• Hécatombe de dauphins suite à la marée noire de BP

    Une étude souligne la proportion inhabituellement élevée de dauphins souffrant de lésions causées par une une exposition aux hydrocarbures.

    La marée noire causée en 2010 par l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon exploitée par BP dans le Golfe du Mexique a entraîné une forte mortalité des populations de dauphins, selon une étude de l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) dévoilée mercredi.

    Une proportion inhabituellement élevée de ces cétacés, notamment les dauphins à gros nez échoués sur les côtes de Louisiane, du Mississippi et de l'Alabama entre 2010 et 2012, souffraient de lésions pulmonaires et des glandes surrénales.

    Cela ne pouvait résulter que d'une exposition à des substances contenues dans les hydrocarbures, affirment ces chercheurs dont les travaux paraissent dans la revue scientifique PLOS ONE.

    La pire dans l'histoire des Etats-Unis

    Les résultats de cette nouvelle étude confortent ceux en 2011 de l'évaluation de l'état de santé de populations de dauphins de la baie de Barataria, en Louisiane, qui avait été fortement polluée par la marée noire de BP, la pire dans l'histoire des Etats-Unis.

    «Les résultats de notre étude indiquent que les dauphins ont été affectés par une exposition à des substances pétrolières à la suite de la marée noire de Deepwater Horizon», a souligné lors d'une conférence de presse téléphonique Stephanie Venn-Watson, une vétérinaire épidémiologiste de la National Marine Mammal Foundation, principal auteure de cette étude.

    «Une exposition à ces substances provoque des maladies graves des glandes surrénales et des poumons qui ont contribué au fort accroissement de la mortalité des dauphins dans le nord du Golfe du Mexique», a-t-elle ajouté.

    Un dauphin sur trois atteint de ces lésions

    «Ces études pointent de plus en plus le doigt sur la présence d'hydrocarbures pétroliers comme étant la cause la plus importante de maladies et de mortalité frappant les populations de dauphins dans le Golfe du Mexique et cette dernière étude renforce considérablement cette thèse», a quant à elle expliqué Teri Rowles, une vétérinaire qui a contribué à cette recherche.

    Cette nouvelle étude montre que la moitié des dauphins retrouvés morts échoués entre juin 2010 et novembre 2012 dans la baie de Barataria en Louisiane, la plus affectée, souffraient d'une lésion rare du cortex surrénalien, signe d'une insuffisance des glandes surrénales.

    Sur l'ensemble des côtes de Louisiane, du Mississippi et d'Alabama touchées par la marée noire, un dauphin sur trois était atteint de cette lésion, contre seulement 7% dans un groupe de cétacés de référence non affectés par l'accident de Deepwater Horizon. 


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  • l'ONU souligne la contribution des forêts au développement durable

    13 mai 2015 – La conclusion d'un nouvel accord international sur les forêts devrait permettre de renverser la tendance à la déforestation et faire progresser la mise en œuvre de la gestion durable des forêts, a déclaré mercredi le Président du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), Martin Sadjik.

    M. Sadjik s'exprimait à l'occasion d'un débat de haut niveau dans le cadre du Forum des Nations Unies sur les forêts au siège de l'ONU à New York et doit aboutir au renforcement de l'Arrangement international sur les forêts (AIF).

    Le Président de l'ECOSOC et représentant permanent de l'Autriche auprès de l'ONU a salué l'importance des travaux du Forum, qui est notamment parvenu à inclure la question des bienfaits multiples des forêts dans le cadre des discussions sur le programme de développement pour l'après-2015, censées aboutir à des objectifs de développement durable (ODD).

    M. Sadjik a rappelé l'importance du principe de complémentarité pour assurer la cohérence et les synergies dans le système de l'ECOSOC, notamment sur les aspects économiques, sociaux et environnementaux liés aux forêts. Le Forum, a-t-il noté, a ainsi contribué à mettre en avant la contribution des forêts au développement durable.

    Un Arrangement international sur les forêts renforcé au-delà de l'année 2015 permettrait au Forum de contribuer à la réalisation du développement durable, a-t-il ajouté, tout en « adressant un signal fort » quant à l'importance de valoriser les bienfaits des forêts au sein du programme de développement pour l'après-2015.

    « Vous vous rapprochez de la décision sur l'AIF après 2015 et êtes sur le point de façonner le futur cadre pour les quinze prochaines années », a rappelé M. Sadjik au participants du Forum. « Je me réjouis à l'avance du dialogue politique constructif et énergique sur l'intégration des forêts dans le programme de développement pour l'après-2015 et sur le renouvellement des engagements à la mise en œuvre de l'IAF après 2015 ».


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  • La honte

    Le président vient d’autoriser Shell à forer dans l’océan Arctique. Tollé chez les défenseurs de l’environnement, qui se sentent trahis.

    Par centaines, canoës et kayaks ont encerclé samedi 16 mai 2015 la plate-forme pétrolière de Shell, stationnée dans le port de Seattle en attendant son transfert en Alaska. Le slogan des militants, qui s’opposent aux projets de cette compagnie dans l’Arctique, est clair: «Shell No!» Ce jeu de mots transforme la locution anglaise Hell No! (qui en français se dit plutôt «Mon Dieu, non!») résonne au sein des mouvements de défense de l’environnement depuis que Barack Obama a autorisé la semaine dernière un forage dans l’Arctique. «Notre nourriture vient de cet océan!» s’insurge Mae Hank, militante d’une tribu indienne de l’Alaska. «Pourrions-nous forer dans votre jardin potager? Dans les prairies où paissent vos vaches? Non!»

    Contrairement à son prédécesseur George Bush qui ne se souciait guère du réchauffement climatique, Barack Obama souligne souvent le besoin de protéger la planète. Son budget pour 2016 investirait des milliards de dollars dans les énergies renouvelables et la création d’un fonds pour aider les Etats américains à réduire leurs émissions de gaz à effets de serre. Mais cela a peu de chances de passer la rampe dans un Sénat dominé par une majorité républicaine opposée aux régulations en matière d’émissions de CO2.

    Champion du pétrole

    Dans ce contexte de paralysie politique à Washington, la décision de Barack Obama d’autoriser les forages dans l’Arctique choque les environnementalistes. En l’occurrence, la compagnie anglo-néerlandaise avait investi 2,1 milliards de dollars dans des permis accordés par l’administration Bush et Barack Obama avait donc peu de marge de manœuvre. Il avait déjà autorisé l’exploitation de ces parcelles en 2012, puis fait marche arrière en 2013 à cause des problèmes de la compagnie.

    «Le mauvais bilan de Shell dans l’Arctique ne nous inspire guère confiance en sa capacité de forer en toute sécurité», réagit Michael Brune, président du Sierra Club, une organisation de défense de l’environnement aux Etats-Unis. En février, le Bureau de gestion de l’énergie provenant des océans, l’administration qui a donné le feu vert à Shell, avait reconnu qu’une marée noire avait 75% de chances de s’y produire dans les 77 prochaines années.

    Barack Obama a dû défendre la semaine passée sa politique environnementale de «transition». Sous sa présidence, les Etats-Unis sont en fait devenus le premier producteur mondial de pétrole et de gaz naturel, dépassant en 2012 la Russie. Ce boom et l’expansion du «fracking» (méthode d’extraction du pétrole et du gaz dangereuse pour l’environnement) remettent en question l’image d’un président pro-environnement.

    Fracking sans limites

    En avril, Barack Obama était dans la réserve naturelle des Everglades en Floride pour promouvoir sa lutte contre le réchauffement climatique. Les écologistes l’ont apostrophé, dénonçant le fracking autorisé sur des parcelles fédérales voisines des Everglades et la liberté totale laissée aux divers Etats (Dakota du Nord, Wyoming ou Colorado) qui délivrent à la pelle des permis de fracking. Enfin, ils attendent de pied ferme la décision de Barack Obama sur le projet de pipeline Keystone XL, méga-oléoduc censé traverser les Etats-Unis depuis le Canada.  


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  • Deux personnes ont été arrêtées au Vietnam en possession de 37 kilos de corne de rhinocéros d'une valeur estimée à près d'un million de dollars.

    Deux Vietnamiens ont été arrêtés dans le centre du pays en possession de corne de rhinocéros d'une valeur estimée à près d'un million de dollars, a rapporté ce lundi 11 mai la presse officielle.

    La police a intercepté les deux Vietnamiens samedi dans la province de Nghe An (centre) en possession de trois sacs contenant 31 morceaux de corne de rhinocéros pesant 37 kilos, selon le journal Nguoi Lao Dong.

    Ils ont déclaré à la police avoir été payés 40 millions de dongs (1800 dollars) pour les transporter depuis Ho Chi Minh-Ville (sud), a précisé le journal, sans donner plus de détails sur l'origine ou la destination finale de la marchandise.

    50 000 dollars le kilo

    Illégale mais très recherchée au Vietnam, la corne de rhinocéros se vendrait jusqu'à 50 000 dollars le kilogramme. Elle est très prisée en médecine traditionnelle en raison d'une croyance populaire qui lui accorde des bienfaits dans la guérison des cancers alors qu'elle n'a aucune valeur scientifique pour la médecine.

    Le commerce de corne de rhinocéros est interdit depuis 1977 par un traité international pour la protection de la faune (Cites). Sur le plan international, le Vietnam a été souvent accusé de ne pas lutter suffisamment contre un trafic qui conduit à l'abattage massif des rhinocéros en Afrique.


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  • L'UE autorise la commercialisation de 19 OGM

    Onze produits de la multinationale américaine Monsanto  figurent au nombre des OGM autorisés, a précisé vendredi 24 avril, la Commission européenne dans un communiqué. Il s'agit dans le détail de plusieurs variétés de soja, maïs, colza et coton.

     
     

    Les huit autres sont des produits de la firme américaine Dupont et des groupes allemands Bayer et BASF. Dix-sept de ces OGM sont destinés à l'alimentation animale et humaine, deux sont des fleurs coupées.

    Ces autorisations «étaient en suspens», car les États membres ne sont pas parvenus à constituer une majorité pour ou contre leur commercialisation. L'autorisation est immédiate et vaut pour dix ans.

    Interdiction possible

    Toutefois si les gouvernements européens approuvent la réforme présentée mercredi, ils pourront interdire l'utilisation des OGM sur leur territoire.

    Dans le cas contraire, les règles applicables seront celles qui ont conduit la Commission européenne à autoriser la commercialisation des OGM ne présentant aucun risque pour la santé animale et humaine dans l'ensemble de l'UE, solution réclamée par les grands groupes.

    Greenpeace a accusé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, «de ne pas avoir l'intention de rapprocher l'Europe des citoyens, comme il l'a promis, et d'agir en faveur des intérêts des Etats-Unis et de Monsanto».


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  • Une réunion visant à aider les polices d’Asie à lutter contre le trafic de bois se tient depuis lundi 29 avril en Indonésie. Un premier projet mené en Amérique latine a donné de bons résultats.

    En août 2012, Interpol réunissait à Manaus, au cœur de l’Amazonie brésilienne, les responsables des unités de police de 12 pays latino-américains spécialisées dans la protection de l’environnement. La police internationale basée à Lyon lançait alors l’opération Leaf, première action internationale concertée contre la coupe et le commerce illégal de bois.

    « Chacun est rentré chez soi, et nous avons commencé à planifier une opération commune », explique le capitaine Marcelo Valladolid, chef de l’unité de la police équatorienne de l’environnement de Quito. « Coordinateur pour l’Équateur, j’ai formé mon personnel et nous avons fait le point des endroits les plus sensibles en ce qui concerne la déforestation et le trafic de bois précieux. » Fin 2012, l’opération est lancée, du Honduras à la République dominicaine, du Brésil à la Colombie. Chacun agit chez soi, mais de façon simultanée pour envoyer un message aux trafiquants.

    Des gardes forestiers démunis face aux trafiquants

    En deux mois, plus de 50 000 m3 de bois sont saisis, l’équivalent de 2 000 camions, d’une valeur de 6 millions d’euros et 194 personnes sont arrêtées. En Équateur, « nous avons capturé 142 véhicules et camions, plus de 1 670 m3 de bois précieux », résume le capitaine Valladolid.

