• Le Brésil massacre ses Indiens guarani

    Vous voulez que je vous parle de ma famille ? Mon grand-père a été assassiné, mon père a été assassiné, mon oncle a été assassiné… Au total, quinze personnes de mon entourage direct ont été assassinées", lance d’entrée de jeu Valdelice Veron. Le visage tendu, le poing serré, la jeune femme d’une trentaine d’années peine à contenir la colère qui l’anime. Nous la rencontrons à quelques mètres du Parlement européen, où elle vient tout juste de plaider auprès des eurodéputés pour l’adoption d’une résolution sur la survie de son peuple : les Guarani-Kaiowa. Cette communauté indigène de plus de 45 000 membres est installée depuis toujours dans l’Etat du Mato Grosso do Sul, une terre extrêmement fertile du sud du Brésil qui suscite plus que jamais la convoitise des grands propriétaires terriens.

    Multiplication des raids meurtriers

    "A l’heure où je vous parle", poursuit Valdelice Veron "mon village - Taquara Juti - est encerclé par les milices privées qui travaillent pour les entreprises actives dans l’agrobusiness. Les grands producteurs de soja et de canne à sucre utilisent ces groupes armés pour nous expulser ou nous intimider lors de raids meurtriers qui ont failli me coûter la vie il y a moins d’un an. La police de l’Etat, la DOF (Departamento de operaçaos de fronteira) participe directement à ces attaques qui ont encore tué il y a six mois Simiao Vilhava, l’un de nos derniers grands caciques."


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  • Ban Ki-moon appelle à améliorer la santé et le bien-être des peuples autochtones

    9 août 2015 – A l'occasion de la journée internationale des peuples autochtones, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé dimanche la communauté internationale à tout mettre en œuvre pour concrétiser les droits des peuples autochtones, notamment dans les domaines de la santé et du bien-être.

    Alors que l'Organisation célèbre cette année ses 70 ans d'existence, le temps est venu de faire le bilan des nombreux progrès accomplis par les Nations Unis en faveur de l'humanité, a déclaré M. Ban dans un message.

    « L'adoption, en 2007, par l'Assemblée générale, de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones compte parmi les nombreuses réussites de la collaboration fructueuse entre les peuples autochtones et les États membres de l'ONU », a-t-il affirmé.

    En cette Journée internationale, le chef de l'ONU a souhaité accorder une attention toute particulière à la santé et au bien-être des peuples autochtones.

    « La Déclaration reconnaît leur droit de conserver leurs pratiques médicales et d'avoir accès à tous les services sociaux et de santé afin de jouir du meilleur état possible de santé physique et mentale. Comme l'affirme la Déclaration, nous devons tout mettre en œuvre pour les aider à réaliser leurs droits et à concrétiser leurs aspirations », a rappelé M. Ban.

    Le Secrétaire général a ajouté que les peuples autochtones connaissent de nombreux problèmes, pour la plupart évitables, dans les domaines de la santé et du bien-être, y compris des logements et installations sanitaires insalubres, l'absence de soins prénatals, la violence généralisée à l'égard des femmes, la prévalence élevée du diabète, la consommation de drogue et d'alcool et des taux élevés de suicide chez les jeunes et de mortalité infantile.

    M. Ban a appelé à régler de toute urgence ces problèmes dans le cadre du nouveau programme de développement durable qui sera adopté en septembre à New York par les dirigeants mondiaux.

    « En cette Journée internationale des peuples autochtones, je demande à la communauté internationale de veiller à ce qu'ils ne soient pas oubliés. Si nous voulons créer un avenir meilleur et plus équitable, engageons-nous à redoubler d'efforts pour améliorer la santé et le bien-être des peuples autochtones », a déclaré le chef de l'ONU.


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  • Les dernières tribus d'Amazonie «au seuil de l'extinction»

    Au Brésil, dans les années 1970 et 80, de 50 à 90% de certaines tribus ont été décimées par des maladies infectieuses après des rencontres avec l'extérieur.

