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Blog sur le droit international

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Les violences tribales, menace majeure pour le Darfour

KHARTOUM - Le ministre soudanais de la Défense, Abdelrahim Mohammed Hussein, a estimé mardi 12 novembre 2013 que les violences tribales représentaient une plus grande menace pour la sécurité au Darfour que les groupes rebelles, même s'il a promis une offensive contre ces insurgés.

Les heurts entre milices arabes tribales se sont intensifiés cette année au Darfour, faisant des centaines de morts dans cette région de l'ouest du Soudan également secouée par une rébellion depuis une décennie.

Les heurts entre tribus sont le plus gros défi et la menace la plus sérieuse pour la sécurité du Darfour, davantage que les mouvements rebelles, a déclaré le ministre devant le Parlement.

Abdelrahim Mohammed Hussein, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans la lutte contre la rébellion au Darfour, a précisé que des heurts avaient opposé des tribus dans quatre des cinq provinces de la région.

Il y a 10 ans, des rebelles non arabes se sont soulevés au Darfour contre ce qu'ils considéraient comme un monopole du pouvoir et des richesses par les élites arabes. En réaction, les milices Janjawid, recrutées au sein des tribus arabes et soutenues par le gouvernement, ont commis des atrocités contre les civils.

Selon des experts, Khartoum, à court de liquidités, ne peut plus contrôler ces tribus arabes qu'il a armées contre la rébellion, et les violences se sont intensifiées dans un contexte de concurrence pour l'accès aux ressources.

La mission conjointe ONU-Union africaine au Darfour (Minuad) s'est dite lundi profondément inquiète de l'escalade des combats entre tribus, après avoir reçu des informations sur des violences entre les Salamat, les Taïsha et les Misseriya au Darfour-Centre.

Dimanche, des sources au sein des tribus arabophones Taïsha et Salamat ont affirmé à l'AFP que des milices tribales utilisaient des roquettes et de l'artillerie lourde dans des combats se déroulant sur une large bande au sud-ouest du Darfour.

Le plus haut responsable du Darfour, Eltigani Seisi, avait indiqué fin octobre que les milices tribales étaient devenues si puissantes qu'elles échappaient au contrôle des chefs tribaux.

Devant le Parlement, le ministre de la Défense a affirmé que les forces armées débutaient une opération pour écraser les rebelles du Darfour, ainsi que du Kordofan-Sud et du Nil bleu, deux régions frontalières du Soudan du Sud où Khartoum cherche à assoir son autorité depuis la partition en 2011.

Nous assisterons cet été à la fin de la rébellion et la stabilité reviendra ensuite au Kordofan-Sud et au Nil Bleu, a-t-il assuré.

Depuis 2012, les rebelles de ces deux régions, membres de la branche nord du Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM-N), se sont associés aux rebelles du Darfour au sein du Front révolutionnaire soudanais, qui ambitionne de renverser le régime de Khartoum pour installer un gouvernement plus représentatif de la diversité du pays.

Début novembre, Nuba Reports, un site de citoyens journalistes au Kordofan-Sud, avait indiqué avoir observé en octobre une hausse à la fois des bombardements aériens menés par l'armée et des mouvements de troupes rebelles.

Selon le directeur des opérations humanitaires de l'ONU John Ging, 800.000 personnes dans les zones de guerre du Kordofan-Sud et Nil bleu n'ont plus reçu d'aide extérieure depuis 18 mois.

De plus, le gouvernement et les rebelles refusent de laisser les employés de l'ONU vacciner les enfants contre la polio dans les zones rebelles.

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