• 30 juillet 2015 – Alors que de plus en plus de pays ratifient l'accord international visant à lutter contre la pêche illégale, l'intérêt de la communauté internationale pour la mise en application de cet instrument va croissant, s'est félicité jeudi l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

    « On estime que la pêche illicite, non déclarée et non règlementée (INN) priverait l'économie mondiale de 10 à 23 milliards de dollars », a déclaré la FAO dans un communiqué de presse.

    Pour faire face à ce problème, l'agence de l'ONU a négocié l'adoption en 2009 par ses Etats membres de l'Accord relatif aux mesures du ressort de l'Etat du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non règlementée. L'accord est supposé entrer en vigueur lorsque 25 pays l'auront ratifié. A ce jour, l'accord a été ratifié par 12 Etats, le dernier en date étant l'Islande en juin 2015, et deux autres pays sont en passe de les rejoindre.

    « On entend par 'mesures du ressort de l'Etat du port' les mesures servant à détecter la pêche illégale lorsque les navires entrent au port », a précisé la FAO, indiquant que l'Accord encourage la collaboration entre pêcheurs, autorité du port, garde-côtes et marines pour renforcer les inspections et les procédures de contrôle aux ports et sur les bateaux.

    « La capacité à repousser les navires participant à la pêche illicite réduira sensiblement les possibilités de vente de leur poisson, avec pour conséquence une baisse de la pêche illégale dans le monde », a expliqué Blaise Kuemlangan, responsable du service droit et développement de la FAO.

    L'Accord permettra de mieux se conformer au Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable (1995), qui s'attache à promouvoir la durabilité du secteur à long terme, a en outre estimé l'agence.

    Selon la FAO, la pêche illicite, qui englobe aussi bien la pêche sans autorisation que la récolte d'espèces protégées, l'utilisation de matériel de pêche illégal et la non observation des quotas, pourrait s'élever à 26 millions de tonnes de fruits de mer par an, soit plus de 15% de la production mondiale totale. En dehors des dégâts économiques qu'elle occasionne, elle constitue une menace pour la biodiversité locale et la sécurité alimentaire de nombreux pays.


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  •  Espèces sauvages : l'ONU entre en lutte contre les braconniers

    30 juillet 2015 – L'Assemblée générale de l'ONU a adopté jeudi une résolution exhortant les Etats membres à prendre des mesures pour combattre le trafic illicite d'espèces sauvages, notamment en renforçant les législations nationales et la coopération régionale.

    Dans cette résolution, l'Assemblée se dit préoccupée par l'ampleur croissante du braconnage et du commerce illicite d'espèces sauvages et de produits qui en sont issus, ainsi que par les conséquences économiques, sociales et environnementales néfastes de ces activités.

    L'Assemblée générale s'inquiète tout particulièrement de l'augmentation constante du braconnage de rhinocéros et du niveau alarmant des massacres d'éléphants en Afrique, qui menacent ces espèces d'extinction.

    Par conséquent l'Assemblée prie instamment les États membres de prendre des mesures pour prévenir, combattre et éradiquer le commerce illicite d'espèces de faune et de flore sauvages, notamment en renforçant la législation et les mesures de justice pénale.

    La résolution de l'Assemblée demande en outre aux Etats membres qui ne l'ont pas encore fait de ratifier ou d'adhérer à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et la Convention des Nations Unies contre la corruption.

    L'Assemblée appelle aussi les États membres à interdire, prévenir et réprimer toute forme de corruption qui facilite le trafic d'espèces sauvages et de produits qui en sont issus, y compris dans le cadre d'un renforcement de la coopération régionale.

    S'exprimant peu avant l'adoption du texte, le Président de l'Assemblée générale, Sam Kutesa, a insisté sur les conséquences désastreuses du trafic d'espèces sauvages.

    « Le trafic illégal d'espèces sauvages ne menace pas seulement les espèces et les écosystèmes ; il affecte les moyens de subsistance des communautés locales et diminue l'attrait touristique des lieux », a condamné M. Kutesa dans un discours lu par un Vice-président de l'Assemblée, Denis Antoine.

