• Le QG onusien, à New York (ici), accueille lundi le lancement de la discussion sur l'abandon de l'arme nucléaire.

    Comme décidé en octobre, des négociations inédites sur l'interdiction de l'arme nucléaire s' ouvrent aujourd'hui à l'ONU.

    Plus de 100 pays lancent lundi à l'ONU des négociations inédites sur un traité interdisant les armes nucléaires, convaincus qu'il réduirait le risque d'une guerre atomique malgré les objections des grandes puissances.

    Le lancement de ces négociations sur un texte légalement contraignant a été décidé en octobre, avec le soutien de 123 pays membres des Nations unies.

    La plupart des puissances nucléaires, déclarées ou non, avaient néanmoins soit voté contre ces négociations (Etats-Unis, France, Israël, Royaume-Uni, Russie), soit s'étaient abstenues (Chine, Inde, Pakistan). Même le Japon, seul pays à avoir subi, en 1945, des attaques atomiques, a voté non, inquiet de voir l'absence de consensus sur ces négociations «saper les avancées sur un désarmement nucléaire effectif».

    Mais l'opposition de ces pays n'a pas dissuadé les nations en pointe sur ce dossier - comme l'Autriche, l'Irlande, le Mexique, le Brésil, l'Afrique du Sud ou la Suède - ni les centaines d'ONG engagées à leurs côtés.

    Nombreux foyers

    Face à la multiplication des foyers de tensions, aux menaces de la Corée du Nord, et à une nouvelle administration américaine jugée imprévisible, ils ont décidé de prendre les devants, inspirés par les mouvements qui ont mené aux conventions internationales interdisant les armes à sous-munitions (signée en 2008) ou les mines anti-personnel (1997).

    «Cela va prendre du temps, ne soyons pas naïfs», déclarait la semaine dernière à l'ONU la ministre suédoise des Affaires étrangères, Margot Wallström. «Mais c'est très important, surtout en ce moment, quand on assiste à toutes sortes de discours ou de démonstrations de force incluant la menace d'utiliser l'arme nucléaire», a-t-elle souligné.

    «Beaucoup de pays disent que nous devons sortir de l'impasse sur cette question depuis des années. C'est aussi l'expression d'une frustration».

    «Jamais le bon moment»

    Car aucune avancée n'a été enregistrée ces dernières années en matière de désarmement nucléaire, malgré les engagements pris par les grandes puissances dans le cadre du Traité sur la non-prolifération (TNP), déplore Beatrice Fihn, directrice de l'Ican (International campaign to abolish nuclear weapons), une coalition internationale d'ONG mobilisées sur ce dossier.

    «Il y a eu beaucoup d'efforts à la fin de la Guerre froide, et puis ça s'est arrêté (...) L'administration Obama a déçu, elle avait fait des promesses mais ne les a pas tenues. Maintenant les craintes sont exacerbées avec le nouveau président» Donald Trump, dit-elle.

    Forte de l'expérience sur les armes à sous-munitions ou les mines anti-personnel, Beatrice Fihn estime qu'il y a de «bonnes chances» qu'un traité soit adopté, si ce n'est dès la première phase de négociations qui se terminera le 7 juillet, au moins d'«ici deux ans».

    De l'avant

    Peu importe que les puissances nucléaires boudent les débats, dit-elle, l'adoption d'un tel traité les obligera tôt ou tard à revoir leur politique, même si elles sont engagées aujourd'hui dans la modernisation de leur armement nucléaire.

    «Même si les principaux fabricants (d'armes nucléaires, ndlr) ne signent pas, ces traités ont un gros impact», dit-elle. «Prenez la Russie: pourquoi dément-elle utiliser des armes à sous-munitions en Syrie? Elle n'est pourtant pas signataire du traité interdisant ces armes, mais elle sait que ce n'est pas bien.»

    Aucune grande puissance n'a fait de commentaires à l'approche de ces négociations, même si l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, devait faire une déclaration en marge de leur ouverture lundi matin à New York.

    Les représentants des Etats-Unis et de la France avaient néanmoins expliqué en octobre leur opposition par la nécessité, en matière de désarmement, de «procéder par étapes», sans chambouler l'équilibre stratégique actuel ou mettre en péril la dissuasion. «C'est comme les grands fumeurs, ce n'est jamais le bon moment pour arrêter», juge Beatrice Fihn. «Mais la tendance est là: dans ce monde multipolaire, beaucoup de pays pensent qu'ils n'ont pas besoin d'attendre les grandes puissances pour agir».

     


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    Les discussions, préparées à Genève, pour un traité d'interdiction des armes nucléaires se sont ouvertes lundi 20 mars 2017 à New York sans les puissances nucléaires.

    Selon des experts, le traité pour abolir les armes nucléaires semble probable, mais il faudra des décennies pour éliminer tout cet armement.

    «Même si tous les Etats nucléaires rejoignaient d'ici trois ans un traité, il faudrait 30 à 50 ans pour détruire les armes», a dit à l'ats le directeur général de la Plateforme du désarmement de Genève (GDP) Richard Lennane. Impliqué dans une ONG depuis plusieurs années pour obtenir ces négociations, il estime la possibilité d'un traité «très probable».

    Jamais un accord de ce type sur les armes nucléaires n'a été négocié, dit-il. Cette approche humanitaire portée par les pays en développement met l'ensemble des Etats, potentiellement victimes, au centre et non les seules puissances nucléaires, une première.

    Une résolution de l'Assemblée générale à New York a été votée en décembre dernier après plusieurs réunions préparatoires en 2016 à Genève. Et après le refus de la Conférence du désarmement, également à Genève, de négocier sur cette question.

    Etats nucléaires inquiets

    Des Etats estiment que le Traité de non-prolifération (TNP) suffit. Adopté en 1968, il régit actuellement toutes les questions nucléaires et interdit ces armes à ceux qui n'en disposent pas. Problème, parmi les pays qui défendent le maintien de cette approche figurent les puissances nucléaires qui vont boycotter les négociations de New York.

    Cinq parmi elles justifient leur appareil nucléaire par sa légitimité reconnue par le TNP, souligne le chercheur au Centre de politique de sécurité de Genève (GCSP) Marc Finaud. Un traité d'interdiction doit permettre de «délégitimer» ce droit.

    Comme pour les armes à sous-munitions ou les mines antipersonnel, «la seule solution est une interdiction», estime M. Finaud. «On a vu qu'on ne pouvait pas réglementer».

    Le processus est considéré comme sérieux par les puissances nucléaires. Elles ont tenté avec leurs alliés d'empêcher les négociations, ce qui montre que la discussion est «crédible» et que le traité «aurait un effet significatif», dit M. Lennane.

    Abstention suisse

    La Russie a dit tout le mal qu'elle en pensait devant la Conférence du désarmement. La Corée du Nord est la seule à avoir été favorable au processus. La Chine, l'Inde et le Pakistan se sont abstenus au moment du vote, mais les deux premiers pourraient participer.

    Ce scénario «rendrait difficile pour les autres Etats nucléaires de continuer à défendre leur boycott», explique M. Lennane. Leur participation affaiblirait aussi la position des pays protégés par un Etat nucléaire ou de ceux qui se sont abstenus, comme la Suisse. M. Lennane est persuadé que le traité deviendra à long terme «le nouveau TNP». Comme pour la Convention d'interdiction des mines antipersonnel, les deux spécialistes s'attendent à ce que des Etats comme les Etats-Unis s'engagent conformément à l'accord sans pour autant l'adopter.

    Plus largement, selon M. Lennane, aucune avancée sur les différents types d'armes ne peut plus se faire à la Conférence du désarmement. L'investissement devrait être utilisé pour d'autres plates-formes.

    OTAN fortement préoccupée

    Derrière les négociations de New York, de nombreuses questions se posent, dont le coût d'un désarmement nucléaire impossible à évaluer. Celle du délai d'application aussi. Pour les armes chimiques, il a par exemple été repoussé à plusieurs reprises et cible désormais 2020, 23 ans après l'entrée en vigueur du traité.

    Mais surtout, l'impact d'un accord sur les alliances militaires reste incertain. De passage à Genève, le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg aurait vigoureusement rejeté une mesure qui mettrait en péril selon lui l'organisation. Selon M. Finaud, des précédents montrent que de tels accords ne sont pas incompatibles avec une alliance.

    Certes, cinq pays européens devraient demander aux Etats-Unis de retirer leurs armes nucléaires de leur territoire, dit-il. Pour le reste, les membres de l'OTAN s'engageraient seulement à ne pas être impliqués dans une offensive conjointe avec des Etats nucléaires qui pourraient utiliser la menace de recourir à cet armement.

    Le traité devra par ailleurs interdire la production de matières fissiles pour des armes nucléaires, selon M. Finaud. Et viser les missiles, des avions ou des sous-marins qui véhiculent cet armement.


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    Un rapport sur les armes explosives en zone peuplée a été publié ce lundi 6 février 2017 à Genève. Leur usage s'est multiplié dans les conflits ces dernière années.

    L'usage d'armes explosives en zone peuplée a augmenté largement ces dernières années, notamment en Syrie, tuant ou blessant plus de 33'000 personnes en 2015. Le degré de précision de ces engins peut être «imprévisible», conclut une étude présentée lundi à Genève.

    Deux années de recherches

    Il diffère «de manière significative» selon le système d'armes, indique le rapport du Centre international de déminage humanitaire de Genève (GICHD), publié après deux ans de travaux. Le document établi par 18 spécialistes internationaux décortique les effets des mortiers aux canons d'artillerie en passant par des canons de char, des lance-roquettes ou des bombes larguées par des avions.

    Des facteurs comme la fabrication de l'arme, le niveau de la formation de l'opérateur, l'alignement, le contrôle de la qualité des munitions, la maintenance de l'arme ou l'expérience du tireur entrent en ligne de compte.

    Un lance-roquette multi-canons non guidé de 122 mm à portée maximale peut avoir un impact humain et sur les infrastructures sur près de 20 hectares au moins. Une bombe aérienne guidée peut aussi provoquer des dégâts sur une zone importante malgré sa précision.

    Plus de décès avec les mortiers et l'artillerie

    Les mortiers et les canons d'artillerie sont eux peu adaptés aux zones peuplées où leur efficacité sur des cibles petites et mouvantes est limitée. Comme la plupart des autres systèmes d'armes indirects.

    Ces armes provoquent deux fois plus de victimes que les bombes ou les lance-roquettes qui ont pourtant un impact sur un territoire plus large. Les canons de char sont responsables de moins de décès.

    Parmi les effets des armes explosives, figurent le souffle, la chaleur et la fragmentation de la munition. S'ajoutent également les fragmentations secondaires et débris provoqués par l'impact. Les bâtiments peuvent atténuer ou renforcer ces conséquences et une salve de munitions peut combiner plusieurs effets.

    Par ailleurs, le risque de décès augmente lorsque les individus tentent de s'abriter à l'intérieur de maisons, de voitures ou d'autres sites fermés. La pression du souffle peut provoquer aussi de nombreux désagréments pour la santé des habitants.

    Explosion aérienne visée

    En revanche, une recherche plus approfondie doit être menée sur les conséquences en fonction de la structure et du matériel des bâtiments. Des différences sont observées dans plusieurs régions.

    Le rapport explique aussi que toutes les forces armées ne disposent pas des instruments pour évaluer les effets de l'utilisation d'armes explosives. Une analyse de la cible ou des vulnérabilités de l'environnement à proximité doivent notamment permettre de réduire l'impact et de choisir l'arme qui colle le plus à la situation.

    Des ajustements sont possibles mais ils sont limités par les différents types d'armes. Ils sont même parfois utilisés pour renforcer le souffle et la fragmentation. Une explosion aérienne d'une arme de ce type peut aussi augmenter son effet jusqu'à 100%. Et tuer davantage d'habitants.

    Un nouvel acteur dans le désarmement à Genève

    Arrivé en début d'année
    Les organisations actives sur le désarmement à Genève se sont étoffées d'une nouvelle entité. La Plateforme du désarmement de Genève (GDG) est entièrement opérationnelle depuis janvier dernier.

    Favoriser le dialogue
    Cette ONG souhaite réunir tous les acteurs dans ce domaine pour faciliter la collaboration entre eux. Elle veut provoquer la discussion sur les nouvelles thématiques et, de manière moins politisée et plus informelle, sur les questions difficiles. Et favoriser aussi le dialogue avec les institutions qui n'oeuvrent pas sur le désarmement.


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    Les Etats-Unis ont annoncé jeudi 17 novembre 2016 qu'ils allaient proposer au Conseil de sécurité d'imposer un embargo sur les armes au Soudan du Sud pour empêcher des «atrocités de masse» mais la Russie a rejeté l'idée et la Chine s'est montrée réticente.

    Ces deux pays pourraient utiliser leur droit de veto pour bloquer l'initiative américaine, soutenue par le Royaume-Uni et la France.

    Dans les jours à venir, a indiqué l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Samantha Power, «les Etats-Unis vont soumettre une proposition pour imposer un embargo sur les armes au Soudan du Sud ainsi que des sanctions ciblées aux individus qui s'opposent le plus à une paix durable», sous forme de gel d'avoirs financiers et d'interdiction de voyager.

    «Le Soudan du Sud est une nation au bord du précipice» après trois années de guerre, a-t-elle affirmé.

    Empêcher un génocide

    Elle a souligné que les 13'000 Casques bleus de la Minuss (mission de l'ONU au Soudan du Sud) n'avaient pas les moyens d'empêcher un génocide, comme l'a reconnu le secrétaire général Ban Ki-moon dans son dernier rapport.

    De plus, le gouvernement sud-soudanais «s'oppose au déploiement» d'une force africaine de protection de 4000 hommes qui pourrait les épauler.

    «Tous ces ingrédients créent un climat propice à des atrocités de masse», a-t-elle conclu, en rappelant que l'ONU avait échoué à empêcher des massacres à Srebrenica en Bosnie et au Rwanda. «Personne ne pourra dire que nous n'avons rien vu venir» au Soudan du Sud, a-t-elle ajouté.

    Un embargo «prématuré» selon Moscou

    Le représentant adjoint russe Petr Iliichev a estimé qu'un embargo serait «prématuré». «Cela n'aiderait guère à une solution» du conflit et au contraire «compliquerait les relations» entre l'ONU et Juba.

    Quant à imposer des sanctions ciblées aux dirigeants sud-soudanais, «ce serait le comble de l'irresponsabilité en ce moment», a-t-il affirmé car les discussions avec Juba sur le déploiement de la force de protection régionale «font des progrès».

    Il a aussi fait valoir que l'embargo sur les armes imposé au pays par les Européens «ne marche pas», de l'aveu même des experts de l'ONU, et que les voisins de Juba sont trop divisés pour que des sanctions soient efficaces.

    Son homologue chinois Wu Haito n'a fait aucune allusion à un embargo mais a affirmé que le Conseil devait «se montrer prudent avec les sanctions, pour éviter de compliquer la situation». Mieux vaut «envoyer des signaux plus positifs», a-t-il préconisé.

    L'ambassadeur du Soudan du Sud auprès des Nations unies, Joseph Moum Malok, a, lui, jugé la proposition américaine «totalement inacceptable». Les autorités de Juba font face «à une rébellion armée tentant de renverser le gouvernement» et ne peuvent pas être privées des moyens de se défendre, a-t-il dit.

    Haine ethnique et ciblage des civils

    L'ambassadeur vénézuélien Rafael Ramirez a lui aussi jugé que Juba «faisait des progrès» sur la force régionale et qu'il fallait «agir avec prudence».

    Le conseiller spécial de l'ONU sur la prévention du génocide, Adama Dieng, à peine rentré d'une visite au Soudan du Sud, a en revanche exhorté les 15 pays du Conseil à «s'unir et à agir» en décrétant un embargo, pour éviter «la prolifération dévastatrice» des armes. «J'ai vu sur place tous les signes qui montrent que la haine ethnique et le ciblage des civils peuvent déboucher sur un génocide si rien n'est fait pour l'empêcher», a-t-il déclaré.

    Certes, a admis Samantha Power, un embargo ne stoppera pas toutes les armes mais il aura «un impact important» en empêchant les belligérants «d'acquérir des armes lourdes, des avions et des véhicules militaires».

    Embargo pour un an

    Selon le projet de résolution américain, l'embargo serait mis en place pour un an «afin de prévenir la vente, directe et indirecte, ou le transfert vers le Soudan du Sud d'armes de tous types» et d'équipements militaires (véhicules, munitions, etc...).

    Les pays voisins sont invités à inspecter les cargaisons des navires et des avions dont ils soupçonnent qu'ils livrent des armes aux belligérants.

    Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 2,5 millions de déplacés.

    Un accord de paix signé en août 2015 avait fait naître de timides espoirs de pacification. Mais il est moribond depuis les combats de juillet à Juba entre les partisans du président Salva Kiir et de son ex-vice président Riek Machar.


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  • Image prétexte - un combattant du régime de Tripoli - 10 mars 2016

    L'ONU autorise l'Europe à intercepter les bateaux au large de la Libye. Le but: limiter l'apport d'armes à Daech.

    Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé mardi 14 juin l'opération navale européenne patrouillant au large de la Libye à faire respecter l'embargo sur les armes imposé à ce pays, afin d'aider le gouvernement d'union libyen dans sa lutte contre les djihadistes.

    La résolution, mise au point par Londres et Paris, a été adoptée à l'unanimité des 15 pays membres du Conseil.

    L'ONU étend ainsi, à la demande de l'Union européenne (UE), l'opération navale Sophia. Celle-ci avait pour but initial de contrer les passeurs qui incitent des milliers de migrants à tenter la traversée vers l'Europe au péril de leur vie.

    Cette résolution «reflète le soutien unanime de la communauté internationale au travail de l'UE visant à rendre la Méditerranée plus sûre pour tout le monde, principalement les Libyens», a estimé dans un communiqué la chef de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini.

    Intercepter

    Désormais, et pendant douze mois, les bâtiments de guerre européens pourront intercepter et «inspecter, sans occasionner de retard indu, en haute mer au large des côtes libyennes, les navires à destination ou en provenance de Libye» qui sont soupçonnés de transporter des armes et équipements militaires.

    La résolution s'appuie sur le chapitre 7 de la charte de l'ONU qui permet l'usage de la force.

    La plupart des armes entrant en Libye ne vont pas au gouvernement légitime -- dont les forces sont engagées dans une offensive contre le groupe Etat islamique (EI) -- mais à son rival ou à divers groupes armés.

    Changer la donne

    Pour l'ambassadeur français François Delattre, qui préside le Conseil en juin, cette résolution «a la potentiel de changer la donne en Libye».

    Elle «donnera enfin les moyens de mieux lutter contre Daech (acronyme arabe du groupe EI) en stoppant le flot d'armes qui nourrit l'instabilité en Libye», a-t-il déclaré à la presse juste avant le vote.

    La résolution «va aussi renforcer le gouvernement d'union nationale et promouvoir l'unité du pays», a-t-il ajouté.

    L'ONU estime que les six millions de Libyens détiennent 20 millions de pièces d'armement de toutes sortes.

    Depuis 2011

    Après la chute du régime de Mouammar Kadhafi et en raison du chaos qui a suivi, l'ONU a imposé en 2011 un embargo. Mais ses experts ont signalé depuis lors de nombreuses livraisons d'armes à des factions libyennes, venant du Soudan, d'Egypte, de Turquie ou des Emirats arabes unis.

    «L'embargo n'est que partiellement efficace», a souligné l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft. «Il est du devoir du Conseil de stopper un tel trafic».

    Pour mener à bien les inspections, les Européens sont autorisés «à prendre toutes les mesures dictées par les circonstances», précise la résolution. Ils pourront notamment détourner le navire suspect de sa route vers un port pour rendre hors d'usage ou détruire les armements saisis.

    Concession

    Avant d'intervenir, ils devront cependant «chercher de bonne foi à obtenir le consentement de l'Etat» dont le navire bat pavillon. Cette mention est une concession à la Russie, qui avait insisté sur ce point en invoquant la souveraineté nationale.

    Renforcer l'embargo aidera le nouveau gouvernement d'union nationale (GNA) libyen à asseoir son autorité.

    D'autant qu'il est prévu des exemptions à l'embargo pour lui permettre d'acquérir certains armements afin de mieux lutter contre le groupe EI.

    Dérogations pour le gouvernement

    La résolution confirme que le GNA peut demander des exemptions, qui devront être étudiées «en toute diligence» par le Comité de l'ONU chargé de gérer l'embargo.

    Les forces soutenant le GNA mènent depuis un mois une offensive contre le fief de l'EI à Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli. Le chef du GNA Fayez al-Sarraj a appelé mardi tous ses concitoyens à soutenir cette offensive.

    Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont prévu de se réunir le 20 juin à Luxembourg pour prolonger l'opération navale Sophia et élargir son mandat. Les Européens prévoient aussi de former et entraîner les garde-côtes libyens mais peuvent le faire de manière bilatérale sans résolution de l'ONU.


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  • Berne, 20.04.2016 - Le 20 avril 2016, le Conseil fédéral a examiné une cinquantaine de demandes d’entreprises suisses souhaitant exporter du matériel de guerre vers l’Arabie saoudite, le Bahreïn, l’Egypte, les Emirats arabes unis, la Jordanie, le Liban, le Qatar et le Koweït (en particulier dans le contexte du conflit yéménite). Il a rejeté les demandes d’exportation de matériel de guerre présentant de forts risques que le matériel en question soit utilisé, de par ses caractéristiques, dans le conflit au Yémen (p. ex. grenades à main). Les demandes ayant donné lieu à une autorisation concernent pour la plupart du matériel de guerre destiné à la défense antiaérienne, c’est-à-dire du matériel pour lequel il n’y a pas de raison de supposer qu’il soit utilisé dans les hostilités au Yémen.

    Le traitement des demandes d’exportation de matériel de guerre vers des pays participant à la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite au Yémen a pris du retard depuis le 27 mars 2015. Or nous avons aujourd’hui un meilleur aperçu de la situation yéménite, et bon nombre d’affaires ont pris un caractère urgent, ce qui a incité le Conseil fédéral à se pencher sur ces demandes. Il a procédé à cette appréciation en veillant à respecter les principes de la politique étrangère et en tenant compte du risque de diminution substantielle de la capacité industrielle dans des domaines essentiels à la défense nationale.

    Aux yeux du Conseil fédéral, la question du traitement des demandes déposées par les pays participant à l’intervention militaire au Yémen était centrale.

    Le Conseil fédéral a rejeté par principe les demandes portant sur des biens qui, en raison de leurs caractéristiques et de la possibilité de les déplacer facilement, présentent de forts risques d’être utilisés dans le conflit au Yémen. Les demandes rejetées concernent des armes de petit calibre, leurs munitions, leurs pièces de rechange et leurs accessoires ainsi que des grenades à main d’une valeur totale de quelque 3 millions de francs. Certaines d’entre elles portent sur un grand nombre de pièces, par exemple plus de 8000 grenades et 25 000 grenades à main.

    Le Conseil fédéral a par ailleurs rejeté des demandes d’une valeur totale de quelque 16 millions de francs portant sur l’exportation temporaire d’un véhicule de transport de troupes, blindé et non armé, vers le Qatar à des fins de test, sur l’exportation d’une assez grande quantité de poudre propulsive destinée à être transformée par une entreprise des Emirats arabes unis, et sur l’exportation d’une assez grande quantité de munitions de petit calibre également destinées aux Emirats arabes unis.

    Dans le cadre d’une appréciation au cas par cas, le Conseil fédéral a donné son aval aux demandes pour lesquelles il n’y avait pas de raison de supposer que le matériel de guerre à exporter soit utilisé dans les hostilités au Yémen. Il s’agit notamment de matériel conçu pour la défense antiaérienne, destiné à la légitime défense militaire ou à la protection d’infrastructures civiles, par exemple des installations d’approvisionnement en eau. Etant donné la conception et la palette d’utilisation de ces armes, la probabilité qu’elles soient employées à des fins abusives pour commettre des violations graves des droits de l’homme est très faible.

    Concrètement, le Conseil fédéral a autorisé des demandes d’une valeur de quelque 178 millions de francs en vue de la livraison de pièces de rechange et de composants destinés à des système de défense antiaérienne à l’Arabie saoudite, au Bahreïn, à l’Egypte et aux Emirats arabes unis. Ce lot d’autorisations comprend des livraisons à l’Arabie saoudite de pièces de rechange destinées à des systèmes de défense antiaérienne exportés antérieurement ainsi qu’une petite quantité de munitions nécessaires à ces systèmes, pour une valeur totale avoisinant 106 millions de francs.

    Enfin, le Conseil fédéral a autorisé des demandes d’une valeur de quelque 7 millions de francs portant sur le matériel suivant:

    • des pièces de rechange et des groupes d’assemblage pour avions de combat F-5 destinés au Bahreïn ;
    • des pièces de rechange pour obusiers blindés M109 destinées aux Emirats arabes unis ;
    • des armes de petit calibre et leurs accessoires pour des particuliers et des munitions de petit calibre destinées à l’Egypte, aux Emirats arabes unis, à la Jordanie, au Koweït et au Qatar ;
    • le courtage d’armes individuelles provenant des Etats-Unis et destinées à des particuliers aux Emirats arabes unis.

    Les nouvelles demandes d’exportation de matériel de guerre à destination de pays membres de la coalition militaire au Yémen sont examinées au cas par cas par l’administration ou, le cas échéant, par le Conseil fédéral. Celui-ci suivra avec attention l’évolution de la situation dans la région du Golfe.

    Le 20 avril 2016, le Conseil fédéral a également approuvé une demande portant sur l’exportation d’un petit nombre de fusils d’assaut et de pistolets-mitrailleurs destinés à la garde d’un ministre libanais.


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  • Le budget militaire 2016 en hausse de 7 à 8% en Chine

    Cette augmentation confirme la montée en puissance militaire du pays.

    Le budget chinois de la Défense devrait augmenter «de 7 à 8%» cette année, a annoncé vendredi une haute responsable du Parlement, nouvelle hausse témoignant de la montée en puissance militaire de la Chine.

    Cette estimation de croissance, moins importante que l'an passé (10,1%), a été avancée par Mme Fu Ying, porte-parole de l'Assemblée nationale populaire (ANP), chambre d'enregistrement législative du régime communiste.

    Le montant précis sera officiellement annoncé samedi, lors de l'ouverture de l'ANP, a précisé la responsable.

    Le chiffre représente un ralentissement après plusieurs années de croissance à deux chiffres, qui avaient porté le budget 2015 à 886,9 milliards de yuans (141,4 milliards de dollars à l'époque, soit 140,3 milliards de francs).

    De nombreux analystes estiment cependant que le budget réel est bien plus important que celui officiellement annoncé.


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  • Les budgets de défense en hausse dans le monde

    Pour 2015, les dépenses globales atteignent quelque 1650 milliards de dollars.

    Les budgets de défense repartent à la hausse dans le monde, notamment en Chine et en Russie. «Les dépenses mondiales en matière de défense devraient croître de 1650 milliards de dollars en 2015 à 1680 en 2016», affirme l'institut spécialisé Jane's dans un rapport diffusé jeudi. Il couvre 104 pays et représente 99% des dépenses mondiales liées à la défense.

    Ces dépenses reculent aux Etats-Unis, qui conservent néanmoins leur place de numéro un dans le monde, avec 595 milliards de dollars en 2015 contre 624 en 2014. Mais s'ils demeurent de très loin la première puissance militaire mondiale, c'est «la région Asie-Pacifique (qui) va être la force motrice de la croissance mondiale des budgets de défense au cours des cinq prochaines années», assure l'institut d'étude stratégique.

    La Chine

    La Chine est le deuxième plus grand pays en terme de budget de défense, avec 190 milliards de dollars en 2015 ( 9% par rapport aux 175 milliards de 2014), devant le Japon (49 milliards en 2015, soit le 7e rang mondial). L'Europe, à la traîne ces dernières années avec un recul de 1,3% par an depuis 2010, donne des signes de stabilisation, notamment en raison de la crise ukrainienne.

    «Cette année (2015) était une nouvelle année de stabilité des dépenses liées à la défense, mais nous entrons à présent dans une période de croissance», souligne Fenella McGerty, analyste chez IHS.

    Le Royaume-Uni ou la France, respectivement troisième et quatrième mondiaux, sont stables avec 66 et 56 milliards de dollars. En revanche, la Pologne ou l'Ukraine connaissent des augmentations de près de 22 et près de 70% respectivement.

    Forte progression en Russie

    Quant à la Russie, elle a augmenté de plus de 21% ses dépenses militaires en 2015. Elles est passée du huitième rang mondial l'an dernier avec 44,6 milliards de dollars au cinquième rang en 2015 avec plus de 54 milliards.

    En dépit des conflits qui l'embrasent, le Moyen-Orient est la région qui enregistre les reculs les plus importants, en raison notamment de la baisse du prix du pétrole.


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  • Le nombre de civils tués par drones serait sous-estimé

    Le site d'investigation The Intercept publie des documents secrets fournis par un agent du renseignement américain.

    Les pertes civiles liées aux frappes de drones américaines visant des extrémistes sur plusieurs terrains d'opérations sont sous-estimées par l'administration américaine, estime le site d'investigation The Intercept. Dans un dossier intitulé «La machine à tuer», The Intercept publie une série de documents secrets, qui lui ont été remis par un professionnel du renseignement américain.

    Ces documents montrent entre autres que lors d'une Opération Haymaker, dans le nord-est de l'Afghanistan entre janvier 2012 et février 2013, les frappes de drones des forces spéciales américaines ont tué plus de 200 personnes, dont seulement 35 étaient les cibles visées.

    «Ennemis tués au combat»

    Sur une sous-période de cinq mois pendant cette opération, 90% des personnes tuées n'étaient pas des personnes visées, selon The Intercept. Les documents montrent aussi que les militaires américains ont désigné ces victimes dans leurs statistiques comme des «ennemis tués au combat».

    Cette manière de désigner toutes les victimes masculines comme des combattants, sauf preuve du contraire, est «folle», selon le professionnel du renseignement cité par The Intercept. «Mais nous nous sommes habitués à cela. Les agences de renseignement, le JSOC (forces spéciales américaines procédant aux frappes), la CIA (qui effectue aussi des frappes de drones), et tous ceux qui aident et soutiennent ces programmes, ils n'ont pas de problème avec ça».

    Précautions

    Interrogé jeudi sur l'enquête de The Intercept, le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a estimé que le président Obama tentait d'être «aussi transparent que possible sur les opérations antiterroristes» dans le monde.

    «Et le fait que ces opérations vont très loin pour éviter les victimes civiles», a-t-il ajouté, «c'est un contraste assez saisissant avec des organisations comme les talibans qui clairement mènent des opérations contre des civils innocents, dans une stratégie coordonnée pour fomenter la violence et les troubles».

    Procédure d'élimination

    Dans son enquête foisonnante, The Intercept détaille également les rouages du processus de décision de la machine bureaucratique, avant une élimination par drone. Le site présente ainsi les «cartes de base-ball» créées par les professionnels du renseignement, sur le modèle des cartes que s'échangent les passionnés de sport sur leurs joueurs préférés.

    Un portrait de la cible, la menace qu'elle représente pour les Etats-Unis, ses liens avec d'autres extrémistes, tout est cela combiné à des renseignements opérationnels dans un dossier qui voyagera jusqu'au bureau du président Obama, pour qu'il donne son feu vert à la frappe.

    Une fois lancé, le processus d'autorisation par le président prend en moyenne 58 jours, selon le document cité par The Intercept. Le feu vert est ensuite valable pour 60 jours.


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  • Nagasaki : 70 ans après la tragédie, Ban Ki-moon appelle à éradiquer les armes nucléaires

    9 août 2015 – Alors que le Japon commémore le 70ème anniversaire du bombardement atomique de la ville de Nagasaki durant la Seconde Guerre mondiale, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rendu hommage dimanche aux victimes et survivants de cette tragédie, tout en réaffirmant sa vision d'un monde exempt d'armes nucléaires.

    Lors d'une cérémonie commémorative qui avait lieu à Nagasaki, le Secrétaire général a déclaré, dans un message lu par le Haut-Représentant par intérim des Nation Unies pour les affaires de désarmement, Kim Won-soo, que les conséquences humanitaires des armes nucléaires sont trop importantes pour tolérer leur existence.

    « Les habitants de cette ville sont porteurs d'un message fort pour le monde : Nagasaki doit être la dernière », a déclaré M. Ban dans ce message, en référence au bombardement atomique de la ville japonaise, le 9 août 1945, dans la foulée de celui d'Hiroshima, le 6 août.

    Le chef de l'ONU a par ailleurs rappelé que son engagement personnel en faveur de l'éradication des armes nucléaires avait été renforcé lors de sa visite à Nagasaki.

    « Quand je me suis rendu dans votre ville il y a de cela cinq, le courage de ses habitants a été une profonde source d'inspiration pour moi », s'est remémoré M. Ban, tout en rendant hommage à la bravoure des Hibakushas (mot japonais désignant les survivants des bombardements atomiques).

    « Ces survivants présentent le visage humain de cette tragédie d'origine humaine, qui ne reculent devant rien pour plaider en faveur d'un avenir meilleur », a salué le Secrétaire général.

    Alors que la moyenne d'âge des Hibakushas est désormais de 80 ans, M. Ban a dit ressentir l'urgence croissante d'honorer leur mémoire en débarrassant enfin le monde des armes nucléaires.

    « Je me joins à vous pour pousser ce cri de ralliement mondial : jamais plus de Nagasaki. Jamais plus de Hiroshima », a déclaré le Secrétaire général, tout en affirmant qu'il travaille activement à l'élimination des armes nucléaires dans le monde.


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