• Des membres de la délégation namibienne lors d'une conférence de presse à New York. (Jeudi 16 mars 2017)

    Une juge fédérale new-yorkaise a relancé jeudi 16 mars 2016 une plainte déposée contre Berlin par les tribus Nama et Héréro, originaires de Namibie.

    Le génocide de leurs ancêtres par les autorités coloniales allemandes date d'il y a plus de 110 ans. Mais les tribus Nama et Héréro, originaires de Namibie, ont repris espoir d'obtenir réparation. Jeudi, une juge fédérale new-yorkaise a relancé une plainte déposée contre Berlin et restée jusqu'ici sans suite.

    En fixant la prochaine audience au 21 juillet, la juge Laura Taylor Swain a accordé une première victoire aux deux tribus. Une quinzaine de représentants étaient venus spécialement à New York depuis la Namibie, le Canada ou le centre des Etats-Unis, parfois en costumes traditionnels hérités de l'ère coloniale.

    L'Allemagne dispose donc de quatre mois pour répondre à leur demande de réparation pour les «dommages incalculables» subis par les deux peuples. Le texte a été déposé le 5 janvier à New York.

    «Quand je l'ai entendue dire que l'audience aurait lieu, c'est le plus grand succès que nous ayons enregistré. C'est le signe que nous sommes vainqueurs», s'est réjouie Ida Hoffmann, représentante de la tribu Nama et députée namibienne venue assister à cette première audience.

    Guerre «raciale»

    Ce génocide, le premier du XXe siècle, remonte à l'époque où la Namibie s'appelait encore Afrique allemande du Sud-Ouest (1884-1915). L'Allemagne a mené une guerre «raciale» contre les Héréros et les Namas, qui culmina en 1904.

    Dépossédés de leurs terres, de leur bétail et de tout moyen de subsistance et mis sous pression par l'administration coloniale, les Héréros se sont révoltés le 12 janvier 1904, massacrant 123 civils allemands.

    Après la sanglante bataille de Waterberg en août suivant, quelque 80'000 Héréros ont fui vers le Botswana voisin mais ils ont été poursuivis par les troupes allemandes. Seuls 15'000 survivront. Puis, en octobre 1904, le commandant militaire de la colonie, le général Lothar von Trotha a ordonné l'extermination des Héréros.

    Les Namas ont connu un sort similaire: quelque 10'000 d'entre eux - environ 50% de la tribu - ont été tués en essayant de se rebeller entre 1903 et 1908.

    Pas de reconnaissance formelle

    Dépossessions, viols, camps de concentration, expériences scientifiques sur des «spécimens» d'une race jugée inférieure, extermination: les ingrédients des grands génocides du XXe siècle étaient déjà réunis.

    Au point que le chef Héréro Vekuii Rukoro, 62 ans et venu spécialement de Namibie, a déclaré jeudi que «ce qui est arrivé aux Juifs (pendant l'Holocauste) n'était que le perfectionnement de ce qui (nous) est arrivé».

    Si l'Allemagne a mis longtemps à reconnaître la gravité des faits, plusieurs de ses représentants utilisent désormais eux aussi le terme de «génocide». Mais il ne s'agit pas d'une reconnaissance formelle.

    Négociations

    Berlin a toujours considéré ne pas avoir à payer de dédommagements individuels aux descendants des victimes, arguant de l'aide au développement versée à la Namibie depuis son indépendance de l'Afrique du Sud en 1990. Une aide qualifiée de «généreuse», avec des montants «records» par habitant, qui reflète «la responsabilité particulière» de l'Allemagne, a fait valoir un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

    Berlin négocie depuis deux ans avec le gouvernement namibien une déclaration commune: l'Allemagne présenterait des excuses pour les massacres et envisagerait un dédommagement global sous forme d'aide au développement spécifique pour les descendants des victimes.

    Mais les représentants des deux tribus contestent la validité de négociations dont ils ne sont pas partie prenante. Selon la plainte déposée au nom des quelque 250'0000 descendants des victimes des deux tribus et un recours déposé parallèlement auprès des Nations unies, leur absence enfreint une déclaration de l'ONU sur les droits des peuples indigènes.

    Les négociations «ne peuvent pas être sur nous, sans nous», a souligné Ester Muiinjangue, une représentante Nama.

