•  Les baleiniers du Japon relancent la chasse commerciale après 31 ans de pause

    Après 31 ans de pause, des navires baleiniers japonais ont repris la mer pour leur première mission de chasse commerciale.

    Des navires baleiniers japonais ont repris la mer lundi pour leur première mission de chasse commerciale en plus de trois décennies, actant la décision prise il y a six mois par le gouvernement de quitter la Commission baleinière internationale (CBI) et de s'affranchir ainsi d'un moratoire.

    Sous le ciel nuageux de Kushiro (sur l'île septentrionale de Hokkaido), cinq navires munis de harpons ont appareillé après une cérémonie où plusieurs élus ont revendiqué la légitimité de cette tradition.

    "C'est une petite industrie, mais je suis fier de chasser les baleines. La pratique existe depuis plus de 400 ans dans ma cité", a expliqué à l'AFP Yoshifumi Kai, président d'une association de pêcheurs de baleines, tout excité de repartir en mer.

    Idem pour le jeune Hideki Abe qui, compte tenu de son jeune âge, 23 ans, n'a encore jamais participé à une mission de ce type.

    "Je suis un peu nerveux, mais heureux que nous puissions commencer. Je souhaite que davantage de personnes goûtent de la baleine, au moins une fois", a-t-il confié avant le départ.

    Le navire-usine Nisshin Maru, bâtiment amiral de la flotte baleinière nippone, et plusieurs autres embarcations ont aussi quitté le port de Shimonoseki (sud-ouest), où trône une énorme statue de baleine.

    "Nous estimons que les baleines sont des ressources marines comme les poissons et qu'elles sont utilisables sur la base de critères scientifiques", a expliqué à l'AFP un responsable du ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche.

    "Nous déterminons des quotas de sorte à ne pas nuire aux espèces", a-t-il précisé. Le maximum d'ici décembre est fixé à 227 prises.

    Un rite auquel tient une partie de la population

    Les baleiniers n'iront pas tuer en haute mer, comme il l'ont fait ces trente dernières années "pour des raisons scientifiques".

    Le Japon avait débuté ses "missions de recherches" en Antarctique et dans le nord-est du Pacifique il y a respectivement 32 et 25 ans, renonçant alors à une pêche purement commerciale, mais utilisant une "exception scientifique", tolérée par la CBI.

    Durant ces décennies, l'archipel n'a cessé d'être critiqué par les défenseurs des cétacés pour ses façons de procéder jugées cruelles, alors que des méthodes non létales existent pour mener les études voulues, selon ses détracteurs.

    En outre, si les chercheurs étaient certes les premiers à se pencher sur les baleines rapportées, une partie de leur chair finissait sur les étals des poissonniers, malgré un appétit peu important pour cette chair.

    Mais il y a une volonté et fierté de préserver un rite auquel tient une partie de la population, notamment des personnes âgées qui se souviennent que la baleine était leur seule source importante de protéines durant la disette d'après-guerre.

    Pour certaines communes, la pêche à la baleine est une raison d'être sinon économique, du moins culturelle et morale.

    C'est le cas de Shimonoseki, où les cantines scolaires initient les enfants à cette tradition culinaire pour ressusciter l'habitude de consommation.

    L'Islande ne chassera pas la baleine

    Au-delà de la condamnation de cette pratique, Patrick Ramage, directeur du programme conservation marine du Fonds international pour le bien-être animal (Ifaw), voit dans la reprise de la chasse commerciale et l'arrêt de la pêche scientifique en Antarctique une sorte de baroud d'honneur du Japon.

    "J'y ai beaucoup réfléchi pendant de nombreuses années. C'était un fantasme et maintenant le fantasme se réalise. Le Japon est en train d'arrêter la chasse à la baleine en haute mer, pas encore un arrêt complet, mais c'est un énorme pas vers la fin", expliquait-il lors d'une récente conférence au Japon.

    "Cette industrie (de chasse à la baleine) va se noyer très rapidement", prédisait-il.

    "On nous en servait à la cantine quand j'étais petite, mais je ne pense pas que j'en mangerai de nouveau. Je trouve que le Japon devrait davantage faire ses choix en tenant compte du reste du monde qui dit que ce n'est pas bien", a confié à Tokyo une jeune Japonaise de 30 ans désireuse de garder l'anonymat.

    A l'inverse, l'Islande s'abstiendra de chasser pour la première fois depuis 2002, les deux entreprises spécialisées ayant décidé de renoncer à la saison 2019.

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    Triste jour pour les cétacés. Le Japon va reprendre dès lundi la chasse commerciale à la baleine 

    Le Japon relance officiellement la chasse commerciale à la baleine, actant la décision prise il y a six mois de quitter la Commission baleinière internationale (CBI) et de s'affranchir ainsi d'un moratoire appliqué durant trois décennies.

    "Nous estimons que les baleines sont des ressources marines comme les poissons et qu'elles sont utilisables sur la base de critères scientifiques", a expliqué à l'AFP un responsable du ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche.

    "Nous déterminons des quotas de sorte à ne pas nuire aux espèces", a-t-il précisé.

    Le bateau-usine Nisshin Maru, navire amiral de la flotte baleinière nippone, et plusieurs autres navires quitteront le port de Shimonoseki (sud-ouest), où trône une énorme statue de baleine, pour aller chasser des cétacés le long des côtes japonaises, dans la zone d'exclusivité économique de l'archipel. Une autre flotte partira de Kushiro (île septentrionale de Hokkaido).

    "Nous sommes tout excités par cette reprise de la pêche", a commenté Yoshifumi Kai, qui préside une association de pêcheurs.

    Une partie de leur chair finissait déjà sur les étals des poissonniers

    Les baleiniers n'iront pas tuer en haute mer, comme il l'ont fait ces trente dernières années "pour des raisons scientifiques".

    Le Japon avait débuté ses "missions de recherches" en Antarctique et dans le nord-est du Pacifique il y a respectivement 32 et 25 ans, renonçant alors à une pêche purement commerciale, mais utilisant une "exception scientifique", tolérée par la CBI. Durant ces décennies, l'archipel n'a cessé d'être critiqué par les défenseurs des cétacés pour ses façons de procéder jugées cruelles, alors que des méthodes non létales existent pour mener les études voulues, selon ses détracteurs.

    Lire aussi :Des pêcheurs japonais ont tué 177 baleines dans le Pacifique

    En outre, si les chercheurs étaient certes les premiers à se pencher sur les baleines rapportées, une partie de leur chair finissait sur les étals des poissonniers, ce même si les consommateurs de baleine ne courent pas les rues.

    Mais il y a une forme de volonté de préserver une tradition qui reste ancrée chez une partie de la population, notamment des personnes âgées qui se souviennent que la baleine était leur seule source importante de protéines durant la disette d'après-guerre.

    Et puis il y a une fierté de certaines cités pour lesquelles la pêche à la baleine est comme une raison d'être sinon économique du moins culturelle et morale.

    C'est le cas de Shimonoseki. Ici, depuis le mois de février, de la baleine est occasionnellement servie dans les cantines scolaires afin d'initier les enfants à cette tradition culinaire de la région et de ressusciter l'habitude de consommation.

    Un baroud d'honneur

    Au-delà de la condamnation de cette pratique, Patrick Ramage, directeur du programme conservation marine du Fonds international pour le bien-être animal (Ifaw), voit dans la reprise de la chasse commerciale et l'arrêt de la pêche scientifique en Antarctique une sorte de baroud d'honneur du Japon.

    "J'y ai beaucoup réfléchi pendant de nombreuses années. C'était un fantasme et maintenant le fantasme se réalise. Le Japon est en train d'arrêter la chasse à la baleine en haute mer, pas encore un arrêt complet mais c'est un énorme pas vers la fin", a-t-il expliqué lors d'une récente conférence au Japon.

    "Cette industrie (de chasse à la baleine) va se noyer très rapidement", prédit-il, estimant qu'elle est entretenue par des subventions pour une population de consommateurs qui va finir par s'éteindre.

    "On nous en servait à la cantine quand j'étais petite, mais je ne pense pas que j'en mangerai de nouveau. Je trouve que le Japon devrait davantage faire ses choix en tenant compte du reste du monde qui dit que ce n'est pas bien", a confié à Tokyo une jeune Japonaise de 30 ans désireuse de garder l'anonymat.

    Certains spécialistes japonais jugent aussi que le retrait de la CBI est une erreur: "le Japon doit y revenir et défendre le principe d'une gestion durable des ressources", estime Masayuki Komatsu, un ancien négociateur auprès de l'instance internationale.


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  • Le Japon va reprendre la pêche à la baleine

    Tokyo défie ouvertement les défenseurs du cétacé en annonçant son retrait de la Commission baleinière internationale.

    Le Japon a annoncé mercredi 26 décembre 2018 son retrait de la Commission baleinière internationale (CBI) dans le but de reprendre la pêche commerciale dès juillet prochain. Tokyo défie ainsi ouvertement les défenseurs des cétacés 30 ans après y avoir mis fin, du moins sur le papier.

    En réalité, l'archipel n'a jamais complètement cessé cette pratique: il utilise en effet une faille du moratoire mis en place en 1986, qui autorise la chasse aux cétacés pour des recherches scientifiques. Mais cette fois, il renoue publiquement avec la pêche à des fins commerciales, rejoignant ainsi l'Islande et la Norvège.

    Les critiques n'ont pas tardé, le gouvernement australien se disant «extrêmement déçu» et exhortant le Japon à revoir sa position. Le ministre des Affaires étrangères néo-zélandais Winston Peters a adressé à Tokyo un message similaire, fustigeant «une pratique dépassée et inutile».

    Le Japon s'abstiendra cependant d'aller chasser «dans les eaux de l'Antarctique ou dans l'hémisphère sud», a indiqué le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d'un point presse. La pêche sera «limitée aux eaux territoriales et à la zone économique exclusive», «en accord avec les quotas de prises calculés selon la méthode de la CBI afin de ne pas épuiser les ressources», a-t-il dit.

    Discorde devenue «évidente»

    La Commission sera formellement notifiée «d'ici à la fin de l'année», ce qui permettra au retrait d'être effectif le 30 juin prochain. M. Suga a justifié ce retrait par «l'absence de concessions de la part des pays uniquement attachés à la protection des baleines», «bien que des éléments scientifiques confirment l'abondance de certaines espèces», selon lui.

    La discorde est apparue «évidente» lors de la dernière réunion de la CBI en septembre dernier, ce qui a conduit le Japon à prendre cette mesure, a-t-il expliqué. L'instance avait alors rejeté le texte-phare porté par le Japon, intitulé «le chemin à suivre».

    Il visait à mettre en place une double voie au sein de la CBI, instance de 89 pays membres, afin de faire coexister la préservation et la chasse commerciale des baleines.

    Cette dernière aurait été gérée par un «comité de la chasse à la baleine durable».

    La proposition aurait aussi mis fin au moratoire de 1986, dont le Japon est signataire. Mais les pays défenseurs des baleines, conduits par l'Australie, l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis, ont torpillé le texte nippon, par 41 voix contre 27. Le vice-ministre japonais de la Pêche avait vivement regretté le résultat du vote et brandi l'option ultime de quitter la CBI.

    «Nation pirate»

    Le gouvernement nippon ouvre un nouveau front entre les détracteurs et défenseurs de la pêche aux cétacés, que les Japonais, notamment la frange nationaliste, considèrent comme une importante tradition nippone multiséculaire. De nombreux membres du Parti libéral-démocrate (PLD), formation conservatrice du premier ministre Shinzo Abe, défendent «la richesse de cette culture», selon les termes de M. Suga. «Nous espérons que cette décision permettra de la transmettre à la prochaine génération», a-t-il argué.

    Les organisations écologistes ont aussitôt réagi, condamnant avec force la nouvelle. «Il est clair que le gouvernement tente de faire passer cette annonce en douce à la fin de l'année, loin des projecteurs des médias internationaux, mais le monde n'est pas dupe», a commenté dans un communiqué Sam Annesley, responsable de la branche japonaise de Greenpeace.

    «La décision du Japon est en décalage complet avec la communauté internationale, et fait fi de la nécessité de protéger nos océans et ces créatures majestueuses», a-t-il asséné. L'association américaine Humane Society International (HSI) a de son côté déploré que l'archipel «devienne une nation pirate des baleines».

    Le Japon, a-t-elle noté, est le plus gros contributeur financier de la Commission baleinière, qui va donc devoir remplacer les fonds manquants. Malgré l'argument scientifique brandi depuis trois décennies par le Japon pour chasser les baleines, la chair de cet animal finit souvent sur les étals des poissonniers.


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  • Vers la fin de la Commission baleinière internationale (CBI)

    Alors que la Commission baleinière internationale a dit non au retour de la chasse commerciale, beaucoup de pays menacent de quitter cet organisme.

    La Commission baleinière internationale (CBI) a dit non le 14 septembre 2018 au retour de la chasse commerciale, au grand dam du Japon, qui menace de claquer la porte de cet organisme vieux de 72 ans et plus divisé que jamais. Cette semaine à Florianopolis, paradis des surfeurs au sud du Brésil, se tenait la réunion bisannuelle du seul organe de gestion des grands cétacés. Elle s'annonçait tendue et elle a tenu ses promesses, au rythme des clashes entre pays pro et anti-chasse. La session s'est achevée vendredi par le rejet du texte phare porté par le Japon, intitulé "le chemin à suivre".

    Il visait à mettre en place une double voie au sein de la CBI, instance de 89 pays membres, afin de faire co-exister la préservation et la chasse commerciale des baleines. Cette dernière aurait été gérée par un "comité de la chasse à la baleinedurable". La proposition aurait aussi mis fin au moratoire sur cette activité mis en place en 1986. Mais les pays défenseurs des baleines, conduits par l'Australie, l'Union européenne et les Etats-Unis, ont torpillé le texte nippon, par 41 voix contre 27.

    Les îles du Pacifique et des Caraïbes, le Nicaragua et plusieurs pays du continent africain, dont le Maroc, le Kenya et la Tanzanie, ont suivi le Japon, tout comme le Laos et le Cambodge. La Corée du Sud s'est abstenue. "Notre préoccupation est de ne pas trop diviser la Commission, c'est pour cela que nous nous sommes abstenus", a expliqué le représentant russe, qui comme nombre de pays autorise la chasse aux cétacés pour les autochtones.

    Dernière apparition japonaise?

    Six des 89 pays membres n'ont pas envoyé de délégation et sept autres nations, africaines pour la plupart, qui n'ont pas payé leur cotisation, n'étaient pas autorisées à prendre part aux votes. Le vice-ministre japonais de la Pêche Masaaki Taniai a vivement regretté le résultat du vote et a menacé de quitter la CBI.

    La consommation de baleine a une longue histoire dans l'archipel nippon, pays de pêcheurs où le cétacé a été chassé pendant des siècles. L'industrie baleinière a connu son essor après la Seconde guerre mondiale, pour apporter des protéines animales aux habitants du pays, mais ces dernières années la consommation de chair de baleine a considérablement diminué. De son côté, Tokyo estime que la population de baleines est assez importante pour supporter une reprise de la chasse commerciale.

    "Si les preuves scientifiques et la diversité ne sont pas respectées, si la chasse à la baleine commerciale est totalement niée... Le Japon va devoir réévaluer sa position en tant que membre de la CBI", a-t-il déclaré. Selon lui, le résultat du vote "peut être vu comme une négation de la possibilité pour des gouvernements avec des points de vue différents de coexister dans le respect et la compréhension mutuels au sein de la CBI". Le président sortant de cet organisme, le Japonais Joji Morishita, dont le mandat s'est achevé vendredi à l'issue de la réunion, a refusé de dire s'il s'agissait de la dernière apparition de son pays.

    "Une autre organisation"

    Quelques minutes après la fin de la session, s'exprimant à nouveau au nom de son pays, il a déclaré à l'AFP que les différends avec les nations anti-chasse étaient désormais "très clairs" et que le Japon allait s'organiser pour les "prochaines étapes", sans plus de précision. Selon M. Morishita, une décision devra être prise à l'avenir pour savoir si la chasse à la baleine est gérée "par une autre organisation ou par plusieurs autres organisations". En réponse, le représentant australien Nick Gales, qui a appelé Tokyo à rester au sein de la CBI, a rejeté "le discours (tenu par le Japon) qui souligne l'intolérance et les dysfonctionnements" de cet organisme.

    Le camouflet est d'autant plus rude pour le Japon qu'un texte pro-cétacés a lui été adopté au Brésil. La "déclaration de Florianopolis", non-contraignante, stipule que la chasse à la baleine est une activité qui ne se justifie plus économiquement. En revanche, les pays chasseurs ont réussi à bloquer la création d'un sanctuaire dans l'Atlantique sud pour ces cétacés menacés d'extinction.

    Glenn Inwood, de Opes Oceani, une entreprise qui analyse l'usage des ressources des océans, juge que cela n'a plus grand intérêt pour le Japon de rester au sein de la CBI, tant d'un point de vue économique que politique.

    "Nous avons appris depuis la décision américaine sur les accords de Paris que les pays sont prêts à réexaminer leur soutien aux accords internationaux qui ne sont pas en harmonie avec leurs intérêts", souligne-t-il


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  • Le Japon continue la chasse à la baleine

    Les cinq baleiniers japonais sont rentrés le 31 mars de leur campagne de chasse à la baleine, commencée en novembre dernier. Bilan : 333 cétacés tués, toujours sous de faux motifs scientifiques.

    Selon un responsable local, trois baleiniers, dont le navire-usine Nisshin Maru, sont arrivés samedi 31 mars au port de Shimonoseki, dans l'Ouest du pays. Les cinq baleiniers qui composent la flotte ont tué au total 333 baleines de Minke, ou petits rorquals, sur l'ensemble de la saison. 

    L'ONG Sea Shepherd absente

    Dans un communiqué, l'Agence de la Pêche nippone a insisté sur le fait qu'aucune manifestation ou protestation n'avait émaillé la campagne 2017-2018. L'ONG Sea Shepherd, traditionnellement engagée contre la chasse à la baleine, n'a en effet pas renouvelé sa campagne anti-baleiniers cette saison, à cause des technologies désormais employées par les Japonais, la rendant impuissante. Ces technologies d'ordre militaire leur permettent de repérer par satellite les navires de l'ONG et de les éviter facilement.

    Le Japon est l'un des derniers pays au monde à pratiquer la chasse à la baleine, sous de faux motifs scientifiques. En décembre 2016, Sea Shepherd avait prouvé, photographies à l'appui, que les baleiniers nippons avaient tué une baleine de Minke, une espèce protégée, dans les eaux de l'Australian Whale Sanctuary (« Sanctuaire australien des baleines »), zone ou toute pêche à la baleine est théoriquement interdite. 

    L'ONG demande depuis plusieurs années au gouvernement australien d'empêcher les Japonais de pêcher la baleine dans les eaux antarctiques australiennes. « Nous sommes les seuls entre les bateaux de chasse japonais et ces magnifiques baleines. Or, ce n’est pas à nous d’être là », résumait Jeff Hansen en 2016. 

    Une campagne de pêche "scientifique"

    La chasse à la baleine est interdite dans le monde depuis 1986. Le Japon a pourtant signé le moratoire sur la chasse de la Commission baleinière internationale, mais il exploite toujours une faille du texte pour le contourner en prétendant mener des études scientifiques…

    En 2014, la Cour internationale de justice de La Haye avait sommé le Japon de mettre fin à ses campagnes de pêche dans l'Océan Austral, soulignant qu’elles ne correspondaient pas aux critères scientifiques requis. Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a malgré tout réaffirmé fin janvier la volonté de son pays de continuer la pêche à la baleine « scientifique » dans l’Antarctique et de reprendre à terme la pêche commerciale. 

    La Commission baleinière internationale n'autorise la capture des baleines que dans le cadre d'un permis de chasse de subsistance pour peuples autochtones. Il est délivré à des communautés traditionnelles en Amérique du Nord, au Groenland, en Russie et à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, dans les Caraïbes. Les trois derniers pays dans le monde qui pratiquent la pêche à la baleine industrielle sont la Norvège, l'Islande, et le Japon.


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  • Conférence sur le climat pour maintenir l'ambition de l'Accord de Paris

    L'Onu à Bonn

    Un an après l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris sur le climat, la Conférence de Bonn, qui débute le 6 novembre 2017 en Allemagne, sera l'occasion aux nations du monde entier d'afficher leur ambition en matière d'action climatique et montrer leur détermination à respecter leurs promesses.

    « Alors que Paris a représenté l'un de ces moments où le meilleur de l'humanité est parvenu à un accord important pour notre avenir collectif, Bonn nous permettra d'aller de l'avant pour remplir cette promesse », a déclaré la Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Patricia Espinosa, en marge d'une réunion ministérielle organisée le 17 octobre 2017 à Fidji pour préparer la Conférence de Bonn. « Nous manquons de temps pour changer les choses. Face à cela, nous devons accroître considérablement nos efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et notre empreinte carbone ».

    L'Accord de Paris, qui a été adopté par les 196 Parties à la CCNUCC en décembre 2015 à Paris, appelle les pays à lutter contre le changement climatique en visant à limiter la hausse de la température mondiale en-dessous de 2 degrés Celsius et à s'efforcer de ne pas dépasser 1,5 degré Celsius.

    Il y a un an, la Conférence de Marrakech sur le climat s'était conclue par la 'Proclamation de Marrakech pour l'action en faveur du climat et du développement durable', dans laquelle les Etats parties à la CCNUCC affirmaient leur « engagement » à « la mise en œuvre complète » de l'Accord de Paris. Aujourd'hui, 169 Parties ont ratifié cet accord.

    A la Conférence de Bonn, appelée aussi COP 23, les pays chercheront à avancer dans l'élaboration du règlement d'opérationnalisation de l'Accord de Paris. La Conférence, qui durera jusqu'au 17 novembre, est présidée par Fidji, un Etat insulaire particulièrement affecté par l'impact du changement climatique.

    « Jamais notre travail n'a été aussi indispensable. Nous voyons cela en ce qui concerne les phénomènes météorologiques extrêmes affectant presque tous les continents à travers le monde », a dit Mme Espinosa.

    Le Président de la COP 23 et Premier ministre de Fidji, Frank Bainimarama, est du même avis. « Nous ne pouvons plus ignorer cette crise. Que ce soit les incendies en Californie, au Portugal et en Espagne, les inondations au Nigéria, en Inde et au Bangladesh, la fonte spectaculaire de l'Arctique, la banquise qui se casse en Antarctique, les récents ouragans qui ont dévasté les Caraïbes et le sud des États-Unis (...) Il est difficile de trouver un endroit du monde qui ne soit pas affecté par ces événements », a-t-il dit lors de la réunion ministérielle pré-COP à Fidji.

     

    Les concentrations de CO2 dans l'atmosphère ont augmenté à un rythme record

    Dans un point de vue commun publié en octobre 2017, Mme Espinosa, l'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD, Achim Steiner, et le Représentant spécial du Secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophe, Robert Glasser, estiment que la Conférence de Bonn « offre une opportunité non seulement d'accélérer la réduction des émissions, mais aussi de soutenir le travail sérieux consistant à s'assurer que la gestion du risque climatique est incluse dans la gestion des risques de catastrophe dans son ensemble ».

    Quelques jours avant la Conférence de Bonn, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié des données montrant que les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone (CO2), responsable du réchauffement climatique, ont augmenté à un rythme record en 2016, atteignant le niveau le plus élevé depuis 800.000 ans.

     

    Un segment de haut niveau avec la participation de chefs d'Etat et de gouvernement

    La Conférence de Bonn comprendra toute une série de réunions et d'évènements, dont le segment de haut niveau, le 15 novembre et le 16 novembre, auquel participeront des chefs d'Etat et de gouvernement, des ministres, ainsi que le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres.

    M. Guterres a invité les dirigeants à envisager de se faire les champions de six domaines à fort impact lors d'un Sommet sur le climat en 2019. Ces domaines sont l'investissement dans les technologies propres, la tarification du carbone à maturité, la transition énergétique, l'atténuation des risques et le renforcement de la résilience, l'augmentation de la contribution des acteurs nationaux et des entreprises et la mobilisation de la finance climatique.

    « En mettant l'accent sur ces secteurs, nous pouvons réduire considérablement l'écart entre là où nous sommes et là où nous devons être. Accroître l'ambition est la seule façon de maintenir la température mondiale bien en-deça de 2 degrés Celsius et près de 1,5 degré », a déclaré la Vice-Secrétaire générale de l'ONU, Amina J. Mohammed, lors de la réunion pré-COP de Fidji.

    Parmi les évènements parallèles de la COP 23, plusieurs d'entre eux sont organisés dans le cadre du Partenariat de Marrakech pour l'action climatique mondiale pour montrer comment des villes, des régions, des entreprises du secteur privé et des investisseurs s'efforcent de mettre en œuvre l'Accord de Paris dans les secteurs de l'énergie, de l'eau, de l'agriculture, des océans et zones côtières, des établissements humains, du transport, de l'industrie, et des forêts.


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  •  Nouvelles négociations pour un sanctuaire marin

    Un pacte avait été signé en 2016 par plusieurs pays. La France et l'Australie veulent aujourd'hui étendre l'accord signé pour une autre zone.

    L'Australie et la France ont relancé le 16 octobre 2017 les efforts en vue de la création d'un vaste sanctuaire marin dans les eaux de l'Antarctique. Les deux pays espèrent capitaliser sur un accord historique forgé en 2016 pour une autre zone protégée.

    Les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) sont réunis à Hobart, sur l'île australienne de Tasmanie, jusqu'au 27 octobre pour leur sommet annuel.

    En 2016, un consensus avait été trouvé pour la création du plus grand sanctuaire marin au monde, en mer de Ross, sur plus de 1,55 million de kilomètres carrés, soit une aire plus vaste que la France, l'Italie, le Benelux, l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche réunis. Ce projet avait été présenté par la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis.

    Un million de km2

    La CCAMLR n'était cependant pas parvenue à trouver un consensus sur un deuxième projet, présenté par la France et l'Australie, et portant sur une Aire marine protégée (AMP) couvrant un million de km2 dans l'est de l'Antarctique.

    «Décider cette année de la création d'une AMP dans l'est de l'Antarctique permettrait vraiment d'avancer vers l'objectif d'un réseau entier d'AMP en 2020», a déclaré Andrea Kavanagh, chargée de l'Antarctique au sein de l'ONG Pew Charitable Trusts.

    Les AMP sont, selon la définition de la CCAMLR, des zones marines dans lesquelles les ressources naturelles font l'objet d'une protection totale ou partielle.

    Protéger la biodiversité

    Elles ont pour objectif de protéger les espèces marines, la biodiversité, l'habitat, les secteurs d'alimentation et les nurseries et, dans certains cas, de préserver des sites historiques et culturels.

    Le projet de créer un réseau d'AMP dans l'océan Antarctique remonte à 2009. Mais les négociations en vue de sa création ont été laborieuses, en raison notamment des blocages de la Chine et de la Russie sur la question des droits de pêche.

    3e projet en discussion

    Un troisième projet avancé par l'Allemagne est également en discussion. Il porte sur la mer de Weddell. L'Argentine et le Chili devraient avancer un quatrième projet de 94'000 kilomètres carrés dans l'ouest de la péninsule Antarctique, dans le sud de l'arc du Scotia.

    L'océan Antarctique, qui représente 15% de la surface des océans, abrite des écosystèmes exceptionnels, riches de plus de 10'000 espèces uniques, en bonne partie préservés des activités humaines mais menacés par le développement de la pêche et de la navigation.

    La CCAMLR rassemble 24 Etats et l'Union européenne. Basée à Hobart, elle prend ses décisions par consensus.


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  • A Malte, une prise de conscience pour lutter contre la mer de plastique

    Les océans compteront bientôt plus de détritus en plastique que de poissons. Etats et entreprises prennent des engagements.

    Le temps de lire cette phrase, plus d’une demi-tonne de plastique aura été déversée dans la mer. A ce rythme – 400 kilos par seconde – «d’ici à 2050, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons», a averti Federica Mogherini, à Malte, jeudi 5 octobre 2017. La cheffe de la diplomatie européenne donnait le coup d’envoi de la quatrième conférence internationale «Our Ocean» («Notre Océan»), organisée par l’Union sur la gouvernance des espaces maritimes.

    Pendant deux jours, politiques, scientifiques et militants écologistes ont dressé un bilan désastreux de l’état des océans, pointant notamment le problème du plastique. Impossible à éliminer par la nature, il s’y accumule partout, y compris dans les êtres vivants. «Nous sommes vraiment proches d’arriver au point où quel que soit le poisson pêché en mer que vous mangez, il contiendra du plastique», a alerté le prince Charles, personnellement très engagé sur les questions environnementales.

    29 substances toxiques dans le sang

    Les hommes ne sont pas épargnés: Emily Penn, jeune militante de l’ONG eXXpedition, a fait tester son sang. Des traces de 29 substances toxiques interdites par l’ONU, sur les 35 recherchées, y ont été trouvées. Elle les attribue notamment au plastique. La célèbre océanographe Sylvia Earle (vue dans le documentaire Mission Blue en 2014), s’est alarmée que «même la haute mer soit menacée par nos actions», rappelant par exemple que 90% des requins ont disparu.

    L’économie circulaire est la principale solution envisagée à Malte. Plutôt que de fabriquer des objets, les utiliser, parfois pour quelques secondes seulement, puis les jeter, il faut produire des objets réutilisables et recyclables, ce qui limite à la fois le gâchis de matières premières et la pollution. C’est l’objectif de la fondation de la navigatrice Ellen MacArthur. Elle a convaincu plusieurs multinationales d’agir en ce sens: The Coca-Cola Company (qui produit 100 milliards de bouteilles en plastique chaque année, selon Greenpeace), PepsiCo, Marks Spencer, Unilever, Mars et Werner Mertz se sont engagés jeudi à utiliser uniquement des emballages «recyclables, réutilisables ou compostables d’ici à 2025 au plus tard».

    Efforts de transparence

    Encore faut-il que le plastique soit recyclé: moins de 30% des déchets collectés le sont effectivement dans l’Union européenne. En effet, il n’y a pas une, mais des matières plastiques, pas toutes recyclables et souvent mélangées dans un même emballage. Pour essayer de remédier à ce casse-tête, Unilever promet de publier la liste des composants utilisés pour conditionner ses produits d’ici à 2020.

    Un effort a également été consenti par les industriels du secteur. Le chimiste Borealis AG (plus de 1000 milliards de bénéfices en 2016) doit investir 19 millions d’euros (21,8 millions de francs) dans des projets liés au recyclage. Côté logistique, le groupe a également promis de ne plus perdre dans la nature les billes de plastique qui servent de base à ses produits – très petites, elles sont difficiles à récupérer et facilement ingérées par les poissons. Quant au géant américain Dow Chemical Company, dont les bénéfices se comptent aussi en milliards, il a promis de mettre sur la table… 128 000 euros (147 000 francs). De nombreux autres fonds de recherches ont été annoncés lors de la conférence, pour plusieurs dizaines de millions de francs.

    Gobelets en plastique dans le collimateur de l'UE

    L’Union européenne s’est engagée à ne plus utiliser de gobelets en plastique dans l’ensemble de ses locaux et réunions dès la fin de cette année. Le groupe de médias Sky a fait la même promesse. En France, les cotons-tiges, la vaisselle à usage unique et les cosmétiques qui contiennent des microbilles en plastique, présentes par exemple dans les exfoliants, seront interdits entre 2018 et 2020.

    Mais, a conclu Frans Timmermans, le vice-président de la Commission européenne, «notre principal défi n’est pas la technologie ou l’argent […], c’est la connaissance, le changement collectif des comportements et la gouvernance». Autrement dit, aux citoyens la responsabilité d’arrêter de consommer du plastique – car, insiste Frans Timmermans, «les industriels nous disent que ce sont les consommateurs qui leur réclament des bouteilles en plastique aux couleurs vives. N’importe quoi!»


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  • En 2016, 1054 rhinocéros ont été tués.

    Le commerce de cornes de rhino a été validé par la Cour constitutionnelle sud-africaine, qui autorise le commerce intérieur de corne de rhinocéros, mais en interdit l'exportation.

    La plus haute juridiction sud-africaine a définitivement confirmé la levée du moratoire sur le commerce intérieur de la corne de rhinocéros, rejetant un appel du gouvernement sur ce sujet sensible, source de vifs débats dans le pays.

    «Le tribunal a étudié la demande d'appel et l'a rejetée», indique la Cour constitutionnelle dans son arrêt.

    La question du commerce de la corne de rhinocéros est le théâtre d'une longue saga judiciaire entre les éleveurs privés qui le défendent et le gouvernement qui s'y oppose. En novembre 2015, un tribunal avait donné raison à des éleveurs de rhinocéros souhaitant pouvoir vendre la corne de ces animaux sur le territoire sud-africain. Le gouvernement avait fait une première fois appel de cette décision, mais avait été débouté en mai 2016.

    «Il est important de rappeler que des permis doivent être obtenus pour vendre ou acheter de la corne de rhinocéros», a réagi Albie Modise le porte-parole du ministère de l'Environnement.

    Le jugement de la Cour constitutionnelle concerne uniquement le commerce intérieur, la vente à l'international restant interdite et ce depuis 1977.

    L'Afrique du Sud qui abrite plus de 80% de la population mondiale de rhinocéros est particulièrement touchée par le braconnage de ces mammifères pour leur corne.

    En 2016, 1054 rhinocéros ont été tués, soit plus de trois par jour, un chiffre en baisse par rapport au record de 2014 (1.215) mais toujours très préoccupant.

    Les rhinocéros sont abattus pour alimenter un trafic vers le Vietnam et la Chine où la médecine traditionnelle attribue des vertus à leur corne, comme celle de guérir le cancer ou l'impuissance.

    «Nous sommes absolument ravis de la décision de la Cour constitutionnelle. Nous avons toujours pensé être dans notre droit de faire commerce de la corne de rhinocéros», s'est réjoui auprès de l'AFP, Pelham Jones, président de l'association sud-africaine des propriétaires privés de rhinocéros (PROA).