    Le trafic illégal d'espèces sauvages compromet par ailleurs les efforts visant à l'éradication de la pauvreté et à la réalisation du développement durable, a poursuivi le Président, ajoutant que, compte tenu du rôle des réseaux criminels organisés, des groupes armés et même des groupes terroristes dans ce trafic, il met également en péril la sécurité de nombreux pays et régions.

    « L'adoption de ce projet de résolution aujourd'hui et sa mise en œuvre efficace sera cruciale dans nos efforts collectifs pour lutter contre le trafic illicite de la faune dans le monde entier », a salué M. Kutesa.


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  • L’homme qui voulait devenir le premier « réfugié climatique »

    La plus haute juridiction néo-zélandaise vient de refuser la demande d’asile climatique de Ioane Teitiota, un habitant d’un archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux.

    Le statut de réfugié climatique n’est pas reconnu par les conventions internationales et n’a pas d’existence juridique.

    Il aurait pu devenir le premier réfugié à être accueilli pour des raisons liées aux bouleversements du climat. Mais la demande de Ioane Teitiota pour être reconnu en tant que « réfugié climatique » a été rejetée par la Cour suprême néo-zélandaise. L’homme de 38 ans, originaire d’un archipel menacé par la montée des eaux, devrait être expulsé vers son pays d’origine.

    Pêcheur et agriculteur de subsistance sur son île des Kiribati, Ioane Teitiota avait rejoint les rivages de la Nouvelle-Zélande en 2007, à la suite de l’effondrement des ressources en eau potable et des rendements des terres agricoles.

    Les Kiribati – archipel de trente-trois petites îles au milieu du Pacifique, dont la plupart dépassent à peine le niveau de l’eau – sont régulièrement envahies par l’océan. L’érosion grignote les rivages et les récoltes s’appauvrissent en raison de l’infiltration d’eau salée dans les réserves d’eau douce.

    Pour ne pas créer de précédent

    Ioane Teitiota a ensuite été rejoint par sa femme en Nouvelle-Zélande, où ils ont eu trois enfants. Le père de famille se bat depuis 2010 et l’expiration de son visa pour que la justice réponde favorablement à sa requête.

    Le 20 juillet, confirmant les rejets prononcés en première instance et en appel, la Cour suprême néo-zélandaise a statué que le requérant ne répondait pas aux critères d’octroi du statut de réfugié, lequel doit être menacé de persécution dans son pays natal, selon l’ONU. La plus haute juridiction néo-zélandaise ne voulait pas créer de précédent, ni encourager l’exode des 100 000 habitants des Kiribati dont bon nombre affluent déjà en Nouvelle-Zélande et en Australie.

    Un exode envisagé aux Fidji

    Les habitants de Kiribati font partie des nations îliennes, avec les Maldives, Tuvalu et Tokelau, qui pourraient devenir « sans terre » à cause du réchauffement climatique, selon la Commission des droits de l’homme de l’ONU.

    Leur président, Anote Tong, réfléchit depuis 2012 au déplacement de population vers les Fidji et le Timor-Oriental si les prévisions d’une hausse d’un mètre du niveau de l’eau d’ici à la fin du siècle étaient avérées.

    Le gouvernement a déjà acheté aux Fidji 2 000 hectares qui serviront pour l’agriculture si les infiltrations d’eau salée rendent toute culture impossible sur l’archipel.


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  • Les autorités tchadiennes doivent libérer immédiatement et sans condition un défenseur des droits humains condamné à deux ans d'emprisonnement pour avoir exprimé pacifiquement son opinion sur le système judiciaire du pays, et abandonner toutes les charges retenues contre lui, a déclaré Amnesty International mercredi 8 juillet.

     Djeralar Miankeol est un militant tchadien qui dirige l'association Ngaoubourandi (ASNGA), organisation qui s'oppose à l'accaparement de terres et se concentre aussi sur les questions relatives à la production pétrolière. Condamné mardi 7 juillet, Djeralar Miankeol avait été arrêté sans mandat en juin à la suite d'une interview radiophonique au cours de laquelle il avait condamné les pratiques de certains représentants de l'appareil judiciaire. Il a été inculpé d' « outrage à magistrat » et le procureur ayant ordonné son arrestation figurait parmi les demandeurs lors du procès.

