• Le Nicaragua cause un dommage irréparable, assure le Costa Rica à la CIJ

    LA HAYE - Le Nicaragua viole le droit international en continuant d'envoyer des citoyens sur un îlot appartenant au Costa Rica, a assuré lundi celui-ci devant la CIJ, nouvelle étape d'un conflit frontalier explosif entre les deux pays.

    Les actions du Nicaragua ne sont pas accidentelles : le Nicaragua s'est engagé dans une campagne constante et de longue date visant à violer ses obligations de droit international par rapport au Costa Rica, a déclaré l'agent du Costa Rica, Edgar Ugalde-Alvarez, à La Haye, où siège la Cour internationale de justice (CIJ).

    Le Nicaragua continue de causer un dommage irréparable au Costa Rica, a-t-il ajouté.

    Le conflit frontalier entre les deux pays avait été introduit pour la première fois devant la Cour en 2010, quand le Costa Rica avait porté plainte après l'occupation par l'armée du Nicaragua d'un îlot de trois kilomètres carrés, situé à l'embouchure du fleuve San Juan.

    Un avocat de l'équipe costaricienne, Marcelo Kohen, a ensuite affirmé que le Nicaragua s'adonne à des dégradations matérielles en construisant des canaux artificiels dans le but de dévier les eaux du fleuve San Juan.

    L'équipe a montré des photos satellite et aériennes pour prouver l'existence de ces canaux, qui causeraient de graves dommages écologiques dans la région, une zone humide protégée.

    Ces préjudices graves au Costa Rica et à son environnement sont en train de se produire chaque jour qui passe et vous devez intervenir avant qu'ils ne deviennent définitifs, a ajouté M. Kohen.

    Le Nicaragua, qui aura la parole mardi, affirme quant à lui que le territoire lui appartient de manière historique.

    De plus, ces canaux artificiels sont en fait naturels, assure Managua : vous savez, là-bas, il suffit de traîner une pelle sur le sol et voilà, vous avez un +caño+, un canal artificiel, a déclaré à l'AFP l'agent du pays devant la CIJ, l'ambassadeur Carlos José Argüello Gomez.

    C'est une situation qui change beaucoup, a-t-il ajouté, assurant qu'aucune activité ne prenait plus place sur ce bout de terre isolé.

    Après la première plainte, la CIJ avait en effet décidé que les deux pays devaient s'abstenir d'envoyer ou de maintenir sur le territoire litigieux des agents, qu'ils soient civils, de police ou de sécurité.

    Selon le Costa Rica, où vivent 20% de Nicaraguayens ou de Costariciens d'origine nicaraguayenne, le Nicaragua n'a pas respecté cette obligation: malheureusement, le Costa Rica est contraint de vous solliciter encore une fois pour des mesures conservatoires, a affirmé M. Ugalde-Alvarez à la Cour.

    Appelée Isla Portillos par le Costa Rica et Harbour Head par le Nicaragua, cette île, grande ou petite (...) est un territoire costaricien et le droit international doit le reconnaître, avait déclaré à l'AFP M. Ugalde-Alvarez, peu avant l'audience.

    La tension liée aux frontières avait ensuite subi une escalade en 2011, quand le Nicaragua avait porté plainte à son tour sur la construction d'une route du côté costaricien de la frontière, qui, selon Managua, aurait également des graves conséquences sur l'environnement.

    Fondée en 1945, la CIJ, plus haut organe judiciaire des Nations unies, est chargée de juger les différends entre États. Elle ne dispose pas de moyens coercitifs pour faire appliquer ses décisions mais celles-ci sont, généralement, respectées en raison de l'accord à priori des parties.


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