• L'Union africaine a décidé qu'Uhuru Kenyatta n'irait pas devant la CPI tant que la requête d'ajournement de son procès n'aurait pas reçu de réponse. Le président kényan est poursuivi pour crimes contre l'humanité.

    Uhuru Kenyatta n'ira pas à La Haye

    Uhuru Kenyatta a déclaré samedi que la CPI était un «jouet des pouvoirs impérialistes en déclin»

    L'Union africaine (UA) a décidé que le président kényan Uhuru Kenyatta ne devrait pas se rendre devant la Cour pénale internationale (CPI), tant qu'une requête d'ajournement formulée par l'UA n'a pas reçu de réponse, a annoncé samedi le chef de la diplomatie éthiopienne. Le procès doit s'ouvrir le 12 novembre.

    «Ce dirigeant élu devrait gouverner son pays», a déclaré à la presse le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Tedros Adhanom Gebreyesus. Par conséquent, «le Sommet (de l'UA) a décidé que le président Kenyatta ne devrait pas comparaître, tant que nos requêtes n'ont pas reçu de réponse», a-t-il ajouté.

    L'UA a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU un ajournement des poursuites en cours à La Haye contre les dirigeants en exercice. L'UA était notamment réunie samedi à Addis Abeba pour examiner les liens entre l'organisation panafricaine et la CPI.

    Cet examen avait été réclamé par le Kenya, dont le président Uhuru Kenyatta et le vice-président William Ruto, élus en mars dernier, sont poursuivis depuis 2011 pour crimes contre l'humanité par la CPI.

    Le Soudan aussi concerné

    «Un groupe de contact (...) va entreprendre des consultations avec les membres du Conseil de sécurité de l'ONU (...), afin de discuter de toutes les préoccupations de l'UA concernant ses relations avec la CPI, notamment l'ajournement des affaires kényanes et soudanaise», a déclaré en fermant le Sommet le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, président en exercice de l'organisation.

    Outre les poursuites contre les deux hommes forts de l'exécutif kényan, M. Hailemariam faisait référence au mandat d'arrêt émis contre le président soudanais, objet depuis 2009 d'un mandat d'arrêt de la CPI. Il est accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et génocide au Darfour (ouest du Soudan).

    «Jouet des pouvoirs impérialistes en déclin»

    La Cour pénale internationale (CPI) «n'est plus le lieu de la justice mais le jouet des pouvoirs impérialistes en déclin», a accusé samedi le Uhuru Kenyatta lors d'un discours devant le Sommet de l'Union africaine à Addis Abeba.

    «Cette Cour agit sur demande des gouvernements européens et américain, contre la souveraineté des Etats et peuples africains (...) des gens ont qualifié cette situation de 'chasse raciale', j'ai de grandes difficultés trouver cela faux», a-t-il ajouté, selon le texte officiel de son discours.

     


    votre commentaire
  • La Cour pénale internationale (CPI) a parfois des allures d'auberge espagnole. A l'heure du troisième assaut des forces kényanes contre les terroristes chabab retranchés dans un centre commercial de Nairobi, lundi 23 septembre au matin, William Ruto dévalait les marches de la cour de La Haye et filait vers l'aéroport. Le vice-président du Kenya est jugé aux Pays-Bas depuis le 10 septembre, accusé de crimes contre l'humanité pour les violences postélectorales de 2007-2008. Impossible, assure-t-il, de remplir son mandat depuis le box des accusés.

    Le drame de Nairobi lui donne pour un instant raison. Mais si William Ruto a obtenu un répit d'une semaine, le casse-tête de la CPI n'en est pas pour autant fini, car le procès du chef de l'Etat kényan Uhuru Kenyatta, lui aussi poursuivi pour crimes contre l'humanité, est prévu le 12 novembre.

    Depuis l'élection de mars qui a porté les deux hommes à la tête du pays, la fronde africaine contre la CPI va crescendo. L'Union africaine demande à l'ONU de suspendre les procédures, et à la CPI de remettre les deux affaires à la justice kényane. Certains Etats du continent menacent même de se retirer de son traité fondateur. Aux premières lignes de la fronde anti-CPI figurent plusieurs Etats de l'Est africain, dont le Rwanda (Kigali ne goûte pas l'intérêt de la Cour pour les milices qu'il soutient dans l'Est congolais) et l'Ouganda, qui espère exporter ses richesses pétrolières depuis les ports kényans de l'océan Indien.

    PAS AUSSI LOIN QUE LES ETATS-UNIS

    Partie ou non du traité de 1998, chaque pays se concocte un menu à la carte. Si le Kenya est surveillé de près, personne ne semble blâmer l'Ivoirien Alassane Ouattara, qui depuis dix-neuf mois refuse le transfert de Simone Gbagbo. A Abidjan, vendredi 20 septembre, le conseil des ministres a annoncé que l'épouse du président déchu Laurent Gbagbo ne serait pas, contrairement à lui, hébergée à La Haye. Face aux manquements d'Abidjan, les juges n'ont pris aucune décision ferme.

    Le dossier libyen, lui, continue à pourrir. Français, Britanniques et Américains ne veulent pas d'un procès international contre Saïf Al-Islam Kadhafi, fils du Guide, et Abdullah Al-Senoussi, ex-chef du renseignement libyen. La CPI ne s'est pas plainte au Conseil de sécurité de l'ONU, qui l'avait pourtant saisie en 2011, et son procureur assure désormais qu'ils peuvent bénéficier d'un procès équitable sur le sol libyen.

    Contre le président soudanais, Omar Al-Bachir, ciblé par deux mandats d'arrêt, les magistrats se font en revanche plus pressants. Ils ont demandé à Washington de l'arrêter s'il devait poser le pied sur le sol américain, alors que, depuis Khartoum, M. Bachir assure avoir réservé un hôtel pour assister à l'Assemblée générale de l'ONU.

    Si la fronde vient aujourd'hui d'Afrique, c'est bien parce que, pour l'heure, seul le continent est visé. Mais aucun Etat n'est allé aussi loin que les Etats-Unis en 2002, quand le Congrès avait voté un texte resté célèbre comme "The Hague invasion act", autorisant le président américain à "utiliser tous les moyens nécessaires" s'il fallait libérer un citoyen américain détenu à La Haye.

    (Le monde)


    votre commentaire
  • CPI/Procès Ruto : le Kényan soupçonné de soudoyer des témoins nie avoir violé la loi

    NAIROBI - Le Kényan soupçonné d'avoir soudoyé ou tenté de soudoyer trois témoins de l'accusation cités au procès du vice-président kényan William Ruto devant la Cour pénale internationale (CPI) a nié mercredi avoir violé la loi.

    Je n'ai violé aucune loi, a déclaré à l'AFP Walter Barasa, un ancien journaliste. Je n'ai été impliqué dans aucune violence. Pourquoi devrais-je être arrêté? a-t-il poursuivi après la publication par la CPI d'un mandat d'arrêt contre lui.

    Il a affirmé à l'AFP avoir fait l'objet d'un chantage de la part d'un enquêteur de la CPI.

    Cet enquêteur m'a demandé de reconnaître que j'avais été envoyé par le vice-président (Ruto) pour soudoyer des témoins, a expliqué M. Barasa, faisant état de menaces d'émettre un mandat d'arrêt contre lui dans le cas contraire.

    Je lui ai dit que je n'avais jamais rencontré le vice-président, a-t-il ajouté.

    M. Barasa a par la suite annulé, sur les conseils de son avocat, la conférence de presse qu'il avait annoncée à Nairobi.

    Le vice-président kényan Ruto est jugé pour crimes contre l'humanité depuis le 10 septembre devant la CPI à La Haye pour son rôle présumé dans les violences politico-ethniques qui avaient suivi le résultat contesté de la présidentielle de fin 2007.

    Le bureau du procureur de la CPI a, à plusieurs reprises, dénoncé des intimidations présumées de témoins dans ce procès, ainsi que dans celui à venir du président kényan Uhuru Kenyatta.