    Les éleveurs de rhinocéros estiment que l'interdiction de ce commerce ne fait qu'alimenter le braconnage et assurent pouvoir répondre à la demande asiatique en fournissant des cornes d'animaux toujours vivants, espérant pouvoir à terme faire lever l'interdiction de leur vente vers l'étranger.

    Ils peuvent en effet couper la corne, une procédure indolore pour l'animal qui est anesthésié pendant une quinzaine de minutes. La corne repousse ensuite. Les vertus de cet appendice, fait de kératine comme les ongles humains, n'ont jamais été prouvées scientifiquement.

    Cela n'empêche pas le kilo de corne de se vendre plus de 60.000 dollars le kilo, plus cher que l'or ou la cocaïne.


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  • Une saisie d'ivoire.

    Les trafiquants avaient enduit la marchandise d'un produit pour tromper le flair des chiens. Trois personnes ont été arrêtées.

    Les autorités ougandaises ont saisi plus d'une tonne d'ivoire. La marchandise avait été découpée en morceaux et enduite d'un produit chimique visant à empêcher sa détection par les chiens des services des douanes, a-t-on appris lundi 20 février 2017 auprès des services ougandais de protection de la faune sauvage.

    L'ivoire a été saisi samedi dans la banlieue de Kampala, avant son transfert prévu via l'aéroport international d'Entebbe, au sud de la capitale, vers une destination inconnue. Dans cette affaire, deux Bissau-Guinéens et un Libérien ont été arrêtés à Kampala.

    «Au cours d'une opération menée conjointement avec la police, nous avons saisi samedi plus d'une tonne d'ivoire introduit depuis la Tanzanie ou la République démocratique du Congo» (RDC), a déclaré à l'AFP Simplicious Gessa, un porte-parole des services ougandais de protection de la faune sauvage. «L'opération est toujours en cours.»

    «Lois laxistes»

    Les autorités pensent que le réseau de trafiquants implique plus de personnes que les trois hommes arrêtés, dont des agents des douanes ou des employés de sociétés spécialisées dans l'export.

    «Nous pensons que les trafiquants ont utilisé l'Ouganda car nos lois sont assez laxistes», a précisé Simplicious Gessa, regrettant les peines relativement faibles prononcées pour le trafic d'ivoire, «alors que les butins atteignent des millions de dollars».

    «C'est pour cela que nous voulons amender la loi (...), afin que l'Ouganda ne soit plus une des routes utilisées par les trafiquants», a-t-il conclu, soulignant que ce genre de saisie n'est pas rare dans son pays.

    Massacrés pour leur «or blanc»

    Quelque 30.000 éléphants d'Afrique sont tués illégalement chaque année pour leurs défenses en ivoire, principalement afin de satisfaire la demande asiatique. Le commerce de l'«or blanc» est estimé à près de 600 millions de dollars annuels (609 millions de francs).

    Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la population des éléphants d'Afrique vient d'enregistrer sa plus importante chute depuis 25 ans: le continent compte environ 415'000 éléphants, soit 111'000 de moins que lors de la dernière décennie.


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  • Plus de 2 milliards de personnes n’ont 
pas accès à l’eau. Les conflits, comme 
ici en Irak, ont aggravé la situation.

    Voici quelques-unes des innovations qui pourraient bien changer le monde.

    L’accès à l’eau potable figure parmi les dégâts collatéraux des conflits au Moyen-Orient. L’Irak et la Syrie seraient donc en passe de devenir les prochaines priorités pour l’assistance sanitaire? Oui et non. Les interventions humanitaires sont bien sûr nécessaires, au regard des nombreuses coupures d’eau et des dégradations du réseau de distribution, caractéristiques des pays en guerre. Mais le travail à effectuer n’a pas du tout la même nature. «La problématique est très différente comparée aux pays pauvres, où les systèmes d’approvisionnement sont inexistants, explique Evaristo De Pinho Oliveira, chef de l’unité eau et habitat de la Croix-Rouge. En Syrie, les systèmes de traitement de l’eau sont énormes. A Alep, en temps normal, la station distribue 20 millions de litres par heure.

    Le réseau est très performant.» Au-delà du conflit lui-même, c’est sa durée qui fait figure d’ennemi invisible du réseau sanitaire. «Ces guerres peuvent durer des dizaines d’années, durant lesquelles les employés n’entretiennent pas les stations de distribution. L’accès est devenu trop dangereux ou les ingénieurs ont fui le pays. Les usines s’abîment, les habitants bidouillent pour obtenir de l’eau. Si le conflit se termine, on ne retrouve pas les stations en bon état.» Le conflit syrien, qui varie en intensité quasi quotidiennement, pousse le CICR à «osciller entre mode urgence et surveillance». Le but poursuivi? Préserver absolument le réseau de distribution en place. «Le CICR, en partenariat avec les ingénieurs locaux, analyse les problèmes de maintenance, comme les pièces à remplacer ou les nouvelles générations de personnel à former. Des solutions comme le camionnage d’eau correspondent à un état d’urgence uniquement», affirme Evaristo De Pinho Oliveira.

    Si le contrôle des points d’eau est évidemment un moyen de chantage entre gouvernements et rebelles, il peut aussi être source de dialogue. «Si une seule station alimente une ville divisée en deux par le conflit et occupée par chacun des groupes combattants, personne n’a intérêt à l’endommager.» Coordinateur pour l’OMS, Bruce Gordon ajoute: «Tout le monde perd sans eau. Sa gestion peut forcer au dialogue et représenter un pas vers la paix".

    Au Maroc, on boit l’eau des nuages. Tandis qu’à Nantes, un ingénieur crée un système incassable qui rend potable n’importe quelle eau boueuse et qu’en Suisse, un fonds de crédit finance toutes sortes d’innovations liées à l’assainissement de l’eau. En 2017, plus de 2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable, droit pourtant fondamental. L’ère n’est plus à la bonne conscience mais à l’éradication définitive du problème: fini l’époque du puits construit par des collégiens en voyage humanitaire et laissé à l’abandon.