     « Djeralar Miankeol est un prisonnier d'opinion. À ce titre, il doit être libéré immédiatement et sans condition, et toutes les charges retenues contre lui doivent être abandonnées. Cette manoeuvre visant à réduire au silence les détracteurs du gouvernement montre que la liberté d'expression est toujours restreinte de manière draconienne et indue au Tchad, a déclaré Steve Cockburn, directeur régional adjoint d'Amnesty International pour l'Afrique occidentale et centrale.

     « Il s'agit clairement d'une volonté de punir un défenseur des droits humains qui a exprimé pacifiquement son opinion et de dissuader d'autres personnes de faire de même. Cette condamnation n'est aucunement l'expression de la justice. »

     Djeralar Miankeol a été arrêté le 15 juin à Moundou sur ordre du procureur de la préfecture du Logone-Occidental, qui l'a interrogé au sujet d'une interview diffusée le 7 juin sur la station de radio FM Liberté. Dans cette interview, Djeralar Miankeol avait condamné l'accaparement de terres dans la région et avait évoqué la complicité de représentants des autorités locales, d'agents des forces de sécurité et de magistrats, sans toutefois les nommer.

     Mardi 7 juillet 2015, soit 23 jours après son arrestation, il a été condamné à deux ans d'emprisonnement et à une amende de 100 000 francs CFA par la haute cour de justice de Moundou, principale ville de la région.

     Il se trouve actuellement à l'hôpital régional de Moundou, où il a été admis le 23 juin pour une crise aiguë de paludisme et une fièvre typhoïde. Il doit avoir accès à des soins médicaux soutenus, a déclaré Amnesty International.

     Soixante-quinze militants, dont 23 femmes, qui sont principalement des agriculteurs du département de Guéni, ont aussi été arrêtés alors qu'ils se rendaient au tribunal pour assister au procès en signe de solidarité. Ils ont été relâchés quelques heures plus tard, à l'exception de Jean-Pierre Mbaiguen, toujours en garde à vue au commissariat du Marché, à Moundou.

     « Exprimer une opinion sur des actes présumés d'accaparement de terres ou de corruption ne doit pas être considéré comme une infraction. Djeralar Miankeol n'aurait jamais dû être inculpé et les agriculteurs n'auraient jamais dû être arrêtés. Les autorités tchadiennes doivent cesser de bafouer le droit à la liberté d'expression et de réunion, qui est garanti par le droit international relatif aux droits humains », a déclaré Steve Cockburn.


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  • En Equateur, le pape lance un SOS pour l'environnement

    Le souverain pontife a appelé à préserver l'Amazonie et estimé que son «énorme biodiversité» méritait un «soin particulier». Il a également plaidé en faveur d'un exploitation responsable des ressources.

     

    Le pape François a lancé mardi en Equateur un appel pressant à ne plus «tourner le dos» à «notre mère la Terre», invoquant pour la première fois son encyclique sur l'environnement.

    «Une chose est sûre, nous ne pouvons pas continuer à tourner le dos à notre réalité, à nos frères, à notre mère la Terre», a déclaré François lors d'une réunion avec des enseignants et des étudiants dans le nord de Quito.

    Lors de son discours prononcé devant plusieurs milliers d'invités, le premier pape latino-américain de l'Histoire, qui effectue depuis dimanche une tournée de huit jours en Amérique du Sud, a invoqué des passages de son encyclique consacrée à l'environnement, «Laudato si'» («Loué sois-tu»), publiée le 18 juin.

    «Cette Terre nous l'avons reçue comme un héritage, comme un don, comme un cadeau. Nous ferions bien de nous demander : dans quel état voulons-nous la laisser ?» a-t-il exposé.

    Les pauvres négligés

    Lors d'une rencontre ultérieure avec des groupes de la société civile, notamment des indigènes opposés à l'extraction pétrolière, il a appelé à préserver l'Amazonie et estimé que son «énorme biodiversité» méritait un «soin particulier».

