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Il avait été condamné il y a moins d'un an pour avoir pris part au meurtre de près de 28 000 personnes, mais laissé en liberté. John Demjanjuk, 91 ans, ancien gardien de camp nazi en 1943, est mort ce samedi dans une maison de retraite de Bad Feilnbach, en Bavière. Les causes de son décès ne sont pas connues, mais le Parquet va maintenant mener une enquête de routine, selon la radio publique bavaroise.
Demjanjuk a toujours nié en bloc
Né en avril 1920 en Ukraine, John Demjanjuk vivait aux Etats-Unis depuis les années 50 avant d'être expulsé en 2009. Au terme d'un procès marathon de 18 mois entamé en novembre 2009 à Munich, la justice avait estimé qu'il avait bien été garde au camp de Sobibor (Pologne), six mois en 1943 pendant lesquels près de 27900 juifs, essentiellement néerlandais, avaient été exterminés.
Demjanjuk, qui s'était présenté sur une civière au premier jour de son procès, niait les faits en bloc et affirmait avoir été capturé en 1942 alors qu'il servait dans l'Armée Rouge. Selon lui, il avait passé le restant de la guerre dans des camps de prisonniers avant d'émigrer aux Etats-Unis où il a travaillé dans des chaînes de montage d'automobiles à Cleveland (Ohio, nord) et élevé trois enfants.
Remis en liberté malgré sa condamnation par un tribunal de Munich (sud), il séjournait depuis dans une maison de retraite. La justice allemande avait estimé qu'il ne représentait plus aucun danger et ne risquait plus de se soustraire à la justice, en raison de son âge et de son statut d'apatride qui l'empêchait de quitter l'Allemagne.
L'un des «plus grands criminels nazis»
Demjanjuk figurait en première place sur la liste des criminels nazis établie par le Centre Wiesenthal, une organisation internationale juive qui «combat l'antisémitisme, le négationnisme, l'extrémisme et les activités néo-nazies». Il avait échappé à la peine capitale en Israël en 1988, à l'issue d'un procès pour des faits comparables. Il était alors accusé d'avoir été «Ivan le Terrible», un garde ukrainien du camp de Treblinka (est de la Pologne) connu pour sa cruauté. Il fut libéré cinq ans plus tard lorsqu'il apparut qu'il n'était pas «Ivan le terrible».
En 2009, un rescapé du camp de Sobibor, Thomas Blatt, avait déclaré dans un entretien avec le magazine Spiegel : «Cela m'est égal qu'il aille en prison ou pas. Ce procès est important pour moi. Je veux la vérité. Le monde doit savoir comment c'était à Sobibor». Selon diverses estimations d'historiens, entre 150 000 et 250 000 personnes ont été exterminées au camp de Sobibor.