    Ingénieurs comme humanitaires se rassemblent autour d’une idée commune: créer des systèmes d’assainissement simples, efficaces et maîtrisables par les populations locales à long terme. «La volonté politique est énorme, affirme Bruce Gordon, coordinateur de l’Unité eau, assainissement, hygiène et santé de l’OMS. Les gouvernements reconnaissent l’urgence du problème et concilient budget intérieur et aides extérieures. Mais 75% des avancées proviennent d’initiatives individuelles.»

    Les nouveautés technologiques en matière d’assainissement se multiplient. Elles poursuivent la même ambition: permettre aux populations victimes du manque d’eau de maîtriser les outils du progrès. Tour d’horizon des innovations qui pourraient bien changer le monde.

    Un cube pour sauver des vies

    Ce bidon à roulettes, réutilisable et facile d’utilisation, a des airs de boîte aux lettres. Son petit nom? Safe Water Cube, ou «cube d’eau potable». Il est né de la rédemption d’un ingénieur nantais, Jean-Paul Augereau, qui «passait sa vie entre deux avions et fonctionnait à l’efficacité». En voyage d’affaires à l’étranger, il contracte une septicémie en buvant de l’eau infestée, manque de mourir et remet sa vie en question. Un travail avec une coach lui donne envie de «redonner quelque chose aux gens».

    Ce quelque chose, ça sera l’eau, cause de sa maladie, source de vie et durs souvenirs de voyage, «des visions de mômes qui mangent en plein soleil, sur des tas d’ordures et sans rien à boire». Jean-Paul Augereau travaille alors d’arrache-pied sur un système de filtration hyperperformant et simplissime d’utilisation. Dix ans seront nécessaires à la création du Safe Water Cube, qui fonctionne avec des produits naturels comme le sable et le charbon. «Il est destiné aux populations rurales, raconte son créateur. Son efficacité et sa simplicité leur permettent de rester dans les villages. Le manque d’eau, facteur d’exil dans les villes, entraîne d’énormes problèmes sociaux.»

    Le Bénin, le Sri Lanka et le Sénégal ont reçu les premiers Safe Water Cube, il y a un an. A l’automne passé, les cubes ont poussé en Haïti, dévastée par l’ouragan Matthew. «Nous sommes démarchés par des associations françaises, alertées par un problème d’eau dans une région spécifique. Deux membres de l’association Safe Water Cube, montée en août dernier, partent installer le dispositif et surtout former deux personnes sur place pour l’entretien. Dans les villages, chaque famille s’engage à verser de 10 à 80 centimes par mois aux gardiens de la fontaine. C’est le meilleur moyen pour endiguer les problèmes de dégradations ou de vol.»

    Un «Cube» coûte 5900 francs, montage compris. La vente est totalement exclue. «Nous sommes un fonds de dotation et ne fonctionnons que par ce biais. Aucun business ne se fait sur le dos de Safe Water Cube. Empêcher les gens de mourir remplace tout bénéfice pécunier.» Depuis janvier, une quarantaine de cubes ont été installés à travers le monde. Plus de 500 autres sont en préparation.

    Moissonner le brouillard

     

    De grands filets, plantés dans la montagne, «essorent» le brouillard pour en récolter l’eau. Innovant, le système tire pourtant ses racines des pratiques ancestrales des autochtones des îles Canaries. Au Maroc, l’ONG Dar Si Hmad développe le projet depuis dix ans dans la région sèche de l’anti-Atlas, caractérisée par un climat tropical du désert. Les changements climatiques y ont aggravé la sécheresse.

    Menée par des femmes, l’ONG gère 600 m2 de filets et le premier observatoire du brouillard au monde, au sommet de la montagne Boutmezguida. L’eau récoltée alimente cinq villages. Le projet de recherche en cours souhaite inclure huit nouveaux villages et s’étendre dans d’autres régions souffrant du manque d’eau.

    Le Prix Elan des Nations Unies pour le changement climatique, décerné par l’ONU, a récompensé l’ONG en septembre passé. Pour l’originalité du projet mais aussi pour son ancrage dans la société locale.

    Si les jeunes hommes de la région sont formés à la construction des filets, les femmes sont les principales impliquées, dans la continuité de la tradition marocaine des «gardiennes de l’eau».

    Entrepreneuriat humaniste

    La Suisse, elle, mise sur l’approche business pour motiver l’innovation. L’initiative SwissBlueTec Bridge, lancée par la Direction du développement et de la coopération, accorde prêts sans intérêts et soutien technique aux PME suisses disposant de prototypes fonctionnels dans le domaine de l’assainissement de l’eau. Les projets doivent être uniques, dans leur modèle d’affaires ou dans leur technologie.

    Sur la base d’appels à propositions, huit programmes ont déjà été financés, après examen par un jury d’experts. En ligne de mire? La viabilité du projet, mais aussi le respect de la cible: les pays à faible revenus. «Ces entrepreneurs sont courageux, souligne Violette Ruppanner, manager de l’initiative. Dégager de l’argent permet le maintien des équipements, mais c’est une fibre humaniste qui engage sur ce genre de projet.» L’un d’entre eux, Swiss Intech, a fait la liaison Kinshasa – La Tour-de-Peilz. Sa pompe mobile, capable de récolter jusqu’à 240 litres d’eau par heure et actionnée par l’énergie solaire, s’est implantée dans plusieurs villages congolais, en partenariat avec des acteurs locaux. A l’heure actuelle, 110 000 personnes ont bénéficié des projets lancés par Swiss Bluetec Bridge. «Le prochain appel à proposition sera lancé en mai», conclut sa manager.


     


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