• En RD Congo, des entreprises françaises pillent le bois

    L’ONG Global Witness dénonce de multiples entorses au droit.

    Elle va porter plainte cette semaine contre une petite dizaine d’entreprises françaises.

    L’accusation est grave. Elle est portée par l’ONG britannique Global Witness, dans un rapport rendu public mercredi 3 juin. L’industrie du bois en France serait gravement affectée par l’importation de bois précieux de la République démocratique du Congo (RDC).

    La France pointée du doigt

    « La France est le premier pays après la Chine à importer du bois depuis la RDC, souligne Alexandra Pradal, la responsable de ce rapport. À elle seule, elle capte 12 % du volume total exporté par la RDC. Or, ce bois est exploité bien trop souvent de manière illégale. »

    Des essences précieuses comme l’iroko, le sapele, le sipo. Des bois au grain noir ou brun utilisés pour des produits de luxe, pour des planchers et des salons de jardins haut de gamme, pour les finitions de décoration des navires…

    Ces essences sont parmi les plus anciennes du monde. On ne les trouve que dans la forêt primaire comme celle du bassin du Congo, la plus grande après l’Amazonie. « 60 % de la forêt du bassin du Congo se trouve sur le territoire de la RDC, constate Alexandra Pradal. Or, l’État est défaillant dans ce pays touché par la mal gouvernance, la corruption, la pauvreté. La moitié des sociétés qui exploitent le bois en RDC en profitent pour le faire sans respecter les réglementations. »

    Une réglementation défaillante ou bafouée

    Spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles dans les pays en développement, Global Witness dénonce des contrats d’exploitation trafiqués, le dépassement des quotas de coupe autorisés, l’exportation d’essences protégées, le non-respect des droits des communautés locales et de la législation du travail pour les salariés.

    Parmi les exploitants forestiers qui font l’objet des accusations de l’ONG britannique, les deux plus importantes exploitations forestières de la RDC, qui assurent à elles seules la moitié des exportations de bois du pays.« Elles exploitent certaines forêts sans permis, dans d’autres, elles le font dans des quantités qui dépassent les volumes autorisés, font le commerce d’essences non autorisées et sous-paient les redevances qu’elles doivent à l’État congolais », explique Alexandra Pradal.

    Pire, ces deux entreprises seraient complices de mauvais traitements infligés à des populations locales.« Elles agissent avec le concours de la police locale à qui elles fournissent du matériel comme des véhicules. Ces deux entreprises sont congolaises mais elles appartiennent à des Européens », précise-t-elle.

    Des plaintes en perspective

    Cette semaine, l’ONG va porter plainte en France contre un peu moins d’une dizaine d’entreprises hexagonales qui importent du bois de RDC. « Elles le font en dépit de la réglementation française et européenne sur le bois. Elles vont devoir s’expliquer », assure Alexandra Pradal. Et de s’étonner de la passivité du ministère de l’environnement en France, qui viendrait seulement de lancer une enquête sur le sujet.

    Il y a un peu moins de 80 ans, André Gide dénonçait déjà dans son livre Voyage au Congo (1927), l’attitude scandaleuse des compagnies forestières dans le bassin du Congo : ses vols, ses mensonges, ses violences sur les populations locales, ses entorses graves aux réglementations et aux lois.

    À l’époque, le livre fit scandale. Quatre-vingts ans après, les sociétés ont changé, les propriétaires et l’arsenal juridique aussi. Mais, à écouter Global Witness, pas complètement les pratiques et les trafics.

    LA LÉGISLATION EUROPÉENNE SUR LE BOIS ILLÉGAL 

     L’Union européenne a adopté en 2003 un plan d’action (FLEGT) pour lutter contre l’exploitation abusive des forêts et le commerce du « bois illégal » c’est-à-dire du bois récolté, transformé ou commercialisé en violation des lois du pays où il est exploité.

     Ce plan prévoit de développer une offre de bois garanti légal, via la signature d’accords de partenariat avec les pays producteurs et d’éliminer le bois illégal ou ses produits dérivés sur le marché européen.Le règlement sur le bois de l’Union européenne (RBUE) entré en application en mars 2013 impose un principe de « diligence raisonnée » aux opérateurs qui peuvent être sanctionnés s’ils n’ont pas pris toutes les mesures pour réduire le risque d’importer du bois illégal.En France, le ministère de l’agriculture est l’autorité compétente en charge de sa mise en œuvre.