    Selon des experts, «nous sommes au seuil d'une vaste extinction de cultures car ces populations sont parmi les plus vulnérables au monde».

    Les dernières tribus isolées d'Amazonie sont de plus en plus menacées par la multiplication des contacts avec le monde moderne et les autorités réexaminent leurs politiques envers ces populations pour mieux les protéger, avec cependant des succès limités.

    Selon une série d'articles publiés dans la dernière édition de la revue américaine Science parue jeudi, des groupes entiers de ces populations indigènes sont en danger imminent de disparaître au Pérou et au Brésil, où elles sont le plus présentes.

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    «Nous sommes au seuil d'une vaste extinction de cultures car ces populations sont parmi les plus vulnérables au monde», estime Beatriz Huertas, une anthropologue basée à Lima, dans un de ces articles.

    Chocs entre civilisations

    Même constat de Chris Fagan, directeur de l'ONG américaine Upper Amazon Conservancy, selon qui «on se trouve actuellement près d'une disparition étendue de cultures».

    Des siècles de colonisation ont montré combien les chocs entre civilisations peuvent être tragiques, rappellent ces experts. Depuis l'arrivée des Espagnols en 1492, il est estimé que 50 à 100 millions d'autochtones ont péri sur le continent américain, et avec eux des cultures entières.

    Tout en reconnaissant ne pas savoir précisément ce qui se passe dans ces tribus isolées, ces chercheurs expliquent que les contacts entre ces indigènes et des représentants du monde moderne se multiplient rapidement.

    Des habitants de villages intégrés dans la société moderne au Pérou comme au Brésil font aussi part d'une forte augmentation d'apparitions de ces indigènes, qui parfois font des raids dans leur maison en leur absence, volant et saccageant, indique une des études.

    Risques d'infections

    Outre le risque de confrontation, ce sont de banales infections comme la coqueluche ou la grippe contre lesquelles ces tribus n'ont aucune immunisation qui les tuent. Ces infections sont transmises au contact de bûcherons, de journalistes, de trafiquants de drogue et même d'anthropologues qui se rendent dans la forêt.

    C'est au Pérou que la situation paraît être la plus dramatique, selon ces experts qui estiment à 8000 le nombre des peuplades indigènes éparpillées dans la forêt équatoriale.

    Le gouvernement de Lima a établi des zones protégées de trois millions d'hectares pour permettre à ces tribus de rester isolées mais cela pourrait ne pas suffire, selon les chercheurs.

    26 groupes d'indigènes isolés

    Au Brésil, où dans les années 1970 et 80, de 50 à 90% de certaines tribus ont été décimées par des maladies infectieuses après des rencontres avec des représentants du monde extérieur, les autorités ont pris des mesures drastiques pour empêcher de tels contacts et les limiter au strict minimum. Ainsi, de 1987 à 2013, des contacts ont eu lieu avec seulement cinq tribus.

    Le gouvernement brésilien a recensé 26 groupes d'indigènes isolés dans le pays et pense qu'il pourrait y en avoir près de 80 de plus qui vivent cachés.

    Mais avec le développement rapide de l'économie brésilienne, la septième mondiale, les activités minières, agricoles et la construction d'axes routiers entre autres ont explosé en Amazonie, exerçant des pressions croissantes sur ces populations.  


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  • Mouvement de fronde autour d'un projet minier au Pérou

    L'armée péruvienne a été envoyée dans le sud du pays pour aider la police face aux manifestations contre le projet minier Tia Maria, qui ont déjà fait trois morts.

    Le gouvernement péruvien a annoncé samedi 9 mai 2015 l'envoi de l'armée dans le sud du pays, pour aider la police face aux manifestations contre le projet minier Tia Maria, qui ont déjà fait trois morts.

    «Nous avons bon espoir que cette étape sera suffisamment persuasive pour que les personnes impliquées (dans ces protestations, ndlr) se retirent», a expliqué à la télévision le ministre de la Justice, Gustavo Adrianzen.

    «La province de Islay (où se trouve le chantier, ndlr) doit revenir à la normale», a-t-il affirmé.

    Les militaires resteront présents dans cette province, située à 1.000 kilomètres au sud de Lima, jusqu'au 7 juin.

    Issue fatale pour un policier

    Les autorités péruviennes n'écartent pas la possibilité de déclarer l'état d'urgence dans la province, afin d'en donner le contrôle total aux militaires, ce qui suspendrait temporairement le droit de manifester.

    Un policier, blessé grièvement mercredi lors d'une nouvelle manifestation contre le projet de Tia Maria, mené par la compagnie minière Southern Peru, filiale de la mexicaine Southern Copper, pour un budget d'1,4 milliard de dollars, a succombé ce samedi 9 mai à ses blessures.

    Sa mort porte à trois le nombre de décès dans ces affrontements. Deux manifestants avaient déjà été tués au cours des dernières semaines. Au total, depuis le début de la grève générale le 23 mars, plus de 160 policiers ont été blessés selon le ministère de l'Intérieur.

    Depuis plusieurs mois, les conflits sociaux autour de projets miniers et pétroliers s'intensifient au Pérou, provoquant l'inquiétude de la classe politique et des secteurs industriels, qui craignent pour les investissements dans ce secteur-clé de l'économie du pays.

    Forte opposition

    Dans le cas de Tia Maria, les habitants s'opposent au projet depuis 2009, car ils estiment qu'il nuirait à l'agriculture locale et à l'environnement.

    Le pays latino-américain, qui possède d'importantes richesses naturelles dans son sous-sol, est le cinquième producteur d'or de la planète. Son secteur minier est considéré comme le plus important de son économie et l'un des plus dynamiques.

     


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  • Un ancien chef policier condamné à 90 ans de prison

    L'ancien responsable de la police du Guatemala avait dirigé en 1980 un assaut meurtrier contre des manifestants indiens réfugiés à l'ambassade d'Espagne à Guatemala City. L'intervention avait fait 37 morts.

    L'assaut dirigé par l'ex-responsable policier était intervenu dans le contexte de l'interminable guerre civile opposant un régime de droite à une rébellion de gauche, qui a fait quelque 200'000 morts ou disparus de 1960 à 1996, selon les estimations de l'ONU.

    Pedro Garcia dirigeait alors les forces spéciales qui avaient donné l'assaut contre l'ambassade le 31 janvier 1980, où s'étaient réfugiés un groupe de paysans et étudiants indiens protestant contre la répression de l'armée. L'ambassade avait été incendiée lors de l'assaut.

    Pedro Garcia n'aura à purger que 30 ans de prison, la sentence maximale encourue à l'époque des faits.

    Répression dénoncée

    Le verdict a été rendu alors que des manifestants réunis devant le tribunal criaient «assassin, assassin», après avoir organisé une cérémonie Maya devant un autel portant fleurs et bougies.

    L'incendie avait été provoqué à l'ambassade espagnole le 31 janvier 1980, alors qu'un groupe d'indigènes, de paysans et d'universitaires occupait la représentation diplomatique pour dénoncer la répression de l'armée, dans le cadre de la guerre civile qui a déchiré le pays entre 1960 et 1996.

    Pour les déloger, militaires et policiers avaient mis le feu à l'ambassade, provoquant la mort de 37 personnes, en majorité des indigènes, mais aussi un ancien vice-président et un ex-ministre des Affaires étrangères guatémaltèques, ainsi que trois diplomates espagnols.


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  • Des «Jeux Olympiques masaï» pour sauver les derniers lions

    Brandissant leurs lances en guise de javelots, les chasseurs de lions du Kenya ont rivalisé d'adresse lors de «Jeux Olympiques masaï» organisés pour sauver ces fauves menacés d'extinction.

