• Fin des audiences au procès des khmers rouges, jugement en 2014

    Fin des audiences au procès des khmers rouges Khieu Samphan et Nuon Chea, avant un jugement en 2014

    Fin des audiences au procès des khmers rouges Khieu Samphan et Nuon Chea, avant un jugement en 2014

    31 octobre 2013 – Au terme des 10 journées d'audiences, la Chambre de première instance des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) a clôturé les débats du premier procès de Khieu Samphan et Nuon Chea.

    « La Chambre se retire maintenant pour délibérer et un jugement sera prononcé durant la première moitié de 2014 », précise un communiqué de presse

    Le public a manifesté un intérêt sans précédent pour ce procès, plus de 100.000 personnes ayant assisté aux 222 jours d'audience, qui se sont achevées par les réquisitions et plaidoiries finales.

    Khieu Samphan est l'ancien chef d'État du Kampuchéa démocratique et Nuon Chea l'ancien secrétaire-adjoint du Parti communiste du Kampuchéa.

    Généralement considérés comme les numéros 1 et 2 du régime khmer rouge, ils sont inculpés de crimes contre l'humanité pour leur rôle dans l'évacuation forcée de Phnom Penh en avril 1975 et les déplacements de populations qui ont suivi, ainsi que dans les exécutions alléguées de soldats de la République khmère à Toul Po Chrey.

    Quatre-vingt-dix-neuf personnes ont déposé à l'audience, dont trois témoins-experts, 53 témoins, cinq témoins de personnalité et 31 parties civiles, auxquels s'ajoutent 2 médecins traitants et 2 médecins experts qui ont donné leurs avis sur la santé des accusés, précise le communiqué

    La Chambre a également entendu des dépositions concernant le contexte historique et la formation du régime khmer rouge, les rôles des accusés au sein de ce gouvernement et les structures administratives et de communication au sein de ce régime.

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    Au Cambodge, les derniers dirigeants khmers rouges plaident non coupables

    À la clôture de la première phase de leur procès à Phnom Penh, Nuon Chea et Khieu Samphan ont cherché à minimiser leur rôle sous le régime révolutionnaire (1975-1979) des Khmers rouges.

    Nuon Chea a présenté ses excuses. Pour le reste, il n’a pas varié d’un iota. Les auditions de 57 témoins et 32 parties civiles pendant deux années de procès ne semblent avoir eu aucun effet sur l’ancien idéologue et numéro deux du régime khmer rouge, jugé en même temps que Khieu Samphan, l’ancien chef de l’État entre 1976 et 1979. Assis dans son fauteuil roulant à la barre, il a débité, jeudi 31 octobre, sa version de l’histoire comme à l’ouverture de la procédure publique en 2011, utilisant parfois les mêmes expressions.

    Les exécutions de soldats de l’ancien régime dès le 17 avril 1975, quand les Khmers rouges prennent le pouvoir à Phnom Penh ? Il n’en avait « pas connaissance ». Il s’agissait de la « vengeance » de « cadres d’échelon inférieur », a précisé l’ancien dirigeant khmer rouge, aujourd’hui âgé de 87 ans. Le témoignage accablant d’un de ses subordonnés ? « Il est en colère, il essaie de m’impliquer », a justifié Nuon Chea, sans jamais lever les yeux de son texte. Les meurtres et la famine ? « C’est le Vietnam qui a tué et affamé », a-t-il osé accuser.

    La faute aux autres

    Pendant une heure et demie, Nuon Chea a rejeté la faute sur tous, les Américains impérialistes, les Français colonisateurs et ses camarades de révolution décédés. Il n’a reconnu qu’une seule erreur, avoir recruté « des cadres qui ont trahi le parti communiste cambodgien ».

    Nuon Chea et Khieu Samphan, 82 ans, sont accusés de crimes contre l’humanité pour avoir dirigé deux vagues d’évacuations forcées de population, en 1975 et 1976, et planifié les exécutions de militaires de l’ancien régime. Jeudi 31 octobre, les cinq magistrats cambodgiens, français et néo-zélandais du tribunal de Phnom Penh se sont retirés en délibéré. Ils rendront leur verdict l’an prochain.

    Le 21 octobre, le procureur a requis à l’encontre de ces deux dirigeants khmers rouges la peine maximale, la réclusion à perpétuité. Ce jour-là, Nuon Chea n’est apparu qu’un quart d’heure dans le prétoire, préférant se retirer dans une cellule plus confortable en sous-sol, en raison de son état de santé.

