obama se sert du terme «militant» pour définir «tous les hommes en âge de combattre présents sur la zone de bombardement» et afin de minimiser le nombre de victimes collatérales.


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  • MAIDUGURI (Nigeria) - L'armée nigériane a annoncé vendredi la libération de 58 femmes et enfants liés à l'insurrection menée par le groupe islamiste Boko Haram dans le nord-est du pays, et dans le même temps l'arrestation de 56 autres insurgés.

    En outre, l'armée, souvent accusée de mauvais traitements, a affirmé avoir libéré le groupe de femmes et des enfants dans un geste d'apaisement.

    Le plus jeune des enfants relâchés dans l'Etat de Borno a indiqué à des journalistes, au cours d'une cérémonie annonçant leur libération, être âgé de 9 ans. Au total, vingt femmes et enfants ont été libérés à Borno et 38 dans l'Etat voisin de Yobe.

    Nous remettons six femmes et 14 jeunes garçons au gouvernement de l'Etat de Borno comme nous l'a demandé le quartier général de la Défense, a indiqué à la presse le lieutenant-colonel Sagir Musa, porte-parole de l'armée de l'Etat de Borno.

    A Yobe, le lieutenant Eli Lazarus a annoncé la libération de 17 femmes et 21 enfants.

    Nous espérons que cette libération servira la finalité pour laquelle elle a été menée, a-t-il déclaré, sans toutefois donner davantage de précisions.

    L'armée avait justifié l'arrestation d'enfants par leur implication directe avec les islamistes, qui les utilise comme guetteurs ou coursiers.

    Des critiques s'étaient élevées contre le comportement de l'armée dans son combat contre les islamistes de Boko Haram, mentionnant des arrestations arbitraires, détentions illégales et des meurtres.

    D'autre part, l'armée nigériane qui a lancé une vaste offensive le 15 mai dans les territoires contrôlés par le groupe islamiste Boko Haram dans le nord-est du pays, a annoncé vendredi de nouvelles arrestations.

    Au total, 56 insurgés, identifiés, ont été arrêtés avec l'aide des chiens policiers de l'armée, a précisé l'armée nigériane dans un communiqué, sans toutefois dévoiler dans quelles localités les arrestations ont été menées.

    Des armes et des bombes artisanales, selon l'armée, ont été trouvées au cours de ces interpellations.

    L'armée s'est refusée à fournir un bilan des victimes ou le nombre de personnes interpellées.

    Cependant les arrestations mentionnées dans différents communiqués militaires portent leur nombre à environ 200.

    Le réseau téléphonique mobile a été coupé dans la plupart des Etats du nord-est dans lesquels est menée cette offensive d'envergure, rendant impossible de vérifier les informations données par l'armée et par les islamistes.

    Dans une vidéo visionnée mardi par l'AFP, le présumé chef des insurgés, Abubakar Shekau, a affirmé que l'armée reculait et a démenti les communiqués annonçant le succès de l'opération.

    L'armée nigériane a aussitôt riposté, déclarant que les insurgés étaient en déroute, et qualifiant les affirmations de Boko Haram de propagande vide de sens.

    Le président nigérian Goodluck Jonathan a déclaré le 14 mai l'état d'urgence dans trois Etats du nord-est considérés comme des fiefs de Boko Haram avant de lancer son offensive.

    Selon l'ONG Human Rights Watch, les attaques de Boko Haram et la répression de l'insurrection par les forces de sécurité ont fait 3.600 morts depuis 2009.

    Le Nigeria - premier producteur de brut sur le continent - compte plus de 160 millions habitants vivant dans un Nord majoritairement musulman et un Sud principalement chrétien.


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  • Lors d'un débat au Conseil de sécurité, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a affirmé mercredi que le viol en temps de guerre ne brisait pas seulement des vies, mais aussi des familles et des communautés et posait des obstacles à la réconciliation et au développement durable.

     

    Si la responsabilité de prévenir la violence sexuelle incombe principalement aux gouvernements, la communauté internationale doit, a assuré M. Ban, redoubler d'efforts collectifs pour éradiquer les causes profondes de ce fléau, qui touche en premier lieu filles et femmes, mais également les hommes et les garçons.

     

    « Pour réussir, nous devons utiliser tous les outils à notre disposition : opérations de maintien de la paix et missions politiques, efforts de médiation et de protection des droits de l'homme et fourniture d'une assistance humanitaire », a énuméré M. Ban devant les quinze membres du Conseil.

     

    « Cela englobe tous les artisans de la paix au lendemain des conflits et suppose le rétablissement de la primauté du droit, la promotion de l'égalité entre les sexes, le relèvement rapide et le développement à plus long terme », a-t-il affirmé.

     

    Le Secrétaire général a souligné le rôle important des opérations de maintien de la paix actuellement déployées au Soudan, au Soudan du Sud et en RDC qui, en coopération avec les équipes de pays des Nations Unies, s'efforcent de mettre en place des arrangements pour le suivi, l'analyse et l'information des données. « C'est une priorité qui, je l'espère, pourra être finalisée avant la fin de l'année », a-t-il dit.

     

    De son côté, la Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Hawa Bangura, a présenté le rapport du Secrétaire général dont le Conseil de sécurité était aujourd'hui saisi, rapport qui couvre 22 zones de conflit, dont pour la première fois le Mali.

     

    Le document met notamment en évidence le lien entre violence sexuelle et exploitation illégale des ressources, insiste sur les causes de tels crimes dans les déplacements de populations et met l'accent sur les mariages forcés, viols et esclavage sexuel imputables aux groupes armés. Par ailleurs, il dénonce l'utilisation de la violence sexuelle comme tactique d'intimidation dans le contexte des détentions ou des interrogatoires et insiste sur la nécessité de disposer d'informations quant au sort des enfants nés de femmes violées en temps de guerre.

     

    « Le rapport met l'accent sur l'urgence de veiller à ce que les considérations en matière de violences sexuelles soient systématiquement prises en compte dans les processus et les accords de paix, ainsi que dans les réformes du secteur de la sécurité et les processus de démobilisation, désarmement et réintégration (DDR) auxquels les Nations Unies sont parties prenantes.

    « Nous devons braquer les projecteurs sur ceux qui commentent ces crimes, mais aussi sur ses commanditaires ou ceux qui les tolèrent », a déclaré la Représentante spéciale, pour qui l'engagement du Conseil doit servir de déclaration d'intention sans équivoque : à savoir que la violence ne sera pas tolérée et que le droit international sera appliqué pour veiller à ce que de tels crimes ne restent pas impunis.

     

    « Nous devons continuer à renforcer ce régime, notamment par un système efficace de respect de celui-ci », a-t-elle ajouté. « La violence sexuelle en temps de conflit a été utilisée à travers les âges précisément parce qu'elle est une arme peu coûteuse et dévastatrice, mais plus meurtrière que n'importe quelle bombe. Nous pouvons et devons inverser cette tendance et en faire un crime pour lequel le prix à payer est considérable », a estimé Mme Bangura.

     

    Parmi les autres recommandations du Secrétaire général, figure l'idée d'un appel collectif à la lutte contre les violences sexuelles dans le cadre des efforts de paix.

     

    « Prenons l'engagement, aujourd'hui, autour de cette table, que partout où la violence sexuelle est une préoccupation, il n'y aura plus d'accord de paix, de cessez-le-feu ou de mécanisme de vérification de cessez-le-feu dépourvus d'un consacré à la prévention de la violence sexuelle et à la réponse à y apporter », a exhorté Mme Bangura.

     

    « Ceci inclut des accords qui devront éventuellement être conclus au Mali et en Syrie pour mettre fin à ces conflits », a-t-elle ajouté, avant d'annoncer son intention d'accepter les invitations des gouvernements de ces deux pays, ainsi que du Soudan du Sud, à se rendre dans ces trois pays aussi vite que possible.


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