• Les USA hors du Pacte mondial sur les migrants

    Les Etats-Unis de Donald Trump se retirent d'un projet onusien visant à améliorer la gestion des migrants et réfugiés.

    Les Etats-Unis ont ajouté samedi 2 décembre 2017 un nouveau secteur, celui des migrants et réfugiés, à une longue liste de projets ou d'accords internationaux dont Donald Trump a décidé de retirer son pays. Cela, au grand dam des partisans du multilatéralisme.

    «La mission américaine auprès de l'ONU a informé son secrétaire général que les Etats-Unis mettaient fin à leur participation au Pacte mondial sur la migration», a annoncé dans un communiqué l'administration Trump.

    En septembre 2016, les 193 membres de l'Assemblée générale de l'ONU avaient adopté à l'unanimité un texte appelé Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, qui vise à améliorer à l'avenir leur gestion internationale (accueil, aide aux retours, etc.).

    Sur la base de cette Déclaration, le Haut commissaire aux Réfugiés a été mandaté pour proposer un Pacte mondial sur les migrants et réfugiés dans son rapport annuel à l'Assemblée générale en 2018. Ce Pacte doit reposer sur deux axes: définition d'un cadre des réponses à apporter à la problématique et programme d'actions.

    «Dispositions incompatibles»

    «La Déclaration de New York comprend plusieurs dispositions qui sont incompatibles avec les politiques américaines d'immigration et de réfugiés et les principes édictés par l'Administration Trump en matière d'immigration», a expliqué dans un communiqué la mission des Etats-Unis auprès de l'ONU, sans dire lesquelles.

    «En conséquence, le président Trump a décidé l'arrêt de la participation des Etats-Unis à la préparation du Pacte qui vise à obtenir un consensus à l'ONU en 2018», a-t-elle ajouté.

    Depuis son entrée en fonctions en janvier, le républicain Donald Trump a entrepris de prendre le contre-pied de nombre d'engagements pris par son prédécesseur démocrate Barack Obama. Plusieurs mesures ont déjà visé le secteur de l'immigration aux Etats-Unis.

    «Souveraineté américaine»

    «L'Amérique est fière de son héritage en matière d'immigration et de sa conduite dans le soutien aux populations migrantes et réfugiées à travers le monde», a affirmé dans le communiqué l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley. Mais «l'approche mondiale de la Déclaration de New York est juste incompatible avec la souveraineté américaine», a-t-elle expliqué.

    «Nos décisions sur les politiques d'immigration doivent toujours être prises par les Américains et les seuls Américains», a insisté Nikki Haley, qui a le rang de ministre aux Etats-Unis et est une fidèle de Donald Trump.

    Réponse mondiale nécessaire

    «Les migrations sont un problème mondial qui réclame une réponse mondiale», a rétorqué dans un communiqué le président en exercice de l'Assemblée générale de l'ONU, le chef de la diplomatie slovaque, Miroslav Lajcak, en déplorant la décision étasunienne.

    La première année de présidence de Donald Trump a été marquée par plusieurs retraits spectaculaires d'accords internationaux ou de projets d'accords impliquant plusieurs pays du monde.

    Précédents

    Au risque de l'isolement, les Etats-Unis, première puissance mondiale, sont ainsi devenus le seul pays à ne plus vouloir faire partie de l'Accord de Paris (2015) visant à limiter le réchauffement climatique de la planète. Washington a aussi décidé récemment de se retirer de l'Unesco, l'Organisation des Nations unies pour l'Education, la Science et la Culture, que Donald Trump juge peu favorable à Israël.

    Dans un autre domaine, la lutte contre la prolifération nucléaire, le président étasunien ne reconnaît plus que l'Iran respecte un accord international de 2015 visant à garantir le caractère pacifique de son programme atomique. Cette position est un premier pas vers une possible fin pour cet accord.

    Le retrait américain du projet de Pacte mondial sur les migrations intervient alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a multiplié en novembre les réunions sur la question migratoire. Après la crise des migrants et réfugiés cherchant à gagner l'Europe, le sujet a repris de l'acuité avec l'exode massive depuis août de Rohingyas de Birmanie vers le Bangladesh et des informations sur l'existence de marchés d'esclaves en Libye.


    votre commentaire
  • Crise migratoire: les pays de l'Est désavoués

    La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rejeté mercredi 5 septembre 2017un recours de la Hongrie et de la Slovaquie, avec le soutien de la Pologne, contre le plan de répartition des réfugiés.

    La Cour de justice de l'UE a rejeté «dans leur intégralité» les recours déposés par la Hongrie et la Slovaquie contre les quotas d'accueil de réfugiés décidés en septembre 2015 par les dirigeants européens, au plus fort de la crise migratoire.

    La justice européenne estime dans un arrêt rendu mercredi que le mécanisme dénoncé par les deux Etats membres, censé incarner la solidarité européenne, contribue effectivement et de manière proportionnée« à soulager la Grèce et l'Italie, débordées par l'afflux de migrants.

    Conforme à la législation communautaire

    La Hongrie et la Slovaquie contestaient la légalité du plan, mais la Cour a rejeté l'ensemble de leurs arguments. Elle estime que le recours à une procédure non législative, sans consultation du Parlement européen, des parlements nationaux et sans délibérations publiques, était conforme à la législation communautaire.

    Cette même législation permet, selon elle, aux institutions de prendre les «mesures provisoires» nécessaires pour répondre rapidement à une situation d'urgence et l'afflux soudain de personnes déplacées.

    Pas besoin d'unanimité, selon la Cour

    Par ailleurs, la Cour considère que le Conseil européen, qui regroupe les 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, n'était pas tenu de prendre la décision à l'unanimité. La Slovaquie et la Hongrie, aux côtés de la République tchèque et de la Roumanie, avaient voté contre la relocalisation depuis la Grèce et l'Italie de 120'000 personnes répondant aux critères de la protection internationale, sur une période de deux ans.

    Enfin, la Cour affirme que «la validité de la décision ne peut pas être remise en question» rétrospectivement, en ce qui concerne son «degré d'efficacité». Le législateur européen ne peut en effet, selon elle, apprécier les effets d'une nouvelle réglementation qu'en fonction des éléments à sa disposition au moment où la décision est prise.

    Quotas pas atteints

    A quelques semaines de l'échéance du plan fixée fin septembre, les objectifs définis sur les quotas de «relocalisation» sont loin d'avoir été atteints. Moins de 28'000 personnes ont ainsi été transférées depuis la Grèce et l'Italie, sur un objectif initial allant jusqu'à 160'000 personnes à répartir.

    Le commissaire européen à la Migration Dimitris Avramopoulos a immédiatement pris note de la décision de la Cour sur le réseau social Twitter. «La CJUE confirme que le mécanisme de relocalisation est valide. Il est temps de travailler dans l'unité et de mettre pleinement en oeuvre la solidarité», a-t-il déclaré.


    votre commentaire
  • Réfugiés, camps en Jordanie
A general view shows the Azraq camp for Syrian refugees in northern Jordan on May 17, 2017. 
Ahmad ABDO / AFP                                         

    En moyenne, une personne sur 113 vit déracinée aujourd'hui.

     


    votre commentaire
  •  

    La justice kényane interdit la fermeture du camp de Dadaab

    Le camp rassemble 256 000 réfugiés majoritairement somaliens, depuis 25 ans. La justice s’est opposée au projet de fermeture du gouvernement kenyan.

    Quelle est la portée de cette décision ?

    La justice kényane a déclaré jeudi 9 février « nulle et non avenue » la décision du gouvernement de fermer le camp de réfugiés de Dadaab, réputé être le plus grand au monde. « La décision du gouvernement de viser spécifiquement les réfugiés somaliens constitue un acte de persécution d’un groupe, est illégale, discriminatoire et donc anticonstitutionnelle », a déclaré le juge de la Haute Cour.

    John Mativo se prononçait sur une plainte déposée par la commission nationale kényane des droits de l’homme. « Cette décision est très importante. Pour qu’un programme de retour soit volontaire, il faut que les réfugiés puissent faire un choix. Ce n’est pas le cas actuellement à Dadaab », constate Laetitia Bader, chez Human Rights Watch. Le gouvernement peut cependant faire appel de cette décision.

    Pourquoi le Kenya veut-il fermer Dadaab ?

    Dadaab, situé à une centaine de kilomètres de la frontière avec la Somalie, abrite 256 000 réfugiés, en très grande majorité des Somaliens ayant fui depuis 1991 la guerre civile, les islamistes radicaux et des sécheresses.

    Nairobi avait annoncé le 6 mai dernier sa décision de fermer Dadaab : le gouvernement kényan estimait que les attaques des islamistes somaliens chebabs à Nairobi en 2013 et à l’université de Garissa en 2015 avaient été planifiées dans ce camp.

    Le Kenya avait fixé la date de la fermeture à la fin novembre 2016, avant de la reporter au 21 mai 2017 à la suite d’une requête du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). En avril 2015, le gouvernement kényan avait déjà menacé de fermer Dadaab, avant que les États-Unis ne promettent 39 millions d’euros d’aide en plus.

    Cette fois-ci, les annonces de fermeture du camp de Dadaab n’ont pas été suivies de rallonges budgétaires de la part des grands bailleurs de fonds comme Echo ou la Usaid. Le dernier appel lancé par le HCR n’a été financé qu’à 38 %. « Depuis trois mois, les rations distribuées par le programme alimentaire mondial (PAM) ont été réduites de moitié », constate Laetitia Bader.

    Que peuvent faire ces réfugiés ?

    Le gouvernement kényan voulait que 50 000 réfugiés retournent en Somalie en 2016. « À la mi-octobre, ils étaient déjà 27 000 à être repartis de Dadaab. Les autorités avaient annoncé que la proposition d’une aide au départ de 400 € par personne prendrait fin début décembre », souligne Louise Carr, coordinatrice du programme « Personnes déracinées » à Amnesty international.

    Les organisations humanitaires estiment que les conditions de sécurité ne sont pas réunies en Somalie pour accepter ces retours. « Ils vont souvent rejoindre les camps informels de déplacés où s’entassent déjà plus d’un million de Somaliens », affirme Laetitia Bader. Elle insiste également sur « les risques d’une nouvelle famine dans le pays, du fait du manque de pluies. »

    La solution pour ces réfugiés passe par une réinstallation dans des pays tiers. « Les solutions pérennes pour que ces personnes aient la possibilité de reconstruire leurs vies sont multiples, comme les visas d’asile ou humanitaire », conclut Louise Carr.


    votre commentaire
  • Le nombre de réfugiés dépasse 1,5 million au Soudan

    Une véritable catastrophe humanitaire se déroule dans le pays d'Afrique orientale, miné par une guerre civile depuis 2013.

    Le conflit au Soudan du Sud a provoqué la pire crise de réfugiés actuelle en Afrique, la troisième dans le monde. Le nombre dépasse désormais 1,5 million de personnes, a indiqué vendredi à Genève l'ONU.

    Dans les quatre derniers mois de 2016, 500'000 personnes ont dû fuir en quatre mois contre moins de 800'000 pour l'ensemble de l'année, selon le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR). Plus de 60% d'entre eux sont des enfants, dont de nombreux font face à une malnutrition.

    Depuis début janvier, 70'000 nouveaux réfugiés ont quitté le pays. Par ailleurs, les violences ont fait plus aussi de 2 millions de déplacés. Les réfugiés mentionnent des violences intensives, des enlèvements, l'utilisation d'enfants dans le conflit ou encore des viols. Des indications montrent des «atrocités de masse», a indiqué devant la presse un porte-parole du HCR William Spindler.

    Près de la moitié du total d'entre eux, près de 700'000 personnes, ont rejoint l'Ouganda. Près de 350'000 se sont rendus en Ethiopie et plus de 300'000 au Soudan. L'appel de plus de 640 millions de dollars par le HCR en 2016 n'a été financé qu'à un tiers. En 2017, il demande près de 790 millions de dollars.


    votre commentaire
  • La ministre danoise de l'Immigration et de l'Intégration, Ingrid Støjberg, le 25 janvier 2016.

    la ministre danoise de l'immigration

    Le pays est traversé par de nombreux migrants tentant de rejoindre la Suède.

    Le Danemark va cesser d'accueillir jusqu'à nouvel ordre le demi-millier de réfugiés proposés chaque année par le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR). La décision a été annoncée par la ministre de l'Immigration et de l'Intégration, Ingrid Støjberg.

    «Cela donnera aux municipalités un peu de répit et de place pour prendre mieux soin de ceux qui sont déjà arrivés ici», a-t-elle déclaré, lors d'une réunion de la commission parlementaire sur l'immigration, retransmise sur internet.

    Mme Støjberg incarne la politique d'immigration restrictive du gouvernement de centre-droit danois. Elle avait annoncé en août que l'accueil prévu de 491 réfugiés cette année était reporté.

    «Le Danemark a la responsabilité d'aider les personnes qui veulent se réfugier. Mais nous avons aussi la responsabilité de maintenir la cohésion économique, sociale et culturelle du Danemark», a-t-elle justifié.

    Assentiment

    La décision a obtenu l'assentiment des deux plus grands partis au Parlement danois, tous deux non représentés au gouvernement, les sociaux-démocrates et le Parti populaire danois (anti-immigration).

    Le Danemark, pays de 5,7 millions d'habitants, a enregistré comme d'autres un pic des demandes d'asile en 2015 (21'000). Celles-ci ont toutefois chuté en 2016 (5700 jusqu'ici) en raison de la fermeture de multiples frontières en Europe.

    Le passage sur le territoire de nombreux migrants cherchant à rejoindre la Suède voisine, à la politique d'immigration plus généreuse, avait poussé le gouvernement à prendre une multitude de mesures dissuasives. Parmi lesquelles figurent notamment la possibilité de confisquer les objets de valeur et l'argent liquide des demandeurs d'asile.


    votre commentaire
  • Nauru est une petite île reculée du Pacifique.  

    Amnesty dénonce les conditions de détention des migrants refoulés d'Australie vers des îles de Papouasie.   

    Les migrants refoulés par l'Australie sur Nauru, île reculée du Pacifique, subissent des conditions de détention assimilables à de la «torture» au regard du droit international, a accusé lundi Amnesty International.

    L'Australie mène une politique très dure vis-à-vis des migrants, en repoussant systématiquement les bateaux tentant de gagner illégalement ses côtes.

    Les migrants qui y parviennent sont relégués pour des durées indéterminées dans des camps de rétention sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle Guinée, ou sur la minuscule île de Nauru. Même si leur demande d'asile est jugée valide, ils ne sont pas autorisés à s'établir en Australie.

    Nauru, où vivent un peu plus de 400 hommes, femmes et enfants, s'est retrouvé sous le feu des projecteurs en août lorsque le Guardian Australia a obtenu plus de 2000 rapports sur des abus et actes d'automutilation présumés.

    Anna Neistat, directrice de recherche chez l'organisation de défense des droits de l'Homme, explique avoir interviewé plus de 100 personnes -demandeurs d'asile, réfugiés, employés ou ex-employés du camp-- entre juillet et octobre. Ces entretiens «brossent le tableau de personnes en proie au désespoir absolu», dit-elle.

    Des actes d'automutilations

    Selon le rapport d'Amnesty, il y a une «épidémie de cas d'automutilations» sur Nauru. La quasi totalité des demandeurs d'asile interviewés ont fait état de problèmes de santé mentale.  

    Parmi les facteurs explicatifs, des soins médicaux inadéquats, le fait que les enfants soient exposés aux abus et les menaces de certains habitants de Nauru contre les réfugiés, explique AI.

    Depuis 2015, les demandeurs d'asile sont libres d'aller et venir sur l'île mais certains d'entre eux ont été victimes d'agressions et de viols, ajoute le rapport. «Le régime de traitement offshore de l'Australie répond à la définition de la torture en termes de droit international», écrit l'organisation.

    L'Australie est accusée en outre de gérer le camp de manière opaque. Seule une poignée de journalistes et de défenseurs des droits, dont Mme Neistat, ont pu y accéder ces dernières années.  

    Pire que chez eux

    Certains réfugiés ont raconté à AI que ce qu'ils vivaient sur Nauru était plus difficile que ce qu'ils avaient fui. «Je ne peux pas rentrer. Mais ici, je souffre mille morts», dit un Irakien identifié sous le nom d'Edris. «En Irak, c'est une balle ou une bombe et c'est fini. Ici, je me meurs doucement de douleur».

    Ali Kharsa, 19 ans, sur Nauru depuis trois ans, raconte à Amnesty: «nous avons fui la Syrie mais Nauru, c'est ce que je vis de plus dur».

    Le gouvernement australien n'a pas réagi immédiatement à ce rapport. Canberra affirme que cette politique radicale sauve des vies en dissuadant les migrants d'entamer le périlleux voyage vers les côtes australiennes. Le gouvernement de Nauru avait rejeté en août les accusations d'abus, affirmant qu'elles avaient été «montées de toutes pièces».   


    votre commentaire
  •  

    Les 193 pays membres de l’ONU ont approuvé le 19 septembre 2016 une déclaration politique sur le « respect des droits » des réfugiés et des migrants. Elle est toutefois floue et peu contraignante.

    le 19 septembre sur une journée « sans précédent » consacrée aux réfugiés et aux migrants, la veille de l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies qui rassemble chaque année les dirigeants du monde entier à New York. Malheureusement cela ne sert qu'à se donner bonne conscience devant une crise sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, on dénombre 65 millions de personnes déplacées dans le monde, dont 21 millions de réfugiés.

    Le 19 septembre, donc, à l’initiative du secrétaire général de l’ONU, les délégués des 193 pays membres de l’organisation ont approuvé une « déclaration de New York. » Sous un nom ronflant, il s’agit de l’une des formes les moins contraignantes de documents diffusés par les Nations unies. Cette déclaration politique met l’accent sur « le respect des droits fondamentaux » des migrants, la coopération contre le trafic ou l’accès à l’éducation pour les enfants déplacés. Elle ne contient ni objectifs chiffrés, ni engagement sur la répartition du « fardeau ».

    Une version antérieure engageait plus les États

    Ban Ki-moon avait bien suggéré que les pays accueillent chaque année 10 % du total des réfugiés, aux termes d’un « pacte mondial ». Au fil des négociations, cet objectif a été gommé et le « pacte » a été renvoyé au mieux à 2018. La présidente de Médecins du monde, Françoise Sivignon, remarquait le 19 septembre, depuis New York, qu’« en juillet, la version du document engageait beaucoup plus les États concernant la réinstallation de ces réfugiés ».

    « En Europe, nous parlons d’une crise sans précédent. Mais, comment les dirigeants européens peuvent-ils dire qu’ils sont dépassés alors qu’ils n’accueillent que 6 % des déracinés ? 82 % d’entre eux vivent dans des pays en développement. La proportion est de 1 réfugié pour 1 000 Européens, quand elle est de 1 réfugié pour 4 Libanais, par exemple », souligne Fanny Petitbon, chez Care France. Son ONG a été l’une des trente organisations associées au processus de rédaction de la déclaration approuvée à New York. « Nous avons investi du temps et de l’énergie dans ce travail intensif de six mois, pour n’être finalement qu’écoutés », résume Fanny Petitbon.

    Les ONG ont de nombreux regrets

    Pourtant les sujets ne manquent pas. Il y a l’accueil des migrants qui partent sur les routes vers l’Europe. Les images de l’hiver 2015-2016, notamment dans les Balkans, pourraient être bientôt de retour. « Nos conditions d’accueil sont en dessous des standards minimums », note Fanny Petitbon. Ensuite, la question de la mise en détention des migrants mineurs a été éludée dans le texte onusien. « Un enfant, ça ne s’enferme pas. Même en dernier ressort », résume Françoise Sivignon. Les ONG soulignent également que la nécessité « d’assistance » envers les migrants a été préférée au terme plus contraignant de « protection ». Enfin, « cette déclaration de New York » aurait pu être l’occasion de donner un « statut particulier aux migrants, comme cela est le cas pour les réfugiés depuis la Convention de Genève depuis 1951 », souligne la présidente de Médecins du monde.

    Le 20 septembre, le président Barack Obama a abordé le sujet. À New York, il a invité une quarantaine de pays donateurs qui ont promis d’accueillir davantage de réfugiés, de leur offrir des possibilités d’éducation et d’emploi et d’accroître l’aide aux principaux pays d’accueil souvent débordés. Plus de la moitié de ces réfugiés vivent dans huit pays à faibles ou moyens revenus, comme la Jordanie, la Turquie, le Kenya ou l’Éthiopie.

    Le 19 septembre, l’OCDE – qui regroupe les pays industrialisés – a invité « les gouvernements à lutter contre le rejet de l’immigration », à l’occasion de la publication de ses « perspectives des migrations internationales ». Jean-Christophe Dumont, l’un des rédacteurs, suggère : « il faut dire aux gens qu’ils ne vont pas être submergés, expliquer quelles dynamiques la migration peut amener ». Certains l’ont compris, comme le Canada où « tout un effort est fait en amont dans les communautés pour anticiper l’accueil des migrants ». Il rejoint ainsi les propos de Monseigneur Robert Vitillo, membre de la délégation du Saint-Siège à la conférence d’hier sur les réfugiés. Pour ce dernier, le problème des réfugiés ne peut être résolu par les seuls gouvernements. Il nécessite « une approche de solidarité de la part de la société civile et des organisations religieuses ».

    L’Assemblée générale de l’ONU est un rendez-vous diplomatique annuel qui rassemble les dirigeants du monde entier à New York en septembre.

    Elle se tient sous très haute sécurité dans une ville qui a été le théâtre d’un attentat à la bombe le 17 septembre, non revendiqué, qui a fait 29 blessés.

    Chacun des 193 chefs d’État à la possibilité de s’exprimer brièvement à la tribune de l’ONU. Barack Obama s’est adressé pour la dernière fois à l’Assemblée. Michel Temer, le président brésilien, a  prononcé le premier discours du 20 septembre, juste avant lui.


    votre commentaire
  •  

    Le seuil des 300'000 réfugiés au Burundi a été dépassé, a dit vendredi à Genève le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR). Ces personnes sont parties principalement de cinq provinces. Même si leur nombre cette année n'atteint pas celui de 2015, le flux reste régulier. Plus de 20'000 personnes ont fui en juillet et août.Le HCR s'attend à ce que ce nombre continue d'augmenter dans les prochains mois. Le dispositif d'accueil des quatre pays voisins est «sérieusement débordé» et les conditions «restent désastreuses» pour de nombreux réfugiés. Le HCR demande à la communauté internationale d'étendre son soutien.


    votre commentaire
  • Au Kenya, le plus grand camp au monde pourrait fermer

    Le Kenya accueille sur son territoire 463 000 réfugiés somaliens dans le camp de Dadaab. Nairobi menace de le fermer, notamment pour des raisons de sécurité.

    De quand date ce camp de réfugiés ?

    Le Kenya affirme depuis un mois sa volonté de fermer d’ici à novembre le camp de réfugiés de Dadaab. Il accueille des Somaliens fuyant leur pays en guerre. Dadaab, situé à une centaine de kilomètres de la Somalie, a été construit en 1992, au lendemain de la chute du président somalien Siyad Barré et de la guerre civile qui a suivi. Il était prévu pour 90 000 personnes.

    Vingt ans plus tard, ils sont 463 000, selon le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), à s’entasser dans ce qui est devenu le plus grand camp de réfugiés du monde. « C’est un camp où il y a toujours eu des problèmes de sécurité. Deux de nos infirmières y ont été enlevées et ont passé deux années de captivité en Somalie avant d’être libérées », souligne Samuel Hanryon, de Médecins sans frontières (MSF).

    300 salariés travaillent sur place pour l’ONG qui gère un hôpital de 100 lits et deux centres de santé.

    Pourquoi le Kenya veut-il le fermer ?

    Le gouvernement kényan invoque des « intérêts de sécurité nationale » pour motiver la fermeture du camp. Il assure, sans en fournir la preuve jusqu’à présent, que c’est à Dadaab qu’avaient été planifiées les attaques meurtrières des islamistes somaliens, chebab, contre le centre commercial Westgate à Nairobi, en 2013, et contre l’université de Garissa, en 2015. Le président Uhuru Kenyatta avait menacé de fermer le camp au lendemain de l’attaque de Garissa, qui a fait 148 morts.

    La course pour la présidentielle de 2017 peut aussi expliquer cette décision. La sécurité sur le territoire kényan est l’une des priorités de la campagne électorale. « La rhétorique populiste anti-somaliens trouve un écho dans la population », explique Laetitia Bader de Human rights watch (HRW).

    Le voisin somalien n’est toujours pas en paix. Des troupes kényanes combattent en Somalie les chebabs. Un million de personnes serait déplacé à l’intérieur du pays et vivrait dans des conditions précaires. Malgré cela, le Kenya veut accélérer le programme de retour des Somaliens dans leur pays. En 2013, un accord a été conclu entre l’ONU et les gouvernements somalien et kényan pour soutenir les départs volontaires qui sont au nombre de seulement 12 000. Certains sont revenus depuis à Dadaab, car ils n’ont trouvé aucune structure éducative ou de santé dans leur pays d’origine.

    Les autorités de Nairobi peuvent vouloir fermer le camp également pour des motivations financières. « Cette annonce intervient juste après l’accord conclu entre l’Union européenne et la Turquie aux sujets des réfugiés syriens. Il a montré que les Européens étaient prêts à verser quelques milliards d’euros pour qu’un pays tiers retienne des réfugiés chez lui. Le Kenya a décidé aussi de demander de l’aide », remarque Laetitia Bader.

    Quelles peuvent être les conséquences de cette annonce ?

    Ce n’est pas la première fois que le Kenya menace de fermer Dadaab. La dernière c’était en avril 2015, les États-Unis avaient ensuite promis 45 millions de dollars (39 millions d’euros) pour appuyer les efforts de Nairobi.

    La Commission nationale kényane des droits de l’homme (KNCHR) a saisi lundi dernier la justice de son pays pour contester la fermeture annoncée par le gouvernement, ainsi que le renvoi de réfugiés somaliens dans leur pays. Cet organisme officiel, instauré par la Constitution kényane, estime notamment que cette fermeture violerait « divers instruments légaux nationaux, régionaux et internationaux protégeant les réfugiés ».


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique