• Trois ans après son indépendance, le Soudan du Sud sombre dans le chaos

    Guerre civile, crise humanitaire, corruption, la situation du Soudan du Sud est catastrophique trois ans après sa création.

    Le 9 juillet 2011, le Soudan du Sud voyait le jour. Alors que Juba, la capitale du 54e pays du continent africain, fête aujourd’hui cet anniversaire, le pays est confronté à une grave crise humanitaire et à une guerre civile extrêmement meurtrière.

    Il y a une semaine, des ONG informaient la communauté internationale sur la famine qui risquait de frapper le Soudan du Sud. Lundi 7 juillet, c’était au tour de Médecins du monde.

    Alerte à la famine

    « Si le conflit au Soudan du Sud continue et que l’aide n’augmente pas, alors il est probable que d’ici août, des régions sombreront dans la famine », indiquait, le 3 juillet, le Comité d’urgence britannique pour les catastrophes (DEC), une organisation qui réunit 13 ONG humanitaires dont Oxfam et Save the Children. Le DEC soulignait avoir « moins de la moitié de l’argent nécessaire pour aider à empêcher que la crise alimentaire qui se développe au Soudan du Sud ne vire à la catastrophe ».

    Lundi 7 juillet, Médecins du monde s’inquiétait à son tour de la crise humanitaire qui frappe ce pays. « Plus de 7 millions de personnes sont victimes d’insécurité alimentaire, soit plus des deux tiers de la population du pays, une situation qui pourrait s’aggraver d’ici à la fin de l’année », lançait l’ONG dans un communiqué. Et d’ajouter qu’« une épidémie de choléra frappe Juba, la capitale, depuis le mois de mai. Près de 2 200 cas ont été signalés à travers le pays et 54 se sont avérés mortels ».

    Des prévisions dramatiques

    Selon Action contre la faim, la crise humanitaire n’en est qu’à ses débuts, et, ne fera que s’aggraver : « On estime à 50 000 le nombre d’enfants qui pourraient mourir de malnutrition, et des dizaines de milliers du choléra, de la rougeole, de la pneumonie et d’autres maladies si la réponse humanitaire n’est pas augmentée de façon significative », selon le Bureau des Nations unies pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA).

    Une guerre civile particulièrement meurtrière

    Depuis le 15 décembre 2013, les partisans du président Salva Kiir et ceux de son ex-vice-président, Riek Machar s’affrontent dans un conflit sans merci, entraînant avec eux la population des ethnies Dinka (proche de Salva Kiir) et Nuer (de Riek Machar). Un conflit qui a fait plusieurs milliers de morts et 1,5 million de déplacés. Des exactions épouvantables ont été commises par les deux camps, des localités rayées de la carte.

    Toujours pas d’issue à la guerre civile

    Les négociations de paix entre les deux partis qui se tiennent à Addis-Abeba, en Éthiopie, n’ont jamais abouti : malgré les nombreux accords de cessez-le-feu. La mauvaise volonté et l’incurie des responsables des deux camps ont été dénoncées par Hilde Johnson, la responsable de la mission onusienne dans ce pays : des leaders uniquement occupés à « servir leurs propres intérêts », dévorés du « cancer de la corruption ».


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