    Organisés au pied du mont Kilimandjaro, dans la petite réserve de Kimana, à 220 kilomètres au sud-est de la capitale, Nairobi, ces jeux masaï parrainés par le champion olympique du 800 m David Rudisha, veulent offrir aux guerriers une autre manière de prouver leur force.

    De génération en génération, en un immuable rite de passage à l'âge adulte, les guerriers de la tribu masaï devaient prouver leur virilité en tuant un lion. Une campagne de défenseurs de l'environnement tente de les convaincre de remplacer la chasse par le sport.

    Car les grands fauves se font de plus en plus rares au Kenya, victimes du braconnage et de la raréfaction de leur habitat, grignoté par l'urbanisation. Le pays ne compte plus que 2000 lions, contre 30'000 dans les années 1970.

    Athlètes aux pieds nus

    David Rudisha, champion olympique du 800 mètres et détenteur du record du monde sur la distance, lui aussi masaï, est le parrain de la compétition, dont c'est la deuxième édition.

    «Je suis heureux d'être ici, parmi les miens, et d'essayer de les convaincre de ne plus tuer les animaux sauvages, parce qu'ils nous apportent beaucoup», explique-t-il, alors que des athlètes aux pieds nus sprintent dans la poussière.

    Les épreuves traditionnelles ont été mâtinées d'une petite touche locale: en guise de javelots, ce sont leurs lances acérées que projettent les guerriers. Et les massues de bois destinées à se protéger des hyènes, les «rungus», remplacent les disques dans l'épreuve du lancer.

    Visage luisant d'ocre rouge, corps drapé de pourpre, cou ceint de rangées de perles multicolores, les guerriers s'affrontent sur les plaines dominées par la calotte de neige du Kilimandjaro, le plus haut sommet d'Afrique.

    «J'essaye aussi de montrer l'exemple, de prouver que le sport peut changer votre vie, vous permettre de devenir quelqu'un», ajoute Rudisha, en haussant la voix. Derrière lui, des centaines de spectateurs hurlent, encouragent les athlètes de leur village qui courent à travers la savane jaunie.

    «Le sport m'a permis d'aller très loin, j'ai voyagé dans le monde entier, juste pour courir».

    Les épreuves ont été pensées pour permettre aux guerriers de rivaliser en utilisant leurs talents de chasseurs, dans un cadre sportif.

    Sensibiliser les Masaï

    Pour les épreuves de course, les hommes s'affrontent sur des distances de 200, 800 ou 5000 mètres, les femmes sur 100 ou 1500 mètres.

    Spécialité de cette tribu, le «saut en hauteur masaï», où les guerriers bondissent dans les airs à la verticale et non au dessus d'une barre, est aussi à l'honneur.

    Selon les organisateurs, «c'est une occasion pour les Masaï de montrer leurs prouesses physiques à travers un événement sportif plutôt que lors d'une chasse», tout en les sensibilisant sur les menaces qui pèsent sur les lions.

    «Les lions sont en danger», souligne Fiesta Warinwa, de la Fondation pour la faune sauvage africaine (AWF).

    Ce sont surtout ces grands fauves que les touristes espèrent voir en venant au Kenya - ainsi que les éléphants ou les rhinocéros, eux aussi gravement menacés par le braconnage. Et le tourisme représente l'une des principales sources de devises du pays.

    Des bourses scolaires

    «A moins d'agir, ces lions pourraient totalement disparaître d'ici deux décennies», avertit Fiesta Warinwa. «Les Jeux Olympiques masaï participent à la protection des lions par l'éducation.»

    «Ces jeux masaï sont bien plus qu'un événement pittoresque d'une journée», assure Samar Ntalamia, représentant de «Big Life conservation campaigners».

    «C'est un programme annuel d'éducation qui nous donne la possibilité de sensibiliser ces jeunes hommes aux questions de préservation de la faune sauvage, notamment les lions».

    Pas de médailles pour les vainqueurs mais des têtes de bétail - la plus grande richesse chez les Masaï - des bourses scolaires ou des sommes d'argent. Les deux meilleurs athlètes, eux, ont gagné un voyage tous frais payés à New York pour concourir dans le marathon 2015.


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  • Les Nations-Unies condamnent le traitement infligé aux Bushmen du Botswana

    Suite à sa visite dans le pays le mois dernier, le Rapporteur spécial des Nations-Unies pour les droits culturels a condamné le traitement infligé aux derniers chasseurs bushmen par le gouvernement botswanais.

    Farida Shaheed a exprimé sa préoccupation face aux restrictions imposées aux Bushmen quant à l’accès à leur territoire ancestral dans la Réserve du Kalahari central et quant à la politique contradictoire du gouvernement qui expulse les Bushmen au nom de la conservation tout en poursuivant l’exploitation minière et en encourageant le tourisme à l’intérieur de la réserve.

    ‘La crainte du groupe affecté est qu’une fois disparus les aînés de la communauté, plus personne n’aura le droit de vivre dans la réserve. De plus, en insistant sur le fait que les gens sont expulsés de la réserve pour la conservation de la faune, le gouvernement est en contradiction avec sa volonté de poursuivre des activités minières et de favoriser le tourisme’, écrit Farida Shaheed dans son rapport, exigeant du gouvernement botswanais qu’il ‘clarifie la question’.

    Malgré une décision de la Haute Cour en 2006 qui a confirmé le droit des Bushmen à vivre et chasser à l’intérieur de la réserve, la majorité d’entre eux est obligée de demander un permis d’entrée à partir de l’âge de 18 ans.

    Le porte-parole bushman, Jumanda Gakelebone, a déclaré à dpa, la principale agence de presse de langue allemande : ‘Si nous ne pouvons pas retourner sur nos terres ancestrales, il n’y aura bientôt plus de Bushmen au Botswana’.

    Les Bushmen sont accusés de braconnage parce qu’ils chassent pour se nourrir et risquent les arrestations, les coups, la torture et la mort tandis que les chasseurs de trophées ont tout loisir de tuer pour le sport.

    Le leader bushman Roy Sesana a récemment demandé l’aide du Prince William – qui dirige l’organisation United for Wildlife de lutte contre le braconnage – pour établir que les Bushmen ne sont pas des braconniers.

    Le gouvernement botswanais manifeste un profond mépris pour le mode de vie des chasseurs-cueilleurs bushmen. Dans une déclaration récente à la nation, le président botswanais, Ian Khama, a souligné les efforts accomplis par son gouvernement en collaboration avec les organisations communautaires pour ‘faciliter la transition [des Bushmen] de la chasse au tourisme photographique’.

    Des Bushmen ont été arrêtés et torturés pour avoir chassé pour nourrir leurs familles.
    Des Bushmen ont été arrêtés et torturés pour avoir chassé pour nourrir leurs familles.

    © Survival International

    Si le président Ian Khama s’apprête à accueillir la conférence inter-gouvernementale sur le braconnage de United for Wildlife au Botswana en mars 2015, il continue d’agir illégalement en persécutant les Bushmen, leur refusant le droit de vivre librement sur leurs terres et d’y chasser le gibier, en contradiction avec la décision de la Haute Cour.

    Survival International a recensé plus de 200 cas d’atteinte aux droits des Bushmen aux mains des agents de la faune et de la police et a appelé à un boycott du tourisme au Botswana tant que les Bushmen ne seront pas autorisés à vivre en paix sur leur territoire ancestral.

    Stephen Corry, directeur de Survival, a déclaré aujourd’hui : ‘Le président Khama est en train de compromettre la réputation de son pays en imposant une implacable répression à l’encontre des Bushmen. Sa dernière déclaration illustre parfaitement son mépris à leur égard – pour lui, les Bushmen ne sont bons qu’à attirer les touristes’.

     

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  • Fait rarissime, une décharge électrique a tué 11 membres d'une même tribu et fait 15 blessés dans le nord du pays.

    Fait très rare, la foudre a tué onze membres d'une communauté amérindienne dans le nord de la Colombie lors d'un orage, ont annoncé lundi les autorités locales. Le drame s'est produit dans la vallée de la Sierra Nevada dans la région de Magdalena, où vit en isolement une tribu de l'ethnie kogui.

    «Une décharge électrique provoquée par un éclair a entraîné la mort de 11 indigènes et en a blessé 15 autres», a annoncé le Défenseur du peuple, nom donné au médiateur public, dans un communiqué.

    Un dispositif spécial pour les blessés

    «Les responsables de la tribu se trouvaient réunis au moment où a eu lieu ce phénomène naturel», a précisé cet organisme chargé de la défense des droits de l'homme, qui a détaché un représentant dans cette région où opère un bataillon de haute montagne de l'armée.

    Les indigènes blessés devaient être transportés à l'hôpital de Santa Marta, l'agglomération la plus proche et située sur la côte des Caraïbes.

    Le directeur de l'organisme national pour la prévention des risques, Carlos Ivan Marquez, a précisé que la foudre était tombée dans un secteur retiré, à au moins cinq heures de route de Santa Marta. Un dispositif spécial a été mis en place pour recevoir les membres de la tribu, a-t-il précisé.


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  • La déclin de la Grande barrière menace l'identité aborigène

    La Grande barrière de corail est menacée par le réchauffement climatique, la pêche intensive et l'urbanisation. Avec sa dégradation, c'est toute la culture aborigène qui s'effrite.

    Joyau de la planète, la Grande barrière de corail d'Australie est menacée par le réchauffement climatique, la pêche ou l'urbanisation. Mais pour les Aborigènes, minorité autochtone de l'île-continent, ces dégradations environnementales constituent aussi des atteintes à leur identité culturelle.

    Gavin Singleton, un représentant de cette communauté longtemps ostracisée, s'est récemment engagé aux côtés des autorités pour aider à la préservation de la plus grande formation vivante au monde. A ses yeux, la Grande barrière est bien plus qu'un trésor de la nature, c'est l'âme de son peuple.

    «La plupart de nos traditions, de nos coutumes, de nos langues viennent de la mer. La perte du récif aurait un impact direct sur notre propre identité», a-t-il déclaré. «Nous étions là avant la formation du récif et de générations en générations, on se transmet des histoires relatant l'invasion de la région par la mer, la 'grande inondation'.»

    Territoires ancestraux

    La famille de Gavin appartient au peuple Yirrganydji, dont le territoire d'origine s'étend dans le nord-est de l'Australie, sur une bande littorale allant de Cairns à Port Douglas, 65 kilomètres plus au nord.

    A la fin de l'ère glaciaire, il y a 10'000 ans, la mer a envahi le plateau continental ainsi qu'une partie du territoire des Yirrganydji et d'autres peuples autochtones pour constituer le récif actuel. Plus de 70 communautés aborigènes et habitants du Détroit de Torres possèdent leurs territoires ancestraux sur le récif. Certains y vivaient même il y a plus de 60'000 ans.

    Perspectives «mauvaises»

    Aujourd'hui, la Grande barrière attire pas moins de deux millions de touristes chaque année, tandis qu'un million de personnes vivent dans sa zone de chalandise et en dépendent pour leur subsistance ou leur activité. Son poids dans l'économie australienne est évalué à 5,4 milliards de dollars australiens (4,5 milliards de francs) et à 67'000 emplois.

    En 2013, l'Unesco s'est cependant inquiété des menaces croissantes de dégradations qui pèsent sur les 2300 kilomètres de la Grande barrière, inscrite depuis 1981 au patrimoine de l'humanité.

    L'Organisation des Nations unies a donné à l'Australie jusqu'au 1er février 2015 pour présenter un plan de préservation du site, faute de quoi elle risque de voir le récif déclassé au rang des lieux «en danger» du patrimoine mondial.

    En août, le gouvernement australien a confirmé que les perspectives du site étaient «mauvaises». Il a cité le réchauffement climatique au rang des premières menaces pour ses écosystèmes, mais également la pêche, le ruissellement des eaux usées ou l'urbanisation du littoral.

    Un «siècle de défrichage, d'agriculture et d'utilisation de pesticides» est le responsable numéro un de la santé déclinante du site, estime Russell Reichelt, président de l'Autorité gouvernementale de conservation de la Grande barrière.

    Plan d'action

    Le ruissellement des eaux est aussi considéré par les scientifiques comme un facteur de développement d'espèces invasives comme l'acanthaster, une étoile de mer qui dévore le corail. Les femelles peuvent pondre jusqu'à 60 millions d’œufs par an pour un taux de fécondation situé entre 70 et 80%.

    Mi-septembre, Canberra a présenté l'ébauche d'un plan d'action sur 35 ans. Celui-ci propose notamment une meilleure coordination des pouvoirs publics ainsi que l'interdiction dans certaines zones de nouvelles activités portuaires ou de dragage.

    «Nous avons écouté et répondu au monde sur la question de la Grande barrière», a assuré le ministre de l'Environnement, Greg Hunt, ajoutant que «le Premier ministre Tony Abbott voulait faire du rétablissement du site le marqueur de son action pour l'environnement».

    De son côté, Gavin Singleton voudrait surtout que de plus en plus d'Aborigènes soient autorisés à gérer les zones qui furent les terres de ses ancêtres. Dans une telle hypothèse, la «gestion du récif» serait «efficace», dit-il. «Nous serons là pour rester et nous surveillerons le récif comme le lait sur le feu.»


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  • Première Conférence mondiale sur les peuples autochtones au siège de l'ONU

    22 septembre 2014 – Le siège des Nations Unies a accueilli lundi la première Conférence mondiale sur les peuples autochtones, un évènement qui a été qualifié d'historique par le Président de l'Assemblée générale, Sam Kutesa, et le Secrétaire général Ban Ki-moon.

    « La Conférence mondiale sur les peuples autochtones est le point culminant des échanges dynamiques entre les Nations Unies et les peuples autochtones à travers le monde au cours des cinquante dernières années », a déclaré M. Kutesa à l'ouverture de la Conférence.

    « Cette Conférence mondiale est l'occasion pour les États Membres de faire participer les peuples autochtones d'une manière plus stratégique et plus bénéfique », a-t-il ajouté.

    « Les peuples autochtones sont au centre de notre préoccupation en termes de droits de l'homme et de développement mondial. Vos délibérations et décisions se feront sentir dans la communauté internationale avec des effets concrets sur la vie des peuples autochtones », a dit pour sa part Ban Ki-moon.

    Le Secrétaire général s'est dit fier que l'Assemblée générale ait adopté en 2007, la première année de son entrée en fonction, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Cette Déclaration établit des standards minimaux pour la survie, la dignité et le bien-être des peuples autochtones.

    Des milliers de délégués participent à cette conférence qui doit durer deux jours et au cours de laquelle ils échangeront leurs points de vue sur la réalisation des droits des peuples autochtones.

    Les peuples autochtones représentent plus de 5.000 groupes distincts dans quelque 90 pays et comptent 370 millions de personnes, soit plus de 5% de la population mondiale.

    Les Etats membres participant à la Conférence ont adopté lundi un document dans lequel ils renouvellent leur engagement à la pleine réalisation des droits des peuples autochtones.

    Ban Ki-moon s'est dit encouragé par le fait que ce document « contient des engagements concrets visant à combler le fossé entre les promesses et les résultats. » « Je remercie tous les gouvernements et peuples autochtones qui ont coopéré de bonne foi pour produire ce texte. Et j'attends des Etats membres qu'ils respectent leurs engagements », a-t-il ajouté.

    « Les Nations Unies feront tout leur possible pour soutenir les peuples autochtones et nous comptons sur votre engagement dans notre campagne mondiale pour un avenir plus durable », a-t-il encore dit.


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