• En vingt ans, près de 1 200 femmes amérindiennes sont mortes ou ont disparu, selon la gendarmerie royale canadienne.

    Les femmes autochtones sont plus vulnérables et victimes de discriminations raciales et sexuelles.

    De nombreuses associations demandent une enquête publique nationale.

    À 25 ans, Bella faisait la fierté de sa famille. La jeune femme avait quitté sa communauté amérindienne des Cris d’Alberta, dans l’ouest du Canada, pour décrocher un diplôme de mode à Toronto, dans l’est du pays.

    Fière de ses origines, elle voulait associer l’art traditionnel autochtone à la mode contemporaine. Mais le 20 juillet 2013, pour une raison encore inexpliquée, Bella a chuté d’un appartement où elle passait la soirée avec des amis, au 31e étage d’un immeuble de Toronto. « Le dossier est toujours ouvert, non résolu et considéré comme suspect », résume la sœur de Bella, Melina Laboucan-Massimo.

    Le nom de Bella s’est ajouté à la longue liste de femmes autochtones assassinées ou disparues au Canada. « Chaque mois on perd entre une et sept jeunes filles », précise Michèle Audette, présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada (Afac). 

    Les populations autochtones sont particulièrement fragiles

    En mai 2014, un rapport de la gendarmerie royale du Canada (GRC) a confirmé la surreprésentation des femmes autochtones parmi les victimes de crimes. Au Canada, les Amérindiennes représentent 4 % de la population féminine, mais 11 % des disparues et 16 % des femmes tuées. Entre 1980 et 2012, 1 181 cas d’homicides et de disparitions de femmes autochtones ont été notifiés à la police. Des chiffres probablement en deçà de la réalité.

    Les populations autochtones sont particulièrement fragiles. La pauvreté, la dépendance à l’alcool ou à la drogue sont plus importants chez les Amérindiens. Le manque de ressources peut ainsi conduire des femmes à se prostituer ou à faire de l’auto-stop pour se déplacer, des comportements qui augmentent leur vulnérabilité à la violence.

    Selon Michèle Audette, l’histoire coloniale du Canada explique ces difficultés économiques et sociales. Au XIXe  siècle, certaines pratiques culturelles autochtones ont été interdites, une partie des territoires confisquée, et jusqu’en 1996, les enfants amérindiens ont été contraints d’étudier dans des écoles imposées à des fins d’assimilation. 

    Des politiques qui ont marginalisé les communautés autochtones

    Beaucoup d’élèves y ont subi des sévices sexuels, physiques et mentaux. Ces politiques ont marginalisé les communautés autochtones et les ont laissées dans un grave état de dénuement.

    La présidente de l’Afac explique aussi leur vulnérabilité par les discriminations raciales et sexuelles latentes. « Les femmes autochtones sont des cibles, car elles sont moins considérées par le système judiciaire. »

    Un rapport de Human Rights Watch a mis en cause des pratiques de certains policiers, comme la tendance à accuser la victime. « Les policiers montrent du doigt le style de vie des victimes, ce qu’elles faisaient et où elles étaient au moment de leur mort. Ils les rendent responsables », s’insurge Melina Laboucan-Massimo, qui se demande si le dossier de sa sœur n’a pas été relégué à la fin de la liste des cas à résoudre.

    De nombreuses voix demandent une enquête publique nationale

    « Bella n’avait pas de problème de dépendance, elle était magnifique et gentille, avait confiance en elle. Ce n’est pas un suicide. Comment une femme peut tomber du haut d’un immeuble de Toronto sans que ça provoque un tollé ? », se désole son cousin, Thomas Laboucan-Avirom.

    Depuis longtemps, de nombreuses voix, lors de manifestations, réclament une enquête publique nationale sur ces assassinats et disparitions. Parmi elles, celle de James Anaya, le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Mais le gouvernement s’y oppose et cite les mesures déjà mises en place : création d’une banque ADN des disparus, durcissement des peines de prison pour meurtres, agressions sexuelles et enlèvements.

