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La commission d’enquête sur le conflit syrien mise en place par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, s’est déclarée prête, vendredi 20 février 2015, à publier la liste des criminels de guerre du pays.
Dans leur neuvième rapport publié quelques jours avant la prochaine session de mars du Conseil des droits de l’homme, les enquêteurs ont indiqué que la publication de cette liste, restée volontairement confidentielle jusqu’à présent, pourrait «maximiser les éventuels effets de dissuasion» et «aider à protéger les populations exposées aux risques de violences».
Les quatre membres de la commission, dont la Suissesse Carla Del Ponte, demandent au Conseil de sécurité de l’ONU de traduire ces auteurs de crimes de guerre devant la justice internationale. Dénonçant l’impunité totale des crimes commis dans le conflit syrien, ils recommandent la création d’un tribunal ad hoc pour juger les responsables.
Les enquêteurs relèvent encore qu’en dépit de leurs appels répétés en faveur de la fin des violences et de la guerre civile en Syrie, les crimes de guerre et violations des droits ont «augmenté de manière exponentielle» et que le coût humain du conflit est devenu «incommensurable».
Barils d'explosif
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon avait exhorté jeudi le Conseil de sécurité des Nations Unies de tout faire pour mettre fin au largage de barils d’explosif par le régime de Damas sur des populations civiles. Il a demandé la levée des sièges de villes, utilisés comme arme de guerre. Selon l’ONU 212 000 personnes seraient ainsi piégées. Le secrétaire général a aussi lancé un nouvel appel à une solution politique de compromis, sans préalables aux pourparlers.
Un autre rapport publié par l’Observatoire Euro-Mid des droits de l’homme et le réseau syrien pour les droits de l’homme fait état d’une pratique qui se généraliserait du côté des forces syriennes. Ce document avance que le régime aurait brûlé vives des personnes ou fait disparaître des corps en les brûlant. Plusieurs cas précis sont documentés dans ce rapport, comme celui d’une famille de Lattaquié, dont une femme et trois enfants auraient été brûlés vifs le 28 janvier 2012.
La Syrie est déchirée depuis presque quatre ans par une guerre civile qui a fait plus de 210'000 morts et jeté près de douze millions de Syriens à la rue ou sur les routes de l’exil.