• Dans son message de Noël, le pape pleure « les larmes du monde »

    Dans son message de Noël, le pape pleure « les larmes du monde »

    Larmes coulant dans le monde et larmes de l’Enfant-Jésus… Le pape François les a mêlées dans son message pour la solennité de Noël, qu’il a lu ce 25 décembre depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre. Face à une foule fidèle à ce rendez-vous traditionnel conclu par la bénédiction « Urbi et Orbi » (à la ville et au monde), le pape a évoqué le sort des personnes des diverses régions du monde en proie aux conflits, aux persécutions ou à la maladie, et en particulier les violences faites aux enfants, pour, à chaque fois, invoquer la tendresse de Dieu.

    Une tendresse qui était aussi au cœur de son homélie prononcée la veille, dans la messe de la nuit de Noël. Proximité, réconfort, mansuétude égrènent donc ce bref message destiné, comme maintes interventions du pape François, à vaincre la « globalisation de l’indifférence », selon l’expression retenue du tout premier déplacement de son pontificat, à Lampedusa, auprès des migrants.

    Du Moyen-Orient à l’Ukraine en passant par l’Afrique

    Le pape a rappelé leur situation à propos des « nombreuses personnes dispersées, déplacées et réfugiées, enfants, adultes et personnes âgées ».

    Ce phénomène plus largement d’esclavage moderne est justement celui contre lequel le pape mobilise depuis le début de son pontificat et qui est au cœur de son message pour la paix du 1er janvier prochain.

    Au-delà de tant de vicissitudes transnationales, le pape François a cité directement plusieurs pays et régions du monde, toujours en parlant de ceux qui y vivent. Il a commencé par « nos frères et sœurs d’Irak et de Syrie ». La veille de Noël, il avait même téléphoné à des réfugiés irakiens au Kurdistan pour manifester concrètement cette proximité chaleureuse qu’il veut voir son Église incarner.

    Sans nommer le terrorisme de Daech, il a décrit la « persécution brutale » que subissent dans cette région, outre les chrétiens, « d’autres groupes ethniques et religieux ». Élargissant son propos à l’ensemble du Moyen-Orient, le pape a cité le conflit israélo-palestinien qui frappe « la Terre bénie de (la) naissance » de Jésus.

    Il a consacré aussi une partie de son message à une autre « terre aimée », l’Ukraine, dont la diplomatie vaticane suit l’évolution avec attentive préoccupation.

    Mais c’est surtout les populations des pays d’Afrique qui ont été les plus citées : qu’elles souffrent des violences, comme au Nigeria, en Libye, au Sud Soudan, en Centrafrique et en RDC, ou de l'épidémie d'Ebola, comme au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée. Des intentions marquées alors qu'un voyage du pape en plusieurs pays d'Afrique serait à l’étude pour l'année prochaine...

    Puis est venu un paragraphe particulièrement intense consacré aux violences faites aux enfants, « tous les enfants aujourd’hui tués et maltraités, ceux qui le sont avant de voir la lumière, privés de l’amour généreux de leurs parents et ensevelis sous l’égoïsme d’une culture qui n’aime pas la vie, ceux qui sont exilés à cause des guerres et des persécutions, abusés et exploités sous nos yeux et notre silence complices, les enfants massacrés sous les bombardements, y compris là où est né le Fils de Dieu. Aujourd’hui encore, leur silence impuissant crie sous l’épée de tant de Hérode. Sur leur sang se tient aujourd’hui l’ombre des Hérode actuels. »

    Appels au dialogue et prière

    Le message de Noël du pape est aussi un appel. Une prière adressée au Christ-Sauveur et au pouvoir apaisant de son cœur mais aussi des demandes – le verbe « demander » revient à plusieurs reprises – aux responsables concernés.

    En particulier aux dirigeants des pays africains cités mais aussi d’Ukraine, d'Israël et de Palestine, avec chaque fois le « dialogue » comme unique voie de solution. Le pape François a fait de la « culture du dialogue », selon son expression habituelle, le trait caractéristique de la diplomatie du Saint-Siège, qui a montré ses vertus, juste avant Noël, entre Cuba et les États-Unis.

    Attaché aussi à ce que le christianisme communique une joie contagieuse, le pape auteur d’Evangelii gaudium (La joie de l’Évangile) n'a pas prononcé un message seulement embué de larmes. Il l'a commencé et conclu en citant le regard comblé du vieux Siméon découvrant l'Enfant-Jésus : « Mes yeux ont vu le salut » (Lc 2,30), citation reprise dans sa carte de vœux de Noël.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :