• Khartoum a refusé dimanche 16 novembre une seconde visite des Casques bleus dans le village concerné.

     

    Quels soupçons pèsent sur l’armée ?

    Selon un site d’informations local, des soldats soudanais auraient violé 200 femmes et filles le 31 octobre à Tabit, au Darfour-Sud, alors que l’armée avait été envoyée sur place après la disparition d’un de ses hommes dans ce village.

    Ces informations, publiées le 2 novembre, ont aussitôt été démenties par Khartoum. Des viols collectifs « ne peuvent être perpétrés par aucune institution soudanaise, militaire ou autre », a affirmé le porte-parole de l’armée, le colonel Al-Sawarmy Khaled Saad, lors d’une conférence de presse. « C’est une accusation sans justification et insensée », a-t-il affirmé.

    * Pourquoi interdire l’accès du village à la mission de l’ONU ?

    En annonçant dimanche le refus des autorités soudanaises d’autoriser une seconde visite à Tabit des Casques bleus, le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Youssef al-Kordofani, a invoqué des raisons d’ordre sécuritaires.

    « Les accusations de viol collectif ont suscité un grand ressentiment au sein de la population à Tabit et dans les villages voisins, provoquant leur colère et une montée des tensions dans la zone », a affirmé ce responsable.

    La mission de maintien de la paix ONU-Union africaine (Minuad), déployée depuis 2007 pour protéger les civils et sécuriser l’aide humanitaire destinée au Darfour, n’avait pas été autorisée à entrer dans ce village du Darfour-Sud le 4 novembre, mais elle y était retournée cinq jours plus tard, promettant de poursuivre son enquête.


    * Quelle est la position de l’ONU ?

    L’ONU avait affirmé lundi dernier que ses Casques bleus n’avaient pas découvert de preuves de ce viol lors de cette première visite. Mais un rapport confidentiel, publié par l’AFP, fait état d’intimidations auxquelles se serait livrée l’armée dans le village à cette occasion.

    Ce document fait état d’« une ambiance de peur et de silence » et estime que « l’attitude et les réponses des personnes interrogées attestaient d’un climat de peur et d’intimidation ». Les personnes interrogées se sont montrées « réticentes à discuter des accusations de viol collectif à Tabit », un certain nombre refusant carrément de répondre. Les équipes de Casques bleus ont aussi été suivies par des soldats soudanais, qui ont filmé certains des entretiens avec leurs téléphones portables.

    Depuis le soulèvement en 2003 de rebelles contre le pouvoir central et les élites arabes, le Darfour est en proie à des violences qui ont fait au moins 300 000 morts et près de deux millions de déplacés, selon l’ONU. Le président soudanais Omar el-Béchir, 70 ans, est recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre présumés au Darfour.


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  • Stérilisées à la chaîne avec des scalpels sales, des femmes meurent des séquelles

    Huit Indiennes stérilisées samedi 8 novembre 2014 dans une clinique de fortune ont perdu la vie. Leur mort a soulevé un tollé dans le pays.

    La scène est connue en Inde: des femmes pauvres qui font la queue devant un centre de stérilisation. Leur espoir? Recevoir en échange la modique somme de 1400 roupies (22 francs). En théorie, le chirurgien qui pratique l’opération doit suivre un protocole fixé par le Ministère de la santé. Pourtant, samedi, dans un camp de stérilisation de Chhattisgarh, dans le centre de l’Inde, l’opération a mal tourné. Quatre-vingt-trois femmes se présentent pour une ligature des trompes. Le chirurgien et son assistant les opèrent en seulement cinq heures. Le lendemain, plusieurs souffrent de vomissements. Lundi et mardi, huit d’entre elles décèdent. Une cinquantaine d’autres sont hospitalisées.

    L’affaire met en lumière les limites du contrôle de la natalité en Inde. Si les candidats à la stérilisation touchent une prime, ils ne sont pas toujours informés des risques. Et pour cause: le personnel médical a des quotas à remplir. Il ne touche que quelques centaines de roupies pour chaque patient. Pas le temps de respecter les règles d’hygiène. La stérilisation est réalisée en quelques minutes, avec des scalpels sales. Les patients sont opérés à la chaîne.

    Le forcing absolu

    L’administration est prête à tout pour inciter les Indiens à se faire stériliser. Avec 1,2 milliard d’habitants, l’Inde s’inquiète de sa natalité galopante depuis cinquante ans. Quand le recensement de 1961 est publié, les autorités tirent la sonnette d’alarme: en dix ans, la population a grimpé de 78 millions de personnes, à 439 millions. Le gouvernement décide d’encourager les stérilisations volontaires pour les couples qui ont des enfants. Las! La natalité explose et l’Inde compte 200 millions d’habitants supplémentaires en 1981. C’est alors que le premier ministre de l’époque, Indira Gandhi, laisse son fils Sanjay initier une mesure radicale: les stérilisations obligatoires. Dans les villages, les hommes sont emmenés de force par la police pour être stérilisés. Les heurts se multiplient. L’impopularité du programme est telle que le gouvernement ne relance la stérilisation sur la base du volontariat que dans les années 90.

    Aujourd’hui, les Etats multiplient les démarches pour convaincre les volontaires. Il y a trois ans, le Rajasthan, dans le nord, promettait une Tata Nano aux candidats. D’autres régions offrent un téléviseur, une mobylette… Mais certaines vont plus loin. Dans une enquête publiée en 2012, l’ONG Human Rights Watch révèle que l’administration du Gujarat menace son personnel si les quotas ne sont pas remplis: licenciement, retenue sur salaire… Le réseau Human Rights Law Network dénonce alors le retour des stérilisations forcées qui touchent les plus pauvres et saisit la Cour suprême pour qu’elle légifère.

    La méthode douce

    Pendant ce temps, le taux d’accroissement de la population indienne a atteint son plus bas niveau depuis cinquante ans d’après le recensement de 2011. Nombre d’observateurs estiment que ce ralentissement n’est pas lié aux stérilisations mais aux mesures prises en faveur de l’éducation des femmes. L’Etat du Kerala a ainsi limité la croissance de sa population à 4,9% entre 2001 et 2011 en ayant eu recours à moins de stérilisations que la moyenne nationale. Le taux d’alphabétisme des femmes y est de 92%, le taux le plus élevé du pays.


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  • Victoire symbolique pour l'interdiction de la burqa

    Le port de la burqa reste exceptionnel en Suisse. Mais la décision du Conseil fédéral ouvre la voie à d'autres interdictions cantonales.

    En validant le vote tessinois interdisant de se dissimuler le visage, le Conseil fédéral ouvre la porte à d’autres scrutins.

    Le conseiller national Walter Wobmann (UDC/SO) a du soleil dans la voix. «Notre initiative fédérale pour interdire le voile intégral est prête. Nous la lancerons l’année prochaine. Ses chances ont bien sûr augmenté aujourd’hui.»

    La raison? Le Conseil fédéral a répondu mercredi à une question qui tenait le monde politique en haleine depuis un an: l’interdiction de se dissimuler le visage votée par 65% des Tessinois l’an dernier est-elle conforme au droit fédéral? Oui, répond le gouvernement.

    Il s’explique: d’une part, la disposition tessinoise est très proche de la loi française. Or, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) s’est penchée sur le texte cet été et n’a rien trouvé à y redire: l’interdiction de se dissimuler le visage touche tant la burqa que la simple cagoule du manifestant. Elle ne serait ainsi pas explicitement fondée sur la connotation religieuse des vêtements, selon Strasbourg. Par analogie, cet arrêt vaut aussi pour la Suisse. Et puis, relève le Conseil fédéral, des exceptions sont prévues à l’interdiction. Les lieux de culte ne sont par exemple pas visés.

    «Pas opportune»
    Mais, si le gouvernement donne un feu vert, c’est sans enthousiasme. Une telle interdiction n’est pas «opportune», répète-t-il, compte tenu «du très faible nombre de femmes en Suisse qui se dissimulent le visage derrière un voile et de l’absence de problèmes liés à cette pratique.»

    Peu importe la mise en garde, pour les partisans d’une interdiction du voile intégral en Suisse, la décision de mercredi est vue comme un coup de pouce. «Nous l’attendions avant de lancer notre initiative fédérale. Nous allons encore patienter jusqu’au vote du parlement, qui devra donner sa garantie à la Constitution tessinoise. Les discussions seront chaudes, mais cela passera au final», estime Walter Wobmann.

    Jusqu’à présent, une majorité du parlement fédéral, traumatisée par le vote antiminarets de 2009, s’était refusée à légiférer sur le voile intégral au niveau suisse. L’an dernier, le vote des Tessinois avait eu l’effet d’un coup de tonnerre sous la Coupole fédérale. Une majorité ne semblait pas acquise pour le valider. Mais, après la décision de mercredi qui s’ajoute à celle de Strasbourg, tout a changé. «La messe est dite», estime la conseillère nationale Cesla Amarelle (PS/VD). Elle ne voit plus qu’un mince espoir: «L’arrêt de Strasbourg est un indice, mais nous restons souverains et pourrions faire une interprétation plus large de la liberté religieuse dans le cadre de notre Constitution.»

    Initiative à Genève
    Pour sa collègue Céline Amaudruz (UDC/GE), il n’y a pas à tergiverser: «Pour qu’une Constitution cantonale obtienne une garantie, il faut simplement qu’elle ne soit pas contraire au droit fédéral. Ici, c’est le cas. Nous n’avons pas à nous prononcer sur le fond.» La présidente de l’UDC Genève confie par ailleurs qu’une discussion est en cours sur une initiative cantonale genevoise visant l’interdiction de se dissimuler le visage dans l’espace public.

    La socialiste Cesla Amarelle se prépare déjà au combat politique à venir: «Je ne nie pas le problème, mais ce type de débat, comme l’interdiction des minarets, est un tsunami.» Pour s’armer contre la tempête, elle attend ainsi des réponses aux questions qu’elle a posées dans un postulat sur le nombre de personnes concernées par le port du voile intégral ou encore l’efficacité des mesures prises dans ce domaine.


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  • Plus de 700 millions de femmes dans le monde ont été mariées enfants. Ces unions forcées sont un fléau en Afrique et en Asie, notamment.

    L’enlèvement de jeunes filles aussitôt mariées à des combattants par Boko Haram au Nigeria ou par le groupe Etat islamique (Daech) en Irak et en Syrie a jeté, dans sa brutalité, un éclairage cru et spectaculaire sur une pratique courante dans de nombreux pays: les mariages contraints auxquelles sont soumises 14 millions de filles dans le monde chaque année. Aujourd’hui, elles seraient ainsi 700 millions de femmes dont l’enfance a été volée. Pour plus d’un tiers (250 millions) elles l’ont été avant l’âge de 15 ans, selon une étude publiée cet été par l’Unicef.

    Un tiers des cas en Inde

    Ce fléau ne laisse pas indifférent, les acteurs de terrain et la communauté internationale. Dans la région de Djazira au nord-est de la Syrie - une zone où l’Etat islamique pratique le mariage précoce et forcé - les autorités autonomes ont publié dimanche un décret interdisant le mariage des jeunes filles avant 18 ans, en réponse à Daech. Le prochain sommet de la francophonie qui se déroulera à Dakar les 28 et 29 novembre se consacrera à la question des «femmes et des enfants». L’éducation et la mise en place de normes sociales pour faire reculer la pratique des mariages précoces et valoriser la scolarisation des filles seront au cœur des débats. En Afrique, de plus en plus d’ONG et d’associations travaillent pour faire évoluer les choses, selon le magazine Jeune Afrique.

    L’été dernier, l’Unicef (Fonds de l’ONU pour l’enfance) a publié un rapport détaillé sur le sujet, à l’occasion du «Girl summit 2014» à Londres. Le constat est d’abord géographique: la plupart des enfants dont le mariage est arrangé par la famille vivent en Asie du Sud (42%) et un tiers en Inde; vient ensuite l’Afrique avec près d’une fillette sur deux mariée avant sa majorité au Niger, en Centrafrique et au Tchad. Mais on constate, plus près de nous, la persistance de ces unions précoces, en Moldavie, par exemple. L’Unicef note que «c’est moins la tradition que les conditions économiques qui poussent les parents à chercher très tôt un mari à leurs filles» dans des pays où une grande partie de la population est pauvre.

    Battues et rejetées

    Les conséquences de ces unions précoces sont «désastreuses», souligne l’Unicef dans son rapport. Les filles sont souvent enceintes dès les premiers mois de leur puberté. Ce qui augmente le risque de grossesses prématurées. Faute de soins, elles sont également plus exposées à la mortalité maternelle. Selon l’International Center for Research on Women, le taux de mortalité augmente de 30% quand la mère est mineure. En outre, faute de prévention et d’éducation, les cas de maladies sexuellement transmissibles et de sida sont nombreux. Et si les jeunes filles refusent le mariage arrangé, elles sont parfois battues et souvent rejetées par leurs familles. Socialement, elles quittent enfin l’école très tôt.

    Commerce de fillettes

    Dans ce contexte, les enlèvements et le commerce de fillettes pour les marier ou l’esclavage sexuel de mineures passe plus inaperçu. Si l’existence d’un réseau d’esclavage sexuel par le groupe Etat islamique dénoncé par l’ONU en septembre est mise en doute par certains experts, le commerce de filles avec les pays du Golfe est dénoncé comme avéré par l’Unicef. Selon l’organisation, «pour s’enrichir, des parents monnaient leurs filles (plus elles sont jeunes et plus elles se vendent cher dans les Emirats)». La seule note positive de ce tableau bien sombre est la baisse régulière du pourcentage de filles mariées avant l’âge de 15 ans. Ainsi au Nigeria -le pays où sévit Boko Haram - le pourcentage de femmes mariées avant 18 ans (l’âge légal retenu dans de nombreux pays), est passé de 56% à 43% en vingt-cinq ans. Mais par l’effet de la démographie, le nombre de ces femmes a cependant augmenté de 2 à 3 millions selon le rapport «Ending child mariage» de l’Unicef.


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  • Les femmes et jeunes filles enlevées par Boko Haram utilisées "sur la ligne de front

    Les femmes et les jeunes filles enlevées par Boko Haram au Nigeria sont utilisées "en première ligne" lors des combats menés par le groupe islamiste, dénonce Human Rights Watch (HRW) lundi dans un nouveau rapport.

    L'organisation de défense des droits de l'homme, qui compile plusieurs dizaines de témoignages d'ex-otages, fait état des nombreuses séquelles physiques et psychologiques dont souffrent celles qui sont libérées.

    Ce rapport intervient au moment où trente adolescents, garçons et filles, dont les plus jeunes ont 11 ans, ont été enlevés, ce weekend, dans l'Etat de Borno, épicentre de l'insurrection islamiste, dans le Nord-Est. La semaine précédente, soixante autres filles et jeunes femmes ont été enlevées à Wagga et Gwarta, deux autres villes du sud de cet Etat.

    Ces deux enlèvements ont jeté de nouveaux doutes sur l'accord de cessez-le-feu que les autorités nigérianes ont annoncé avoir conclu, mi-octobre, avec Boko Haram, et qui prévoyait notamment la libération des 219 lycéennes enlevées à Chibok en avril et toujours aux mains des islamistes.

    Dans le rapport de HRW, une jeune fille de 19 ans retenue trois mois en otage par Boko Haram l'année dernière dit avoir été forcée de participer à des attaques islamistes.

    "On m'a demandé de porter les munitions et de m'allonger dans l'herbe pendant qu'ils se battaient. Ils venaient s'approvisionner en munitions, au cours de la journée, alors que les combats se poursuivaient" a-t-elle raconté.

    "Quand les forces de sécurité sont arrivées sur place et qu'elles se sont mises à nous tirer dessus, je suis tombée par terre, de peur. Les insurgés m'ont alors trainée sur le sol, en s'enfuyant vers le camp".

    L'ex-otage raconte avoir aussi reçu l'ordre d'égorger un des membres d'une milice privée capturé par Boko Haram, à l'aide d'un couteau.

    "Je tremblais, horrifiée, et je n'ai pas pu le faire. La femme du chef du camp a alors pris le couteau et elle l'a tué", poursuit-elle.

    Une série d'attentats-suicides ont été menés par des femmes, parfois très jeunes, plus tôt cette année, et certains s'étaient demandé si ces femmes pouvaient être des otages de Boko Haram.

    Rien ne permet cependant de prouver, pour l'instant, que les femmes-martyrs étaient des otages et non des combattantes volontaires.

    En juillet, une petite fille de 10 ans avait aussi été arrêtée dans l'Etat de Katsina, dans le nord-ouest du Nigeria, avec une ceinture d'explosifs autour de la taille.

    - Mariages forcés et conversion à l'islam -

    Au total, 30 femmes et jeunes filles ont été entendues par HRW entre avril 2013 et avril 2014, dont 12 des 57 lycéennes de Chibok ayant réussi à échapper à leurs ravisseurs.

    Les ex-otages, qui ont passé entre deux jours et trois mois aux mains de leurs ravisseurs, ont dit avoir été emmenées dans huit camps différents, dans l'épaisse forêt de Sambisa, dans l'Etat de Borno, et dans les montagnes de Gwoza --frontière naturelle entre le Nigeria et le Cameroun.

    Selon HRW, plus de 500 femmes et jeunes filles ont été enlevées depuis le début de l'insurrection en 2009 --une estimation basse par rapport à d'autres chiffres publiés.

    Elles disent avoir cohabité avec de nombreuses autres personnes de sexe féminin âgées de zéro à 65 ans, mais ignorer si elles étaient toutes otages.

    Une des ex-otages de Chibok dit avoir été forcée à cuisiner et à nettoyer pour d'autres femmes qui avaient droit à un traitement de faveur "à cause de leur beauté".

    D'autres témoignages, plus durs, évoquent des viols et des violences physiques. Une femme raconte avoir été menacée de mort, une corde autour du cou, jusqu'à ce qu'elle accepte de se convertir à l'islam.

    Une autre jeune fille, âgée de 15 ans, raconte que quand elle s'est plaint d'être trop jeune pour se marier, un des commandants lui a rétorqué que sa fille de cinq ans avait été mariée l'année précédente.

    Les ex-otages sont livrées à elles-mêmes avec de graves traumatismes psychologiques, sans soutien ni protection de la part des autorités nigérianes, et vivent dans la peur d'être à nouveau kidnappées, dans une région en proie à des attaques islamistes quotidiennes, déplore le rapport.


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    Les politiques d’austérité et les coupes drastiques dans les dépenses sociales ont un impact gravissime sur la situation des enfants et des jeunes des pays les plus développés.

    C’est ce que met en relief le rapport de l’Unicef « Les enfants de la récession » qui a classé 41 pays riches selon l’évolution du taux de pauvreté des enfants entre 2008 et 2012.

    Les tragédies familiales ne sont pas que des « faits divers ». C’est ainsi que Raffaele Tangorra, directeur général pour l’Intégration des Politiques Sociales, au sein du ministère italien du Travail, a évoqué la mort de deux enfants marocains comme un drame de la misère. Youssef et Rahim, 9 et 4 ans, ont été assassinés par leur mère avant qu’elle ne se suicide, dans leur appartement à Rome le 27 octobre.

    « Je vis dans le même quartier, l’Esquilin, qui est un des plus difficiles de la Capitale, avec une forte concentration d’immigrés en situation précaire. Mes enfants fréquentaient la même école que ces pauvres enfants… Cette énième tragédie familiale démontre combien il est urgent d’intervenir avec des politiques sociales plus efficaces pour faire face à une crise qui frappe trop durement les mineurs, y compris dans les pays les plus nantis », a plaidé Raffaele Tangorra, lors de la présentation par l’Unicef de son rapport sur « Les enfants de la récession ».

    En Italie, un enfant sur trois vit au-dessous du seuil de pauvreté

    Ce rapport qui vise à mesurer « l’impact de la crise économique sur le bien-être des enfants dans les pays riches », indique que dans les pays développés, 76 millions d’enfants vivent en situation de pauvreté, soit 2,6 millions de plus qu’en 2008. La pauvreté a particulièrement augmenté dans 23 pays sur les 41 examinés. Surtout en Irlande, en Croatie, en Grèce et en Islande, où le taux oscille entre 36% et 50%. Dans un pays « riche » comme l’Italie, 1 enfant sur 3 – 619 000 de plus qu’en 2008 - vit au-dessous du seuil de pauvreté.

    En revanche, la pauvreté infantile a diminué dans des pays comme l’Australie, le Chili, la Finlande, la Norvège, la Pologne et la Slovaquie. « De nombreux pays riches ont fait un grand pas en arrière, en termes de revenus, et les conséquences auront des répercussions à long terme sur les enfants et leur communauté », avertit Jeffrey O’Malley, directeur du département des statistiques, recherches et analyses de l’Unicef. Et d’ajouter : « Les pays les plus riches devraient donner l’exemple en s’engageant explicitement pour éliminer la pauvreté infantile. Il faut faire du bien être des enfants la priorité des priorités ! »

    Le Portugal en meilleure position que les États-Unis

    De son côté, Anna Corazza Blidt, membre de l’intergroupe sur l’enfance au Parlement européen, souligne qu’il n’y a pas une corrélation étroite entre le PIB par habitant et le bien être global de l’enfant. Et de citer en exemple « le Portugal qui est en meilleure position que les États-Unis » en ce domaine. « D’où l’importance pour les gouvernements et les partenaires sociaux de placer les enfants et les jeunes au centre de leurs processus décisionnels. Il faudrait évaluer l’impact de chaque nouvelle mesure politique sur les enfants, les familles et les jeunes adultes et, surtout, il faudrait leur donner voix  ! »

    Le rapport révèle également l’augmentation des NEET (Not in Education, Employment or Training), c’est-à-dire la génération des 15-24 ans qui n’étudie pas, ne travaille pas et ne se forme pas . « Rien qu’en Europe, on dénombre 7 millions de jeunes dans cette situation – dont 22% d’Italiens ce qui place la péninsule en tête de la liste des NEET », déplore le président du Comité italien pour l’Unicef, Giacomo Guerrera.

    L’augmentation des NEET démontre qu’il faut mettre en place au plus vite des politiques européennes, claires et précises, concernant les parcours de formation, estime l’Unicef. « Nous avons le devoir de présenter des propositions plus intelligentes à nos jeunes, plaide Giacomo Guerrera. La collaboration des institutions est fondamentale pour leur rendre l’espoir d’un avenir. »


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    Téhéran - Les autorités politiques et judiciaires iraniennes ont promis la punition la plus sévère pour les responsables des récentes attaques à l'acide perpétrées contre des femmes à Ispahan (centre) qui ont créé une véritable psychose à travers le pays, ont rapporté lundi 27 octobre 2014 les médias.

    Les gens ne doivent avoir aucun doute. Le gouvernement fait tout pour arrêter et remettre à la justice le ou les responsables de ces crimes. La plus dure punition attend ceux qui ont commis ces crimes, a déclaré le président Hassan Rohani lors du conseil des ministres.

    Ces dernières semaines, quatre femmes ont été aspergées d'acide sur le visage et le corps, à chaque fois par des agresseurs circulant à moto à Ispahan, ville touristique située à 450 km au sud de Téhéran. Toutefois, le dernier cas s'est produit le 15 octobre dernier et depuis, malgré les rumeurs, aucun autre cas d'attaque à l'acide n'a eu lieu, selon les autorités.

    Le numéro deux du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni-Ejeie, chargé de ce dossier, est allé dans le même sens.

    Il s'agit d'un acte inhumain, illégal, violent et contraire à l'islam. Tout le monde doit apporter son aide pour arrêter le ou les responsables qui subiront la plus dure punition, a déclaré M. Mohseni-Ejeie, qui s'est rendu à Ispahan pour superviser les opérations des services judiciaires et des forces de l'ordre.

    MM. Rohani et Mohseni-Ejeie ont tous deux affirmé qu'il s'agit d'un acte de corruption sur Terre, un chef d'accusation généralement passible de la peine capitale.

    Ces attaques ont provoqué une grande psychose à travers le pays. Des manifestations ont eu lieu à Ispahan et à Téhéran et de nombreuses rumeurs de nouvelles attaques à l'acide notamment à Téhéran, Machhad, Tabriz et Yazd ont circulé sur les réseaux sociaux, qui ont été démenties par les autorités.

    Selon certaines rumeurs sur les réseaux sociaux, les victimes des attaques à Ispahan ne respectaient pas le code vestimentaire imposé par la loi, qui les oblige à recouvrir d'un voile ou d'un foulard leurs cheveux et leur nuque. Ce qui a été démenti par les autorités.

    Il ne faut pas écouter les paroles suspectes et inexactes qui cherchent à perturber l'opinion publique en accusant injustement des personnes ou des groupes, a déclaré le président Rohani.

    Il s'est dit certain que les forces de l'ordre, la justice, les Gardiens de la révolution et le Bassidj (corps de volontaires islamistes) allaient tout faire pour régler le problème.

    M. Rohani a également ajouté qu'une nouvelle loi préparée par le gouvernement et l'autorité judiciaire serait prochainement présentée au Parlement pour durcir la peine contre ceux qui commettent de tels actes.

    M. Mohseini-Ejeie a également lancé une sévère mise en garde aux groupes contre-révolutionnaires et certains sites d'informations et médias qui font de la provocation en liant ces attaques à une loi actuellement en discussion au Parlement.

    Cette loi, intitulée soutien à ceux qui font la promotion de la vertu et combattent le vice, vise à soutenir les citoyens qui encouragent les femmes à respecter le voile islamique. La loi précise que les simples citoyens peuvent uniquement conseiller verbalement les femmes à respecter le voile et leur interdit toute action dans ce sens.

    M. Mohseni-Ejeie a affirmé que certains journaux, sites d'informations et agences de presse avaient reçu des avertissements pour avoir lié les deux affaires.


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  • Cambodge : un rapport révèle l'ampleur de la violence contre les enfants

    22 octobre 2014 – Un rapport de l'ONU et du gouvernement du Cambodge publié mercredi indique que plus de la moitié des enfants cambodgiens ont subi au moins une forme de violence avant l'âge de 18 ans et que près d'un quart ont été victimes de violence psychologique.

    Le rapport, qui est la première enquête en son genre sur la violence contre les enfants au Cambodge, est basé sur les témoignages de 2.376 enfants et jeunes adultes entre l'âge de 13 à 24 ans de toutes les régions du pays sur leurs propres expériences de violence physique, psychologique et sexuelle avant l'âge de 18 ans.

    Le rapport – rédigé conjointement par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et le gouvernement du Cambodge - constate que l'ampleur du problème de la violence est considérable et que de nombreux enfants sont les victimes d'agression souvent de la part de personnes proches, tandis que la violence sexuelle à l'encontre des enfants est souvent perpétrée par des amis ou des voisins des familles.

    Lors de la présentation du rapport dans la capitale cambodgienne, Phnom Penh, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les enfants, Marta Santos Pais, a félicité le gouvernement de ce pays d'avoir mené cette enquête inédite et elle a encouragé les autorités à prendre en compte les résultats l'élaboration de ses programmes.

    « L'élimination de toutes les formes de violence contre les enfants doit être un indicateur de base pour mesurer l'amélioration sociale au niveau national », a déclaré Mme Santos Pais. « Ce rapport devrait être une référence pour tous les secteurs du gouvernement, pris en compte dans les politiques et le budget national, avec un plan de suivi et d'évaluation pour mesurer les progrès et maintenir la dynamique ».

    Selon l'enquête, la violence contre les enfants a des effets à long terme, même après la fin des abus et cela peut affecter la qualité de vie pour ces enfants pour le reste de leur vie. Beaucoup de jeunes victimes subissent des conséquences néfastes pour leur santé et adoptent des comportements à risque, puisqu'ils sont plus susceptibles de souffrir de problèmes mentaux, d'infections sexuellement transmissibles, d'automutilation et d'un risque accru de suicide. D'autres problèmes de santé physique et mentale peuvent persister tout au long de leur vie.

    Mme Santos Pais a décrit six démarches qui pourraient aider les gouvernements à lutter contre la violence contre les enfants et œuvrer pour l'élimination de ce fléau, dont la promulgation d'une loi pour interdire de façon explicite la violence contre les enfants avec une application rigoureuse, des programmes de sensibilisation pour inciter la société à rejeter et condamner la violence contre les enfants. Il faut également assurer l'inclusion sociale des filles et des garçons particulièrement vulnérables, établir ou renforcer des systèmes de collecte de données pour prévenir et combattre la violence contre les enfants et établir une coopération avec d'autres gouvernements pour renforcer les mécanismes de protection des enfants contre la violence dans le cadre de l'agenda de développement pour l'après-2015.

    « Les retombées économiques de l'investissement dans le développement précoce de l'enfant sont connues et établies, mais la violence limite considérablement le potentiel des jeunes enfants à atteindre leur plein potentiel et cela entraîne des pertes énormes pour la société », a souligné Mme Santos Pais. « Le fait de mettre fin à la violence est un impératif moral, mais c'est également positif en termes économiques, comme le montrent les chiffres sur les coûts de la violence. »


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  • Une jeune femme accusée d'adultère a été exécutée dans le centre de la Syrie, selon une vidéo postée mardi sur Youtube.

    L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a affirmé que cette lapidation avait eu lieu en août ou septembre dans une zone rurale de l'est de la province de Hama (centre), contrôlée par l'Etat islamique (EI).

    Sur la vidéo, une jeune femme vêtue de noir fait face à deux hommes: son propre père et un djihadiste, .

    Le djihadiste, , armé, est vêtu d'une chemise blanche et d'un pantalon de treillis, tandis que le vieil homme porte une djellaba blanche et le keffieh rouge traditionnel des paysans de la région.

    «Acceptes-tu la punition de Dieu?»

    «La punition est le résultat de ce que tu as commis et personne ne t'a forcée à le faire. (...) Acceptes-tu la punition de Dieu?», déclare le djihadiste, s'exprimant en arabe classique.

    La jeune femme opine de la tête puis demande à son père de lui pardonner. Celui-ci commence par refuser, mais finit par accepter sous la pression des djihadistes .

    Le vieil homme prend alors une corde dont il entoure la taille de sa fille puis la contraint à s'allonger, avant que ne commence la lapidation.

    «Nous condamnons ce crime horrible commis par L'EI. Ce crime n'est en rien lié avec la révolution syrienne», a déclaré dans un communiqué la coalition de l'opposition syrienne.

    La Syrie est ravagée depuis plus de trois ans par une guerre civile, déclenchée en mars 2011 par la répression brutale d'un mouvement de contestation populaire qui s'est ensuite transformé en rébellion armée. Le conflit est ensuite devenu plus complexe avec la montée en puissance des djihadistes , notamment de l'EI, qui contrôlent de vastes secteurs du pays.


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  • De plus en plus d'enfants disparaissent au Mexique

    La hausse d'enfants disparus, recrutés, blessés ou tués par des gangs criminels, est «alarmante» selon la Commission interaméricaine des droits de l'homme.

    Le nombre d'enfants disparus au Mexique, mais aussi recrutés, blessés ou tués par des gangs criminels, est en «hausse alarmante», s'est inquiétée ce lundi 20 octobre la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), dans ce pays où 43 étudiants sont portés disparus.

    Lors d'une visite du 6 au 14 octobre, Rosa Maria Ortiz, rapporteur de la CIDH sur les Droits des enfants et adolescents, «a reçu des informations indiquant qu'il y aurait une hausse alarmante du nombre d'enfants non localisés» et «malgré cela l'État n'a pas fourni de chiffres» à ce sujet, a expliqué dans un communiqué la CIDH, un organe indépendant créé en 1959 au sein de l'Organisation des États américains (OEA).

    La représentante de la CIDH s'est réunie à cette occasion avec plusieurs familles de victimes, qui «dans leur majorité rendaient responsables les forces de l'État de ces disparitions forcées» et dénonçaient des erreurs dans l'enquête.

    43 étudiants toujours disparus

    Cette annonce survient alors que 43 étudiants sont portés disparus depuis le 26 septembre, après une fusillade impliquant la police locale alliée au gang criminel Guerreros Unidos à Iguala, une ville de l'État de Guerrero (sud).

    Une affaire qui a choqué et indigné le Mexique et créé une forte pression, y compris internationale, sur le gouvernement pour résoudre cette affaire.

    La CIDH a appelé lundi «l'État mexicain à localiser de toute urgence les 43 étudiants (...) et enquêter sur ces délits de manière rapide et impartiale».

    Violence sur les enfants

    La commission a également constaté une «augmentation des niveaux de violence» vis-à-vis des enfants, en se fondant sur les informations de plusieurs organisations civiles qui affirment que 2000 enfants ont été tués ou mutilés, parfois «avec une violence extrême», entre 2006 et 2014.

    Elle s'inquiète enfin du «grand nombre» d'enfants qui pourraient avoir été recrutés, de manière violente, par le crime organisé dans les zones les plus pauvres du pays.

    Sur les 118 millions d'habitants que compte le Mexique, sept vivent en situation d'extrême pauvreté, la plupart dans l'État de Guerrero et les États voisins de Oaxaca et Chiapas, qui sont régulièrement le théâtre de chocs violents entre cartels de drogue.

    Depuis qu'a été lancée en 2006 une vaste offensive militaire contre le narcotrafic, plus de 22'000 personnes ont disparu et 8000 sont mortes au Mexique, selon les chiffres officiels.


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