• La Birmanie ouvre une enquête sur les exactions commises contre les Rohingyas

    La Birmanie ouvre une enquête sur les exactions commises contre les Rohingyas

    Le gouvernement d’Aung San Suu Kyi a annoncé le 2 janvier 2017 l’ouverture d’une enquête sur les violences commises par les militaires sur les Rohingyas. Une première pour les autorités birmanes qui niaient jusque-là les exactions commises par l’armée.

    Lundi 2 janvier, le gouvernement birman a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les exactions commises par l’armée birmane sur les Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie. Cette annonce survient après la diffusion d’une vidéo montrant des militaires frapper avec violence des jeunes hommes de cette communauté.

    C’est une première pour le pays qui, depuis octobre 2016, s’est lancé dans une campagne punitive dans le nord-ouest de la Birmanie en représailles à une attaque de postes frontières qui a causé la mort de neuf policiers. Ces dernières semaines, 50 000 personnes ont fui l’État d’Arakan, où se concentre l’essentiel de l’ethnie apatride musulmane, et qui est interdite d’accès aux journalistes.

    Incendies volontaires et viols collectifs

    Réfugiés au Bangladesh, de nombreux Rohingyas ont fait le récit de violences commises par l’armée contre des villages entiers. Un rapport d’Amnesty International fait état de plus de 1 200 habitations brûlées, de viols collectifs et de l’incarcération de plusieurs centaines d’hommes. Six au moins sont morts en détention, ce qui fait craindre l’usage de torture en prison selon l’ONG.

    Depuis quelques semaines, les pressions se sont multipliées à l’encontre d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, et de son gouvernement jugé passif, voire « irréfléchi et insensible » selon le commissaire aux droits de l’Homme des Nations unies, Zeid Ra’ad Al Hussein.

    Aung San Suu Kyi pointée du doigt

    Début décembre, la Malaisie et l’Indonésie, partenaires économiques de la Birmanie au sein de l’Association des pays d’Asie du Sud-Est (ASEAN), avaient pris part aux critiques, qualifiant les actions de l’armée birmane de « génocide ».

    Ces deux pays, dont la population est majoritairement musulmane, reçoivent sur leur sol de nombreux membres en fuite de la communauté Rohingya. Ces accusations avaient toujours été réfutées par les autorités birmanes, dont Aung San Suu Kyi, sur qui se concentre l’essentiel des critiques de la communauté internationale.

    Les violences commises contre les Rohingyas ne sont pas récentes. Alors que cette communauté s’était vue octroyer la nationalité birmane en 1948, la junte militaire qui a pris le pouvoir dans les années 1960 en a ensuite fait des apatrides, au nom d’une politique de « birmanisation » et de rejet des minorités ethniques.

    Représentant 5 % de la population birmane, les Rohingyas n’ont pas accès au marché de l’emploi, ni aux soins hospitaliers. Ils sont victimes de violences depuis les affrontements interethniques de 2012 qui les ont opposés aux nationalistes bouddhistes.


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