    Impassible face aux accusations

    Alors que l’accusation formulait son réquisitoire, Khieu Samphan est resté impassible, occupé à ranger ses stylos et ses notes. Les avocats français de ce docteur en économie formé à Paris ont essayé de faire planer le doute sur ses responsabilités à l’époque. Ils l’ont décrit comme un simple « conseiller technique ». Il n’aurait pas pris part à la décision du second transfert forcé de population puisqu’il était vraisemblablement à l’étranger à ce moment-là.

    Pendant tout le déroulé de cette argumentation, Khieu Samphan a semblé absent, les yeux mi-clos, la tête appuyée sur son poing. C’est lui qui a pris la parole en dernier, jeudi 31 octobre, avant que le rideau ne se referme sur le prétoire. Il avait promis de s’expliquer devant ses compatriotes. Il ne l’a pas fait. « Personne ne veut m’écouter, a-t-il lancé à la barre. Je ne veux pas stupidement essayer de convaincre. » 

    Lui aussi n’a admis qu’un seul tort : ne pas avoir recherché à acquérir plus de pouvoir, ce qui aurait pu lui permettre de découvrir les crimes de masse et d’intervenir.

    Mise en doute de l’équité du procès

    Pendant quatre jours de plaidoiries, les avocats de ces deux vieillards ont cherché à discréditer la juridiction hybride, mi-cambodgienne mi-internationale, installée à Phnom Penh. Elle n’a pas réussi à entendre six témoins proches du gouvernement actuel, dont le premier ministre Hun Sen, le président du Sénat et celui de l’Assemblée nationale, tous les trois d’anciens Khmers rouges. Ils n’ont pas répondu à leurs convocations à l’instruction.

    Victor Koppe, le conseil néerlandais de Nuon Chea, a mis en doute le caractère « équitable » du procès dans ces conditions. Il a décrit un tribunal prisonnier des intérêts des vainqueurs, des États-Unis et de leurs alliés, qui veulent « punir le communisme pour les absoudre des crimes qu’ils ont commis au nom du monde libre ».

    Entre 1965 et 1973, en pleine guerre froide, les États-Unis ont déversé sur le Cambodge des centaines de milliers de tonnes de bombes pour contenir la progression des communistes vietnamiens infiltrés dans le pays. La défense ne s’est pas privée de le rappeler, comme pour signifier au public et à l’histoire, bien au-delà des oreilles des juges, que les Khmers rouges n’auraient pas dû être les seuls dans le box à Phnom Penh.

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    L’histoire du Cambodge

    Avant le XIXe  siècle, le Cambodge connaît des phases de gloire avec l’empire khmer et de déclin, notamment du fait des conflits avec les Vietnamiens et Siamois.

    1863 Le Cambodge devient un protectorat français.

    1953 Le roi Norodom Sihanouk proclame l’indépendance.

    1970 Sihanouk est déposé par le général Lon Nol. Proclamation de la République khmère et engagement dans la guerre du Vietnam aux côtés des Américains.

    1975 Les Khmers rouges prennent le contrôle du pays. Le régime totalitaire fait de un à trois millions de morts.

    1979 L’armée vietnamienne chasse les Khmers rouges et met en place un gouvernement qui lui est favorable.

    1989 Les forces vietnamiennes se retirent.

    1993 Sihanouk est élu chef de l’État. La monarchie parlementaire a deux premiers ministres : Norodom Ranariddh (fils du prince Sihanouk) et Hun Sen.

    1997 Début de guerre civile et éviction de Norodom Ranariddh.

    1998 Mort de Pol Pot, l’ancien chef khmer rouge. Hun Sen devient premier ministre.

    2004 Norodom Sihanouk abdique au profit de son fils Norodom Sihamoni.

    2008 et 2013 Victoire du Parti populaire du Cambodge aux élections législatives. Hun Sen reste premier ministre.

     


  • Commentaires

    1
    Lucile ...
    Lundi 4 Novembre 2013 à 09:42

    Souhaitons un jugement et une sentence en fonction des crimes commis !!!! Existe-t-il la peine de mort au Cambodge ???????

    2
    Mardi 5 Novembre 2013 à 09:49

    Ils peuvent être condamnés à perpétuité au maximum par ce tribunal mais quand on a plus de 80 ans, c'est un peu dérisoire, il me semble

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