    Il a également plaidé en faveur d'un exploitation responsable des ressources.

    «L'exploitation des ressources naturelles, si abondantes en Equateur, ne doit pas viser un bénéfice immédiat. Être gestionnaires de cette richesse, que nous avons reçue, nous engage vis-à-vis de la société dans son ensemble et des générations futures, auxquelles nous ne pourrons pas léguer ce patrimoine sans porter un soin approprié à l'environnement.»

    Le pape s'est par ailleurs ému du fait qu'«un pauvre qui meurt de froid et de faim n'est pas considéré aujourd'hui comme une information, mais si les bourses des principales capitales du monde baissent de 2 ou 3% ça fait un scandale mondial».

    Le pape a évoqué le cas d'un homme âgé, trouvé mort près du Vatican cet hiver, et dont «aucun journal» n'a parlé.

    Dénonciation des dictatures

    Plus tôt mardi, François avait prôné le dialogue en Equateur, devant quelque 900'000 personnes selon le ministère de l'Intérieur, venus assister, malgré le froid et la pluie, à sa messe en plein air dans le parc Bicentenario de Quito.

    Alors que le pays est en proie aux manifestations exigeant le départ du président socialiste Rafael Correa, le souverain pontife a fait une allusion directe au mouvement de protestation de l'opposition, appelant à promouvoir «le dialogue» et à «lutter pour l'inclusion à tous les niveaux».

    Durant son homélie de près de deux heures, le pape a appelé à lancer «une révolution» pour évangéliser l'Amérique, «un cri» pour «guérir les blessures» et «construire des ponts», dénonçant la tentation des «dictatures, idéologies et sectarismes», la tentation de «diriger seul».

    Vêtu d'une chasuble noire et blanche fabriquée par des indigènes, il a fait référence à lutte pour l'indépendance des pays latino-américains : «Ce cri de liberté qui a jailli il y a un peu plus de 200 ans ne manquait ni de conviction ni de force, mais l'Histoire nous dit qu'il n'a été efficace que quand il a laissé de côté les (ambitions) personnelles, la soif de diriger seul.»

    Contestation sociale dans le pays

    Ses paroles en Equateur surviennent à un moment de crispation politique autour de la figure du président Correa, qui se présente comme un «catholique humaniste de gauche».

    Elles ont été perçues chez une partie du public comme un appel direct au dirigeant équatorien, admirateur déclaré du pape François.

    «Indirectement, il a dit au président de prendre en compte le fait qu'il y a des gens qui n'ont pas les mêmes idées. Il lui demande de changer certaines choses avec lesquelles les gens ne sont pas d'accord», a estimé auprès de l'AFP Felipe Lascano, étudiant de 22 ans.

    Le président fait face depuis un mois à l'un des plus forts mouvements de protestation depuis son arrivée au pouvoir en 2007, avec des manifestations d'opposants à sa politique, notamment son projet, finalement repoussé, de taxer davantage les héritages des personnes fortunées et les plus-values.

    Le pape François quitte mercredi l'Equateur pour la Bolivie, où il restera jusqu'à vendredi, avant d'aller au Paraguay jusqu'à dimanche.


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  • De plus en plus d'Etats ratifient l'accord de lutte contre la pêche non autorisée, selon la FAO

    30 juillet 2015 – Alors que de plus en plus de pays ratifient l'accord international visant à lutter contre la pêche illégale, l'intérêt de la communauté internationale pour la mise en application de cet instrument va croissant, s'est félicité jeudi l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

    « On estime que la pêche illicite, non déclarée et non règlementée (INN) priverait l'économie mondiale de 10 à 23 milliards de dollars », a déclaré la FAO dans un communiqué de presse.

    Pour faire face à ce problème, l'agence de l'ONU a négocié l'adoption en 2009 par ses Etats membres de l'Accord relatif aux mesures du ressort de l'Etat du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non règlementée. L'accord est supposé entrer en vigueur lorsque 25 pays l'auront ratifié. A ce jour, l'accord a été ratifié par 12 Etats, le dernier en date étant l'Islande en juin 2015, et deux autres pays sont en passe de les rejoindre.