    M. Kenyatta, qui était dans un camp opposé à celui de M. Ruto lors du scrutin de 2007, est lui aussi accusé de crimes contre l'humanité pour son implication présumée dans les violences. Son procès doit s'ouvrir le 12 novembre.

    MM. Kenyatta et Ruto ont été élus à la tête de l'Etat sur un ticket commun lors de la présidentielle de mars dernier, qui s'est déroulée pacifiquement.

    Ancien journaliste, M. Barasa a notamment collaboré dans le passé avec des publications du groupe Mediamax, propriété de la famille Kenyatta.

    Mediamax a précisé mercredi ne plus employer M. Barasa.

    L'émission par la CPI d'un mandat d'arrêt contre M. Barasa coïncide avec la mystérieuse disparition d'un blogueur kényan controversé, accusé d'avoir révélé l'identité du premier témoin dans le procès de M. Ruto devant la CPI, qui avait été maintenue secrète pour des raisons de sécurité.

    Ce blogueur n'a pas donné signe de vie depuis douze jours, et on ignore si sa disparition est liée au procès. La CPI a refusé de confirmer ou de démentir avoir émis un mandat d'arrêt contre lui.


    votre commentaire
  • La CPI réclame l’Ivoirien Charles Blé Goudé

    La Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d’arrêt contre Charles Blé Goudé pour sa responsabilité dans les violences post-électorales en Côte d’Ivoire.

    Les autorités d’Abidjan ne semblent pas pressées de répondre à cette demande.

    La Cour pénale internationale (CPI) a rendu public, mardi 1er octobre, son mandat d’arrêt émis il y a deux ans (mais il était sous scellés) contre Charles Blé Goudé, le leader ivoirien des jeunes patriotes (milice ultra-violente) et proche du président déchu Laurent Gbagbo.

    Aux yeux de la CPI, Charles Blé Goudé « aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité (meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains) qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences post-électorales survenues sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011 ».

    Le troisième Ivoirien visé par la CPI

    Après Laurent Gbagbo et son épouse Simone, Charles Blé Goudé, actuellement en détention à Abidjan, est donc le troisième suspect à faire l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI pour les violences post-électorales en Côte d’Ivoire. Mais seul Laurent Gbagbo a été extradé par la justice ivoirienne. 

    Depuis, on peut noter l’hostilité de plus en plus déclarée d’Abidjan à répondre favorablement aux demandes de la Cour internationale.

    Résistances d’Abidjan

    Ainsi, le 27 septembre, le gouvernement ivoirien annonçait que Simone Gbagbo ne serait pas transférée à la Cour pénale internationale au motif qu’il avait désormais les moyens d’assurer équitablement son procès. Le 30 septembre, il demandait à la CPI de se déclarer incompétente pour la poursuivre.

    On peut s’attendre à la même attitude pour le cas de Charles Blé Goudé. Bruno Koné, le porte-parole du gouvernement, a d’ailleurs déjà déclaré qu’Abidjan répondra à la CPI « au moment venu » ! « Chaque cas est particulier. Nous ne voulons pas entrer dans une logique de réponse globale. Nous garderons toujours en vue d’une part l’objectif de réconciliation nationale et d’autre part le rejet de l’impunité. C’est tout cela qui devra être apprécié avant de donner une réponse ».

    Un calcul politique

    En décidant de juger sur son sol les Ivoiriens soupçonnés de crimes pendant la crise postélectorale, Abidjan anticipe le moment où la CPI va aussi poursuivre des proches de l’actuel président Alassane Ouattara (pour l’heure, ne sont poursuivis que des pro-Gbagbo). 

    Une stratégie qui s’exprime alors que la crédibilité de la CPI est fortement entamée et contestée aux yeux de nombreux Africains.

    En toile de fond, le divorce entre l’Afrique et la CPI

    La question du retrait des pays africains membres de la CPI (34 sur les 122 États membres) sera même le sujet d’un sommet spécial organisé par l’Union africaine à Addis-Abeba, le dimanche 13 octobre. Un combat porté par le président de l’UA, le premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, qui accusait le 27 mai 2013 la CPI de mener « une sorte de chasse raciale » contre les Africains. 

    En octobre 2012, la présidente de la commission de l’Union africaine, la Sud-Africaine Dlamini Zuma, écrivait déjà à la CPI : « La réconciliation en Côte d’Ivoire est étroitement liée à la libération de Gbagbo ».


    votre commentaire
  • LA HAYE - La Cour pénale internationale a lancé mercredi 18 septembre 2013 une mise en garde contre ceux qui révéleraient le nom de témoins protégés, après la publication par certains médias de l'identité présumée du premier témoin dans le procès du vice-président kényan William Ruto.

    Toute révélation de l'identité d'un témoin dont l'identité a été protégée par cette Cour est une offense à la CPI, a déclaré le juge Chile Eboe-Osuji au cours d'une audience publique à La Haye. De telles conduites feront l'objet d'enquêtes et les coupables seront poursuivis.

    La chambre rappelle à toute personne dans cette salle d'audience, dans la galerie du public, au Kenya et partout dans le monde de ne rien faire qui pourrait révéler l'identité d'un témoin protégé, a poursuivi le juge.

    Les membres de la presse, les blogueurs, les personnes actives sur les médias sociaux et leurs hébergeurs internet sont particulièrement visés par cette mise en garde, a souligné le juge.

    L'avertissement du juge Chile Eboe-Osuji intervient après la publication de l'identité présumée du premier témoin du procès par des médias et blogueurs kényans.

    L'identité du témoin, une femme, n'avait pas été dévoilée par la CPI. Cachée à la vue de la galerie du public par des rideaux, elle avait été identifiée en tant que témoin P0536. Dans la retransmission vidéo de l'audience, son visage était flouté et sa voix modifiée.

    Mais quelques heures après son témoignage sur un massacre dans une église au Kenya, mardi, retransmis en direct sur les télévisions kényanes, des Kényans se sont mis à spéculer sur son identité sur Twitter et sur des blogs.

    Mercredi, de nombreux messages sur les réseaux sociaux donnaient son nom présumé, la traitant parfois de menteuse. Un blog et le site internet d'un tabloïd kényan ont même publié sa photo.

    Le procès de M. Ruto et celui du président kényan Uhuru Kenyatta, qui doit s'ouvrir le 12 novembre devant la CPI, ont été marqués par de nombreuses accusations portant sur des tentatives d'influencer des témoins. Nairobi insiste de son côté sur sa volonté de coopérer avec la CPI.

    M. Ruto et son co-accusé Joshua Arap Sang sont poursuivis pour crimes contre l'humanité pour leur rôle dans les violences politico-ethniques de fin 2007 et début 2008, qui avaient fait plus de 1.000 morts et des centaines de milliers de déplacés.


    votre commentaire
  • William Ruto plaide non coupable devant la CPI

    Le procès de William Ruto, le vice-président kényan, s'est ouvert mardi 10 septembre 2013 à La Haye. Accusé de crimes contre l'humanité, il a plaidé non coupable devant la Cour pénale internationale.

    Le procès pour crimes contre l'humanité du vice-président kényan William Ruto s'est ouvert mardi devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aux Pays-Bas. Il est accusé d'avoir fomenté des violences ayant entraîné la mort d'un millier de personnes fin 2007. Il a plaidé non coupable.

    Vêtu d'un costume gris, d'une chemise claire et d'une cravate rouge aux rayures blanches, M. Ruto, 46 ans, était assis à la droite des juges, derrière son avocat Karim Khan. Son co-accusé, l'animateur de radio Joshua Arap Sang, était lui aussi à l'audience.

    Un sourire narquois a fendu le visage du principal accusé à plusieurs reprises lorsqu'un représentant du greffe a lu un résumé des charges pesant contre lui.

    «Innocent jusqu'à preuve du contraire»

    Premier haut dirigeant en fonction à être jugé par la CPI, William Ruto a pu compter sur le soutien d'une vingtaine de députés kényans et autres partisans du vice-président venus l'accueillir à La Haye.

