• Trudeau repousse ses engagements sur le climat

    Le Canada remet à 6 mois les mécanismes pour se conformer à l'accord de Paris.

    Le Premier ministre Justin Trudeau a repoussé jeudi 3 mars 2016 de six mois la décision sur les mécanismes visant à respecter ses engagements pour satisfaire aux contraintes de réduction des gaz à effet de serre (GES) pris à la conférence sur le climat de Paris.

    Aucun consensus n'a été trouvé à Vancouver lors de la réunion entre le gouvernement fédéral et l'exécutif des dix provinces et des trois territoires nordiques, tant les positions sont éloignées.

    A la COP21 de Paris en décembre ou à Vancouver jeudi, le fédéral et les provinces ont reconnu la nécessité d'aller «vers une plus grande ambition sur une base régulière», a déclaré Justin Trudeau en conférence de presse.

    Mesures dans chaque province

    Déjà, «le défi devant nous de réduire de 30% nos émissions par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2030 est significatif», a-t-il ajouté.

    Pour y parvenir, le gouvernement fédéral va devoir composer avec les particularités et les mesures déjà engagées par chaque province.

    Le gouvernement Trudeau a clairement essuyé un échec en voulant imposer une taxe carbone unique afin d'atteindre les objectifs alors qu'il s'était donné jusqu'à mi-mars pour arrêter un plan de réduction des émissions de GES.

    Prix du carbone

    Les approches diffèrent pour réduire ces émissions de 30% avec l'objectif de la COP21 de limiter le réchauffement de la planète entre +1,5 à +2 degrés Celsius par rapport à l'ère pré-industrielle.

    Le pouvoir fédéral et les provinces ont donc convenu de se revoir à l'automne avec les conclusions de quatre groupes de travail et à partir desquelles les choix devront être faits. «La transition vers une économie sobre en carbone va passer par une vaste gamme de mesures, dont un prix du carbone», a assuré Justin Trudeau.

    La réunion jeudi a reconnu que «le prix du carbone est un élément important de la solution», a-t-il ajouté.

    Ressources abondantes

    Moins affirmatif, le Premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador Dwight Ball a noté que les responsables politiques avaient donné leur accord sur un calendrier et reconnu qu'une économie moins gourmande en carbone était «une opportunité pour le Canada».

    «Compte tenu de nos ressources abondantes en énergie propre et de l'émergence d'une économie verte», il n'y a pas de contradiction entre la croissance économique et la baisse des émissions de dioxyde de carbone, a rappelé Dwight Ball qui assure la présidence du Conseil de la fédération, organisme regroupant l'exécutif provincial et territorial.

    Ce responsable a promis pour cet automne «des décisions sur la stratégie pour réduire les émissions de GES».

    4 groupes de travail

    Avant cela, le gouvernement fédéral --avec la ministre de l'Environnement Catherine McKenna-- va mettre en place quatre groupes de travail censés dessiner les pistes: un sur les technologies propres, un sur l'innovation et l'emploi, un autre sur l'adaptation au changement climatique et enfin, le plus important, un groupe sur les mécanismes d'un prix du carbone adapté aux provinces.

    «C'est un excellent début», a assuré Christy Clark, Première ministre de la Colombie-Britannique, la province de l'Ouest qui s'est déjà dotée d'une taxe carbone.

    Si l'Alberta, plus grosse région productrice de pétrole, a déjà promis de taxer la tonne de carbone pour les compagnies pétrolières qui ne réduiraient pas leurs émissions de 20% d'ici l'an prochain, en revanche la province voisine de la Saskatchewan n'y adhère pas.

    Marché des droits à polluer

    De leur côté, le Québec et l'Ontario, forts de près des deux-tiers des 35 millions de Canadiens, ont fait le choix de réduire leurs émissions de GES en mettant en place un marché des droits à polluer, en partenariat avec l'Etat américain de Californie.

    Melina Laboucan-Massimo, de Greenpeace Canada, a jugé qu'«un avenir plus radieux est réellement possible». Mais, selon elle, «l'expansion des sables bitumineux» pour la production de pétrole va empêcher le Canada «d'atteindre ses objectifs climatiques internationaux».

     


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  • Des ONG portent plainte contre Monsanto

    Le géant américain est accusé de distorsion d'analyses afin de prouver l'innocuité du pesticide glyphosate.

    Un collectif d'ONG emmené par l'organisation autrichienne Global 2000 a annoncé mercredi 2 mars 2016 porter plainte contre Monsanto et l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Et cela pour distorsion d'analyses afin de prouver l'innocuité du pesticide glyphosate.

    «Nous sommes fondés à penser que les autorités européennes et les industriels ont cherché, via des interprétations faussées d'analyses, à maintenir le glyphosate sur le marché européen malgré ses probables effets cancérogènes pour l'être humain», a indiqué l'avocat de Global 2000, Josef Unterweger.

    L'annonce de cette plainte intervient alors qu'un comité d'experts représentant les Etats membres de l'Union européenne doit statuer les 7 et 8 mars sur le renouvellement de l'autorisation du glyphosate, qui expire fin juin.

    Cancérogène «probable» pour l'OMS

    Cette substance très utilisée notamment par les exploitants agricoles a été déclarée cancérogène «probable» par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en mars 2015.

    La Commission européenne s'est toutefois prononcée en faveur d'un renouvellement de son autorisation de commercialisation, après un avis de l'EFSA, qui avait suscité la polémique en novembre en jugeant «improbable» le risque cancérogène de ce pesticide.

    Conclusions de Monsanto reprises

    Global 2000 et d'autre ONG européennes reprochent à l'EFSA d'avoir repris telles quelles les conclusion de l'autorité sanitaire allemande BfR, qui avait elle-même endossé les conclusions du géant américain Monsanto en dépit d'«entorses grossières» à la méthodologie scientifique.

    Selon les plaignants, les études épidémiologiques de l'OMS ont relevé un risque accru de «50%» de cancer des nœuds lymphatiques chez les personnes travaillant avec du glyphosate.

    Les plaintes avec constitution de partie civile ont été déposées devant le parquet de Vienne et de Berlin et visent également le BfR, précise Global 2000, dans un communiqué.


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  • En Asie, le trafic est proposé sur Facebook

    Les réseaux sociaux sont de plus en plus utilisés en Asie comme des plateformes pour le commerce illégal d'espèces menacées comme les orangs-outans et les ours malais.

    Un nombre croissant de trafiquants utilise Facebook et Instagram pour leur commerce illégal.

    Cette tendance représente une sérieuse menace dans une région du monde très portée sur les nouvelles technologies, où les produits dérivés de différents espèces sont recherchés dans la médecine traditionnelle et où les animaux exotiques sont très prisés, soulignent le Fonds mondial pour la nature (WWF) et l'ONG de surveillance du commerce des espèces sauvages Traffic.

    «Les trafiquants ont clairement recours à des méthodes non conventionnelles de vente, telle l'utilisation de portails en ligne et réseaux sociaux, afin d'éviter d'être détectés, de capter une plus grande audience et d'augmenter l'efficacité et la commodité des transactions», observe l'ONG dans un rapport publié en cette Journée mondiale de la faune et la flore.

    Un nombre croissant de trafiquants utilisent des groupes fermés d'utilisateurs sur Facebook et des forums en ligne protégés par des mots de passe pour atteindre des clients asiatiques.

    77 cornes de rhinocéros

    En Chine, en l'espace d'un mois l'an passé, des milliers de produits d'ivoire, 77 cornes de rhinocéros et un grande nombre d'espèces d'oiseaux en danger étaient à la vente sur des sites comme QQ et WeChat, populaires en Chine, observe Traffic.

    «Le réseau de trafic devient plus perfectionné», a déclaré à l'AFP le directeur de WWF pour la Malaisie, Dionysius Sharma. «Nous devons avoir une longueur d'avance et trouver des solutions créatives pour éradiquer ce problème».

    Sur une période de 50 heures l'an passé, Traffic a observé 14 groupes de commerce illégal de faune et flore sur Facebook s'adressant à des consommateurs en Malaisie. Ces groupes totalisaient plus de 67'500 membres actifs.

    Difficile lutte

    «Le commerce paraît très décontracté et les trafiquants fournissent tranquillement leurs coordonnées, et ils proposent parfois de livrer un animal au domicile de l'acheteur», indique le rapport.

    Les groupes sur Facebook peuvent rapidement changer de nom ou fermer un compte et apparaître sous un autre, des pratiques qui mettent en relief les difficultés à lutter contre ces pratiques.


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  • Djakarta s’attaque aux pyromanes de la déforestation

    Le pouvoir a annulé les licences d’exploitation de trois grosses entreprises impliquées dans les feux de tourbières qui ont ravagé une zone grande comme trois fois la Corse de juin à octobre dernier. Les autorités ont ordonné le gel des activités de 14 sociétés alors que 300 autres sont visées par des enquêtes policières.

    Une première en Indonésie. Des sociétés impliquées dans les immenses feux de tourbières qui ont ravagé le pays ces derniers mois ont été sanctionnées, et des dizaines d’autres pourraient également être interdites d’activité dans le cadre de mesures sans précédent, ont indiqué mardi 22 décembre les autorités locales. Pour un diplomate européen en poste à Djakarta et très proche du président Joko Widodo, « le gouvernement de Djakarta a lancé une offensive sans précédent contre les exploitants de palmiers à huile et cette fois le président ne lâchera rien ». 

    Ces mesures prises par Djakarta sont une première réponse répressive contre des entreprises pyromanes qui mettent le feu à des zones marécageuses préalablement drainées et asséchées, afin d’étendre leurs zones de cultures de palmiers à huile – dont l’Indonésie est le premier producteur mondial – ou d’arbres destinés à l’industrie du papier.

    Des fumées toxiques dans toute l’Asie du Sud-Est

    La tourbe sèche brûle de l’intérieur et l’incendie se propage sans qu’on puisse le voir sur d’immenses surfaces. Pendant la saison sèche, de juin à octobre, 2,6 millions d’hectares (26 000 kilomètres carrés, trois fois la superficie de la Corse) ont ainsi brûlé dans ce pays d’Asie du Sud-Est.

    Pendant des mois toute l’Asie du Sud-Est – Indonésie, Malaisie, Singapour, Thaïlande et jusqu’aux Philippines – a été asphyxiée par les fumées toxiques de ces incendies, provoquant une véritable catastrophe humaine et écologique dans la région. Depuis, le ministère de l’environnement et des forêts a révoqué les licences d’exploitation de trois entreprises impliquées dans ces feux, une première.

    300 sociétés visées par des enquêtes

    Il a aussi ordonné le gel des activités de 14 sociétés dans l’attente d’une décision définitive. Celles-ci risquent aussi une interdiction d’exercer. Au total, près de 300 sociétés sont visées par des enquêtes et des dizaines d’entre elles ont déjà reçu des avertissements.

     « Le président Widodo est un homme de la forêt, né à Solo à Java, et qui a étudié à l’Ecole nationale des eaux et forêts, un écologiste par nature, convaincu que l’avenir de son immense pays est dans la préservation de ses ressources naturelles », raconte encore ce diplomate qui le connaît bien. Plusieurs dizaines de personnes (employés d’entreprises et individuels suspects) ont déjà été interpellées dans le cadre de ces incendies parmi les pires depuis près de deux décennies.

     « Nous avons besoin d’une législation plus sévère pour éviter la répétition de cette catastrophe, cela fait dix-huit ans que ça dure mais personne n’en a tiré les leçons », a déclaré un responsable du ministère, Kemal Amas. Le phénomène des feux de forêts qui se répètent chaque année a commencé à la fin de l’ère du dictateur Suharto, en 1998, quand le pays a vécu une transition démocratique.

    Des dégâts estimés à 14 milliards d’euros

    Les grandes familles, les militaires et la police ont alors fait main basse sur des pans entiers de l’économie. « Widodo a un véritable défi à relever après plus de vingt ans d’anarchie dans le secteur », poursuit cet Européen.

    Cette année, les incendies ont provoqué d’immenses dégagements de fumées qui ont envahi le ciel de plusieurs pays de la région, entraîné des fermetures d’écoles, d’aéroports, et des dizaines de milliers d’infections respiratoires. Selon l’ONG World Resources Institute (WRI), les émissions de gaz à effet de serre provenant de ces incendies ont dépassé certains jours celles de l’ensemble de l’activité économique des États-Unis.

    Durant les incendies, Jérôme Frignet, de Greenpeace France, expliquait à La-Croix.com que les acteurs de la filière (indonésien, malaisien et singapourien) s’étaient engagés à mieux réglementer leurs activités mais « la chaîne d’approvisionnement est complexe avec des myriades de petits fournisseurs locaux difficiles à contrôler et des autorités qui laissent faire ». 

    La Banque mondiale a chiffré les dégâts de ces incendies à 14 milliards d’euros, soit l’équivalent de 1,9 % du PIB de l’Indonésie attendu en 2015. « Joko Widodo passe pour un mou mais c’est faux, assure encore ce diplomate européen. Il exerce l’autorité sans brutalité et arrive à ses fins. »


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  • Le Japon reprend la chasse à la baleine et «déçoit» l'Australie

    Le premier ministre australien se dit très «déçu» de la décision du Japon de reprendre la chasse en Antarctique en dépit d'une condamnation par la justice internationale.

    «L'Australie est très déçue que le Japon reprenne la chasse dans l'océan Austral cette année», a dit Malcolm Turnbull à Tokyo, selon la société publique de radio et télévision Australian Broadcasting Company.

    Des déclarations similaires figurent aussi dans un entretien accordé avant sa visite au quotidien conservateur à grand tirage japonais Yomiuri Shimbun et publiés vendredi.

    Le premier ministre australien Malcolm Turnbull doit s'entretenir dans l'après-midi avec son homologue japonais Shinzo Abe pour s'expliquer en autres de la chasse à la baleine.

    La première visite dans l'Archipel de Malcolm Turnbull en tant que premier ministre couvrira un large éventail de sujets, dont la coopération en matière de défense et le commerce international. La chasse à la baleine, sur laquelle les deux pays divergent, sera aussi à l'ordre du jour.

    «Nous reconnaissons que nos opinions sont différentes à ce propos, mais nous allons être francs et honnêtes, comme de bons amis devraient l'être, mettre le sujet sur la table et chercher à trouver une solution», a dit Malcolm Turnbull au Yomiuri.

    Des baleiniers japonais ont pris la mer au début du mois à destination de l'Antarctique, après un an de suspension de ces expéditions qualifiées de «crime contre la nature» par les défenseurs de l'environnement.

    Une longue histoire

    L'archipel avait été contraint de renoncer à la saison 2014-2015 de prises de cétacés dans la zone australe après une décision en mars 2014 de la Cour internationale de justice (CIJ) qui, saisie par l'Australie, a jugé que le Japon détournait à des fins commerciales une activité présentée comme étant destinée à la recherche animale. Les baleiniers avaient certes pris la mer, mais sans harpons.

    La consommation de baleine a une longue histoire au Japon, pays de pêcheurs où le cétacé a été chassé pendant des siècles mais où l'industrie baleinière n'a connu son essor qu'après la Seconde guerre mondiale, pour nourrir un pays affamé.

    Cependant, la dégustation de cette chair blanche ou rouge aux allures de filet de boeuf a fortement diminué au fur et à mesure que le Japon devenait une des économies les plus riches du monde.


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  • Palau est le premier Etat insulaire du Pacifique à ratifier l'accord international de lutte contre la pêche illégale, qui prive l'économie mondiale de 23 milliards de dollars chaque année et compromet la biodiversité et la sécurité alimentaire dans de nombreux pays, s'est félicité mardi l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

    « Je me réjouis de l'adhésion de Palau, le tout premier état insulaire du Pacifique, à l'accord international sur les mesures du ressort de l'Etat du port », a déclaré le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva, lors d'une rencontre avec le Président de Palau en marge de la Conférence des Nations Unies sur le climat à Paris (COP21). « J'espère que cela encouragera d'autres petits Etats insulaires à faire de même, étant donné qu'ils sont fortement tributaires des pêches et, par conséquent, particulièrement vulnérables face aux effets négatifs de la pêche illicite ».

    Les mesures de l'Etat du port fixent des normes pour l'inspection des navires étrangers entrant dans le port d'un autre Etat. Surtout, elles permettent à un pays de bloquer les bateaux soupçonnés de pratiquer la pêche illicite, et d'empêcher ainsi les prises illégales de pénétrer sur les marchés locaux et internationaux.

    Les pratiques de pêche illégale, non déclarée et non réglementée pourraient représenter jusqu'à 26 millions de tonnes de poisson chaque année, soit plus de 15% du total de la production mondiale.

    Palau est le 15ème pays à adhérer à l'Accord relatif aux mesures du ressort de l'Etat du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illégale, non déclarée et non réglementée adopté par les Etats membres de la FAO en 2009. La Somalie a précédé de peu la petite île dans le courant du mois.

    Pendant ce temps, un certain nombre de pays sont en voie de les rejoindre, ce qui laisse espérer que le traité pourrait prendre effet dès l'année prochaine. L'accord stipule qu'il entrera en vigueur une fois que 25 Parties seront impliquées.

    Afin d'aider des Etats tels que Palau et la Somalie à renforcer leurs capacités de mise en application de l'accord, son article 21 prévoit un fonds d'assistance spécial pour les pays en développement.

    Selon la FAO, les mesures de l'Etat du port ne se contentent pas de protéger les intérêts économiques – elles sont également cruciales pour protéger la sécurité alimentaire locale et la santé des océans en combattant les types de pêche menaçant la gestion durable des stocks halieutiques.


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  • Le Japon va reprendre la pêche à la baleine

    La chasse commencera en mars 2016, malgré un jugement de la Cour internationale de justice interdisant cette pratique.

    Le Japon a annoncé son intention de reprendre la pêche à la baleine dans l'océan Antarctique d'ici la fin du mois de mars 2016. Des déclarations qui devraient susciter la réprobation de la communauté internationale.

    La Cour internationale de justice (CIJ) a jugé en mars 2014 que le Japon devait cesser de pourchasser les baleines dans l'Antarctique. Cette condamnation a conduit le gouvernement japonais à annuler la quasi-totalité de son programme de pêche pour la saison 2014-2015.

    «Pêche scientifique»

    Vendredi 27 novembre 2015, le service japonais des pêcheries a informé la Commission baleinière internationale (CBI) que la pêche à la baleine reprendrait dans le cadre d'un plan révisé qu'elle estime raisonnable. Le plan prévoit 333 prises, soit une réduction des deux tiers.

    Le Japon a entamé ce qu'il qualifie de à la baleine en 1987, un an après l'entrée en vigueur d'un moratoire international sur la pêche du mammifère marin. Le Japon estime que la consommation de baleine fait partie de sa culture alimentaire et que la plupart des espèces de baleine ne sont pas en danger.

    *

    «Les baleiniers de recherche partiront pour cette nouvelle mission de recherche dans l'Antarctique le 1er décembre 2015», a indiqué l'Agence japonaise de la pêche dans un communiqué publié sur son site internet. Le communiqué précise que la «période de recherche» s'étendra de fin décembre à début mars. Tokyo brave l'interdiction de l'ONU qui avait estimé l'an dernier que de telles activités cachaient une chasse commerciale.

    La mission comprendra un «bateau-mère» et trois autres navires. Les équipages seront au total 160 personnes.

    L'archipel avait été contraint de renoncer à la saison 2014-2015 de prises de cétacés après une décision en mars 2014 de la Cour internationale de justice (CIJ) qui, saisie par l'Australie, a jugé que le Japon détournait à des fins commerciales une activité présentée comme étant destinée à la recherche animale.

    Un nouveau plan

    Depuis, le Japon a présenté un nouveau plan à la Commission baleinière internationale (CBI) qui prévoit de capturer 3996 petits rorquals (ou baleines de Minke) en Antarctique dans les 12 prochaines années, soit 333 par saison contre environ 900 dans le cadre du précédent programme condamné.

    Ce niveau de capture est jugé «nécessaire» par Tokyo pour collecter des informations sur l'âge de la population baleinière, données dont le Japon dit avoir besoin afin de définir un plafond de captures permettant de ne pas menacer la survie de l'espèce.

    «Nous avons présenté notre dernier plan qui prend en compte les recommandations formulées dans le rapport du comité scientifique (de la CBI) de juin, et nous pensons que toutes les procédures nécessaires ont été effectuées», a expliqué un responsable de l'Agence japonaise des pêches.


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  • Desmond Majekodunmi, protecteur de la forêt africaine

    Ce Nigérian a créé un parc naturel privé, à Lagos, et tente de convaincre ses concitoyens d’agir contre le réchauffement climatique.

    Soudain, on respire. Passé le portail, on avance au milieu des arbres et tous les motifs d’énervement restent à la porte : les embouteillages géants, les klaxons, les gaz d’échappements et les querelles entre chauffeurs, dans le chaos de la plus grande ville d’Afrique…

    Une forêt à la lisière de la mégalopole

    Lagos, au Nigeria, avec ses 20 millions d’habitants, est une mégapole qui cuit au soleil, avec sa succession de bretelles d’autoroutes et de quartiers qui poussent toujours plus loin.

    Sur la lagune de Lekki, au milieu des lotissements, le Lufasi Park est une forêt privée de 20 hectares. Une sorte de sanctuaire, où l’on peut voir des manguiers et des azobés de 45 mètres de haut. On y est baigné de fraîcheur et de chants d’oiseaux.

    Ici, Desmond Majekodunmi est chez lui. Il raconte qu’on lui a proposé une fortune pour lui acheter ce terrain, alors que l’immobilier flambe à Lagos. Mais il n’a rien voulu savoir. « La dernière barrière qui nous protège du changement climatique est la forêt tropicale. Donc il faut la préserver à tout prix », dit-il. « Pour éviter le réchauffement, la priorité est bien sûr que les pays du Nord réduisent leurs émissions de CO  2  . Mais la forêt peut nous donner du temps. Il faut la sauver de la destruction. » 

     « Essayez donc de ne pas respirer durant cinq minutes… L’air, c’est la vie. Et l’oxygène vient des arbres ! », répète Desmond Majekodunmi, ne se lassant jamais d’interpeller ses visiteurs. « J’ai acquis cette conviction en étant fermier. »

    Un discours peu entendu

    Âgé de 65 ans, c’est un personnage connu au Nigeria. Il intervient toutes les semaines dans son émission de radio, « L’heure verte ». Il est aussi de toutes les rencontres où il est question d’environnement. Il sera d’ailleurs à Paris durant la COP21. Il a créé ce parc naturel de Lufasi où, moyennant un droit d’entrée, les habitants de Lagos peuvent se promener dans une forêt humide tropicale qui a échappé aux promoteurs.

    Il n’est pas très suivi et le reconnaît lui-même. Le Nigeria vit des revenus du pétrole. Lui s’efforce d’expliquer que « le pétrole est trop précieux pour être brûlé », qu’il vaut mieux le garder le plus longtemps possible dans le sol et miser sur les énergies renouvelables.

    Si les Nigérians peinent à se mobiliser, c’est qu’ils aspirent à suivre la Chine ou l’Inde sur la voie du développement. Desmond Majekodunmi les invite pourtant à ne pas reproduire ici les erreurs qui y ont été commises.

    Le désert, terreau propice au développement de Boko Haram

     « Le changement climatique nous affecte directement. Il provoque l’avancée du désert. Et c’est donc à cause de lui que Boko Haram peut prendre une telle importance », relève-t-il. Le mouvement islamiste trouve en effet à s’enraciner dans les régions pauvres du nord du pays, où les rendements agricoles déclinent.

    Pour autant, Desmond Majekodunmi estime que la responsabilité de la lutte contre le réchauffement climatique incombe en priorité aux pays du Nord. « L’empreinte carbone de tout le Nigeria est plus faible que celle de la ville New York durant l’hiver », rappelle-t-il. Il estime, à l’unisson de tous les représentants des pays du Sud, que le Nigeria doit bénéficier d’une aide massive des pays développés pour pouvoir adopter un modèle de développement écoresponsable.

     « L’Afrique se tourne vers le reste du monde et mendie… Mais si vous êtes dans votre maison, et si quelqu’un met le feu devant, vous n’irez pas dehors en priant gentiment que l’on veuille bien éteindre… », dit-il. « Or c’est le monde occidental qui a amené le feu chez nous ! » 

    Un visionnaire

    Il espère donc voir l’Afrique parler d’une voix forte, durant la conférence de Paris, pour dire « ça suffit ». Il souhaite que cette conférence permette de créer et de financer une agence indépendante qui se chargera de replanter la forêt tropicale. Celle-ci ne couvre plus que 5 % du Nigeria. Il demande un effort massif pour rendre à la forêt des zones entières et pour construire « un mur vert » contre l’avancée du désert.

    Desmond Majekodunmi a été un visionnaire. Il a créé le Lufasi Park il y a vingt-cinq ans, à une époque où la lagune de Lekki abritait encore des terres agricoles. Il rentrait alors du Kenya. Au cœur du parc se trouve une animalerie, avec des singes. L’arbre le plus haut abrite un nid de vautours. On peut facilement les voir s’élancer dans l’air, de leur vol lourd, déployant leurs ailes impressionnantes. Ils font la fierté du maître des lieux.

     


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  • Réchauffement climatique : « Les zones arides ne sont pas condamnées »

    L’Institut des régions arides de Tunisie est le plus important centre de recherche du continent africain sur la désertification.

    Bien que très menacées, ces régions recèlent des potentiels de développement.

     

    Sur la route du sud tunisien, en certains endroits, les dunes encerclent dangereusement les oliviers. Quand ils ont été plantés par millions, au siècle dernier, personne n’avait imaginé qu’ils finiraient étouffés par le désert.

    C’est là, au milieu de ces oliveraies aujourd’hui en péril, à une vingtaine de kilomètres de Médenine, que s’est implanté l’Institut des régions arides (IRA), en 1976, à une époque où l’aridité n’en était pas encore au stade de la désertification.

    Or, en quarante ans, le phénomène s’est emballé, à la faveur du réchauffement, de la baisse de la pluviométrie et des pratiques agricoles inadaptées.

    « Ces zones arides ont du potentiel »

    « Après l’indépendance du pays, il y a eu une sorte de course pour l’appropriation des terres et leur mise en culture. Tout le couvert végétal a été arraché et les oliviers, plantés en ligne pour faciliter la mécanisation, ont créé des couloirs pour les vents de sable », explique le chercheur Mohamed Ouessar, du laboratoire d’érémologie – nom donné par Théodore Monod à la jeune science des déserts appelée selon lui à devenir la science du XXIe  siècle.

    « Ces zones arides sont considérées comme difficiles. Il est clair qu’il va falloir renoncer à l’olivier dans les endroits où il ne pourra pas résister », concède Houcine Khatelli, cofondateur et actuel directeur de l’IRA. « Mais ces zones ne sont pas condamnées. Elles ont du potentiel ! », s’exclame-t-il.

    Devenu le plus important centre de recherche du continent africain sur les régions arides et la désertification, l’institut a cette double mission de comprendre les phénomènes physiques et humains à l’œuvre et de proposer des solutions durables. « Il est temps de faire profiter ces régions de notre expertise. Nous avons à l’IRA une lourde responsabilité et le devoir d’être efficaces », estime Houcine Khatelli.

    Quantifier et modéliser l’érosion éolienne et l’appauvrissement des sols

    En arpentant les oliveraies, Jean-Louis Rajot se penche pour scruter le sol sableux. Pour ce spécialiste de l’érosion éolienne à l’Institut de recherche pour le développement en mission à l’IRA, les grains de sable ont la taille typique de ceux qui sont transportés par le vent.

    « Ce sont des particules d’environ 100 microns, pas assez fines pour se colmater entre elles et rester au sol. Mais peu lourdes, elles sont facilement érodables, explique le chercheur. Leur présence est la signature d’une forte érosion. »

    Au printemps 2015, pendant la saison des vents, Jean-Louis Rajot a déployé toute une batterie d’instruments sur une parcelle nue de 25 hectares pour quantifier et modéliser l’érosion éolienne et l’appauvrissement des sols (1).

    En soufflerie de laboratoire, l’étude comparative des outils de labour a révélé que le disque qui favorise les surfaces planes a un pouvoir érosif huit fois supérieur à celui de la charrue, plus apte à préserver les sillons et les billons.

    Revenir à un équilibre antérieur

    L’agriculture ne peut plus faire fi de ces contraintes environnementales. « Il faut que l’on revienne à un équilibre antérieur avec une végétation naturelle et des zones de parcours pour les animaux », affirme Houcine Khatelli.

    Pour ce faire, l’IRA prône la culture d’orge ou de variétés fourragères en bandes alternées, entre deux lignes d’oliviers. Ou le retour aidé de plantes spontanées tel l’helianthemum. Au laboratoire d’écologie pastorale, Imed Sbissi choie ce petit végétal typique des milieux arides qui fixe les sols, fournit du pâturage et sert d’hôte à la truffe des sables.

    Le laboratoire a d’ailleurs déposé un brevet sur la culture de la truffe en 2009. « On arrive à la produire, mais reste encore à pouvoir garantir une production annuelle pour développer sa culture », espère le jeune chercheur.

    « La viande de chamelon est très recherchée »

    Très prisée pour ses qualités gustatives et ses vertus thérapeutiques, la truffe a aussi « un énorme intérêt environnemental et pastoral parce qu’elle favorise le développement de la plante et multiplie par dix la biomasse », explique Imed Sbissi. De quoi nourrir aussi les dromadaires, sur le dos desquels repose une bonne partie de la nouvelle économie des zones arides.

    « On travaille à l’augmentation des productions de lait et à la production de la viande de chamelon, très recherchée et sans cholestérol, car la matière grasse s’accumule dans la bosse. » Mohamed Hammadi, à la tête d’un cheptel d’une cinquantaine de camélidés en vadrouille au laboratoire d’élevage et de faune sauvage, est intarissable sur les vertus du lait de chamelle, qui se vend cinq fois plus cher que le lait de vache, qui se conserve bien à la chaleur et dont on peut extraire des principes antidiabétiques.

    « On a des recettes ! », sourit Houcine Khatelli qui mise sur le développement régional hissé au rang des priorités depuis la transition politique du pays. Premier employeur de la région, l’IRA devient un pôle d’attraction autour duquel se sont installés des établissements d’enseignement supérieur et un technopôle.

    Multiplier les coopérations scientifiques

    « Le gouvernement tunisien a pris conscience que la recherche est nécessaire pour le développement », fait valoir Abdelghani Chehbouni. Pour l’ancien représentant de l’IRD en Tunisie, le pays a vocation à essaimer sur le continent africain et à multiplier les coopérations scientifiques sur ces questions cruciales de l’adaptation des zones arides aux changements climatiques.

    L’Algérie et le Maroc, les éternels frères ennemis du Maghreb toujours prompts à saborder les projets dès lors qu’ils sont portés par l’un des deux pays, pourraient se retrouver pour coopérer en terrain neutre, sur le sol tunisien.

     

    (1) Programme scientifique de trois ans associant l’IRA aux instituts français de recherche IRD, CNRS et Inra.


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    Corinne Lepage a remis à François Hollande un rapport en vue de la rédaction d’une Déclaration universelle des droits de l’Humanité à l’occasion de la conférence sur le climat organisée à Paris.

     

    Avocate spécialisée dans le droit de l’environnement, l’ancienne ministre de l’écologie de Jacques Chirac propose un texte fixant « six droits et six devoirs ». Cette déclaration n’aura aucune portée juridique contraignante, mais elle pourrait être la première étape vers la reconnaissance par les États d’un droit de l’environnement et des générations futures, explique Corinne Lepage.

    « L’idée est de rédiger un texte acceptable par les 195 états des Nations unis tout en marquant un véritable progrès. Cette déclaration, qui n’est pas une convention, n’aura pas de caractère contraignant pour les États qui l’adopteront.

    C’est donc une première étape, comme l’a été il y a trente ans la Déclaration des droits de l’enfant qui a ensuite donné lieu à la Convention des droits de l’enfant vingt ans plus tard. De même la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 n’est qu’une déclaration mais elle a imprégné notre droit depuis un demi-siècle.

    L’idée n’est pas de lier cette Déclaration universelle avec les négociations de la COP 21, qui sont déjà assez délicates. Elle sera seulement présentée à ce moment afin d’être ensuite discutée et votée en 2016 par l’assemblée générale des Nations Unis. Il ne s’agit pas de remplacer les textes existants mais de bâtir un texte complémentaire fixant des droits et des devoirs non plus individuels mais collectifs. Qui sera titulaires de ces droits  : l’Humanité, c’est-à-dire les générations passées, présentes et futures. Qui est responsables des devoirs : la génération présente. Quelle est son obligation  : assurer la protection des générations passées et futures.

    Cette déclaration propose notamment de créer une interdépendance entre les espèces vivantes, d’assurer leur droit à exister et le droit de l’Humanité de vivre dans un environnement sain et écologiquement soutenable. L’idée est de dire qu’il y a un corpus de droits indispensables pour que l’Humanité s’en sorte.

    Le droit à la survie de l’espèce humaine doit être affirmé car il existe une menace sur ce droit. Nous ne sommes pas allés jusqu’à la reconnaissance d’une personnalité morale pour l’Humanité ou la nature, car cela ne serait pas admis par les États. C’est trop tôt, mais cela viendra, dans 20 ans ou 30 ans. Nous ne proposons pas non plus un tribunal pénal de l’environnement et de la santé, même si j’y suis favorable, car cela serait prématuré.

    Nous sommes conscients que ce n’est qu’un bout du chemin. Si cette convention était adoptée, elle servirait donc d’abord de principe éthique. L’étape suivante sera de voir comment sanctionner les manquements à ces principes, mais ce n’est pas l’étape actuelle. »


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