• Une nouvelle politique de défense pour le Japon

    Le Japon met en application à partir de ce mardi 29 mars 2016, une nouvelle politique de défense, approuvée par le Parlement japonais en septembre 2015 malgré une importante contestation populaire. Au lendemain du vote, l'Eglise se prononçait contre cette loi «inacceptable».

    Un acte « absolument inacceptable » : c'est ainsi que la Commission épiscopale Justice et Paix de l'Église japonaise a défini la décision du Parlement national d'approuver une nouvelle loi sur la sécurité. Selon l'agence Fides, ce projet a été adopté vendredi et il est promu par le gouvernement de Shinzo Abe. Il permet au pays d'engager ses propres forces armées dans des missions militaires à l'étranger, marquant ainsi un changement d'époque pour la Constitution japonaise, qui jusqu'à présent interdisait expréssément l'utilisation des forces armées à l'extérieur des frontières nationales.

    Les évêques japonais n'acceptent donc pas « qu'un exécutif décide de mettre en acte une réinterprétation qui va contre un principe fondamental de la Constitution », en particulier l'article 9 qui impose au Japon de ne pas maintenir une armée d'agression, mais seulement des "forces d'autodéfense". La Commission Justice et Paix défend le principe du « renoncement à la guerre », un choix fondamental opéré il y a 70 ans. Grâce à ce choix, rappellent les évêques, « le Japon n'a pas causé de morts en guerre, ni parmi les Japonais ni parmi les étrangers, au cours de ces annèes, alors que la communauté internationale a subi d'incessants conflits armés. »

    Avec cette nouvelle loi, par contre, le pays pourrait participer à des missions de l'Onu qui préviennent l'intervention armée, fournir des supports logistiques et militaires aux États-Unis et à d'autres nations alliées, comme pour participer aux opérations antiterroristes internationales, ou intervenir directement en cas de crise militaire de la Corée du Nord. Au cours des mois écoulés, des manifestations ont eu lieu pour protester contre cette nouvelle loi et défendre l'article 9 de la Constitution.

    Des manifestations se sont multipliées pour protester contre un texte jugé anti-constitutionnel.Pour faire passer ces textes, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, s'est en effet appuyé sur une réinterprétation de la Constitution qui interdisait jusqu'alors expréssément l'utilisation des forces armées à l'extérieur des frontières nationales.

    Or, cette nouvelle politique de défense appelée «l'autodéfense collective», donne la possibilité aux soldats japonais d'appuyer un allié, comme l'Onu ou les Etats-Unis, dans un conflit à l'étranger. Une nouveauté puisque depuis 70 ans le Japon appliquait une politique pacifiste.

    L’objectif principal de ces lois, explique les autorités japonaises, est d’apporter protection et sécurité à la population japonaise. Le Japon se dit menacé par des tensions de plus en plus fortes avec ses voisins chinois et nord-coréen.


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  • L'Arabie saoudite a annoncé vendredi 19 février 2016 avoir interrompu son aide de trois milliards de dollars à l'armée libanaise pour protester contre les prises de position hostiles, inspirées selon elle par le mouvement chiite Hezbollah.

    Le Hezbollah combat en Syrie aux côtés du régime de Bachar al-Assad alors que l'Arabie saoudite soutient les groupes rebelles opposés à Damas.

    Dans un communiqué, le Premier ministre libanais Tammam Salam a déploré cette décision surprenante, demandant à Ryad de reconsidérer sa décision.

    A la lumière des positions prises par le Hezbollah, le royaume a procédé à une évaluation de ses relations avec le Liban, a indiqué un porte-parole officiel saoudien à l'agence officielle SPA, avant d'annoncer la décision d'interrompre l'aide de trois milliards de dollars et de suspendre le reste d'un financement d'un milliard destiné aux forces de sécurité libanaises.

    Le porte-parole a souligné que l'Arabie saoudite avait constaté des positions libanaises hostiles résultant de la mainmise du Hezbollah sur l'Etat en dépit de la volonté de Ryad de venir en aide aux Libanais, sans distinction.

    Il a cité en particulier le fait que le Liban n'ait pas condamné les agressions contre les représentations diplomatiques saoudiennes en Iran au sein de la Ligue arabe et de l'Organisation de la coopération islamique (OCI).

    L'ambassade d'Arabie saoudite à Téhéran et son consulat à Mechaad ont été attaqués par des manifestants iraniens après l'exécution du dissident chiite saoudien Nimr al-Nimr, début janvier, poussant Ryad à rompre ses relations diplomatiques avec l'Iran.

    Le porte-parole a également déploré les campagnes politiques et de presse inspirées par le Hezbollah contre l'Arabie saoudite et ses actes terroristes contre les nations arabe et musulmane.

    Une source militaire libanaise a indiqué à l'AFP que le commandement de l'armée n'avait pas été informé de la décision de Ryad.

    Le Hezbollah a estimé dans un communiqué que l'Arabie saoudite avait pris cette décision en raison des dépenses engendrées par la guerre au Yémen, où Ryad conduit depuis une coalition contre les rebelles chiites Houthis.

    - 'Crise financière' -

    Le monde entier (...) sait très bien que l'Arabie saoudite souffre d'une sérieuse crise financière, indique le mouvement.

    Mardi, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah s'était livré à une violente diatribe contre l'Arabie saoudite ainsi que la Turquie, les accusant d'entraîner la région dans la guerre, en voulant intervenir en Syrie.

    La scène politique libanaise est divisée entre un bloc mené par le Hezbollah et celui de l'ex-Premier ministre sunnite Saad Hariri, appuyé par les Etats-Unis et l'Arabie saoudite. Leurs divisions ont été exacerbées par la guerre en Syrie voisine.

    Les Libanais ont appris avec regret la décision saoudienne, a pour sa part réagi M. Hariri.

    Les Emirats arabes unis, alliés de Ryad, soutiennent l'interruption de l'aide, a indiqué le ministère des Affaires étrangères cité par l'agence officielle WAM.

    Le programme d'aide saoudien à l'armée libanaise prévoit la livraison de différents types d'armement en provenance de la France.

    Certains équipements ont été livrés et une deuxième livraison était prévue au printemps 2016.

    La première livraison de ce très gros contrat de 2,2 milliards d'euros, destiné à moderniser l'armée libanaise, est intervenue en avril 2015. La France avait alors livré 48 missiles antichar Milan.

    Une série d'autres équipements, dont des véhicules blindés, devaient être initialement livrés en 2015 mais ce calendrier n'a pas été tenu.

    Au total, 250 véhicules de combat ou de transport de troupes, sept hélicoptères Cougar, trois corvettes, des moyens modernes d'artillerie comme le canon CAESAR, et de multiples équipements de reconnaissance, interception et communication doivent être livrés dans les prochaines années, selon le schéma présenté en 2015.


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  • L'armée est en mauvais état, selon ses chefs

    Elle serait affaiblie par des années de ressources budgétaires insuffisantes et plus de deux décennies de conflits.

    Des chefs militaires américains ont décrit mardi devant le Congrès une armée américaine dans un état médiocre, affaiblie par des années de ressources budgétaires insuffisantes et plus de deux décennies de conflits.

    Ces responsables ont déjà convaincu le président américain Donald Trump, qui a promis de «reconstruire» l'armée en augmentant ses moyens, après les années Barack Obama de baisse de dépenses militaires. Mais ils doivent également convaincre le Congrès, qui tient in fine les cordons de la bourse.

    Le général Stephen Wilson, le numéro 2 de l'US Air Force, a décrit l'aviation américaine et ses 311'000 militaires comme «la plus petite, la plus ancienne et la moins opérationnelle de notre histoire», en allusion aux effectifs, à l'âge moyen des équipements et au taux de disponibilité des appareils.

    Retard de dépenses d'entretien

    Les pilotes de combat américains «font en moyenne 10 sorties et 14 heures de vol par mois et c'est trop peu», a-t-il dit à la commission des forces armées de la chambre des représentants.

    «Nos avions de combat Hornet étaient prévus initialement pour voler 6000 heures et nous sommes en train de les pousser vers les 8-9000 heures», a affirmé de son côté l'amiral Bill Moran, le numéro 2 de la marine. «Dans une journée typique de la marine, autour de 25 à 30% de nos avions sont en révision ou en maintenance», a-t-il déploré.

    «Nous avons un retard de plus de 9 milliards de dollars de dépense d'entretien de nos infrastructures», a expliqué de son côté le général Glenn Walters, le numéro 2 des Marines.

    Les militaires américains ne font pas que réclamer des fonds supplémentaires, ils savent aussi où économiser.

    Pour la fermeture de bases

    L'armée de terre comme l'US Air Force sont partisans d'une nouvelle série de fermetures de bases jugées inutiles à travers les Etats-Unis, refusée jusqu'à présent par les parlementaires, ont-ils rappelé au Congrès. «Nous pensons que nous avons 25% de capacités excédentaires dans nos bases», a souligné le général Wilson.

    Profitant des retraits de troupes américaines d'Irak et d'Afghanistan, l'administration Obama avait réduit les dépenses. A 3,3% du PIB, soit près de 600 milliards de dollars, celles-ci restent toutefois de loin les plus importantes du monde.

    Le nouveau secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a déjà demandé à ses services de préparer un amendement au budget 2017 en cours d'exécution pour augmenter les dépenses pour la Défense.

    «Vous allez avoir plein d'équipement. Croyez-moi», a dit lundi Donald Trump aux militaires du commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).  


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  • Le Pentagone forcé de publier des photos de torture

    L'armée va devoir diffuser 198 images inédites de détenus maltraités prises en Irak et en Afghanistan.

    Après douze ans de bataille politique et juridique, le Pentagone va finalement diffuser des photos qui n'avaient jusqu'alors jamais été publiées et montrent les sévices subis par des détenus en Irak et en Afghanistan au début de la décennie 2000, a indiqué mercredi une ONG américaine. L'association de défense des libertés civiles Aclu a annoncé que 198 de ces photos devraient être publiées d'ici vendredi par le Pentagone.

    Depuis 2004, l'Aclu cherche à obtenir devant la justice la publication de 2000 photos montrant les sévices subis par les prisonniers, en application d'une loi sur la liberté d'informer. Mais l'Aclu s'est heurtée aux secrétaires à la Défense successifs, qui craignaient que ces photos très choquantes n'attisent la haine contre les soldats américains.

    En 2009, le Congrès a adopté une loi permettant au secrétaire à la Défense de bloquer leur diffusion, s'il estime que cela menace la sécurité d'Américains. Le déblocage s'est produit en novembre 2015, lorsque l'actuel secrétaire à la Défense Ashton Carter a décidé de lever son veto pour 198 photos.

    «Nous ne savons pas ce qu'elles représentent, mais ce doit être relativement modéré puisque que le gouvernement a accepté de les rendre publiques», a indiqué Josh Bell, un porte-parole de l'Aclu.

    «Nous continuons nos procédures judiciaires pour obtenir la publication des (1800) photos restantes, qui (...) sont celles qui montrent jusqu'où les sévices ont été», a-t-il dit. Les documents doivent être mis en ligne sur le site http://www.dod.mil/pubs/foi/ d'ici vendredi, selon l'Aclu.

    Selon l'Aclu, les photos pourraient notamment contenir des images prises dans la célèbre prison d'Abou Ghraib. En 2004, la publication par plusieurs médias de photos des sévices dans la prison irakienne avait provoqué un scandale international.

    Plusieurs militaires américains avaient été condamnés en cour martiale suite à ces révélations, dont Lynndie England, rendue célèbre pour des images la montrant devant des détenus entravés, menacés par des chiens ou empilés comme des objets.

    Elle avait été condamnée à trois ans de prison et radiée de l'armée.

     


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  • Déclaré inapte au service pour cause de véganisme

    Antoni Da Campo, végane, a été réformé pour «raisons logistiques». Il a déposé un recours

    Certains n’hésitent pas à brandir leur déséquilibre psychique plus ou moins avéré ou leurs pieds plats pour être mis au ban de l’armée suisse. Antoni Da Campo, 19 ans, est au contraire très motivé à faire son service militaire: «Je vois ça comme une expérience qui pourra m’apporter beaucoup», explique le stagiaire employé de commerce valaisan.

    Seulement voilà, Antoni est végane, forme idéale du végétalisme, qui bannit tout produit de provenance animale. Mi-décembre, le médecin militaire du centre de recrutement de la Blécherette, à Lausanne, qui décide de l’aptitude ou non de tous les jeunes Romands au service militaire ou à la protection civile, a tamponné le mot «inapte» sur son livret de service. Son régime alimentaire strict (outre la viande et le poisson, les végétaliens ne consomment ni produits laitiers, ni œufs, ni miel, ni gélatine…) n’a pas empêché de le déclarer apte dans un premier temps. C’est son refus de porter des bottes de combat en cuir qui a conduit à cette éviction.

    Jugeant cette décision injuste, le jeune homme a déposé un recours (lire ci-contre). «Le nombre de végétaliens augmente continuellement en Suisse, rapporte-t-il. Ce qui me heurte, c’est que les institutions ne prennent pas en compte l’évolution de la société.»

    Directive de 2008

    En fait, l’armée suisse est consciente de cette évolution. La décision du médecin du recrutement est motivée par une directive des Affaires sanitaires entrée en vigueur en juin 2008. Publiée dans le Bulletin des médecins suisses, cette révision de la Nosologia Militaris de 1999, adaptée «aux nouveaux besoins de l’armée», recommande de déclarer inaptes au service militaire et à la protection civile «les végétaliens qui pratiquent de manière avérée ce mode d’alimentation depuis longtemps». Jusque-là, ils étaient absents de cette directive. Quant aux véganes, ils n’y figurent pas.

    Porte-parole à la Base logistique de l’armée (BLA), dont dépendent les Affaires sanitaires, Gabriela Zimmer explique que les traitements spéciaux, que ce soit alimentaire ou vestimentaire/matériel, ne peuvent pas être concédés. «Le service est une communauté d’intérêts», justifie-t-elle. Seules de légères adaptations sont possibles pour des raisons médicales (intolérance au lactose, au gluten) ou religieuses (refus de manger du porc). «Comme les végétariens, ces personnes peuvent mettre une partie du menu de côté et compenser par une au­tre.» En bref, si le végétalien est prêt à faire des compromis, il peut être déclaré apte. Si en revanche il veut suivre un régime strict, il est inapte, aussi bien au service militaire qu’à la protection civile.

    Application floue

    Si la directive semble claire, son application reste floue. Lors de son recrutement à la Blécherette, Antoni Da Campo a d’abord été déclaré apte, malgré son régime spécial et sans compromis. Il a même obtenu que, durant les deux jours de recrutement, on lui prépare des menus végétaliens. Le centre de recrutement lui a également assuré que les végétaliens étaient «bel et bien acceptés dans l’armée suisse», sur présentation d’un certificat médical attestant de leur bonne santé.

    C’est au moment d’aller chercher ses bottes de combat, seul élément de matériel distribué à cette étape pour permettre au futur soldat de les former, que les choses se sont compliquées. «Comme je refuse de porter du cuir, j’ai dû retourner auprès du médecin pour qu’il tamponne mon autorisation d’acquérir des bottes en simili, explique Antoni. Après un téléphone à ses supérieurs, il m’a dit que j’étais «doublement inapte», pour cause de logistique alimentaire et vestimentaire.»

    C’est donc la botte qui a fait déborder le vase, alors même que le règlement prévoit la possibilité d’acheter des Kampfstiefel spéciales pour des raisons médicales (remboursées) ou par choix personnel (à la charge de la recrue dans ce cas).

    «L’armée vit de l’efficacité de grandes unités, elle ne peut pas s’adapter à chaque individu»

    Cette inaptitude «logistique», Caspar Zimmermann, adjoint à la porte-parole de la BLA, la justifie ainsi: «Attention, nous ne disons pas que le végétalien n’est pas capable de faire son service militaire. Mais l’armée vit de l’efficacité de grandes unités, elle ne peut pas s’adapter à chaque individu.» De plus, «il n’existe pas de droit à faire le service militaire», conclut le porte-parole, mais un devoir de le faire ou alors de s’acquitter de la taxe militaire (400 francs ou 3% du revenu imposable à l’IFD jusqu’à 30 ans). C’est ce qu’Antoni Da Campo a du mal à avaler.

    Vers une jurisprudence?

    La tête sur les épaules, le jeune homme le scande: son choix, depuis le 1er janvier 2015, de ne plus consommer ou porter de produits à base animale n’est pas une lubie de Nouvel-An, mais de réelles convictions philosophiques. «J’ai pris conscience, en m’informant, que l’asservissement d’êtres doués de vie mentale pose non seulement un problème éthique, mais aussi environnemental, social et sanitaire.» Il va plus loin: et si on mettait toutes les recrues au régime végane?

    Le discours est rodé. Le jeune homme a récemment adhéré à l’Association pour l’égalité animale (PEA). «Je suis un militant débutant, sourit-il. Ce recours est un combat personnel, mais que je veux mener aussi pour la cause végane. Si une décision me concernant pouvait faire jurisprudence, ce serait une victoire pour tous ceux qui luttent pour les droits des animaux.»

