• ONU: un vaste système de pots-de-vin découvert

    ONU: un vaste système de pots-de-vin découvert

    John Ashe, l’ambassadeur d’Antigua-et-Barbuda, est accusé de corruption. Il aurait perçu plus d'un million de dollars.

    Un scandale de pots-de-vin a ébranlé les Nations Unies en pleine Assemblée générale à New York. John Ashe, l’ancien ambassadeur à l’ONU d’Antigua-et-Barbuda et l’ancien président de l’Assemblée générale entre 2013 et 2014, est accusé d’avoir perçu des pots-de-vin pour plus de 1,3 million de dollars. Il a été arrêté mardi 6 octobre 2015 et inculpé pour fraude fiscale dans le cadre d’un stratagème qui devait profiter à Ng Lap Seng, un richissime homme d’affaires chinois. Un autre diplomate onusien, Francis Lorenzo, qui était l’adjoint à l’ambassadeur de République dominicaine à l’ONU, deux hommes d’affaires d’origine chinoise dont Ng Lap Seng et deux représentantes d’une ONG considérée comme factice par les autorités américaines, ont également été inculpés.

    Cette affaire a eu des répercussions sur le procès de Thabo Sefolosha à New York mardi. Alex Spiro, l’avocat du joueur vaudois de NBA, est aussi l’avocat de Ng Lap Seng. L’avocat a dû demander une interruption prématurée de l’audience avant-hier pour pouvoir traiter cette nouvelle affaire. Ng Lap Seng avait été arrêté le 24 septembre dernier, il est accusé d’avoir introduit illégalement 4,5 millions de dollars aux Etats-Unis sur une période de deux ans. La justice américaine affirme que le promoteur immobilier chinois a versé des pots-de-vin à John Ashe en échange de son appui dans des investissements à Antigua-et-Barbuda. John Ashe aurait aussi appuyé la construction d’un centre d’expositions à Macao, d’où est originaire Ng Lap Seng. Ce dernier aurait directement bénéficié de ce chantier, sa compagnie étant impliquée dans le projet.

    «Mon client n’a commis aucun crime», affirme Alex Spiro, l’avocat de Ng Lap Seng. Le centre ne s’est pas construit et John Ashe a démissionné de son poste d’ambassadeur d’Antigua-et-Barbuda l’année dernière. Mais selon la plainte des autorités américaines, l’affaire est claire: «En échange de paiements de la part de M. Ng, John Ashe a soumis au secrétaire général des Nations Unies un document onusien selon lequel il y avait un besoin de construire un centre de conférences onusien à Macao.» Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations Unies, a affirmé mardi qu’il était «choqué» par la plainte visant John Ashe.

    Quant à Ng Lap Seng, son nom est connu aux Etats-Unis. En 1996, l’homme d’affaires chinois avait utilisé une couverture pour verser de manière illégale plus de 1 million de dollars au parti démocrate à l’époque où Bill Clinton était président. Il avait été remercié avec une demi-douzaine d’invitations à la Maison-Blanche et photographié serrant la main de Bill Clinton. Le complice de l’homme d’affaires chinois, un restaurateur de l’Arkansas, avait été arrêté et avait plaidé coupable dans cette affaire. Mais Ng Lap Seng n’avait pas été inquiété. En 1997, dans une interview à la chaîne ABC, ce dernier avait affirmé: «Ma philosophie est ne pas violer la loi, mais ça ne me dérangerait pas de la contourner.»

     


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