• Les trois grands riverains du Nil s'accordent sur la construction d’un barrage

    Les trois grands riverains du Nil s'accordent sur la construction d’un barrage

    Le Soudan, l’Ethiopie et l’Egypte ont mis un terme, lundi à Khartoum, à un grave conflit sur le contrôle des eaux du grand fleuve.

    C’est un conflit ayant failli dégénérer en guerre ouverte qui a pris fin lundi à Khartoum. Après des années de malentendus et de menaces, les trois principaux pays riverains du Nil que sont l’Ethiopie, l’Egypte et le Soudan ont finalement signé dans la capitale soudanaise – où Nil Blanc et Nil Bleu se rejoignent – un accord de principe sur la construction du barrage éthiopien «Grande renaissance» et la répartition des eaux du grand fleuve.

    Les trois grands riverains du Nil s'accordent sur la construction d’un barrage

    Projet pharaonique

    Tout avait commencé en 2011, lorsque l’Ethiopie rendait public son projet pharaonique de barrage sur le Nil Bleu. Baptisé «Grand barrage de la renaissance éthiopienne» (Gerd, en anglais), cet ouvrage de près de 1800 mètres de long sur 170 de haut et d’une puissance de 6000 mégawatts (trois fois la Grande-Dixence) est annoncé comme devant être le plus grand d’Afrique. Et sera trois fois plus grand que celui d’Assouan en Egypte.

    L’Egypte, justement, réagit au quart de tour. Craignant pour le débit du Nil dont dépendent ses agriculteurs et son approvisionnement en eau, Le Caire met les pieds au mur. En accord avec le Soudan, l’Egypte fait valoir deux traités datant de 1929 et 1959 qui lui garantissent, ainsi qu’au Soudan, des droits sur 87% du débit du Nil, et un droit de veto sur tout projet en amont du fleuve.

    Traité contre traité

    S’appuyant sur un autre traité, conclu en 2010 avec la majorité des états riverains du bassin du Nil (soit le Rwanda, la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya et le Burundi), Addis-Abeba passe outre et commence, en mai 2013, à détourner les eaux du Nil Bleu pour assécher la zone où le Gerd sera érigé.

    Au Caire, où Mohammed Morsi en a encore pour deux mois à la présidence, la réaction est immédiate. Le chef de l’Etat issu des Frères musulmans n’exclut «aucune option» pour protéger les intérêts de son pays. «Nous ne sommes pas les avocats de la guerre, mais nous ne permettrons jamais que soit mise en péril notre sécurité en matière d’approvisionnement en eau», lance-t-il début juin 2013.

    L’Ethiopie, qui va investir 4,5 milliards de francs dans le Gerd ne cède pas. Les travaux continuent et concernent aujourd’hui, en plus du «mur», une zone de quelque 1800 km2.

    Lundi 23 mars 2015, à Khartoum, la crise a donc pris fin. «Nous avons choisi de coopérer, et de nous faire confiance mutuellement dans l’intérêt du développement», a commenté le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi. Avant d’assurer que l’accord final, qui doit encore être finalisé, «sera bénéfique à l’Ethiopie, sans nuire aux intérêts de l’Egypte et du Soudan». Dont acte.

     


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