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Treize Etats membres du Conseil de l'Europe se sont engagés à lutter davantage contre la violence envers les femmes en signant une convention qui est entrée en vigueur vendredi 1ier août 2014.
La violence contre les femmes est une des violations des droits humains «les plus répandues au quotidien en Europe», a souligné mardi le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Nils Muiznieks.
Une convention internationale pour mieux les protéger entrera en vigueur vendredi.
Treize Etats membres du Conseil de l'Europe - dont la France, l'Italie, l'Espagne et la Turquie - se sont engagés à lutter davantage contre ces violences, y compris les viols conjugaux et les crimes dits «d'honneur». Cette nouvelle convention entre en vigueur vendredi pour les 11 premiers Etats à l'avoir ratifiée. La France et la Suède, qui l'ont signée début juillet, l'appliqueront à partir de novembre. Vingt-trois autres pays membres du Conseil de l'Europe ont signé ce texte, mais ne l'ont pas encore ratifié.
Victimes fragilisées
Par ce texte, les Etats signataires s'engagent à considérer comme des délits ou des crimes les violences contre les femmes et les enfants, et à les poursuivre pénalement en conséquence. Ils s'engagent également à mettre en place des lieux d'accueil pour les femmes battues, où elles puissent recevoir une aide matérielle et psychologique.
La mise en œuvre de ce texte, négocié depuis 2011, «ne pouvait pas mieux tomber», a souligné mardi Nils Muiznieks. Actuellement, «les places dans les foyers pour femmes sont largement insuffisantes et les mesures d'austérité adoptées dans de nombreux pays les ont encore réduites, augmentant ainsi la vulnérabilité» des victimes, a déploré M. Muiznieks.
La religion n'est pas une excuse
La convention précise que la religion, les traditions ou des concepts comme «l'honneur» ne peuvent jamais servir d'excuses à des faits de violences.
L'entrée en vigueur de ce texte «doit être saluée parce qu'elle contribuera aussi à mettre fin aux mariages forcés, aux mutilations génitales féminines, à l'avortement et à la stérilisation forcés», des formes de violence dont «L'Europe n'est pas exempte», selon le commissaire aux droits de l'homme.
Douze tuées chaque jour
«Au moins 12 femmes sont tuées chaque jour en Europe par la violence liée au genre», précise M. Muiznieks. Ce phénomène, dont l'une des causes principales est «l'inégalité flagrante entre les femmes et les hommes», est présent partout sur le continent, aussi bien en Albanie qu'en Suède ou en Finlande, précise-t-il.
Ainsi 121 femmes sont mortes en France l'an dernier sous les coups de leur compagnon, 134 en Italie, 143 au Royaume-Uni, et «au moins 214» en Turquie, «bien souvent alors même que ces femmes avaient demandé aux autorités de les protéger», s'indigne M. Muiznieks.