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    Crimes de guerre et contre l'humanité en Centrafrique?

    Dans un rapport conjoint présenté mardi, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) et la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA) ont documenté les massacres de grande ampleur et autres violations graves des droits de l'homme survenues en République centrafricaine (RCA) entre 2003 et 2015.

    Le rapport souligne que beaucoup de ces violations qui ont eu lieu durant les multiples conflits successifs qu'a connu la RCA pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

    « Nous savons que la publication de ce rapport inquiète certaines personnes », a déclaré le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux droits de l'homme, Andrew Gilmour, actuellement en visite officielle en RCA. « Nous parlons de ceux qui ont commis certaines des violations les plus abominables, qui sont désormais conscients que leurs actions ont été observées et soigneusement documentées ».

    « Naturellement, ils craignent que la justice les rattrape », a ajouté M. Gilmour.

    Le rapport du HCDH et de la MINUSCA recense les graves violations du droit international relatif aux droits de l'homme et au droit international humanitaire commises par des forces gouvernementales successives et divers groupes armés locaux et étrangers, ainsi que par des forces de défense internationales et étrangères. Mandatée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, l'étude décrit en détail 620 incidents, dont des récits effroyables de villages entiers brûlés dans le cadre de campagnes de représailles; des récits de viols collectifs de femmes et de filles parfois âgées d'à peine cinq ans; des exécutions extrajudiciaires; des décès suite à des cas de torture ou de mauvais traitements dans des centres de détention; des violences graves contre les personnes en raison de leur religion, leur appartenance ethnique ou leur supposée affiliation à des groupes armés; le recrutement de milliers d'enfants par des groupes armés; et des attaques contre des acteurs humanitaires et des Casques bleus.

    « L'histoire de la République centrafricaine a été marquée par une pauvreté chronique, des tensions ethniques, une instabilité politique généralisée, la corruption et le népotisme – facteurs qui ont favorisé une succession de conflits armés », indique le rapport. « Après son indépendance, la République centrafricaine a été marquée par une succession de régimes autoritaires qui ont commis, toléré et n'ont pu empêcher d'importantes violations et abus ».

    L'instabilité régionale et les conflits internes dans les pays voisins ont alimenté les conditions précaires du pays, en particulier par la circulation d'armes et de groupes rebelles à travers ses frontières poreuses, ajoute le rapport.

    Le rapport « révèle les souffrances considérables de la population de ce pays riche en minéraux qui est parmi les plus pauvres au monde », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

    Bien qu'il reconnaisse que le contexte de sécurité soit difficile en RCA, le rapport détaille une stratégie visant à lutter contre l'impunité omniprésente et recommande l'adoption immédiate de certaines mesures pour initier les processus de justice transitionnelle.

    « Les conflits successifs ont engendré de multiples processus de paix, mais tant que l'impunité règne, ce terrible destin – dans lequel chaque groupe armé commet des actes de violence épouvantables – risque de perdurer », a déclaré le Représentant spécial de l'ONU en RCA et chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga. « En documentant les violations et les abus du passé, nous espérons dynamiser les efforts nationaux et internationaux pour protéger et rendre justice aux victimes de ces crimes ».

    De son côté, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué lundi que le regain de violence en RCA depuis le début du mois de mai a déplacé 88.000 personnes, dont 20.000 qui ont fui vers la République démocratique du Congo (RDC).


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  • Le terrifiant agenda de Himmler

    Publié par le quotidien «Bild», l’agenda de l’ex-dirigeant nazi Heinrich Himmler atteste d’une vie frénétique réglée à la seconde près, entre ordres d’exécutions et réunions familiales.

    Dîners, famille, discours et visites de camps de la mort: l’agenda de l’ex-dirigeant nazi Heinrich Himmler, publié tout au long de la semaine par le quotidien allemand Bild, détaille avec une précision glaçante le quotidien de l’un des principaux acteurs de l’Holocauste. Les notes dactylographiées, retrouvées en Russie en 2013, décrivent parfois au quart d’heure près l’activité frénétique de l’un des dirigeants les plus proches d’Adolf Hitler et organisateur de l’extermination des juifs.

    Une vie millimétrée

    Les documents «aident à mieux ordonner les événements et à comprendre qui a participé aux décisions du régime», explique  Matthias Uhl, chercheur à l’institut historique allemand de Moscou, qui travaille sur les documents. «Nous pouvons maintenant dire exactement avec quelle personne Himmler s’est entretenu chaque jour, où il était, et qui étaient ses plus proches conseillers.» «On est choqué par le besoin de Himmler de se mêler de chaque petit détail», atteste Matthias Uhl.

    Le 3 janvier 1943, Himmler se fait ainsi faire un massage thérapeutique, participe à des réunions, téléphone à sa femme et sa fille avant d’ordonner, vers minuit, la mort de plusieurs familles polonaises

    A travers les documents, on découvre un homme qui se montre proche de sa famille, tout en orchestrant l’horreur nazie. «Le nombre de contacts ainsi que les tentatives de Himmler de gagner en influence, grâce à la SS, sur les instances importantes du parti, de l’Etat et de l’armée sont impressionnants», commente encore Matthias Uhl. Le 3 janvier 1943, Himmler se fait ainsi faire un massage thérapeutique, participe à des réunions, téléphone à sa femme et sa fille avant d’ordonner, vers minuit, la mort de plusieurs familles polonaises.

    Combiner soif de pouvoir et vie de famille

    Selon «Bild», Himmler a rencontré plus de 1600 personnes entre 1943 et 1945. «Il essayait, au cours de la guerre, d’étendre son pouvoir», explique l’historien. Les secrétaires de Himmler notaient aussi ses visites très régulières de camps: le 10 mars 1938, au lendemain d’une visite à Dachau, Himmler se rend à Sachsenhausen, près de Berlin, avec le chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels. Le 12 février, il inspecte le camp d’extermination de Sobibor. «Himmler voulait avoir une démonstration de «l’efficacité» de l’extermination au gaz», détaille «Bild».

    Dans les extraits publiés par le quotidien, on retrouve aussi des aspects de sa vie privée. Comme le 3 mars 1943, lorsque, après une série de rendez-vous et de réunions, il achève sa journée en «regardant les étoiles» de 00h00 à 00h15. «L’homme qui a planifié l’Holocauste organisait sa vie privée avec obsession. Entre le gaz, les ordres d’exécutions et des milliers de rendez-vous, il s’occupait de sa famille, de sa maîtresse, de ses hobbies», relève «Bild».

    Les documents retrouvés dans les archives du Ministère russe de la défense couvrent les années 1938, 1943 et 1944. L’institut allemand compte en publier une version annotée fin 2017 ou début 2018. Les calendriers pour 1941 et 1942 avaient déjà été découverts en 1991 en Russie, où se trouvent plus de 2,5 millions de documents de la Wehrmacht.


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  • Reinhold Hanning: «J'ai honte d'avoir laissé cette injustice se produire et de ne rien avoir fait pour l'empêcher.»

    Reinhold Hanning, 94 ans, a été condamné vendredi 17 juin 2016 par la justice allemande à cinq ans de prison pour «complicité» dans la mort de 170'000 Juifs.

    L'ex-gardien du camp de concentration pourrait bien être le dernier condamné pour les crimes nazis.

    «L'accusé est condamné à cinq ans de prison pour sa complicité dans le meurtre de 170'000» personnes, a indiqué le tribunal de Detmold (ouest). «Il savait qu'à Auschwitz des gens innocents étaient assassinés quotidiennement dans des chambres à gaz», a ajouté la Cour.

    «J'ai honte d'avoir laissé cette injustice se produire et de ne rien avoir fait pour l'empêcher», avait déclaré l'ancien SS de 94 ans dans une confession lue à l'audience par ses avocats, rompant avec des décennies de silence.

    Reinhold Hanning est le 3e accusé d'une vague de procédures entamées avec la condamnation en 2011 de John Demjanjuk, ex-gardien de Sobibor, puis celle l'an dernier d'Oskar Gröning, ex-comptable d'Auschwitz, après des décennies de relative indulgence judiciaire. Deux autres gardiens du camp emblématique de la Shoah devaient comparaître cette année. Mais le procès du premier est suspendu aux experts médicaux, et le second est mort une semaine avant d'être jugé.

    Quelque 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, ont péri entre 1940 et 1945 à Auschwitz-Birkenau, alors situé en Pologne occupée, un camp libéré par les troupes soviétiques fin janvier 1945. Au total, six millions de Juifs ont été exterminés par les nazis.


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  • Un ancien garde d'Auschwitz jugé

    L'accusé de 94 ans doit répondre de complicité dans la mort de dizaines de milliers de personnes.

    Le procès de Reinhold Hanning, ancien gardien d'Auschwitz âgé de 94 ans, s'est ouvert jeudi à Detmold, dans l'ouest de l'Allemagne. L'accusé doit répondre de complicité dans la mort de 170'000 personnes.

    C'est le premier d'une série de quatre, qui pourraient être les dernières affaires judiciaires de l'Holocauste, vu l'âge des prévenus.

    Reinhold Hanning, qui est âgé de 94 ans, est arrivé au tribunal les yeux baissés. Les policiers étaient présents en nombre autour du bâtiment. Le procès a lieu à Detmold, en Rhénanie du Nord-Westphalie. L'audience ne devait durer que deux heures en raison de l'âge du prévenu.

    Reinhold Manning avait 20 ans en 1942 lorsqu'il a pris, en tant que Waffen SS, le poste de garde au camp d'extermination d'Auschwitz, situé en Pologne, où plus de 1,1 million de juifs ont été tués par les nazis.

    Deux autres hommes et une femme, tous âgés de plus de 90 ans, comparaîtront également devant la justice dans les mois à venir pour des faits similaires. Oskar Gröning, un ancien comptable du camp d'Auschwitz âgé de 94 ans, a été condamné en juillet à une peine de quatre ans de réclusion après avoir été reconnu coupable de complicité dans la mort de 300'000 personnes.

    Selon l'accusation, Reinhold Hanning s'est porté volontaire à l'âge de 18 ans pour rejoindre les rangs de la Waffen SS, la branche militaire du parti nazi. Il a pris part à des batailles sur le front est-européen au début de la Seconde guerre mondiale avant d'être transféré à Auschwitz en janvier 1942.

    Selon le Service central d'enquêtes sur les crimes nazis, basé à Ludwigsburg, Reinhold Hanning a servi comme garde à Auschwitz jusqu'à juin 1944 au moins. Tout en reconnaissant avoir été garde dans le camp, l'accusé a démenti avoir été impliqué dans les assassinats de masse.

    L'accusation estime pour sa part que le système d'extermination des juifs mis en place par les nazis dépendait pour partie de personnes comme Reinhold Hanning, soulignant que ce dernier avait, pour le moins, facilité les assassinats.

    Forme de justice

    L'ancien garde sera notamment confronté au récit de prisonniers, à l'instar d'Erna de Vries, déportée en 1943, à l'âge de 23 ans, à Auschwitz en même temps que sa mère. Comme son père était protestant, elle fut considérée comme une «métisse juive» et a pu échapper aux chambres à gaz.

    «J'ai survécu mais, à ce jour, je ne sais toujours pas exactement comment ma mère a été tuée. La dernière chose qu'elle m'a dite est : 'Tu survivras et tu raconteras ce qui nous est arrivé'», a-t-elle dit avant l'ouverture du procès. «Je ne suis pas animée par la haine, mais je ressens une forme de justice à voir cet homme, qui travaillait là-bas quand ma mère est morte, être l'objet d'un procès.»


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  • Le bras droit de Mladic est décédé

    Le général serbe bosnien Zdravko Tolimir est mort à 67 ans. Il avait été condamné pour le génocide de Srebrenica, en 1995.

    Le général serbe bosnien Zdravko Tolimir, reconnu coupable de génocide à Srebrenica en 1995 et condamné à perpétuité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, est décédé dans la prison de la cour internationale de La Haye. Le TPIY a confirmé sa mort.

    Bras droit de Ratko Mladic, chef militaire des Serbes de Bosnie à l'époque des faits, Zdravko Tolimir est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 67 ans, a déclaré le vice-Premier ministre serbe, Rasim Ljajic, cité par la télévision publique RTS.

    «Un médecin a été immédiatement appelé et les autorités néerlandaises ont commencé une enquête de routine, comme la loi le requiert», a ajouté le tribunal.

    Souffrant d'un cancer

    L'épouse du général a déclaré au quotidien serbe Kurir avoir appris sa mort dans la nuit. «Il a été malade, mais les idiots ne lui ont pas permis de venir ici et d'être soigné à la maison», a-t-elle dit.

    Le président d'une association d'anciens combattants serbes de Bosnie, Milomir Savcic, a lui aussi affirmé que Tolimir était «gravement malade» et «ne recevait certainement pas des soins médicaux adéquats, ce qui a davantage encore affecté sa santé, déjà mauvaise». Lors de son arrestation en 2007 à Bratunac, en Bosnie orientale, les médias locaux affirmaient déjà qu'il souffrait d'un cancer.

    L'ombre de Srebrenica

    Zdravko Tolimir a été condamné fin 2012, en première instance, à la perpétuité pour génocide, ainsi que pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, dont meurtre, extermination et persécution. Ce verdict a été confirmé en avril 2015, en appel.

    Le président de la Republika Srpska, entité des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik a déploré la disparition d'un «patriote», une «grande perte (...) pour tout le peuple serbe».

    En tant que chef du renseignement et de la sécurité au sein des forces militaires des Serbes de Bosnie (VRS), Zdravko Tolimir a été principalement condamné pour son rôle dans le massacre de Srebrenica commis en juillet 1995, peu de temps avant la fin de la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-1995).

    Entreprise criminelle

    Près de 8000 hommes et garçons musulmans avaient été tués par les forces serbes de Bosnie dans cette enclave de l'est de la Bosnie, en l'espace de quelques jours. Selon les juges, Zdravko Tolimir avait pris part à une «entreprise criminelle commune» dont le but était de faire de Srebrenica une zone serbe ethniquement pure.

    Né le 27 novembre 1948 à Glamoc (ouest de la Bosnie), il était l'un des sept commandants adjoints qui rendaient directement compte à Ratko Mladic, lui-même actuellement jugé par le TPIY. Au cours des négociations de paix à Dayton, aux Etats-Unis, qui ont mis un terme à la guerre en Bosnie, c'est Tolimir, sur insistance de Mladic, qui était l'unique officier de l'armée des Serbes de Bosnie présent.


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  • L'ancienne villa de Goebbels irrite Berlin

    La Ville de Berlin ne sait pas quoi faire de la maison de campagne de Joseph Goebbels.

    La maison du ministre de la Propagande du IIIe Reich est un fardeau pour son propriétaire, qui a peur qu'elle ne tombe «entre de mauvaises mains».

    Le lourd passé du lieu embarrasse le Fonds immobilier de Berlin (BIM) qui gère l'ensemble des bâtiments appartenant à la ville et qui, faute de vente, souhaite garder le contrôle sur la demeure via une location longue durée ou un contrat de gérance. «Je crains vraiment que cela devienne un lieu de pèlerinage pour les nazis et je ne pense pas que nous devons prendre ce risque», souligne la directrice générale du BIM, Birgit Möhring.

    L'édifice de plain-pied, perdu au milieu des forêts du Brandebourg, au bord du petit lac de Bogensee, était utilisé par le dignitaire nazi comme «maison de campagne», «un lieu de retraite loin du tumulte de la ville», Berlin se trouvant à 40 km, explique à l'AFP Christian Breitkreutz, responsable de la communication de ce Fonds. C'est la ville elle-même qui avait offert en 1936 le terrain et une première petite maison au ministre.

    Un défilé de stars et de maîtresses

    Séduit par l'endroit, il y fit construire une villa plus vaste, grâce aux généreux financements de l'UFA, la puissante société de production cinématographique sur laquelle il régnait en maître absolu. Le luxueux édifice en U abritait une salle de cinéma privée, de spacieux séjours avec vue sur le lac, où Goebbels recevait stars, personnalités et maîtresses.

    Aujourd'hui, les grandes baies vitrées, les boiseries, les marbres sont encore visibles et certaines pièces - la salle de bain et ce qui devait être une bibliothèque - sont restées dans leur état originel, souligne sur place Roberto Müller qui depuis 1984 y officie comme gardien. Mais la demeure, attaquée par l'humidité et le froid mordant dans cet endroit isolé, commence sérieusement à se délabrer, faute d'utilisation.

    Le Fonds immobilier de Berlin a plusieurs fois cherché ces dernières années à vendre l'édifice. Une dernière tentative, via un appel d'offres, s'est soldée par un échec en décembre, car aucune proposition n'a été faite, selon Mme Möhring qui a désormais définitivement renoncé.

    Laissée à l'abandon

    La «villa Goebbels» est d'autant plus encombrante qu'elle vient empêcher toute nouvelle utilisation d'un autre vestige local de l'histoire tumultueuse de l'Allemagne: un vaste complexe érigé après guerre par les autorités de la RDA, sur le périmètre duquel se trouve la maison.

    Au milieu de la forêt, ces bâtiments construits dans le style stalinien du début des années 50 abritaient le centre de formation des cadres de la Jeunesse allemande libre (FDJ, l'organisation de jeunesse du parti communiste est-allemand SED). Y séjournaient également leurs homologues des partis frères du Vietnam, de Cuba, d'Afrique et d'Europe.

    A l'époque, la «villa Goebbels» faisait office notamment de supermarché pour les étudiants et de crèche, rappelle M. Müller. Au total, les quatre principaux bâtiments construits après guerre représentent quelque 1400 m2 de chambres, de salles de conférence, d'espaces d'accueil et de réception qui, aujourd'hui laissés à l'abandon, subissent l'inexorable dégradation du temps.

    «A l'heure actuelle, il n'y a pas de chauffage, pas d'eau courante, il y a d'importants dégâts sur les façades, les toits sont pour partie en ruine, et à l'intérieur, il y a également beaucoup à faire», estime Mme Möhring qui évoque «des coûts (de réhabilitation) forcément considérables».

    Destruction pure et simple?

    La directrice générale du BIM pense cependant qu'un avenir existe pour ce village fantôme qui n'est utilisé que pour de rares tournages de films. «Ce qui nous intéresse vraiment, c'est que quelqu'un arrive avec un concept intelligent pour reprendre (en location ou en gérance) ces lieux chargés d'histoire», poursuit Mme Möhring, évoquant un centre de formation continue ou une structure hôtelière. Des contacts avec des investisseurs existeraient.

    Reste le problème de la «villa Goebbels» qui, comme les quatre bâtiments principaux de l'université communiste, est classée monument historique. Pour en finir avec le fardeau qu'elle représente, M. Möhring souhaiterait parvenir à lui retirer ce statut. «Je suis quelqu'un qui défend absolument l'importance que représente dans cette ville la possibilité de ressentir toujours et encore la présence de l'Histoire, dit-elle. Mais à mon avis, il faut aussi se demander s'il est judicieux de maintenir certains bâtiments sous le statut de monument historique...»

    Si la protection dont la villa bénéficie est levée, Mme Möhring entend lui réserver un sort des plus radicaux: une destruction pure et simple.

     


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  • Israël dévoile une lettre inédite du nazi Eichmann

    Adolf Eichmann dans sa cellule en Israël, le 15 avril 1961.

    Cette demande de grâce de la part du nazi a été écrite 2 jours avant son exécution.

    Le président israélien Reuven Rivlin a rendu public mercredi 27 janvier 2016 des documents n'ayant jamais encore été diffusés, dont une lettre manuscrite de demande de grâce du criminel nazi Adolf Eichmann juste avant son exécution.

    Selon son bureau, la lettre contenant cette demande, qui avait alors été faite auprès du président Yitzhak Ben-Zvi, sera présentée lors d'une cérémonie à la résidence officielle de Reuven Rivlin à Jérusalem pour marquer la Journée internationale à la mémoire des victimes de l'holocauste.

    Eichmann avait été capturé en Argentine en 1960 par des agents du Mossad, le service de renseignement israélien, et exfiltré vers Israël où il avait été jugé et condamné à mort en 1961.

    «Solution finale»

    Dans sa lettre, il estime que le tribunal israélien chargé de le juger a exagéré son rôle dans l'organisation de la logistique de la «solution finale» d'Adolf Hitler, le plan d'extermination des juifs d'Europe, dont six millions ont péri.

    «On doit distinguer les chefs responsables des personnes comme moi qui ont été forcées de servir comme de simples instruments entre leurs mains», déclare Eichmann dans cette lettre, dont le bureau de Reuven Rivlin a cité des passages. «Je n'étais pas un chef responsable, et je ne me sens ainsi pas coupable», ajoute-t-il.

    «Je ne peux pas reconnaître le jugement de la cour comme juste et je vous demande, (...) monsieur le président, que vous exerciez votre droit à accorder une grâce, et que vous ordonniez que la peine de mort ne soit pas appliquée». La lettre est signée d'Adolf Eichmann et datée du 29 mai 1962 à Jérusalem. Le nazi a été exécuté deux jours plus tard.

     


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    Le pardon tardif de Mitsubishi aux prisonniers de guerre américains

    Le grand groupe japonais a présenté le dimanche 19 juillet 2015 ses excuses aux prisonniers américains que Tokyo avait forcé à travailler dans les mines d’étain du géant industriel, lors de la Seconde guerre mondiale.

    Il aura fallu attendre 70 ans pour James Murphy. Aujourd’hui âgé de 94 ans, cet ancien prisonnier de guerre américain avait été contraint de travailler dans les mines d’étain de la compagnie japonaise Mitsubishi durant la guerre.

    Dimanche 19 juillet, le groupe japonais Mitsubishi Materials a présenté ses excuses aux quelques ex-prisonniers de guerre américains survivants aujourd’hui, forcés de travailler dans les mines du géant industriel pendant la Seconde Guerre mondiale. Un geste historique qui intervient 70 ans après le conflit.

    Des « excuses pleines de remords »

    Hikaru Kimura, un responsable de la compagnie a adressé des « excuses pleines de remords » à James Murphy, l’un des rares prisonniers américains forcés à travailler au Japon encore vivant.

    Seulement deux survivants parmi ces anciens prisonniers de guerre ont pu être retrouvés et un seul, James Murphy, était en suffisamment bonne santé pour se rendre à Los Angeles. Il a accepté ces excuses « sincères et humbles ».

    « Depuis que la guerre s’est achevée il y a 70 ans, les prisonniers de guerre ayant travaillé pour ces compagnies japonaises ont demandé quelque chose de très simple, ils ont demandé des excuses », a déclaré James Murphy lors de cette cérémonie au Centre Simon Wiesenthal à Los Angeles, dédié à la mémoire de l’Holocauste.

    « Nous espérons que la bienveillance de Mitsubishi s’étende maintenant à toutes les autres mines et usines qui ont employé des prisonniers de guerre américains contre leur gré. »

    Un « esclavage et une horreur totale »

    Mitsubishi est la première société japonaise à accomplir une telle démarche. Plusieurs autres grandes compagnies japonaises ont employé des milliers de prisonniers de guerre ou de la main-d’œuvre forcée, surtout des Chinois et des Coréens.

    Le gouvernement japonais avait pour sa part attendu septembre 2010 pour présenter ses excuses à d’anciens prisonniers de guerre américains pour les « traitements inhumains » endurés.

    James Murphy a déclaré à la chaîne anglaise BBC que les conditions de travail dans les mines, où il a travaillé un an, ont été « un esclavage de tous les instants », « une horreur totale », « pas de nourriture, pas de médicaments, pas de vêtements ni d’hygiène », ajoutant que le pire était de savoir que Mitsubishi construisait des avions utilisés contre les forces américaines.

    Hikaru Kimura et d’autres représentants de l’entreprise ont rencontré James Murphy et des proches d’anciens détenus afin de « leur adresser nos excuses pleines de remords pour les avoir soumis au travail forcé durant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’ils ont travaillé dans des mines exploitées par Mitsubishi », a-t-il dit.

    S’exprimant par le biais d’un interprète, il a indiqué que près de 900 prisonniers avaient été forcés de travailler dans quatre mines exploitées par la compagnie au Japon.

    James Murphy voulait simplement des excuses, pas d’argent

    Le gouvernement japonais s’est félicité de ce geste à quelques semaines du 70e anniversaire de la fin de la guerre, le 15 août 2016. Quant à Abraham Cooper, vice-président du Centre Simon Wiesenthal, il a « espéré que ce geste poussera d’autres compagnies japonaises à faire de même ».

    James Murphy a déclaré avoir pardonné depuis longtemps aux Japonais mais il demandait des excuses pour cette « terrible épreuve ». Aucune compensation financière n’a été offerte par Mitsubushi, mais pour James Murphy les excuses étaient primordiales.

    « Les conditions de travail étaient très dures et les prisonniers ont été soumis à rude épreuve », a reconnu Hikaru Kimura, promettant de ne jamais laisser une telle chose se reproduire.

    « En tant que société ayant succédé à Mitsubishi Mining, nous ne pouvons que ressentir un profond sentiment de responsabilité éthique pour cette tragédie du passé », a-t-il ajouté, sans préciser pourquoi ses excuses interviennent aussi longtemps après la fin de la guerre et pourquoi cette année précisément.


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  • Quatre ans de prison pour l'ancien comptable d'Auschwitz

     

    Jugé par la justice allemande, l'ancien comptable d'Auschwitz, âgé de 94 ans, a écopé mercredi 15 juillet de quatre ans de prison pour «complicité» dans le meurtre de 300'000 juifs.

    Oskar Gröning, l'ancien comptable d'Auschwitz âgé de 94 ans, a été condamné ce mercredi 15 juillet en Allemagne à quatre ans de prison pour «complicité» dans le meurtre de 300'000 juifs. Cette condamnation met fin à ce qui pourrait être le dernier procès nazi.

    La peine prononcée par le tribunal de Lunebourg, devant lequel M. Gröning comparaissait depuis le 21 avril, est légèrement supérieure aux trois ans et demi d'emprisonnement requise le 7 juillet par le parquet.

    Pendant le procès, le procureur avait mis en balance «la contribution mineure» de l'accusé et «le nombre presque inimaginable de victimes» pour déterminer ses réquisitions. «Nous sommes confrontés ici à un événement qui se situe aux limites de l'imagination humaine», avait insisté le représentant de l'accusation.

    Oskar Gröning était jugé pour son rôle dans «l'opération Hongrie» du printemps 1944, avec la mise à mort d'au moins 300'000 juifs hongrois dès leur arrivée à Auschwitz.

    L'accusation reprochait à Oskar Gröning d'avoir «aidé le régime nazi à tirer des bénéfices économiques des meurtres de masse», en envoyant l'argent des déportés à Berlin, et surtout d'avoir assisté à la «sélection» séparant, à l'entrée du camp, les déportés jugés aptes au travail de ceux qui étaient immédiatement tués.

    Oskar Gröning, qui avait spontanément raconté son passé nazi dans des interviews avant d'être rattrapé par la justice, avait affirmé dès le premier jour de son procès qu'il assumait une «faute morale».


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  • Plus de 3 ans de prison requis contre l'ex-comptable d'Auschwitz

    Trois ans et demi de prison ont été requis mardi 7 juillet 2015contre Oskar Gröning, 94 ans, jugé en Allemagne pour «complicité» dans l'extermination de 300'000 Juifs hongrois.

    Oskar Gröning, 94 ans, est jugé dans le nord de l'Allemagne pour «complicité» dans l'extermination de 300'000 Juifs hongrois. Il pourrait écoper de trois ans et demi de prison. C'est ce qui a été requis à son encontre.

    Le procureur de Hanovre, Jens Lehmann, a mis en balance «la contribution mineure» de l'accusé et «le nombre presque inimaginable de victimes» pour déterminer ses réquisitions, dans ce qui pourrait être le dernier procès d'un ancien nazi.


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