• Les incidents se multiplient contre les demandeurs d’asile dans le Land de Saxe. Plus que les violences, c’est l’implication de la population locale qui choque le reste du pays.

    Incendie d’un futur foyer pour demandeurs d’asile, violences policières et manifestants anti-réfugiés : la situation s’échauffe en Allemagne. Plusieurs incidents contre les réfugiés ont marqué le week-end du 20 et 21 février, dans les environs de Dresde.

    Empêcher les pompiers d’agir

    Dans la nuit de samedi à dimanche, un incendie d’origine criminelle a détruit un ancien hôtel situé à Bautzen, dans l’ancienne Allemagne de l’Est. Ce site devait accueillir des réfugiés en mars. Aucune victime n’est à déplorer mais les dégâts sont importants.

    Au-delà de l’incendie, la réaction des badauds a choqué toute une partie de l’Allemagne et de sa classe politique. Entre 20 et 30 personnes manifestaient leur joie devant l’incendie, a indiqué un porte-parole de la police, qui fait état de badauds « alcoolisés », « lançant des propos dédaigneux ». Trois d’entre eux ont même tenté d’empêcher l’intervention des pompiers pour maîtriser le sinistre.

    Des manifestants contre des bus

    Jeudi 18 février déjà, une centaine de manifestants s’étaient opposés à l’arrivée d’un bus qui emmenait une vingtaine de demandeurs d’asile dans un nouveau foyer, à Clausnitz, une ville proche de la frontière avec la République tchèque. Après avoir essayé de bloquer le véhicule, ils s’étaient mis à crier « rentrez à la maison ! » ou « dehors ! ».

    Sur des vidéos amateurs, on voit également un policier saisir un adolescent par le cou pour le sortir sans ménagement du bus. Le chef de la police locale a défendu ses hommes, arguant que des réfugiés avaient adressé des gestes obscènes aux manifestants.

    Condamnation de la classe politique allemande

    La classe politique allemande s’est unie pour condamner ces incidents. « Il est totalement inacceptable que des gens venus chercher une protection contre les persécutions soient accueillis par la haine », s’est indigné le ministre de l’intérieur, Thomas de Maizière, membre de l’Union chrétienne démocrate (CDU).

    « Ceux qui applaudissent pendant que des maisons brûlent, ceux qui effraient les réfugiés, se comportent de façon atroce et répugnante », a renchérit sur son compte Twitter le ministre de la justice, Heiko Maas, du parti social-démocrate (SPD).

    La Saxe, foyer d’extrême droite

    Pour Aydan Özoguz, ministre de l’intégration, « quelque chose ne va pas en Saxe ». De fait, beaucoup des attaques commises contre les foyers de réfugiés, au total un millier enregistrées en 2015 dans tout le pays, ont été commises dans cet État de l’ancienne Allemagne de l’Est où l’extrême droite est particulièrement bien implantée.

    Dresde, capitale du Land de Saxe, est aussi le berceau du mouvement islamophobe et anti-réfugiés Pegida, acronyme de « Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident », né à l’automne 2014.


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  • «L'initiative est contraire au droit international»

    Pour le HCR, le texte sur le renvoi des criminels étrangers est contraire aux accords internationaux signés par la Suisse.

    L'initiative de l'UDC sur le renvoi des criminels étrangers en votation le 28 février est incompatible avec des normes fondamentales du droit international, a indiqué jeudi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Le texte ne prévoit pas de marge de manoeuvre.

    L'acceptation de l'initiative pourrait avoir des conséquences importantes pour les réfugiés et les personnes sans patries, a souligné le HCR. Certaines personnes à qui la Suisse a reconnu le besoin de protection pourraient être expulsées vers des pays qui menacent leur vie. Et cela même en cas de délit mineur.

    Textes signés par la Suisse

    Les réfugiés jouissent d'une protection spéciale contre l'expulsion vers de tels pays, a ajouté le HCR dans une prise de position. Le principe de non-refoulement est un des piliers de la protection internationale ancrée dans les Conventions de Genève.

    La Suisse a signé ces conventions, tout comme d'autres accords internationaux dans le domaine des droits de l'homme et des réfugiés. Elle est tenue d'en respecter les principes et les normes, a rappelé le HCR.


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  • Réfugiés: viol collectif à Ostende: "Les femmes doivent obéir", déclare l'un des auteurs des faits

    Après avoir commis un viol collectif, certains auteurs minimisent les faits. L'un d'eux déclare même que la victime ne devrait pas se plaindre, car "les femmes doivent obéir aux hommes". Pour Johan Vande Lanotte, le ministre socialiste de la ville d'Ostende, il s'agit de défendre nos valeurs: "Certains nouveaux arrivants ont une image de la femme qui est problématique."

    L'affaire s'est déroulée en novembre dernier. Mais elle a été révélée par hasard la semaine passée. Un professeur de l'institut technique d'Ostende avait attiré l'attention de la police sur un élève qui s'était fait remarquer avec une photo de lui portant un uniforme militaire et une mitraillette. Lors de l'enquête, les autorités ont découvert une vidéo sordide sur son téléphone portable: accompagné de six autres garçons, on le voit abuser d'une fille apparemment inconsciente. Les auteurs de ce viol collectif rient, dansent et chantent en arabe, précise Het Laatste News.

    Plus tôt dans la soirée, la jeune fille de 17 ans était allée boire un verre avec ses copines, avant d'atterrir à une fête à Ostende où, d'après certains témoignages, elle aurait consommé de l'alcool au point de finir inconsciente. Où a-t-elle ensuite été emmenée? Ceci n'est pas encore clair. On sait cependant qu'elle est rentrée chez elle en taxi.

    Des auditions qui choquent

    Parmi les auteurs de faits, deux jeunes sont de nationalité belge. Cinq autres seraient Irakiens, et au moins d'eux d'entre eux connaîtraient une procédure de demande d'asile. Ils ont entre 14 et 25 ans. Seul le plus âgé nie le viol, tandis que les six autres reconnaissent qu'ils ont tous eu des rapports sexuels avec la jeune fille. Lors de leur interrogatoire, ils étaient très désagréables, considérant parfois, comme le précise à nouveau Het Laatste News, qu'un viol collectif était une chose tout à fait normale par ailleurs dans le monde. L'un d'eux affirme aussi que "la jeune fille a demandé de l'emmener" - alors que les images montrent clairement qu'elle n'était plus maîtresse de sa volonté.

    Selon l'un des auteurs de faits, elle ne devrait de toute façon pas se plaindre, "parce que les femmes ont seulement besoin d'écouter les hommes".

    Le bourgmestre d'Ostende a, pour sa part, appelé à des sanctions très dures, "dans cette affaire douloureuse".


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  • Près de 10'000 nouveaux déplacés au Darfour

    Quelque 10'000 personnes ont été déplacées par les combats déclenchés la semaine passée.

    Dix mille personnes. C'est le nombre de gens qu'a déplacé les seuls derniers combats au Darfour, a indiqué lundi la mission de paix conjointe ONU-Union africaine au Darfour (Minuad).

    Les forces gouvernementales y affrontent les rebelles. Les affrontements ont éclaté autour de Jebel Marra, une zone montagneuse à cheval sur les Etats du Darfour-nord, Darfour-centre et Darfour-sud. Cet endroit est considéré comme un fief de l'Armée de libération du Soudan-Abdel Wahid Nour (SLA-AW), l'un des groupes rebelles combattant le régime de Hassan al-Béchir.

    «Quelque 8403 civils, des femmes et des enfants pour la plupart, ont trouvé refuge» dans les alentours d'une base de la Minuad, près de la ville de Sortoni dans l'Etat du Darfour-nord, a indiqué dans un communiqué la mission, engagée au Darfour depuis 2007.

    «Selon le bureau des Affaires humanitaires (Ocha), 2385 personnes ont aussi été déplacées à Tawila dans le Darfour-nord», a-t-elle ajouté. Elle a par ailleurs précisé être en train de vérifier des informations selon lesquelles des «personnes sont prises au piège dans des zones où les combats se poursuivent».

    Enfants touchés

    La semaine dernière, le Fonds de l'ONU pour l'enfance (Unicef) a exprimé son inquiétude à propos du regain de violence. Il a rappelé que «les enfants continuent malheureusement de payer le plus lourd tribut de l'un des plus longs désastres causés par l'Homme, dans certaines zones depuis plus d'une décennie».

    Le conflit au Darfour a fait plus de 300'000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003, selon l'ONU. Mais le bilan des victimes date de plusieurs années.

    En 2003, des rebelles non arabes se sont soulevés pour réclamer la fin de la «marginalisation économique» du Darfour et un partage du pouvoir avec le gouvernement de Khartoum dominé par les Arabes. Depuis, les combats n'ont jamais cessé même s'ils sont parfois moins intenses.


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  • Vienne plafonne le nombre de réfugiés acceptés

    Entre 2016 et 2019, le gouvernement autrichien souhaite au total limiter à 1,5% de sa population totale de 8,5 millions d'habitants le nombre de demandeurs d'asile supplémentaires dans le pays.

    Le gouvernement autrichien veut limiter à 37'500 le nombre de demandeurs d'asile acceptés dans le pays cette année.

    En comparaison, quelque 90'000 demandes avaient été déposées l'an passé, soit plus du double que l'objectif de l'exécutif.

    «Nous ne pouvons accueillir en Autriche tous les demandeurs d'asile», a déclaré le chancelier social-démocrate Werner Faymann. Le nombre de 37'500 est une «valeur indicative» sur laquelle s'est accordé le gouvernement de coalition au pouvoir à Vienne. Elle sera dégressive jusqu'en 2019.

    Entre 2016 et 2019, l'Autriche souhaite au total limiter à 1,5% de sa population totale de 8,5 millions d'habitants le nombre de demandeurs d'asile supplémentaires dans le pays, a détaillé le chancelier. Il s'est exprimé à l'issue d'une conférence nationale sur l'immigration qui s'est déroulée à Vienne dans la matinée.

    Ce pourcentage représente 127'500 personnes. Soit, selon la calendrier présenté par le gouvernement, 37'500 demandeurs d'asile en 2016, 35'000 en 2017, 30'000 en 2018 et 25'000 en 2019.

    Contrôle systématique

    Pour parvenir à ces objectifs, la coalition entre sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs (ÖVP) mise sur un contrôle plus strict aux frontières du pays. Une politique de prestations sociales moins généreuse est prévue, ont indiqué le chancelier et le vice-chancelier durant une conférence de presse.

    Il s'agit également par cet objectif chiffré «d'exercer une pression» sur l'Union européenne. Cela afin d'obtenir une accélération des mesures prises au niveau européen pour tenter de réduire le nombre des arrivées de migrants en provenance du Moyen-Orient notamment, via la Turquie et la Grèce, a ajouté le vice-chancelier Reinhold Mitterlehner (ÖVP).

    De nouvelles mesures

    La coalition au pouvoir à Vienne a durci le ton ces derniers jours en matière de politique migratoire, un changement particulièrement notable chez les responsables SPÖ. Ce durcissement s'accompagne sur le terrain de nouvelles mesures pour restreindre l'entrée de migrants.

    Mercredi, 500 soldats supplémentaires ont commencé à être déployés au principal point de passage avec la Slovénie pour effectuer un contrôle systématique des migrants.

    Demandes d'asile

    Le gouvernement autrichien souhaite aussi, dans les prochains jours, ne plus laisser entrer sur son territoire les migrants cherchant à gagner la Scandinavie. Il entend les refouler à la frontière, comme le fait déjà l'Allemagne.

    L'Autriche a vu le nombre des demandes d'asile tripler en 2015 pour atteindre 90'000. Quelque 36'000 d'entre elles ont déjà fait l'objet d'un examen en première instance dont 14'000 ont reçu une réponse favorable.


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  • Des Etats américains refusent les réfugiés syriens

    Près de 25 Etats américains ont annoncé qu'ils n'accueilleraient plus de réfugiés Syriens. Barack Obama refuse l'amalgame.

    Près de la moitié des Etats américains, de l'Ohio au Texas, ont annoncé qu'ils refusaient désormais d'accueillir des réfugiés syriens, dans l'espoir d'éviter des attentats similaires à ceux de Paris.

    Le président Barack Obama a mis en garde contre l'amalgame.

    Plus de vingt gouverneurs, presque tous républicains, mais aussi des candidats à la Maison-Blanche et d'influents membres du Congrès ont annoncé ne plus vouloir accueillir de réfugiés syriens, de crainte qu'un éventuel terroriste ne se cache parmi eux.

    Le président de la commission de la sécurité intérieure de la chambre des représentants, Michael McCaul, a appelé lundi Barack Obama à suspendre l'accueil de réfugiés syriens, organisé «sans respecter la sécurité des Américains».

    Danger mortel

    Un appel auquel s'est notamment joint le Texas. Dans un courrier au président américain daté de lundi, le gouverneur Greg Abbott l'informe que son Etat «n'acceptera pas de réfugiés de Syrie, suite à l'attaque terroriste mortelle de Paris».

    «Un 'réfugié' syrien semble avoir participé aux attaques terroristes de Paris. La compassion humanitaire américaine pourrait être exploitée pour exposer les Américains à un danger mortel similaire», explique le dirigeant de cet Etat du sud du pays, frontalier du Mexique.

    «Cela n'est pas américain»

    Mais le président Barack Obama a appelé depuis la Turquie à ne pas faire l'amalgame entre «réfugiés» et «terrorisme».

    «Les gens qui fuient la Syrie sont ceux qui souffrent le plus du terrorisme. Ce sont les plus vulnérables. Il est très important que nous ne fermions pas nos coeurs aux victimes d'une telle violence (...) cela commence par ne pas faire de lien entre la question des réfugiés et celle du terrorisme», a déclaré Barack Obama.

    «C'est honteux» quand «j'entends des gens dire que nous pourrions juste accueillir les chrétiens et pas les musulmans», a-t-il noté. «Cela n'est pas américain. Ce n'est pas ce que nous sommes».

    Montrés du doigt pour leur manque de réactivité face à la crise migratoire déclenchée par le conflit en Syrie, les Etats-Unis ont annoncé au début septembre qu'ils allaient accueillir 10'000 réfugiés syriens d'ici octobre 2016, contre 1800 seulement depuis 2011.


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  • Berne s’attaque aux taxes de l’Erythrée

    Asmara perçoit un impôt auprès de ses citoyens établis en Suisse. Fedpol a déposé une plainte pénale.

    La pratique est entourée d’un certain mystère. L’Etat érythréen perçoit une taxe de 2% sur les revenus de ses concitoyens établis à l’étranger, y compris en Suisse. L’Office fédéral de la police (Fedpol), qui essayait de récolter des témoignages depuis plusieurs années, a déposé une plainte pénale. «La procédure est entre les mains du Ministère public de la Confédération (MPC), qui décidera s’il y a lieu d’ouvrir une instruction», confirme sa porte-parole, Cathy Maret.

    Cette procédure serait ouverte pour violation de l’article 271 du Code pénal, qui concerne les actes exécutés sans droit pour un Etat étranger. En clair: il s’agit de savoir si cet impôt, qui est perçu sans l’autorisation de la Confédération, est illégal. «La réponse n’est pas simple, poursuit Cathy Maret. D’une part, il est difficile d’obtenir des informations précises sur cette pratique. D’autre part, il n’y a pratiquement pas de jurisprudence dans le domaine.» André Marty, porte-parole du MPC, renchérit: «Il sera difficile de prouver un acte punissable.»

    Directement à la maison

    Pour autant, Veronica Almedom, membre de l’association Stop Slavery in Eritrea et opposée au régime d’Asmara, réagit positivement: «Cette nouvelle rassure la communauté érythréenne en Suisse. Cela montre que l’arbitraire imposé par le régime en Erythrée n’a pas sa place ici.» La jeune femme donne des détails sur la taxe en question: «Elle est perçue au consulat, lors de fêtes organisées par le régime, ou des agents du gouvernement la récoltent dans les foyers. Les Ery­thréens doivent payer s’ils ont besoin des services administratifs du consulat. C’est le cas s’ils doivent obtenir un certificat de naissance, renouveler leur passeport ou tout autre document ou encore protéger des héritages. Certaines personnes ne le font pas durant plusieurs années, puis doivent payer 10?000 francs ou même plus d’un seul coup.»

    Veronica Almedom énumère d’autres problèmes liés à cette pratique: «Les Erythréens versent de l’argent à une dictature qui les a forcés à fuir. A leur insu, ils alimentent la machine, c’est un cercle vicieux. En Suisse, beaucoup sont à l’aide sociale. C’est malheureusement comme si les Suisses eux-mêmes soutenaient ce régime!»

    Selon elle, Berne doit adopter une position ferme. Et sensibiliser la diaspora à cette question. «Nous sommes dans une réelle impasse. Les Erythréens ne réalisent pas la portée de leur geste. Ils vivent aussi dans la paranoïa et n’osent pas parler, pas même à la police. Dans ces conditions, les autorités suisses peinent à obtenir des informations. Il faudrait expliquer clairement aux réfugiés quels sont leurs droits et leurs obligations.»

    Toni Locher, consul honoraire de l’Erythrée en Suisse, confirme l’existence de cette taxe: «L’Erythrée demande à sa diaspora de payer des impôts depuis plus de vingt ans. C’est volontaire, où est le problème?» Ce médecin argovien ajoute que celui qui ne veut pas payer n’y est pas obligé. En revanche, il doit s’en acquitter s’il veut obtenir quelque chose de l’Erythrée.

    Augmentation des NEM

    Pour la Suisse, ces questions sont importantes. L’Erythrée est le principal pays de provenance des requérants arrivant dans notre pays. Au troisième trimestre, ils ont déposé 5127 demandes, soit 41,6% du total. Ces derniers mois, toutefois, les décisions de renvoi se sont multipliées à leur égard: 772 d’entre eux ont été frappés d’une décision de non-entrée en matière en septembre. Il s’agit de «cas Dublin», renvoyés vers le premier pays qui les a accueillis, en général l’Italie. Comme le montre la statistique de l’asile, ces chiffres étaient beaucoup moins élevés les mois précédents (245 en août, 77 en juillet, 24 en juin). Le Secrétariat d’Etat aux migrations lie cette hausse à celle du nombre de demandes d’asile.


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  • Somalie : le HCR appelle les Etats à soutenir son plan de retour des réfugiés

    21 octobre 2015 – Après avoir appelé la communauté internationale à soutenir un plan de retour volontaire des réfugiés somaliens exilés au Kenya, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, a obtenu mercredi 94 millions d'euros d'engagements de contribution, notamment de la part de l'Union européenne (UE).

    « La crise des réfugiés somaliens dure depuis 23 ans. À son apogée, il y avait plus de deux millions de réfugiés somaliens en exil ; et aujourd'hui, près d'un million d'entre eux demeurent au Kenya, en Ethiopie, au Yémen, à Djibouti, en Erythrée et en Ouganda », a déclaré M. Guterres dans son discours d'ouverture d'une conférence de bailleurs de fonds au niveau ministériel pour les réfugiés somaliens, organisée au siège de l'ONU, à Bruxelles.

    Le Haut-Commissaire a salué l'hospitalité et les efforts importants consentis par les communautés d'accueil, dont beaucoup d'entre elles étaient déjà pauvres avant l'arrivée massive de réfugiés somaliens, qui n'a fait qu'empirer leurs difficultés économiques.

    En dépit de ces circonstances difficiles, les pays d'accueil ont à nouveau fait preuve de générosité en 2014, au travers de l'adoption dans la capitale éthiopienne de l'Engagement d'Addis-Abeba en faveur des réfugiés somaliens, en vertu duquel ils se sont notamment engagés à fournir un asile aux réfugiés somaliens aussi longtemps que nécessaire.

    M. Guterres a également rappelé la complexité de la crise somalienne, « la deuxième plus large situation de réfugiés prolongée au monde », alors que le pays compte toujours 1,1 million de déplacés et que des Somaliens continuent de fuir vers les Etats voisins ainsi qu'en direction de l'Europe.

    Partant du constat qu'une majorité de réfugiés souhaitent rentrer chez eux si les conditions le permettent, un programme pilote de retour volontaire des réfugiés a été élaboré en décembre 2014 dans le cadre d'un accord tripartite entre le Kenya, la Somalie et le HCR, a expliqué le Haut-Commissaire.

    « Environ 5.200 personnes sont retournées chez elles depuis que le programme a commencé. Nous sommes maintenant prêts à passer à la phase renforcée de cette opération, dont le but sera d'aider 135.000 réfugiés à retourner en Somalie entre janvier 2016 et décembre 2017 », a-t-il précisé.

     

    Ce 'Plan d'action intégré', a poursuivi M. Guterres, se présente sous la forme d'une combinaison d'initiatives humanitaires et de développement interdépendantes, afin de permettre non seulement le retour des réfugiés, mais aussi de créer les conditions propices à leur réinsertion durable.

    « Investir dans le retour effectif et durable au sein des zones sécurisées en Somalie, tout en préservant les zones d'asile et en soutenant l'accès des réfugiés à des moyens de subsistance et de développement de leurs compétences est d'une importance vitale pour le succès des efforts en cours de stabilisation de la Somalie et de la région », a affirmé le Haut-Commissaire.

    M. Guterres a par conséquent appelé la communauté internationale à soutenir au moyen de contributions financières cette initiative, à plus forte raison qu'elle présente une solution à long terme pour répondre à la crise des réfugiés en Europe.

    « Les Somaliens comptent parmi les dix principales nationalités qui ont entrepris la traversée de la Méditerranée vers l'Europe en 2015 », a notamment précisé le Haut-Commissaire.

    Dans un communiqué de presse rendu public après la conférence de bailleurs de fonds, le HCR a annoncé que les représentant de plus de 40 pays et organisations présents à l'évènement ont promis à cette occasion de contribuer à hauteur de 94 millions d'euros au soutien des réfugiés somaliens au Kenya, ainsi qu'à leur retour volontaire en Somalie.

    Plus de la moitié des contributions annoncées (60 millions d'euros) proviennent de l'Union européenne, a précisé le HCR.

     



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  • Une réglementation allemande octroie le permis de séjour et des aides sociales aux étrangers bénéficiaires de la protection internationale en échange d’une obligation de résidence dans un lieu déterminé.

    Au nom du droit à la libre circulation, le magistrat de l’Union européenne se prononce contre cette loi qui vise à répartir entre les régions les efforts pour accueillir les migrants sur le territoire allemand

    Quelle est l’origine de l’affaire ?

    Ibrahim Alo et Amira Osso sont des ressortissants syriens qui vivent en Allemagne depuis 1998 et 2001. Ils sont bénéficiaires de la protection subsidiaire, un statut octroyé à une personne qui ne peut être considéré comme réfugié mais que l’Union européenne ne renvoie pas dans son pays car il risque d’y subir des violences.

    En échange de ce statut, les deux Syriens ont dû se conformer à la réglementation allemande. Celle-ci conditionne la délivrance d’un titre de séjour et des prestations sociales aux réfugiés et aux bénéficiaires de la protection subsidiaire, à « l’obligation de résidence ». Autrement dit, l’obligation de vivre dans un lieu déterminé par l’administration locale. Cette réglementation vise à limiter la concentration d’étrangers dépendants de l’aide sociale dans une ville ou une région et à mieux répartir l’effort financier entre les Länder (États régionaux).

    Ibrahim Alo et Amira Osso ont contesté en justice ces obligations, en première instance puis en appel. Leur dossier a fini par atterrir sur la table de la Cour administrative fédérale allemande. Doutant de la comptabilité de l’obligation de résidence avec la directive européenne relative à la libre circulation à l’intérieur d’un État membre, la haute instance allemande a soumis l’affaire auprès de la Cour de justice de l’Union européenne.

    Quelles sont les conclusions de la cour de justice de l’Union européenne ?

    Pour l’avocat général Pedro Cruz Villalon, la réglementation allemande est une entorse à « la libre circulation » des personnes bénéficiaires de la protection internationale (réfugiés ou bénéficiaires de la protection subsidiaire) à l’intérieur d’un État membre. Autrement dit, l’Allemagne ne peut contraindre un réfugié ou un migrant protégé à résider dans un lieu déterminer en échange d’un titre de séjour et de prestations sociales.

    Selon la cour de justice de l’Union européenne, les raisons invoquées par le législateur allemand pour restreindre le droit à la circulation ne sont « pas justifiables ». Si l’avocat comprend la volonté allemande d’éviter une charge budgétaire excessive d’un Land (État régional) par rapport à l’autre, il estime que des mécanismes de redistribution et de compensation sont possibles sans aboutir à des décisions aussi drastiques que l’obligation de résidence.

    Aux yeux de la cour, cette décision ne peut s’appliquer qu’en cas de problèmes graves : « tension sociale manifeste avec trouble de l’ordre public » résultant de la concentration de réfugiés ou de bénéficiaires de la protection subsidiaire.

    Quelles peuvent être les conséquences de l’arrêt du magistrat ?

    La décision de la cour d’appel européenne survient à un mauvais moment pour l’Allemagne, qui doit absorber l’arrivée de centaines de milliers de migrants. Elle interdit de facto à l’administration allemande de répartir par la contrainte les nouveaux venus sur son territoire, dans le souci d’équilibrer les efforts entre les régions.

    Or, les réfugiés qui pénètrent en Allemagne principalement la Bavière, ont tendance à privilégier les régions du sud où ils retrouvent des proches qui les ont précédés sur le chemin de l’exil. Ils espèrent y trouver plus facilement du travail, tablant sur le dynamisme économique de villes comme Munich ou Stuttgart. Mais ces concentrations de migrants mettent à mal les capacités d’accueil des autorités bavaroises et risquent de provoquer des tensions auprès de la population locale.


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  • Réfugiés

    21 septembre 2015 – Le nouveau Président de l'Assemblée générale des Nations Unies, Mogens Lykktoft, du Danemark, a appelé lundi 21 septembre 2015 tous les pays à contribuer à résoudre la crise mondiale des réfugiés, alors que la communauté internationale célèbre la Journée internationale de la paix.

    A l'occasion de sa première conférence de presse depuis sa prise de fonctions, mardi dernier, en tant que Président de la 70ème session de l'Assemblée générale, M. Lykketoft a appelé les Etats membres de l'ONU à être à la hauteur de leurs obligations internationales et à prendre des décisions courageuses pour répondre aux besoins des réfugiés dans le monde.

    « Le monde n'a pas connu une crise humanitaire mondiale de cette ampleur depuis la Seconde Guerre mondiale et avec l'hiver qui approche dans l'hémisphère nord, cela ne peut qu'empirer », a-t-il averti.

    « Les histoires tragiques et les images déchirantes que nous voyons dans les médias ne sont que la pointe émergée de l'iceberg », a-t-il ajouté. « Ceci est une crise mondiale. Et cela exige une solution mondiale ».

    Selon lui, les pays riches devraient soit accueillir davantage de réfugiés ou donner plus d'argent pour les aider, et de préférence faire les deux. « Dire non aux deux n'est pas une option », a-t-il dit.

    Lors de sa première semaine en fonction, M. Lykketoft a discuté de la crise des réfugiés avec plusieurs États membres concernés. Il a l'intention de convoquer prochainement une réunion de l'Assemblée générale sur cette question, à la suite d'une réunion de haut niveau organisée par le Secrétaire général de l'ONU le 30 septembre.

    « La majorité des personnes fuyant la guerre et la violence sont des réfugiés et ont le droit de demander l'asile sans aucune forme de discrimination. Ce n'est pas un crime de chercher refuge et asile. L'avenir de millions de femmes, d'hommes et d'enfants est en jeu », a souligné le Président de l'Assemblée générale.

    M. Lykketoft a déclaré qu'il avait l'intention de discuter de la question avec le Pape François lors de sa visite à l'ONU vendredi.

    « La situation des réfugiés et des migrants arrivant en Europe en provenance du Moyen-Orient et de l'Afrique me préoccupe. J'ai déjà souligné la responsabilité individuelle et collective des Etats européens à réagir de façon responsable et humaine. J'encourage aussi d'autres pays à démontrer leur sens de l'humanité et à participer à des programmes de réinstallation volontaires », a ajouté M. Lykketoft.

    « Nous devons nous assurer que les pays touchés par l'arrivée de réfugiés, en particulier les pays voisins de la Syrie, reçoivent le soutien et l'assistance nécessaires pour répondre aux besoins de ces populations vulnérables. Nous devons également veiller à ce que l'ONU et les agences humanitaires travaillant en étroite collaboration avec les réfugiés de la région aient le financement nécessaire pour apporter pleinement et rapidement leur soutien à ceux qui en ont besoin », a-t-il encore dit.


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