• L'UE autorisée à contrôler l'embargo sur les armes

    Image prétexte - un combattant du régime de Tripoli - 10 mars 2016

    L'ONU autorise l'Europe à intercepter les bateaux au large de la Libye. Le but: limiter l'apport d'armes à Daech.

    Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé mardi 14 juin l'opération navale européenne patrouillant au large de la Libye à faire respecter l'embargo sur les armes imposé à ce pays, afin d'aider le gouvernement d'union libyen dans sa lutte contre les djihadistes.

    La résolution, mise au point par Londres et Paris, a été adoptée à l'unanimité des 15 pays membres du Conseil.

    L'ONU étend ainsi, à la demande de l'Union européenne (UE), l'opération navale Sophia. Celle-ci avait pour but initial de contrer les passeurs qui incitent des milliers de migrants à tenter la traversée vers l'Europe au péril de leur vie.

    Cette résolution «reflète le soutien unanime de la communauté internationale au travail de l'UE visant à rendre la Méditerranée plus sûre pour tout le monde, principalement les Libyens», a estimé dans un communiqué la chef de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini.

    Intercepter

    Désormais, et pendant douze mois, les bâtiments de guerre européens pourront intercepter et «inspecter, sans occasionner de retard indu, en haute mer au large des côtes libyennes, les navires à destination ou en provenance de Libye» qui sont soupçonnés de transporter des armes et équipements militaires.

    La résolution s'appuie sur le chapitre 7 de la charte de l'ONU qui permet l'usage de la force.

    La plupart des armes entrant en Libye ne vont pas au gouvernement légitime -- dont les forces sont engagées dans une offensive contre le groupe Etat islamique (EI) -- mais à son rival ou à divers groupes armés.

    Changer la donne

    Pour l'ambassadeur français François Delattre, qui préside le Conseil en juin, cette résolution «a la potentiel de changer la donne en Libye».

    Elle «donnera enfin les moyens de mieux lutter contre Daech (acronyme arabe du groupe EI) en stoppant le flot d'armes qui nourrit l'instabilité en Libye», a-t-il déclaré à la presse juste avant le vote.

    La résolution «va aussi renforcer le gouvernement d'union nationale et promouvoir l'unité du pays», a-t-il ajouté.

    L'ONU estime que les six millions de Libyens détiennent 20 millions de pièces d'armement de toutes sortes.

    Depuis 2011

    Après la chute du régime de Mouammar Kadhafi et en raison du chaos qui a suivi, l'ONU a imposé en 2011 un embargo. Mais ses experts ont signalé depuis lors de nombreuses livraisons d'armes à des factions libyennes, venant du Soudan, d'Egypte, de Turquie ou des Emirats arabes unis.

    «L'embargo n'est que partiellement efficace», a souligné l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft. «Il est du devoir du Conseil de stopper un tel trafic».

    Pour mener à bien les inspections, les Européens sont autorisés «à prendre toutes les mesures dictées par les circonstances», précise la résolution. Ils pourront notamment détourner le navire suspect de sa route vers un port pour rendre hors d'usage ou détruire les armements saisis.

    Concession

    Avant d'intervenir, ils devront cependant «chercher de bonne foi à obtenir le consentement de l'Etat» dont le navire bat pavillon. Cette mention est une concession à la Russie, qui avait insisté sur ce point en invoquant la souveraineté nationale.

    Renforcer l'embargo aidera le nouveau gouvernement d'union nationale (GNA) libyen à asseoir son autorité.

    D'autant qu'il est prévu des exemptions à l'embargo pour lui permettre d'acquérir certains armements afin de mieux lutter contre le groupe EI.

    Dérogations pour le gouvernement

    La résolution confirme que le GNA peut demander des exemptions, qui devront être étudiées «en toute diligence» par le Comité de l'ONU chargé de gérer l'embargo.

    Les forces soutenant le GNA mènent depuis un mois une offensive contre le fief de l'EI à Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli. Le chef du GNA Fayez al-Sarraj a appelé mardi tous ses concitoyens à soutenir cette offensive.

    Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont prévu de se réunir le 20 juin à Luxembourg pour prolonger l'opération navale Sophia et élargir son mandat. Les Européens prévoient aussi de former et entraîner les garde-côtes libyens mais peuvent le faire de manière bilatérale sans résolution de l'ONU.


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