•  Crimes contre l'humanité: six Argentins condamnés

    7 prévenus ont été acquittés, et 10 condamnés, dont 6 militaires à perpétuité pour les 266 cas de crimes contre l'humanité jugés à Tucuman.

    Six anciens militaires argentins ont été condamnés vendredi 15 septembre 2017à la réclusion à perpétuité pour crimes contre l'humanité par le tribunal de Tucuman, dans le nord du pays. Cette région a été le théâtre d'une répression violente par les militaires de 1975 à 1983.

    Parmi les onze autres prévenus dans ce dossier, sept ont été acquittés et quatre ont écopé de peines de 4 à 18 ans de prison, au terme du procès de 15 mois sur 266 cas de crimes contre l'humanité.

    Le jugement a été accueilli par des vivats parmi la centaine de militants et proches de victimes réunis devant le tribunal. Les plaignants incluaient notamment six femmes, enceintes au moment de la répression et dont les enfants sont encore recherchés par l'organisation des Grands-mères de la place de Mai.

    Un cas exceptionnel

    L'ordre de mener une répression via l'envoi de troupes dans cette région avait été donné par l'ancienne présidente Isabel Peron (1974-1976), avant même le début de la dictature (1976-1983).

    «C'est un cas unique en Argentine, avec une occupation militaire au sein même du pays, car l'armée s'est installée dans le sud de la province de Tucuman comme s'il s'agissait d'une occupation dans une nation étrangère», a expliqué le procureur en charge du dossier, Pablo Camuña.

    Dans cette région, les militaires ont réalisé «des recensements, un contrôle du territoire, une intervention absolue sur la vie sociale de chaque village, avec des bases et des centres clandestins répartis dans toute la province de Tucuman», a-t-il ajouté.

    Terrorisme d'Etat

    Lors du procès, où sont intervenus plus de 400 témoins, «on a pu reconstruire les lignes principales du premier chapitre du plan systématique de persécution et d'extermination de la population et le premier cas de terrorisme d'Etat de notre Histoire», selon les termes du procureur.

    Les avocats qui défendaient les militaires ont argué du décret présidentiel évoquant «l'anéantissement d'éléments subversifs» comme justification de cette opération. Des milliers de personnes ont disparu, ont été persécutées ou forcées à l'exil lors de celle-ci. A l'époque, Tucuman s'était fait remarquer par la présence de plusieurs organisations armées de gauche, qui ont été démantelées au cours de l'opération militaire, en visant principalement les dirigeants ouvriers et les étudiants.

    L'Argentine a souffert d'une dictature parmi les plus violentes d'Amérique latine, avec 30'000 disparus selon les organisations de défense des droits humains.  


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  • Allemagne : arrêt des poursuites contre un ex-infirmier d'Auschwitz

    La justice allemande a clos les poursuites contre Hubert Zafke, un ancien infirmier du camp d'Auschwitz, car il n'est plus "apte à comparaître".

    La justice allemande a annoncé mardi 12 septembre 2017 clore les poursuites contre un ancien infirmier du camp d'extermination d'Auschwitz, Hubert Zafke, 96 ans, celui-ci n'étant plus "apte à comparaître", mettant fin à un long imbroglio judiciaire.

    Les familles de victimes, qui s'étaient constituées partie civile, ont qualifié la décision de nouvelle "blessure".

    Le tribunal de Neubrandenbourg (est) a annoncé la fin des procédures après la présentation fin août d'un nouveau rapport d'experts psychiatres qui estimait que le nonagénaire ne pouvait être jugé.

    "Du fait de sa démence, il n'est plus en état de suivre les audiences, de comprendre la procédure (...) et de se défendre de manière efficace", explique la cour dans un communiqué.

    Les familles des victimes "espéraient que les procédures donneraient lieu à une forme de justice tardive", a écrit dans un communiqué Thomas Walter, l'avocat des deux fils d'une femme tuée à Auschwitz. 

    L'arrêt des poursuites est une "nouvelle blessure infligée par la justice allemande et elle ne guérira pas, comme celles infligées il y a plus de sept décennies par des SS comme Zafke". 

    Hubert Zafke était accusé de "complicité" dans l'extermination d'au moins 3681 Juifs gazés dès leur arrivée dans le camp emblématique de la Shoah, entre le 15 août et 14 septembre 1944.