    « On entend par 'mesures du ressort de l'Etat du port' les mesures servant à détecter la pêche illégale lorsque les navires entrent au port », a précisé la FAO, indiquant que l'Accord encourage la collaboration entre pêcheurs, autorité du port, garde-côtes et marines pour renforcer les inspections et les procédures de contrôle aux ports et sur les bateaux.

    « La capacité à repousser les navires participant à la pêche illicite réduira sensiblement les possibilités de vente de leur poisson, avec pour conséquence une baisse de la pêche illégale dans le monde », a expliqué Blaise Kuemlangan, responsable du service droit et développement de la FAO.

    L'Accord permettra de mieux se conformer au Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable (1995), qui s'attache à promouvoir la durabilité du secteur à long terme, a en outre estimé l'agence.

    Selon la FAO, la pêche illicite, qui englobe aussi bien la pêche sans autorisation que la récolte d'espèces protégées, l'utilisation de matériel de pêche illégal et la non observation des quotas, pourrait s'élever à 26 millions de tonnes de fruits de mer par an, soit plus de 15% de la production mondiale totale. En dehors des dégâts économiques qu'elle occasionne, elle constitue une menace pour la biodiversité locale et la sécurité alimentaire de nombreux pays.


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  • Lutte contre la désertification :  investir dans des « sols vivants »

    17 juin 2015 – A l'occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse, deux hauts responsables de l'ONU ont appelé mercredi la communauté internationale à agir vite pour lutter contre ce fléau et à investir dans des sols sains pour préserver notre droit à l'alimentation et à l'eau douce.

    L'édition 2015 de cette Journée, qui est observée chaque année le 17 juin, a pour thème « l'objectif d'une sécurité alimentaire pour tous à travers des systèmes alimentaires durables ».

    A travers son slogan, « On n'a rien sans rien, investissons dans des sols vivants », le thème de cette année appelle notamment à changer l'usage qui est fait des terres à travers une agriculture intelligente et adaptée au changement climatique, particulièrement dans des régions du monde fragilisées par la sécheresse où les pénuries alimentaires deviennent de plus en plus graves.

    « La dégradation des terres et la désertification compromettent la jouissance des droits de l'homme, à commencer par le droit à l'alimentation », a déclaré le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans un message.

    « Près d'un milliard de personnes souffrent de malnutrition, les plus touchées étant celles qui dépendent de zones dégradées pour vivre, et leur situation risque encore de s'aggraver si, comme on le prévoit, la production vivrière mondiale diminue, du fait d'une telle dégradation, de 12 % d'ici à 2035 », s'est inquiété le Secrétaire général.

    Le chef de l'ONU a ajouté que la sécurité alimentaire est également compromise par la diminution des ressources en eau. La dégradation des terres raréfie les stocks d'eau et de neige dans le sous-sol, au point que dans 10 ans, deux personnes sur trois dans le monde risquent d'avoir à subir des restrictions d'eau.

    « Chaque année, nous dégradons 12 millions d'hectares de terres productives, soit la superficie du Bénin ou du Honduras. La dégradation touche plus de la moitié des terres agricoles, contre 10 % seulement de terres régénérées. Or, nous pourrions régénérer quelque 500 millions d'hectares d'une manière rentable, au lieu de les abandonner », a affirmé M. Ban.

    Le Secrétaire général a par ailleurs déclaré que du fait de la dégradation des terres, l'humanité libère environ un quart des émissions de gaz à effet de serre qui provoquent un réchauffement de la planète. Les changements climatiques et l'exploitation non viable des terres, en particulier dans l'agriculture, contribuent à raréfier les ressources en eau douce dans toutes les régions du monde. En conséquence, la production alimentaire mondiale devrait diminuer de 2 % tous les 10 ans, a-t-il indiqué.