    «Nous sommes ici pour manifester notre soutien à notre leader», a déclaré le député Ngunjiri Kimani tandis que son collègue William Cheptuno a assuré être «ici pour dire clairement que ces gens sont innocents, ils sont innocents jusqu'à preuve du contraire».

    Quand le juge-président Chile Eboe-Osuji a appelé l'accusé à plaider coupable ou non coupable, la réponse a fusé: «non coupable!» Idem pour Joshua Arap Sang. «Je suis un journaliste innocent», avait déjà assuré M. Sang aux journalistes dès son arrivée. «Je n'ai pas contribué aux violences au Kenya, mais à la paix», a-t-il dit.

    Le procureur Fatou Bensouda a assuré dans sa déclaration liminaire que M. Ruto avait planifié des crimes contre l'humanité afin de «satisfaire sa soif de pouvoir politique».

    Trois crimes

    «Il est difficile d'imaginer la souffrance ou la terreur de ces hommes, femmes et enfants qui ont été brûlés vifs, tués à la machette ou chassés de chez eux», a soutenu Mme Bensouda, qui a précisé que «de nombreux témoins ont eu trop peur pour témoigner», évoquant du chantage, des pots-de-vin et des intimidations.

    L'avocat de M. Ruto a rétorqué : «l'accusation a très clairement glissé sur quelques peaux de banane au long de ce processus». Clamant l'innocence de son client, il a qualifié l'enquête du procureur «d'insulte à tous ceux qui croient en une institution viable (...) Toute la vie de M. Ruto (...) est un témoignage pour un avenir meilleur pour le peuple kényan», a-t-il ajouté.

    William Ruto est accusé d'avoir fomenté certaines des violences politico-ethniques qui ont meurtri le Kenya après la réélection contestée du président Mwai Kibaki fin décembre 2007, faisant au total un millier de morts et plus de 600'000 déplacés.

    Avec son co-accusé, ils doivent répondre de trois crimes contre l'humanité: meurtres, persécutions et déportations.

    Le procès du président kényan Uhuru Kenyatta, le premier de la CPI contre un chef d'Etat en fonction, doit lui débuter le 12 novembre prochain, également pour crimes contre l'humanité.

    Deux camps

    La procureure de la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda, poursuit des membres des deux clans qui se sont affrontés lors des heurts de 2007-2008: le Parti pour l'unité nationale (PNU) de Mwai Kibaki et le Mouvement démocratique orange (ODM).

    Amnesty International a soutenu que l'ouverture du procès représentait «une opportunité importante en vue de mettre fin à l'impunité pour ces crimes graves». Certains Kényans craignent néanmoins que les procès ne rouvrent des blessures et ne fassent ressurgir les ressentiments entre communautés.

    Méfiance africaine

    Ce procès à La Haye s'est ouvert quelques jours après l'adoption par les députés kényans d'un texte proposant de quitter le Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour pénale internationale, accusée d'être une institution «néo-colonialiste».

    Le vote des députés kényans, symbolique, n'aura aucune influence sur les procédures en cours. Mais il constitue une première depuis l'entrée en fonction de la CPI en 2003 et certains craignent qu'il ne marque le début d'un exode des Etats africains parties au Statut de Rome.


    votre commentaire
  • William Ruto, le vice-président kényan, est en route pour La Haye où il doit être jugé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.

    Le vice-président kényan est en route vers la CPI

    Le vice-président kényan va comparaitre devant la Cour pénale internationale.

    Le vice-président kényan William Ruto a quitté lundi 9 septembre 2013 Nairobi pour La Haye, aux Pays-Bas. Il doit comparaître dès mardi devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité. Il est accusé d'être lié à des violences ayant provoqué la mort d'un millier de personnes fin 2007.

    William Ruto, 46 ans, est accusé d'être impliqué dans l'organisation de violences politico-ethniques qui ont meurtri le Kenya après la réélection contestée du président Mwai Kibaki fin décembre 2007, faisant un millier de morts et plus de 600'000 déplacés.

    Il a salué de la main un petit groupe de partisans à l'aéroport, mais n'a fait aucune déclaration. William Ruto comparaîtra libre devant la CPI, au côté de l'animateur radio Joshua Arap Sang, accusé d'avoir, à son micro, encouragé les violences. Tous deux vont plaider non-coupables.

