• Les terres arides sont essentielles à la sécurité alimentaire mondiale, selon le FIDA

    11 novembre 2016 – négatifs du changement climatique, de la dégradation des terres et de la sécheresse. Telle est la conclusion d'un nouveau rapport publié vendredi par le Fonds international de développement agricole (FIDA), un organisme spécialisé des Nations Unies.

    « Les terres arides sont absolument essentielles à la sécurité alimentaire de l'ensemble de la planète », a déclaré vendredi le Président du FIDA, Kanayo F. Nwanze, dans un communiqué depuis Marrakech où a lieu la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP22). « Pour réduire la pauvreté, renforcer la capacité d'adaptation des petits agriculteurs au changement climatique et réhabiliter les terres dégradées, il est essentiel que les petites agriculteurs disposent de systèmes agricoles respectueux de l'environnement et économes en eau », a-t-il souligné.

    M. Nwanze a indiqué que le FIDA a pour ambition de donner à davantage d'agriculteurs ruraux les moyens de gérer durablement leurs terres, « de sorte qu'ils puissent à la fois nourrir leurs familles pour les générations à venir et se libérer de la pauvreté ».

    Présentes sur tous les continents et couvrant plus de 40% de la surface terrestre, les terres arides se rapportent généralement aux zones arides, semi-arides et subhumides. Selon le FIDA, ces terres abritent plus de 2 milliards de personnes. De plus, près de 44% des systèmes de production agricole du monde sont situés sur des terres arides.

    Le rapport, intitulé 'L'avantage des terres arides: protéger l'environnement, autonomiser les populations', montre comment les terres arides soutiennent d'importants écosystèmes et l'ensemble de la biodiversité, ainsi que leur importance cruciale pour les moyens d'existence et l'identité culturelle de nombreux petits exploitants.

    Par exemple, au Swaziland, le FIDA a aidé des communautés à réhabiliter des terrains ravinés et à adopter des pratiques de gestion durable des terres sur 68.000 hectares, qui génèrent maintenant des moyens d'existence pour la population.

    Dans la province de Yanchi, en Chine, où les terres arides se transforment en déserts, les agriculteurs ont vu leurs revenus augmenter de 20% grâce à un programme global qui a permis de développer des moyens d'existence alternatifs et durables. Sans ce programme, la désertification risquerait de s'aggraver et les terres arides ne pourraient plus du tout être cultivées.

    50 millions de personnes pourraient être déplacées sur les 10 prochaines années

    Les projets appuyés par le FIDA permettent non seulement aux petits exploitants vivant sur des terres arides de prospérer mais contribuent également à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations Unies dans le cadre du Programme 2030, qui consiste à « préserver, restaurer et promouvoir une utilisation durable des écosystèmes terrestres, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et mettre fin à l'appauvrissement de la biodiversité ».

    « Malgré leur importance, les terres arides sont dégradées, ce qui a de très lourdes conséquences économiques », a déploré la directrice de la Division environnement et climat du FIDA, Margarita Astralaga. « Au cours des dix prochaines années, quelque 50 millions de personnes pourraient être déplacées par suite de la désertification des terres arides », a-t-elle prévenu.

    « Les investissements du FIDA dans les terres arides rapportent des dividendes conséquents, tant au plan humain et qu'environnemental », a ajouté Mme Astralaga. « Pour réduire la pauvreté, renforcer la capacité d'adaptation des petits agriculteurs au changement climatique et réhabiliter les terres dégradées, il est essentiel que les petites agriculteurs disposent de systèmes agricoles respectueux de l'environnement et économes en eau », a-t-elle dit.


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  • Cette nouvelle aire marine protégée entrera en vigueur en décembre 2017.

    La Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) a voté la création d’une aire marine protégée d'1,55 million de kilomètres carrés dans la mer de Ross.

    Le plus grand sanctuaire marin au monde verra le jour dans une partie des eaux immaculées de l'Antarctique, à la faveur d'un accord historique forgé vendredi en Australie grâce à la levée du veto russe. Après des années de négociations, un consensus a été trouvé entre les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) lors de sa réunion annuelle à Hobart, en Tasmanie, peut-on lire dans son dernier communiqué.

    Présenté par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, le projet porte sur la création d'une zone protégée en mer de Ross, une immense baie côté Pacifique. Elle s'étendra sur une superficie de plus de 1,55 million de kilomètres carrés, soit une aire plus vaste que la France, l'Italie, le Benelux, l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche réunis. Au total, 1,12 million de kilomètres carrés seront interdits à la pêche dès décembre 2017, selon le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères Murray McCully.

