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    Le serment genevois de quatre chefs de guerre syriens

    Répondant à l’Appel de Genève, quatre groupes se sont engagés à ne pas recruter d’enfants et à proscrire les abus sexuels.

    Pour des raisons de sécurité, leur déplacement à Genève n’a fait l’objet d’aucune publicité. Les hauts commandants militaires de quatre brigades de l’armée syrienne libre ont fait un crochet par Genève en fin de semaine pour apposer leur signature au bas d’un document préparé par l’Appel de Genève. Un protocole d’accord au terme duquel leurs groupes s’engagent à ne pas recruter d’enfants soldats et à proscrire les violences sexuelles. En 2014 déjà, l’ONG genevoise était parvenue à arracher un engagement similaire des Kurdes du YPG et des combattants du mouvement Mhza. L’organisation genevoise amène ainsi des groupes armés à respecter les traités internationaux qui lient les forces gouvernementales.

    Les quatre groupes signataires, qui disposent de 5000 à 6000 hommes entre Alep, Idlib, Lattaquié et Hama, viennent allonger la liste des entités non étatiques qui acceptent les règles posées par le droit international humanitaire. «Nous poursuivons nos discussions avec une dizaine d’autres groupes», assure Mehmet Balci, responsable de la région Moyen-Orient et Colombie au sein de l’Appel de Genève.

    Vendredi, Yaser Al Jsem (coastal division), Mohamed Hal Ali (1re littoral division), Hassan Hamadeh (2e division) et Hassan Lufti Majoub (division 23), quatre figures de la rébellion syrienne, ont apposé leur signature au bas d’un document qui scelle leur engagement. Pour marquer l’événement, l’Appel de Genève avait choisi un lieu symbolique empreint d’histoire: la salle Alabama, où a été notamment signé le 22 août 1864 la Convention de Genève, acte fondateur du Comité international de la Croix-Rouge. En guise de prestation de serment, les quatre chefs de guerre y ont pris successivement la parole avant de parapher le document qui sera conservé à Genève. «Notre présence atteste de notre bonne foi et de notre volonté de respecter les normes humanitaires», a expliqué Lufti Majoub. Pour Hichem Khardhraoui, directeur des opérations de l’Appel de Genève, «ce n’est pas la fin d’un processus mais le début d’un chemin».

    «Notre travail ne consiste pas à arracher des signatures. Il s’agit d’abord de bien faire comprendre pourquoi c’est important de respecter le cadre posé par le droit international humanitaire et de les aider à la mise en œuvre de bonnes pratiques», rappelle Mehmet Balci. L’Appel de Genève forme les cadres et combattants à se comporter comme les soldats d’une armée régulière. «On leur apprend qu’un prisonnier est un prisonnier, qu’un blessé est un blessé», poursuit Mehmet Balci. Bref, les rudiments. Mais comment convaincre ces groupes qu’ils ont intérêt à respecter un code de bonne conduite même face à l’ennemi le plus féroce?

    «Ils se rendent compte par eux-mêmes que s’ils ne respectent pas les normes internationales, ils peuvent perdre le soutien de leur propre communauté», explique le représentant de l’Appel de Genève. «L’utilisation d’enfants soldats, les violences sexuelles et aussi les bombardements d’hôpitaux ne servent pas la cause qu’ils défendent. Si vous agissez comme celui que vous dénoncez, vous risquez d’être un jour poursuivi comme lui.» Pas facile non plus de prétendre à un dialogue politique quand on commet des crimes de guerre. Les quatre groupes signataires, tous affiliés au Haut Comité des négociations (HCN), sont justement engagés dans les discussions menées à Genève et Astana. Ils ont perçu tout l’intérêt politique qu’il y avait à respecter le cadre fixé par les Conventions de Genève. «Nous voulons apparaître comme des partenaires solides», a déclaré Lufti Majoub lors de la cérémonie. «Nous voulons montrer que nous sommes des combattants, pas des assassins», a ajouté le commandant Yaser Al Jsem.


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  • Génocide et autres crimes contre les minorités religieuses et ethniques

    Le 6 décembre 2016, le sénat français a adopté une proposition de résolution invitant le Gouvernement à utiliser toutes les voies de droit pour reconnaître les crimes de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre perpétrés contre les minorités ethniques et religieuses et les populations civiles en Syrie et en Irak.

    Des initiatives en ce sens existent déjà et concernent, au-delà des djihadistes de Daech, tous ceux qui commettent des crimes en Syrie et en Irak, mais les obstacles sont nombreux.

    « Cette idéologie totalitaire, nous devons la combattre par la force du droit et de la justice. Combattre ce totalitarisme par le droit, mes chers collègues, c'est s'opposer à la barbarie avec ce qui fait notre force : nos propres valeurs. » C’est ainsi que Bruno Retailleau, sénateur LR de Vendée et a exposé l’objectif de la proposition de résolution invitant le gouvernement à utiliser toutes les voies de droit pour reconnaître les crimes de génocide, les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre perpétrés contre les minorités ethniques et religieuses et les populations civiles en Syrie et en Irak. « Il faut, d'abord, utiliser les deux voies à notre disposition : essayer de convaincre le gouvernement irakien de rendre compétente la Cour pénale internationale sur son sol, dans ses frontières ; saisir le Conseil de sécurité des Nations unies, au risque de se voir opposer des vetos », a poursuivi Bruno Retailleau dans son discours au Sénat le 6 décembre dernier.

    Adopté ce même jour à l’unanimité – les groupes communistes et écologistes se sont abstenus – le texte n’a pour l’instant qu’une portée symbolique. Les obstacles pour faire reconnaître le crime de génocide sont nombreux. « La France poursuivra ses efforts pour que la Cour pénale internationale puisse être saisie. C'est un long chemin, a reconnu le secrétaire d’État Matthias Fekl, devant les sénateurs. Vous en connaissez mieux que quiconque les obstacles, en particulier le fait que la Syrie ne soit pas partie au Statut de Rome et qu'une saisine par le Conseil de sécurité serait probablement bloquée par un veto. Toutefois, cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir à des moyens pour que justice soit rendue. »

    Les sénateurs à l’origine de la proposition de loi ont identifié deux moyens principaux d’action. Le premier : déférer les auteurs de ces crimes devant la Cour pénale internationale (CPI). Le problème est que ni l’Irak ni la Syrie ne sont signataires du Statut de Rome. Le Sénat appelle donc le gouvernement à tout faire pour convaincre ces gouvernements de rendre compétente la Cour pénale internationale (CPI) sur leur sol.

    Deuxième axe : saisir le Conseil de sécurité des Nations unies. L’exposé des motifs de la proposition rappelle d’ailleurs que la France a déjà tenté en mai 2014 de faire adopter une résolution visant à ce que le Conseil de sécurité saisisse la Cour pénale internationale de l’ensemble des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises en Syrie par l’ensemble des parties au conflit. Celle-ci avait été rejetée par la Russie, alliée du régime syrien. « Si nous nous en tenons, dans un premier temps, à l'État islamique et au territoire de l'Irak, je pense que nous pouvons ensemble faire en sorte de désamorcer les vetos des grandes nations qui siègent au sein du Conseil de sécurité et qui se sont déjà opposées à cette solution », plaide Bruno Retailleau.

    Une position qui a poussé les groupes écologistes et communistes à s’abstenir. « Il n’est fait aucune mention, ni dans l’exposé des motifs de la présente proposition de résolution ni dans son dispositif, des autorités syriennes sous la houlette de Bachar el-Assad, de ses alliés, les Russes, et des milices étrangères, qui commettent quotidiennement des crimes de guerre, notamment à Alep », a ainsi regretté la sénatrice écologiste Esther Benbassa. Le texte a été adopté par l’Assemblée nationale le 8 décembre, avec les mêmes réserves exprimées par certains.

    Un effort mondial pour faire reconnaître les crimes de génocide

    De nombreuses assemblées et parlements ont adopté des résolutions allant dans le même sens. En avril 2016, c’est le Parlement européen qui a reconnu les crimes de Daech envers les minorités religieuses comme étant un « génocide », les deux chambres britanniques ont fait de même, tout comme la Chambre des représentants des États-Unis.

    Un vote similaire a échoué au parlement du Canada. « Le Canada condamne avec fermeté les atrocités commises par Daech au Moyen-Orient (…), mais la détermination du génocide doit être menée de façon objective et responsable. C’est pour cela que nous avons formellement demandé aux autorités internationales compétentes de donner leur avis sur cette question » a expliqué Justin Trudeau, le premier ministre du Canada.

    « Nous ne sommes pas forcément dans une revendication revancharde, explique pour sa part Mgr Yousif Thomas Mirkis, archevêque chaldéen de Kirkouk. Je crois que les faits parlent d’eux-mêmes. Il faut maintenant qu’ils soient étudiés au cas par cas par la justice nationale et internationale de façon équitable. Malheureusement, la justice n’est jamais rapide. Recueillir les témoignages prendra du temps, et je crains que la vengeance se manifeste plus tôt que la justice. Les sunnites voudront se venger contre d’autres sunnites qui ont pris leur maison, les chiites contre les sunnites… »

    Des procédures en cours

    En France, la Coordination chrétiens d’Orient en danger (CHREDO) a déjà déposé une plainte auprès de la CPI en septembre 2014. « L’objectif est simple, explique Me Samia Maktouf, avocate de l’association. Nous voulons faire condamner pour crime de génocide et crime de guerre les djihadistes français qui commettent des exactions en Syrie et en Irak et jouent un rôle important dans les organisations djihadistes, que ce soit Daech ou Al Qaida. » Selon l’avocate, deux réunions de travail ont déjà eu lieu à la CPI. « Nous avançons avec le bureau de Madame le Procureur Fatou Bensouda. Il nous faut maintenant des noms de djihadistes ressortissants européens, dont les pays ont signé le Statut de Rome, afin d’avoir une chance d’ouvrir vraiment le dossier. »

    Ce genre de dossier est extrêmement difficile à instruire car il implique d’enquêter sur des zones difficilement accessibles et qu’il vise des personnes encore « en activité ». « Des preuves sous forme de vidéos et de photos, comme celles diffusées sur les réseaux sociaux, peuvent être utiles, mais leur authenticité ainsi que la date et le lieu où elles ont été réalisées doivent être établis », souligne Human Right Watch.

    Au nom de la CHREDO, Samia Maktouf a déposé aussi une plainte auprès du Parquet de Paris en février 2016. « Nous n’avons pour l’instant aucun retour », assure-t-elle.