    « Or, il est possible de vivre dans un monde où la jouissance de tous les droits – à l'alimentation, à l'eau et à la sécurité humaine – serait garantie. Mais nous devrons, pour ce faire, changer de cap et nous décider à protéger chaque hectare pouvant receler des denrées alimentaires ou de l'eau douce », a déclaré le Secrétaire général, insistant sur la nécessité d'investir dans la neutralité en matière de dégradation des terres, conformément à la proposition formulée par les États Membres de l'ONU pour le programme de développement pour l'après-2015.

    « Nous devons éviter de continuer à dégrader des terres tout en régénérant, dans toute la mesure du possible, celles que nous avons dégradées. C'est ainsi que nous pourrons également faire des avancées rapides dans la lutte contre les changements climatiques », a expliqué le chef de l'ONU.

    Dans un message également rendu public à l'occasion de cette Journée, la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a quant à elle salué les progrès constatés depuis 2000 dans l'élimination de la pauvreté et de la faim, tout en reconnaissant ces problèmes persistent dans les zones arides des pays en développement qui souffrent d'une faible rétention de l'eau en raison de phénomènes naturels et d'activités humaines.

    « La sécurité alimentaire n'est pas qu'une affaire de production et de distribution de la nourriture – elle nécessite des systèmes alimentaires durables, qui eux-mêmes dépendent d'une gestion durable des écosystèmes, soutenue par la recherche, l'éducation et la mise en oeuvre de technologies adaptées », a déclaré Mme Bokova.

    Pour lutter contre ce phénomène, a-t-elle souligné, l'UNESCO aide les gouvernements à renforcer leur résilience dans tous les domaines face aux effets de la désertification.

    La Directrice générale a notamment mentionné une récente initiative dirigée par l'UNESCO dans le bassin du lac Tchad, en vue de promouvoir une gestion intégrée des ressources naturelles et la restauration des écosystèmes.

    « Plus de 50 réserves de biosphère de l'UNESCO, dans 19 pays du monde, abritent des écosystèmes de terres arides », a-t-elle ajouté.

    Certaines de ces initiatives, a expliqué Mme Bokova, comme l'Oasis du sud du Maroc, la réserve de biosphère des Terres sableuses du Hunshandake-Xilin Gol en Chine et la réserve de biosphère de Dana en Jordanie, ont accumulé une expérience riche et solide de la lutte contre la désertification et de la promotion de nouvelles économies agricoles fondées sur les communautés dans les terres arides.

    « La désertification et la dégradation des sols constituent une menace pour la sécurité alimentaire, la stabilité et la paix. Pour y répondre, nous devons agir vite, résolument et sur plusieurs fronts. Cela concerne les populations directement touchées, mais c'est important pour nous tous, partout dans le monde », a conclu la Directrice générale de l'UNESCO.


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  • Pollution: le respect des normes sauverait des millions de vies

    La pollution de l'air est responsable de 3,2 millions de décès par an. Si les normes préconisées par l'OMS étaient respectées deux millions de vies pourraient être sauvées.

    Plus de deux millions de décès pourraient être évités dans le monde chaque année si les normes de pollution de l'air, préconisées par l'OMS, étaient respectées, selon une étude publiée mardi 16 juin. Celle-ci pointe surtout la Chine et l'Inde.

    La pollution est à l'origine de 3,2 millions de morts prématurées par an, selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), soit davantage que le sida et le paludisme combinés, ont relevé les auteurs de cette étude parue dans la revue Environmental Science and Technology.

    Les chercheurs se sont surtout concentrés sur des particules en suspension dans l'air inférieures à 2,5 microns. Celles-ci peuvent pénétrer profondément dans les poumons, augmentant le risque cardiaque, d'accident vasculaire cérébral et de maladies pulmonaires comme l'emphysème et le cancer.

    Ces poussières proviennent de la combustion du charbon dans les centrales électriques, des gaz d'échappement automobile et d'autres émissions industrielles. Dans les pays à bas revenus, elles sont surtout produites par des poêles à charbon ou au bois dans les habitations pour cuisiner et se chauffer.

    Dix fois trop en Chine et en Inde

    La majorité de la population mondiale vit avec des concentrations supérieures à 10 microgrammes par litre d'air, le maximum souhaitable selon l'OMS. Dans certaines parties d'Inde et de Chine, elles dépassent même les 100 microgrammes.