     


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  • Un plan national pour sauver les abeilles

    Un plan national d'action visant a endiguer le déclin des abeilles a été dévoilé par la présidence américaine.

    La Maison Blanche a dévoilé mardi 19 mai un plan national d'action pour enrayer le déclin inquiétant des populations d'abeilles domestiques et d'autres pollinisateurs aux Etats-Unis qui jouent un rôle crucial dans la production de fruits et de légumes, et pour l'environnement.

    «Les insectes pollinisateurs sont essentiels pour l'économie nationale, la sécurité alimentaire et l'état de l'environnement», a expliqué John Holdren, l'un des principaux conseillers scientifiques du président Barack Obama, sur le site de la présidence.

    «La pollinisation par les seules abeilles compte pour plus de 15 milliards de dollars de récoltes agricoles annuellement» dans le pays, a-t-il précisé. Mais «ces pollinisateurs souffrent».

    Combinaison de facteurs

    Selon la dernière enquête fédérale, les apiculteurs ont perdu environ 40% de leurs colonies d'abeilles ces douze derniers mois dont la plupart pendant l'hiver.

    Pour les scientifiques, une combinaison de facteurs est responsable de cette hécatombe dont la maladie, des parasites, la diminution des éléments nutritifs disponibles et les pesticides.

    Le plan d'action vise aussi à reconstituer les populations de papillons monarques, en très forte diminution. Le nombre de ces papillons migrateurs --qui vont passer l'hiver dans le sud, surtout au Mexique-- a baissé de 90%, voire davantage ces deux dernières décennies.

    Interventions fédérales et partenariats

    Ce plan prévoit de limiter la mortalité des colonies d'abeilles domestiques pendant l'hiver à 15% maximum dans les dix ans et à restaurer 2,8 millions d'hectares d'habitat dans les cinq ans grâce à des interventions fédérales et des partenariats entre secteurs public et privé.

    Il compte également accroître la population des papillons monarques jusqu'à 225 millions d'ici cinq ans sur une superficie de forêt d'environ six hectares au Mexique, en collaboration avec le gouvernement mexicain.

    De nombreuses agences fédérales sont mobilisées pour diversifier les espèces de plantes sur les terres fédérales, pour qu'elles soient mieux adaptées aux besoins des abeilles et autres insectes pollinisateurs.

    Mobiliser tout le monde

    Selon les scientifiques, les vastes régions agricoles pratiquant la monoculture privent les abeilles de leurs sources de nourriture.

    Ce plan fédéral repose sur une stratégie «de mobilisation de toutes les ressources», faisant appel à tout le monde pour agir et sauver les abeilles, explique la Maison Blanche.

    «Accroître l'étendue et la qualité de l'habitat des pollinisateurs est une partie importante de cet effort allant du développement de jardins près des immeubles fédéraux à la restauration de millions d'hectares de terres domaniales et privées», a précisé la présidence.

    La Maison Blanche s'est montrée mesurée sur l'impact des insecticides: «Les pesticides jouent un rôle clé dans la production agricole et la santé de notre société ...et atténuer leurs effets sur les abeilles est une priorité du gouvernement fédéral».


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  • Hécatombe de dauphins suite à la marée noire de BP

    Une étude souligne la proportion inhabituellement élevée de dauphins souffrant de lésions causées par une une exposition aux hydrocarbures.

    La marée noire causée en 2010 par l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon exploitée par BP dans le Golfe du Mexique a entraîné une forte mortalité des populations de dauphins, selon une étude de l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) dévoilée mercredi.

    Une proportion inhabituellement élevée de ces cétacés, notamment les dauphins à gros nez échoués sur les côtes de Louisiane, du Mississippi et de l'Alabama entre 2010 et 2012, souffraient de lésions pulmonaires et des glandes surrénales.

    Cela ne pouvait résulter que d'une exposition à des substances contenues dans les hydrocarbures, affirment ces chercheurs dont les travaux paraissent dans la revue scientifique PLOS ONE.

    La pire dans l'histoire des Etats-Unis

    Les résultats de cette nouvelle étude confortent ceux en 2011 de l'évaluation de l'état de santé de populations de dauphins de la baie de Barataria, en Louisiane, qui avait été fortement polluée par la marée noire de BP, la pire dans l'histoire des Etats-Unis.

    «Les résultats de notre étude indiquent que les dauphins ont été affectés par une exposition à des substances pétrolières à la suite de la marée noire de Deepwater Horizon», a souligné lors d'une conférence de presse téléphonique Stephanie Venn-Watson, une vétérinaire épidémiologiste de la National Marine Mammal Foundation, principal auteure de cette étude.

    «Une exposition à ces substances provoque des maladies graves des glandes surrénales et des poumons qui ont contribué au fort accroissement de la mortalité des dauphins dans le nord du Golfe du Mexique», a-t-elle ajouté.

    Un dauphin sur trois atteint de ces lésions

    «Ces études pointent de plus en plus le doigt sur la présence d'hydrocarbures pétroliers comme étant la cause la plus importante de maladies et de mortalité frappant les populations de dauphins dans le Golfe du Mexique et cette dernière étude renforce considérablement cette thèse», a quant à elle expliqué Teri Rowles, une vétérinaire qui a contribué à cette recherche.

    Cette nouvelle étude montre que la moitié des dauphins retrouvés morts échoués entre juin 2010 et novembre 2012 dans la baie de Barataria en Louisiane, la plus affectée, souffraient d'une lésion rare du cortex surrénalien, signe d'une insuffisance des glandes surrénales.

    Sur l'ensemble des côtes de Louisiane, du Mississippi et d'Alabama touchées par la marée noire, un dauphin sur trois était atteint de cette lésion, contre seulement 7% dans un groupe de cétacés de référence non affectés par l'accident de Deepwater Horizon. 


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  • l'ONU souligne la contribution des forêts au développement durable

    13 mai 2015 – La conclusion d'un nouvel accord international sur les forêts devrait permettre de renverser la tendance à la déforestation et faire progresser la mise en œuvre de la gestion durable des forêts, a déclaré mercredi le Président du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), Martin Sadjik.

    M. Sadjik s'exprimait à l'occasion d'un débat de haut niveau dans le cadre du Forum des Nations Unies sur les forêts au siège de l'ONU à New York et doit aboutir au renforcement de l'Arrangement international sur les forêts (AIF).

    Le Président de l'ECOSOC et représentant permanent de l'Autriche auprès de l'ONU a salué l'importance des travaux du Forum, qui est notamment parvenu à inclure la question des bienfaits multiples des forêts dans le cadre des discussions sur le programme de développement pour l'après-2015, censées aboutir à des objectifs de développement durable (ODD).

    M. Sadjik a rappelé l'importance du principe de complémentarité pour assurer la cohérence et les synergies dans le système de l'ECOSOC, notamment sur les aspects économiques, sociaux et environnementaux liés aux forêts. Le Forum, a-t-il noté, a ainsi contribué à mettre en avant la contribution des forêts au développement durable.

    Un Arrangement international sur les forêts renforcé au-delà de l'année 2015 permettrait au Forum de contribuer à la réalisation du développement durable, a-t-il ajouté, tout en « adressant un signal fort » quant à l'importance de valoriser les bienfaits des forêts au sein du programme de développement pour l'après-2015.

    « Vous vous rapprochez de la décision sur l'AIF après 2015 et êtes sur le point de façonner le futur cadre pour les quinze prochaines années », a rappelé M. Sadjik au participants du Forum. « Je me réjouis à l'avance du dialogue politique constructif et énergique sur l'intégration des forêts dans le programme de développement pour l'après-2015 et sur le renouvellement des engagements à la mise en œuvre de l'IAF après 2015 ».


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  • La honte

    Le président vient d’autoriser Shell à forer dans l’océan Arctique. Tollé chez les défenseurs de l’environnement, qui se sentent trahis.

    Par centaines, canoës et kayaks ont encerclé samedi 16 mai 2015 la plate-forme pétrolière de Shell, stationnée dans le port de Seattle en attendant son transfert en Alaska. Le slogan des militants, qui s’opposent aux projets de cette compagnie dans l’Arctique, est clair: «Shell No!» Ce jeu de mots transforme la locution anglaise Hell No! (qui en français se dit plutôt «Mon Dieu, non!») résonne au sein des mouvements de défense de l’environnement depuis que Barack Obama a autorisé la semaine dernière un forage dans l’Arctique. «Notre nourriture vient de cet océan!» s’insurge Mae Hank, militante d’une tribu indienne de l’Alaska. «Pourrions-nous forer dans votre jardin potager? Dans les prairies où paissent vos vaches? Non!»

    Contrairement à son prédécesseur George Bush qui ne se souciait guère du réchauffement climatique, Barack Obama souligne souvent le besoin de protéger la planète. Son budget pour 2016 investirait des milliards de dollars dans les énergies renouvelables et la création d’un fonds pour aider les Etats américains à réduire leurs émissions de gaz à effets de serre. Mais cela a peu de chances de passer la rampe dans un Sénat dominé par une majorité républicaine opposée aux régulations en matière d’émissions de CO2.

    Champion du pétrole

    Dans ce contexte de paralysie politique à Washington, la décision de Barack Obama d’autoriser les forages dans l’Arctique choque les environnementalistes. En l’occurrence, la compagnie anglo-néerlandaise avait investi 2,1 milliards de dollars dans des permis accordés par l’administration Bush et Barack Obama avait donc peu de marge de manœuvre. Il avait déjà autorisé l’exploitation de ces parcelles en 2012, puis fait marche arrière en 2013 à cause des problèmes de la compagnie.

    «Le mauvais bilan de Shell dans l’Arctique ne nous inspire guère confiance en sa capacité de forer en toute sécurité», réagit Michael Brune, président du Sierra Club, une organisation de défense de l’environnement aux Etats-Unis. En février, le Bureau de gestion de l’énergie provenant des océans, l’administration qui a donné le feu vert à Shell, avait reconnu qu’une marée noire avait 75% de chances de s’y produire dans les 77 prochaines années.

    Barack Obama a dû défendre la semaine passée sa politique environnementale de «transition». Sous sa présidence, les Etats-Unis sont en fait devenus le premier producteur mondial de pétrole et de gaz naturel, dépassant en 2012 la Russie. Ce boom et l’expansion du «fracking» (méthode d’extraction du pétrole et du gaz dangereuse pour l’environnement) remettent en question l’image d’un président pro-environnement.

    Fracking sans limites

    En avril, Barack Obama était dans la réserve naturelle des Everglades en Floride pour promouvoir sa lutte contre le réchauffement climatique. Les écologistes l’ont apostrophé, dénonçant le fracking autorisé sur des parcelles fédérales voisines des Everglades et la liberté totale laissée aux divers Etats (Dakota du Nord, Wyoming ou Colorado) qui délivrent à la pelle des permis de fracking. Enfin, ils attendent de pied ferme la décision de Barack Obama sur le projet de pipeline Keystone XL, méga-oléoduc censé traverser les Etats-Unis depuis le Canada.  


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  • Deux personnes ont été arrêtées au Vietnam en possession de 37 kilos de corne de rhinocéros d'une valeur estimée à près d'un million de dollars.

    Deux Vietnamiens ont été arrêtés dans le centre du pays en possession de corne de rhinocéros d'une valeur estimée à près d'un million de dollars, a rapporté ce lundi 11 mai la presse officielle.

    La police a intercepté les deux Vietnamiens samedi dans la province de Nghe An (centre) en possession de trois sacs contenant 31 morceaux de corne de rhinocéros pesant 37 kilos, selon le journal Nguoi Lao Dong.

    Ils ont déclaré à la police avoir été payés 40 millions de dongs (1800 dollars) pour les transporter depuis Ho Chi Minh-Ville (sud), a précisé le journal, sans donner plus de détails sur l'origine ou la destination finale de la marchandise.

    50 000 dollars le kilo

    Illégale mais très recherchée au Vietnam, la corne de rhinocéros se vendrait jusqu'à 50 000 dollars le kilogramme. Elle est très prisée en médecine traditionnelle en raison d'une croyance populaire qui lui accorde des bienfaits dans la guérison des cancers alors qu'elle n'a aucune valeur scientifique pour la médecine.

    Le commerce de corne de rhinocéros est interdit depuis 1977 par un traité international pour la protection de la faune (Cites). Sur le plan international, le Vietnam a été souvent accusé de ne pas lutter suffisamment contre un trafic qui conduit à l'abattage massif des rhinocéros en Afrique.


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  • L'UE autorise la commercialisation de 19 OGM

    Onze produits de la multinationale américaine Monsanto  figurent au nombre des OGM autorisés, a précisé vendredi 24 avril, la Commission européenne dans un communiqué. Il s'agit dans le détail de plusieurs variétés de soja, maïs, colza et coton.

     
     

    Les huit autres sont des produits de la firme américaine Dupont et des groupes allemands Bayer et BASF. Dix-sept de ces OGM sont destinés à l'alimentation animale et humaine, deux sont des fleurs coupées.

    Ces autorisations «étaient en suspens», car les États membres ne sont pas parvenus à constituer une majorité pour ou contre leur commercialisation. L'autorisation est immédiate et vaut pour dix ans.

    Interdiction possible

    Toutefois si les gouvernements européens approuvent la réforme présentée mercredi, ils pourront interdire l'utilisation des OGM sur leur territoire.

    Dans le cas contraire, les règles applicables seront celles qui ont conduit la Commission européenne à autoriser la commercialisation des OGM ne présentant aucun risque pour la santé animale et humaine dans l'ensemble de l'UE, solution réclamée par les grands groupes.

    Greenpeace a accusé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, «de ne pas avoir l'intention de rapprocher l'Europe des citoyens, comme il l'a promis, et d'agir en faveur des intérêts des Etats-Unis et de Monsanto».


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  • Une réunion visant à aider les polices d’Asie à lutter contre le trafic de bois se tient depuis lundi 29 avril en Indonésie. Un premier projet mené en Amérique latine a donné de bons résultats.

    En août 2012, Interpol réunissait à Manaus, au cœur de l’Amazonie brésilienne, les responsables des unités de police de 12 pays latino-américains spécialisées dans la protection de l’environnement. La police internationale basée à Lyon lançait alors l’opération Leaf, première action internationale concertée contre la coupe et le commerce illégal de bois.

    « Chacun est rentré chez soi, et nous avons commencé à planifier une opération commune », explique le capitaine Marcelo Valladolid, chef de l’unité de la police équatorienne de l’environnement de Quito. « Coordinateur pour l’Équateur, j’ai formé mon personnel et nous avons fait le point des endroits les plus sensibles en ce qui concerne la déforestation et le trafic de bois précieux. » Fin 2012, l’opération est lancée, du Honduras à la République dominicaine, du Brésil à la Colombie. Chacun agit chez soi, mais de façon simultanée pour envoyer un message aux trafiquants.

    Des gardes forestiers démunis face aux trafiquants

    En deux mois, plus de 50 000 m3 de bois sont saisis, l’équivalent de 2 000 camions, d’une valeur de 6 millions d’euros et 194 personnes sont arrêtées. En Équateur, « nous avons capturé 142 véhicules et camions, plus de 1 670 m3 de bois précieux », résume le capitaine Valladolid.

    Un premier bilan intéressant, mais loin d’être suffisant pour le botaniste Blastimil Zak, de l’université San Francisco de Quito. « Le trafic de bois passe par les routes secondaires, les chemins mal entretenus où il n’y a pas de contrôle, ni de la police de l’environnement ni des militaires. » Blastimil Zak sait de quoi il parle. Il a un terrain près « de l’ancienne route qui relie Quito à Santo Domingo via Chiriboga », sur lequel il voit passer les trafiquants. « Ils sont bien armés. Quand les gardes forestiers les croisent, au contrôle de Lita, tout ce qu’ils peuvent dire c’est  “passez !” »

    Autre problème, « des mécanismes permettent de légaliser le bois coupé sans autorisation officielle », regrette Eduardo Pichilingue, spécialiste des Indiens en isolement volontaire, les premières victimes des trafiquants de bois. « Un propriétaire a le droit de défricher son terrain, mais son permis sert souvent au transport de bois coupé ailleurs sans autorisation. »

    Réduire la consommation de bois précieux

    Les bénéfices du trafic sont considérables, note Interpol. Au Liberia par exemple, du bois payé de 1,5 à 2,3 € le mètre cube peut être revendu jusqu’à 150 €. De 15 à 30 % du bois vendu sur le marché international ont été coupés illégalement. Pour Maria Belén Paez, présidente de la Fondation Pachamama, « il faut avant tout que le consommateur de bois précieux réduise ses achats. Le trafic a une racine principale : un marché mondial d’usagers qui veulent des bois fins chez eux, au bureau ou dans leurs entreprises. »

    Pourtant, des signes d’espoir sont apparus. En mars dernier, les États présents à la conférence de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages (CITES) ont placé des dizaines d’espèces de bois tropicaux sur l’annexe II de la convention. Cela permettra une protection accrue pour les bois ligneux et palissandres utilisés dans l’industrie du meuble. L’Union européenne a également adopté une nouvelle législation qui oblige les négociants à vérifier la légalité de leurs importations au lieu de croire ou faire semblant de croire leurs fournisseurs locaux.

    En attendant les effets de ces décisions, Interpol n’a pas l’intention de relâcher ses efforts. L’opération Lead servira de base « à de futures actions plus dures », promet Davyth Stewart, responsable du projet Leaf (Law Enforcement Assistance for Forests). En attendant l’Afrique en 2014, Interpol réunit les polices d’Indonésie, Malaisie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Japon et Chine, à Djakarta depuis hier.

     


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  • Nouveau revers pour le Japon dans la chasse à la baleine

    Le programme du Japon afin de poursuivre en Antarctique la chasse à la baleine pour des raisons scientifiques a été mis en cause ce lundi 13 avril 2015 par un panel d'experts.

    La Commission internationale baleinière (CIB) demande plus d'informations à Tokyo. Cette prise de position représente un nouveau revers pour le Japon, dont le programme de recherche avait déjà été contesté l'année dernière par la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par l'Australie.

     
     

    Les experts estiment que le Japon doit fournir plus d'analyses et plus d'arguments pour justifier son programme de chasse à la baleine pour des raisons scientifiques.

    333 baleines au lieu de 900

    Tokyo a soumis l'objectif de 333 baleines de Minke pour ses chasses futures en Antarctique, loin des 900 d'un précédent programme. Le Japon estime que la population mondiale des baleines, particulièrement les baleines de Minke, est assez important pour supporter cet objectif. Le Japon affirme entre autres que son programme permettra une meilleure compréhension des écosystèmes marins de l'Antarctique.

    La CIJ a déjà estimé en mars 2014 que le Japon avait une interprétation abusive d'une exemption scientifique prévue par le moratoire de 1986 sur la chasse à la baleine. La CIJ avait conclu que le Japon poursuivait des objectifs commerciaux sous des prétextes scientifiques.

    Un programme «raisonnable»?

    Après ce verdict, le Japon avait dû renoncer pour la saison 2014-2015 à prendre la mer, avec harpons, en Antarctique. En réponse aux experts, le Japon s'est engagé à fournir davantage d'informations pour montrer que son programme est raisonnable. Certaines informations comme l'âge des baleines ne peuvent être disponibles qu'après leur capture, fait valoir l'archipel.

    Le Japon a tué 251 baleines de Minke en Antarctique pendant la saison 2013-14, bien loin de ses objectifs de départ en raison des actions d'une ONG pro-environnement, Sea Shepherd. La Norvège est, avec l'Islande, le seul pays au monde à autoriser la chasse à la baleine, harponnant plusieurs centaines de cétacés chaque année.

     


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  • Doha : l'ONU souligne la gravité de la criminalité liée aux espèces sauvages qui génère d'énormes profits

    13 avril 2015 – Alors que la criminalité liée aux espèces sauvages est une industrie en croissance rapide, générant d'énormes profits pour les réseaux criminels, des responsables de haut niveau des Nations Unies ont souligné lundi à Doha, au Qatar, la gravité de ce fléau qui alimente la violence, corrompt les chaînes d'approvisionnement et fragilise l'état de droit.