    Réponse et dédommagements

    Les chefs tribaux réclament par ailleurs de vrais dédommagements. «Je suis sûr que l'Allemagne demandera, 'Combien de milliards voulez-vous?' Je ne sais pas, nous devons nous asseoir autour d'une table et décider cela sur la base du donnant-donnant», a souligné le chef Rukoro, estimant «ne voir aucune raison» pour que le dispositif adopté pour les victimes juives du régime nazi ne soit pas appliqué.

    Leur avocat Kenneth McCallion, qui a défendu de nombreux descendants de victimes de l'Holocauste, a également évoqué cette possibilité. Il a néanmoins jugé «prématuré» toute discussion sur le montant des indemnisations.

    Lui aussi espère que Berlin va désormais «revoir sa position» sur la présence de représentants tribaux dans les négociations, et va répondre à la plainte si possible avant l'audience de juillet.


    votre commentaire
  •  

    Originalbild anzeigen

    Ankara refuse de participer au programme culturel de l'Union européenne en signe de protestation contre le projet de l’Orchestre symphonique de Dresde, intitulé « Aghet » et dédié au génocide des Arméniens perpétré en Turquie sous l’Empire ottoman en 1915-1916.

    La Turquie s'est retirée à titre unilatéral du programme Europe créative de l'Union européenne pour protester contre le projet de l'Orchestre symphonique de Dresde, intitulé « Aghet » et dédié au génocide des Arméniens par les troupes de l'Empire ottoman, annonce dimanche le journal allemand Bild am Sonntag, se référant au porte-parole de l'UE.

    Le projet en question propose en fait une forme de réconciliation, en rapprochant des musiciens et compositeurs turcs, allemands et arméniens. La Turquie a exigé de la Commission européenne qu'elle retire la subvention de 200 000 euros allouée à ce projet, mais Bruxelles a refusé, en demandant néanmoins à l'orchestre de ne pas mentionner le terme de génocide et en retirant de ses propres sites toute allusion à l'évènement, « temporairement, le temps de trouver d'autres formulations ».

    Quoi qu'il en soit, en 2015, en commémoration du centenaire du génocide arménien, des concerts dans le cadre du projet « Aghet » ont été donnés à Berlin, à Istanbul et à Erevan. L'opinion en Europe s'insurge contre ces pressions de la Turquie qui essaie d'imposer des restrictions à la liberté d'expression sur le territoire européen.

    Le programme Europe créative — Culture et MEDIA — est un financement européen dédié aux acteurs culturels et créatifs. Il est doté, pour 2014-2020, de 1,46 milliards d'euros.

    D'après différentes données, un million et demi d'Arméniens ont été exterminés de manière systématique à la fin de l'Empire ottoman. Nombre d'historiens et plus de 20 pays, dont la France, l'Italie et la Russie, ont reconnu le fait du génocide. La Turquie affirme pour sa part qu'il ne s'agissait que d'une guerre civile, doublée d'une famine, dans laquelle 300 000 à 500 000 Arméniens et autant de Turcs avaient trouvé la mort.

     


    votre commentaire
  •  

    L’église catholique du Rwanda s’est excusée de son rôle dans le génocide des Tutsis en 1994. Une déclaration qui pourrait encourager l’unité entre les groupes ethniques dans le pays aujourd’hui.

    L'église catholique du Rwanda a présenté ses excuses pour son rôle dans le génocide des Tutsis qui s’est passé dans le pays en 1994. L’institution a déclaré qu’elle était désolée pour les actions de ceux qui ont participé aux massacres.

    « Nous demandons pardon pour toutes les fautes commises par l’église… Nous sommes désolés que les membres de l’église aient brisé leur serment de fidélité aux commandements de Dieu », lit-on dans la déclaration de la Conférence des évêques citée par l’agence AP. En outre, la déclaration reconnaît que des prêtres rwandais ont aidé à planifier et perpétrer ce génocide.