    D’autres accords en suspens

    «Cette décision est historique car c'est la première fois que des nations acceptent de protéger une gigantesque portion d'océan au delà des juridictions nationales», a déclaré dans le communiqué Andrea Kavanagh, chargée de l'Antarctique au sein de Pew Charitable Trusts, une puissante organisation américaine de lobbying.

    Grâce à l’accord, la mer de Ross, parfois surnommée «le dernier océan» car considérée comme le dernier écosystème marin intact de la planète, c'est-à-dire non touché par la pollution, la surpêche ou les espèces invasives, pourra continuer de briller.

    Toutefois, la CCAMLR n'est pas parvenue à trouver un consensus sur le deuxième projet majeur d'AMP (Aire marine protégée) qui était au menu des discussions. Porté par la France et l'Australie, il couvre un million de km2 dans l'est de l'Antarctique. Un troisième projet d'inspiration allemande concernant la mer de Weddell est également dans les tuyaux.

     


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  • Entrée en vigueur de l'Accord de Paris sur le climat le 4 novembre

    Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé mercredi 5 octobre 2016 que l'Accord de Paris sur le changement climatique entrerait en vigueur le 4 novembre 2016 après avoir franchi les deux seuils fixés : la ratification par au moins 55 pays, représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

    « Je suis heureux d'annoncer aujourd'hui que l'Accord de Paris va franchir le deuxième et dernier seuil nécessaire pour son entrée en vigueur, et qu'il entrera en vigueur le 4 novembre 2016 », a dit M. Ban dans une déclaration à la presse.

    Le chef de l'ONU s'est félicité de l'élan mondial « remarquable » pour permettre l'entrée en vigueur de cet accord. « Ce qui autrefois semblait impensable est désormais imparable », a-t-il dit.

    « Un soutien international fort pour l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris témoigne de l'urgence à agir et reflète le consensus au sein des gouvernements selon lequel une solide coopération mondiale est essentielle pour relever le défi climatique », a-t-il ajouté.

    Adopté par les 195 Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en décembre dernier à Paris, l'accord, qui a été signé le22 avril à New York par 175 pays, doit entrer en vigueur 30 jours après le dépôt des instruments de ratification par au moins 55 pays, représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

    L'accord appelle les pays à lutter contre le changement climatique en visant une limitation de la hausse de la température mondiale bien en dessous de 2 degrés Celsius, et à s'efforcer de ne pas dépasser 1,5 degré Celsius.

    « Au cours de la dernière décennie, j'ai travaillé sans relâche pour rassembler les pays afin d'accélérer la réponse mondiale au changement climatique. J'ai visité les communautés sur le front du climat, de l'Arctique à l'Amazone, et j'ai vu comment les conséquences climatiques ravagent déjà des existences, des moyens de subsistance et des perspectives pour un avenir meilleur », a dit le Secrétaire général.

    Ban Ki-moon a demandé instamment à tous les gouvernements et à tous les secteurs de la société de mettre en œuvre l'Accord de Paris dans son intégralité et de prendre des mesures urgentes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, renforcer la résilience climatique, et soutenir les plus vulnérables dans l'adaptation aux conséquences des changements climatiques inévitables.

    « Je présente mes plus chaleureuses félicitations à tous les signataires de l'Accord de Paris, et j'encourage tous les pays à accélérer leurs processus nationaux pour ratifier dès que possible l'Accord de Paris avant la prochaine Conférence des Parties (COP 22) le mois prochain à Marrakech », a-t-il conclu.


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  • Namibie et Zimbabwe: interdits de vendre leur ivoire

    La Convention internationale sur le commerce d'espèces sauvages menacées d'extinction a interdit le 3 octobre 2016 à la Namibie et le Zimbabwe de vendre leur stock d'ivoire.

    Réunie à Johannesburg, la Convention internationale sur le commerce d'espèces sauvages menacées d'extinction (Cites) «a voté contre la proposition de la Namibie et du Zimbabwe d'autoriser le commerce international de leurs #éléphants», a-t-elle annoncé dans un tweet, une décision immédiatement saluée par les organisations de défense des animaux.

