• Les deux prévenus au tribunal.

    Nuon Chea, 90 ans, et Khieu Samphan, 85 ans, avaient été condamnés à la prison à vie en août 2014 pour crimes contre l'humanité.

    Le tribunal international jugeant les Khmers rouges au Cambodge a confirmé mercredi en appel la condamnation à vie des deux plus hauts dirigeants khmers rouges encore vivants. Les deux hommes sont en parallèle jugés dans le cadre d'un deuxième procès.

    Nuon Chea, aujourd'hui âgé de 90 ans, et Khieu Samphan, 85 ans, avaient été condamnés à la prison à vie en août 2014 pour crimes contre l'humanité par ce tribunal de Phnom Penh parrainé par l'ONU. Ils assurent n'avoir pas été au courant des atrocités commises entre 1975 et 1979. Deux millions de Cambodgiens, soit un quart de la population, sont alors morts d'épuisement, de famine, ou à la suite de tortures et d'exécutions.

    membres du cercle de Pol Pot

    Le juge Kong Srim a maintenu, lors de son long énoncé du verdict, que les deux hommes, membres du premier cercle de Pol Pot, avaient marqué le tribunal par leur «complet manque de considération pour le sort du peuple cambodgien» et souligné que l'étendue de leurs crimes était «considérable».

    Par conséquent, «la prison à vie pour chacun des accusés est appropriée», a ajouté le juge devant plusieurs centaines de Cambodgiens venus assister à l'audience. Nuon Chea et Khieu Samphan ont écouté, impassibles, la lecture du verdict.

    Tourner la page

    «Ce sont des monstres et c'est leur destin» de rester en prison jusqu'à la fin de leurs jours, s'est félicitée, parmi le public, une Cambodgienne de 74 ans qui a perdu 50 membres de sa famille sous le régime khmer rouge.

    Malgré l'étendue des crimes des Khmers rouges, qui n'ont pas épargné une seule famille dans le pays, la volonté aujourd'hui au Cambodge de tourner la page est forte.

    Le verdict a néamoins été retransmis à la télévision nationale, malgré les attaques répétées contre le tribunal et son utilité de l'homme fort du Cambodge, l'inamovible Premier ministre Hun Sen, qui plaide la nécessaire réconciliation nationale. Hun Sen dit craindre que l'ouverture de nouveaux procès ne provoque de nouveaux conflits dans le pays.

    Des précédents

    Les Etats-Unis, par la voix de leur ambassade à Phnom Penh, ont quant à eux «salué» la décision et assuré de leur soutien le tribunal jugeant les crimes de cette «page la plus sombre de l'Histoire du Cambodge».

    Jusqu'ici, seules trois personnes ont été condamnées par le tribunal, créé en 2006, même si le procès de plusieurs responsables de moindre rang est en projet.

    Avant Nuon Chea et Kieu Samphan, le tribunal, critiqué pour ses lenteurs, avait condamné à la perpétuité Douch, de son vrai nom Kaing Guek Eav, chef de la prison de Phnom Penh S-21, où 15'000 personnes ont été torturées avant d'être exécutées.

    Autre procès

    Malgré la volonté générale de passer à autre chose, le processus judiciaire suit son cours: Nuon Chea et Khieu Samphan sont en parallèle jugés dans le cadre d'un deuxième procès consacré au génocide de minorités, aux mariages forcés, viols et autres crimes perpétrés dans les camps de travail.

    Des milliers de charniers ont été découverts après la chute des Khmers rouges, mus par une utopie marxiste qui prétendait défaire la société de la contrainte de l'argent et bannir la religion.

    Le deuxième procès doit s'achever en 2016. Le verdict est attendu fin 2017.


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  • La « Première Dame » des Khmers rouges est morte

    On a prêté à Ieng Thirith une influence notable sur la direction du « Kampuchéa démocratique », qui a notamment institutionnalisé les mariages forcés, dissous les familles, aboli l’éducation.

    Ieng Thirith, ministre des Affaires sociales du régime cambodgien des Khmers rouges est décédée samedi 22 août à l’âge de 83 ans. Elle était l’un des très rares cadres du régime à être poursuivi par le tribunal international parrainé par l’ONU pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

    Elle avait été libérée en 2012, inapte à être jugée en raison d’un diagnostic de démence. Hospitalisée pendant de longs mois en Thaïlande, elle est décédée à Pailin le samedi 22 août, dans l’ouest du Cambodge, après être restée « sous contrôle judiciaire » jusqu’à sa mort, a annoncé le tribunal de Phnom Pehn, parrainé par les Nations unies.

    La belle-sœur de Pol Pot

    C’est à ses liens familiaux que Ieng Thirith – de son nom de naissance Khieu Thirith – a dû son accession. Issue de la haute société cambodgienne, cette fille d’un juge a étudié la littérature en France, à la Sorbonne, à Paris. En 1951, elle y rencontre son futur mari, Ieng Sary, qui fréquente alors les cercles marxisants du mouvement anticolonialiste.

    Lorsque les Khmers rouges s’emparent du pouvoir en 1975, Ieng Sary devient ministre des Affaires étrangères et elle ministre des Affaires sociales.

    La militante était aussi la belle-sœur de Pol Pot, numéro un du régime décédé en 1998 sans avoir été jugé. En effet, sa sœur Khieu Ponnary était l’épouse de Pol Pot. Celle-ci a souffert très tôt de problèmes mentaux, ce qui l’a empêchée de jouer un rôle politique de premier plan.

    Ieng Thirith est ainsi appelée la « Première dame » d’un régime responsable de la mort de près de deux millions de personnes.

    Un pouvoir réel

    On a prêté à Ieng Thirith une influence notable sur la direction du « Kampuchéa démocratique », qui a notamment institutionnalisé les mariages forcés, dissous les familles, aboli l’éducation.

    « Ieng Thirith n’était pas un individu passif qui s’est lié aux Khmers rouges juste par son statut d’épouse de Ieng Sary et de belle-sœur de Pol Pot », souligne Youk Chhang, directeur du Centre de documentation du Cambodge, spécialisé dans les recherches sur cette période.

    « Elle était un membre important du parti qui exerçait un pouvoir au niveau national », ajoute-t-il.

    Elle promet les « sept cercles de l’enfer » à ses juges

    Jusqu’au bout, et longtemps après la chute des Khmers rouges, elle défendra le bilan du régime, avant finalement de rejeter toute responsabilité dans les faits qui lui étaient reprochés et de refuser toute coopération avec l’institution judiciaire.

    En 2007, après la création du tribunal international, elle est arrêtée avec son mari dans leur luxueuse villa de Phnom Penh.

    En 2009, quoique déjà affaiblie, elle trouve suffisamment d’énergie pour une diatribe devant les juges à qui elle promet « les sept cercles de l’enfer » s’ils l’accusent d’être une meurtrière.

    Selon des documents du tribunal, elle assistait pourtant bien aux conseils des ministres du régime. Elle a également supervisé le contrôle strict de la distribution des médicaments.

    « Ieng Thirith a été personnellement responsable et directement impliquée dans le refus d’accorder aux Cambodgiens les soins de santé même les plus basiques », insiste Youk Chhang.

    Elle a également ordonné des purges contre les traîtres présumés et était au courant des exécutions de ceux que le régime voyait comme ses ennemis, toujours selon les documents du tribunal.

    Depuis la mort de Ieng Sary en 2013, à 87 ans, seuls deux hauts dirigeants du régime – le « Frère numéro deux » Nuon Chea, 87 ans, et l’ancien chef d’État Khieu Samphan, 82 ans, – sont jugés pour leur responsabilité dans la mort de deux millions de personnes d’épuisement, de maladie, sous la torture ou au gré des exécutions.


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  • L'idéologue du régime khmer rouge face à la justice

    Le procès en appel des deux anciens hauts dirigeants khmers rouges encore en vie, déjà condamnés à la perpétuité pour crimes contre l'humanité, s'est ouvert au Cambodge.

    Ils ont déjà été condamnés à perpétuité pour crimes contre l'humanité. Mais c'est un procès en appel auquel ils font face. Nuon Chea, l'idéologue du régime, 88 ans, et le chef de l'Etat de l'ex-«Kampuchéa démocratique» Khieu Samphan, 83 ans, sont jugés jeudi 2 juillet 2015.

    Tous deux assurent n'avoir pas été au courant des atrocités commises pendant le régime de Pol Pot.

    «Au nom des Nations unies et du peuple cambodgien, l'audience en appel est ouverte», a annoncé Kong Srim, président de ce tribunal spécial de Phnom Penh, parrainé par l'ONU, créé pour juger un régime qui fit près de deux millions de morts entre 1975 et 1979.

    Idéologue du régime

    Nuon Chea, l'idéologue du régime, 88 ans, et le chef de l'Etat de l'ex-«Kampuchéa démocratique» Khieu Samphan, 83 ans (notre photo), avaient été condamnés en août 2014 pour crimes contre l'humanité par ce même tribunal.

    Ils assurent n'avoir pas été au courant des atrocités commises pendant le régime de Pol Pol, dans le cadre d'une utopie marxiste jusqu'au-boutiste visant à créer une société agraire, sans monnaie ni citadins.

    Témoins attendus

    Pendant deux semaines, plusieurs témoins doivent être entendus, dont d'anciens responsables khmers rouges, à la demande de l'équipe d'avocats de Nuon Chea.

    L'octogénaire, au regard caché derrière ses habituelles lunettes de soleil, a quitté la salle au bout de moins de deux heures d'audience, afin de la suivre par écran interposé dans une salle séparée, en raison de douleurs dorsales selon ses avocats.

    Le jugement en appel est annoncé par la Cour au premier trimestre 2016.


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  • Perpétuité pour les deux dirigeants khmers rouges

    Le Cambodge a rendu un verdict historique envers les deux plus hauts dirigeants khmers rouges encore vivants. Ils ont été condamnés à la la prison à vie pour les crimes commis entre 1975 et 1979.

    Les deux plus hauts dirigeants khmers rouges encore vivants ont été condamnés jeudi à la prison à vie pour crimes contre l'humanité, un verdict «historique» 35 ans après la chute d'un régime qui a fait quelque deux millions de morts au Cambodge entre 1975 et 1979.

    L'idéologue du régime Nuon Chea, 88 ans, et le chef de l'Etat du «Kampuchéa démocratique» Khieu Samphan, 83 ans, ont été reconnus «coupables des crimes contre l'humanité d'extermination, de persécution politique, et d'autres actes inhumains», dont les déplacements forcés de population et les disparitions forcées, a déclaré Nil Nonn, juge du tribunal de Phnom Penh parrainé par l'ONU.

    Il a précisé que compte tenu «de la gravité des crimes», ils resteraient en détention même s'ils faisaient appel de cette condamnation. «C'est un jour historique pour les victimes cambodgiennes qui ont attendu 35 ans» pour obtenir justice, a commenté Lars Olsen, porte-parole de la Cour.

    Depuis 2011

    Les deux octogénaires, poursuivis pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, comparaissent depuis 2011 devant le tribunal, mais pour tenter d'obtenir au moins un verdict avant leur mort, la procédure complexe a été découpée.

    Le jugement de jeudi concerne le premier «mini-procès» qui s'est concentré sur les crimes contre l'humanité liés à l'une des plus grandes migrations forcées de l'Histoire moderne.

    Après leur prise du pouvoir en avril 1975, les Khmers rouges ont en effet vidé les villes du pays, en application d'une utopie marxiste délirante visant à créer une société agraire, sans monnaie ni citadins.

    Yim Sovann, 54 ans, faisait partie des quelque deux millions d'habitants de Phnom Penh forcés en quelques jours d'évacuer la capitale, pour rejoindre un camp de travail à la campagne. «La nuit, nous avions l'ordre de creuser des canaux d'irrigation. Parfois, on me faisait travailler dans les rizières jusqu'à minuit», a raconté celle qui était alors adolescente.

    Comme beaucoup de Cambodgiens, elle a perdu plusieurs membres de sa famille sous les Khmers rouges, notamment son père, ancien agent secret, exécuté, et sa petite soeur, disparue après avoir été accusée d'avoir volé une poignée de riz.

    Tourner la page

    Alors beaucoup espèrent que le verdict de jeudi permettra de commencer à tourner la page sur un chapitre traumatisant de l'Histoire du pays. «Je n'oublierai jamais les souffrances mais (ce verdict) est un grand soulagement pour moi. C'est une victoire et un jour historique pour tous les Cambodgiens», a réagi Khieu Pheatarak, 70 ans, évacuée de Phnom Penh en 1975.

    A l'issue de deux années d'audiences, l'accusation avait requis en octobre l'emprisonnement à vie contre les deux accusés, soit la peine maximale prévue par le tribunal qui a exclu dès sa création la peine de mort.

    Les deux octogénaires, arrêtés en 2007, ont eux nié toutes les accusations retenues contre eux, assurant n'être pas responsables des atrocités d'un régime qui a conduit à la mort d'un quart de la population du pays, d'épuisement, de maladie, sous la torture ou au gré des exécutions. A l'ouverture symbolique du procès en juin 2011, avant son découpage, quatre anciens responsables étaient dans le box des accusés.

    Libérée en 2012

    Mais la ministre des Affaires sociales du régime Ieng Thirith, considérée inapte à être jugée pour cause de démence, a été libérée en 2012. Son mari Ieng Sary, ancien ministre des Affaires étrangères, est décédé l'an dernier à 87 ans.

    Le tribunal, critiqué pour ses lenteurs, n'a rendu jusqu'à présent qu'un verdict définitif, contre Douch, de son vrai nom Kaing Guek Eav, chef de la prison de Phnom Penh S-21, ou Tuol Sleng, où 15.000 personnes ont été torturées avant d'être exécutées en dehors de la ville. Il a été condamné en appel en 2012 à la prison à perpétuité.

    Le deuxième procès de Nuon Chea et Khieu Samphan s'est ouvert fin juillet. Il doit couvrir les accusations de génocide --qui concernent uniquement les Vietnamiens et la minorité musulmane des Chams--, les mariages forcés et les viols commis dans ce cadre, ainsi que les crimes commis dans plusieurs camps de travail et prisons, dont S-21.

    Pol Pot, le «frère numéro un», est mort en 1998 sans avoir été jugé.

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    7 août 2014 – La Chambre de première instance des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) a déclaré jeudi deux ex-dirigeants khmers rouges, Nuon Chea et Khieu Samphan, coupables de crimes contre l'humanité commis entre le 17 avril 1975 et décembre 1977 et les a condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.

     

    Nuon Chea a été secrétaire-adjoint du Parti communiste du Kampuchéa démocratique (PCK). Il détenait avec Pol Pot le pouvoir décisionnel ultime au sein du parti. Khieu Samphan est devenu membre candidat du Comité central du PCK en 1971 et membre de plein droit en 1976. En avril 1976, Khieu Samphan a été nommé Président du Présidium de l'État.

     

    La Chambre de première instance est convaincue que Nuon Chea et Khieu Samphan ont participé à une entreprise criminelle commune ayant pour projet de réaliser une révolution socialiste rapide, par tous les moyens, à la faveur d'un « grand bond en avant ».

     

    La Chambre est convaincue que ce projet commun a été mis en oeuvre à l'aide de politiques ayant pour objet de transférer de force les habitants des villes et de procéder à des déplacements forcés de population entre les zones rurales. En avril 1975, les soldats khmers rouges ont procédé à l'évacuation forcée de Phnom Penh et déplacé au moins deux millions de personnes, sous des prétextes fallacieux et des menaces, souvent sous la pression des armes, pratiquement sans avertissement, et dans une situation marquée par la terreur et les actes de violence.

     

    La Chambre de première instance est également convaincue que Nuon Chea et Khieu Samphan ont mis en oeuvre le projet commun en ayant recours à une politique ayant consisté à prendre des mesures spécifiques à l'encontre des anciens soldats et fonctionnaires de la République khmère. Cette politique a notamment eu pour résultat l'exécution à Tuol Po Chrey, immédiatement après le 17 avril 1975, d'au moins 250 soldats et fonctionnaires de la République khmère.

     

    La Chambre a dit que Nuon Chea et Khieu Samphan, par leur participation à l'entreprise criminelle commune, ont commis des crimes contre l'humanité. Selon elle, ils ont aussi planifié, incité à commettre et aidé et encouragé les crimes suivants : extermination, autres actes inhumains (sous la forme de disparitions forcées) et persécution pour motifs politiques. La Chambre a dit en outre que Nuon Chea avait ordonné ces crimes.

