• Washington menace Pékin en mer de Chine méridionale

    Washington menace Pékin en mer de Chine méridionale

    Les États-Unis ont accusé la Chine de violer les « normes internationales » en mer de Chine méridionale, lors d’un sommet sur la sécurité en Asie le week-end des 30 et 31 mai 2015 à Singapour.

    La Chine revendique la quasi-totalité de la mer de Chine, un enjeu stratégique majeur, et accuse les États-Unis de tenir un discours vindicatif qui menace la stabilité de la région.

    La tension monte entre les États-Unis et la Chine au sujet du contrôle de zones stratégiques en mer de Chine méridionale. Cette immense région maritime est revendiquée par plusieurs nations riveraines et en particulier par Pékin, qui veut en faire une zone exclusive sous son contrôle – ce que les États-Unis considèrent comme une violation des lois maritimes internationales.

    Washington s’inquiète en particulier de la récente expansion chinoise dans cette région, à partir d’îlots semi-artificiels. En termes peu diplomatiques, plusieurs de ses responsables militaires et politiques ont fait part de leur préoccupation, le week-end des 30 et 31 mai 2015 à Singapour, à l’occasion d’un forum annuel sur la sécurité en Asie (appelé « Dialogue Shangri-La »).

    Le secrétaire américain à la défense Ashton Carter a notamment accusé la Chine de n’être « pas en phase avec les règles et les normes internationales ». 

    La tension se cristallise autour des îles Spratly, un vaste archipel corallien d’une centaine d’îles, quasiment inhabitées, s’étalant sur quelque 410 000 kilomètres carrés. Situés sur un carrefour de routes maritimes stratégiques pour le commerce mondial, ces îlots recèlent potentiellement d’importantes réserves d’hydrocarbures et sont revendiqués, pour tout ou partie, par la Chine, le Vietnam, les Philippines, Brunei, Taïwan et la Malaisie.

    Opérations de remblaiement des îlots de la part de la Chine

    À tel point que Pékin y mène d’énormes opérations de remblaiement, de façon à transformer des récifs coralliens en ports et en infrastructures diverses.

    Le secrétaire américain à la défense, Ashton Carter, a reconnu que d’autres pays avaient mené ce type d’opérations, y compris le Vietnam avec l’édification de 48 avant-postes, les Philippines (huit), la Malaisie (cinq) et Taïwan (un).

     « Cependant, un pays est allé beaucoup plus loin et beaucoup plus vite que n’importe quel autre. Et c’est la Chine », a-t-il affirmé, appelant à « un arrêt immédiat et durable des travaux de remblaiement par tous ceux qui revendiquent » la souveraineté sur l’archipel.

    Un conflit qui menace la stabilité de la région

    Dimanche 31 mai 2015, l’amiral Sun Jianguo, chef d’état-major général adjoint de l’Armée populaire de libération (APL), a minimisé les tensions et balayé les accusations américaines. « La situation en mer de Chine méridionale est dans l’ensemble sereine et stable, la liberté de navigation n’a jamais été entravée »,a-t-il affirmé au cours de ce même dialogue annuel du Shangri-La.

    Dans ce contexte la question est de savoir ce que les États-Unis veulent et peuvent faire concrètement au-delà de la rhétorique. Personne ne veut une guerre mais le ministre malaisien de la défense a dit craindre que ces contentieux ne finissent par déclencher « un des conflits les plus meurtriers de notre temps, sinon de l’histoire ».


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