    Le maintien de «l'interdiction existante du commerce international de l'ivoire est la bonne décision pour les éléphants», a réagi Ginette Hemley, à la tête de la délégation du Fonds mondial pour la protection de la faune sauvage (WWF).

    «La population des éléphants d'Afrique connaît un rapide déclin sur le continent en raison du braconnage de leur ivoire. Ouvrir le marché de l'ivoire aurait compliqué les efforts pour les conserver», a-t-elle ajouté.

    Financer la protection

    Le vote de la proposition de la Namibie et du Zimbabwe «aurait pu ouvrir un véritable boulevard aux gangs criminels pour faire du blanchiment d'ivoire braconné (...) et aurait porté atteinte aux efforts visant à réduire la demande qui alimente le braconnage de masse», a poursuivi Mme Hemley.

    Le trafic international d'ivoire est interdit depuis 1989. Mais depuis, plusieurs pays, dont le Zimbabwe et la Namibie, ont été autorisés à vendre leur ivoire à deux reprises, en 1999 et 2008.

    Selon ces deux pays d'Afrique australe, le produit de la vente de leur stock devait servir à financer leurs programmes de protection des éléphants.

    Le nombre de pachydermes africains victimes des trafics s'est dramatiquement accru pour atteindre 110'000 têtes au cours de la dernière décennie, selon l'Union internationale pour la protection de la nature (UICN).

     


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  • Appel à mettre fin au commerce légal d'ivoire

    Les dirigeants mondiaux réunis à Hawaï ont adopté samedi 10 septembre 2016 un texte, malgré l'opposition du Japon et de la Namibie.

    Les responsables gouvernementaux réunis à la conférence de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Hawaï ont adopté samedi un texte appelant à mettre un terme à tous les marchés domestiques de commerce d'ivoire.

    Au terme d'intenses débats, et malgré l'opposition de la Namibie et du Japon notamment, la motion, non contraignante, a été adoptée le jour de la clôture de la conférence, qui a duré dix jours et a réuni 9000 personnes à Honolulu, à Hawaï.

    «C'est la première fois qu'un organe international appelle chaque pays dans le monde à mettre un terme aux marchés légaux d'ivoire», a déclaré Andrew Wetzler, du Conseil de défense des ressources naturelles.

    Le Japon et la Namibie traînent la patte

    «C'est une victoire pour les éléphants, qui avec un peu de chance sera réitérée à la fin du mois à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) à Johannesburg», en Afrique du Sud.

    Le texte «exhorte les gouvernements des pays concernés par le commerce national d'ivoire à prendre toutes les mesures législatives et réglementaires pour l'arrêter».

    Le Japon et la Namibie, dont les marchés intérieurs d'ivoire sont en expansion, ont tenté en vain d'adoucir le texte, en déposant une vingtaine d'amendements.

    «La communauté internationale de la protection de la nature fait un grand pas en avant», s'est félicité Cristian Samper, responsable de la Wildlife Conservation Society (WCS), l'une des ONG représentées à la conférence. «Plus de ventes domestiques d'ivoire. Les éléphants en ont eu assez du commerce d'ivoire, et le monde aussi».

    Efforts américain et chinois

    Selon les spécialistes, le commerce domestique d'ivoire nourrit le braconnage, utilisé comme écran par les trafiquants pour camoufler leurs importations et exportations illégales.

    Les Etats-Unis et la Chine, qui figurent parmi les plus gros consommateurs d'ivoire, ont déjà accepté d'interdire presque totalement leur marché domestique d'ivoire.

    La CITES a interdit le commerce international d'ivoire d'éléphant en Afrique en 1989. Mais le braconnage des éléphants pour leurs défenses se maintient à des niveaux élevés, menaçant d'extinction les éléphants africains, selon une étude publiée en ouverture de la conférence internationale.

    Déclin de la population d'éléphants

    La population des éléphants vivant dans les savanes d'Afrique a décliné de 30% entre 2007 et 2014, principalement en raison du braconnage, selon ce recensement panafricain inédit financé par Paul Allen, co-fondateur de Microsoft et philanthrope.

    Ce déclin s'est par ailleurs accéléré au fil des ans et atteint actuellement 8% par an, selon l'étude, qui a identifié l'Angola, le Mozambique et la Tanzanie comme des zones particulièrement touchées par le braconnage.

    Les populations d'éléphants vivant dans les savanes du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), du nord du Cameroun et du sud-ouest de la Zambie sont, elles, menacées d'une «extinction locale».

    Signal fort aux trafiquants

    Les ONG environnementales ont salué l'initiative de l'UICN et appelé la CITES, qui doit se réunir à Johannesburg à la fin du mois, à aller encore plus loin.

    «Nous espérons que les délégués seront incités par le vote de l'UICN à adopter une résolution soumise par des gouvernements africains qui appelle également à fermer les marchés domestiques d'ivoire», a ajouté M. Samper du WCS.

    «La fermeture des marchés domestiques d'ivoire enverra un signal fort aux trafiquants et aux bandes criminelles organisées, celui que l'ivoire ne vaut rien et n'encouragera plus leurs activités criminelles qui causent des problèmes de sécurité pour les habitants et détruisent la nature», a-t-il estimé.

     


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  • Réunis pour concrétiser l'accord sur le climat

    Après la signature, il est temps de ratifier l'accord de Paris sur le climat, a rappelé la réunion internationale de jeudi 5 mai 2016.

    Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et un parterre de personnalités se sont réunis jeudi à Washington pour discuter des moyens de concrétiser l'accord de Paris sur le climat, qu'il faut «appliquer dès que possible», selon Ban Ki-moon.

    De nombreuses personnalités politiques, représentants des milieux d'affaires et des ONG notamment participaient à cette conférence «Climate-Action 2016».

    «Nous devons accélérer le rythme et l'étendue de notre réponse, localement et globalement», a déclaré Ban Ki-moon, citant la montée continue des températures, la fonte accélérée des glaces arctiques et la plus grande fréquence des sécheresses et des ouragans.

    Le secrétaire général de l'ONU a rappelé que 55 des pays signataires comptant pour 55% des émissions globales de gaz à effet de serre devaient ratifier l'accord pour qu'il devienne effectif. Son objectif est de limiter la hausse des températures à deux degrés Celsius d'ici la fin du siècle en réduisant les émissions humaines de CO2.

    Transformer l'économie mondiale

    Sur les 195 nations, plus l'Union européenne, qui ont adopté cet accord le 12 décembre dernier à Paris, 175 l'ont déjà paraphé mais peu l'ont ratifié.

    «Notre objectif doit être la transformation de l'économie mondiale et nous connaissons une mobilisation d'une ampleur sans précédent», a lancé Ban Ki-moon, soulignant «le rôle clé des Etats-Unis et de la Chine» dans cet effort.

    «Pour relever ces défis présentés par le changement climatique il nous faut de solides partenariats à tous les niveaux de la société et de tous les secteurs», privé et public, a-t-il aussi insisté.

    Appel au politique

    Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a quant à lui appelé «à agir politiquement pour tenir ces promesses» faites à Paris. «Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre l'élan de Paris car le défi du réchauffement grandit chaque jour et semble pire que nous pensions chaque fois que nous examinons la situation».

    Le changement climatique a d'ores et déjà un impact économique et politique dans le monde, notamment en Afrique où il contribue à des migrations de masse. Citant un récent rapport de la Banque mondiale, Jim Yong Kim a ainsi expliqué que dans certaines régions cet impact pourrait conduire à une réduction du PIB de 6%.

    La ministre française de l'environnement Ségolène Royal, qui préside la COP21, s'est montrée optimiste: «Avec 175 signatures, l'esprit de Paris est toujours là et la mobilisation est en marche. Nous devons la rendre irréversible».

    Fin de l'année

    «On pouvait craindre une démobilisation mais au contraire on sent une accélération, une prise de conscience même de certains pays qui n'étaient pas encore rentrés dans cette dynamique», a-t-elle également dit.

    «La prochaine étape, c'est la ratification de l'accord de Paris et mon objectif c'est que ce soit fait avant la fin de l'année pour qu'il puisse entrer en vigueur», a-t-elle dit, soulignant que les Etats-Unis et la Chine, les deux plus grands pollueurs, ont dit vouloir le ratifier avant la fin de l'année.

    La maire de Paris Anne Hidalgo a quant a elle souligné le rôle important joué par les grandes villes pour lutter contre le réchauffement, appelant les gouvernements à leur octroyer davantage de pouvoirs pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris.

     


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  • L'huile de palme fait jusqu'ici partie des huiles végétales les moins taxées en France. C'est la troisième fois que les députés débattent d'un changement, au nom de la protection de l'environnement et de la santé des consommateurs. (Image - 24 février 2014, forêt de Bornéo)

    Face à la colère des pays producteurs d'huile de palme, les députés ont revu à la baisse la surtaxation de cette substance.

    Les députés ont fortement revu à la baisse jeudi la surtaxation de l'huile de palme, la fameuse «taxe Nutella», qui avait entraîné après son vote au Sénat les protestations des deux principaux producteurs mondiaux, l'Indonésie et la Malaisie, ainsi que de l'industrie agroalimentaire.

    Alors que le Sénat, à l'initiative des écologistes, avait en première lecture créé une contribution additionnelle très élevée (300 euros la tonne en 2017, 500 euros en 2018, 700 en 2019 et 900 à partir de 2020), les députés l'ont réduite à 90 euros, avec le soutien du gouvernement, en deuxième lecture du projet de loi biodiversité.

    Tout en envoyant un «signal», «cette taxation est plus réaliste (...) Nous ne voulons ni d'un boycott de ces deux pays, ni même de l'huile de palme», a plaidé la secrétaire d'État à la Biodiversité, l'écologiste Barbara Pompili.

    Progressivité

    Il s'agit «de ne pas déstabiliser brutalement les approvisionnements des entreprises installées en France, ainsi que les revenus des producteurs de ces huiles, qui se situent majoritairement dans des pays en développement», a renchéri le socialiste Jean-Louis Bricout.

    A aussi été adopté un amendement rendant cette taxation plus progressive (de 30 euros en 2017 à 90 euros en 2020).

    Comme Jean-Louis Bricout n'avait pu le défendre pour cause d'arrivée en retard à la reprise de la séance de 15 heures, les députés l'ont adopté, passé 2h30 du matin, à la fin des débats sur le projet de loi, sur demande du gouvernement.

    Le Nutella pas concerné

    C'est la troisième fois depuis 2012 que les parlementaires débattent de la «taxe Nutella», en référence à l'utilisation de l'huile de palme dans la célèbre pâte à tartiner de Ferrero. Et Ségolène Royal avait suscité l'indignation en juin 2015 en Italie en appelant à cesser de manger du Nutella, avant de présenter ses excuses quelques jours plus tard.

    Il n'est pas cependant sûr que le groupe italien soit un jour concerné par cette taxe, si elle survit au parcours parlementaire, car les députés ont également décidé, contre l'avis de la rapporteure Geneviève Gaillard (PS) et des écologistes, que les huiles issues d'une production «durable» en seraient exonérées.

    Comme d'autres industriels, Ferrero recourt en Indonésie à la certification de la RSPO (Table Ronde pour une Huile de Palme Durable), «labellisation pas encore de top niveau», selon Geneviève Gaillard.

    Chemin tortueux

    Au Sénat, les écologistes avaient justifié cette surtaxation par les «effets dévastateurs de la culture industrielle du palmier à huile sur la biodiversité». Avec en mémoire les immenses feux de forêts qui ont ravagé l'Indonésie afin de défricher et de fertiliser des terres pour accroître les plantations d'huile de palme.

    En outre, l'huile de palme fait jusqu'alors partie des huiles végétales les moins taxées en France, à 104 euros par tonne contre 190 euros pour l'huile d'olive, alors que ses effets sur la santé sont décriés.

    Mais le vote du Sénat avait entraîné de vives protestations notamment de l'Indonésie, critique d'une mesure «arrogante» et «excessive» pouvant «mettre en danger les relations entre les deux pays», et de la Malaisie.

    La France est un petit importateur d'huile de palme (150'000 tonnes sur une production mondiale de 62 millions de tonnes), mais ces deux pays craignent une contagion sur d'autres consommateurs.

    Nutella et judo

    Relayant leurs positions, la socialiste Anne-Yvonne Le Dain, ingénieur agronome, a estimé qu'on «stigmatisait une partie de la population du sud-est asiatique» et que les «Européens n'avaient pas de leçon de morale à donner». «Alors que nous importons peu d'huile de palme, nous consommons massivement du café, du caoutchouc, du chocolat, de l'arachide» sans nous préoccuper de la déforestation, a-t-elle lancé, affirmant également qu'un paysan indonésien gagnait dix fois plus avec l'huile de palme qu'avec le riz.

    Plusieurs députés LR ont repris l'argumentation des industriels français, dont l'entreprise spécialisée dans les pâtes à tarte Céréalia, selon lesquels la taxation «mettrait en péril leurs efforts pour développer l'huile de palme durable».

