• Le pardon tardif de Mitsubishi aux prisonniers de guerre américains

     

    Le pardon tardif de Mitsubishi aux prisonniers de guerre américains

    Le grand groupe japonais a présenté le dimanche 19 juillet 2015 ses excuses aux prisonniers américains que Tokyo avait forcé à travailler dans les mines d’étain du géant industriel, lors de la Seconde guerre mondiale.

    Il aura fallu attendre 70 ans pour James Murphy. Aujourd’hui âgé de 94 ans, cet ancien prisonnier de guerre américain avait été contraint de travailler dans les mines d’étain de la compagnie japonaise Mitsubishi durant la guerre.

    Dimanche 19 juillet, le groupe japonais Mitsubishi Materials a présenté ses excuses aux quelques ex-prisonniers de guerre américains survivants aujourd’hui, forcés de travailler dans les mines du géant industriel pendant la Seconde Guerre mondiale. Un geste historique qui intervient 70 ans après le conflit.

    Des « excuses pleines de remords »

    Hikaru Kimura, un responsable de la compagnie a adressé des « excuses pleines de remords » à James Murphy, l’un des rares prisonniers américains forcés à travailler au Japon encore vivant.

    Seulement deux survivants parmi ces anciens prisonniers de guerre ont pu être retrouvés et un seul, James Murphy, était en suffisamment bonne santé pour se rendre à Los Angeles. Il a accepté ces excuses « sincères et humbles ».

    « Depuis que la guerre s’est achevée il y a 70 ans, les prisonniers de guerre ayant travaillé pour ces compagnies japonaises ont demandé quelque chose de très simple, ils ont demandé des excuses », a déclaré James Murphy lors de cette cérémonie au Centre Simon Wiesenthal à Los Angeles, dédié à la mémoire de l’Holocauste.

    « Nous espérons que la bienveillance de Mitsubishi s’étende maintenant à toutes les autres mines et usines qui ont employé des prisonniers de guerre américains contre leur gré. »

    Un « esclavage et une horreur totale »

    Mitsubishi est la première société japonaise à accomplir une telle démarche. Plusieurs autres grandes compagnies japonaises ont employé des milliers de prisonniers de guerre ou de la main-d’œuvre forcée, surtout des Chinois et des Coréens.

    Le gouvernement japonais avait pour sa part attendu septembre 2010 pour présenter ses excuses à d’anciens prisonniers de guerre américains pour les « traitements inhumains » endurés.

    James Murphy a déclaré à la chaîne anglaise BBC que les conditions de travail dans les mines, où il a travaillé un an, ont été « un esclavage de tous les instants », « une horreur totale », « pas de nourriture, pas de médicaments, pas de vêtements ni d’hygiène », ajoutant que le pire était de savoir que Mitsubishi construisait des avions utilisés contre les forces américaines.

    Hikaru Kimura et d’autres représentants de l’entreprise ont rencontré James Murphy et des proches d’anciens détenus afin de « leur adresser nos excuses pleines de remords pour les avoir soumis au travail forcé durant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’ils ont travaillé dans des mines exploitées par Mitsubishi », a-t-il dit.

    S’exprimant par le biais d’un interprète, il a indiqué que près de 900 prisonniers avaient été forcés de travailler dans quatre mines exploitées par la compagnie au Japon.

    James Murphy voulait simplement des excuses, pas d’argent

    Le gouvernement japonais s’est félicité de ce geste à quelques semaines du 70e anniversaire de la fin de la guerre, le 15 août 2016. Quant à Abraham Cooper, vice-président du Centre Simon Wiesenthal, il a « espéré que ce geste poussera d’autres compagnies japonaises à faire de même ».

    James Murphy a déclaré avoir pardonné depuis longtemps aux Japonais mais il demandait des excuses pour cette « terrible épreuve ». Aucune compensation financière n’a été offerte par Mitsubushi, mais pour James Murphy les excuses étaient primordiales.

    « Les conditions de travail étaient très dures et les prisonniers ont été soumis à rude épreuve », a reconnu Hikaru Kimura, promettant de ne jamais laisser une telle chose se reproduire.

    « En tant que société ayant succédé à Mitsubishi Mining, nous ne pouvons que ressentir un profond sentiment de responsabilité éthique pour cette tragédie du passé », a-t-il ajouté, sans préciser pourquoi ses excuses interviennent aussi longtemps après la fin de la guerre et pourquoi cette année précisément.


  • Commentaires

    1
    Jeudi 6 Août 2015 à 16:20

    C'est le genre de pardon dont je me méfie.

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