    Sur la période visée par l'accusation, 14 convois de déportés sont arrivés à Auschwitz. Dans l'un d'eux se trouvaient Anne Frank, auteur du célèbre journal, ses parents et sa sœur aînée. La mère de l'adolescente née en Allemagne est morte d'épuisement à Auschwitz. Les deux sœurs ont succombé à Bergen-Belsen début 1945.

    Le procès de M. Zafke s'était ouvert en février 2016 devant le tribunal de Neubrandenbourg mais s'était rapidement enlisé, miné par des batailles de procédure et d'experts sur la santé de l'accusé et de requêtes en récusation visant le tribunal.

    En octobre 2016, la justice avait finalement demandé que le procès redémarre à zéro.

    Hubert Zafke était le quatrième accusé d'une vague de procès tardifs du nazisme, après John Demjanjuk, Oskar Gröning et Reinhold Hanning, tous condamnés dans une ambiance solennelle face à des salles combles.

    Engagé à 19 ans dans la Waffen SS, il avait combattu sur le front de l'Est, avant de servir dans les camps de Neuengamme et Auschwitz, auprès des médecins chargés de "sélectionner" les déportés envoyés à la mort.

    Hubert Zafke avait été déjà condamné en 1948 à quatre ans de prison par un tribunal polonais pour ses activités à Auschwitz et pour son appartenance à la Waffen-SS.


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  • La détention d'Ousman Sonko est prolongée

    Le Tribunal fédéral (TF) rejette le recours de l'ancien ministre gambien de l'intérieur, à qui il est reproché d'avoir commis des crimes contre l'humanité.

    Sur la base de l'enquête menée jusqu'à ce jour, le Tribunal pénal fédéral pouvait à juste titre admettre l'existence de soupçons suffisants de crimes contre l'humanité, indique Mon Repos. Ousman Sonko se voit reprocher des actes de torture, qui constitueraient des crimes contre l'humanité s'ils ont été commis dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique contre la population civile.

    Pour admettre l'existence d'un soupçon suffisant, poursuit Mon Repos, le TPF s'est fondé sur deux rapports indépendants de rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur la torture et sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires en Gambie. Contrairement à ce qu'affirme Ousman Sonko, le rapport sur la torture n'a pas été examiné de manière unilatérale ou partiale.

    Durée de détention proportionnée

    Sous la présidence de Yayiah Jammeh, les autorités pénales et les forces de sécurité se livraient impunément à des violations des droits de l'homme, en particulier des actes de torture, systématiquement pratiqués en début de la détention provisoire. Compte tenu du stade de la procédure et de la dimension internationale de l'enquête, on ne saurait exiger que les actes reprochés à Ousman Sonko soient précisés dans le détail.

    Par ailleurs, souligne le TF dans un communiqué diffusé jeudi 31 août 2017, la détention provisoire apparaît proportionnée du point de vue de sa durée. Requérant d'asile, Ousman Sonko a été interpellé à Lyss (BE) le 28 janvier dernier, après une dénonciation de Trial International, ONG établie à Genève.

    Nouvelle prolongation lancée

    Le 21 avril 2017, le Ministère public de la Confédération a demandé la prolongation de la détention provisoire jusqu'au 25 juillet 2017. Entretemps, une nouvelle prolongation a été accordée jusqu'au 25 octobre prochain. Elle ne fait pas l'objet de la présente procédure, précise le communiqué du TF.

    Ousman Sonko a été ministre de l'intérieur de la République de Gambie de 2006 à 2016, sous le régime du président Yahya Jammeh. Il a aussi été chef de la police et commandant de la garde présidentielle en 2003. (arrêt 1B_271/2017 du 16 août 2017)


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  • Vers la fin des poursuites contre un ancien nazi

    L'ancien infirmier d'Auschwitz, âgé de 96 ans, pourrait ne plus être poursuivi pour des raisons de santé.

    Le parquet de Schwerin dans le nord-est de l'Allemagne a requis jeudi l'arrêt des poursuites pour des raisons de santé contre un ancien infirmier du camp d'extermination d'Auschwitz, Hubert Zafke, dont le procès s'était embourbé et devait repartir de zéro.

    Selon les experts psychiatres qui ont examiné le nonagénaire, ce dernier «n'est pas apte à comparaître» devant un tribunal, a indiqué dans le Parquet en charge de l'accusation, dans un communiqué.

    Hubert Zafke était poursuivi pour «complicité» dans l'extermination d'au moins 3.681 Juifs gazés dès leur arrivée dans le camp emblématique de la Shoah, entre le 15 août et 14 septembre 1944.

    Sur la période visée par l'accusation, 14 convois de déportés sont arrivés à Auschwitz. Dans l'un d'eux se trouvaient Anne Frank, auteur du célèbre journal, ses parents et sa soeur aînée. La mère de l'adolescente née en Allemagne est morte d'épuisement à Auschwitz. Les deux soeurs ont succombé à Bergen-Belsen début 1945.

    Le procès de l'infirmier s'était ouvert en février 2016 devant le tribunal de Neubrandenbourg (est) mais s'était rapidement enlisé. Les audiences étaient devenues le théâtre de batailles de procédure et d'experts sur la santé de l'accusé et de requêtes en récusation visant le tribunal.

    En octobre 2016, la justice avait même demandé à ce que le procès redémarre au point de départ.

    Engagé à 19 ans dans la Waffen SS

    Depuis, les expertises menées sur l'accusé ont montré que «la démence constatée en octobre 2015 chez (lui), et qui à l'époque ne lui permettait d'assister aux audiences que de façon limitée, a entretemps atteint un degré qui ne lui permet plus (...) de défendre ses intérêts» ni de suivre le cours des débats, indique le Parquet de Schwerin dans son communiqué.

    Face à ces conclusions, le Parquet est légalement tenu de demander la clôture de la procédure, précise le communiqué.

    Le tribunal de Neubrandenbourg doit maintenant trancher mais sa décision ne fait guère de doute : la juridiction va «rapidement» clore la procédure, a indiqué à l'AFP un porte-parole du tribunal.

    Engagé à 19 ans dans la Waffen SS, Hubert Zafke a combattu sur le front de l'Est, avant de servir dans les camps de Neuengamme et Auschwitz, auprès des médecins chargés de «sélectionner» les déportés envoyés à la mort.

    Hubert Zafke était le quatrième accusé d'une vague de procès tardifs du nazisme, après John Demjanjuk, Oskar Gröning et Reinhold Hanning, tous condamnés dans une ambiance solennelle face à des salles combles.


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    Crimes de guerre et contre l'humanité en Centrafrique?

    Dans un rapport conjoint présenté mardi, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) et la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA) ont documenté les massacres de grande ampleur et autres violations graves des droits de l'homme survenues en République centrafricaine (RCA) entre 2003 et 2015.

    Le rapport souligne que beaucoup de ces violations qui ont eu lieu durant les multiples conflits successifs qu'a connu la RCA pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

    « Nous savons que la publication de ce rapport inquiète certaines personnes », a déclaré le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux droits de l'homme, Andrew Gilmour, actuellement en visite officielle en RCA. « Nous parlons de ceux qui ont commis certaines des violations les plus abominables, qui sont désormais conscients que leurs actions ont été observées et soigneusement documentées ».

    « Naturellement, ils craignent que la justice les rattrape », a ajouté M. Gilmour.

    Le rapport du HCDH et de la MINUSCA recense les graves violations du droit international relatif aux droits de l'homme et au droit international humanitaire commises par des forces gouvernementales successives et divers groupes armés locaux et étrangers, ainsi que par des forces de défense internationales et étrangères. Mandatée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, l'étude décrit en détail 620 incidents, dont des récits effroyables de villages entiers brûlés dans le cadre de campagnes de représailles; des récits de viols collectifs de femmes et de filles parfois âgées d'à peine cinq ans; des exécutions extrajudiciaires; des décès suite à des cas de torture ou de mauvais traitements dans des centres de détention; des violences graves contre les personnes en raison de leur religion, leur appartenance ethnique ou leur supposée affiliation à des groupes armés; le recrutement de milliers d'enfants par des groupes armés; et des attaques contre des acteurs humanitaires et des Casques bleus.

    « L'histoire de la République centrafricaine a été marquée par une pauvreté chronique, des tensions ethniques, une instabilité politique généralisée, la corruption et le népotisme – facteurs qui ont favorisé une succession de conflits armés », indique le rapport. « Après son indépendance, la République centrafricaine a été marquée par une succession de régimes autoritaires qui ont commis, toléré et n'ont pu empêcher d'importantes violations et abus ».

    L'instabilité régionale et les conflits internes dans les pays voisins ont alimenté les conditions précaires du pays, en particulier par la circulation d'armes et de groupes rebelles à travers ses frontières poreuses, ajoute le rapport.

    Le rapport « révèle les souffrances considérables de la population de ce pays riche en minéraux qui est parmi les plus pauvres au monde », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

    Bien qu'il reconnaisse que le contexte de sécurité soit difficile en RCA, le rapport détaille une stratégie visant à lutter contre l'impunité omniprésente et recommande l'adoption immédiate de certaines mesures pour initier les processus de justice transitionnelle.

    « Les conflits successifs ont engendré de multiples processus de paix, mais tant que l'impunité règne, ce terrible destin – dans lequel chaque groupe armé commet des actes de violence épouvantables – risque de perdurer », a déclaré le Représentant spécial de l'ONU en RCA et chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga. « En documentant les violations et les abus du passé, nous espérons dynamiser les efforts nationaux et internationaux pour protéger et rendre justice aux victimes de ces crimes ».

    De son côté, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué lundi que le regain de violence en RCA depuis le début du mois de mai a déplacé 88.000 personnes, dont 20.000 qui ont fui vers la République démocratique du Congo (RDC).


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  • Le terrifiant agenda de Himmler

    Publié par le quotidien «Bild», l’agenda de l’ex-dirigeant nazi Heinrich Himmler atteste d’une vie frénétique réglée à la seconde près, entre ordres d’exécutions et réunions familiales.

    Dîners, famille, discours et visites de camps de la mort: l’agenda de l’ex-dirigeant nazi Heinrich Himmler, publié tout au long de la semaine par le quotidien allemand Bild, détaille avec une précision glaçante le quotidien de l’un des principaux acteurs de l’Holocauste. Les notes dactylographiées, retrouvées en Russie en 2013, décrivent parfois au quart d’heure près l’activité frénétique de l’un des dirigeants les plus proches d’Adolf Hitler et organisateur de l’extermination des juifs.

    Une vie millimétrée

    Les documents «aident à mieux ordonner les événements et à comprendre qui a participé aux décisions du régime», explique  Matthias Uhl, chercheur à l’institut historique allemand de Moscou, qui travaille sur les documents. «Nous pouvons maintenant dire exactement avec quelle personne Himmler s’est entretenu chaque jour, où il était, et qui étaient ses plus proches conseillers.» «On est choqué par le besoin de Himmler de se mêler de chaque petit détail», atteste Matthias Uhl.

    Le 3 janvier 1943, Himmler se fait ainsi faire un massage thérapeutique, participe à des réunions, téléphone à sa femme et sa fille avant d’ordonner, vers minuit, la mort de plusieurs familles polonaises

    A travers les documents, on découvre un homme qui se montre proche de sa famille, tout en orchestrant l’horreur nazie. «Le nombre de contacts ainsi que les tentatives de Himmler de gagner en influence, grâce à la SS, sur les instances importantes du parti, de l’Etat et de l’armée sont impressionnants», commente encore Matthias Uhl. Le 3 janvier 1943, Himmler se fait ainsi faire un massage thérapeutique, participe à des réunions, téléphone à sa femme et sa fille avant d’ordonner, vers minuit, la mort de plusieurs familles polonaises.

    Combiner soif de pouvoir et vie de famille

    Selon «Bild», Himmler a rencontré plus de 1600 personnes entre 1943 et 1945. «Il essayait, au cours de la guerre, d’étendre son pouvoir», explique l’historien. Les secrétaires de Himmler notaient aussi ses visites très régulières de camps: le 10 mars 1938, au lendemain d’une visite à Dachau, Himmler se rend à Sachsenhausen, près de Berlin, avec le chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels. Le 12 février, il inspecte le camp d’extermination de Sobibor. «Himmler voulait avoir une démonstration de «l’efficacité» de l’extermination au gaz», détaille «Bild».

    Dans les extraits publiés par le quotidien, on retrouve aussi des aspects de sa vie privée. Comme le 3 mars 1943, lorsque, après une série de rendez-vous et de réunions, il achève sa journée en «regardant les étoiles» de 00h00 à 00h15. «L’homme qui a planifié l’Holocauste organisait sa vie privée avec obsession. Entre le gaz, les ordres d’exécutions et des milliers de rendez-vous, il s’occupait de sa famille, de sa maîtresse, de ses hobbies», relève «Bild».

    Les documents retrouvés dans les archives du Ministère russe de la défense couvrent les années 1938, 1943 et 1944. L’institut allemand compte en publier une version annotée fin 2017 ou début 2018. Les calendriers pour 1941 et 1942 avaient déjà été découverts en 1991 en Russie, où se trouvent plus de 2,5 millions de documents de la Wehrmacht.


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  • Reinhold Hanning: «J'ai honte d'avoir laissé cette injustice se produire et de ne rien avoir fait pour l'empêcher.»

    Reinhold Hanning, 94 ans, a été condamné vendredi 17 juin 2016 par la justice allemande à cinq ans de prison pour «complicité» dans la mort de 170'000 Juifs.

    L'ex-gardien du camp de concentration pourrait bien être le dernier condamné pour les crimes nazis.

    «L'accusé est condamné à cinq ans de prison pour sa complicité dans le meurtre de 170'000» personnes, a indiqué le tribunal de Detmold (ouest). «Il savait qu'à Auschwitz des gens innocents étaient assassinés quotidiennement dans des chambres à gaz», a ajouté la Cour.

    «J'ai honte d'avoir laissé cette injustice se produire et de ne rien avoir fait pour l'empêcher», avait déclaré l'ancien SS de 94 ans dans une confession lue à l'audience par ses avocats, rompant avec des décennies de silence.

    Reinhold Hanning est le 3e accusé d'une vague de procédures entamées avec la condamnation en 2011 de John Demjanjuk, ex-gardien de Sobibor, puis celle l'an dernier d'Oskar Gröning, ex-comptable d'Auschwitz, après des décennies de relative indulgence judiciaire. Deux autres gardiens du camp emblématique de la Shoah devaient comparaître cette année. Mais le procès du premier est suspendu aux experts médicaux, et le second est mort une semaine avant d'être jugé.

    Quelque 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, ont péri entre 1940 et 1945 à Auschwitz-Birkenau, alors situé en Pologne occupée, un camp libéré par les troupes soviétiques fin janvier 1945. Au total, six millions de Juifs ont été exterminés par les nazis.


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  • Un ancien garde d'Auschwitz jugé

    L'accusé de 94 ans doit répondre de complicité dans la mort de dizaines de milliers de personnes.

    Le procès de Reinhold Hanning, ancien gardien d'Auschwitz âgé de 94 ans, s'est ouvert jeudi à Detmold, dans l'ouest de l'Allemagne. L'accusé doit répondre de complicité dans la mort de 170'000 personnes.

    C'est le premier d'une série de quatre, qui pourraient être les dernières affaires judiciaires de l'Holocauste, vu l'âge des prévenus.

    Reinhold Hanning, qui est âgé de 94 ans, est arrivé au tribunal les yeux baissés. Les policiers étaient présents en nombre autour du bâtiment. Le procès a lieu à Detmold, en Rhénanie du Nord-Westphalie. L'audience ne devait durer que deux heures en raison de l'âge du prévenu.

    Reinhold Manning avait 20 ans en 1942 lorsqu'il a pris, en tant que Waffen SS, le poste de garde au camp d'extermination d'Auschwitz, situé en Pologne, où plus de 1,1 million de juifs ont été tués par les nazis.

    Deux autres hommes et une femme, tous âgés de plus de 90 ans, comparaîtront également devant la justice dans les mois à venir pour des faits similaires. Oskar Gröning, un ancien comptable du camp d'Auschwitz âgé de 94 ans, a été condamné en juillet à une peine de quatre ans de réclusion après avoir été reconnu coupable de complicité dans la mort de 300'000 personnes.

    Selon l'accusation, Reinhold Hanning s'est porté volontaire à l'âge de 18 ans pour rejoindre les rangs de la Waffen SS, la branche militaire du parti nazi. Il a pris part à des batailles sur le front est-européen au début de la Seconde guerre mondiale avant d'être transféré à Auschwitz en janvier 1942.

    Selon le Service central d'enquêtes sur les crimes nazis, basé à Ludwigsburg, Reinhold Hanning a servi comme garde à Auschwitz jusqu'à juin 1944 au moins. Tout en reconnaissant avoir été garde dans le camp, l'accusé a démenti avoir été impliqué dans les assassinats de masse.

    L'accusation estime pour sa part que le système d'extermination des juifs mis en place par les nazis dépendait pour partie de personnes comme Reinhold Hanning, soulignant que ce dernier avait, pour le moins, facilité les assassinats.

    Forme de justice

    L'ancien garde sera notamment confronté au récit de prisonniers, à l'instar d'Erna de Vries, déportée en 1943, à l'âge de 23 ans, à Auschwitz en même temps que sa mère. Comme son père était protestant, elle fut considérée comme une «métisse juive» et a pu échapper aux chambres à gaz.

    «J'ai survécu mais, à ce jour, je ne sais toujours pas exactement comment ma mère a été tuée. La dernière chose qu'elle m'a dite est : 'Tu survivras et tu raconteras ce qui nous est arrivé'», a-t-elle dit avant l'ouverture du procès. «Je ne suis pas animée par la haine, mais je ressens une forme de justice à voir cet homme, qui travaillait là-bas quand ma mère est morte, être l'objet d'un procès.»


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  • Le bras droit de Mladic est décédé

    Le général serbe bosnien Zdravko Tolimir est mort à 67 ans. Il avait été condamné pour le génocide de Srebrenica, en 1995.

    Le général serbe bosnien Zdravko Tolimir, reconnu coupable de génocide à Srebrenica en 1995 et condamné à perpétuité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, est décédé dans la prison de la cour internationale de La Haye. Le TPIY a confirmé sa mort.

    Bras droit de Ratko Mladic, chef militaire des Serbes de Bosnie à l'époque des faits, Zdravko Tolimir est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 67 ans, a déclaré le vice-Premier ministre serbe, Rasim Ljajic, cité par la télévision publique RTS.

    «Un médecin a été immédiatement appelé et les autorités néerlandaises ont commencé une enquête de routine, comme la loi le requiert», a ajouté le tribunal.

    Souffrant d'un cancer

    L'épouse du général a déclaré au quotidien serbe Kurir avoir appris sa mort dans la nuit. «Il a été malade, mais les idiots ne lui ont pas permis de venir ici et d'être soigné à la maison», a-t-elle dit.

    Le président d'une association d'anciens combattants serbes de Bosnie, Milomir Savcic, a lui aussi affirmé que Tolimir était «gravement malade» et «ne recevait certainement pas des soins médicaux adéquats, ce qui a davantage encore affecté sa santé, déjà mauvaise». Lors de son arrestation en 2007 à Bratunac, en Bosnie orientale, les médias locaux affirmaient déjà qu'il souffrait d'un cancer.

    L'ombre de Srebrenica

    Zdravko Tolimir a été condamné fin 2012, en première instance, à la perpétuité pour génocide, ainsi que pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, dont meurtre, extermination et persécution. Ce verdict a été confirmé en avril 2015, en appel.

    Le président de la Republika Srpska, entité des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik a déploré la disparition d'un «patriote», une «grande perte (...) pour tout le peuple serbe».

    En tant que chef du renseignement et de la sécurité au sein des forces militaires des Serbes de Bosnie (VRS), Zdravko Tolimir a été principalement condamné pour son rôle dans le massacre de Srebrenica commis en juillet 1995, peu de temps avant la fin de la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-1995).

    Entreprise criminelle

    Près de 8000 hommes et garçons musulmans avaient été tués par les forces serbes de Bosnie dans cette enclave de l'est de la Bosnie, en l'espace de quelques jours. Selon les juges, Zdravko Tolimir avait pris part à une «entreprise criminelle commune» dont le but était de faire de Srebrenica une zone serbe ethniquement pure.

    Né le 27 novembre 1948 à Glamoc (ouest de la Bosnie), il était l'un des sept commandants adjoints qui rendaient directement compte à Ratko Mladic, lui-même actuellement jugé par le TPIY. Au cours des négociations de paix à Dayton, aux Etats-Unis, qui ont mis un terme à la guerre en Bosnie, c'est Tolimir, sur insistance de Mladic, qui était l'unique officier de l'armée des Serbes de Bosnie présent.


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