    «Quand on fait un peu de sport, on peut se permettre quelques écarts, notamment la consommation d'une pâte à tartiner bien connue», a estimé l'ancien judoka David Douillet.


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  • Amende de 9,3 millions pour une fuite de cyanure

    Après une fuite d'un million de litres de solution au cyanure en septembre 2015, le groupe canadien Barrick Gold a été condamné.

    Le groupe minier canadien Barrick Gold a annoncé vendredi 11 mars 2016 avoir écopé d'une amende de 9,3 millions de dollars (9,2 millions de francs) en Argentine, après une fuite de cyanure dans une mine d'or de la province de San Juan.

    Trois rivières avaient été polluées.

    «Nous regrettons profondément cet incident et espérons, à partir de maintenant, rétablir une relation de confiance avec la communauté, la province du San Juan et l'Argentine», a affirmé Barrick Gold dans un communiqué.

    La fuite d'une solution cyanurée était survenue le 12 septembre dernier dans la mine d'or et d'argent de Veladero, à 370 km au nord-ouest de la capitale de San Juan et à 4000 mètres d'altitude, sur les contreforts des Andes.

    Un million de litres de cyanure

    Le groupe canadien a reconnu, sous la pression de la communauté locale, le versement d'un million de litres de cyanure dans l'environnement, après avoir affirmé dans un premier temps que la quantité n'était que de 224'000 litres.

    Il a toutefois souligné vendredi que toutes ses mesures «ont montré que l'incident n'a entraîné aucun risque pour la santé des personnes ou de l'environnement». Les résultats des analyses menées par Barrick Gold coïncident avec ceux d'autres études commandées par les autorités nationales et locales.

    Le juge de la province du San Juan, Pablo Oritja, affirme pourtant, dans un document annonçant l'ouverture d'une procédure judiciaire, que dans trois rivières près de la mine, ont été décelées «des concentrations suffisantes en cyanure et en mercure pour affirmer qu'elles ont été polluées».

    En service depuis 2005 et employant 3800 personnes, la mine produit de l'or et de l'argent. En 2013, elle a produit 640'000 onces d'or, d'après l'exploitant.


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  • Ces animaux majestueux sont chassés pour leurs cornes.

    Un peu plus de 1300 spécimens ont été braconnés l'an dernier, selon l´UICN.

    Au moins 1338 rhinocéros ont été braconnés en Afrique en 2015, a annoncé le 9 mars 2016 l'ONG UICN. Il s'agit d'un chiffre record depuis que l'Afrique du Sud a interdit le commerce de la corne de mammifères périssodactyles en 2008.

    En 2015, «le nombre de rhinocéros d'Afrique tués par des braconniers a augmenté pour la sixième année consécutive», a indiqué l'union internationale pour la conservation de la nature (UICN), basée à Gland (VD).

    Le commerce de la corne de rhinocéros est banni au niveau international depuis 1977 par la convention sur le commerce d'espèces sauvages menacées (CITES), mais il a fallu attendre 2008 pour qu'il soit interdit en Afrique du Sud, pays qui abrite 80% de la population mondiale de rhinocéros.

    Depuis cette date, le braconnage a explosé en Afrique et l'UICN évalue à au moins 5940 le nombre de rhinocéros braconnés jusqu'à aujourd'hui.

    Au cours des deux dernières années, le braconnage a diminué au Kenya et, en 2015, pour la première fois depuis 2008, le nombre de rhinocéros tués en Afrique du Sud a diminué, se félicite l'organisation.

    «Vertus» de la corne de rhinocéros

    «Malheureusement, ces progrès ont été freinés par une augmentation alarmante du braconnage au cours de l'année passée dans d'autres Etats, comme en Namibie et au Zimbabwe», a déclaré la directrice générale de l'UICN, Inger Andersen, citée dans le communiqué.

    «Le braconnage extensif (...) continue de saper les réussites obtenues au cours des deux dernières décennies en matière de conservation des rhinocéros», a souligné de son côté un responsable de l'ONG, Mike Knight.

    L'espèce est menacée par la forte demande de corne en Asie, où on lui prête des vertus médicinales. La corne de rhinocéros n'est, pourtant, composée que de kératine, comme les ongles. Au marché noir, elle s'arrache au prix d'environ 60'000 dollars le kilogramme, plus cher que la cocaïne.

