• Le président kényan Uhuru Kenyatta devant la CPI

    Le président kényan Uhuru Kenyatta devant la CPI

    Convoqué pour une audience sur un éventuel nouveau report de son procès, le président du Kenya Uhuru Kenyatta comparait le 8 octobre devant la Cour pénale internationale (CPI).

    Son procès pour crimes contre l’humanité semble, cependant, de moins en moins probable.

     Uhuru Kenyatta, le président du Kenya, comparaît mercredi 8 octobre devant la Cour pénale internationale (CPI). Accusé de crimes contre l’humanité, il est le premier président en exercice à se présenter devant la CPI.

    Cependant, c’est à titre personnel et non comme chef de l’État qu’Uhuru Kenyatta s’est rendu à La Haye. Avant son départ, il a délégué ses pouvoirs à son vice-président William Ruto (lui-même jugé par la CPI pour crimes contre l’humanité) le temps de son séjour.

    De quoi est accusé Uhuru Kenyatta ?

    Le président kényan est mis en cause pour sa responsabilité présumée dans les violences post-électorales de fin 2007 et début 2008 dans son pays.

    À l’époque des faits, il soutenait la candidature du président sortant, Mwai Kibaki, et il serait pénalement responsable en tant que coauteur indirect, au sens de l’article 25-3-a du Statut de Rome, des cinq chefs de crimes contre l’humanité suivants : meurtre ; déportation ou transfert forcé de population ; viol ; persécution ; et autres actes inhumains.

    À la suite de la proclamation du résultat de l’élection présidentielle du 27 décembre 2007 (Mwai Kibaki élu avec une courte avance de 232 000 voix), Uhuru Kenyatta aurait pris part aux violences qui ont éclaté entre ethnies Kikuyu, Kalenjin et Luo, menant le pays au bord de la guerre civile et faisant plus de 1 330 morts et 600 000 déplacés.

    Que va faire Uhuru Kenyatta devant la CPI ?

    Uhuru Kenyatta a répondu à la convocation de la CPI (il l’avait déjà fait une fois, mais avant sa victoire à l’élection présidentielle en 2013) pour une audience sur un éventuel nouveau report de son procès.

    Celui-ci aurait dû s’ouvrir en novembre 2013 mais il a été repoussé à plusieurs reprises en raison de la rétractation de plusieurs témoins importants : une série de défections commencée à la suite de la publication de leurs noms en 2010, et qui s’est généralisée après la victoire d’Uhuru Kenyatta (et de son colistier William Ruto) à l’élection présidentielle de mars 2013.

    Le procès va-t-il avoir lieu ?

    Compte tenu de la défection des témoins, le dossier d’accusation contre le président kényan semble aujourd’hui faible. La procureur de la CPI n’a pas pu obtenir du gouvernement des informations sur les avoirs financiers et les relevés téléphoniques de Uhuru Kenyatta. À ce jour, la tenue de ce procès semble de moins en moins évidente.


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