    Un premier bilan intéressant, mais loin d’être suffisant pour le botaniste Blastimil Zak, de l’université San Francisco de Quito. « Le trafic de bois passe par les routes secondaires, les chemins mal entretenus où il n’y a pas de contrôle, ni de la police de l’environnement ni des militaires. » Blastimil Zak sait de quoi il parle. Il a un terrain près « de l’ancienne route qui relie Quito à Santo Domingo via Chiriboga », sur lequel il voit passer les trafiquants. « Ils sont bien armés. Quand les gardes forestiers les croisent, au contrôle de Lita, tout ce qu’ils peuvent dire c’est  “passez !” »

    Autre problème, « des mécanismes permettent de légaliser le bois coupé sans autorisation officielle », regrette Eduardo Pichilingue, spécialiste des Indiens en isolement volontaire, les premières victimes des trafiquants de bois. « Un propriétaire a le droit de défricher son terrain, mais son permis sert souvent au transport de bois coupé ailleurs sans autorisation. »

    Réduire la consommation de bois précieux

    Les bénéfices du trafic sont considérables, note Interpol. Au Liberia par exemple, du bois payé de 1,5 à 2,3 € le mètre cube peut être revendu jusqu’à 150 €. De 15 à 30 % du bois vendu sur le marché international ont été coupés illégalement. Pour Maria Belén Paez, présidente de la Fondation Pachamama, « il faut avant tout que le consommateur de bois précieux réduise ses achats. Le trafic a une racine principale : un marché mondial d’usagers qui veulent des bois fins chez eux, au bureau ou dans leurs entreprises. »

    Pourtant, des signes d’espoir sont apparus. En mars dernier, les États présents à la conférence de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages (CITES) ont placé des dizaines d’espèces de bois tropicaux sur l’annexe II de la convention. Cela permettra une protection accrue pour les bois ligneux et palissandres utilisés dans l’industrie du meuble. L’Union européenne a également adopté une nouvelle législation qui oblige les négociants à vérifier la légalité de leurs importations au lieu de croire ou faire semblant de croire leurs fournisseurs locaux.

    En attendant les effets de ces décisions, Interpol n’a pas l’intention de relâcher ses efforts. L’opération Lead servira de base « à de futures actions plus dures », promet Davyth Stewart, responsable du projet Leaf (Law Enforcement Assistance for Forests). En attendant l’Afrique en 2014, Interpol réunit les polices d’Indonésie, Malaisie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Japon et Chine, à Djakarta depuis hier.

     


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  • Nouveau revers pour le Japon dans la chasse à la baleine

    Le programme du Japon afin de poursuivre en Antarctique la chasse à la baleine pour des raisons scientifiques a été mis en cause ce lundi 13 avril 2015 par un panel d'experts.

    La Commission internationale baleinière (CIB) demande plus d'informations à Tokyo. Cette prise de position représente un nouveau revers pour le Japon, dont le programme de recherche avait déjà été contesté l'année dernière par la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par l'Australie.

     
     

    Les experts estiment que le Japon doit fournir plus d'analyses et plus d'arguments pour justifier son programme de chasse à la baleine pour des raisons scientifiques.

    333 baleines au lieu de 900

    Tokyo a soumis l'objectif de 333 baleines de Minke pour ses chasses futures en Antarctique, loin des 900 d'un précédent programme. Le Japon estime que la population mondiale des baleines, particulièrement les baleines de Minke, est assez important pour supporter cet objectif. Le Japon affirme entre autres que son programme permettra une meilleure compréhension des écosystèmes marins de l'Antarctique.

    La CIJ a déjà estimé en mars 2014 que le Japon avait une interprétation abusive d'une exemption scientifique prévue par le moratoire de 1986 sur la chasse à la baleine. La CIJ avait conclu que le Japon poursuivait des objectifs commerciaux sous des prétextes scientifiques.

    Un programme «raisonnable»?

    Après ce verdict, le Japon avait dû renoncer pour la saison 2014-2015 à prendre la mer, avec harpons, en Antarctique. En réponse aux experts, le Japon s'est engagé à fournir davantage d'informations pour montrer que son programme est raisonnable. Certaines informations comme l'âge des baleines ne peuvent être disponibles qu'après leur capture, fait valoir l'archipel.

    Le Japon a tué 251 baleines de Minke en Antarctique pendant la saison 2013-14, bien loin de ses objectifs de départ en raison des actions d'une ONG pro-environnement, Sea Shepherd. La Norvège est, avec l'Islande, le seul pays au monde à autoriser la chasse à la baleine, harponnant plusieurs centaines de cétacés chaque année.