    Pour Kellie Leitch, ministre de la condition féminine, l’heure n’est plus aux enquêtes mais à l’action. « Nous voulons mettre en place des mesures concrètes et immédiates pour réduire le nombre de crimes violents contre les femmes et filles autochtones. » Une position partagée par Melina Laboucan-Massimo, qui suggère le développement d’une police de proximité pour accompagner les jeunes femmes dans leurs déplacements.

    Lutter contre les facteurs de vulnérabilité

    Depuis peu, la GRC et l’Afac se sont associés pour mener des campagnes de prévention contre la violence familiale, le trafic humain, ou sur les dangers de l’auto-stop. 

    Mais s’attaquer à la violence contre les femmes autochtones ne pourra se faire sans lutter contre les facteurs de vulnérabilité, estime Robert Falcon-Ouelette, directeur des programmes autochtones de l’université de Manitoba. « Il ne suffit pas de dire stop à la prostitution, il faut s’intéresser à l’éducation, à l’emploi, aux problématiques de pauvreté. Tout est interconnecté. »

    ……………….

    Des populations autochtones vulnérables

    Trois groupes : 1,4 million de personnes avaient une identité autochtone en 2011, soit 4,3 % de la population totale canadienne. Les Premières Nations représentent 61 % des autochtones, les Métis 32 % et les Inuits 4 %. Les autres ont déclaré plusieurs identités.

    Chômage : en 2009, le taux de chômage chez les autochtones était de 13,9 %, contre 8,1 % pour les non-autochtones.

    Revenu : en 2005, le revenu total médian de la population autochtone âgée de 25 à 54 ans atteignait 22 000 dollars, contre plus de 33 000 dollars pour la population non autochtone, et 14 000 dollars pour les Premières Nations vivant dans une réserve.

    Scolarité : en 2006, 33 % des autochtones âgés de 25 à 54 ans n’avaient pas terminé leurs études secondaires, contre 13 % de la population non autochtone.

    Santé : 16 % des Premières Nations déclarent une consommation hebdomadaire abusive d’alcool, contre 8 % pour l’ensemble de la population canadienne.


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  • L'ONU appelle à promouvoir et protéger les droits des peuples autochtones

    9 août 2014 – A l'occasion de la Journée internationale des peuples autochtones qui est célébrée samedi, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a appelé tous les partenaires de l'ONU à se joindre à l'Organisation pour promouvoir et protéger les droits de ces peuples, qui ont un rôle essentiel à jouer dans notre avenir commun.

    « La Journée internationale des peuples autochtones intervient cette année à un moment crucial où : le monde s'efforce tout à la fois de réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement, de se forger une nouvelle vision du développement durable et de préparer le terrain à l'adoption d'un nouvel accord juridique sur le climat - le tout d'ici à 2015 », a dit M. Ban dans un message pour cette Journée.

    Selon lui, les peuples autochtones sont très directement intéressés à ces initiatives – et ils peuvent jouer un rôle majeur dans leur réalisation. « Si nous voulons qu'ils contribuent à notre avenir commun, nous devons garantir leurs droits », a dit le Secrétaire général.

    La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones établit les normes minimales nécessaires à leur survie, leur dignité, leur bien-être et leurs droits. Mais d'immenses abîmes subsistent encore entre ces idéaux et la situation dans laquelle se trouvent la plupart de ces peuples, a-t-il rappelé.

    « Le nouveau programme de développement ne saurait aboutir s'il n'intègre pas les intérêts des peuples autochtones », a ajouté M. Ban. « À l'heure où nous préparons la Conférence mondiale sur les peuples autochtones qui doit se tenir en septembre, je demande instamment aux États Membres de collaborer pleinement avec ces peuples et leurs représentants pour améliorer leurs conditions de vie et leurs perspectives d'avenir. »

    De son côté, le Président de l'Assemblée générale des Nations Unies, John W. Ashe, a rappelé que « la marginalisation historique des peuples autochtones est encore une réalité regrettable dans le monde d'aujourd'hui et, dans de nombreux endroits, des obstacles décourageants font partie de la vie de tous les jours. »

    « Puisse ce jour être une réaffirmation de la solidarité de la communauté internationale avec vous », a dit M. Ashe, à l'adresse des peuples autochtones, dans un message lu par son conseiller spécial, Crispin Gregoire, lors d'une commémoration qui a eu lieu vendredi au siège de l'ONU.


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  • Un village Inuit s’oppose à la prospection pétrolière

    Une communauté Inuit du nord canadien s’oppose à des compagnies pétrolières qui ont obtenu l’autorisation de prospecter dans le détroit de Davis.

    Ils craignent que la méthode de prospection sismique utilisée ne perturbe les mammifères marins, au cœur du mode de vie Inuit.

    Le village Inuit de Clyde River, au Nord du Canada sur l’Île de Baffin, face au Groenland a saisi la justice canadienne lundi 28 juillet pour empêcher une campagne de prospection pétrolière.

    Le maire de ce village de 800 âmes et l’association Nammautaq des trappeurs et chasseurs de Clyde River dénoncent le feu vert accordé par l’Office national de l’énergie (ONÉ), une organisation gouvernementale canadienne, à plusieurs compagnies pétrolières pour effectuer des relevés sismiques dans le détroit de Davis et la baie de Baffin.

    « Des sons 100 000 fois supérieurs au moteur d’un avion »

    En cause, la méthode utilisée par ces compagnies qui tirent avec des canons à air comprimé vers les fonds marins et analysent les échos renvoyés pour déterminer la présence ou non d’hydrocarbures. Cette technique est de plus en plus plébiscitée par les prospecteurs car elle leur évite des forages complexes et très coûteux en mer. Toutefois, elle est particulièrement bruyante et d’après plusieurs ONG environnementales, comme le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) ou OceanCare, elle a un impact négatif sur la faune marine.

     « À 230 décibels, ces canons à air comprimés produisent des sons 100 000 fois supérieurs au moteur d’un avion quand une exposition à 140 décibels cause une perte d’audition permanente pour les êtres humains », explique Nader Hasan, l’avocat de la communauté. Les eaux dans lesquelles doivent avoir lieu les relevés sismiques sont « riches en mammifères marins en particulier des narvals, baleines boréales, morses et phoques », d’après Nader Hasan. Or ces animaux ont développé une ouïe très fine pour se déplacer, se nourrir et communiquer.

    Il n’existe pas pour l’instant d’étude scientifique faisant consensus pour démontrer la nocivité de ces relevés sismiques pour les mammifères marins. Mais pour les défenseurs de l’environnement, elle ne fait pas de doute. L’IFAW explique que « les canons à air utilisés par l’industrie pétrolière entraînent un martèlement suffisamment puissant pour couvrir les cris des baleines sur des milliers de kilomètres à la ronde et peuvent de fait empêcher ces animaux de communiquer et de se reproduire. De tels bruits peuvent également les pousser à abandonner leur habitat ».

    Alors que ce type de relevés a déjà lieu en Méditerranée, à proximité de la Grèce et de la Croatie, l’Union Européenne a récemment pris conscience du problème. Elle exige depuis mars 2014 que toute campagne de prospection sismique soit soumise à une évaluation des incidences sur l’environnement, au même titre que les forages.

    « Les mammifères marins sont au cœur de notre mode de vie »

    La culture traditionnelle des Inuits, un des peuples autochtones du Canada, est centrée autour de la chasse aux animaux marins pour se nourrir et se vêtir. « Les Inuits ont vécu de cette terre et de ces eaux pendant près de 4 000 ans », déclare Jerry Natanine, le maire du village. « Les mammifères marins sont au cœur de notre mode de vie. Ils font partie de notre alimentation et de notre culture. Si les compagnies pétrolières nous prennent cela, il ne nous restera plus rien. » Les habitants craignent en effet que les tests sismiques perturbent les déplacements migratoires des baleines et les éloignent du village.

    L’Office national de l’énergie s’était contenté de noter l’année dernière que ces tests « pourraient avoir des répercussions sur la baleine boréale ». Il affirme avoir mené des consultations et des réunions publiques avec les communautés locales mais a fini par accéder à la requête des compagnies pétrolières en estimant fin juin que « le projet n’était pas susceptible d’avoir un effet négatif important sur l’environnement ». Les trois compagnies ont prévu de démarrer les relevés sismiques en 2015 pendant la saison des « eaux libres », c’est-à-dire en été.

    Une décision qui « viole les droits fondamentaux de la population »

    Si les habitants de Clyde River ont déposé un recours judiciaire, c’est pour obtenir des réponses à propos des risques environnementaux créés par les relevés. « Nous ne sommes pas opposés à tous les projets d’extraction de minéraux, de pétrole ou de gaz. Mais nous devons être sûrs que notre alimentation, économie et culture ne seront pas détruites », précise Jerry Natanine.

    Une manifestation a également eu lieu dans le village de Clyde River la semaine dernière. « Les compagnies pétrolières n’ont pas voulu ou pas pu répondre aux questions de la communauté. Mes clients n’avaient pas d’autres choix que de saisir la justice », regrette Nader Hasan.

    Ce n’est pas la première fois que des peuples autochtones s’opposent à des entreprises pour des questions environnementales au Canada. Le projet controversé de doublement de l’oléoduc Keystone est également dénoncé par plusieurs associations et communautés au Canada pour le danger qu’une rupture du pipeline ferait courir aux espaces sauvages traversés.

    Le village de Clyde River est situé dans le territoire autonome du Nunavut où les Inuits possèdent une certaine indépendance vis-à-vis de la politique canadienne. « La décision de l’ONÉ viole les droits fondamentaux de la population du Nunavut », dénonce Nader Hasan. « Le gouvernement fédéral a l’obligation constitutionnelle de consulter et de négocier avec les autochtones du Nunavut. Cela n’a pas eu lieu. Une fois de plus, l’ONÉ s’est contenté de donner un coup de tampon sur les revendications de l’industrie pétrolière ».

    La question des droits des autochtones est particulièrement sensible au Canada, notamment en ce qui concerne les territoires et les ressources naturelles. Le gouvernement canadien n’est pas réputé pour ses actions en faveur de l’environnement, bien au contraire. Le pays a notamment quitté le protocole de Kyoto, qui prévoit la réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2011.


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  • La Cour suprême du Canada a reconnu jeudi 26 juin 2014 que les autochtones avaient un « titre ancestral » d’occupation et de gestion d’un territoire de la province de Colombie Britannique.

    « Cette décision passera certainement à l’histoire comme l’un des jugements les plus importants et les plus fondamentaux jamais rendus par la Cour suprême du Canada. » Le chef Ghislain Picard, porte-parole de l’Assemblée des Premières Nations du Canada, la principale organisation représentant les 1,4 million d’autochtones du pays, ne cachait pas son enthousiasme, jeudi 26 juin.

    Affecter des projets d’exploitation de matières premières

    L’événement est en effet une grande première : après des années de procédure judiciaire, la Cour suprême du Canada a reconnu que des autochtones avaient un « titre ancestral » d’occupation et de gestion d’un territoire de près de 2000 km2 dans la province de Colombie-Britannique.

    Favorable aux quelque 3 000 membres semi-nomades de la Première Nation Chilcotin, cette décision risque de peser sur des revendications amérindiennes semblables en suspens. Elle pourrait aussi affecter de nombreux projets d’exploitation de matières premières (mines, forêts, pétrole, oléoducs, etc.) sur de vastes portions de territoire.

    Querelle autour de la notion de territoire

    En 2012, une Cour d’appel de la province de Colombie-Britannique avait refusé de reconnaître le « titre ancestral » revendiqué par les Chilcotins parce qu’ils n’avaient pas prouvé qu’à l’arrivée des colons européens leurs ancêtres « utilisaient une parcelle de terrain spécifique ».

    La Cour suprême a infirmé cette décision en soulignant que l’existence d’un « titre ancestral » ne « se limite pas aux lieux spécifiques d’établissement » mais à des territoires utilisés pour la chasse ou la pêche par exemple, là où ces peuples exerçaient « un contrôle effectif au moment de l’affirmation de la souveraineté européenne ».

    Une saga judiciaire d’une vingtaine d’années

    La Cour met ainsi un terme à une saga judiciaire d’une vingtaine d’années qui avait démarré lorsque le gouvernement de la province avait accordé en 1983 un permis commercial de coupe de bois sur des terres que les Chilcotins considéraient comme faisant partie de leur territoire ancestral.

    Le gouvernement fédéral à Ottawa et celui de la province avaient contesté la revendication du titre, mais jeudi 26 juin, la Cour suprême a estimé que la Colombie-Britannique a manqué à l’époque, à son obligation constitutionnelle de consultation envers cette communauté.

    Cette reconnaissance n’accorde pas pour autant de droits absolus aux autochtones sur leur territoire ancestral. Mais la province ne pourra autoriser de projets économiques ou autres sans leur consentement, à moins « de démontrer l’existence d’un objectif public réel et impérieux », et de dédommager de façon conséquente ces derniers.


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  • L’Inde sauve une tribu d’un projet minier

    Le gouvernement a annulé le permis d’exploiter une mine de bauxite située sur le territoire d’une minorité de l’État d’Orissa.

    La montagne sacrée de Niyamgiri ne sera pas éventrée. La tribu des Dongrias Kondhs pourra continuer de vénérer comme des temples ces collines de l’Orissa, dans l’est de l’Inde, et d’honorer son dieu devant des petites statuettes en bois posées le long de sentiers de terre. Contre toute attente, le peuple autochtone a obtenu gain de cause face au géant minier Vedanta Resources qui cherchait à exploiter un gisement de bauxite d’une qualité exceptionnelle enfoui dans le sol des terres sacrées.

    Au terme de huit années de bataille devant les tribunaux, le ministère de l’environnement et des forêts a décidé d’annuler le projet de l’entreprise britannique, détenue par un milliardaire indien. Cette décision a été motivée par un arrêt de la Cour suprême indienne obligeant la multinationale à consulter les douze villages des Dongrias Kondhs. Les habitants avaient finalement dit non à l’ouverture de la mine malgré la promesse d’obtenir des emplois, des maisons en ciment, des écoles et des cliniques.

    Des cours d’eau déjà pollués

    Pour le géant britannique, il s’agit d’un vrai coup d’arrêt. Dès 2006, il avait construit une usine au pied des collines pour transformer la bauxite en aluminium. D’après l’ONG Amnesty International, le site industriel d’une superficie de 38 hectares a déjà pollué les cours d’eau des Dongrias Kondhs depuis sa mise en route en 2006. La destruction de l’environnement avait conduit les autorités indiennes à suspendre les opérations de raffinage en décembre 2012, le temps que l’entreprise dépollue la zone.

    L’affaire des Dongrias Kondhs contre Vedanta Resources n’est qu’un épisode des guerres foncières qui opposent d’un côté les paysans indiens ou les peuples autochtones et de l’autre les groupes miniers et industriels engagés dans une course à la terre au nom du développement économique du pays. Ces luttes sont particulièrement fréquentes dans les États du nord-est de l’Inde, où l’activité extractive a été dopée dans les années 1990 par l’ouverture aux investisseurs étrangers.

