• L’arsenal chimique syrien officiellement détruit

    Les produits permettant au régime syrien de fabriquer gaz sarin et moutarde ont été détruits en Méditerranée

    Officiellement, la Syrie ne dispose plus d’armes chimiques. Les États-Unis se sont félicités lundi 19 août de la destruction en Méditerranée des éléments déclarés qui permettaient au régime Assad de fabriquer des gaz sarin et moutarde. Au total, 581 tonnes de matériel pour produire du sarin et 19,8 tonnes d’agents destinés au gaz moutarde ont été détruites.

    Ces produits ont été neutralisés à bord du « Cape Ray », un cargo roulier américain navigant en Méditerranée, dans les eaux internationales, qui avait été spécialement aménagé pour l’occasion. L’opération a été supervisée par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), l’agence de l’ONU chargée du dossier syrien. Reste encore à détruire 12 anciennes usines de production d’armes chimiques comme le régime s’y était engagé.

    Un total de 1300 tonnes d’agents chimiques

    Les dernières armes chimiques que Damas disait avoir en sa possession avaient quitté la Syrie fin juin 2014 avec des mois de retard sur le programme entériné par la communauté internationale. Leur destruction par hydrolyse a commencé début juillet. Ce processus a permis de détruire les agents chimiques à plus de 99 % et d’en réduire la toxicité à des niveaux similaires à ceux habituels dans l’industrie.

    La Syrie a évacué un total de 1 300 tonnes d’agents chimiques. Le transfert de ces armes et leur destruction sont la conséquence de l’adhésion de l’État syrien à la convention sur l’interdiction des armes chimiques en octobre 2013 dans le cadre d’un accord russo-américain ayant permis d’éviter une intervention militaire américaine après que Damas eût été accusé d’avoir utilisé du gaz sarin dans une attaque ayant fait 1 400 morts l’été 2013.

    Cependant, des doutes subsistent sur la bonne volonté des autorités syriennes. Le président américain Barack Obama s’est inquiété des « divergences et des omissions quant aux déclarations faites par la Syrie à l’OIAC et les informations selon lesquelles des armes chimiques sont toujours utilisées » par le régime, aux prises avec une rébellion armée depuis près de trois ans et demi.

    Des accusations d’attaques au chlore

    L’OIAC enquête en effet sur des accusations d’attaques au chlore en Syrie. Paris et Washington ont accusé Damas d’avoir utilisé ce produit toxique contre l’opposition entre octobre 2013 et juin 2014. D’après les conclusions d’experts français et américains révélés par le Monde, Damas a lancé de façon répétée des attaques sur des populations civiles et des combattants avec un mode opératoire identique : largage, par hélicoptère, de barils contenant des bonbonnes de chlore.

    Bien que moins nocif que le sarin ou le gaz moutarde, le chlore est un gaz dit suffocant qui provoque des lésions respiratoires sévères voire mortelles, notamment chez les enfants. S’il tue moins que les largages de barils d’explosifs sur des zones d’habitation, il a un effet dévastateur sur le moral des combattants et des populations civiles livrées à elles-mêmes.


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