     


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  • Doha : l'ONU souligne la gravité de la criminalité liée aux espèces sauvages qui génère d'énormes profits

    13 avril 2015 – Alors que la criminalité liée aux espèces sauvages est une industrie en croissance rapide, générant d'énormes profits pour les réseaux criminels, des responsables de haut niveau des Nations Unies ont souligné lundi à Doha, au Qatar, la gravité de ce fléau qui alimente la violence, corrompt les chaînes d'approvisionnement et fragilise l'état de droit.

    « La criminalité liée à la faune et à la flore sauvages a des implications très importantes. Elle a le potentiel non seulement de ravager l'environnement mais aussi de saper le bien-être social, politique et économique des sociétés, tout en générant des milliards de dollars pour des gangs criminels et en soutenant leurs activités illicites », a déclaré le Président de l'Assemblée générale des Nations Unies, Sam Kutesa, lors d'une réunion de haut niveau dans le cadre du 13ème Congrès des Nations Unies contre le crime, qui a ouvert dimanche.

    La criminalité liée aux espèces sauvages comprend la prise, le commerce, l'importation, l'exportation, le traitement, la possession, l'obtention et la consommation de la flore et de la faune (animaux, oiseaux, poissons, plantes et arbres) en violation du droit national et international.

    L'impact de cette criminalité est mondial, mais il est particulièrement aigu dans les pays en développement où des gouvernements manquant de ressources n'ont souvent pas la capacité de réglementer l'exploitation de leurs ressources naturelles.

    En 2013, quelque 20.000 éléphants d'Afrique ont été abattus. La même année, plus de 1.000 rhinocéros ont été tués sur le continent.

    La valeur totale du commerce illégal de produits à base de bois, généralement en provenance de l'Asie orientale et du Pacifique, représente environ 17 milliards de dollars.

    « Pour la première fois, nous avons l'occasion d'attirer l'attention de ce Congrès sur la nécessité de traiter la criminalité liée aux espèces sauvages comme un crime grave », a déclaré le Secrétaire général de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), John Scanlon.

    « C'est parce que l'ampleur et la nature du commerce illégal d'espèces sauvages ont changé au cours des dernières années que la riposte mondiale doit aussi changer. Il y a une riposte, mais il faut clairement faire plus », a-t-il ajouté.

    Selon M. Scanlon, le commerce illégal des espèces sauvages n'est pas du braconnage local de subsistance. « Aujourd'hui, nous sommes confrontés à des gangs criminels organisés transnationaux et dans certains cas à des milices rebelles et à des éléments incontrôlés de l'armée. Ils sont à l'origine d'un braconnage et d'un commerce illicite d'ampleur industriel pour des marchés à l'étranger. Cela a changé la dynamique de la lutte contre cette activité criminelle destructrice, en particulier en ce qui concerne certains animaux, tel que l'éléphant d'Afrique, et la flore de grande valeur, tel que le bois de rose. Mais elle menace aussi de nombreuses espèces moins connues, comme le pangolin », a-t-il ajouté.

    Le Directeur exécutif de l'Organisation des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, a regretté que « l'insuffisance des cadres législatifs reste beaucoup trop courante ».

    Selon lui, présenter des affaires criminelles liées aux espèces sauvages devant les tribunaux est un défi, et ce travail difficile est trop facilement défait lorsque les dossiers sont mal préparés et les enquêtes faibles. « Même quand les trafiquants sont poursuivis avec succès, les peines infligées sont souvent inadéquates - de petites amendes, une peine de prison de quelques mois ou une peine de prison avec sursis », a-t-il souligné.

    Tous les pays « doivent traiter la criminalité liée à la faune et à la flore sauvages comme une infraction pénale grave », a-t-il ajouté. « En garantissant une peine de quatre ans ou une peine plus grave, nous pouvons faire en sorte que les sanctions soient proportionnées et puissent avoir un effet dissuasif ».

    Il a estimé qu'il fallait appliquer les techniques connues pour leur efficacité dans la lutte contre les réseaux du crime organisé en général : partager le renseignement et mener des opérations d'infiltration, s'intéresser aux risques de corruption, remonter les circuits d'argent et traquer les marchandises illégales jusqu'à leur destination.

    « Enfin, nous devons faire du développement de moyens de subsistance alternatifs une priorité, afin de soutenir les communautés dans certains pays les plus touchés par ce crime. En bref, il faut une approche équilibrée, luttant contre l'offre et la demande, dans un esprit de responsabilité partagée », a-t-il ajouté.


