• Une jeune chrétienne soudanaise a été condamnée jeudi 15 mai à la peine de mort par pendaison pour apostasie au Soudan, malgré des appels d’ambassades occidentales à un respect de sa liberté religieuse.

    Née d’un père musulman, Meriam Yahia Ibrahim Ishag a été condamnée en vertu de la charia, en vigueur au Soudan depuis 1983 et qui interdit les conversions sous peine de mort.

    Amnesty International s’est dit « horrifiée » par cette condamnation, demandant la libération immédiate et inconditionnelle de cette femme de 27 ans, « enceinte de huit mois » et actuellement « détenue avec son fils de 20 mois ».

    Également condamnée à 100 coups de fouet pour « adultère »

    « Nous vous avions donné trois jours pour abjurer votre foi mais vous avez insisté pour ne pas revenir vers l’islam. Je vous condamne à la peine de mort par pendaison », a déclaré le juge, Abbas Mohammed Al-Khalifa, à l’adresse de la jeune femme qui est restée impassible.

    Auparavant, au cours de l’audience, après une longue intervention d’un chef religieux musulman qui a cherché à la convaincre, elle avait dit calmement au juge : « Je suis chrétienne et je n’ai jamais fait acte d’apostasie. »

    Meriam Ishag, mariée à un chrétien du Soudan du Sud, a également été condamnée à 100 coups de fouet pour « adultère ». Selon l’interprétation soudanaise de la charia, une musulmane ne peut épouser un non-musulman, et toute union de ce type est considérée comme un adultère.

    La défense veut faire appel

    Une centaine de personnes était venue au tribunal pour entendre le verdict, dont des diplomates étrangers.

    « Nous sommes choqués et très tristes d’entendre ce verdict, qui n’est pas en conformité avec la propre Constitution du Soudan et des obligations internationales, a indiqué à l’AFP l’un d’eux sous couvert de l’anonymat. Nous espérons vraiment beaucoup que cela sera rectifié en appel. »

    L’un des avocats de la jeune femme, Mohanad Mustafa, a indiqué à l’AFP que la défense ferait appel, et qu’elle était prête, s’il le fallait, à s’adresser à la Cour constitutionnelle car, selon les avocats, l’interdiction de l’apostasie viole la Constitution.

    Manifestations

    « Le fait qu’une femme a été condamnée à mort pour son choix religieux, et à la flagellation pour être mariée à un homme soi-disant d’une religion différente est épouvantable », a réagi pour sa part Amnesty International. « L’adultère et l’apostasie sont des actes qui ne devraient même pas être considérés comme des crimes », a indiqué Manar Idriss, responsable du Soudan dans cette ONG.

    Si les peines de flagellation sont souvent exécutées au Soudan, celles concernant la peine de mort le sont rarement, selon les militants.

    À l’extérieur du tribunal, une cinquantaine de personnes ont manifesté contre le verdict. « Non à l’exécution de Meriam », « Les droits religieux sont un droit constitutionnel », pouvait-on lire sur des banderoles.

    Vive inquiétude occidentale

    Un manifestant a indiqué que les protestataires observeraient des sit-in jusqu’à ce que la jeune femme soit libérée.

    Un autre petit groupe, favorable au jugement, est arrivé sur les lieux. « C’est une décision de justice. Pourquoi êtes-vous réunis ici ? », a lancé un membre de ce groupe à l’adresse des défenseurs de la jeune femme.

    « Pourquoi voulez-vous exécuter Meriam ? Et pourquoi ne présentez-vous pas les corrompus à la justice ? », a répondu l’un des défenseurs de la jeune femme en référence à la corruption, largement répandue dans le pays.

    Mardi, les ambassades des États-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne et des Pays-Bas avaient exprimé leur « vive inquiétude » à propos du cas de cette Soudanaise, demandant que son cas soit traité avec de la « compassion ».

    « Série d’actes répressifs » contre les minorités religieuses au Soudan

    Selon Amnesty International, Meriam Ishag a été élevée en tant que chrétienne orthodoxe, la religion de sa mère, car son père, un musulman, était absent pendant son enfance.

    Selon Christian Solidarity Worldwide, une ONG basée en Grande-Bretagne qui défend la liberté religieuse, le cas de Meriam Ishag est le dernier en date d’une « série d’actes répressifs » contre les minorités religieuses au Soudan.

    Les expulsions, la confiscation et la destruction de propriétés de l’Église et d’autres actes contre les chrétiens ont augmenté depuis fin 2012, indique l’ONG.

    Le ministre soudanais de l’information Ahmed Bilal Osmane a cependant démenti mardi toute oppression des chrétiens du Soudan. « Nous vivons ensemble depuis des siècles », a-t-il affirmé à l’AFP.


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  • Les esclaves sexuelles des Japonais pendant la guerre, violation monumentale des droits de l'Homme

    Séoul - Le système de prostitution forcée de femmes asiatiques au service des soldats nippons, mis en place par les Japonais pendant la Deuxième guerre mondiale, est une violation monumentale des droits de l'Homme, a déclaré vendredi le président américain.

    C'était une violation terrible et monumentale des droits de l'Homme. Ces femmes voyaient leurs droits bafoués d'une façon choquante, même dans un contexte de guerre, a ajoute Barack Obama, en visite en Corée du Sud.

    Elles méritent d'être entendues, elles méritent d'être respectées. Et il doit y avoir un récit exact et clair sur ce qui s'est passé, a-t-il encore dit. Je pense que le Premier ministre (japonais) (Shinzo) Abe reconnaît cela et que les Japonais savent que le passé doit être envisagé de manière honnête et juste.

    Le sujet des femmes de réconfort est un motif de graves frictions entre la Corée du Sud et le Japon, pourtant alliés, ce dernier ayant occupé la péninsule de 1910 à 1945.

    Séoul et d'autres pays asiatiques, dont notamment la Chine, accusent le Japon de ne pas s'être suffisamment repenti d'avoir enrôlé de force des milliers d'Asiatiques dans les bordels destinés aux soldats japonais, avant et pendant la Deuxième guerre mondiale.

    Le Japon a donné à ces esclaves sexuelles le nom de femmes de réconfort.

    D'après la plupart des historiens, jusqu'à 200.000 femmes ont servi dans les bordels de l'armée impériale à l'époque, notamment des Coréennes mais aussi des Chinoises, des Indonésiennes, des Philippines et des Taïwanaises.

    Ce sujet pèse depuis longtemps sur les liens entre Séoul et Tokyo, pourtant tous deux alliés des Etats-Unis, qui ont tenté ces derniers mois de réchauffer les liens entre les deux pays.


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  • Depuis la chute du président Moubarak, les Egyptiennes souhaitant prendre part aux diverses manifestations politiques n'ont cessé d'encourir des violences sexuelles exercées publiquement, et en toute impunité, affirme la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) dans un long rapport rendu public au Caire ce mercredi 16 avril.

    Ces violences – qu'aucun gouvernement n'a encore cherché réellement à combattre – visent à dissuader toute velléité de participation à la vie publique et écarte ainsi les femmes de la transition politique de leur pays. Une situation choquante dénoncée par la FIDH qui formule toute une liste de recommandations aux autorités égyptiennes, les incitant à manifester d'urgence la volonté politique d'y mettre fin.

    AUCUNE PROTECTION

    Les dix huit premiers jours de la révolution conduisant à la chute de Moubarak furent étonnamment pacifiques, « magiques » affirment même des femmes, qui étaient étonnées de se sentir en sécurité sur la place Tahrir du Caire, débarrassées du harcèlement sexuel qu'elles expérimentent au quotidien.

    Une période « euphorique » qui a rendu le brusque retour des violences « plus choquant » que jamais. Car durant les 16 mois suivant, sous le régime du Conseil Suprême des Forces armées, les manifestantes furent régulièrement les cibles des militaires, battues dans les rues et sujettes à différentes violences en détention, y compris aux tests dit « de virginité » opérés par des médecins hommes ainsi qu'à des menaces constantes de viols.

    Sous la présidence de Mohamed Morsi à partir du 30 juin 2012, les femmes furent régulièrement attaquées par des groupes de jeunes garçons et d'hommes lors des manifestations situées sur place Tahrir ou dans sa périphérie. Des organisations ont documenté plus de 250 cas, dont des viols, entre novembre 2012 et juillet 2013. La police avait d'ailleurs déserté la Place Tahrir, laissant les femmes sans aucune protection, si ce n'est celle organisée par les activistes eux-mêmes.

     DES « PROSTITUÉES VENUES SE FAIRE BAISER »

    Même processus à chaque fois : des dizaines d'hommes entourent et isolent une femme, lui arrachent une partie de ses vêtements et se livrent à des attouchements et viols dans ce que certaines ont décrit comme « un cercle de l'enfer ». De nombreux témoins estiment que ces attaques ont été coordonnées et destinées à briser l'opposition.

    En février 2013, des organisations de défense des droits des femmes ont d'ailleurs adressé une pétition au président Morsi, afin de dénoncer « le ciblage des activistes féminines pour sanctionner leur participation à la vie publique et les exclure de la vie politique. »

    Depuis le coup d'Etat de juillet 2013, la police est revenue sur la place mais n'a pas empêché de nombreuses agressions, accusée souvent d'en être elle-même à l'origine. Le 16 aout 2013, dans la vague des manifestations de soutien à Mohamed Morsi, la mosquée Al-Tawheed a été prise d'assaut par les forces militaires et plus de vingt femmes ont été sexuellement agressées par des officiers, traitées selon une survivante de « prostituées venues se faire baiser ».

    On a dénombré depuis de très nombreux cas de violences contre des femmes commises par la police. Des femmes courageuses, victimes de ces attaques, ont bravé le tabou et ont porté plainte. Mais à ce jour, pas un seul agresseur n'a été traduit en justice. Dans la plupart des cas, il n'y a même pas d'enquête.

    LE HARCÈLEMENT, UNE PRATIQUE COURANTE

    Bien sûr, insiste la FIDH, ces faits sont à replacer dans une société où le harcèlement sexuel est pratiqué massivement dans les rues, les transports en commun, les écoles et universités, et sur les lieux de travail. Selon une étude de UN Women publiée en avril 2013, 99,3 % des Egyptiennes affirmaient avoir été agressées sexuellement, 91 % admettant ne pas se sentir en sécurité dans la rue. Une autre étude réalisée en 2008 par le Centre égyptien pour les droits des femmes révélait que 86 % des hommes interviewés admettaient avoir déjà agressé sexuellement des femmes.

    Le harcèlement sexuel tend à augmenter pendant les fêtes religieuses comme Aïd al-Fitr et Aïd al-Adha, quand les rues sont pleines. Cette violence quotidienne entame bien sur la liberté de mouvement des femmes, y compris pour utiliser les transports, ou simplement sortir dans les rues.
    Le fait est que la population a le sentiment que les agressions sont en augmentation alors même que, grâce au témoignage de plusieurs victimes, le phénomène est désormais officiellement reconnu comme un vrai problème de société.

    La culture de l'impunité prévaut cependant, dénonce la FIDH. La plupart des cas d'agression et viol ne font pas l'objet de rapport ou de plainte. Comment s'en étonner quand on connaît les conséquences auxquelles s'exposent les victimes, le rejet et le stigma attachés au viol, l'hostilité des policiers ou fonctionnaires chargés de prendre les dépositions, la tendance à rejeter la faute sur la femme plutôt que sur son agresseur (« elles n'avaient qu'à pas sortir », « elles portaient une tenue indécente », « la place est un espace masculin »), et la vacuité d'un système de justice plus qu'inadapté.

     ABSENCE DE VOLONTÉ POLITQUE

    Le lien entre cette violence envahissante et la discrimination structurelle contre les femmes inscrite dans le droit égyptien ne peut plus être ignoré, estime la FIDH. Il faudrait avant tout une volonté politique pour réformer le système de justice afin d'éliminer toutes les discriminations contre les femmes dans le droit et dans la pratique. Il faudrait une condamnation publique des violences par l'ensemble des leaders politiques et religieux.

    Il faudrait des actions de sensibilisation menées à l'échelon national. Et il faudrait d'urgence, outre des mesures visant à former les personnels de la police et de la justice pour accueillir et protéger avec respect les victimes, l'adoption d'une loi criminalisant toutes formes de violence contre les femmes, incluant la violence domestique, le viol conjugal, les violences et harcèlements sexuels, et les crimes commis au nom de l'honneur.


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  • La loi instaurant la gratuité de la contraception aux Philippines va entrer en vigueur.

    L’Église philippine qui avait engagé un recours contre ce texte a promis de respecter cette décision, tout en continuant à défendre le « caractère sacré de la vie ».

    Le président Aquino a remporté une victoire politique.

    La Cour suprême des Philippines a tranché hier. La loi instaurant la gratuité des moyens de contraception pour les plus pauvres « n’est pas anticonstitutionnelle ». L’Église catholique de l’archipel, qui avait saisi la Cour pour réclamer l’invalidation de cette loi promulguée en décembre 2012 par le président Benigno Aquino, a été déboutée.

    Le texte prévoit la gratuité des moyens de contraception (préservatif, pilule) et l’éducation sexuelle à l’école. Il rend obligatoire la formation des travailleurs sociaux au planning familial et légalise les soins post-avortement, alors que l’avortement, comme le divorce, reste interdit aux Philippines.

    « Séparation de l’Église et de l’État »

    « Cette décision confirme la séparation de l’Église et de l’État et affirme la suprématie du gouvernement dans les sujets de société séculiers comme la santé et le développement socio-économique », s’est félicité le député Edcel Lagman, principal artisan de la loi.

    Mgr Socrates Villegas, archevêque de Lingayen Dagupan et président de la conférence épiscopale philippine, a réagi en encourageant les fidèles à respecter la décision de la Cour. L’Église, a-t-il ajouté, « doit continuer à soutenir le caractère sacré de la vie humaine ». Il relève que les juges ont « reconnu l’importance de l’objection de conscience y compris pour les médecins œuvrant dans des structures sanitaires publiques », et confirme que tous les catholiques « travailleront côte à côte avec ceux qui soutiennent la loi pour le bien du pays ».

    Une loi « équilibrée »

    « Cette loi est équilibrée, il fallait qu’elle soit mise en œuvre », estime le Bernard Holzer, prêtre assomptionniste aux Philippines qui relève que « les familles de classes moyennes aux Philippines n’ont que deux enfants », quand le taux de fertilité moyen s’élève à 3,54 enfants par femme.

    Selon lui, l’Église philippine va sans doute évoluer vers « plus d’engagements sociaux, contre la pauvreté et la corruption. Elle va continuer à accompagner le processus de paix avec les rebelles musulmans de Mindanao, à s’engager sur le terrain, à lutter contre la pauvreté ».

    Pour le P. Melvin Castro, responsable de la Commission famille de l’Église philippine, « la vraie bataille est au-delà de cette loi, c’est de gagner, ou regagner le cœur de la jeunesse. Celle-ci a déjà recours aux contraceptifs et c’est pour cela que l’Église a bien du travail devant elle ».

    « Rester dans l’approche pastorale conseillée par le pape François »

    Dans un pays de 100 millions d’habitants dont plus de 80 % sont catholiques, l’Église avait pris le risque de militer contre un texte approuvé, d’après un récent sondage, par 72 % de la population. Selon le P. Holzer, « l’Église s’est impliquée dans un rapport de pouvoir sur cette loi, au risque de se couper des fidèles, alors qu’elle aurait dû rester dans l’approche pastorale conseillée par le pape François d’accompagnement des fidèles ».

    L’Église a voulu dire au président Aquino qu’il « n’avait pas à se faire dicter sa politique familiale par des bailleurs de fonds internationaux, comme la Banque asiatique de développement (BAD) et la Banque Mondiale (BM), qui ont conditionné des financements importants au vote de cette loi », analyse Régis Anouil, rédacteur en chef d’Églises d’Asie, l’agence de presse des Missions étrangères de Paris.

    L’Église ne peut plus jouer les premiers rôles

    Après avoir été un « instrument politique majeur pour éviter la guerre civile lors de la chute de la dictature de Marcos et de la transition vers la démocratie », l’Église ne peut plus désormais jouer les premiers rôles. Elle n’en fait pas moins fait entendre sa voix, rappelant que la priorité, selon elle, reste la lutte contre la pauvreté et la corruption.

    « Aux Philippines, 50 familles concentrent 80 % de la richesse et la pression démographique est si forte que 10 % des Philippins travaillent hors de leur pays, ce qui déstructure les familles. L’Église dit que ce pays n’est pas pauvre parce que les familles sont nombreuses, mais parce que la richesse est trop concentrée », résume Régis Anouil.

    Un point sur lequel l’Église philippine rejoint les Nations unies. En apportant hier son soutien à Manille pour « une application pleine et entière de la loi », l’ONU a relevé que les objectifs de recul de la mortalité en couches ne seraient pas atteints en 2015, dans un pays où une personne sur quatre vit avec moins de 1 dollar par jour.


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  • 126 millions de femmes seraient concernées dans le monde, et 30 millions pourraient être excisées dans les trente prochaines années.

    Ce nombre est en constante diminution grâce aux actions de sensibilisation menées auprès des communautés concernées en Afrique et au Moyen-Orient.

    Jeudi 6 février, le collectif « Excision parlons-en ! » a réuni à Paris les acteurs de la lutte contre cette pratique.

     « Pendant des siècles, personne n’a lutté contre l’excision. C’est quand les femmes ont décidé d’en parler que les choses ont commencé à changer. » Pierre Foldes est spécialiste de la réparation des femmes mutilées sexuellement. Durant les années 1980, ce médecin français a parcouru l’Afrique avec Médecins du monde.

    Il y a découvert les ravages de l’excision des petites filles, qui conduit parfois à leur décès. « Les femmes mutilées ne se plaignent jamais. C’est lorsqu’elles se présentent à une consultation qu’il se passe quelque chose : elles parlent. On mesure alors l’importance traumatisme que constitue l’excision : souffrance dans les rapports sexuels, infections multiples, problème obstétriques… Tous les aspects de la vie féminine sont concernés. » 

    Aujourd’hui, selon l’Unicef, 126 millions de filles et de femmes dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient ont subi des mutilations sexuelles féminines (MSF), pourtant condamnées par une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU, votée à l’unanimité en juillet 2013. « 30 millions pourraient en subir dans les trente prochaines années », prévient Michèle Barzach, présidente de l’agence onusienne en France.

    Lutter contre l’excision, un combat permanent

    Abandon des mutilations sexuelles féminines

    Un constat qui pousse les acteurs de la lutte contre ces mutilations à rester mobilisés, même si la baisse continue du nombre de victimes et les progrès de la réparation donnent de l’espoir. Jeudi 6 février, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’excision et les mutilations génitales féminines, le collectif « Excision, parlons-en » a réuni à Paris les acteurs de ce combat pour évoquer « les défis de l’abandon » des mutilations sexuelles féminines.

     « En 1999, le Sénégal a voté une loi pénalisant les mutilations sexuelles féminines, mais ça n’avait pas suffi à les faire disparaître », explique Khalidou Sy, coordonnateur national de l’ONG Tostan au Sénégal. Malgré la loi, la difficulté reste de convaincre les communautés d’abandonner ces pratiques en mettant l’accent sur leurs dangers.

    Une démarche compliquée par l’ancienneté de cette pratique, souvent multiséculaire. L’excision est jugée nécessaire pour que les jeunes filles restent « pures », et soient « préservées » jusqu’au mariage.

    Dégâts de l’excision

    Pour faire évoluer les pratiques, l’ONG Tostan ne s’est pas contenté de condamner l’excision, mais a mis en œuvre un programme global, avec des modules sur « la démocratie, les droits humains, la résolution de problèmes, l’hygiène, la santé, l’alphabétisation, le microcrédit et l’entrepreneuriat ». 

     « Au fur et à mesure que ce programme est dispensé, les communautés s’approprient elles-mêmes les arguments. De leur propre initiative, les femmes disent alors vouloir abandonner cette pratique : elles veulent être protégées des violences et pressions de la communauté. » 

    Si le Sénégal connaît un taux de prévalence de 26 %, il peut atteindre plus de 90 % dans certaines ethnies. Il faut aller de village en village, montrer les bienfaits du programme de développement, convaincre peu à peu les gens des dégâts de l’excision, jusqu’à ce que la communauté soit mûre. 

     « Alors seulement, les villages se regroupent et font une déclaration d’abandon de l’excision, précise Khalidou Sy. La première, dans le village de Malicounda Bambara en 1997, avait été un vrai choc dans le pays. Aujourd’hui, nous en sommes à près de 60 déclarations. » 

    Nouvelles formes de mutilations

    En Afrique de l’Ouest, où les ethnies se moquent des frontières, la renonciation se répand. Jeudi, 14 communautés du Mali ont annoncé publiquement prendre « l’engagement solennel en toute connaissance de cause d’abandonner la pratique de l’excision, des mariages précoces et forcés des filles au sein de nos communautés », avec le soutien de Tostan Mali. Dans ce pays, 85 % des femmes sont excisées et de nombreuses communautés croient obéir à un devoir musulman.

     « Rien dans le Coran n’autorise pourtant explicitement ou implicitement les mutilations sexuelles féminines », insiste le professeur égyptien Gamal Serour, ancien président de la Fédération international de gynécologie et d’obstétrique, chercheur à la prestigieuse université islamique d’Al-Azhar du Caire.

    L’Égypte regrouperait à elle seule un cinquième des femmes excisées dans le monde, aussi bien parmi les communautés chrétiennes que musulmanes. « Les leaders religieux doivent être sensibilisés, explique le professeur Serour. Ils deviennent alors un excellent relais auprès des populations. » 

    Pour le docteur Foldes, « la situation commence à s’améliorer, même si de nouvelles formes de mutilations sont régulièrement découvertes. En matière d’excision, le combat n’est jamais gagné. » 

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     Les recommandations pour la France 

     La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a publié un « Avis sur les mutilations sexuelles féminines » le 28 novembre dernier. Constatant l’efficacité des politiques de prévention de l’excision en France depuis les années 1980, elle s’inquiète néanmoins que « les adolescentes deviennent une population à risque ». Selon une étude de 2007, le nombre de femmes et de fillettes mutilées ou menacées de l’être était estimé entre 42 000 et 61 000.

     Elle recommande de former les professionnels des secteurs médicaux, judiciaires, sociaux et de l’éducation nationale pour mieux informer en milieu scolaire ; améliorer le recueil de données statistiques et lancer une nouvelle campagne nationale d’information et de prévention ; mener à son terme le processus de ratification de la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes ; et enfin agir au plan international afin de favoriser l’élimination des mutilations sexuelles des femmes immigrées dans leur pays d’origine.


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  • AMMAN - Une cour jordanienne a condamné à dix ans de prison un Jordanien ayant tué sa fille parce qu'elle avait quitté la maison durant plusieurs jours sans l'accord de son mari, a indiqué jeudi une source judiciaire.

    L'homme a reconnu avoir tué sa fille, qui avait une vingtaine d'années, parce qu'elle avait quitté sa maison pendant plusieurs jours sans que son mari en ait connaissance, a expliqué cette source, en précisant que le meurtre avait eu lieu le 13 novembre 2012 à Rousseifeh, à l'est de la capitale, Amman.

    Âgé d'une cinquantaine d'années, il a expliqué l'avoir tuée pour laver l'honneur de la famille, a-t-elle ajouté.

    Le 29 janvier, la cour a condamné l'homme à la peine de mort puis a réduit (le même jour) sa peine à de la prison après que la famille eut retiré sa plainte contre lui, a expliqué cette source.

    En Jordanie, entre 15 et 20 femmes sont assassinées chaque année sous le motif du crime dit d'honneur.

    Jeudi matin, un nouveau meurtre de ce type a été commis dans la ville de Karak (sud) par un père et son fils, ont indiqué à l'AFP des sources de sécurité.

    La femme avait disparu l'année dernière et s'est mariée sans l'accord de sa famille. Quand son père et son frère l'ont retrouvée, ils l'ont tuée, ont expliqué ces sources, en précisant que les deux hommes avaient été arrêtés et inculpés.

    Les meurtriers dans ce genre d'affaires risquent la peine de mort, mais les tribunaux font souvent preuve de clémence.


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  • Malgré une transition vers un gouvernement civil, l'armée birmane joue un rôle fondamental dans la politique intérieure du pays et conserve son indépendance. L'abus de pouvoir des militaires et la perpétuation de viols remet en question l'avancée démocratique du pays : l'utilisation du viol comme outil d'oppression était monnaie courante sous le régime militaire. Lutte contre l'impunité, conflits armés avec les minorités ethniques et sanctions économiques sont tant de difficultés que doit affronter ce pays en voie de démocratisation.

    Le dernier rapport de la Ligue des Femmes birmanes, organisation de défense des droits des femmes birmanes installée à Bangkok, révèle plus d'une centaine de viols commis par l'armée birmane depuis les élections générales de novembre 2010, mettant fin à la junte militaire qui gouvernait le pays depuis 1962. Agressions sexuelles d'une extrême violence, la majorité des victimes – la plus jeune âgée de sept ans – sont décédées suite à leurs blessures. Si le rapport dénonce le régime d'impunité des soldats ainsi que le caractère politique de ces chroniques agressions, le président Thein Sein nie l'utilisation du viol comme un outil d'oppression. Affirmant qu'aucun cas de viol n'a été signalé, son porte parole, Ye Htut invite la Ligue des Femmes birmanes à « envoyer le détails des affaires afin que des actions soient prises à l'encontre des accusés ».

    Persistance des conflits

    Si les Birmans représentent 70 % de la population, le pays est composé de plusieurs dizaines de minorités ethniques dont certaines sont depuis plusieurs décennies engagées dans des luttes armées contre le gouvernement. Les cessez-le-feu obtenus par le nouveau président avec la plupart des groupes armés n'ont pas suffit à ramener la paix. Les troupes militaires, déployées sur l'ensemble du territoire, rentrent continuellement en conflits avec des groupes armés dans le Nord et l'Est du pays. La réconciliation nationale à travers la prise en compte des revendications des minorités ethniques ne semble pas à l'ordre du jour. Dans l'immédiat, l'établissement d'un dialogue et l'installation d'un climat pacifique de protestation doivent être l'objectif du gouvernement.

    Ainsi, lorsque la totalité des viols recensés ont été commis dans des régions en conflits, notamment dans les états du Kachin et du Shan, la portée politique de ces violences chroniques se posent. La Ligue des Femmes birmanes affirme que « ces agressions sexuelles perpétuées par l'armée birmane sont un outil de destruction massive des communautés ethniques ». Le viol est utilisé comme une arme de guerre et d'oppression dont le caractère traumatisant doit dissuader les femmes de soutenir les groupes armés.

    Lutter contre l'impunité

    L'installation d'autorités judiciaires indépendantes, civile et militaire, est un des enjeux majeurs auxquels se confronte cette démocratie en devenir. Il est important que le gouvernement parvienne à rompre le régime d'impunité, des soldats et haut gradés, qui s'est installé avec la militarisation du gouvernement dans les années soixante. En ce qui concerne les viols, cela fait plus de dix ans que la Ligue des Femmes birmanes dénonce ce système : colonels et capitaines participant aux viols, ils ne sont pas enclin à dénoncer et sanctionner leurs collègues et contribuent à normaliser ce crime. L'élection de Thein Sein, à l'origine d'espoir au sein de la société civile, n'a pas ébranlé le sacro-saint statut de l'armée.

    La lutte contre l'impunité doit passer par l'amendement la Constitution afin de rendre l'ordre militaire responsable devant le gouvernement civil et permettre aux autorités judiciaires de se saisir de ces manifestes violations des droits humains.

    En octobre dernier, 133 associations ont écrit au président des États-Unis, Barack Obama ainsi qu'aux Premiers ministres anglais et australien, David Cameron et Tony Abbott, aux noms des minorités ethniques afin d'exprimer leurs craintes quant à l'occupation de leurs terres par l'armée birmane. La Ligue des Femmes birmanes demande à la communauté internationale de maintenir des sanctions politiques et économiques afin de faire pression sur le gouvernement.

    A la lumière du processus d'ouverture et de libéralisation du régime, Union européenne et États-Unis ont intensifié le dialogue et les échanges avec le Myanmar. Excepté l'embargo sur les armes, la plupart des sanctions ont été levées. Cependant, les récents événements pourraient conduire les États-Unis à réviser leur position : les sénateurs Bob Menendez, Marco Rubio, Ben Cardin and Bob Corker ont présenté un projet de loi interdisant les donations gouvernementales vers le Myanmar pour l'année 2014. Le ministère d’État encourage vivement le gouvernement à mener une enquête contre ces allégations.
     
     

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  • TOKYO - Le gouvernement japonais a pris lundi 27 janvier 2014 ses distances avec le patron de la télévision publique NHK selon lequel la prostitution forcée de femmes par l'armée japonaise, pendant la Seconde Guerre mondiale, correspondait à une pratique fréquente dans tous les pays en guerre.

    Le système des bordels militaires était fréquent dans tous les pays en guerre, a déclaré dimanche Katsuto Momii, durant sa première conférence de presse depuis son arrivée à la tête de la NHK.

    Pouvons-nous dire qu'il n'y en avait pas en Allemagne et en France? Il y en avait partout en Europe, a-t-il dit.

    Katsuto Momii a fait ces déclarations à titre personnel, a déclaré lundi le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga, tout en s'abstenant du moindre commentaire sur la teneur des déclarations.

    Peu après, le patron de la télévision publique a présenté ses excuses pour ses propos extrêmement inappropriés, confirmant qu'il s'agissait de son opinion personnelle.

    La plupart des historiens estiment à 200.000 le nombre de femmes --surtout des Coréennes, Chinoises et Philippines-- réduites en esclavage sexuel par Tokyo pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Aujourd'hui encore, la question de ces femmes et celle des atrocités commises par les troupes impériales continuent de peser sur les relations du Japon avec ses voisins.

    Nous ne pouvons que déplorer le fait que le patron de la télévision publique japonaise, qui devrait rester impartial, déforme de façon ridicule des faits historiques, a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Séoul.

    La conscience historique des dirigeants japonais de premier plan est, sous l'administration Abe, descendue à un niveau dangereusement bas, a-t-il ajouté.

    En 1993, Tokyo avait officiellement présenté ses excuses pour les souffrances endurées par les victimes. Mais depuis, plusieurs hauts responsables politiques ont fait machine arrière, donnant l'impression, notamment à Séoul, que le Japon ne regrettait pas véritablement ses actions passées.

    Au printemps dernier, le maire nationaliste d'Osaka (ouest), Toru Hashimoto, avait provoqué un scandale en Asie et aux Etats-Unis en qualifiant de nécessité l'enrôlement de ces femmes de réconfort dans les pays occupés par le Japon.

    Lundi, M. Hashimoto a estimé que ce qu'avait déclaré M. Momii à ce sujet dimanche était parfaitement exact. Personne ne peut contredire cet argument qui est celui que j'avais soulevé à l'époque, a-t-il souligné d'après des propos cités par l'agence Jiji.

    Lors d'un premier passage à la Primature 2007, Shinzo Abe --revenu au pouvoir fin 2012-- avait suscité une vive polémique en déclarant qu'il n'existait pas de preuve tangible que des femmes aient été forcées à se prostituer.

    M. Momii, 70 ans, a été vice-président de la maison de commerce Mitsui et aurait été, selon l'agence Kyodo News, le candidat du Premier ministre Abe pour prendre la tête de la NHK.

    Ses commentaires sont mal tombés la veille de la mort à 90 ans de Hwang Kum-Ja, l'une des 55 dernières femmes de réconfort sud-coréennes encore en vie.

    Du fait de ces questions historiques mais aussi de conflits territoriaux, Pékin et Séoul sont en très mauvais termes depuis plus d'un an avec Tokyo, qu'ils accusent ne ne pas vouloir reconnaître son passé militariste.

    Leur colère a redoublé fin décembre dernier lorsque M. Abe s'est rendu au sanctuaire Yasukuni de Tokyo, où sont honorés 2,5 millions de morts pour le Japon, mais surtout 14 criminels de guerre.

    C'était la première visite d'un chef de gouvernement nippon sur place depuis 2006.


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  • Chaque jour, 20 000 filles mineures mettent un enfant au monde

    Le rapport annuel du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap) met en lumière la question des grossesses des adolescentes.

    Elle concerne surtout les pays en développement, et a souvent pour effet de perpétuer les cycles de pauvreté.

    Chaque année, 7,3 millions de filles âgées de moins de dix-huit ans mettent un enfant au monde. Deux millions d’entre elles sont plus jeunes encore, qui ont moins de quinze ans. La très grande majorité – 95 % – de ces nouveau-nés naît dans un pays en développement, surtout en Afrique de l’Ouest et du Centre. Et plus de 90 % de leurs mères, malgré leur âge, sont mariées.

    Suscitant l’inquiétude des spécialistes du développement et des défenseurs des droits humains, cette succession de données provient du rapport 2013 du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), qui a choisi cette année de mettre en lumière un « problème mondial majeur »  : la situation des « mères enfants », dans laquelle se retrouvent chaque jour, le plus souvent malgré elles, 20 000 filles de par le monde. « C’est une contradiction, on ne peut pas être mère et être enfant », relève Benoît Kalassa, représentant du Fnuap pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, basé à Dakar.

    Contradiction

    « Contradiction » parce que ces grossesses précoces enclenchent bien souvent un cercle vicieux perpétuant la pauvreté et la marginalité. 

    « Les filles pauvres qui vivent en milieu rural ou dans une région isolée et qui sont illettrées ou ont peu d’éducation, risquent davantage d’être enceintes que leurs homologues urbaines plus riches et plus éduquées », indique le rapport. Et, hors du milieu scolaire, les adolescentes dans les pays en développement n’ont plus aucune chance d’y accéder une fois devenues mères. Le cycle négatif ne prend pas fin ici : « Il y a aussi très peu de chances que leurs enfants aillent à l’école », poursuit Benoît Kalassa.

    Conséquences sur la santé et l’économie

    Outre l’accès à l’éducation, les grossesses des adolescentes ont des conséquences particulièrement néfastes dans deux autres domaines, d’après le Fnuap : l’éducation et la productivité économique. Environ 70 000 adolescentes meurent chaque année dans les pays en développement de causes liées à la grossesse et à l’accouchement. Le cas échéant, de graves séquelles peuvent survenir, qui peuvent entraîner la marginalisation de la jeune mère, comme celui de la fistule obstétricale, souvent jugée honteuse pour l’incontinence qu’elle provoque.

    Le Fnuap mentionne aussi un « coût d’opportunité », c’est-à-dire un manque à gagner, entraîné par les grossesses chez les adolescentes. « Si par exemple les 1,6 million d’adolescentes du Kenya terminaient leurs études secondaires et si les 220 098 adolescentes mères étaient employées au lieu d’avoir enfanté, le revenu brut du Kenya aurait augmenté de 3,4 milliards de dollars » (soit 2,5 milliards d’euros), explique le rapport, en se fondant sur les travaux de la Banque mondiale.

    Et de poursuivre : « La grossesse chez l’adolescente est un symptôme du sous-investissement dans le capital humain des filles ainsi que des pressions sociales et des inégalités structurelles qui empêchent celles-ci de prendre des décisions concernant leur santé, leur comportement sexuel, leurs relations, le mariage et la maternité et qui influent sur leur capacité à tirer pleinement parti des possibilités d’éducation, d’emploi et de participation à la vie politique. »

    Le Fnuap préconise l’investissement dans l’éducation et la lutte contre les mariages forcés. « Beaucoup des actions entreprises par les pouvoirs publics et la société civile qui ont eu pour effet de réduire le taux de fécondité des adolescentes ont été conçues en vue de la réalisation d’autres objectifs », explique-t-il. Ainsi au Kenya, la gratuité des uniformes scolaires a accru la scolarisation, qui elle-même a indirectement réduit le taux de grossesse.


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  • Les enfants maltraités pourront déposer plainte à l'ONU

    Avec l'entrée en vigueur du troisième protocole facultatif à la Convention de l'ONU, les enfants maltraités ou lésés dans leurs droits vont pouvoir déposer des plaintes auprès de l'organisation internationale.

    L'UNICEF et les défenseurs des droits de l'enfant ont salué mardi la prochaine entrée en vigueur du troisième protocole facultatif à la Convention de l'ONU sur les droits de l'enfant.

    Le protocole établit une procédure de communications et protège expressément le droit des enfants à une voie de re0cours en cas de violation de leurs droits. Grâce à la ratification du protocole par le Costa Rica, intervenue mardi, cet instrument juridique entrera en vigueur en avril.

    En vertu de ce texte, les enfants à titre individuel ou les groupes d'enfants seront en mesure de déposer des plaintes concernant des violations spécifiques de leurs droits aux termes de la Convention relative aux droits de l'enfant, du protocole sur les enfants dans les conflits armés et du protocole concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants.

    Le troisième protocole renforcera les mécanismes de responsabilisation. Cette mesure permettra non seulement d'aider à identifier les lacunes des systèmes judiciaires pour les enfants au niveau national, mais également d'appuyer les institutions indépendantes de défense des droits fondamentaux des enfants, comme le demande la Convention relative aux droits de l'enfant entrée en vigueur en 1989, a indiqué l'UNICEF.

    Obligation pour l'Etat

    Le Comité des droits de l'enfant peut prendre des mesures pour protéger les enfants qui déposent des plaintes contre d'éventuelles représailles, en demandant à l'Etat de prendre des mesures provisoires pour protéger l'enfant ou le groupe d'enfants. Au cas où l'Etat en question est jugé coupable d'avoir violé la Convention, il sera obligé de mettre en oeuvre les recommandations faites par le Comité.

    Toutefois, seuls les enfants dont les gouvernements ont ratifié le protocole facultatif établissant une procédure de communications peuvent déposer une plainte au Comité des droits de l'enfant, constitué de 18 experts indépendants.

    Les pays qui ont ratifié le troisième protocole facultatif à ce jour sont les suivants : Albanie, Allemagne, Bolivie, Espagne, Gabon, Monténégro, Portugal, Slovaquie, Thaïlande et Costa Rica. Il fallait dix ratifications pour l'entrée en vigueur du texte.


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