    « La criminalité liée à la faune et à la flore sauvages a des implications très importantes. Elle a le potentiel non seulement de ravager l'environnement mais aussi de saper le bien-être social, politique et économique des sociétés, tout en générant des milliards de dollars pour des gangs criminels et en soutenant leurs activités illicites », a déclaré le Président de l'Assemblée générale des Nations Unies, Sam Kutesa, lors d'une réunion de haut niveau dans le cadre du 13ème Congrès des Nations Unies contre le crime, qui a ouvert dimanche.

    La criminalité liée aux espèces sauvages comprend la prise, le commerce, l'importation, l'exportation, le traitement, la possession, l'obtention et la consommation de la flore et de la faune (animaux, oiseaux, poissons, plantes et arbres) en violation du droit national et international.

    L'impact de cette criminalité est mondial, mais il est particulièrement aigu dans les pays en développement où des gouvernements manquant de ressources n'ont souvent pas la capacité de réglementer l'exploitation de leurs ressources naturelles.

    En 2013, quelque 20.000 éléphants d'Afrique ont été abattus. La même année, plus de 1.000 rhinocéros ont été tués sur le continent.

    La valeur totale du commerce illégal de produits à base de bois, généralement en provenance de l'Asie orientale et du Pacifique, représente environ 17 milliards de dollars.

    « Pour la première fois, nous avons l'occasion d'attirer l'attention de ce Congrès sur la nécessité de traiter la criminalité liée aux espèces sauvages comme un crime grave », a déclaré le Secrétaire général de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), John Scanlon.

    « C'est parce que l'ampleur et la nature du commerce illégal d'espèces sauvages ont changé au cours des dernières années que la riposte mondiale doit aussi changer. Il y a une riposte, mais il faut clairement faire plus », a-t-il ajouté.

    Selon M. Scanlon, le commerce illégal des espèces sauvages n'est pas du braconnage local de subsistance. « Aujourd'hui, nous sommes confrontés à des gangs criminels organisés transnationaux et dans certains cas à des milices rebelles et à des éléments incontrôlés de l'armée. Ils sont à l'origine d'un braconnage et d'un commerce illicite d'ampleur industriel pour des marchés à l'étranger. Cela a changé la dynamique de la lutte contre cette activité criminelle destructrice, en particulier en ce qui concerne certains animaux, tel que l'éléphant d'Afrique, et la flore de grande valeur, tel que le bois de rose. Mais elle menace aussi de nombreuses espèces moins connues, comme le pangolin », a-t-il ajouté.

    Le Directeur exécutif de l'Organisation des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, a regretté que « l'insuffisance des cadres législatifs reste beaucoup trop courante ».

    Selon lui, présenter des affaires criminelles liées aux espèces sauvages devant les tribunaux est un défi, et ce travail difficile est trop facilement défait lorsque les dossiers sont mal préparés et les enquêtes faibles. « Même quand les trafiquants sont poursuivis avec succès, les peines infligées sont souvent inadéquates - de petites amendes, une peine de prison de quelques mois ou une peine de prison avec sursis », a-t-il souligné.

    Tous les pays « doivent traiter la criminalité liée à la faune et à la flore sauvages comme une infraction pénale grave », a-t-il ajouté. « En garantissant une peine de quatre ans ou une peine plus grave, nous pouvons faire en sorte que les sanctions soient proportionnées et puissent avoir un effet dissuasif ».

    Il a estimé qu'il fallait appliquer les techniques connues pour leur efficacité dans la lutte contre les réseaux du crime organisé en général : partager le renseignement et mener des opérations d'infiltration, s'intéresser aux risques de corruption, remonter les circuits d'argent et traquer les marchandises illégales jusqu'à leur destination.

    « Enfin, nous devons faire du développement de moyens de subsistance alternatifs une priorité, afin de soutenir les communautés dans certains pays les plus touchés par ce crime. En bref, il faut une approche équilibrée, luttant contre l'offre et la demande, dans un esprit de responsabilité partagée », a-t-il ajouté.


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