    Les « revenants », premières brèches dans l’impunité

    Face au repli de Daech ou d’autres groupes terroristes, de nombreux djihadistes reviennent sur leur sol d’origine. Par ailleurs, dans le cadre de la crise des réfugiés, des victimes, mais aussi des suspects syriens ou irakiens, sont arrivés en Europe. Leurs procès « constituent les premières brèches dans l’impunité et les premières tentatives crédibles pour traduire en justice les personnes responsables d’avoir terrorisé des civils pendant les récents conflits en Syrie et en Irak » , souligne dans un rapport l’ONG Human Right Watch.

    Le premier a avoir été jugé coupable de torture en tant que crime de guerre en Europe est Mohannad Droubi, un Syrien, combattant de l’Armée syrienne libre. En février 2015, il a été condamné par un tribunal suédois pour avoir torturé un membre supposé de l’armée régulière syrienne et avoir posté la vidéo sur Facebook. Il avait obtenu un permis de séjour en Suède en 2013.

    De son côté, l’Allemagne a ouvert, en plus d’enquêtes portant sur des cas précis, une enquête plus large, dite « structurelle », « visant à collecter les preuves disponibles en Allemagne afin de faciliter de futures procédures pénales devant des tribunaux allemands ou autres », rapporte Human Right Watch.

    Devant le Sénat, le 6 décembre, le secrétaire d’État Mathias Fekl a tenu a souligner les efforts de la France pour traduire devant la justice les djihadistes de retour sur le sol français. Il a ainsi communiqué aux sénateurs les derniers chiffres du parquet général de Paris, en date du 28 novembre 2016. « 464 procédures judiciaires en lien avec la zone Syrie-Irak ont été ouvertes au pôle antiterroriste de Paris depuis 2012 ; quelque 369 dossiers sont toujours en cours, dont 167 informations judiciaires et 204 enquêtes préliminaires ; 331 individus sont actuellement mis en examen ; 207 sont placés en détention provisoire et 114 sous contrôle judiciaire ; 135 individus ont été jugés ou visés dans des informations judiciaires clôturées, 61 étant en attente d'un jugement et 74 condamnés ; 19 affaires, concernant, au total, 74 personnes, ont été jugées. S'agissant plus spécifiquement, parmi ces données, des chiffres relatifs au traitement judiciaire des combattants de retour en France, nous comptabilisons 167 personnes, dont 43 condamnés, 110 mis en examen, 13 prévenus et 1 témoin assisté. »


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    Yasmin Sooka, présidente de la Commission de l'ONU sur les droits de l'homme, demande sans délai une force régionale pour contrer les violences sexuelles et ethniques.

    L'ONU a appelé mercredi à Genève à l'envoi rapide d'une force régionale de 4000 hommes dans ce pays et à une cour spéciale.

    La présidente de la Commission de l'ONU sur les droits de l'homme au Soudan du Sud Yasmin Sooka a affirmé que les violences sexuelles «dépassent la capacité de quiconque» à en évaluer l'importance. Au total, au moins 70% des femmes dans les camps ont été violées en trois ans de conflit, a-t-elle affirmé au début d'une session spéciale du Conseil des droits de l'homme.

    Soldats et policiers

    Les violences ethniques et sexuelles au Soudan du Sud demandent une réponse de la communauté internationale. La majorité de ces abus est due à des soldats ou à des policiers. Le Haut Commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad al-Hussein a de son côté mis en cause «tous les acteurs armés».

    La Commission de Yasmin Sooka avait dénoncé début décembre un «nettoyage ethnique en cours». Des indications «crédibles» laissent penser notamment que des milices armées aient mené des atrocités ethniques contre des civils à Yei, a renchéri mercredi le Haut Commissaire.

    Soutenue par la Suisse

    «Il y a un risque fort» d'une augmentation imminente de ces violences, a expliqué dans un message vidéo le conseiller spécial de l'ONU pour la prévention du génocide, Adama Dieng. Tous les éléments sont réunis, notamment une économie qui stagne, déplore-t-il.

    Zeid Raad al-Hussein a demandé au Conseil d'appeler les dirigeants sud-soudanais à ne plus inciter à la haine ethnique. Outre les violences sexuelles, des arrestations et détentions arbitraires, des enlèvements ou encore des restrictions aux libertés ont été constatés. Des humanitaires ont été visés, des attaques «inacceptables» selon Adama Dieng.

    Le conflit a déplacé plus de 2 millions de personnes, dont plus d'un million a fui dans des pays limitrophes. Environ 4,8 millions de personnes sont menacées de malnutrition sévère.

    Force régionale

    Yasmin Sooka a appelé au déploiement sans délai de la force de protection régionale au Soudan du Sud. Comme Zeid Raad al-Hussein, elle demande à l'Union africaine (UA) et au gouvernement sud-soudanais l'établissement de la cour hybride prévue par l'accord de paix.

    De son côté, le représentant du Soudan du Sud a rejeté l'organisation de cette 26e session spéciale. La rencontre a été soutenue par plus d'un tiers des membres du Conseil, dont la Suisse.


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  • les guerres hybrides d'Obama

    Le samedi 9 juillet 2016, en fin de journée, lors de sa conférence de presse de clôture, au sommet de l’Otan à Varsovie, Barack Obama a fait publiquement cet aveu: « en tant que commandant en chef de l’armée la plus puissante du monde, je passe beaucoup de temps à ruminer » sur la guerre.

    En réponse à une question de Mark  Landler, journaliste au New York Times, sur la nature de la guerre au 21ème siècle et, plus précisément, sur la probabilité de devenir le premier locataire de la Maison Blanche à avoir présidé un pays en guerre pendant deux mandats, avec des troupes toujours déployées en Afghanistan, en Irak et en Syrie, le président américain a longuement répondu.

    Extraits:

    « Quand je suis arrivé au pouvoir en 2009, nous avions 180 000 soldats en Irak et en Afghanistan. Aujourd’hui, nous avons une fraction de cela. Ils ne sont pas impliqués dans des situations de combat mais dans la formation, le conseil et l’assistance ».

    En guerre contre des acteurs non étatiques

    « Quand nous avons affaire à des acteurs non étatiques et que ces acteurs non étatiques sont situés dans des pays avec une capacité limitée, notre but ultime est de travailler en partenariat avec ces pays afin qu’ils puissent sécuriser leurs frontières et éliminer, eux-mêmes, ces menaces terroristes. »

    (…)

    « Parce qu’ils sont des acteurs non étatiques, il est très difficile pour nous d’obtenir la satisfaction d’une rencontre entre McArthur et l’Empereur japonais avec une guerre officiellement terminée. »

    Une approche hybride de la sécurité nationale

    (…)

    « Je pense donc que ce que nous avons essayé de faire, ce que j’ai essayé de faire est de créer une architecture, une structure – et ce n’est pas encore là – qui mette l’accent sur les partenariats avec les pays, sur la consolidation des États fragiles, la résolution des conflits internes partout où nous le pouvons, en essayant de faire le plus possible à travers nos partenaires locaux, tout en se réservant la possibilité, la nécessité de frapper nous-mêmes des organisations ou des individus qui essaient de tuer des Américains, des Belges, des Français ou des Allemands – combinant avec une collecte de renseignement beaucoup plus efficace. Mais cela devient de plus en plus une approche hybride de la sécurité nationale. Et je pense que cela va probablement être quelque chose que nous devrons continuer à faire dans les années à venir. »

    (…)

    « Face à cet autre type de menace de bas niveau, une menace qui n’est pas existentielle mais qui peut faire des dégâts réels et causer un préjudice réel à nos sociétés, et qui crée le genre de peur qui peut causer la division et des réactions politiques, nous devons faire mieux. »

    Rendre compte des victimes civiles d’attaques de drones

    « Ainsi, par exemple, la raison pour laquelle j’ai publié un rapport sur les victimes civiles des attaques de drones – tout en comprenant que certains contestent les chiffres – c’est que j’essaie d’institutionnaliser un système où nous commençons à rendre compte pour ce différent type de menace pour la sécurité nationale et ces différents types d’opérations. »

    Une base juridique plus solide

    « C’est encore imparfait. Mais je pense que nous pouvons y arriver. Et ce que je peux honnêtement dire, sur la façon dont la NSA fonctionne, sur la manière dont les attaques de drone fonctionnent, sur nos partenariats avec d’autres pays, sur mes efforts pour fermer Guantanamo d’ici la fin de ma présidence – ou sur l’interdiction de la torture, je suis convaincu que ces efforts se feront sur une base juridique plus solide, plus conforme à la loi et aux normes internationales, plus représentatif de nos valeurs et de notre éthique. Mais nous avons plus de travail à faire. Ce n’est pas parfait et nous devons lutter avec ces questions tout le temps. »


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  • Le respect du droit humanitaire recule

    Le respect du droit international humanitaire, qui définit les règles de protection des populations en cas de conflit armé, est en recul, selon le chercheur Philippe Ryfman, spécialiste des questions humanitaires (1) .

    La Croix : Comment le droit international humanitaire a-t-il évolué ces dernières années ?

    Philippe Ryfman : Incontestablement, il est beaucoup moins appliqué par les belligérants impliqués dans les conflits récents. Cela tranche nettement avec les années 1980 et 1990, où le droit international humanitaire était davantage respecté.

    Ce dernier, comme l’ensemble du dispositif de l’aide humanitaire dont il est une des composantes, fonctionne par périodes cycliques. Et nous n’avons jamais eu, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un cycle de violences aussi caractérisées, aussi étendues spatialement – qu’elles frappent l’Irak, la Syrie ou des pays africains, comme le Soudan du Sud ou le Darfour au Soudan – et aussi pérennes que celles qui agitent la deuxième décennie du XXIe siècle.

    Il ne faut pas pour autant tout globaliser. Un certain nombre d’armées engagées dans des conflits militaires respectent, de façon générale, le droit humanitaire. C’est par exemple le cas de l’aviation américaine – même si elle a aussi commis des erreurs, comme le bombardement, il y a quelques mois, de l’hôpital de MSF en Afghanistan, alors que sa localisation lui avait été dûment signalée. Elle applique mieux le droit humanitaire que les forces de Bachar Al Assad et de ses alliés russes et iraniens engagés en Syrie.

    Le droit humanitaire relève du droit international : il réclame donc un minimum de consensus de la part des acteurs concernés par son application. Or ces derniers sont de plus en plus nombreux à s’affranchir, délibérément, de ses règles. Ils le considèrent comme une norme à caractère subsidiaire et constatent qu’il n’y a pas de réel pouvoir de sanctions en cas de violation.

    Comment expliquer ce recul du droit international humanitaire ?

    P. R. : Il faut remonter à sa naissance, au milieu du XIXe siècle. À l’origine, il ne réglait que des conflits entre pays. Les violences d’aujourd’hui sont plutôt intra-étatiques et relèvent de différends idéologiques ou religieux, comme en Syrie, mais aussi ethniques, comme au Soudan du Sud. Cela brouille un peu plus la législation autour de lui.

    Autre élément important, nous sommes revenus à un cycle de guerre totale voué à l’anéantissement de l’ennemi par tous les moyens, y compris celui de ne plus distinguer les populations civiles des combattants. Cela s’observe dans les villes syriennes assiégées où l’arme de la famine est régulièrement brandie par les différents partis du conflit.

    Que faire pour que ce droit soit mieux appliqué ?

    P. R. : Il n’est a priori pas question, pour l’instant, de modifier la convention de Genève ou les protocoles additionnels qui régissent le droit humanitaire. Ceux-ci, s’ils étaient mieux appliqués, seraient suffisants. D’autant que la relance d’un processus de renégociation, compte tenu de l’absence de consensus qui règne aujourd’hui, se solderait probablement par une impasse.

    Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a en revanche présenté une piste intéressante dans son discours introductif du Sommet mondial sur l’action humanitaire, qui s’est tenu fin mai à Istanbul. Il a proposé que le Conseil de sécurité des Nations unies devienne le référent de l’application du droit humanitaire. Cela pourrait garantir un meilleur contrôle.

    Les grandes agences humanitaires, comme la Croix-Rouge et les principales ONG humanitaires, ont aussi engagé une réflexion sur le sujet. Elles envisagent de faire plus de promotion du droit humanitaire et de dénoncer systématiquement les États et groupes armés se rendant coupables de sa violation. Cela leur permettrait d’exercer une pression sur les belligérants, tout en leur faisant comprendre leur intérêt à respecter ce droit.

    Recueilli par Malo Tresca

    (1) Auteur d’Une histoire de l’humanitaire, aux Éditions La Découverte, 2016, 9,99 €.


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  • Pas de plans valables pour l'après-guerre en Irak

    La commission mise en place il y a sept ans pour enquêter sur cette guerre livre mercredi 6 juillet 2016 ses conclusions. Tony Blair en prend pour son grade.

    Le Royaume-Uni a envahi l'Irak en 2003 sans avoir épuisé les options pacifiques et sans préparation adéquate face aux conséquences, a déclaré mercredi John Chilcot, présentant le rapport de la commission mise en place il y a sept ans pour enquêter sur cette guerre. Le rapport dresse un bilan sévère de l'action du Premier ministre Tony Blair, et John Chilcot a notamment relevé qu'il s'était engagé à suivre le président américain George Bush «quoi qu'il arrive», sans questionner sa politique.

    «Nous avons conclu que le Royaume-Uni avait décidé de se joindre à l'invasion de l'Irak avant que toutes les alternatives pacifiques pour obtenir le désarmement (du pays) ne soient épuisées», a dit M. Chilcot, estimant que «l'action militaire n'était pas inévitable à l'époque». Il a dénoncé le fait que Londres se soit appuyé sur des informations des services de renseignements qui n'avaient pas été suffisamment vérifiées.

    Invasion mal préparée

    «En mars 2003, il n'y avait pas de menace imminente de Saddam Hussein. La stratégie de confinement pouvait continuer pour un certain temps», a-t-il dit, soulignant que le conseil de sécurité des Nations unies soutenait la poursuite des inspections et de la surveillance.

    M. Chilcot a critiqué le manque de préparation du gouvernement britannique, dirigé par le travailliste Tony Blair. «Malgré les avertissements, les conséquences de l'invasion on été sous-estimées. La planification et les préparatifs pour un Irak sans Saddam étaient complètement inadéquats», a ajouté M. Chilcot.

    «Le gouvernement a échoué à prendre en compte l'ampleur de la tâche nécessaire pour stabiliser, administrer et reconstruire l'Irak et les responsabilités qui allaient incomber au Royaume-Uni», a-t-il poursuivi. Les efforts déployés par Londres «n'ont jamais été à la hauteur du défi» présenté, a-t-il ajouté.

    «Tony Blair, criminel de guerre»

    Quant aux ressources militaires engagées, elles ont été faibles et inadaptées. «Nous avons trouvé que le ministère de la Défense s'était montré lent à répondre à la menace présentée par les engins explosifs improvisés et que les retards enregistrés pour fournir les engins de patrouille blindés adéquats n'auraient pas dû être tolérés», a-t-il dit.

    179 soldats britanniques ont été tués dans le conflit, pendant les six ans d'engagement britannique jusque 2009. Mercredi matin, des manifestants ont accueilli Tony Blair devant son domicile. «Blair a menti, des milliers de personnes sont mortes», «Tony Blair, criminel de guerre», ont-ils crié.

    La réponse de l'accusé

    L'ex Premier ministre travailliste Tony Blair a affirmé mercredi avoir «agi de bonne foi et dans ce que je pensais être l'intérêt supérieur du pays», en participant à l'invasion de l'Irak aux côtés de Américains en 2003. Il réagissait ainsi dans un communiqué à la publication du rapport de la commission dirigée par John Chilcot mise en place il y a sept ans sur cette guerre, qui reproche à son gouvernement de ne pas avoir épuisé les options pacifiques et d'avoir agi sans préparation adéquate face aux conséquences.


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  • Sous 60 degrés l’été, les tranchées arméniennes s’allongent sur des dizaines de kilomètres.

    Les affrontements avec les Azéris ont temporairement cessé dans ce territoire sous contrôle arménien. Mais la haine grandit.

    «Chacun de mes soldats est un héros, prêt à défendre notre patrie!» Raide et fier, le lieutenant-colonel est sur le pied de guerre. A la tête de la position 168 sur la ligne de front du Haut-Karabakh, il vit avec ses hommes terrés le long des 600 mètres de tranchées. Avec, bien en vue, au bout des jumelles et des viseurs, la ligne adverse des Azéris, 300 à 500 mètres en face. Régulièrement, des tirs sporadiques brisent le silence de cette campagne vallonnée, couverte de grenadiers verdoyants et de canons camouflés.

    Un lourd bilan en avril

    Ces derniers jours, le calme est revenu. Car, depuis le soudain embrasement en avril après vingt-deux ans d’un conflit gelé, le cessez-le-feu est plus ou moins respecté au Haut-Karabakh. Cette minuscule et magnifique région montagneuse du Caucase sud est contrôlée par Erevan et peuplée de 150 000 habitants majoritairement Arméniens. Mais elle est revendiquée par Bakou et considérée comme partie intégrante de l’Azerbaïdjan aux yeux de la communauté internationale. Malgré la rencontre des deux présidents, Serge Sarkissian et Ilham Aliev, le 16 mai à Vienne pour relancer le processus de paix, l’accalmie est d’autant plus précaire que planent les souvenirs de la guerre de 1991 – 1994 et de ses 30 000 morts. Objet de manipulations, le bilan des affrontements d’avril reste inconnu. Une seule certitude: plusieurs centaines de personnes sont mortes, militaires et civiles.

    Des soldats terrés

    «Ils ont essayé de nous faire peur. Nous n’avons pas reculé. Parce que, derrière, ce sont nos maisons, nos fratries. Jamais nous ne céderons», lance le lieutenant-colonel de la position 168, qui refuse de donner son nom. A côté de lui, Edouard Pachiayan, soldat de 19 ans en treillis de camouflage, balance sa vielle Kalachnikov à l’épaule. «En face, on les suit, on les repère. S’ils nous attaquent encore, nous répliquerons comme en avril. Et, cette fois, nous prendrons leurs positions», glisse-t-il sur le ton de la vengeance. Contre les Azéris. Mais surtout contre leurs frères turcs qui, en crise permanente avec Erevan à cause du différend historique sur le génocide ottoman des Arméniens, sont soupçonnés d’attiser le conflit au Haut-Karabakh.

    Autour de ces soldats, sans électricité mais ravitaillés quotidiennement en eau et pain, le paysage ressemble à celui de Verdun: galeries pour s’enfouir à deux mètres de profondeur dans la terre séchée; postes de tir pour se cacher entre blocs de béton et vieux pneus; câbles métalliques couverts de canettes vides pour marquer le territoire et barbelés pour se protéger. Entre un vieux stock de lance-roquettes et de fusils de snipers, on trouve un jeu d’échecs, un frigidaire rempli de conserves, un buste de femme en treillis, un portrait du Christ. Sur des dizaines de kilomètres, sous 60 degrés l’été, s’allongent ainsi les tranchées arméniennes.

    En face, les soldats azéris vivent terrés eux aussi. La Russie arme les deux camps. Moscou, qui n’a pas intérêt à un nouvel embrasement, est cependant soupçonné d’entretenir le statu quo pour satisfaire son complexe militaro-industriel et conserver son pouvoir de nuisance dans la région. La Russie est aussi tenue de soutenir Erevan en cas d’agression militaire de Bakou.

    «On ne fait confiance à personne», prévient Héghiné, 52 ans, une mère de famille dans le village de Mataghis, près de la frontière. Lorsque tirs et bombardements ont commencé en avril, elle s’est cachée avec enfants et voisins dans l’abri de son jardin. Une quinzaine de personnes coincées sur 15 m2. Beaucoup d’autres habitants de la ligne de front se sont depuis réfugiés loin des combats. Héghiné, elle, reste dans sa maison. «Tout ce qu’on a construit dans notre vie est ici. Les nuits, on se réveille au moindre bruit. Je ne crois pas en la paix avec les Azéris. Tôt ou tard, ils vont repartir à l’attaque. Ils ne nous laisseront jamais», soupire-t-elle, regard et visage épuisés.

    «C’est pire qu’avant»

    A Stepanakert, la «capitale» du Haut-Karabakh, une ville séduisante et pleine de vie, les affrontements d’avril ont radicalisé les esprits. La logique de guerre prévaut. «Mon père est au front. Quand je serai grand, je veux combattre aussi», confie Armen, souriante tête brune de neuf ans dans une école du centre. En grande partie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et donc le Haut-Karabakh paient le prix de vingt ans de processus de paix qui, au-delà des négociations officielles, n’ont pas inclus suffisamment les sociétés civiles pour créer une confiance mutuelle. «C’est pire qu’avant: Azéris et Arméniens ne se parlent pas», regrette Susanna Petrosyan, à la tête d’une ONG indépendante pour jeunes. Elle avait pris l’habitude de rencontrer en territoire neutre des dirigeants d’associations de Bakou. Ce dialogue, même sur Facebook, est devenu trop risqué. «Mon message, y compris pour mes propres enfants, c’est que notre ennemi n’est pas le peuple azéri», insiste Susanna Petrosyan. Une perspective de paix qui semble perdue dans un lourd climat de guerre.


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  • L’Union Africaine se détourne du Burundi

    Le vingt-sixième sommet de l’Union africaine a décidé de ne pas intervenir militairement au Burundi.Choisi par ses pairs, c’est le Tchadien Idriss Déby qui prend la présidence tournante de l’UA.

    Après deux jours d’âpres négociations sur le dossier burundais, le 26e sommet de l’Union africaine (UA) s’est clôturé, dimanche 31 janvier, sur un constat d’échec. Elle n’enverra pas de soldats dans ce pays.

    Le 17 décembre, pourtant, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA en avait voté le principe. Il envisageait d’envoyer une force de 5 000 hommes, la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu), pour enrayer la spirale de violence qui frappe ce pays, depuis le mois d’avril : depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé se représenter pour un 3e mandat, alors que la Constitution n’en prévoit que deux.

    Le camp du refus l’emporte sur celui des interventionnistes

    Les partisans de la non-intervention ont su se faire entendre au CPS : en premier lieu, le Burundi qui, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Alain-Aime Nyamitwe, a déclaré son refus tout net.

    D’autres pays ont pesé en ce sens comme l’Égypte, la Gambie et la Guinée équatoriale. En face d’eux, les partisans de l’intervention, dont le Nigeria et l’Afrique du Sud, n’ont pas su trouver la majorité requise des deux-tiers du CPS pour acter la Maprobu.

    Les espoirs mis dans la capacité et la motivation de l’Union africaine à intervenir au Burundi se sont donc, une nouvelle fois, révélés vains. Prenant acte de ce revers, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, devrait se rendre au Burundi dans le courant du mois de février. Dans ses dossiers, la menace d’une intervention militaire sous le pavillon de l’ONU.

    Idriss Déby, le nouveau roi de l’UA

    Désigné par ses pairs d’Afrique centrale, à qui revenait la présidence tournante de l’UA, Idriss Déby a été nommé président de l’organisation panafricaine, ce samedi 30 janvier. Il a succédé au Zimbabwéen Robert Mugabe, pour un mandat d’un an.

    À l’issue du sommet, lors de sa conférence de presse finale, le nouveau président de l’UA s’en est pris à la CPI, l’accusant de ne s’attaquer qu’aux Africains.

    La mobilisation contre Boko Haram

    Lundi 1er février, les représentants de la communauté internationale ont promis, au siège de l’UA, de dégager 250 millions de dollars (231 MEUR) pour financer la Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF) contre Boko Haram.

    Cette force de 8 700 militaires, policiers et civils, a été créée par les quatre pays riverains du lac Tchad – Nigeria, Cameroun, Tchad et Niger – et le Bénin. Parmi les donateurs, le Nigeria, l’Union européenne, le Royaume-Uni, la Suisse et la Communauté des États sahélo-sahariens.


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    Un accord historique pourrait mettre fin à 50 ans de guerre entre Bogota et les rebelles.

    L'ONU a accepté lundi 25 janvier 2016 de superviser le règlement final du conflit vieux d'un demi-siècle entre le gouvernement colombien et la guérilla marxiste des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie)

    Aux termes d'une résolution du Conseil de sécurité adoptée à l'unanimité, une «mission politique» de l'ONU sera établie, à la demande des deux camps, avec des observateurs internationaux chargés de surveiller notamment le désarmement de la guérilla.

    La mission sera mise en place «pour une période de douze mois», avec une possibilité d'extension, afin de "surveiller et vérifier» un cessez-le-feu bilatéral définitif, la cessation des hostilités et le dépôt des armes par les deux camps.

    Délai de 30 jours

    L'ONU va «lancer immédiatement les préparatifs de la mission». Dans un délai de trente jours après la signature de l'accord de cessez-le-feu, son secrétaire général Ban Ki-moon devra soumettre au Conseil pour approbation des recommandations «sur la dimension, les aspects opérationnels et le mandat» de cette mission, qui sera composée «d'observateurs internationaux non armés».

    Ceux-ci seront recrutés parmi les pays de la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), qui tient mercredi un sommet à Quito.

    Le mandat et les détails du déploiement des observateurs devront faire l'objet d'une seconde résolution. Celle-ci pourrait être adoptée en février, mois pendant lequel la présidence du Conseil sera assurée par le Venezuela.

    Adopté par les 15 membres

    La ministre colombienne des Affaires étrangères Maria Angela Holguin Cuellar, qui participait à la réunion, a remercié le Conseil ainsi que les gouvernements de Cuba, de Norvège, du Chili et du Venezuela qui ont soutenu le processus de paix entre Bogota et les Farc.

    Elle a noté que c'est la quatorzième fois seulement en 70 ans d'existence des Nations unies qu'une résolution est à la fois co-parrainée et adoptée par l'ensemble des 15 membres du Conseil.

    «La volonté des membres du Conseil de travailler avec la Colombie est essentielle pour le succès du processus» de paix, a-t-elle déclaré, soulignant que les Colombiens «ont confiance dans leur capacité de réconciliation».

    «La paix en Colombie sera bonne non seulement pour nous mais pour la région», a-t-elle affirmé.

    Continent de paix

    «Nous montrons que l'Amérique latine est un continent de paix, débarrassé des conflits armés», a renchéri son homologue uruguayen Rodolfo Nin Novoa, qui présidait la session. L'Uruguay préside le Conseil en janvier.

    Il reste «beaucoup de travail» avant la paix, a averti l'ambassadrice américaine auprès de l'ONU Samantha Power en promettant l'aide des Etats-Unis à Bogota. Il faudra aussi, a-t-elle expliqué, rendre justice aux victimes, aider les communautés qui ont souffert du conflit et réintégrer les ex-guérilleros dans la société colombienne.

    L'ambassadeur britannique Matthew Rycroft, dont le pays a rédigé la résolution, a salué «un moment positif» pour les Nations unies.

    Un demi-siècle de conflit

    «Il y a bien longtemps qu'un pays n'avait pas sollicité de sa propre initiative le Conseil pour avoir une autorisation de l'ONU à d'importants aspects d'un accord de paix», a-t-il souligné. La guérilla des Farc et le gouvernement colombien s'affrontent depuis plus d'un demi-siècle.

    Leurs représentants avaient annoncé mardi dernier à La Havane un accord pour demander aux Nations unies de superviser la fin de leur conflit. Ils ont pris vendredi des dispositions pour accélérer les négociations qu'ils mènent depuis fin 2012 à La Havane.

    Il y a quelques mois, Bogota et les Farc ont convenu de signer un accord de paix définitif avant le 23 mars, qui mettra fin au conflit armé le plus ancien d'Amérique latine.

    Celui-ci a fait au moins 220'000 morts, six millions de déplacés et des dizaines de milliers de disparus. Les Farc, issues en 1964 d'une insurrection paysanne, comptent encore environ 7'000 combattants, selon les autorités.


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  • L'Union africaine va déployer 5000 hommes

    Même si Bujumbura s'opposait à l'envoi de cette mission, l'organisation prendrait des «mesures supplémentaires» pour en assurer le déploiement.

    L'Union africaine (UA) a annoncé samedi 19 décembre 2015 qu'elle allait envoyer une mission de 5000 hommes au Burundi pour tenter de stopper les violences dans ce pays. Elle a menacé Bujumbura de se déployer même sans son accord.

    L'envoi d'une Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu) «pour une période initiale de six mois, renouvelable» a été décidé vendredi par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA. Celui-ci a demandé au gouvernement burundais «de confirmer dans les 96 heures suivant l'adoption de ce communiqué qu'il accepte le déploiement de la Maprobu et de coopérer avec elle».

    Le CPS a prévenu que si Bujumbura devait s'opposer à l'envoi de cette mission, l'UA prendrait des «mesures supplémentaires» pour en assurer le déploiement.

    Accord peu probable

    Il est peu cependant probable que les autorités burundaises, qui ne cessent de dénoncer l'immixtion de la communauté internationale dans leur gestion de la crise politique dans laquelle est plongé le pays depuis huit mois, acceptent un déploiement militaire sur leur sol.

    Le porte-parole du gouvernement burundais, Philippe Nzobonariba, avait affirmé vendredi que cette force régionale, malgré la règle mentionnée par l'UA, ne serait pas autorisée à entrer sur le territoire national. «Ils ne peuvent pas envahir un pays si ce dernier n'est pas informé et ne l'autorise pas», avait-il déclaré.

    Le CPS a toutefois insisté sur sa «détermination à prendre toutes les mesures appropriées contre toutes parties ou acteurs, quel qu'ils soient, qui empêcheraient la mise en oeuvre de cette présente décision».

    Protection des civils

    La Maprobu comptera à ses débuts jusqu'à 5000 hommes, soldats et policiers, ainsi qu'une composante civile, et intégrera les observateurs des droits de l'Homme et experts militaires déjà déployés au Burundi, a expliqué le CPS.

    Elle aura pour objectif d'éviter «la détérioration de la situation sécuritaire», de contribuer «à la protection des populations civiles en danger immédiat», d'aider à créer les «conditions nécessaires» à la réussite d'un dialogue inter-burundais, et de faciliter «la mise en oeuvre de tout accord» auquel parviendraient les différentes parties.

    Aucun détail n'a été fourni sur les pays qui pourraient participer à cette mission. Le CPS a demandé à l'UA d'entamer rapidement des discussions avec ses Etats membres et avec les «pays de la région» impliqués dans la Force est-africaine en attente (EASF), pour qu'ils fournssent «les troupes et les policiers nécessaires» à la création rapide de cette mission.

    L'EASF est une composante régionale de la Force africaine en attente (FAA) et n'a encore jamais été déployée. Dix pays lui fournissent des troupes: le Burundi, les Comores, Djibouti, l'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda, le Rwanda, les Seychelles, la Somalie et le Soudan.

    Attaque meurtrière

    La décision du CPS intervient une semaine après l'attaque le 11 décembre de trois camps militaires à Bujumbura et en province, les affrontements les plus intenses au Burundi depuis une tentative ratée de coup d'Etat militaire en mai.

    Les affrontements et les opérations de ratissage qui ont suivi ont fait officiellement 87 morts, mais des ONG et l'ONU évoquent un bilan «bien plus élevé», dénonçant des exécutions extra-judiciaires.

    Le Burundi a plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat jugé par ses adversaires contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha ayant permis la fin de la guerre civile (1993-2006) entre l'armée dominée alors par la minorité tutsi et des rébellions hutu.


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