    «Nous avons cherché à déterminer de combien les différentes parties du monde devaient réduire ces particules pour abaisser la mortalité», a expliqué Joshua Apte, de l'université du Texas. Selon lui, le modèle informatique élaboré pour cette étude «pourrait aider à concevoir des stratégies pour protéger la santé publique».

    Des mesures drastiques sont nécessaires en Chine et en Inde pour atteindre les 10 microgrammes/litre. Pour réduire de moitié la mortalité due à la pollution de l'air, les pays très pollués devraient abaisser de 68% la densité de microparticules par rapport au niveau de 2010, selon l'étude.

    Les pays d'Asie comptent pour 72% des 3,2 millions de décès annuels dus à la pollution. Dans les pays moins pollués, comme les Etats-Unis, une réduction de 25% des concentrations de microparticules sauverait 500'000 vies par an, selon ces chercheurs.


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  • Sea Shepherd dédommagera les baleiniers japonais

    L'organisation écologiste est sanctionnée pour avoir négligé une interdiction judiciaire d'approcher les navires et devra débourser 2,55 millions de dollars.

     

    L'argent que l'organisation Sea Shepherd devra débourser pour son infraction ira à l'Institut japonais de recherche sur les cétacés ainsi qu'à un armateur, Kyodo Senpaku, qui tous deux effectuent des missions de «recherche scientifique» baleinière pour le compte du Japon.

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    Malgré l'interdiction de la chasse commerciale et le tollé international, le Japon veut continuer de capturer des cétacés au large de ses côtes, dans le Pacifique Nord-Ouest et en Antarctique, en prétextant de l'intérêt «scientifique» de ses campagnes.

    Une injonction de justice américaine datant de la fin 2012 interdisait à Sea Shepherd, comme à toute personne agissant à ses côtés, de venir se poster à moins de 500 mètres des baleiniers japonais et de les attaquer.

    «Terroristes»

    Mais les activistes de Sea Sheperd ont poursuivi leur campagne de harcèlement début 2013, donnant lieu à des affrontements en haute mer. Les autorités japonaises ont maintes fois qualifié de «terroristes» les méthodes militantes employées par Sea Shepherd, organisation basée aux Etats-Unis.

    L'Institut de recherche sur les cétacés (IRC) a salué ce règlement financier conclu la semaine dernière devant une cour d'appel américaine.

    Dans un communiqué publié ce mercredi 10 juin, l'IRC, subventionné par les pouvoirs publics, dit espérer que ce compromis permettra de «prévenir les ingérences irresponsables (de Sea Sheperd) dans notre programme de recherche» à l'avenir.

    L'avocate de Sea Shepherd, Claire Loebs Davis, a précisé dans un communiqué que l'organisation ne reconnaissait pas pour autant sa culpabilité.

    Activités «dangereuses et illégales»

    «Mais, après plus de deux années de litige, nous sommes très heureux d'en finir avec ce contentieux», a souligné l'avocate. Sea Shepherd veut désormais consacrer ses efforts à combattre une demande d'injonction permanente réclamée par le Japon.

    Ce sera, selon elle, l'occasion de démontrer que les activités de l'IRC japonais sont «dangereuses et illégales».

    Le Japon a dû renoncer à sa campagne de chasse 2014/2015 en Antarctique après un verdict de la Cour internationale de justice (CIJ).

    L'instance supérieure de l'Organisation des Nations Unies a jugé en mars 2014 que les Japonais poursuivaient en réalité des objectifs commerciaux prohibés en usant abusivement d'une exemption scientifique prévue par le moratoire de 1986 sur la chasse à la baleine.


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  • En RD Congo, des entreprises françaises pillent le bois

    L’ONG Global Witness dénonce de multiples entorses au droit.

    Elle va porter plainte cette semaine contre une petite dizaine d’entreprises françaises.

    L’accusation est grave. Elle est portée par l’ONG britannique Global Witness, dans un rapport rendu public mercredi 3 juin. L’industrie du bois en France serait gravement affectée par l’importation de bois précieux de la République démocratique du Congo (RDC).