     

    Selon la Chambre, Nuon Chea seul était pénalement responsable à titre de supérieur hiérarchique pour tous les crimes commis lors des déplacements de population et à Tuol Po Chrey.

     

    La Chambre a condamné Nuon Chea et Khieu Samphan à la réclusion criminelle à perpétuité, rappelant qu'ils ont chacun le droit de faire appel des déclarations de culpabilité et de la condamnation.

     

    La Chambre a aussi approuvé la mise en oeuvre de onze projets ayant pour objet de reconnaître de manière appropriée le dommage subi par les parties civiles. Elle a notamment approuvé l'instauration d'une journée nationale officielle de commémoration, l'édification à Phnom Penh d'un monument commémoratif en hommage aux victimes des évacuations forcées et un projet de témoignages à visée thérapeutique.

    Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a pris note du jugement, estimant qu’il s’agissait d’un « jour capital pour le peuple du Cambodge et pour la justice criminelle internationale. »

    M. Ban a aussi salué la décision de l’Assemblée nationale du Cambodge de tenir des sessions à partir du 8 août avec tous ses membres, dont les parlementaires de l’opposition. Il a également salué la réouverture du Parc de la liberté à Phnom Penh et a encouragé les deux principaux partis politiques au Cambodge à continuer leurs efforts pour mener des réformes et renforcer les institutions démocratiques, a indiqué son porte-parole dans une déclaration à la presse.


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  • Deux hauts dirigeants khmers rouges jugés pour génocide

    Khieu Sampan, 83 ans, est un des deux dirigeant khmers rouges jugés pour génocide

    Le deuxième procès des deux plus hauts responsables khmers rouges encore vivants s'est ouvert mercredi 30 juillet 2014devant le tribunal de Phnom Penh, parrainé par l'ONU.

    Au Cambodge, deux hauts dirigeants khmers rouges sont jugés pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

    L'idéologue du régime Nuon Chea, 88 ans, et le chef de l'Etat du «Kampuchéa démocratique» Khieu Samphan, 83 ans, comparaissent depuis 2011 pour leurs responsabilités dans les atrocités commises entre 1975 et 1979 au nom d'une utopie marxiste délirante qui a fait environ deux millions de morts.

    Mais pour tenter d'obtenir au moins un verdict avant la mort d'accusés octogénaires qui nient toutes les charges retenues contre eux, la procédure complexe a été découpée.

    Le premier «mini-procès», qui a duré deux ans, s'est concentré sur les crimes contre l'humanité qu'ont constitués les déplacements forcés de population, lorsque les villes ont été vidées de leurs habitants envoyés travailler dans des fermes collectivistes. Le verdict est attendu le 7 août.

    Massacre des Khmers par les Khmers

    Le deuxième procès, qui a débuté mercredi en l'absence de Nuon Chea excusé pour raisons médicales, abordera les accusations de génocide, qui ne concernent que les Vietnamiens et la minorité ethnique des Chams musulmans.

    Le terme de génocide est communément utilisé pour évoquer cette période, mais les massacres, fussent-ils de masse, des Khmers par les Khmers ne sont pas considérés par les Nations unies comme un génocide.

    Le terme s'applique en revanche aux quelque 20'000 victimes vietnamiennes et 100'000 à 500'000 Chams, sur 700'000, qui ont été tués par le régime, selon des estimations.

    Maladie, torture et exécutions

    Au total, deux millions de personnes, soit un quart de la population, sont mortes d'épuisement, de maladie, sous la torture ou au gré des exécutions sous le régime de Pol Pot, décédé en 1998 sans avoir été jugé.

    Le nouveau procès se penchera aussi sur des crimes contre l'humanité et crimes de guerre. C'est «immensément important pour les survivants» parce que le champ du premier procès était «relativement limité», a noté Anne Heindel, conseillère juridique du Centre de documentation du Cambodge.

    Celui-ci va permettre de constituer un «dossier de preuves sur (le processus) de prise de décision qui a conduit aux vastes horreurs», a-t-elle ajouté, craignant toutefois que les accusés n'entendent jamais ce verdict.

    L'horreur de la prison S-21

    Selon le porte-parole du tribunal Lars Olsen, le procès pourrait durer jusqu'à 2016. L'examen des faits devrait commencer au dernier trimestre 2014, après des audiences cette semaine consacrées à des questions de procédure.

    Le procès examinera notamment les mariages forcés et les viols commis dans le cadre de cette politique destinée à encourager les naissances. Ce sera la première occasion d'obtenir justice pour des dizaines de milliers de couples, souvent mariés lors de cérémonies collectives.

    Les audiences aborderont également les crimes commis dans plusieurs prisons, en particulier celle de Phnom Penh, S-21 ou Tuol Sleng, où quelque 15'000 personnes ont été torturées avant d'être exécutées.

    Le tribunal, critiqué pour ses lenteurs, n'a rendu jusqu'à présent qu'un seul verdict. En 2012, Kaing Guek Eav, le chef de la prison S-21 mieux connu sous le nom de «Douch», a été condamné en appel à la prison à perpétuité.


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  • Fin des audiences au procès des khmers rouges Khieu Samphan et Nuon Chea, avant un jugement en 2014

    Fin des audiences au procès des khmers rouges Khieu Samphan et Nuon Chea, avant un jugement en 2014

    31 octobre 2013 – Au terme des 10 journées d'audiences, la Chambre de première instance des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) a clôturé les débats du premier procès de Khieu Samphan et Nuon Chea.

    « La Chambre se retire maintenant pour délibérer et un jugement sera prononcé durant la première moitié de 2014 », précise un communiqué de presse

    Le public a manifesté un intérêt sans précédent pour ce procès, plus de 100.000 personnes ayant assisté aux 222 jours d'audience, qui se sont achevées par les réquisitions et plaidoiries finales.

    Khieu Samphan est l'ancien chef d'État du Kampuchéa démocratique et Nuon Chea l'ancien secrétaire-adjoint du Parti communiste du Kampuchéa.

    Généralement considérés comme les numéros 1 et 2 du régime khmer rouge, ils sont inculpés de crimes contre l'humanité pour leur rôle dans l'évacuation forcée de Phnom Penh en avril 1975 et les déplacements de populations qui ont suivi, ainsi que dans les exécutions alléguées de soldats de la République khmère à Toul Po Chrey.

    Quatre-vingt-dix-neuf personnes ont déposé à l'audience, dont trois témoins-experts, 53 témoins, cinq témoins de personnalité et 31 parties civiles, auxquels s'ajoutent 2 médecins traitants et 2 médecins experts qui ont donné leurs avis sur la santé des accusés, précise le communiqué

    La Chambre a également entendu des dépositions concernant le contexte historique et la formation du régime khmer rouge, les rôles des accusés au sein de ce gouvernement et les structures administratives et de communication au sein de ce régime.

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    Au Cambodge, les derniers dirigeants khmers rouges plaident non coupables

    À la clôture de la première phase de leur procès à Phnom Penh, Nuon Chea et Khieu Samphan ont cherché à minimiser leur rôle sous le régime révolutionnaire (1975-1979) des Khmers rouges.

    Nuon Chea a présenté ses excuses. Pour le reste, il n’a pas varié d’un iota. Les auditions de 57 témoins et 32 parties civiles pendant deux années de procès ne semblent avoir eu aucun effet sur l’ancien idéologue et numéro deux du régime khmer rouge, jugé en même temps que Khieu Samphan, l’ancien chef de l’État entre 1976 et 1979. Assis dans son fauteuil roulant à la barre, il a débité, jeudi 31 octobre, sa version de l’histoire comme à l’ouverture de la procédure publique en 2011, utilisant parfois les mêmes expressions.

    Les exécutions de soldats de l’ancien régime dès le 17 avril 1975, quand les Khmers rouges prennent le pouvoir à Phnom Penh ? Il n’en avait « pas connaissance ». Il s’agissait de la « vengeance » de « cadres d’échelon inférieur », a précisé l’ancien dirigeant khmer rouge, aujourd’hui âgé de 87 ans. Le témoignage accablant d’un de ses subordonnés ? « Il est en colère, il essaie de m’impliquer », a justifié Nuon Chea, sans jamais lever les yeux de son texte. Les meurtres et la famine ? « C’est le Vietnam qui a tué et affamé », a-t-il osé accuser.

    La faute aux autres

    Pendant une heure et demie, Nuon Chea a rejeté la faute sur tous, les Américains impérialistes, les Français colonisateurs et ses camarades de révolution décédés. Il n’a reconnu qu’une seule erreur, avoir recruté « des cadres qui ont trahi le parti communiste cambodgien ».

    Nuon Chea et Khieu Samphan, 82 ans, sont accusés de crimes contre l’humanité pour avoir dirigé deux vagues d’évacuations forcées de population, en 1975 et 1976, et planifié les exécutions de militaires de l’ancien régime. Jeudi 31 octobre, les cinq magistrats cambodgiens, français et néo-zélandais du tribunal de Phnom Penh se sont retirés en délibéré. Ils rendront leur verdict l’an prochain.

    Le 21 octobre, le procureur a requis à l’encontre de ces deux dirigeants khmers rouges la peine maximale, la réclusion à perpétuité. Ce jour-là, Nuon Chea n’est apparu qu’un quart d’heure dans le prétoire, préférant se retirer dans une cellule plus confortable en sous-sol, en raison de son état de santé.

    Impassible face aux accusations

    Alors que l’accusation formulait son réquisitoire, Khieu Samphan est resté impassible, occupé à ranger ses stylos et ses notes. Les avocats français de ce docteur en économie formé à Paris ont essayé de faire planer le doute sur ses responsabilités à l’époque. Ils l’ont décrit comme un simple « conseiller technique ». Il n’aurait pas pris part à la décision du second transfert forcé de population puisqu’il était vraisemblablement à l’étranger à ce moment-là.

    Pendant tout le déroulé de cette argumentation, Khieu Samphan a semblé absent, les yeux mi-clos, la tête appuyée sur son poing. C’est lui qui a pris la parole en dernier, jeudi 31 octobre, avant que le rideau ne se referme sur le prétoire. Il avait promis de s’expliquer devant ses compatriotes. Il ne l’a pas fait. « Personne ne veut m’écouter, a-t-il lancé à la barre. Je ne veux pas stupidement essayer de convaincre. » 

    Lui aussi n’a admis qu’un seul tort : ne pas avoir recherché à acquérir plus de pouvoir, ce qui aurait pu lui permettre de découvrir les crimes de masse et d’intervenir.

    Mise en doute de l’équité du procès

    Pendant quatre jours de plaidoiries, les avocats de ces deux vieillards ont cherché à discréditer la juridiction hybride, mi-cambodgienne mi-internationale, installée à Phnom Penh. Elle n’a pas réussi à entendre six témoins proches du gouvernement actuel, dont le premier ministre Hun Sen, le président du Sénat et celui de l’Assemblée nationale, tous les trois d’anciens Khmers rouges. Ils n’ont pas répondu à leurs convocations à l’instruction.

    Victor Koppe, le conseil néerlandais de Nuon Chea, a mis en doute le caractère « équitable » du procès dans ces conditions. Il a décrit un tribunal prisonnier des intérêts des vainqueurs, des États-Unis et de leurs alliés, qui veulent « punir le communisme pour les absoudre des crimes qu’ils ont commis au nom du monde libre ».

    Entre 1965 et 1973, en pleine guerre froide, les États-Unis ont déversé sur le Cambodge des centaines de milliers de tonnes de bombes pour contenir la progression des communistes vietnamiens infiltrés dans le pays. La défense ne s’est pas privée de le rappeler, comme pour signifier au public et à l’histoire, bien au-delà des oreilles des juges, que les Khmers rouges n’auraient pas dû être les seuls dans le box à Phnom Penh.

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    L’histoire du Cambodge

    Avant le XIXe  siècle, le Cambodge connaît des phases de gloire avec l’empire khmer et de déclin, notamment du fait des conflits avec les Vietnamiens et Siamois.

    1863 Le Cambodge devient un protectorat français.

    1953 Le roi Norodom Sihanouk proclame l’indépendance.

    1970 Sihanouk est déposé par le général Lon Nol. Proclamation de la République khmère et engagement dans la guerre du Vietnam aux côtés des Américains.

    1975 Les Khmers rouges prennent le contrôle du pays. Le régime totalitaire fait de un à trois millions de morts.

    1979 L’armée vietnamienne chasse les Khmers rouges et met en place un gouvernement qui lui est favorable.

    1989 Les forces vietnamiennes se retirent.

    1993 Sihanouk est élu chef de l’État. La monarchie parlementaire a deux premiers ministres : Norodom Ranariddh (fils du prince Sihanouk) et Hun Sen.

    1997 Début de guerre civile et éviction de Norodom Ranariddh.

    1998 Mort de Pol Pot, l’ancien chef khmer rouge. Hun Sen devient premier ministre.

    2004 Norodom Sihanouk abdique au profit de son fils Norodom Sihamoni.

    2008 et 2013 Victoire du Parti populaire du Cambodge aux élections législatives. Hun Sen reste premier ministre.

     


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  • Cambodge : le tribunal soutenu par l'ONU chargé de poursuivre les auteurs de génocide obtient un prêt pour payer son personnel

    Cambodge : le tribunal soutenu par l'ONU chargé de poursuivre les auteurs de génocide obtient un prêt pour payer son personnel

    Le porte-parole de l'Assistance de l'ONU aux Chambres extraordinaires des tribunaux cambodgiens (CETC), Lars Olsen.

    18 septembre 2013 – L'Organisation des Nations Unies a annoncé mercredi avoir obtenu auprès des principaux bailleurs de fonds un prêt afin de régler les salaires des employés du tribunal chargé de juger les accusés de génocide au Cambodge.

    Selon un porte-parole de l'ONU au Cambodge, Lars Olsen, le prêt octroyé à la composante nationale des Chambres extraordinaires des tribunaux cambodgiens (CETC) est strictement remboursable et doit servir a payer les arriérés de salaires du personnel local.

    « L'ONU continue de travailler avec les principaux bailleurs de fonds pour financer le paiement des salaires du personnel national pour le reste de l'année 2013 », a expliqué le porte-parole dans un communiqué de presse. « Nous espérons que le personnel national des CETC sera désormais en mesure de reprendre le travail ».

    Plus de 100 employés se sont mis en effet en grève début septembre, après la suspension de leurs salaires pendant plus d'un mois.

    « L'ONU souligne que la seule solution durable au problème de financement des salaires, c'est que le Gouvernement cambodgien respecte son obligation de les payer », a rappelé M. Olsen.

    « Toute nouvelle grève risquerait de retarder les procédures judiciaires en cours et compromettre le fonctionnement de cette juridiction ».

    Créées en 2003 en vertu d'un accord entre l'ONU et le Cambodge, les CETC sont chargées de juger les hauts dirigeants responsables de graves violations des droits de l'homme commis sous le régime des Khmers rouges.

     


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  • L'ex-ministre des Affaires étrangères du régime cambodgien des Khmers rouges, âgé de 87 ans, est décédé. Il était jugé pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'Humanité.

    L'ex-ministre des Affaires étrangères khmer rouge est mort

    «Nous pouvons confirmer que Ieng Sary est mort ce matin après avoir été hospitalisé le 4 mars», a déclaré Lars Olsen, porte-parole de la cour. L'ancien ministre était le visage public du régime marxiste totalitaire, responsable de la mort de quelque deux millions de personnes.

    Il comparaissait devant le tribunal de Phnom Penh, parrainé par les Nations unies, avec l'ancien chef de l'Etat Khieu Samphan, 81 ans, et le «frère numéro deux» et idéologue du régime, Nuon Chea, 86 ans.

    Il disparaît sans avoir jamais expliqué son rôle dans l'appareil d'un régime qui a détruit un quart de la population du Cambodge, vidant les villes, supprimant la monnaie, la religion et l'éducation et plongeant la société dans une profonde terreur.

    Un autre responsable politique majeur du régime, Mme Ieng Thirith, est encore en vie. Mais l'ex-ministre des Affaires sociales, veuve de Ieng Sary, a perdu la raison et a été déclarée inapte à être jugée.

    Les craintes étaient vives depuis longtemps que certains de ces accusés ne meurent sans répondre de leur rôle dans cette sombre page de l'histoire du pays.

     


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