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  • L'ONU appelle à une action urgente contre l'épuisement irréversible des ressources en eaux souterraines

    10 avril 2015 – L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), la Banque mondiale, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et l'Association internationale des hydrogéologues ont appelé vendredi la communauté internationale à agir d'urgence pour empêcher la dégradation et l'épuisement des ressources en eaux souterraines.

    En prévision du 7ème Forum mondial de l'eau (World Water Forum), qui se tiendra du 12 au 17 avril 2015 en Corée du Sud, ces cinq organisations ont proposé aux gouvernements un ensemble de principes permettant une meilleure gestion des eaux souterraines. Vision 2030 et le Cadre d'action mondial, qui seront lancés lors du Forum, constituent un appel pressant pour une action collective et responsable de la part des gouvernements et de la communauté internationale en vue de garantir l'utilisation durable des eaux souterraines.

    « Pendant longtemps, la gouvernance des eaux souterraines a été négligée par les politiques, ce qui a entraîné la dégradation et l'épuisement progressif de cette ressource essentielle », a regretté la FAO dans un communiqué de presse, soulignant qu'au plan mondial, les prélèvements d'eau souterraine ont triplé au cours du dernier demi-siècle et plus d'un quart des prélèvements actuels ne sont pas durables.

    Selon l'agence onusienne, la pollution des eaux souterraines se généralise et menace à la fois l'homme et l'environnement. La plupart des aquifères urbains connaissent des problèmes d'assainissement alors que les aquifères côtiers sont exposés aux intrusions d'eau salée. La pollution industrielle, les pesticides et les engrais s'infiltrent dans les nappes phréatiques et les réservoirs.

    « Certaines zones, en particulier celles à faible pluviométrie, sont à risque plus que d'autres », a expliqué la FAO, ajoutant que l'intensité des retraits est plus élevée dans de grandes parties de la Chine, de l'Inde, du Pakistan, du Bangladesh, de l'Iran, des Etats-Unis, du Mexique et de l'Europe. Cela pourrait, selon l'agence, entraîner à terme la perte des réserves d'eau douce à un moment où le stockage des eaux souterraines est essentiel pour assurer la sécurité de l'eau et l'adaptation au changement climatique.

    « Depuis la nuit des temps, l'homme a puisé l'eau du sol. Mais nous sommes passés du village aménagé autour d'un puits à des villes entières et à des industries érigées autour de nappes d'eaux souterraines », a quant à lui déclaré le Directeur des ressources en eau au sein du Groupe de la Banque mondiale, Junaid Ahmad. « Nous avons appris à creuser toujours plus profond, à pomper de plus en plus fort et à transformer les déserts en corbeilles à pain. Mais nous n'avons pas été capables d'augmenter la vitesse à laquelle nos eaux souterraines se reconstituent, et nous ne devrions pas être surpris quand nos puits seront à sec. Autant que ce que nous avions investi dans les pompes et les cultures, nous devons à présent investir dans la gouvernance des eaux souterraines ».

    En outre, l'eau souterraine est indispensable à la réduction de la pauvreté et au partage de la prospérité, a expliqué la responsable du FEM, Naoko Ishii.

    « Nous ne pouvons plus tenir pour acquise cette source invisible mais vitale; une action urgente est nécessaire pour assurer sa disponibilité à long terme. Nous avons hâte de collaborer avec les organismes partenaires et les pays pour assurer la disponibilité de l'eau pour la consommation, les villes, l'énergie et les utilisations industrielles des générations futures », a-t-elle dit.

    « L'action collective et coordonnée s'impose d'urgence pour protéger et prolonger l'intégrité de nos aquifères», a soutenu le Directeur de la Division des terres et des eaux de la FAO, Moujahed Achouri. « Le coût de l'inaction serait exorbitant. Vision 2030 et le Cadre d'action mondial constituent un appel urgent aux décideurs afin qu'ils agissent immédiatement en prenant les bonnes décisions politiques pour atteindre des objectifs communs de développement économique et social à l'échelle mondiale ».

    De son côté, la Directrice générale de l'UNESCO, Mme Irina Bokova, a affirmé que pour que la gouvernance des eaux souterraines devienne réalité, il convient de favoriser la coopération entre les pays, en particulier sur les aquifères transfrontières. « L'eau influe directement sur notre avenir; nous devons travailler de concert pour gérer plus durablement cette précieuse ressource », a dit Mme Bokova.


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  • Chrétiens et écologie, un principe de limitation

    L’Écriture invite à renouer une relation plus harmonieuse avec la nature, plus conforme au projet divin de Création.

    « Écoutez la parole du Seigneur, fils d’Israël, car le Seigneur est en procès avec les habitants du pays : il n’y a, dans le pays, ni vérité ni fidélité, ni connaissance de Dieu, mais parjure et mensonge, assassinat et vol ; on commet l’adultère, on se déchire : le sang appelle le sang. C’est pourquoi le pays est en deuil, tous ses habitants dépérissent, ainsi que les bêtes sauvages et les oiseaux du ciel ; même les poissons de la mer disparaissent »,proclame le prophète Osée (4, 1-3). Et bien d’autres passages similaires dans l’Ancien Testament expriment la solidarité foncière du cosmos avec l’humanité. Quand l’homme s’éloigne de Dieu, il en vient à malmener ses semblables jusqu’à lui donner la mort, ce qui n’est pas sans conséquence : la terre abreuvée de sang ne produit plus, ce qui entraîne la mort de ses habitants, y compris les animaux. Le cosmos semble emporté dans un processus de « décréation »…

    Ce qu’exprime la Bible dans son langage propre ne peut pas être simplement considéré comme le reflet d’une conception mythique globalisante révolue. C’est en premier lieu le recueil d’expériences historiques concrètes. Et celles-ci n’appartiennent pas qu’au passé. Aucun conflit violent ne laisse indemne l’environnement. Dans la quête du profit à tout prix, l’exploitation des plus pauvres et des ressources naturelles vont généralement de pair…

    En dénonçant des comportements mortifères pour l’homme et son environnement, l’Écriture invite à renouer une relation plus harmonieuse avec la nature, plus conforme au projet divin de création tel qu’il est relaté dans les deux récits de création contenus dans le Livre de la Genèse. « Le premier récit accrédite la beauté et la bonté de toute la création : ”Et Dieu vit que cela était bon” (Gn 1, 10). Le second met en lumière la confiance faite à l’homme pour la garder (Gn 2, 16). Ces textes montrent, chacun à leur manière, que Dieu est engagé dans cette aventure en son principe et sa finalité. Les deux textes conduisent à une confession de foi »,explique un document publié en 2008 par la Conférence des évêques de France (1).

    Cette confession de foi dans le Dieu Créateur fournit un premier fondement à la responsabilité de l’homme à l’égard de la Création qui lui est confiée et dont il fait partie tout en se voyant reconnaître un statut particulier au sein de la nature, lui qui est créé « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1, 26). « La création de l’humanité à l’image de Dieu induit une relation particulière aux autres créatures, que le récit biblique exprime par deux verbes “soumettre et dominer” (…). Une vision hiérarchique est induite par-là indiquant que l’homme n’est pas soumis aux autres composantes du monde »,relève François Euvé (2). Mais cette domination sur les autres créatures, explique encore le jésuite, « est un mandat ambigu si elle ne s’accompagne pas d’une limite qui empêche la dévoration ». Or c’est précisément cette limite que le texte institue en indiquant que les hommes auront pour nourriture les plantes portant semence et les arbres ayant des fruits portant semence (Gn 1, 29), tandis que les autres animaux mangeront « toute la verdure des plantes » (Gn 1, 30).

    Cette limitation, François Euvé la voit encore inscrite dans l’institution du sabbat. Venant plus tard dans le texte biblique, elle est bien référée à la création du monde (Ex 20, 21), au moment où Dieu met un terme à son activité créatrice. « Cette limite n’est pas arbitraire, explique le théologien, elle a un sens, celui de ne pas occuper tout l’espace et de donner ainsi place à l’autre. » Et c’est selon le modèle divin que l’humanité est invitée à son tour à mettre en œuvre ce principe de limitation, pour que personne ne soit privé des biens que Dieu donne.

    (1) CEF – Conseil pour les questions familiales et sociales, La Création au risque de l’environnement, Bayard/Cerf/ Fleurus-Mame, 2008, p. 21.

    (2) « Principes d’une écologie chrétienne », Études, avril 2012, n° 4164, p. 499.


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