    La France pointée du doigt

    « La France est le premier pays après la Chine à importer du bois depuis la RDC, souligne Alexandra Pradal, la responsable de ce rapport. À elle seule, elle capte 12 % du volume total exporté par la RDC. Or, ce bois est exploité bien trop souvent de manière illégale. »

    Des essences précieuses comme l’iroko, le sapele, le sipo. Des bois au grain noir ou brun utilisés pour des produits de luxe, pour des planchers et des salons de jardins haut de gamme, pour les finitions de décoration des navires…

    Ces essences sont parmi les plus anciennes du monde. On ne les trouve que dans la forêt primaire comme celle du bassin du Congo, la plus grande après l’Amazonie. « 60 % de la forêt du bassin du Congo se trouve sur le territoire de la RDC, constate Alexandra Pradal. Or, l’État est défaillant dans ce pays touché par la mal gouvernance, la corruption, la pauvreté. La moitié des sociétés qui exploitent le bois en RDC en profitent pour le faire sans respecter les réglementations. »

    Une réglementation défaillante ou bafouée

    Spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles dans les pays en développement, Global Witness dénonce des contrats d’exploitation trafiqués, le dépassement des quotas de coupe autorisés, l’exportation d’essences protégées, le non-respect des droits des communautés locales et de la législation du travail pour les salariés.

    Parmi les exploitants forestiers qui font l’objet des accusations de l’ONG britannique, les deux plus importantes exploitations forestières de la RDC, qui assurent à elles seules la moitié des exportations de bois du pays.« Elles exploitent certaines forêts sans permis, dans d’autres, elles le font dans des quantités qui dépassent les volumes autorisés, font le commerce d’essences non autorisées et sous-paient les redevances qu’elles doivent à l’État congolais », explique Alexandra Pradal.

    Pire, ces deux entreprises seraient complices de mauvais traitements infligés à des populations locales.« Elles agissent avec le concours de la police locale à qui elles fournissent du matériel comme des véhicules. Ces deux entreprises sont congolaises mais elles appartiennent à des Européens », précise-t-elle.

    Des plaintes en perspective

    Cette semaine, l’ONG va porter plainte en France contre un peu moins d’une dizaine d’entreprises hexagonales qui importent du bois de RDC. « Elles le font en dépit de la réglementation française et européenne sur le bois. Elles vont devoir s’expliquer », assure Alexandra Pradal. Et de s’étonner de la passivité du ministère de l’environnement en France, qui viendrait seulement de lancer une enquête sur le sujet.

    Il y a un peu moins de 80 ans, André Gide dénonçait déjà dans son livre Voyage au Congo (1927), l’attitude scandaleuse des compagnies forestières dans le bassin du Congo : ses vols, ses mensonges, ses violences sur les populations locales, ses entorses graves aux réglementations et aux lois.

    À l’époque, le livre fit scandale. Quatre-vingts ans après, les sociétés ont changé, les propriétaires et l’arsenal juridique aussi. Mais, à écouter Global Witness, pas complètement les pratiques et les trafics.

    LA LÉGISLATION EUROPÉENNE SUR LE BOIS ILLÉGAL 

     L’Union européenne a adopté en 2003 un plan d’action (FLEGT) pour lutter contre l’exploitation abusive des forêts et le commerce du « bois illégal » c’est-à-dire du bois récolté, transformé ou commercialisé en violation des lois du pays où il est exploité.

     Ce plan prévoit de développer une offre de bois garanti légal, via la signature d’accords de partenariat avec les pays producteurs et d’éliminer le bois illégal ou ses produits dérivés sur le marché européen.Le règlement sur le bois de l’Union européenne (RBUE) entré en application en mars 2013 impose un principe de « diligence raisonnée » aux opérateurs qui peuvent être sanctionnés s’ils n’ont pas pris toutes les mesures pour réduire le risque d’importer du bois illégal.En France, le ministère de l’agriculture est l’autorité compétente en charge de sa mise en œuvre.

     


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