    D'après les experts, qui ne disposent pas encore des statistiques définitives, le continent africain hébergeait en 2015 entre 19'682 et 21'077 rhinocéros blancs et entre 5042 à 5455 rhinocéros noirs.

     


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  • Trudeau repousse ses engagements sur le climat

    Le Canada remet à 6 mois les mécanismes pour se conformer à l'accord de Paris.

    Le Premier ministre Justin Trudeau a repoussé jeudi 3 mars 2016 de six mois la décision sur les mécanismes visant à respecter ses engagements pour satisfaire aux contraintes de réduction des gaz à effet de serre (GES) pris à la conférence sur le climat de Paris.

    Aucun consensus n'a été trouvé à Vancouver lors de la réunion entre le gouvernement fédéral et l'exécutif des dix provinces et des trois territoires nordiques, tant les positions sont éloignées.

    A la COP21 de Paris en décembre ou à Vancouver jeudi, le fédéral et les provinces ont reconnu la nécessité d'aller «vers une plus grande ambition sur une base régulière», a déclaré Justin Trudeau en conférence de presse.

    Mesures dans chaque province

    Déjà, «le défi devant nous de réduire de 30% nos émissions par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2030 est significatif», a-t-il ajouté.

    Pour y parvenir, le gouvernement fédéral va devoir composer avec les particularités et les mesures déjà engagées par chaque province.

    Le gouvernement Trudeau a clairement essuyé un échec en voulant imposer une taxe carbone unique afin d'atteindre les objectifs alors qu'il s'était donné jusqu'à mi-mars pour arrêter un plan de réduction des émissions de GES.

    Prix du carbone

    Les approches diffèrent pour réduire ces émissions de 30% avec l'objectif de la COP21 de limiter le réchauffement de la planète entre +1,5 à +2 degrés Celsius par rapport à l'ère pré-industrielle.

    Le pouvoir fédéral et les provinces ont donc convenu de se revoir à l'automne avec les conclusions de quatre groupes de travail et à partir desquelles les choix devront être faits. «La transition vers une économie sobre en carbone va passer par une vaste gamme de mesures, dont un prix du carbone», a assuré Justin Trudeau.

    La réunion jeudi a reconnu que «le prix du carbone est un élément important de la solution», a-t-il ajouté.

    Ressources abondantes

    Moins affirmatif, le Premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador Dwight Ball a noté que les responsables politiques avaient donné leur accord sur un calendrier et reconnu qu'une économie moins gourmande en carbone était «une opportunité pour le Canada».

    «Compte tenu de nos ressources abondantes en énergie propre et de l'émergence d'une économie verte», il n'y a pas de contradiction entre la croissance économique et la baisse des émissions de dioxyde de carbone, a rappelé Dwight Ball qui assure la présidence du Conseil de la fédération, organisme regroupant l'exécutif provincial et territorial.

    Ce responsable a promis pour cet automne «des décisions sur la stratégie pour réduire les émissions de GES».

    4 groupes de travail

    Avant cela, le gouvernement fédéral --avec la ministre de l'Environnement Catherine McKenna-- va mettre en place quatre groupes de travail censés dessiner les pistes: un sur les technologies propres, un sur l'innovation et l'emploi, un autre sur l'adaptation au changement climatique et enfin, le plus important, un groupe sur les mécanismes d'un prix du carbone adapté aux provinces.

    «C'est un excellent début», a assuré Christy Clark, Première ministre de la Colombie-Britannique, la province de l'Ouest qui s'est déjà dotée d'une taxe carbone.

    Si l'Alberta, plus grosse région productrice de pétrole, a déjà promis de taxer la tonne de carbone pour les compagnies pétrolières qui ne réduiraient pas leurs émissions de 20% d'ici l'an prochain, en revanche la province voisine de la Saskatchewan n'y adhère pas.

    Marché des droits à polluer

    De leur côté, le Québec et l'Ontario, forts de près des deux-tiers des 35 millions de Canadiens, ont fait le choix de réduire leurs émissions de GES en mettant en place un marché des droits à polluer, en partenariat avec l'Etat américain de Californie.

    Melina Laboucan-Massimo, de Greenpeace Canada, a jugé qu'«un avenir plus radieux est réellement possible». Mais, selon elle, «l'expansion des sables bitumineux» pour la production de pétrole va empêcher le Canada «d'atteindre ses objectifs climatiques internationaux».

     


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