    Certains experts espèrent que les excuses de l’église vont encourager l’unité entre les Rwandais aujourd’hui. En 1994, l’avion dans lequel se trouvaient le président rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue du Burundi Cyprien Ntaryamira a été abattu par des inconnus. Des représentants de la tribu « Hutu », qui constitue la majorité ethnique dans le pays, ont reproché cet incident à la tribu « Tutsi ». Le conflit entre les groupes ethniques a dégénéré en guerre civile. Selon diverses données, entre 800 000 et un million de personnes ont été tuées en 100 jours.


    votre commentaire
  • Un crâne

    Plus de cent ans après les événements, deux groupes de population indigène de Namibie déposent un recours collectif indigène contre l'Allemagne pour génocide présumé.

    Deux groupes de population indigène de Namibie ont déposé devant un tribunal de New York un recours collectif contre l'Allemagne pour obtenir réparations suite à un génocide présumé durant la période coloniale.

    Le recours collectif, déposé jeudi par des associations de populations Héréro et Nama, demande également que leurs représentants participent aux négociations à ce sujet entre l'Allemagne et la Namibie. Berlin et Windhoek négocient actuellement une déclaration commune dans laquelle l'Allemagne entend s'excuser des massacres dans son ancienne colonie africaine. Mais Berlin considère ne pas avoir à verser de dédommagements compte tenu de l'aide au développement versée à la Namibie depuis son indépendance de l'Afrique du Sud en 1990. Les plaignants ont souligné que le recours était déposé « au nom de tous les Héréros et Namas dans le monde, à la recherche de réparations et de compensations pour le génocide » subi, selon eux, durant la période coloniale allemande. Ils réclament également une reconnaissance officielle de leurs droits et l'assurance qu'aucun règlement ne soit conclu sans leur assentiment. À Berlin, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a refusé de commenter cette plainte dont il n'a pas pris connaissance, mais a indiqué que les négociations lancées il y a deux ans avec la Namibie visaient à dégager « une voie commune pour le futur. »

    « Les discussions avec la partie namibienne se déroulent bien de notre point de vue. Les pourparlers ne sont pas faciles car le sujet est délicat, mais ils se tiennent dans un esprit de confiance et de compréhension mutuelle », a ajouté le porte-parole Martin Schäfer, cité par l'АFР.

    Selon le recours déposé à New York, entre 1885 et 1903, un tiers des terres des Héréros et des Namas ont été saisies sans compensation par les colons allemands, avec le consentement explicite des autorités allemandes. Le recours dénonce également la répression des soulèvements populaires par les autorités allemandes en 1904-1905 qui a provoqué la mort de quelque 100 000 membres des peuples héréro et nama et est souvent considérée par les historiens comme le premier génocide du XXe siècle. Parmi les plaignants figurent notamment Vekuii Rukoro, considéré comme le chef du peuple héréro, David Frederick, président de l'Association des autorités traditionnelles des Namas, et l'Association aux État-Unis du génocide héréro.


    votre commentaire
  • Un Comité de l'ONU a présenté vendredi 12 août 2016 à Genève un rapport accablant sur des centaines d'exécutions, de cas de torture et de viols commis au Burundi et a donné deux mois au gouvernement pour répondre de ces accusations. Il a demandé des investigations sur les abus présumés.

    «La torture est motivée par des raisons politiques» au Burundi et des indications laissent penser qu'elle est dirigée avant tout contre une ethnie, a mis en garde devant la presse son président Jens Modvig. De tels actes contre un groupe, s'ils sont «systématiques», pourraient être considérés comme une alerte vers une possible détérioration vers un génocide.

    348 exécutions extrajudiciaires

    Le recours à la torture ne «donne aucun signe d'amélioration», a renchéri le rapporteur du Comité sur ce pays Sébastien Touzé. Il déplore une «rupture complète de l'état de droit et un état de tension politique» très alarmant.

    Le Comité se dit «particulièrement troublé» par le chiffre de 348 exécutions extrajudiciaires perpétrées en un an depuis le début des violences liées au processus électoral. Ces données avaient été dévoilées récemment par le Haut Commissariat aux droits de l'homme.

    Plusieurs mécanismes

    La présence de neuf fosses communes présumées inquiète également le Comité. Il demande au gouvernement burundais «de mettre en oeuvre sans délai les moyens nécessaires afin de localiser, préserver et mettre en surveillance» ces sites.

    Une commission d'enquête indépendante devra ensuite identifier les cadavres si les allégations se vérifient mais le Comité relève que les autorités ont reconnu l'authenticité de plusieurs sites. Autre demande, les familles des victimes doivent pouvoir participer comme partie civile et obtenir des réparations adaptées.

    Plus de 650 actes de torture

    Le Comité souhaite aussi des investigations sur plus de 30 disparitions forcées, un usage excessif de la force et plus de 650 actes de torture. Il demande la fermeture de centres de détention qui ne sont pas reconnus officiellement. Enfin, il exige l'accès aux prisons et aux commissariats pour tous les observateurs dépêchés par le Haut Commissariat, le Conseil des droits de l'homme et l'Union africaine.

    Des mécanismes nationaux et indépendants de prévention de la torture et de dépôt de plaintes devront aussi être mis en place. Les milices devront être contrôlées par les forces de sécurité et leur participation à des exécutions examinée.

    Les personnes responsables d'abus sexuels devront être poursuivies et leurs victimes soutenues. Le Comité appelle aussi le gouvernement burundais à mieux sensibiliser les membres des forces de police à leurs responsabilités liées à la Convention contre la torture.

    Premier boycott

    Il lui demande encore de protéger les minorités, cesser toute incitation à la haine, libérer les personnes détenues arbitrairement et garantir des procès équitables. Les membres de la société civile doivent par ailleurs pouvoir être défendus.

    L'examen spécial du Burundi par le Comité a eu lieu fin juillet, avec deux ans d'avance. Lundi, l'enceinte avait dénoncé les représailles contre quatre avocats burundais qui avaient coopéré avec lui. Ils ont depuis quitté le pays.

    Les avocats avaient contribué à un rapport d'ONG. Après la publication de ce document, la délégation officielle burundaise avait boycotté la réunion où elle devait répondre aux remarques du Comité, une première pour un Etat partie.

    «Nous encourageons à une reprise d'un dialogue constructif», a déclaré M. Modvig. Le Comité a invité l'ambassadeur burundais à Genève à le rencontrer. Même si la possibilité d'une mise en oeuvre des recommandations ne semble pas «encourageante», il est persuadé que la situation changera.

    Le Burundi a indiqué dans une lettre reçue jeudi que les poursuites contre les quatre avocats n'étaient pas liées à leur participation aux travaux du Comité. Un rejet que les membres de l'enceinte n'estiment pas crédible.


    votre commentaire
  • L'Allemagne veut s'excuser des massacres en Namibie

    Les autorités travaillent sur une déclaration commune concernant les violences perpétrées dès 1904 contre les indigènes.

    L'Allemagne prévoit de présenter des excuses officielles pour l'élimination systématique des indigènes en Namibie issus des peuples Héréro et Nama par les troupes impériales allemandes il y a un siècle, a indiqué mercredi le ministère des Affaires étrangères. Les autorités allemandes parlent désormais de «génocide» à propos de ces massacres.

    «Nous avons pour objectif de parvenir à une déclaration gouvernementale commune (avec les autorités de Namibie) qui contiendrait une formulation commune sur les événements qui se sont produits et une excuse allemande qui serait acceptée par la Namibie et pourrait former la base d'une résolution des parlements» des deux pays, a indiqué à la presse une porte-parole du ministère, Sawsan Chebli.

    «Les deux parties espèrent que ces discussions seront achevées cette année», a-t-elle ajouté, tout en soulignant que de telles excuses officielles n'impliquaient pas à ce stade d'indemnisation.

    Les autorités allemandes parlent désormais de «génocide» à propos des massacres. Le terme avait été employé l'an dernier par le président de la chambre des députés, Norbert Lammert, et il a été répété mercredi par le gouvernement.

    Dizaines de milliers de victimes

    Selon le président du Bundestag, l'Allemagne impériale a conduit en Namibie, à l'époque Afrique allemande du Sud-Ouest (1884-1915), une «guerre raciale» pour réprimer un soulèvement Héréro. Il a parlé de «dizaines de milliers de victimes Héréro et Nama, non seulement dans les combats mais aussi à cause de maladies et de mises à mort ciblées liées à la privation d'eau et de nourriture» et affirmé que d'autres «sont morts dans des camps de concentration ou du travail forcé».

    Privés de leurs terres, de leur bétail et de tout moyen de subsistance en raison de la pression croissante des colons allemands et pressurés par l'administration coloniale, les Héréro s'étaient révoltés le 12 janvier 1904, massacrant 123 civils allemands.

    Fuite à travers le Kalahari

    La guerre a culminé avec la bataille de Waterberg qui eut lieu en août 1904 à environ 200 kilomètres de la capitale Windhoek. Les Héréro décidèrent de fuir vers l'est avec femmes et enfants pour gagner le Botswana voisin, poursuivis par les troupes allemandes à travers les étendues désertiques de l'actuel Kalahari, où seuls 15'000 survécurent sur 80'000.

    En octobre 1904, le commandant militaire de la colonie, le général Lothar von Trotha, décidait d'exterminer les Héréro, décrétant que «dans les frontières (coloniales) allemandes, tout Héréro avec ou sans arme, avec ou sans bétail, devait être abattu».

    Depuis 2011, l'Allemagne a restitué à la Namibie plusieurs dizaines de crânes de guerriers Héréro. Ceux-ci avaient été ramenés à Berlin pour des expériences censées prouver la supériorité des Blancs sur les Noirs.  


    votre commentaire
  •  
    .Originalbild anzeigen

    Indigné par la décision du Bundestag de reconnaître le génocide arménien de 1915, un ministre turc a évoqué les "Juifs brûlés dans des fours crématoires" dans l'Allemagne nazie.

    En commentant la résolution du Bundestag qui a qualifié de "génocide" le massacre des Arméniens dans l'Empire ottoman, le ministre turc de la Justice, Bekir Bozdag, a évoqué la Shoah perpétrée par l'Allemagne nazie. "Ils ont eux-mêmes brûlé des Juifs dans des fours, et maintenant ils calomnient le peuple turc en l'accusant de génocide. Ils feraient mieux de regarder leur propre histoire ", a déclaré le ministre.

    Selon lui, l'accusation de génocide contre les Arméniens n'est rien d'autre qu'une tentative de dénigrement de la Turquie et de son peuple. "Nous n'avons rien dont nous pourrions avoir honte. Notre histoire ne comporte pas de taches noires qui nous feraient nous incliner", a souligné Bekir Bozdag.

    Le ministre a également suggéré que la décision du Bundestag allait modifier à jamais les relations entre Berlin et Ankara.

    "Le peuple et l'Etat turcs n'oublient jamais leurs amis ni leurs ennemis. Soyez sûrs que la Turquie poursuivra son chemin et que les décisions des parlements ne sauraient ternir notre histoire", a ajouté le ministre.

    Interrogé jeudi sur la façon dont la décision du Bundestag se répercuterait sur l'amitié entre Berlin et Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan a répondu que la Turquie analyserait cette décision pour prendre des mesures qui s'imposeraient. Le premier ministre turc Binali Yildirim a pour sa part fait savoir que la responsabilité du "vote impropre" au Bundestag incombait au "lobby raciste arménien". Le vice-premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a souligné que "l'adoption du projet de résolution était une erreur historique". La Turquie a en outre rappelé son ambassadeur à Berlin pour consultations.


    votre commentaire
  • La chancelière allemande Angela Merkel et le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

    Alors que les relations avec Ankara sont tendues, l’Assemblée fédérale va qualifier de «génocide» le massacre des Arméniens.

    Pour ne pas froisser Ankara, les Allemands avaient repoussé plusieurs fois le «passage à l’acte». Cette fois, c’est la bonne. Alors que vingt-trois Etats, dont la Suisse, ont déjà «officialisé» le génocide arménien, le Bundestag votera jeudi un texte intitulé «Souvenir et commémoration du génocide des Arméniens et autres minorités chrétiennes entre 1915 et 1916».

    Ce vote intervient au pire moment alors que les relations entre Berlin et Ankara sont des plus tendues. Rarement la chancelière allemande n’avait été mise dans une telle situation de dépendance vis-à-vis d’un régime autoritaire qu’elle n’ose même plus critiquer. Angela Merkel l’a encore démontré à la fin d’avril lorsqu’elle a accepté de se plier aux exigences du président turc, Recep Tayyip Erdogan, réclamant l’ouverture d’une procédure judiciaire pour «crime de lèse-majesté» contre un comique allemand l’ayant ridiculisé à la télévision publique.

    En pleine crise des réfugiés, le vote devrait compliquer un peu plus les négociations déjà difficiles avec Erdogan. Angela Merkel a besoin d’un accord pour retenir les migrants dans les centres d’accueil à la frontière turco-syrienne. Or, le président turc utilise cette attente comme d’un moyen de pression – voire de chantage – en menaçant «d’ouvrir les vannes» pour laisser partir les réfugiés vers l’Europe. Un scénario qu’Angela Merkel veut éviter à tout prix. L’Allemagne, lâchée par ses alliés européens dans cette crise humanitaire, ne veut pas accueillir d’autres réfugiés.

    Avant le vote, la Turquie est intervenue. Le président Erdogan a décroché son téléphone hier pour demander à la chancelière de «garder la raison». «Si l’Allemagne tombe dans ce piège, cela pourrait détériorer nos relations avec un pays allié de l’OTAN, où vivent trois millions de Turcs», a-t-il déclaré devant la presse.

    La Turquie ne conteste pas les massacres contre les Arméniens mais refuse la qualification de «génocide». «Les parlements ne sont pas des tribunaux», ont scandé samedi plusieurs associations turques à Berlin qui se font le relais du président turc en Allemagne.

    Préparé par les groupes parlementaires de la coalition (CDU/CSU et SPD) mais aussi par le groupe écologiste dans l’opposition, le texte ne fait pas l’unanimité chez les Allemands d’origine turque. Aydan Özoguz, la ministre d’Etat déléguée à l’Intégration, d’origine turque, a décidé de voter le texte. Mais elle reste sceptique. Pour elle, cette résolution ne mènera pas la Turquie vers une reconnaissance du crime contre l’humanité. «Au contraire, cela va renforcer l’ultranationalisme d’Erdogan. Il va qualifier ce vote d’attaque frontale de l’Occident contre la Turquie. Les voix en faveur d’une ouverture et d’une réflexion sur ce crime seront isolées et ne trouveront plus d’échos dans le débat public en Turquie», conclut-elle.

    La complicité allemande en question:

    L’Allemagne est «coresponsable», voire «complice», de ce premier génocide europén du XXe siècle, a rappelé le président allemand, Joachim Gauck, lors de son discours à l’occasion du centenaire de cet événement, le 25 avril 2015. les allemands avaient déjà commis le genocide des Herreros en Afrique. Les allemands ont le curieux privilège d'avoir commis ou participé à trois génocides au XXième siècle.

    L’Empire allemand était au courant de la volonté des Turcs d’éliminer les Arméniens. Alliés de l’Empire ottoman, les militaires du Reich allemand ont «planifié et participé en partie aux déportations de cette minorité», a ajouté Joachim Gauck. Le Bundestag condamnera donc ce jeudi le «rôle déplorable du Reich allemand, qui n’a rien entrepris pour stopper ce crime contre l’humanité». Le chef de l’Eglise protestante allemande, Heinrich Bedford-Strohm, va même plus loin dans l’analyse. Il estime que cette «défaite morale» de l’Allemagne n’a pas été sans lien à l’époque avec l’extermination des Juifs, plus tard, sous le IIIe Reich. Les historiens estiment de 800?000 à 1,5 million le nombre d’Arméniens qui ont été massacrés.


    votre commentaire
  • Hommages aux victimes de l'Holocauste

    Des milliers de personnes ont pris part jeudi 5 mai 2016 à la Marche des Vivants, entre Auschwitz et Birkenau.

    Accompagnés de jeunes Polonais, environ 10'000 jeunes Juifs, venus d'Israël et d'une quarantaine d'autres pays, ont participé jeudi à la Marche des Vivants, hommage annuel aux victimes de l'Holocauste, sur le site de l'ancien camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau (Pol).

    Ce site, qui abrite les vestiges du camp de la mort où un million de Juifs ont été tués par l'Allemagne nazie entre 1940 et 1945, est considéré comme le symbole même de l'Holocauste.

    «La haine tue»

    «Je voudrais qu'ils (ndlr: les jeunes) sachent que la haine tue», a déclaré à l'AFP Feiga Francis Schmidt Libman, 81 ans, qui a perdu à Auschwitz sa grand-mère, sa tante et ses cousins. Son père est mort dans le camp de Dachau en Allemagne, alors qu'elle-même a survécu avec sa mère au camp nazi de Stutthof, près de Gdansk. Elle avait alors 10 ans.

