Blog sur le droit international

Bien que le Royaume hachémite de Jordanie perpétue une tradition d'hospitalité envers les demandeurs d'asile et les réfugiés, cet environnement favorable est mis à rude épreuve par les difficultés socio-économiques que traverse le pays, ainsi que par l'augmentation du nombre de réfugiés.
Le nombre d'Iraquiens enregistrés auprès du HCR en Jordanie demeure stable et se situe aux environs de 29 000. L'afflux de nouveaux arrivants est en effet compensé par les réinstallations et les rares cas de rapatriement.
En revanche, la Jordanie a assisté à une augmentation significative du nombre de réfugiés syriens fuyant les troubles qui agitent leur pays. A la fin septembre 2012, plus de 102 000 réfugiés syriens étaient enregistrés auprès du HCR et leur flot s'amplifiait quotidiennement. La Jordanie a néanmoins laissé sa frontière ouverte, permettant ainsi aux Syriens qui tentent d'échapper à la violence de pénétrer sur son territoire. Selon les estimations des autorités, le nombre de nouveaux arrivants serait encore plus élevé. Les communautés d'accueil ont généreusement aidé cette nouvelle vague de réfugiés en fournissant des abris, des vivres, de l'eau, des services d'assainissement et d'autres prestations essentielles. Cependant, les ressources de ces communautés sont limitées et risquent de s'épuiser au cours des prochains mois. Il convient de trouver d'autres moyens de venir en aide aux réfugiés. Plusieurs centres d'accueil ou de transit ont été créés et un camp a été ouvert à Za'atri, au nord de la Jordanie.
La Jordanie, exemplaire, accueille un tiers des réfugiés syriens ayant fui la guerre mais le sous-financement de l'aide humanitaire la déstabilise et l'a poussée à fermer sa frontière quelques jours en mai 2013, s'inquiète Médecins sans frontières (MSF).
Cela fait six ou sept jours que les réfugiés syriens sont bloqués à la frontière par les autorités jordaniennes, mais les blessés passent encore, explique Antoine Foucher, chef de mission pour MSF en Jordanie, rencontré par l'AFP à Paris.
La province syrienne de Deraa (sud), frontalière avec la Jordanie, est le théâtre de violents combats entre les forces de Bachar Al-Assad et la rébellion.
Le royaume hachémite, qui comptait avant le conflit 6,5 millions d'habitants, accueille aujourd'hui entre 500.000 et 600.000 réfugiés, soit un tiers des 1,5 million de Syriens ayant fui à l'étranger, selon un communiqué de MSF.
Le gouvernement jordanien a consenti des efforts importants et a été exemplaire sur l'accueil des réfugiés, estime M. Foucher, mais la pression induite par l'arrivée massive de réfugiés a engendré une situation de plus en plus difficile.
Ainsi Zaatari, le plus grand camp de réfugiés syriens (120.000 personnes), connaît des tensions quotidiennes, manque d'eau et de structures d'assainissement, et a largement dépassé sa capacité d'accueil, indique MSF.
En avril, avant la fermeture de la frontière, un millier de personnes arrivaient chaque jour dans ce camp, où se présentent de plus en plus de cas de diahrrées et d'infections respiratoires, résultats des conditions de vie précaires, précise l'ONG.
Près de 400.000 autres Syriens sont disséminés dans le reste du pays, créant là aussi des tensions. Plutôt bienveillante au début du conflit en 2011, la population s'est retournée, manifestant parfois contre des Syriens qui, totalement démunis, sont prêts à travailler pour un salaire de misère, selon Antoine Foucher.
Autres problèmes, le système de santé jordanien est proche de la saturation, le tourisme s'est effondré et les secteurs subventionnés (gaz, électricité, pain...) ont vu leurs prix exploser - le prix du gaz a ainsi bondi de 50% - en raison de la crise économique. Cette flambée, combinée à la hausse de la consommation de ces biens liée à l'afflux des réfugiés, touche dramatiquement le budget de l'Etat.
Aujourd'hui, la capacité de la Jordanie à accueillir des réfugiés est compromise en l'absence de soutien suffisant. Il faut beaucoup d'argent, résume M. Foucher.