• 69 cas d'abus sexuels par des Casques bleus en 2015

    C'est la 1ère fois que l'ONU nomme les pays concernés et demande plus de sanctions.

    L'ONU a recensé l'an dernier 69 cas d'abus sexuels qui auraient été commis par ses Casques bleus, davantage qu'en 2014 et concentrés sur deux pays: la République centrafricaine (RCA) et la République démocratique du Congo (RDC).

    Selon un rapport annuel du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, c'est «une nette augmentation» sur 2014 (52 cas), et davantage aussi qu'en 2013 (66).

    Le rapport recommande de créer des cours martiales in situ pour juger les coupables et de prendre les empreintes génétiques de Casques bleus. «La hausse du nombre des accusations est très inquiétante», souligne une copie du document obtenue par l'AFP.

    19 mineurs

    Sur les 69 cas d'accusations d'abus ou d'exploitation sexuels, 38 (55 pour cent) ont été enregistrés dans deux des 16 missions de maintien de la paix de l'ONU dans le monde: 22 en Centrafrique et 16 en RDC. Dans 19 cas au moins, les victimes étaient des mineurs.

    En tout, des soldats ou policiers de 21 pays sont mis en cause, avec en tête la RDC (7 cas), le Maroc et l'Afrique du Sud (4 cas).

    Suivent le Cameroun, le Congo-Brazzaville, le Rwanda et la Tanzanie (3 cas chacun). Bénin, Burkina Faso, Burundi, Canada, Gabon sont concernés par 2 cas chacun.

    Neuf autres pays ont à déplorer un cas d'abus ou d'exploitation sexuelle présumés (Allemagne, Ghana, Madagascar, Moldavie, Niger, Nigeria, Sénégal, Slovaquie, Togo).

    Vives critiques

    C'est la première fois que l'ONU nomme ainsi tous les pays dont sont originaires les Casques bleus soupçonnés.

    La réputation de ses soldats de la paix a été ternie depuis des mois par toute une série de scandales de viols et autres abus sexuels, notamment en Centrafrique où l'ONU a déployé 12'000 hommes en 2014.

    Vivement critiquée pour son manque de réactivité, l'ONU a dû prendre des mesures: limoger le chef de la Minusca (sa mission en Centrafrique), rapatrier des contingents entiers de RCA, faire pression sur les pays contributeurs de troupes pour qu'ils enquêtent et sanctionnent leurs hommes.

    C'est à ces pays en effet qu'il incombe de prendre des sanctions pénales, ce qu'ils font avec réticence.

    Sanctions faibles

    Au 31 janvier 2016, les enquêtes sur 17 cas seulement détectés en 2015 étaient terminées, donnant lieu à des "mesures intérimaires» (retrait de solde, rapatriement).

    Mais en ce qui concerne les soldats reconnus coupables de faits commis en 2015 et auparavant, l'ONU n'a reçu en 2015 que dix réponses des autorités nationales sur les sanctions prises. Et celles-ci semblent faibles: six mois de prison «pour activités sexuelles avec mineur en échange d'argent», 60 jours «pour l'exploitation sexuelle d'une femme», «sanctions administratives», mise à la retraite...

    Le rapport rappelle toute une série de mesures déjà annoncées ou recommandées par des experts indépendants.

    Courts martiales

    Ainsi il est exigé des pays qu'ils mènent leurs enquêtes en six mois maximum.

    Le rapport recommande aussi d'instaurer des cours martiales dans le pays de déploiement, et non au retour du Casque bleu dans son pays d'origine.

    Pour accélérer l'enquête et la recherche éventuelle de paternité, des échantillons d'ADN pourraient être prélevés, suggère le document.

    Selon des diplomates, les Etats-Unis préparent un projet de résolution qui entérinerait ces recommandations.


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  • 200 millions de victimes de mutilations génitales

    L'ONU a fixé pour objectif de faire cesser ces pratiques d'ici à 2030.

    Quelque 200 millions de femmes et de filles dans le monde souffrent de mutilations génitales et la moitié d'entre elles vivent en Egypte, Ethiopie et Indonésie, selon un nouveau rapport de l'Unicef, le fonds des Nations unies pour l'enfance.

    La Somalie, la Guinée et Djibouti restent les pays avec le taux de mutilation le plus élevé. Mais ce taux a régressé dans une trentaine de pays, notamment au Liberia, au Burkina Faso ou au Kenya, indique le rapport.

    L'ONU s'est fixé pour objectif de faire cesser cette pratique d'ici à 2030, dans le cadre des objectifs de développement adoptés par 193 pays en septembre dernier.

    44 millions ont moins de 14 ans

    Parmi les 200 millions de victimes de mutilations génitales, 44 millions sont âgées de 14 ans ou moins. Dans les 30 pays où cette pratique est la plus répandue la majorité des filles ont été excisées avant l'âge de cinq ans.

    «Dans des pays comme la Somalie, la Guinée et Djibouti, cette pratique est presque universelle», souligne Claudia Cappa, qui a dirigé la rédaction du rapport. Ainsi 98% des filles subissent des mutilations génitales en Somalie, 97% en Guinée et 93% à Djibouti.

    Le chiffre global de 200 millions de victimes de mutilations génitales donné par l'Unicef dépasse de 70 millions la dernière estimation qui datait de 2014, notamment en raison de nouvelles données fournies par l'Indonésie.

    Lois criminalisantes

    «Nous devons soutenir les efforts nationaux pour encourager l'abandon de cette pratique», souligne Claudia Cappa, qui fait état de certains progrès «dans la manière dont les communautés considèrent» cette pratique.

    Ainsi, depuis 2008, plus de 15'000 communautés ont renoncé aux mutilations génitales féminines, dont 2'000 l'an dernier.

    Cinq pays ont adopté des lois criminalisant cette pratique: le Kenya, l'Ouganda, la Guinée-Bissau et, récemment, le Nigeria et la Gambie.


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  • Les migrants qui arrivent en Suisse avec une épouse mineure créent un précédent. Il ne s'agit pas forcément de mariage forcé.

    La Suisse affronte une nouvelle situation juridique avec l'arrivée de migrants et de leur épouse, parfois mineure. Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) a confirmé qu'il était désormais confronté à cette problématique, sans pouvoir dire le nombre de cas en l'absence de statistiques.

    Au début décembre 2015, la Cour européenne des droits de l'homme avait reconnu que la Suisse n'avait aucune obligation de reconnaître le mariage avec un enfant. Elle tranchait le cas d'un couple de jeunes Afghans domiciliés à Genève, dont le mari est frappé d'une décision de renvoi en Italie. Son épouse était âgée de 14 ans.

    Des mariages suivis de près

    Il n'existe pas de jurisprudence en Suisse, les autorités jugeant au cas par cas. La loi a été durcie en 2012 et un couple marié à l'étranger peut désormais voir son union non-reconnue en Suisse si un des mariés est mineur.

    Ces dossiers sont jugés extraordinairement complexes par les autorités, car une jeune épouse de 17 ans arrivant en Suisse n'est pas forcément consciente que son union n'est pas conforme à la loi en Suisse. Raison pour laquelle ces couples sont souvent suivis de près et les services de protection prêts à agir.

    Bond des mariages précoces

    La législation helvétique est en revanche très claire dès qu'il s'agit de mariage forcé ou si la mariée est trop jeune, puisque le Code pénal interdit les relations sexuelles avec des mineurs de moins de seize ans. Mais les passeurs connaissent également la loi et recommandent souvent aux migrants de ne pas déclarer leur âge véritable.

    Stella Jegher d'Amnesty International estime qu'il ne faut pas se fixer uniquement sur l'âge, car le véritable objectif doit être de détecter les mariages forcés. Elle redoute que les femmes mineures se voient dénier le droit au regroupement familial si leur mariage n'était pas reconnu. «C'est parfois bien plus traumatisant pour elles d'être séparées de leur conjoint que de rester avec lui», prévient-elle.

    La situation dans certains pays a également provoqué un regain des mariages d'enfants. En raison de la guerre civile en Syrie, le nombre de fillettes mariées est passé de 13% à 30%, selon un rapport de la fondation «Save the Children».

     


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  • Accusations d'abus sexuels contre des Casques bleus

    De nouvelles accusations portent à 26 le nombre de cas d'abus sexuels impliquant des soldats de l'ONU en Centrafrique.

    L'ONU a annoncé mardi 5 janvier 2015 avoir ouvert une enquête sur de nouvelles accusations d'abus sexuels portées contre ses Casques bleus en République centrafricaine (RCA).

    Les victimes présumées sont quatre fillettes soumises à des «abus sexuels et une exploitation sexuelle» à Bangui par des soldats de trois pays participant à la Mission de l'ONU en RCA (Minusca).

    Elles ont été interrogées à Bangui par des enquêteurs de l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance, a précisé le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric.

    Enquêtes nationales

    Les autorités centrafricaines ont été informées, ainsi que les pays contributeurs de troupes concernés afin que ceux-ci enquêtent et prennent éventuellement des sanctions contre leurs ressortissants comme le prévoit la procédure.

    Stéphane Dujarric n'a pas précisé de quels contingents il s'agissait ni combien d'hommes étaient impliqués. Mais selon des sources à l'ONU, il s'agit de soldats du Maroc, du Gabon et d'Egypte.

    Citant un communiqué de la Minusca, le porte-parole a indiqué que le chef de la Minusca, le Gabonais Parfait Onanga-Anyanga, avait réitéré la «politique de tolérance zéro» appliquée officiellement par l'ONU envers les délits sexuels.

    Abus sexuels : un problème récurrent

    Cette politique n'empêche pas les abus sexuels d'être un problème récurrent dans certaines missions de maintien de la paix de l'ONU.

    Selon un responsable de l'ONU, les soldats sont accusés d'avoir violé et exploité sexuellement les quatre filles, toutes mineures, et d'avoir échangé des fournitures contre des faveurs sexuelles. Certaines des victimes vivaient dans un camp pour personnes déplacées à Bangui.

    Ces nouvelles accusations portent à 26 le nombre de cas d'abus sexuels impliquant la Minusca.

    Elles interviennent alors que l'ONU sort à peine d'un scandale retentissant de viols d'enfants impliquant des soldats français déployés sous commandement français en RCA.

    «Echec flagrant»

    A la mi-décembre, un groupe d'experts indépendants avait dénoncé un «échec flagrant» de l'ONU dans la gestion de cette affaire, qui avait coûté son poste au précédent chef de la Minusca, le Sénégalais Babacar Gaye.

    La justice française a entendu début décembre quatre militaires français sur ces soupçons de viols d'enfants commis en 2013 et 2014. En tout, quatorze soldats français étaient mis en cause, de même que des militaires de Guinée équatoriale et du Tchad.

    L'ONU menace

    Les nouvelles accusations ont été évoquées mardi à huis clos au Conseil de sécurité. «Nous en avons vraiment assez de voir ce genre d'affaires se répéter», a déclaré à la presse l'ambassadeur néo-zélandais Gerard van Bohemen à l'issue de la réunion. «Certains ont réclamé que le Conseil soit informé précisément de la suite qui sera donnée à ces accusations», a-t-il expliqué.

    Selon les règles de l'ONU c'est au pays dont sont originaires les Casques bleus qu'il revient d'enquêter et de les sanctionner. Mais le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a promis qu'il n'hésiterait pas à retirer un contingent entier si le pays concerné ne poursuivait pas en justice les coupables.


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  • L'ONU appelle à lutter contre le fléau des violences à l'égard des femmes

    25 novembre 2015 – Plusieurs responsables des Nations Unies, dont le Secrétaire général Ban Ki-moon, ont dressé mercredi un tableau sombre de la situation de nombreuses femmes dans le monde et lancé un appel pressant pour qu'il soit mis fin au « fléau » de la violence à leur encontre.

    « Les atrocités criminelles commises à l'encontre de femmes et de filles dans les zones de conflit, ainsi que la violence familiale qui existe dans tous les pays, compromettent sérieusement le progrès », a dit M. Ban dans un message à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

    « Je suis extrêmement préoccupé par le sort des femmes et des filles qui vivent en situation de conflit armé, qui subissent diverses formes de violence, dont des atteintes sexuelles, qui sont utilisées comme esclaves sexuelles et qui sont victimes de la traite », a poursuivi le Secrétaire général.

    « Des extrémistes violents pervertissent les doctrines religieuses pour justifier l'asservissement des femmes et la violence sexiste. Il ne s'agit pas d'actes de violence aveugle, ou de conséquences indirectes de la guerre, mais d'une volonté systématique de priver les femmes de toute liberté et de prendre le pouvoir sur leur corps. Tandis que la communauté internationale s'efforce de prévenir et de combattre l'extrémisme violent, l'impératif de protection et d'autonomisation des femmes et des filles doit être une considération de premier plan », a-t-il dit.

    Environ la moitié des 60 millions de personnes aujourd'hui déplacées sont des femmes, a-t-il noté. « Beaucoup de celles qui fuient la guerre et la violence sont exploitées par des trafiquants sans scrupules; beaucoup sont victimes de discrimination sexiste et de xénophobie dans des sociétés hostiles. Celles qui sont trop jeunes, trop âgées ou trop frêles pour entreprendre un voyage dangereux sont encore plus vulnérables une fois que leurs proches sont partis ».

    « Même dans les zones de paix, la violence contre les femmes subsiste sous la forme de féminicide, d'atteintes sexuelles, de mutilations génitales, de mariage précoce ou de cyberviolence. Ces pratiques traumatisent la personne et déchirent le tissu social », a déploré M. Ban.

    Rappelant qu'il a lancé des initiatives mondiales, telles que « Tous unis pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes » et « HeForShe », qui visent à associer les hommes à la promotion de l'égalité des sexes, le Secrétaire général a demandé aux États de verser davantage de contributions au Fonds d'affectation spéciale des Nations Unies à l'appui de la lutte contre la violence à l'égard des femmes, dont l'objet est de remédier à une pénurie chronique de fonds.

    Partout dans le monde, des millions de personnes utilisent la couleur orange pour montrer qu'ils sont unis dans leur souhait de vivre demain dans un monde débarrassé de la violence contre les femmes et les filles. Cette année, le mouvement prenant de l'ampleur, des lumières orange devaient illuminer des sites illustres tels que Petra, en Jordanie, et les chutes du Niagara, en Amérique du Nord.

    « La violence à l'égard des femmes est si répandue que chacun d'entre nous peut faire quelque chose pour la combattre. Nous devons unir nos forces pour faire disparaitre ce fléau, promouvoir une égalité pleine et entière entre les sexes et édifier un monde dans lequel les femmes et les filles seront en sécurité, comme chacune d'entre elles le mérite et pour le bien de l'humanité toute entière », a conclu M. Ban.

    De son côté, la Représentante spéciale de M. Ban pour la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits, Zainab Hawa Bangura, a exhorté le monde à s'unir pour mettre fin aux violences à l'égard des femmes, dans un message adressé tout particulièrement aux hommes. Ceux-ci, a-t-elle dit, « peuvent et doivent jouer un rôle important dans la promotion de l'égalité entre les sexes au sein de leur famille, sur leur lieu de travail et dans leurs cercles sociaux ».

    Abordant les violences à l'égard des femmes dans les conflits armés, Mme Bangura a affirmé que ces violences « n'ont rien à voir avec le sexe mais sont une question de violence et de pouvoir ». « Ce n'est pas un crime de seconde classe qui affecte des citoyens de seconde classe, c'est un crime de guerre », a-t-elle affirmé.

    Dans une déclaration, le Président de l'Assemblée générale de l'ONU, Mogens Lykketoft, s'est félicité du fait que cette année, la campagne onusienne de lutte contre les violences à l'égard des femmes, consistant notamment à afficher la couleur orange sur de nombreux sites et monuments, durera 16 jours.

    Notant qu'une femme sur trois dans le monde a subi des violences physiques ou sexuelles, le plus souvent de la part d'un partenaire intime, et qu'en 2012, la moitié des femmes tuées dans le monde l'avaient été par leur partenaire ou par des membres de leur famille, M. Lykketoft a estimé « crucial que le monde considère la violence à l'égard des femmes comme ce qu'elle est, c'est-à-dire pas seulement un problème social mais une violation évidente des droits humains ».


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  • Zainab Bangura revient de Guinée où son bureau aide l'enquête sur le massacre de 2009

    22 septembre 2015 – La Représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence sexuelle commise en période de conflits, Zainab Hawa Bangura, vient d'effectuer une visite officielle en Guinée, où son bureau apporte une aide logistique et technique à l'enquête en cours sur le massacre de 2009 dans la capitale Conakry.

    « Lors de cette visite de quatre jours, la Représentante spéciale a rencontré des hauts responsables du gouvernement, des agences onusiennes, et la société civile. A ce jour, 16 personnes ont été inculpées en lien avec cette affaire, dont l'ancien chef d'Etat, Moussa Dadis Camara », a précisé le bureau de la Représentante spéciale.

    Il y a quelques années, une commission internationale d'enquête des Nations Unies avait conclu qu'au moins 156 personnes avaient été tuées, au moins 109 femmes et jeunes filles violées et soumises à d'autres formes de violence sexuelle, et plus de 1.000 personnes blessées à la suite des événements dans un stade et ses environs à Conakry, le 28 septembre 2009. Moussa Dadis Camara était le Président du Conseil national de la démocratie et du développement (CNDD) au moment des incidents.

    Le Bureau de la Représentante spéciale Bangura, par le biais de l'Equipe d'Experts sur l'état de droit et la violence sexuelle dans les conflits, apporte un soutien technique au Panel des juges d'instruction guinéens, mis en place par les autorités guinéennes pour enquêter et poursuivre ces crimes.

    En juillet 2015, Mme Bangura s'était félicitée de l'inculpation de M. Camara dans le contexte de cette enquête, jugeant qu'il s'agissait d'une « étape importante dans la lutte contre l'impunité en Guinée pour les crimes qui ont été perpétrés contre des civils non armés ».


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  • Ban Ki-moon annonce des mesures pour éradiquer les abus sexuels commis par des Casques bleus

    17 septembre 2015 – A l'occasion d'une réunion avec les pays fournisseurs de contingents aux missions de la paix de l'ONU, le Secrétaire général de l'Organisation, Ban Ki-moon, a annoncé jeudi une série de mesures visant à mettre fin aux abus sexuels commis par le personnel onusien déployé en mission sur le terrain.

    « Vos fils et filles risquent leur vie dans certaines des régions les plus dangereuses au monde pour protéger les plus vulnérables, tout en faisant avancer la cause de la paix », a commencé par saluer M. Ban dans un discours prononcé au siège de l'ONU, à New York, à l'attention des représentants des principaux pays fournisseurs de contingents et personnels de police.

    « Pourtant, comme nous l'avons malheureusement constaté, l'intégrité de leur mission peut être remise en cause, voire compromise, par des cas flagrants d'exploitation et d'abus sexuels », a-t-il ajouté, en référence notamment aux récentes allégations d'abus sexuels impliquant des Casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).

    « Malheureusement, il n'est pas nécessaire de vous rappeler qu'il ne s'agit pas d'un phénomène nouveau », a noté le Secrétaire général, affirmant que davantage devait être fait pour y mettre fin.

    « Tout comme nous ne pouvons pas déployer avec succès sur le terrain des missions de la paix sans votre aide, nous avons besoins de votre soutien et engagement pour mettre fin à l'exploitation sexuelle et aux abus », a-t-il ajouté.

    « Les enquêtes doivent être rapides et approfondies. Les auteurs doivent être punis. La tolérance zéro doit être la norme », a affirmé le chef de l'ONU, avant de lister sept mesures qui, selon lui, nécessitent l'appui urgent et sans faille des Etats membres : mieux sensibiliser le personnel aux mauvaises conduites avant son déploiement ; sélectionner systématiquement du personnel sans antécédents d'abus sexuels ; mener des enquêtes rapides et efficaces en cas d'abus et veiller à ce que justice soit faite ; imposer des sanctions financières aux auteurs ; renforcer l'assistance aux victimes ; et améliorer les rapports rédigés sur le sujet.

    « Je vais désormais inclure des informations liées aux pays concernés dans mes futurs rapports à l'Assemblée générale de l'ONU concernant le nombre d'allégations crédibles d'exploitation et d'abus sexuels impliquant du personnel militaire et de police », a déclaré M. Ban sur ce dernier point, avant de préciser que cette mesure n'a pas pour but d'humilier, mais répond à un besoin de plus de transparence.


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  • Les femmes doivent être davantage impliquées dans la lutte contre le terrorisme

    9 septembre 2015 – Des efforts supplémentaires doivent être entrepris afin de permettre aux femmes de prendre une part active à la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent, a déclaré mercredi 9 septembre 2015 un haut responsable des Nations Unies lors d'une conférence de presse au siège de l'Organisation, à New York.

    « Les groupes terroristes tels que Daech, Boko Haram et Al-Chabab se montrent de plus en plus créatifs dans leurs stratégies, notamment en incluant davantage les femmes qui jouent désormais un rôle actif dans leur entreprises criminelles », a indiqué le chef de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (DECT), Jean-Paul Laborde. « Je dirais même 'en forçant' les femmes à jouer ce rôle actif, mais cela n'engage que moi… », a-t-il ajouté à l'attention des journalistes, auxquels il s'adressait quelques instants avant d'assister à une réunion du comité de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU sur ce sujet.

    « Jusqu'à récemment, le terrorisme a principalement été perçu comme un problème masculin », a poursuivi M. Laborde, ajoutant que les organisations terroristes utilisent en réalité de plus en plus de femmes afin de recruter d'autres femmes ou de les utiliser comme kamikazes, ce que beaucoup d'entre elles ignorent, a-t-il précisé.

    Alors que des milliers de femmes en Iraq, au Kenya et au Nigéria ont récemment été enlevées par des groupes terroristes, plusieurs militantes des droits des femmes issues de ces trois pays participaient également à la conférence de presse aux côtés de M. Laborde.

    Parmi elles, Hanaa Edwar, une militante iraquienne, a souligné combien l'absence de sécurité et de stabilité dans son pays depuis 2003 a affaibli les institutions étatiques et contribué à la montée en puissance des milices locales.

    « Daech, l'Etat soi-disant islamique, occupait environ un tiers de notre pays en juin 2015. Cela a été un moment très difficile dans l'histoire de l'Iraq », a-t-elle déclaré, ajoutant qu'entre 2003 et 2014, près de 14.000 femmes ont été tuées en Iraq.

    Mme Edwar a décrit l'ampleur qu'ont prise les crimes à caractère sexuel en Iraq ainsi que l'utilisation de la violence sexuelle par les terroristes à des fins politiques et militaires. De nombreuses femmes iraquiennes, a-t-elle ajouté, commettent des suicides en raison de l'absence de sécurité et de respect de leurs droits.

    Au mois de juillet, a poursuivi Mme Edwar, Daech aurait publié une liste de 2.070 personnes exécutées par le groupe terroriste, parmi lesquelles se trouvaient 300 femmes, dont de nombreuses avocates, journalistes, militantes ou fonctionnaires.

    Mme Edwar s'est cependant déclarée pleine d'espoir face au succès du mouvement des femmes en Iraq.

    « Nous agissons beaucoup à l'intérieur de la communauté », a-t-elle dit. « Nous essayons de travailler avec les enfants et les jeunes pour leur apprendre la façon de lutter contre le terrorisme ».


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  • La mortalité infantile recule dans le monde

    Malgré une baisse notoire, les objectifs du Millénaire de l'ONU ne sont pas atteints. Et, chaque jour, on déplore la mort de 16'000 enfants de moins de 5 ans.

    En 25 ans, le nombre de décès d'enfants de moins de 5 ans a diminué de plus de la moitié, tombant à 5,9 millions en 2015, contre 12,7 millions en 1990, selon un rapport de l'Unicef, de l'OMS et de la Banque mondiale publié mardi.

    Malgré cette baisse significative, les objectifs du Millénaire de l'ONU n'ont pas été atteints, a déclaré devant la presse à Genève Flavia Bustreo, directrice générale adjointe à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la santé de la famille, des femmes et des enfants. Le but était de diminuer la mortalité infantile de deux tiers entre 1990 et 2015.

    La baisse n'a en outre pas été linéaire. Elle s'est accélérée ces dix dernières années seulement, selon Flavia Bustreo. Actuellement, chaque jour 16'000 enfants de moins de 5 ans meurent dans le monde.

    Le taux est de 43 décès pour 1000 naissances contre 91 décès 25 ans plus tôt. Le taux de mortalité néonatale (dans une période de 28 jours à partir de l'accouchement) est lui passé de 36 décès pour 1000 naissances à 19, soit 2,7 millions de décès au total.

    Se concentrer sur l'Afrique subsaharienne

    Des progrès doivent être notamment consentis dans le Caucase, en Asie centrale, en Océanie, en Asie du sud-est et en Afrique subsaharienne. Dans cette dernière région, 1 enfant sur 12 meurt avant l'âge de 5 ans, contre 1 enfant sur 147 dans les pays riches. L'Afrique subsaharienne a néanmoins connu une amélioration notable ces dernières années, ce qui laisse augurer des perspectives plus favorables, selon le rapport.

    L'Angola fait figure de mauvais élève. Son taux de mortalité infantile est le plus élevé du monde, avec 156 décès pour 1000 naissances. Dans ce pays, le gouvernement peine à investir pour la santé des enfants, a relevé Flavia Bustreo.

    En revanche, l'Ethiopie a réussi à atteindre l'objectif du Millénaire grâce à d'importants investissements dans des programmes sanitaires. Le taux est passé à 59 décès pour 1000 naissances contre 205 en 1990. A titre de comparaison, en Suisse, le taux est de 4 décès pour mille naissances, contre 6 en 2000 et 8 en 1990.

    Dizaines de millions de vies sauvées

    Le recul marqué des décès ces 25 dernières années a permis de sauver 48 millions d'enfants, précise le rapport. De plus, au cours de cette période, 62 des 195 pays examinés ont atteint les objectifs du Millénaire, avec une réduction des deux tiers de la mortalité. Parmi eux, 24 sont des pays aux revenus faibles ou faibles et moyens, s'est félicitée Flavia Bustreo.

    De plus, 74 pays ont réussi à réduire la mortalité infantile de moitié et 41% d'au moins 30%. La plupart des décès d'enfants sont causés par des maladies qui peuvent être prévenues ou traitées comme la pneumonie ou la malaria. Les complications néonatales sont également responsables d'un grand nombre de décès.


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     La guerre prive d’école près de 14 millions d’enfants

    Quatre enfants sur dix sont concernés dans les pays du Moyen-Orient les plus touchés.

    Ce chiffre a doublé en cinq ans.

    Bande de Gaza, Syrie, Irak, Yémen, mais aussi Libye et Soudan du Sud… 13,7 millions d’enfants – deux fois plus qu’il y a cinq ans –, ne vont plus à l’école dans ces pays affectés, directement ou indirectement, par un conflit armé.

    Ce sont quatre enfants sur dix dans les pays les plus touchés, alors que le Moyen-Orient semblait en passe, « il y a quelques années, d’atteindre l’objectif de l’éducation pour tous », souligne l’Unicef dans son rapport publié hier.

    une situation désastreuse

    Intitulé « L’éducation sous le feu. Comment le conflit au Moyen-Orient prive les enfants d’école », il déplore une « situation désastreuse » pour toute une génération.

    « L’impact destructeur des conflits est ressenti par les enfants dans toute la région », résume Peter Salama, le directeur de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. « Il ne s’agit pas seulement de dégâts matériels dans des écoles, mais aussi du désespoir ressenti par une génération d’écoliers qui voient leurs espoirs et leur avenir brisés », regrette-t-il.

    Bien sûr le conflit en Syrie est pour beaucoup dans cette augmentation des chiffres. Ainsi « 700 000 enfants syriens réfugiés dans les pays voisins, en particulier au Liban et en Turquie, ne vont plus à l’école », explique Juliette Touma de l’Unicef. En Syrie, plus de 52 000 enseignants ont quitté leur poste du fait de la guerre.

    des écoles transformées en casernes

    « On estime que 8 500 écoles en Syrie, Irak, Yémen et Libye, ne peuvent plus être utilisés car elles ont été endommagées, détruites, abritent des familles déplacées ou sont occupées par des parties au conflit. Ainsi, au Yémen, certaines écoles ont été transformées en casernes », notamment par les rebelles chiites Houthis, « privant les élèves du deuxième semestre de l’année scolaire », se plaint un instituteur de Sanaa, identifié par son prénom Abdel Hakim.

    Dans ce pays ravagé par la guerre, du fait de la fermeture de milliers d’écoles en août dernier, au moins 1,8 million d’enfants n’ont pas fait leur rentrée. Un chiffre qui s’ajoute au 1,6 million de Yéménites qui, dans ce pays très pauvre, n’allaient déjà pas en classe avant que le conflit n’éclate.

    En Irak, 2014 a été l’année la plus meurtrière depuis 2008, près de 700 enfants ont été tués et plus de 500 blessés. Le déplacement de près de trois millions d’Irakiens, contraints de fuir leurs villes affectées par les violences, liées notamment à Daech (acronyme arabe pour État islamique), a fragilisé des infrastructures éducatives déjà en mauvais état. Plus de 950 000 enfants sont affectés par cette situation.

    3 millions de déplacés irakiens

    Dans la bande de Gaza, les enfants utilisent les établissements scolaires comme refuges parce que leurs maisons ont été détruites lors de la guerre de l’été 2014.

    Aller à l’école est « plein de danger » pour de nombreux enfants, souligne l’organisation qui a dénombré 214 attaques contre des écoles dans la région en 2014.

    Pour éviter un gâchis total pour une génération entière, l’Unicef appelle à faire de l’éducation l’une des priorités de l’aide humanitaire, qui y consacre actuellement moins de 2 % du total de ses fonds. Or, elle estime avoir besoin de 300 millions de dollars (267 millions d’euros) pour financer en 2015, l’éducation d’urgence au Moyen-Orient.


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