    «Ma devise est: «Si tu as de la haine dans ton coeur, il n'y a plus de place pour l'amour», a-t-elle dit. Je veux être aimable envers tout le monde et cela n'a pas d'importance si tu pries dans une synagogue, une église ou une mosquée.»

    La Marche des Vivants a commencé au son du shofar, un instrument à corne traditionnel. Les participants sont passés sous le portail à l'entrée du camp d'Auschwitz, avec la tristement célèbre inscription «Arbeit Macht Frei» (Le travail rend libre), avant de parcourir les 3 km qui le séparent du camp de Birkenau, le principal site d'extermination.

    «L'Europe n'a pas beaucoup appris»

    Organisée pour la 28e fois, la Marche des Vivants est, selon ses organisateurs, le plus grand événement ponctuel dédié à la mémoire de l'Holocauste dans le monde. Il coïncide avec Yom Hashoah, le Jour du souvenir d'Holocauste en Israël.

    «Je crains que l'Europe, et peut-être quelques autres parties du monde, n'aient pas appris beaucoup (ndlr: de l'Holocauste)», a regretté Dr Shmuel Rosenman, le président de la Marche. Il a appelé les gouvernements à de mettre en place une législation ferme «contre l'antisémitisme, le racisme et le fascisme».

    Yossi Fischer, un New-Yorkais de 19 ans, a indiqué à l'AFP que son arrière-grand-père fut le seul survivant parmi ses proches qui ont tous péri à Auschwitz. «Ils ont essayé de nous détruire mais, grâce à Dieu, nous sommes toujours là», a-t-il déclaré.

    Entre 1940 et le début de 1945, l'Allemagne nazie avait exterminé à Auschwitz-Birkenau environ 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs de différents pays européens. Ce camp où quelque 80.000 Polonais non-juifs, 25.000 Roms et 20.000 soldats soviétiques ont également trouvé la mort, a été libéré par l'Armée Rouge en janvier 1945.


    votre commentaire
  • Une motion pour faire accuser l'EI de génocide

     Porter les attaques djihadistes contre Yézidis et chrétiens devant Cour pénale internationale pourrait pourtant être compliqué.

    La chambre basse du Parlement britannique a voté mercredi une motion appelant le gouvernement à reconnaître comme un génocide les attaques du groupe Etat islamique contre les minorités en Irak et en Syrie.

    Le texte, non contraignant, a été adopté à l'unanimité des 278 députés présents.

    Il demande au gouvernement de qualifier de génocide les actions de l'organisation djihadiste envers les chrétiens, les Yézidis et les autres minorités religieuses ou ethniques de ces deux pays du Moyen-Orient.

    «Je pense qu'un génocide a eu lieu, mais comme l'a dit le premier ministre, le génocide est une question plus judiciaire que politique», a répondu le vice-ministre des affaires étrangères chargé du Moyen-Orient, Tobias

    Saisine de la CPI

    Les députés de tous partis ont appelé le Royaume-Uni à user de son statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour que le dossier soit renvoyé devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye.

    Mais une saisine de la CPI par l'ONU «ne sera possible qu'avec un conseil (de sécurité) uni et idéalement en coopération avec les pays dans lesquels les crimes présumés ont été commis», a estimé le vice-ministre, faisant référence à l'Irak et à la Syrie, présidée par Bachar el-Assad dont les Occidentaux demandent le départ, mais qui est protégé par la Russie et la Chine, elles aussi membres permanents du Conseil de sécurité.

    Après les Etats-Unis

    «Mais j'attire l'attention de la chambre (des communes) sur le fait que, quand des efforts ont été réalisés pour renvoyer la situation en Syrie devant la CPI en 2014. Russie et Chine ont opposé leur veto. Et nous nous attendons à ce que toute résolution du Conseil de sécurité (...) puisse être tout aussi bien à nouveau bloquée», a exposé Tobias Ellwood.

    Les Etats-Unis ont déclaré en mars, par la voix de leur secrétaire d'Etat John Kerry, que les massacres perpétrés par le groupe EI contre les minorités chrétienne, Yézidi et chiite étaient des génocides. Ils se disent prêts à aider la CPI à rassembler des preuves.  


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique