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    La question des réparations de guerre, évoquée récemment par la Pologne, est réglée «depuis 1953» pour Berlin.

    L'Allemagne n'a pas à verser de réparations de guerre à la Pologne, le sujet étant réglé «depuis 1953», a déclaré vendredi 8 septembre 2017 le gouvernement allemand après que Varsovie a indiqué avoir le «droit» d'en réclamer.

    Abandon des demandes

    «Du point de vue du gouvernement fédéral, il n'y a aucune raison de douter de la validité juridique de la renonciation aux réparations de 1953. Dès lors, pour nous, cette question est définitivement réglée d'un point de vue légal et politique», a déclaré Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière Angela Merkel.

    Il a souligné que Varsovie «a confirmé (renoncer aux réparations) à plusieurs reprises, en 1970 et 2004 notamment».

     

    «Décision politique»

    Le gouvernement polonais dispute la validité de l'abandon des demandes en 1953, estimant que Varsovie, alors membre du bloc communiste, agissait sous pression de l'URSS.

    La Première ministre polonaise Beata Szydlo, issue du parti conservateur nationaliste PiS, a estimé jeudi que son pays avait «droit» à des réparations mais que la «décision politique» d'en demander n'avait pas encore été prise.

    Responsabilité assumée

    La relance de cette question intervient aussi après que le chef du parti conservateur au pouvoir Jaroslaw Kaczynski a accusé l'Allemagne de rejeter sa responsabilité pour le dernier conflit mondial.

    Le porte-parole d'Angela Merkel a à ce titre souligné que l'Allemagne «assume sa responsabilité pour la Seconde Guerre mondiale» et qu'il ne peut «y avoir aucun doute à ce sujet».

    «L'Allemagne a attaqué la Pologne. C'était le début de la Seconde Guerre Mondiale déclenchée par l'Allemagne nationale-socialiste et le début de crimes inimaginables commis contre notre voisin polonais», a-t-il rappelé au sujet de l'invasion de la Pologne le 1er septembre 1939.

    «Les Allemands n'ont pas le droit d'oublier et n'oublieront jamais ce qui a été fait à la Pologne au nom de notre peuple», a-t-il ajouté.

    Réformes controversées

    Cette nouvelle dispute germano-polonaise s'inscrit dans le contexte de tensions croissantes entre Varsovie et l'UE qui s'inquiète de l'évolution de l'Etat de droit dans ce pays en raison de réformes controversées. Angela Merkel a ainsi indiqué fin août ne pas «pouvoir se taire» face aux atteintes à l'Etat de droit chez son voisin.

    La Commission européenne menace aussi de déclencher l'application de l'article 7 du traité de l'UE si la Pologne maintenait ses réformes en l'état. Cette procédure inédite peut aboutir à une suspension des droits de vote du pays au sein du Conseil de l'Union.


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  • 1er octobre 1946, le verdict du procès de Nuremberg

    Dernier acte du procès de Nuremberg, le 1er octobre 1946, le Tribunal militaire international chargé de juger les crimes nazis commis durant la Seconde Guerre mondiale condamne à mort par pendaison douze hauts dirigeants allemands.

    Le 30 septembre 1946, un an après la première réunion du Tribunal militaire international chargé de juger vingt-quatre hauts dirigeants allemands accusés de crime contre la paix, crime de guerre et crime contre l’humanité, ainsi que huit organisations de l’Allemagne nazie, s’ouvre le dernier acte du procès de Nuremberg.

     

    Tout au long de cette journée, les quatre juges représentant les quatre pays vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale – États-Unis, URSS, Grande-Bretagne et France – décrivent le nazisme, ses crimes et énoncent les preuves contre les accusés.

    Le 1er octobre, à 13 h 50, la Cour se réunit pour la dernière fois. Les accusés sont introduits un par un. Chacun d’entre eux écoute, debout, la lecture de la peine qui le frappe, puis est ramené dans sa cellule, tandis que l’accusé suivant vient prendre sa place dans le box.

    Douze d’entre eux sont condamnés à mort par pendaison : Goering, Ribbentrop, Keitel, Kaltenbrunner, Streicher, Frank, Frick, Rosenberg, Sauckel, Jodl et Seyss-Inquart (ainsi que Bormann par contumace). Hess, Funk et Raeder sont quant à eux condamnés à la prison à vie ; Neurath, Dönitz, von Schirach et Speer à plusieurs années de détention. Enfin, Schacht, von Papen et Fritzche seront acquittés. Un acquittement contre lequel s’élèveront le juge américain Robert Jackson ainsi que les Soviétiques.

    Les condamnés à mort seront pendus le 16 octobre 1946, excepté Goering qui s’était empoisonné la veille dans sa cellule.

    *  *

    Le rideau s’est levé lundi 1ier octobre 1946 matin à 10 heures, sur le dernier acte du procès de Nuremberg. Depuis les premières heures du jour, la vieille cité connaît une animation inaccoutumée. Aux portes de la ville, la Military Police examine les papiers de tous ceux qui viennent de l’extérieur et visite minutieusement leurs bagages.

    Des auto-mitrailleuses et des chars légers ont été disposés aux abords du Palais de Justice, dont toutes les entrées sont gardées par d’imposants détachements de M. P. Un contrôle sévère s’exerce à l’intérieur du vaste bâtiment. Ceux qui sortent du prétoire doivent montrer leurs papiers tout comme les arrivants.

    L’audience est ouverte

    C’est en présence d’une foule considérable qu’à 10 heures le président Lawrence déclare l’audience ouverte.

    À leur banc les accusés affectent l’indifférence.

    Le juge président Lawrence prend le premier la parole. Il donne lecture de la partie du jugement qui concerne l’exposé des faits. D’une voix ferme, il passe en revue toutes les activités du parti nazi depuis sa fondation en 1920 et décrit successivement les attaques menées contre la structure démocratique de la République de Weimar, les négociations qui amenèrent le maréchal Hindenbourg à nommer Hitler au poste de chancelier du Reich, le 30 janvier 1933, le réarmement militaire de l’Allemagne en contravention des clauses du traité de Versailles, le pacte Briand-Kellog contresigné par l’Allemagne, l’occupation de la Rhénanie.

    Puis le président Lawrence examine la question de la responsabilité individuelle des 21 accusés – À l’égard des crimes, l’excuse tirée de l’ordre supérieur n’entraîne pas l’exemption de la peine ; elle ne peut déterminer qu’une réduction de celle-ci.

    Les guerres d’agression sont des crimes

    Le jugement déclare ensuite que les guerres d’agression sont des crimes, puis il passe à l’étude de ce qu’il appelle les actes d’agression et en premier lieu de l’annexion de l’Autriche et de la Tchécoslovaquie. Et d’évoquer les pourparlers entre M. Chamberlain et Hitler, au cours desquels celui-ci donnait des assurances formelles à son interlocuteur. Mais dans le même temps, le maître de l’Allemagne donnait à la Wehrmacht la consigne d’être prête à tous moments à écraser le reste de la Tchécoslovaquie, et cet ordre était contresigné par le maréchal Keitel.

    Doivent être également tenues pour des crimes au sens du statut international, l’attaque contre la Pologne, l’invasion du Danemark, de la Norvège, de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, les agressions contre la Grèce et la Yougoslavie.

    Sir Norman Birkett succède au président Lawrence et poursuit la lecture de l’exposé des faits. Il aborde le chapitre consacré à l’agression contre l’U.R.S.S.

    – Dès la fin de l’été 1940 l’Allemagne a préparé l’invasion de l’U.R.S.S. Après avoir entraîné la Hongrie, la Roumanie et la Finlande dans l’attaque qu’il préparait, le Reich attaque la Russie sans déclaration de guerre. Dans ces conditions, l’invasion de l’U.R.S.S constitue un acte d’agression pur et simple et, comme tel, un crime.

    La responsabilité des accusés est entière

    La Cour met ensuite en pièce l’un des principaux arguments de la défense. Celle-ci prétendait que, Hitler étant un dictateur tout-puissant, la responsabilité des accusés était considérablement atténuée.

    – Hitler ne pouvait faire une guerre d’agression tout seul : il lui fallait bénéficier de la collaboration d’hommes d’État, de chefs militaires, de diplomates et d’hommes d’affaires. Quand en pleine connaissance de ses buts, ils lui ont apporté leur concours, ils sont devenus les participants d’un plan qui était conçu. Le fait que leur tâche leur était fixée par un dictateur ne les affranchit pas de la responsabilité de leurs côtés.

    Après une courte suspension d’audience, c’est au tour du représentant de la France, Mr Donnedieu de Vabres, de poursuivre la lecture du jugement.

    L’audience est levée à 13 heures pour être reprise 14 h 30. M. Françis Biddle, juge américain en titre, succède au magistrat français. Il énumère les traités internationaux successivement violés par l’Allemagne, puis en vient aux crimes contre l’humanité qui dit-il, « résultent des conceptions nazies de la guerre totale et d’un froid calcul ».

    – En U.R.S.S. par exemple, les mauvais traitements infligés à la population civile furent fixés dans leurs moindres détails, longtemps avant l’attaque proprement dite.

    Le travail forcé, l’assassinat des commandos anglo-américains, les aviateurs alliés contraints de se poser dans le Reich, l’extermination des commissaires politiques russes, furent exécutés en vertu d’ordres émanents des plus hautes sphères de la hiérarchie nationale-socialiste.

    L’exposé des faits concerne ensuite les assassinats et mauvais traitements dont furent victimes les populations civiles des territoires occupés par le Reich. M. Biddle évoque le fameux décret « Nacht und Nebel » en vertu duquel les adversaires de l’Allemagne étaient déportés dans des camps d’où ils ne revenaient jamais.

    À 13 h 50, la Cour se réunit pour la dernière fois. Le président Lawrence annonce que les sentences vont être rendues. Les accusés sont introduits un par un ; chacun d’entre eux écoute, debout, la lecture de la peine qui le frappe, puis est ramené dans sa cellule, tandis que l’accusé suivant vient prendre sa place dans le box.

    Goring, Ribbentrop, Keitel, Kaltenbrunner, Rosenberg, Franck, Frick, Streicher, Jodl, Seyss-Inquart, Sauckel, sont condamnés à mort par pendaison. Bormann est condamné à la même peine par contumace.

    Hess, Funk, Raeder sont condamnés à vingt ans d’emprisonnement ; Neurath qui a bénéficié des circonstances atténuantes, à quinze ans, et Donitz, à dix ans la même peine.

    Pendant la lecture de la sentence qui les frappe de la peine de mort, Goering et Ribbentrop sont demeurés impassibles ; Keitel, lui, se tient dans un garde-à-vous rigide ; Frick semble accablé et demeure sans réaction ; Funk enregistre, les yeux hagards, l’énoncé de la sentence ; Sauckel paraît être surpris de sa condamnation, avant de disparaître il jette à la Cour un regard vindicatif ; le visage de Jodl ne traduit aucune émotion ; Seyss-Inquart, les mains crispés sur le bord du box, écoute la sentence qui le frappe et s’incline profondément devant la Cour avant de se retirer.

    Une protestation soviétique

    Avant de lever l’audience, le président Lawrence a donné lecture d’une protestation rédigée par le juge soviétique. Elle est ainsi conçue : « Le membre soviétique du tribunal militaire international désir exprimer son sentiment à l’égard des décisions concernant les accusés Schacht, von Papen et Fritsch. Il pense qu’ils auraient dû être condamnés et non pas acquittés. Il n’est pas non plus d’accord sur les décisions qui concernent le cabinet du Reich, le haut-commandement et l’état-major général pensant qu’ils auraient dû être déclarés organisations criminelles. Il n’est pas non plus d’accord pour la décision qui concerne la sentence de l’accusé Hess et pense que celle-ci aurait dû dire la peine de mort et non pas l’emprisonnement à vie. »

    Cette opinion contradictoire sera consignée par écrit, annexée au jugement et publiée dès que possible.

    Le juge Jackson s’élève contre l’acquittement de Schacht et de von Papen

    De son côté, le juge Jackson procureur général des États-Unis, regrette que le tribunal a acquitté Schacht et von Papen et qu’il n’ait pas déclaré criminel le haut état-major et le commandement en chef de la Wehrmacht.

    – Les arguments soutenus par le ministère public qui lui étaient apparus comme particulièrement convaincants ne paraissent pas avoir produit une impression aussi vive sur le tribunal.

    Il est impossible de prévoir, dès maintenant, les effets que pourront avoir ces acquittements sur les procès ultérieurs contre les industriels et les états-majors militaires, tels que les procès ont été prévus et étudiés jusqu’à présent. Cependant, je considère personnellement que la condamnation ou le verdict de culpabilité rendu contre les individus est d’importance secondaire en comparaison à la portée de la décision du tribunal internationale selon laquelle les guerres d’agression sont criminelles et les persécutions des minorités conquises à des fins raciales, religieuses ou politiques, sont également criminelles.

    Après l’acquittement de Schacht, von Papen et Fritsch

    Schacht, von Papen et Fritsch ont tenu, mardi après-midi une véritable conférence de presse. Le Dr. Schnacht a déclaré qu’il était convaincu que le tribunal l’acquitterait. En revanche, certaines condamnations lui ont paru trop lourdes.

    Interrogé sur ses projets, von Papen a déclaré que sa vie politique était désormais terminée. Quant à Fritsch, il a confié aux journalistes qu’il n’avait pas l’intention de reprendre la parole à la radio ?

    – J’éprouve maintenant a-t-il ajouté, le besoin impérieux de me justifier devant un tribunal allemand, par exemple, devant une Chambre de dénazification, pour pouvoir expliquer enfin au peuple allemand pourquoi j’ai fait à la radio allemande, pendant la guerre, les déclarations que vous connaissez.

    Un porte-parole du Conseil de contrôle allié a déclaré que les onze condamnés à mort seront pendus le 16 octobre dans la prison de Nuremberg.

    Les condamnés seront autorisés à revoir une fois les membres de leur famille et seront accompagnés par un aumônier jusqu’à la potence. Leurs tombes ne porteront ni noms, ni signes d’ucune sorte et le lieu de leur inhumation sera tenu secret.

    Tous les condamnés signeront le recours en grâce

    Les onze criminels de guerre condamnés à mort vont signer leur recours en grâce devant le Conseil de contrôle interallié de Berlin.

    D’après la coutume du droit allemand, admise par le tribunal militaire international, le défenseur de chaque accusé peut même signer en lieu et place de son client, si celui-ci refuse de signer lui-même son propre recours en grâce. On pense que c’est peut-être le cas de Frank, qui a manifesté l’intention de ne pas se soustraire au châtiment.

    Keitel et Jodl entendent demander au Conseil de contrôle interallié la faveur de ne pas être pendu mais fusillés.

    D’autres accusés solliciteront du Conseil de contrôle interallié une réduction de leur peine. C’est ainsi que Walter Funk, ancien plénipotentiaire à l’Économie du Reich et président de la Reichsbank estime que la détention à perpétuité est pour lui un châtiment un juste, et il a déjà envoyé par l’intermédiaire de son avocate une demande en réduction de peine.

    La Tchécoslovaquie demanderait l’extradition de von Neurath

    On prête au gouvernement tchécoslovaque l’intention de réclamer l’extradition de von Neurath, afin de le faire passer à nouveau en jugement. Dans les milieux officiels, on considère que la condamnation à quize ans de prison infligée à l’ancien protecteur de Bohème-Moravie est trop légère.

    Commentant le verdict de Nuremberg, les Izvestia écrivent : « Une telle indulgence des juges provoquera une profonde déception et une grande incompréhension dans les plus larges couches sociales. Il est également incompréhensible que le tribunal international ait reconnu non coupable le gouvernement hitlérien et le haut-commandement de la Wehrmarcht. Ce sont pourtant ces deux organisations qui sont à la base de toutes les entreprises et de tous les crimes qui viennent d’envoyer à l’échafaud les Goering, Ribentrop et autres Keitel. Il est incontestable que le gouvernement hitlérien et le haut-commandement allemand ne se distinguaient en rien des organisations telles que les SS, la Gestapo, ou la SD qui ont été reconnues coupables. Le fait que les juges de Nuremberg n’aient pas condamné de la même façon le gouvernement hitlérien et le haut-commandement de la Wehrmacht constitue sans aucun doute une faute grave. »

    La Suisse regrette que le procès n’ait pas été conduit par des juges neutres

    Les journaux suisses ont consacré des colonnes entières au verdict de Nuremberg. Si l’acquittement de von Papen cause quelque surprise, la sentence est généralement approuvée.

    Les commentateurs rendent hommage à la correction absolue et au sens très élevé des responsabilités dont les membres du haut tribunal allié ont fait preuve. Quelques journaux cependant formulent, après coup, certaines réserves sur le caractère de ce tribunal.

    La Suisse de Genève écrit par exemple : « Le tribunal à respecter les règles de la procédure qu’il s’était fixées. L’histoire ne lui fera pas le grief d’avoir juger hâtivement. Mais on peut se demander si l’autre procédure n’eût pas été préférable pour donner plus de valeur à la sentence. Si toutes les charges accumulées à Nuremberg avaient été produites devant des juges neutres, la sentence n’eût probablement pas été différente, si même elle n’eut pas été plus sévère, mais on eut à éviter ainsi de donner au peuple allemand l’impression de vainqueurs jugeant leurs vaincu ».

    L’accès de la zone d’occupation française est interdit à von Papen

    Les services de la Sûreté nationale de Baden-Baden ont refusé à Franz von Papen, fils de l’ancien diplomate, l’autorisation qu’il sollicitait pour son père de pénétrer en zone française.

    On sait en effet que von Papen désirait se rendre à Ravensburg, à 20 kilomètres au nord de Friedrichshafen sur le lac de Constance afin d’y occuper, en compagnie de sa femme, la propriété qu’il possède dans cette ville.

    Von Papen a demandé aux autorités britanniques l’autorisation qui lui a été refusée par les autorités françaises. Si elle lui est accordée, il se fixera chez sa fille, à Hambourg.

    Des Berlinois manifestent contre les acquittements

    Des groupes de jeunes gens, agissant sous l’inspiration du parti socialiste communiste unité, ont parcouru les rues du quartier Nord de Berlin en criant : « Nous exigeons la mort de tous les criminels de guerre ».

    Un mandat d’arrêt contre von Papen, Snacht et Fritsch

    Le procureur général de la Chambre civique de Nuremberg aurait lancé un mandat d’arrêt contre von Papen, Schacht et Fristsch

     


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  • Cours de rattrapage sur la 2e guerre mondiale

    Suite à une polémique, les magistrats autrichiens devront suivre un module d'histoire du XXe siècle.

    Tous les magistrats autrichiens se verront obligés de suivre un module d'histoire du XXe siècle, consacré notamment à la seconde guerre mondiale.

    Cette mesure fait suite à la décision d'un parquet local qui avait choqué les survivants des camps de concentration nazis.

    Mi-février, le procureur de Graz (sud) avait semblé justifier des écrits d'un magazine autrichien d'extrême droite, qui avait qualifié de «criminels» les détenus libérés en mai 1945 du camp de Mauthausen, en Haute-Autriche.

    Le ministère autrichien de la justice a indiqué vendredi 11 mars 2016 vouloir tirer les conséquences de cette polémique en élargissant à l'ensemble des juges et des procureurs une formation à l'histoire des XIXe et XXe siècles, instaurée en 2009 pour les aspirants magistrats. Celle-ci inclut notamment une visite du camp de Mauthausen.

    Abandon des poursuites

    «Le fait qu'une portion non négligeable de détenus libérés s'est comportée en fléau pour la population est considéré comme une évidence par la justice et est uniquement contesté par les fétichistes des camps de concentration», avait écrit le magazine d'extrême droite Aula dans son édition de l'été 2015, imputant aux détenus libérés des «crimes» dans le voisinage du camp.

    Le parquet de Graz avait ouvert une enquête criminelle contre l'auteur de l'article pour négationnisme et incitation à la haine, mais avait ensuite abandonné les poursuites.

    «Il est plausible que la libération de plusieurs milliers de personnes du camp de concentration de Mauthausen ait représenté un fardeau pour les zones autrichiennes concernées», avait estimé le ministère public pour expliquer l'abandon des poursuites.

    200'000 détenus

    Parmi les centaines de milliers de déportés à Mauthausen ont figuré des prisonniers convaincus de «violences et atteintes aux biens». La possibilité que des actes criminels aient été commis à leur libération «ne peut être écartée», avait-il ajouté.

    L'Autriche, pays natal d'Adolf Hitler, annexée par l'Allemagne nazie en mars 1938, a longtemps prétendu avoir été une «victime» du nazisme. Quelque 200'000 personnes ont été envoyées au camp de concentration de Mauthausen. La moitié environ d'entre elles y ont péri, selon des chiffres qui ne prennent en compte que les détenus qui avaient été dûment recensés.

     


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  • Shinzo Abe évoque les «souffrances» causées par le Japon

    A l'occasion du 70e anniversaire de la fin du conflit mondial, le Premier ministre japonais a exprimé ses condoléances.

    Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a exprimé ses «condoléances éternelles» pour les victimes de la guerre et qualifié d''inébranlables» les excuses passées du Japon, mais a appelé à en exempter dorénavant les générations d'après-guerre.

    «Au 70e anniversaire de la fin de la guerre, je m'incline profondément devant les âmes de tous ceux qui ont péri tant dans notre pays qu'à l'étranger. J'exprime mes sentiments de profonde peine et mes condoléances éternelles et sincères», a dit M. Abe dans sa déclaration officielle marquant l'anniversaire de la capitulation du Japon.

    Ce moment phare de la politique extérieure du Japon sera étudié de très près par les voisins asiatiques de l'archipel qui ont souffert du colonialisme japonais et des exactions de l'armée impériale pendant la première moitié du 20e siècle.

    «Le Japon a à maintes reprises exprimé ses sentiments de remords profonds et ses excuses sincères pour ses actes pendant la guerre», a dit le Premier ministre de droite, citant «l'histoire des souffrances des peuples d'Asie» et ajoutant que son pays s'était depuis la fin du conflit «constamment consacré à la paix et à la prospérité dans la région».

    Relations empoisonnées

    «Ces positions exprimées par les précédents gouvernements resteront inébranlables à l'avenir», a-t-il déclaré.

    «Au Japon, plus de 80% de la population est née après-guerre. Nous ne devons pas laisser nos enfants, petits-enfants et les générations suivantes, qui n'ont rien à voir avec la guerre, être prédestinés à s'excuser», a déclaré M. Abe, âgé de 60 ans. Excluant l'oubli, il a cependant ajouté: «Nous avons la responsabilité d'hériter du passé, en toute humilité, et de le transmettre pour l'avenir».

    L'expansion militaire du Japon entre 1910 et 1945 continue à empoisonner ses relations avec la Chine et la Corée du Sud, et ces pays décortiquent à chaque anniversaire les propos et gestes des politiques japonais. Un des sujets de la colère des pays d'Asie est celui des «femmes de réconfort», des milliers d'Asiatiques enrôlées dans les bordels de l'armée impériale nippone.

    Des millions de morts en Chine

    «Nous garderons gravé dans nos cœurs ce passé où la dignité et l'honneur de nombreuses femmes ont été gravement blessés pendant les conflits du 20e siècle», a dit M. Abe.

    La Chine affirme que plus de 20 millions de ses citoyens sont morts du fait de l'invasion japonaise, l'occupation et les exactions de l'armée. 300'000 auraient péri selon Pékin lors du sac de Nankin, une vague de tueries, viols et destructions perpétrés par les militaires nippons durant les six semaines qui ont suivi leur entrée dans cette ville le 13 décembre 1937. Selon des universitaires étrangers, le nombre de victimes serait toutefois nettement moins élevé.

    Les mots «excuses» et «agression» avaient été prononcés en 1995 dans un geste historique par un des prédécesseurs de M. Abe, Tomiichi Murayama, un socialiste. Dix ans plus tard, le Premier ministre conservateur Junichiro Koizumi avait employé les expressions fortes de «domination coloniale», «agression», «profonds remords» et «excuses».

    Tous les médias japonais insistaient vendredi 14 août sur le fait que M. Abe avait repris tous «les mots clefs» utilisés par ses prédécesseurs: «agression», «domination coloniale», «profonds remords» et «excuses sincères». Le Premier ministre avait été appelé ces derniers mois par des intellectuels japonais à réitiérer des excuses.

    Mais souligne Haruko Sato, professeur à l'Université d'Osaka (ouest), spécialiste des relations entre le Japon et la Chine, si «son message est intelligent», M. Abe «a exprimé beaucoup de choses d'un point de vue objectif plutôt que ses propres positions», à l'exception du passage sur les générations futures. «Il semble que le Premier ministre Abe juge de la responsabilité de son gouvernement de mettre fin à la diplomatie de l'excuse», résume-t-elle.

    «C'est une déclaration judicieusement formulée, de toute évidence le résultat d'intenses discussions internes. Elle parvient à réitérer les excuses du Japon sans les répéter au style direct, laissant à M. Abe une marge pour apaiser une partie de son auditoire national et satisfaire l'audience internationale», a commenté pour sa part Edward Griffith, spécialiste de l'Asie de l'University of Central Lancashire.


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  • Berlin va indemniser des ex-prisonniers soviétiques

    Le gouvernement allemand va consacrer un montant de 10 millions d'euros afin d'indemniser 4000 anciens prisonniers de guerre soviétiques détenus dans les camps allemands entre 1941 et 1945.

    Berlin prévoit d'indemniser 4000 anciens prisonniers de guerre soviétiques détenus dans les camps allemands entre 1941 et 1945, a-t-on appris ce mercredi 20 mai de sources proches de la coalition gouvernementale. Un montant de 10 millions d'euros a été prévu à cet effet.

    Les chrétiens-démocrates de la chancelière Angela Merkel et leurs partenaires du Parti social-démocrate (SPD) se sont mis d'accord sur le versement de cette somme. Chaque prisonnier survivant devrait recevoir 2500 euros (près de 2700 francs).

    Quelque 5,3 millions de soldats de l'Armée rouge ont été faits prisonniers par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Plus de la moitié ont péri en détention, exécutés, morts de faim ou de maladie.


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  • Des survivants ont fait le voyage du souvenir à Buchenwald

     

    Septante ans jour pour jour après sa libération, Plus de 80 survivants de Buchenwald ont observé une minute de silence sur le site de l'ancien camp de concentration.

    Plus de 80 survivants de Buchenwald ont observé une minute de silence sur le site de l'ancien camp de concentration allemand, 70 ans jour pour jour après sa libération, a-t-on appris ce samedi 11 avril.

    «La minute de silence a eu lieu à 15h15», a expliqué une porte-parole de la fondation du mémorial de Buchenwald. Une heure choisie car elle correspond à celle de leur libération, a-t-elle précisé.

    Aux côtés des survivants, plusieurs vétérans de l'armée américaine et des représentants de la ville voisine de Weimar (est) ont assisté à la commémoration, a-t-elle raconté.

    Environ 250'000 personnes ont été emprisonnées dans le camp de Buchenwald, dont le prix Nobel de la paix Elie Wiesel et l'écrivain Stéphane Hessel, entre 1937 et 1945. Quelque 56'000 personnes y ont péri.

    Le camp de Buchenwald avait été libéré le 11 avril 1945, alors que la marche des troupes américaines sur Weimar avait provoqué la débandade des SS.


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  • Berlin refuse aux demandes grecques de réparations de guerre

    Le gouvernement allemand refuse d’entrer dans un débat sur les responsabilités historiques et affirme que la question a été réglée par plusieurs accords.

    Des nombreux points de friction entre Athènes et Berlin, il en est un qui pousse l’Allemagne dans ses retranchements. Angela Merkel résiste.

    Son gouvernement vient à nouveau de rejeter en bloc les revendications émises par le parti Syriza, au pouvoir en Grèce : ni les demandes de réparations pour destructions et crimes de guerre, ni celles du remboursement d’un emprunt que la banque centrale grecque a dû accorder au IIIe Reich pendant l'occupation du pays (1941-1944) ne sont recevables. Mais l'agacement, voire la nervosité, sont palpables.

    La crainte d’ouvrir « une boîte de Pandore »

    Les « reproches tournés vers le passé ne sont d’aucun secours face aux défis actuels, que nous devons surmonter avec les Grecs », selon le ministère des Finances, dans une allusion directe aux négociations sur la dette grecque. Le gouvernement allemand craint d’ouvrir une boîte de Pandore en acceptant des discussions avec Athènes sur le sujet. D'autres pays pourraient lui emboîter le pas.

    « L’Allemagne a parfaitement conscience de sa responsabilité historique concernant les souffrances que le nazisme a causé dans beaucoup de pays d'Europe, a déclaré le porte-parole de la chancelière. Mais cela ne change rien à notre position et à notre ferme conviction que la question des réparations et des dédommagements à la Grèce a été réglée, dans tous ses aspects et de façon définitive ».

    Il reprenait ainsi les déclarations du ministre des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, lors d'une visite à Berlin de son homologue grec Nikos Kotzias, le 10 février. Le gouvernement allemand renvoie aux traités et accords signés par le passé, évitant de suivre le premier ministre grec Alexis Tsipras sur le terrain de la morale et des responsabilités historiques.

    Un paiement des réparations définitivement exclu pour le gouvernement allemand

    Sur le plan du droit, tout est clair, veut-on croire. En 1990, le Traité « 2+4 » (les deux Allemagne, les États-Unis, l’URSS, la Grande-Bretagne et la France), qui ouvre la voie à la réunification, se veut un « règlement définitif concernant l'Allemagne ».

    Sans être évoqué, le paiement de réparations aurait ainsi été définitivement exclu. La Grèce serait liée par ce Traité car signataire de la Charte de Paris du 21 novembre 1990, qui stipule : « Nous prenons acte avec une grande satisfaction du Traité portant règlement définitif concernant l'Allemagne ».

    Quant au prêt forcé, Berlin souligne qu’il s'agit d'une dette de guerre, et non d'un prêt classique entre États souverains. Son remboursement équivaudrait donc au paiement d'une réparation – ce qui est hors de question. Quoi qu'il en soit, ajoute le gouvernement, 70 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale et 25 ans après la réunification, il est trop tard pour faire valoir ses droits.

    Sur la scène politique, seul le parti de la gauche radicale « Die Linke » comprend les revendications d’Athènes – mais le dit discrètement. Défendre la Grèce est risqué d'un point de vue électoral, alors que 52 % des Allemands sont favorables à une sortie du pays de la zone euro, et que 80 % estiment qu'il ne se comporte pas sérieusement dans les négociations avec ses partenaires européens, selon un sondage pour la télévision ZDF. On rappelle dans les rangs de Die Linke qu'une large partie de la dette allemande a été effacée après la Seconde guerre mondiale.

    Des estimations des sommes en jeu qui divergent

    Ses juristes estiment par ailleurs que la situation juridique n’est pas claire : on ne peut considérer que la Grèce a renoncé aux réparations en signant la Charte de Paris ; les 115 millions de Deutsche Mark versés par l'Allemagne au terme d'un accord bilatéral de 1960 constituent « des prestations aux ressortissants grecs touchés par les persécutions national-socialistes », non un dédommagement à l’État grec ; l'argument temporel est fallacieux car aucune revendication n'était possible avant la réunification de 1990, selon un accord signé à Londres en 1953.

    Les sommes en jeu font l’objet d'estimations divergentes. Entre 8 et 11 milliards d'euros pourraient être réclamés pour le prêt de 476 millions de Reichsmark accordé par la Banque nationale grecque au Reich allemand en 1942.

    La facture globale était évaluée à 162 milliards d’euros par la Cour des comptes grecque en 2012, tandis qu'une récente étude évoque une somme comprise entre 269 et 332 milliards d’euros – soit environ le montant de la dette du pays (320 milliards), ce que ne manquent pas de relever les médias allemands.


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    Tous les 16 mars, d’anciens membres de la Légion SS, créée en 1943 par les occupants nazis, traversent le centre de Riga. Les autorités lettonnes redoutent des provocations.

    « Ils ne voulaient pas se battre pour l’Allemagne nazie, ils ont combattu pour que notre pays soit libéré des Soviétiques. » Formulée par une retraitée lors de la marche annuelle d’anciens membres de la Légion SS lettonne, tous les 16 mars, la plaidoirie résume bien une opinion assez répandue dans cette république balte de deux millions de personnes.

    Le point de vue est loin d’être compris par d’autres habitants et, a fortiori, hors d’un pays dont l’histoire est souvent méconnue. Vu de l’étranger, la procession de ces « héros », une vingtaine de nonagénaires en uniformes et leurs sympathisants, a de quoi surprendre voire choquer. Elle offre aussi l’occasion aux autorités russes de dénoncer « la montée du fascisme » dans les pays Baltes.

    Le 16 mars est donc une journée tendue, qui mobilise des centaines de policiers en tenue antiémeute dans la capitale lettonne. En général, elle a lieu sans incident. Mais en cette année de tensions avec la Russie voisine, les autorités, qui n’interdisent pas la marche, ont indiqué craindre « des provocations visant à discréditer » le pays.

    Enrôlés contre leur gré

    En janvier 1943, Adolf Hitler donna l’ordre de créer une légion lettonne, sous commandement allemand. Sur le point d’être défait à Stalingrad, il manquait d’hommes. « La plupart de ces Lettons n’étaient pas des volontaires : soit ils rejoignaient la SS, malgré sa terrible réputation, soit ils étaient envoyés en camp de travail en Allemagne », rappelle l’historien letton Karlis Kangeris, qui fait autorité sur cette période.

    Pour bon nombre de ces Lettons, « c’était aussi un moyen de lutter contre les bolcheviks qui avaient déporté plusieurs dizaines de milliers des leurs », lors de l’occupation soviétique entre juin 1940 et juin 1941. « Ce qui est sûr, ajoute l’historien, c’est que cette légion n’a pas participé à l’Holocauste. »

    Au moment de sa création, l’extermination de la grande majorité des Juifs de Lettonie avait déjà eu lieu. En revanche, une partie du millier de supplétifs locaux qui avaient assisté les nazis dans cette entreprise ont été intégrés à la Légion.

    Un événement très politisé

    Au départ, ce sont des vétérans en exil qui ont décidé, en 1952, de rendre hommage à ceux des leurs morts au combat : près de 30 000 hommes, soit un quart des effectifs de la Légion.

    Après la fin de l’occupation soviétique de la Lettonie, en 1991, l’hommage du 16 mars fut perpétué à Riga. « Le Parlement a commis l’erreur, en 1998, d’en faire une journée officielle de commémoration. Cela ne dura que deux ans mais depuis, l’événement est politisé », constate Karlis Kangeris.

     


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  • Vont-ils enfin payer, 70 ans après?

    Sur la photo: Un commando des Einsatzgruppen exécute des Juifs ukrainiens dans les environs d’Ivangorod en 1942.

    La police traque 80 membres des Einsatzgruppen, les sinistres escadrons de la mort nazis, qui seraient encore en vie.

    Des membres des Einsatzgruppen, les tristement célèbres escadrons de la mort d’Adolf Hitler, couleraient une retraite tranquille en Allemagne, selon le centre Simon Wiesenthal. Cette organisation qui traque les anciens criminels nazis a transmis mercredi à la justice allemande une liste de 80 noms de personnes qui auraient fait partie de ces commandos d’assassins, dans l’espoir que la police les localise afin qu’ils soient jugés. Nés entre 1920 et 1924, les 76 hommes et quatre femmes supposés encore en vie ont échappé pendant sept décennies à toute poursuite.

    Les Einsatzgruppen sont responsables de la mort d’un million de Juifs et de dizaines de milliers de Roms, de bolcheviks et de handicapés mentaux en Europe de l’Est durant la Seconde Guerre mondiale. Partagés en quatre bataillons d’un millier d’hommes chacun, ces escadrons de la mort ont été mis sur pied dès 1939 à l’occasion du début de l’offensive allemande à l’est. Leur première tâche était simple: Hitler voulait qu’ils débarrassent le IIIe Reich de tous les Juifs en âge de combattre dans les pays conquis.

    En 1941 ou 1942, les Einsatzgruppen qui ont suivi l’armée allemande jusqu’au cœur du territoire soviétique ont reçu l’ordre d’appliquer la «solution finale», soit l’extermination systématique de tous les Juifs. Les commandos se sont donc mis à éliminer non seulement les hommes mais aussi les femmes et les enfants israélites. S’appuyant en général sur des milliers de collaborateurs locaux, les Einsatzgruppen se sont rendus dans les communautés juives des pays baltes, de Biélorussie ou d’Ukraine pour y perpétrer des massacres. Rien n’est épargné aux victimes. Avant d’être tuées, elles ont enduré viols et tortures.

    Ils creusaient leur propre tombe

    Les témoignages recueillis par le Musée de l’Holocauste de Washington attestent que les Juifs ont dû souvent creuser leur propre tombe. Après avoir remis leurs objets de valeur et s’être déshabillés, ils étaient abattus dans la tranchée, soit debout soit couchés sur le ventre. Certains étaient même enterrés vivants. Les autorités nazies ont par ailleurs mis au point des chambres à gaz mobiles afin d’épargner aux soldats le stress émotionnel provoqué par l’obligation de tuer leurs victimes par balles. Il s’agissait de camions dont l’habitacle pouvait être relié au pot d’échappement et c’est ce gaz qui servait à l’élimination des «ennemis de race», comme on appelait les Juifs et les Roms en Allemagne à cette époque. «Il faut juger ces bourreaux, ils ne méritent pas de pitié malgré leur grand âge. Eux-mêmes n’en avaient ressenti aucune pour leurs victimes», a déclaré hier Efraim Zuroff, directeur du centre Simon Wiesenthal au Jerusalem Post.


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