• Londres arrête un haut responsable rwandais, colère à Kigali

    Londres arrête un haut responsable rwandais, colère à Kigali

    Le chef des services de sécurité a été interpellé à la demande de la justice espagnole, qui enquête sur la période post-génocide.

    Les cicatrices liées au génocide rwandais - 800'000 Tutsis massacrés par des extrémistes hutus en 1994 -, puis au climat de vengeance qui a prévalu après la chute du pouvoir hutu, ne sont pas près de se refermer. Ce douloureux passé a subitement refait surface mardi, lorsque Londres a annoncé avoir procédé à l’arrestation d’Emmanuel Karenzi Karake, 54 ans, l’actuel chef des services de sécurité et de renseignement du Rwanda, et considéré comme le bras droit du président Paul Kagame.

    L’interpellation a eu lieu samedi, à l’aéroport d’Heathrow, alors que le général rwandais s’apprêtait à rentrer dans son pays. Il a été entendu puis placé en détention provisoire jusqu’à jeudi, date à laquelle il devra une nouvelle fois comparaître.

    Cette arrestation intervient dans le cadre d’une procédure lancée en Espagne en 2008 contre 39 membres du Front patriotique rwandais (FPR), l’organisation à dominante tutsie qui avait pris le pouvoir au Rwanda après le génocide. Dans les mois et les années qui avaient suivi, en représailles aux atrocités commises par les Hutus, le bras armé du FPR, l’Armée patriotique rwandaise, s’était elle aussi rendue coupable de maintes exactions dans sa reconquête du territoire, pourchassant les Hutus jusqu’en République démocratique du Congo (RDC).

    Or parmi les victimes d’exécutions sommaires, on trouve trois humanitaires espagnols, tués en 1997 au nord du Rwanda. Selon le juge espagnol qui enquête sur l’affaire, ceux-ci ont été assassinés par des membres de l’Armée patriotique rwandaise, sur ordre présumé d’Emmanuel Karenzi Karake, alors en charge du service de sécurité de l’organisation militaire. Les coopérants auraient été les témoins du massacre d’une cinquantaine de Hutus, d’où la décision de les liquider.

    En 2007, Human Rights Watch avait aussi réclamé à l’ONU une enquête sur le rôle du général rwandais dans les massacres de civils dans l’est de la RDC.

    Mardi après-midi, la justice espagnole a demandé l’extradition d’Emmanuel Karenzi Karake. A Kigali, le gouvernement a réagi avec virulence, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, qualifiant le mandat d’arrêt européen d’«inacceptable», relevant de la «folie de pro-génocidaires». Un argument que le régime de Kigali, accusé de dérive autoritaire par les organisations de défense des droits humains, utilise face à toute critique.

    Cette arrestation à Londres a en tout cas surpris le gouvernement rwandais, qui compte le Royaume-Uni parmi ses meilleurs alliés. Le Foreign office s’est refusé à tout commentaire sur l’affaire, sinon pour souligner la «relation profonde et de longue date» entre le Royaume-Uni et le Rwanda.


  • Commentaires

    1
    VERTIGO 04
    Mercredi 24 Juin 2015 à 19:09

    cool. Il faut que tous ces génocidaires sachent qu'ils ne seront à l'abris nulle part sur terre bad.

    2
    Caroline..
    Mercredi 24 Juin 2015 à 19:12

    Pas trop tot!

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