    L’histoire d’Antoni Da Campo raconte également beaucoup sur l’évolution de la grande muette: en 2014, 38,4% des appelés étaient déclarés inaptes au service militaire, pour des raisons très variables. Il y a fort à parier que le véganisme est plus efficace encore que les pieds plats pour échapper à la semaine de survie…

    Que dit le droit?

    Les nouvelles directives pour l’appréciation de l’aptitude au service des conscrits et des militaires sont entrées  en vigueur le 1er juin 2008. Parmi les nouveautés, on y apprend que les patients guéris d’une hépatite A sont aptes au?service militaire, mais pas dans les troupes sanitaires ou de sauvetage. Les militaires instruits séropositifs et sous traitement médical sont nouvellement déclarés inaptes au service. De nouvelles directives moins restrictives ont été émises concernant les troubles hyperactifs (TDAH): celui qui veut absolument faire son armée pourra présenter un certificat médical attestant de ses capacités, mais sera déclaré inapte au tir et devra renoncer à la fonction de chauffeur. Le somnambulisme, autrefois rédhibitoire, n’engendre aujourd’hui qu’une recommandation à être déclaré inapte. L’insuffisance coronaire ou l’hypertension artérielle mènent à une inaptitude impérative, tout comme le psoriasis de grande ampleur ou l’intolérance prononcée
    à certains médicaments ou aliments.

    Le recours déposé par Antoni Da Campo mise sur plusieurs tableaux. D’abord, il estime qu’il y a violation de l’ordonnance concernant l’appréciation médicale de l’aptitude au service militaire (OAMAS), qui dit que «est apte (…) la personne qui, du point de vue médical, satisfait physiquement, intellectuel­lement et psychiquement aux exigences du service militaire», arguant de ses bons scores physiques (89 points; obtention d’une distinction sportive à partir de 80 points) et de ses résultats positifs aux tests psychiques lors du recrutement. Il estime également qu’il y a violation du droit fédéral et de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), car le refus que l’on tue des animaux «pour satisfaire nos traditions culinaires ou pour les transformer en chaussures» reflète la «liberté de conscience légitime» du recourant. Enfin, il rappelle que la Constitution fédérale dit que «nul être ne doit être discriminé en raison de ses convictions philosophiques». Le recours demande l’annulation de la décision d’inaptitude ainsi que l’octroi de dépens.


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  • L’armée chinoise s’implante en Afrique

    Après la France, les Etats-Unis et le Japon, la Chine va disposer d’une base navale permanente à Djibouti.

    Poursuivant méthodiquement le développement de ses capacités militaires, la Chine du président Xi Jinping est en passe d’installer sa première base navale permanente à l’étranger. Son choix, qui ne doit rien au hasard, s’est porté sur Djibouti dans la Corne de l’Afrique, position stratégique pour le contrôle des grandes routes maritimes entre l’Asie et l’Europe via le Détroit de Bab-el-Mandeb et la mer Rouge. Mais aussi poste avancé idéal pour surveiller cette Afrique où, malgré les tensions et les conflits, Pékin investit beaucoup et s’approvisionne massivement en matières premières et hydrocarbures.

    Partenariat stratégique

    Dans l’air depuis la signature en février 2014 d’un «partenariat stratégique de sécurité et de défense» entre Djibouti et Pékin, la décision a été annoncée le 4 décembre dernier en marge du sommet sino-africain à Johannesburg. Mahamoud Ali Youssouf, ministre des Affaires étrangères de Djibouti, affirmait alors que Pékin allait disposer dans son pays d’une base «logistique navale opérationnelle en principe d’ici à la fin de 2017». Pour Djibouti, la Chine «est un allié stratégique supplémentaire», en plus de l’ancienne puissance coloniale qu’est la France et des Etats-Unis qui disposent d’importantes bases militaires dans ce petit Etat, assurait le ministre. Cette nouvelle base «s’inscrit dans les efforts que Djibouti déploie dans la lutte contre le terrorisme et la piraterie», a-t-il ajouté. Elle sera située sur l’un des quais du nouveau port de Djibouti actuellement en construction.

    «La décision de Pékin d’installer une base navale à Djibouti n’a rien de surprenant», commente Alexandre Vautravers, rédacteur en chef de la Revue militaire suisse et spécialiste des questions de sécurité aux Global Studies Institute de l’Université de Genève. «Elle est le fruit de l’expérience acquise dès la fin de 2008, quand la marine chinoise a commencé à participer à la lutte contre la piraterie le long des côtes somaliennes et dans le golfe d’Aden», assure l’expert. «Très vite, il est apparu que les règles d’engagement appliquées jusqu’ici étaient totalement inadéquates, que les équipages – interdits d’escale durant des mois – avaient d’énormes problèmes sanitaires, que les matériels, comme les hélicoptères, souffraient de la corrosion, bref, que les navires chinois, loin de leur port d’attache, avaient absolument besoin de faire relâche durant leur mission pour ravitailler.»

    «Par ailleurs, dit encore Alexandre Vautravers, en créant cette base à Djibouti, la Chine veut aussi montrer qu’elle peut rayonner, être dynamique et apprendre de ce que font les autres.»

    Garantie de sécurité

    Quant à Djibouti, petit pays sans ressources, il serait doublement gagnant. D’abord sur le plan économique, la location de ces bases rapportant plusieurs dizaines de millions de dollars aux caisses de l’Etat. Mais surtout, explique encore Alexandre Vautravers, en plus des aspects financiers, «la présence militaire internationale est la meilleure garantie pour la sécurité de Djibouti, un petit Etat sans profondeur stratégique et sans réelle force militaire.»

    Enfin, selon le professeur Shen Dingli de l’Université de Shanghai cité par le New York Times, la Chine est en train de se donner les moyens de faire ce que les Etats-Unis font depuis 150 ans: «assurer la sauvegarde sa liberté de navigation». «L’établissement d’une base permanente à Djibouti est nécessaire, ajoute le professeur chinois, car si quelqu’un – des pirates, Daech ou les Etats-Unis – veut couper le passage, nous devrons être en mesure de le rouvrir.»


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  • RDC : le chef de l'ONU nomme un général sud-africain à la tête de la force de la MONUSCO

    Le général Derrick Mbuyiselo Mgwebi, de l’Afrique du Sud. Photo ONU/Mario Rizzolio

     

    29 décembre 2015 – Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé mardi 29 décembre 2015 la nomination du général Derick Mbuyiselo Mgwebi, de l'Afrique du Sud, au poste de Commandant de la force de la Mission de l'ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), selon un communiqué de presse de son porte-parole.

    Le général Mgwebi succèdera au général Carlos Alberto dos Santos Cruz, du Brésil, dont le mandat a expiré le 2 décembre. Le Secrétaire général a exprimé sa reconnaissance au général Cruz pour sa contribution significative à la MONUSCO au cours des deux ans et demi qui viennent de s'écouler, a ajouté le porte-parole.

    Né en 1956, le général Mgwebi possède plus de 35 ans d'expérience militaire aux niveaux national et international. En 1991, il avait été nommé Directeur des Forces spéciales au sein des Forces nationales de défense sud-africaines et en 1993, Directeur de la formation et des opérations. Il a occupé le poste de Secrétaire militaire au ministère sud-africain de la Défense (1995-1997) et il a été membre du Mpumalanga Command (1997-2002), après quoi il a été nommé Directeur de l'Infanterie au sein de l'Armée sud-africaine.

    De 2004 à 2006, il a été Commandant de la force de l'Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB). Puis, de 2007 à 2011, le général Mgwebi a été Chef des ressources humaines au sein des Forces nationales de défense sud-africaines. Il est actuellement le Chef des Opérations conjointes de ces Forces nationales de défense.

    Le général Mgwebi est diplômé en Gestion de la défense et en administration des affaires de l'Université d'Afrique du Sud.


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  • Des dizaines d'enfants tués dans les combats

    Les combats dans l'Etat d'Unité dans le nord du pays, selon l'ONU, se «sont intensifiés» au cours des récentes semaines «avec de graves conséquences pour les civils», selon l'ONU.

    Plusieurs dizaines d'enfants ont été tués dans des combats qui font rage au Soudan du Sud en violation d'un accord de paix et 40'000 personnes souffrent de famine.

    Le rapport établi par le bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) liste également de manière détaillée des meurtres commis dans une seule région dans l'Etat d'Unité au cours de deux semaines.

    Ainsi, dans la région de Leer dans l'Etat d'Unité, dont les forces gouvernementales et rebelles se sont aprement disputé le contrôle, au moins 80 civils ont été tués du 4 au 22 octobre.

    Au moins trois quarts des personnes tuées étaient des enfants - au moins 57 morts à Leer - tandis qu'il y a eu plus de 50 cas de viols comme «arme de guerre», a souligné le rapport de l'ONU publié tard vendredi soir.

    Un quart de la population

    Les deux parties en conflit sont accusées d'avoir perpétré des massacres, recruté et tué des enfants, commis des viols, torturé et forcé des populations à la fuite pour «nettoyer» des zones où vivaient leurs ennemis.

    Combats et atrocités ont fait plusieurs milliers de morts et déplacé depuis deux ans plus de 2,2 millions de personnes, soit près du quart de la population.

    En dépit de l'accord de paix signé le 26 août, les combats n'ont jamais cessé entre forces gouvernementales et rebelles, et la communauté internationale ne peut rien faire d'autre que de reprocher aux deux camps de bloquer l'acheminement de cette aide.

    Guerre civile

    Le Soudan du Sud est le théâtre depuis décembre 2013 d'une terrible guerre civile opposant l'armée régulière, fidèle au président Salva Kiir, à une rébellion dirigée par son ancien vice-président et rival Riek Machar.

    Fin octobre, trois organisations des Nations unies, le Fonds pour l'enfance (Unicef), l'Organisation pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) avaient prévenu que plus de 30'000 personnes risquaient de mourir de faim au Soudan du Sud, faute d'aide d'urgence.


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  • Armasuisse épinglé dans un rapport

    Un trop grand flou entoure les coopérations suisses avec l'étranger en matière d'armement. La politique étrangère helvétique pourrait en pâtir.

    Il ne peut être exclu que la Suisse conclue des coopérations douteuses en matière de politique étrangère voire qui lui sont carrément dommageables. Le mandat légal de l'armée pourrait aussi être outrepassé, critique la commission dans un rapport publié vendredi.

    Elle déplore notamment le fait que le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), via sa Direction du droit international public, ne soit souvent pas consultée de manière appropriée. La conclusion d'accords-cadres peut avoir un aspect symbolique majeur et de tels traités sont parfois signés tout exprès pour améliorer les relations avec un Etat. La commission de gestion du Conseil des Etats demande au Conseil fédéral de rappeler l'Office fédéral de l’armement, armasuisse, à l'ordre.

    Armasuisse critiqué

    Comme les accords-cadres ne peuvent pratiquement plus être résiliés, ils ne devraient être approuvés par le Conseil fédéral que sur la base d'un examen circonstancié, exige la commission. L'Office fédéral de l'armement est appelé à mieux tenir compte des perspectives de politique extérieure et à consulter le DFAE de manière adéquate.

    A ce titre, armasuisse pourrait s'inspirer des organes responsables de l'instruction militaire, qui collaborent bien avec la Direction du droit international public. L'armée a ainsi gelé une partie des activités prévues avec la Russie en réaction au conflit en Ukraine.

    La Suisse a conclu des accords-cadres dans le domaine de l'armement avec quinze Etats (Belgique, Danemark, Allemagne, Finlande, France, Grande-Bretagne, Irlande, Italie, Pays-Bas, Norvège, Autriche, Suède, Espagne, République Tchèque et Etats-Unis). Entre 2011 et 2014, elle a mené des activités de coopération (86% des projets) avec douze d'entre eux.

    Israël, Malaisie, Koweït

    Mais la Suisse a aussi coopéré avec sept Etats avec lesquels elle n'a pas conclu d'accord-cadre: Israël, Canada, Australie, Afrique du Sud, Singapour, Malaisie et Koweït. Dans les deux premiers cas, le nombre de projets est supérieur à cinq et les activités ont été menées de manière ininterrompue.

    Les Etats-Unis, la Finlande, Singapour, la Malaisie et le Koweït coopèrent avant tout avec les systèmes aériens alors que la France et Israël sont des partenaires de choix des systèmes de conduite et d'exploration.

    Selon le rapport, armasuisse n'est en outre pas toujours très au clair sur le degré de contrainte émanant des traités et accords internationaux. L'accord-cadre sur l'avion de combat Gripen signé avec la Suède a d'abord été considéré à tort comme non contraignant et n'avait pas été soumis au Conseil fédéral.

    Remettre de l'ordre

    L'accord de mise en oeuvre de l'accord-cadre sur le FA-18 n'a quant à lui pas été approuvé en bonne et due forme. La commission de gestion demande donc au Conseil fédéral demande de remettre de l'ordre.

    Constatant qu'il n'était pas possible de dresser une liste complète des accords conclus, elle exige une plus grande transparence. Tous les traités, quelle que soit leur portée, devraient être listés dans le rapport idoine soumis chaque année au Parlement. Les accords-cadres concernant l'armement pourraient en outre apparaître dans le recueil systématique de droit fédéral.

    Le Conseil fédéral devrait aussi veiller à ce que tous les traités juridiquement contraignants lui soient soumis. Des mesures devraient être prises pour que les responsables de l'armement clarifient rigoureusement la question.

    Les bases stratégiques et les objectifs des coopérations internationales devraient en outre être concrétisés. Ils sont actuellement «formulés en des termes si généraux que pratiquement toutes les activités de l'armée peuvent être considérées comme y répondant». Dans le domaine de l'armement, les priorités ne sont que grossièrement définies.

    Seules les activités qui respectent ces bases stratégiques seraient autorisées. Il faut aussi pallier l'absence de pilotage due au fait qu'armasuisse n'a ni vue d'ensemble ni organe responsable de la mise en oeuvre. L'office de l'armement devrait se doter d'un tel service, qui devra en outre définir des procédures d'autorisation claire pour les activités de coopération.


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  • Pékin va réduire les effectifs de son armée

    Avec plus de deux millions de soldats actifs, l'Armée populaire est la première au monde en termes d'effectifs.

    Le président chinois Xi Jinping a annoncé jeudi une réduction des effectifs de l'armée de la République populaire de 300'000 hommes. Il donnait le coup d'envoi d'un grand défilé militaire célébrant le 70e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale en Asie.

    La Chine choisira toujours la voie du «développement pacifique», a déclaré Xi Jinping lors d'un discours prononcé sur la place Tiananmen et retransmis à la télévision d'Etat. «Elle ne recherchera jamais l'hégémonie, pas plus qu'elle ne cherchera à s'étendre, et n'imposera jamais de souffrances», a assuré le président, avant de passer en revue les troupes sur l'avenue de la Paix céleste.

    Parade

    Xi Jinping a néanmoins salué la victoire de 1945 contre le Japon qui a permis de «refaire de la Chine un grand pays dans le monde».

    Quelque 12'000 soldats et 500 engins ont ensuite entamé leur parade, survolée par près de 200 avions et hélicoptères, symboles de la puissance montante de la Chine sur la scène internationale. L'armée chinoise a assuré que 84% des équipements qui seront montrés lors du défilé feront leur apparition en public pour la première fois.

    Selon la presse officielle, des appareils de l'aéronavale, des bombardiers à long rayon d'action et divers types de missiles seront présentés, dont le missile balistique DF-21D, dit «tueur de porte-avions». Cet engin suscite ces dernières années nombre de spéculations dans les milieux militaires sur ses capacités à modifier les rapports de force dans l'océan Pacifique.

    Des soldats étrangers

    Avec plus de deux millions de soldats actifs, l'Armée populaire est la première au monde en termes d'effectifs. Les ambitions territoriales de Pékin en mer de Chine ont alimenté ces dernières années les tensions avec ses voisins, notamment le Japon et les Philippines, deux alliés des Etats-Unis dans la région.

    Le président Xi est le commandant en chef de l'armée en sa qualité de président de la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois (PCC), l'organe dirigeant de l'Armée populaire de libération (APL).

    Près d'un millier de soldats étrangers, dont un détachement russe, devaient prendre part au défilé, auquel le président Vladimir Poutine assistait, principale figure parmi les dirigeants étrangers. Xi Jinping avait assisté à Moscou en mai dernier à un défilé similaire, également boudé par les responsables occidentaux en raison de la crise ukrainienne.

    Boudé des Occidentaux

    La présidente sud-coréenne, Mme Park Geun-Hye, dont le pays avait été colonisé par le Japon, ainsi que le président sud-africain Jacob Zuma et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, figurent aussi parmi les invités.

    Les principaux dirigeants des démocraties occidentales, notamment le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel, ont eux boudé l'invitation, de même que le Premier ministre japonais Shinzo Abe, initiateur d'une révision de la politique pacifiste du Japon qui irrite fortement Pékin.

    Seul représentant gouvernemental des grandes diplomaties occidentales, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, assiste également à la cérémonie.

    La Chine populaire organise traditionnellement un défilé militaire tous les 10 ans -le dernier en 2009-, mais à l'occasion de l'anniversaire de sa fondation.


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