    Au nom de la croissance de leur État et de la promesse d’emplois, les autorités locales n’hésitent pas à passer outre à l’avis des communautés locales dont la consultation est théoriquement obligatoire. « Les gouvernements des États indiens sont très laxistes avec les entreprises et les permis d’exploitation, estime Sylvain Ropital, spécialiste de l’Inde au CCFD-Terre solidaire. Mais la décision de la Cour suprême en faveur des peuples indigènes fera date. »


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  • Peuples autochtones : la cheffe des droits de l'homme de l'ONU appelle au respect des traités existants

    Peuples autochtones : la cheffe des droits de l'homme de l'ONU appelle au respect des traités existants

    Les peuples autochtones de Totonicapán, Guatemala

    7 août 2013 – A l’avant-veille de la Journée internationale des peuples autochtones du monde, la cheffe des droits de l'homme des Nations Unies a exhorté mercredi les États à faire plus pour mettre en œuvre et renforcer leurs traités avec les peuples autochtones, peu importe depuis combien de temps ils ont été signés.

    « Même quand si ils ont été signés ou autrement convenus il y a plus d'un siècle, de nombreux traités demeurent la pierre angulaire de la protection de l'identité, de la terre et des coutumes des peuples autochtones, la détermination de la relation qu'ils ont avec l'Etat," a déclaré dans un communiqué la Haut Commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay. Elle a ajouté que les traités sont souvent une étape décisive pour mettre fin à une période de conflit, à l'exploitation et l'expropriation.

    "Le respect des traités a souvent été décrit comme un engagement sacré exigeant bonne foi par chacune des parties pour leur bonne application. Pourtant, trop souvent, les communautés autochtones sont obligés d'aller devant les tribunaux pour obliger les États à respecter leurs promesses ", a-t-elle ajouté, en soulignant le fait que l'exploitation et l'expropriation se poursuivent aujourd'hui.

    La Haut Commissaire a souligné l'importance de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, qui a été adoptée en 2007 pour protéger les droits des quelque 370 millions d'autochtones dans le monde et de promouvoir la reconnaissance, le respect et l'application des traités et autres arrangements conclus avec les États ou leurs successeurs.

    « J'encourage les États à prendre des mesures concrètes pour honorer et renforcer les traités qu'ils ont conclus avec les peuples autochtones et coopérer avec eux dans la mise en œuvre de nouveaux accords ou d'autres arrangements constructifs à travers des négociations transparentes, inclusives et participatives», a déclaré Mme Pillay.

    Le thème de la Journée internationale des peuples autochtones cette année - célébrée chaque année le 9 août depuis 1995 - est « Honorer les traités, accords et autres arrangements constructifs." Il vise à mettre en évidence l'importance d’honorer les arrangements entre les Etats, les citoyens et les peuples autochtones qui ont été conçus pour reconnaître les droits des peuples autochtones sur leurs terres et établir un cadre pour vivre harmonieusement et nouer des relations économiques.

    Ce message souligne la nécessité pour les États et les peuples autochtones d’établir des relations basées sur la confiance, le respect mutuel, la primauté du droit et l'affirmation de la culture et des coutumes des peuples autochtones, déclare Navi Pillay.

    L'ONU va marquer la Journée de cette année avec un événement spécial organisé vendredi à New York, en présence de hauts fonctionnaires de l'ONU et de quelque 2 000 représentants de peuples autochtones originaires du monde entier.

    Le même jour, des centaines de rameurs autochtones et non autochtones, qui doivent arriver à Manhattan après avoir parcouru des milliers de kilomètres sur des pirogues et à cheval. Cet événement entend commémorer la conclusion du "Traité des deux voies parallèles" (" Two Row Wampum Treaty") conclu en 1613 entre les immigrants hollandais et le Haudenosaunee, une confédération de six nations, avec la capitale du peuple Onondaga dans l'État de New York.

    En 2014, l'ONU tiendra la première Conférence mondiale sur les peuples autochtones, une réunion plénière de haut niveau rassemblant les États Membres de l'ONU. Deux cents participants autochtones des sept régions seront invités, selon le site internet de l'événement.

     


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