    Le président kényan Uhuru Kenyatta, doit lui comparaître à partir du 12 novembre, également pour crimes contre l'humanité. Il sera le premier chef d'Etat en exercice jugé par la CPI. Dimanche, MM. Kenyatta et Ruto ont prié ensemble à l'église.

    Les deux hommes, chefs de file de leurs communautés respectives kikuyu et kalenjin, appartenaient aux deux camps rivaux lors de la présidentielle de fin 2007. La contestation politique de la victoire de M. Kibaki s'était rapidement muée en tuerie entre communautés.

    Double absence

    MM. Kenyatta et Ruto se sont depuis alliés sur un ticket commun pour conquérir le pouvoir lors de la présidentielle du 4 mars dernier, qui s'est déroulée pacifiquement.

    Les deux hommes, qui selon le statut de la CPI doivent être présents aux audiences, se sont engagés à comparaître librement à La Haye. Mais le chef de l'Etat a averti dimanche qu'il était impossible que les deux têtes de l'exécutif soient ensemble hors du Kenya.

    «Nous allons coopérer avec la CPI, comme nous avons toujours dit que nous le ferions, mais ils doivent comprendre que le Kenya a une Constitution et que M. Ruto et moi-même ne pourrons pas être partis en même temps» du pays, a déclaré M. Kenyatta.

    MM. Kenyatta et Ruto doivent être jugés dans deux procès séparés, mais certaines de leurs audiences sont prévues en même temps. Le président Kenyatta affirme que «les accusations sont fausses et seront récusées».

    Problème de l'impunité

    Human Rights Watch (HRW) a qualifié ces procès de «premier véritable effort» pour déterminer les responsabilités dans ces violences. Seule une poignée d'exécutants de second plan ont été jugés au Kenya.

    «Cela fait des décennies, que ceux qui transforment les élections au Kenya en bains de sang jouissent de l'impunité», a estimé le directeur Afrique d'HRW, Daniel Bekele, dans un communiqué. «Ce procès à la CPI s'attaque au problème de l'impunité qui règne dans le pays et offre aux Kényans la possibilité d'obtenir la justice qui leur est refusée par leur propre gouvernement», a-t-il ajouté.

    Certains craignent cependant que ces procès ne rouvrent des blessures. Le président du barreau du Kenya, Eric Mutua a averti lundi que «des débats et déclarations politiques à l'emporte-pièce sur le processus devant la CPI pourraient déchirer le pays». Il a invité «les dirigeants et le public à la prudence».

     


    votre commentaire
  • Le Kenya vote pour quitter la Cour pénale internationale

    Le chef de l'État kenyan Uhuru Kenyatta

    Les députés kényans ont adopté jeudi 5 septembre 2013 une motion demandant au gouvernement de Nairobi de quitter la Cour pénale internationale (CPI), qui s'apprête à juger le président et le vice-président du pays.

    Le chef de l'État, Uhuru Kenyatta, et son vice-président, William Ruto, sont accusés d'avoir orchestré des violences qui ont fait 1200 morts après les élections de 2007.

    Depuis le scrutin présidentiel et législatif de mars dernier, qui s'est déroulé dans le calme, les partisans d'Uhuru Kenyatta, fils du fondateur du pays, sont majoritaires au Parlement.

    La CPI a déjà prévenu qu'il faudrait attendre au moins un an avant qu'un éventuel départ du Kenya soit effectif, ajoutant qu'une telle sortie n'aurait pas de conséquences sur les affaires déjà en cours.

    Le procès de William Ruto doit commencer mardi prochain à La Haye et celui d'Uhuru Kenyatta, le 12 novembre. L'un et l'autre rejettent les accusations portées contre eux. Ils ont participé aux audiences préliminaires et promis de continuer à coopérer avec le tribunal, demandant en vain que leur procès soit déplacé en Afrique, pour des raisons pratiques liées à leurs fonctions.

    Ce premier procès d'un président en exercice est un test majeur pour la CPI, en butte à des accusations croissantes de partialité en Afrique, car tous les suspects du tribunal sont pour l'instant originaires de ce seul continent.

    « La procédure judiciaire est maintenant engagée devant la Cour pénale internationale, la justice doit suivre son cours », dit la procureure Fatou Bensouda dans une vidéo publiée sur le site de la CPI.

    « Les témoins ont pris de très grands risques pour leur vie et pour celle de leurs proches pour soutenir notre enquête et nos poursuites », ajoute la magistrate.

     


    votre commentaire
  • Le président kényan, inculpé par la CPI, reçu en grande pompe à Pékin

    Le président kényan Uhuru Kenyatta, inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, a été reçu lundi en grande pompe à Pékin par son homologue chinois Xi Jinping.

    M. Kenyatta a été accueilli place Tiananmen, où avait été déployé un régiment de la garde en son honneur. La présence du président kényan a également été saluée par une salve de 21 coups de canon.

    Puis les deux leaders ont eu un entretien à l'intérieur du Grand palais du peuple.

    M. Kenyatta, investi début avril après avoir remporté l'élection présidentielle du 4 mars dans son pays, est poursuivi par la CPI pour son rôle présumé dans les violences qui avaient suivi le précédent scrutin présidentiel fin 2007. Son procès doit s'ouvrir le 12 novembre.

    Les pays de l'Union européenne et les Etats-Unis ont prévenu qu'ils limiteraient leurs relations avec la tête de l'exécutif kényan aux "contacts indispensables", même si le Premier ministre britannique David Cameron a rencontré le président kényan en marge d'une conférence à Londres sur la Somalie.

    Pékin s'en tient de son côté à sa politique de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays africains, dont les dirigeants apprécient aussi l'absence, de la part de la Chine, de sermons sur les droits de l'homme et la corruption.

    Partenaires depuis les années 1960, celles des indépendances africaines, la Chine et l'Afrique ont considérablement renforcé leurs liens depuis une quinzaine d'années. La Chine est depuis 2009 le premier partenaire commercial de l'Afrique.

    Pauvre en ressources naturelles dont l'industrie chinoise est gourmande, le Kenya est néanmoins considéré par le géant asiatique comme une porte d'entrée vers le continent.

    Le pays d'Afrique de l'Est a acquis une importance stratégique nouvelle aux yeux de la Chine, grâce à sa proximité avec l'Etat du Soudan du Sud.


    1 commentaire
  • RCA/CPI : préoccupée, la Procureure surveille la situation de près

    7 août 2013 – La Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, s’est déclarée mercredi profondément préoccupée par la situation qui continue à se détériorer en République centrafricaine et les informations selon lesquelles des crimes graves continuent d’y être perpétrés.

    Dans une déclaration, Fatou Bensouda reprend les conclusions du rapport de la Mission d’établissement des faits du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme sur la situation en République centrafricaine, selon lesquelles il semblerait que des crimes pouvant relever de la compétence de la Cour pénale internationale continuent d’être commis dans le pays, y compris des attaques contre des civils, des meurtres, des viols et le recrutement d’enfants soldats.

    La Procureure exhorte à nouveau les personnes responsables de ces crimes à y mettre un terme sans plus attendre.

    Elle incite par ailleurs la communauté internationale à venir en aide au Gouvernement centrafricain en vue d’améliorer la situation en matière de sécurité et de protéger les habitants de Bangui et sur l’ensemble du territoire.

    La prochaine séance du Conseil de sécurité de l’ONU sur la République centrafricaine constituera, selon la Procureure, l’occasion pour les gouvernements d’apporter leur soutien à ce pays et de démontrer que la communauté internationale ne l’oublie pas.

    La Procureure a signalé que son Bureau mènera des enquêtes et des poursuites à l’encontre des personnes portant la responsabilité la plus lourde dans les crimes graves, le cas échéant, tout en évoquant l'exemple des poursuites engagées à l’encontre de Jean-Pierre Bemba.

    Son Bureau continue à surveiller la situation de près et à s’intéresser aux allégations de crimes relevant de la compétence de la Cour.

     


    1 commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique