Blog sur le droit international
PARIS - Le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye a qualifié mercredi de massacre la mort de 12 civils peuls tués dans la nuit de lundi à mardi, au nord de Bangui, dénonçant des actes horribles et odieux.
Ces massacres ont été condamnés par le gouvernement. Il s'agit d'actes horribles, odieux, a déclaré le Premier ministre sur France 24.
Au moins 12 personnes d'origine peul ont été tuées à l'arme blanche, et plus d'une dizaine blessées parmi lesquelles dix enfants, près de Boali, à 95 km au nord de Bangui, par une milice d'autodéfense villageoise, selon une source militaire à Bangui. Les victimes, selon cette source, sont toutes des +Mbororos+, membres de la minorité peule (essentiellement musulmane) et ont été tuées par des anti-balaka (anti-machettes, milices d'autodéfense chrétiennes).
Le Premier ministre de transition a fait état d'un massacre commis par un groupe de miliciens, les victimes étant des Peuls, essentiellement des femmes, et des enfants qui ont été blessés et conduits à Bangui. Il a évoqué ces derniers jours, une recrudescence de ces violences, particulièrement en province.
Le gouvernement condamne toutes les violences d'où qu'elles viennent, qu'elles soient commises par les ex-Séléka (rebelles qui ont porté l'actuel président Michel Djotodia au pouvoir, ndlr) ou les anti-balaka, a affirmé M. Tiangaye.
Les anti-balaka sont apparus depuis septembre dans le nord-ouest du pays, en réaction aux exactions d'hommes armés issus des rangs de la coalition rebelle Séléka - depuis dissoute, qui a renversé en mars le président François Bozizé, lui-même arrivé au pouvoir dix ans plus tôt à la suite d'un coup d'Etat.
Selon Nicolas Tiangaye, l'effectif des forces militaires qui s'apprêtent à intervenir pour ramener la paix en Centrafrique doit être important, de l'ordre d'une dizaine de milliers d'hommes.
La force africaine (Misca) devrait compter à terme 3.600 soldats. La France pour sa part s'apprête à déployer un millier de militaires, après le vote d'une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU, attendue jeudi.
Les Etats-Unis ont promis 40 millions de dollars pour appuyer la Misca, a souligné M. Tiangaye, ajoutant que la contribution financière ou logistique de l'Afrique du Sud à la Misca serait beaucoup appréciée.
Le Premier ministre a évalué les besoins de son pays dans le cadre du programme d'urgence à 670 millions d'euros. L'Union européenne a promis 50 millions d'euros pour l'aide humanitaire, les Etats-Unis 30 millions de dollars, a-t-il souligné.
M. Tiangaye est arrivé à Paris où il va représenter son pays au sommet de l'Elysée vendredi et samedi. Il a assuré qu'il n'y avait pas de problème majeur entre lui et le président Djotodia qui n'a pas été invité à Paris. Sur les questions sécuritaires, humanitaires et financières, nous sommes d'accord sur le contenu de mon intervention ici, a-t-il affirmé, parlant d'une gestion concertée et d'une transition qui doit être consensuelle et apaisée.