• 23 juillet 2015 – Les experts du Groupe de travail des Nations Unies sur l'utilisation de mercenaires comme moyen de violer les droits de l'homme et d'empêcher l'exercice du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes se sont réunis jeudi 23 juillet 2015 au siège de l'Organisation, à New York, pour faire le point sur le phénomène en augmentation des combattants étrangers.

    Fort de cinq experts, le Groupe de travail, qui présentera ses conclusions à l'Assemblée générale de l'ONU en novembre 2015, réalise actuellement une étude sur les raisons qui poussent des individus et leurs familles à devenir des combattants étrangers.

    A ce jour, le Groupe a réalisé une mission en Tunisie du 1er au 8 juillet 2015, organisé deux réunions d'experts sur la question et recueilli des informations par le biais d'un questionnaire envoyé à tous les Etats membres de l'ONU, des opérations de maintien de la paix et des bureaux du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.

    « Nous nous intéressons particulièrement aux motivations des combattants étrangers et à ce qui les lie au mercenariat, aux pratiques de recrutement, ainsi qu'à l'impact des combattants étrangers en terme de droits de l'homme », a déclaré Elzbieta Karska, qui dirige actuellement le Groupe de travail, lors d'une conférence de presse suite à la réunion.

    Au cours de cette réunion, les experts sont notamment revenus sur les connaissances acquises à l'occasion de leur mission en Tunisie, où ils se sont entretenus avec les Ministres tunisiens des affaires étrangères, de la défense et de l'intérieur, ainsi que des procureurs, des détenus et des représentants de la société civile.

    Le nombre de combattants tunisiens prenant part aux hostilités en Syrie et en Iraq est en effet l'un des plus élevés chez les pays touchés par ce phénomène.

    Parmi les facteurs qui expliquent cette tendance, les experts avaient mentionné, suite à leur visite en Tunisie : les idéologies religieuses et politiques, les gains financiers, les conditions économiques et sociales et le fait d'avoir un but et un sentiment d'appartenance.

    La majorité des Tunisiens qui voyagent pour rejoindre des groupes extrémistes à l'étranger sont jeunes, souvent âgés de 18 à 35 ans, issus de milieux socio-économiques défavorisés, mais aussi de la classe moyenne et des classes les plus aisées de la société.

    Participant également à la conférence de presse au siège de l'ONU, Gabor Rona, l'un des cinq experts du Groupe, a par ailleurs souligné le besoin de disposer de nouveaux instruments pour faire face à ce phénomène.

    « Nous avons besoin d'un instrument international juridiquement contraignant », a-t-il déclaré.

    Le Groupe de travail a été créé en juillet 2005 pour surveiller les mercenaires et les activités liées au mercenariat.


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  • Les États-Unis déploieront des chars sur le flanc Est de l'OTAN

    Des armements pour une brigade, comprenant des chars et des équipement associés, seront stationnés temporairement dans les pays de l'Europe centrale et orientale.

    Les États-Unis vont temporairement déployer des armements lourds pour une brigade dans les pays d'Europe centrale et orientale, afin de renforcer l'OTAN sur son flanc Est, a déclaré mardi 23 juin à Tallinn le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter.

    «Nous allons temporairement stationner des armements pour une brigade, comprenant des véhicules de combats et des équipements associés, dans les pays de l'Europe centrale et orientale», a déclaré M. Carter lors d'une conférence de presse.

    Ils étaient dans la sphère d'influence de l'URSS

    Il a précisé qu'il s'agira notamment de chars et des équipements d'artillerie mobile pour l'infanterie.

    Une brigade américaine compte environ 5'000 hommes.

    «L'Estonie, ainsi que la Lituanie, la Lettonie, la Bulgarie, la Roumanie et la Pologne ont accepté d'accueillir du matériel suffisant pour équiper entre une compagnie et un bataillon. Ce matériel tournera dans la région pour entraînements et exercices», a ajouté M. Carter.

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    Des armes lourdes américaines seront ainsi déployées pour la première fois dans ces pays qui ont adhéré à l'OTAN et qui, avant la chute du mur de Berlin, appartenaient à la sphère d'influence de l'Union soviétique.

    Depuis les combats en Ukraine

    Les pays baltes et d'autres pays d'Europe de l'Est sont très inquiets depuis l'annexion de la Crimée et les combats en Ukraine, où des séparatistes pro-russes contestent l'autorité de Kiev dans l'est du pays.

    Selon le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, venu la semaine dernière en Pologne pour assister au premier grand exercice de la nouvelle Force de réaction très rapide de l'Alliance, l'Otan fournit son plus grand effort de défense depuis la fin de la guerre froide, du fait de nouvelles menaces telles que le groupe Etat islamique et le comportement de la Russie en Ukraine.

    Colère de Vladimir Poutine

    Le projet américain de déployer des armes lourdes en Europe centrale et orientale a déjà provoqué la colère du président russe Vladimir Poutine, qui a en réponse annoncé le renforcement de son arsenal nucléaire avec le déploiement de plus de 40 nouveaux missiles intercontinentaux d'ici la fin de l'année.

    Après Tallinn, M. Carter doit se rendre à Bruxelles pour la réunion des ministres de la Défense de l'Otan mercredi et jeudi, avant une escale en Allemagne vendredi pour y assister à des manœuvres associant 12 pays européens.


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    En pleine tension avec les États-Unis et le Japon, Pékin a publié un livre blanc sur la défense chinoise, soulignant sa volonté de projection de ses troupes au-delà de ses frontières maritimes et aériennes.

    Vers quoi évolue la politique de défense chinoise ?

    Le gouvernement chinois a publié un nouveau Livre blanc de la défense. Plus que jamais, Pékin veut consolider son armée dans le but de se projeter bien au-delà de ses frontières maritimes et aériennes, investissant des espaces revendiqués par d’autres puissances régionales comme le Vietnam, les Philippines et la Malaisie.

    Concrètement, l’Armée populaire de libération (APL) chinoise, la plus importante du monde avec deux millions d’hommes, va confier à sa marine une responsabilité accrue. Considérant que les menaces sur son littoral sont moindres, elle va réduire l’accent mis sur la « défense côtière » et s’occuper désormais de « la protection en haute mer ».

    Des capacités de frappes renforcées pour faire face à « la montée des défis »

    De leur côté les forces aériennes vont passer « de la défense territoriale à la défensive et l’offensive combinée ». Enfin, son artillerie va renforcer ses capacités de « frappes de moyenne et de longue portées ».

    Dans son éditorial de mercredi 27 mai, le quotidien officiel China Daily a cherché à justifier la stratégie de défense chinoise : « Le pays fait face à une situation sécuritaire complexe ainsi qu’à une montée des défis à sa sécurité, y compris à sa porte ». Face à ce contexte singulier, la Chine « répond activement aux inquiétudes et aux incompréhensions de l’étranger sur la modernisation de ses forces de défense ».

     


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  • Réunis dimanche 29 mars 2015 à Charm El Cheikh en Égypte, les pays de la Ligue arabe ont décidé de former une force militaire conjointe contre le terrorisme.

    Une coalition de neuf pays arabes intervient déjà au Yémen contre les milices chiites houthistes qui ont pris le contrôle de presque tout le pays et forcé le président à fuir en Arabie saoudite.

    Outre la menace djihadiste, la Ligue arabe veut contrer les visées expansionnistes de l’Iran dans la région.

    Est-ce le début d’un Otan arabe ? Les 22 États membres de la Ligue arabe ont décidé dimanche 29 mars de créer une « force arabe commune », lors d’un sommet à Charm El Cheikh en Égypte. Basée sur le volontariat, cette alliance pourrait intervenir à la demande d’un pays arabe dont la sécurité est menacée. Elle est créée pour « défendre notre sécurité collective », a expliqué le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil El Arabi.

    Réclamée depuis des mois par le président égyptien Abdel Fattah Al Sissi, inquiet de l’émergence des islamistes en Libye, cette force a finalement été lancée de façon précipitée pour faire face aux avancées des milices houthistes au Yémen. Ces rebelles chiites ont conquis la capitale Sanaa en septembre, et progressent dans le sud du Yémen, à Aden. Ils ont forcé le président de transition, Abd Rabbo Mansour Hadi, à se réfugier en Arabie saoudite.

    Des victoires qui ont précipité l’intervention arabe au Yémen depuis le 25 mars. Le président Abd Rabo Mansour Hadi a annoncé que l’intervention de la coalition, dirigée par l’Arabie saoudite et l’Égypte, qui comprend une dizaine de pays arabes et le Pakistan, continuerait jusqu’à la « reddition » des Houthistes. « Leur objectif est de ramener les rebelles à la table des négociations et trouver un arrangement avec le président Hadi », estime Hicham Mourad, chercheur en sciences politiques.

    Le fameux « arc chiite » qui inquiète l’Arabie saoudite

    « L’Arabie saoudite considère les Iraniens comme la principale menace. (L’Iran) est son principal concurrent au plan régional : comme elle, c’est un régime islamique, mais d’obédience chiite, alors que les Saoudiens sont des sunnites », explique Hicham Mourad. Le riche État pétrolier, qui supervisait une transition politique démarrée en 2011, craint qu’en laissant les rebelles houthistes prendre le pouvoir au Yémen, un allié de l’Iran s’installe à sa frontière sud.

    Cela renforcerait le fameux « arc chiite » qui inquiète Riyad et qui comprend l’Iran, l’Irak, la Syrie de Bachar Al Assad et le Hezbollah libanais. D’autant que le Yémen est le pays le plus peuplé du Golfe avec 26 millions d’habitants, et le plus pauvre.

    La force commune, une fois l’intervention au Yémen terminée, ira-t-elle plus loin ? « Il y a de fortes chances que la force arabe commune intervienne ensuite en Libye, anticipe Janet Basurto, analyste des questions de sécurité basée au Caire. L’Égypte et les Émirats arabes unis y sont déjà intervenus, donc ils mèneront cette fois les opérations sous le couvert de la Ligue arabe. À plus long terme, il est difficile de savoir à quel point les pays s’engageront dans cette force. »

    Des centaines de morts au Yémen

    Hicham Mourad relève en outre qu’« en cas d’intervention, il faut un ou deux pays majeurs qui aient la volonté d’intervenir et puissent entraîner quelques autres pays ». Dans le cas du Yémen, l’Arabie saoudite et l’Égypte confirment là l’alliance étroite qu’ils ont forgée depuis la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013. L’Arabie soutient financièrement le président Al Sissi. « L’Égypte intervient donc par solidarité, même si elle s’inquiète aussi des risques qui pèsent sur le détroit de Bab El Mandeb, qui contrôle l’accès au canal de Suez », relève Hicham Mourad.

    L’Égypte a fait savoir qu’elle était prête à envoyer des troupes au sol au Yémen, où, dimanche 29 mars, les combats ont fait près d’une centaine de morts. L’Arabie saoudite et les Émirats mettront à disposition leurs avions et leurs chars. La Jordanie pourrait envoyer des commandos d’élite. La question reste de savoir si cette alliance, décidée dans l’urgence, résistera aux désaccords qui minent traditionnellement la Ligue arabe.


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