• Au Cambodge, une ethnie lutte pour ses terres

    Au Cambodge, des paysans bunongs accusent la société Bolloré d’appropriation de leurs ressources. Cette minorité indigène, en proie à des conflits fonciers, s’inquiète pour la survie de ses traditions.

    Le paysage du Mondol Kiri, région la plus vaste et la moins peuplée de l’est du Cambodge, s’est transformé. Sur de vastes portions, la forêt, jadis verte et dense, a cédé la place à de rectilignes cultures d’hévéas. Dans la commune de Busra, ce bouleversement a pris le nom de Varanasi, Sethikula et Coviphama, trois concessions de la société cambodgienne Socfin-KCD, aujourd’hui détenue à 100 % par la société Socfinasia appartenant au groupe Socfin-Bolloré.

    Désormais à la tête de 7 000 hectares, la Socfin-KCD a démarré la production de caoutchouc en 2015, et une usine de transformation a été construite en 2017. Ces activités ont eu des retombées sur sept villages, soit 850 familles, selon une étude du Centre cambodgien des droits humains (CCHR) de 2018.

    Retour en arrière : en 2008, le gouvernement accorde une première concession foncière économique (ELC) de soixante-dix ans à Socfin-KCD dans des conditions décriées par la population locale, en grande partie issue de la minorité bunong. « Il n’y a pas eu d’étude d’impact environnemental et social, les villageois n’ont pas été consultés, on leur a demandé de quitter les terres qu’ils habitaient depuis des générations, du jour au lendemain », explique Ngath Samin, chargé de ce dossier à l’ONG de défense des indigènes Ciya.

    Lors du défrichement des terrains, la confrontation vire à l’affrontement : des villageois armés de bâtons incendient des tracteurs. Une quinzaine d’entre eux sont arrêtés. Ils dénoncent la destruction de leur cimetière communautaire et le grignotage de leur forêt sacrée. Certains se voient offrir une contrepartie de 200 dollars par hectare de terre exploitée, d’autres repartent les mains vides, d’autres encore affirment avoir été forcés de signer des documents qu’ils ne comprenaient pas.

    « Nous avons sollicité les autorités locales, mais nos questions sont restées sans réponse. Nous n’avons plus confiance en eux, nous avons perdu espoir en la justice cambodgienne. Nous nous sommes tournés vers la France en espérant obtenir justice là-bas », retrace Krong Tola, un chef de la communauté faisant partie des plaignants.

    Aujourd’hui, plusieurs villageois bunongs se sont joints à l’action internationale Ils réclament un dédommagement financier de 30 000 à 50 000 € par personne et exigent la restitution de leurs terres. La compagnie affirme qu’elle respecte les normes internationales et la loi cambodgienne et qu’elle développe le tissu économique de la région. Mais sur place, des voix s’indignent que la population locale n’en soit pas la première bénéficiaire et que la majorité des travailleurs viennent d’autres provinces.

    Un peuple autonome et animiste

    Les Bunongs, localement connus sous le terme de « Phnongs », sont originaires des hauts plateaux ; ils seraient 50 000 personnes, ce qui en fait la plus importante communauté parmi les peuples autochtones, qui représentent 400 000 habitants, soit 2 à 3 % de la population cambodgienne. Il existe une vingtaine de communautés différentes, mais le gouvernement ne reconnaît que les Chams (musulmans), et les Khmers Loeu (« Khmers du haut »), un terme popularisé par le roi Norodom Sihanouk dans les années 1950, alors qu’il entreprenait une vague de « khmérisation ». Aujourd’hui encore, le pouvoir central rejette la désignation internationale de « peuples autochtones », lui préférant celle de « minorités ethniques » pour désigner ces peuples des lisières dont le mode de vie est considéré comme un frein à la modernisation du pays.

    Car le mode de vie des Bunongs est antérieur au concept d’État ; ils ne connaissent pas la propriété privée, évoluent dans une culture orale. Autonomes, ils pratiquent une agriculture itinérante, complétée par la chasse, la pêche et la riziculture. Animistes, leur système de croyances repose sur une relation d’interdépendance avec les éléments de la nature, dont ils se considèrent comme les garants. Si ces puissances ne sont pas respectées, ils redoutent de subir les foudres d’esprits vengeurs.

    À la fois chapelle, grenier et pharmacie, la forêt constitue leur moyen de subsistance, leur raison d’être. « Depuis que nous avons été déplacés, les nouveaux terrains où planter le riz sont caillouteux, plus difficiles à irriguer car les canaux qui nous permettaient d’accéder à un lac ont été asséchés. Nous avons perdu la paix car nous ne sommes plus libres, avant il n’y avait pas de frontières », détaille un ancien, Srom Kron, qui déplore la perte de ces valeurs au sein de la nouvelle génération.

    Les premières victimes des conflits fonciers

    Durant le régime des Khmers rouges – qui de 1975 à 1979 fit près de deux millions de victimes – l’ensemble des titres de propriété ont été détruits.

    Dans les années 1980, les populations déplacées se sont réins­tal­lées hors cadre légal, et de nombreux conflits fonciers ont éclaté, devenant l’épine dans le pied du premier ministre Hun Sen. En 2001, celui-ci a fait voter une loi foncière accordant le droit à un titre de propriété au bout de cinq ans d’occupation des sols. Mais en apporter la preuve peut s’avérer une tâche compliquée, compte tenu des exigences de la bureaucratie et du niveau de corruption.

    Depuis 2003, le gouvernement cambodgien a accordé plus de 2,2 millions d’hectares à des investisseurs étrangers et à des élites locales, et les conflits fonciers ont affecté la vie de 500 000 Cambodgiens, selon l’ONG de défense des droits humains Licadho. Les minorités sont particulièrement vulnérables : 80 % des terres louées se situent dans les limites d’une forêt protégée, selon un rapport de l’ONG internationale Forest Trends datant de 2015. Les grands projets miniers, agroalimentaires, hydroélectriques ont souvent pour corollaire la déforestation. Une des plus rapides du monde au Cambodge, selon de nombreux observateurs.

    « Nous, les peuples indigènes, vivons dans des environnements riches en ressources naturelles, cela gêne le développement capitaliste. Nous sommes peu nombreux et peu représentés politiquement : nous sommes donc systématiquement discriminés », rapporte Lorang, un jeune militant bunong. Plusieurs communautés en proie aux conflits fonciers ont entrepris des demandes de titres de propriété communautaires, lorsque ce n’était pas trop tard… Selon une étude de l’Organisation des peuples autochtones du Cambodge (Cipo), cinq communautés indigènes sont susceptibles de « disparaître ».

    Qu’est-ce qu’un peuple autochtone ?

    Un peuple autochtone peut prouver une présence ancestrale sur un territoire identifié ou non. Il partage une langue, une organisation sociale, un mode de gestion du territoire, des savoir- faire, une expression culturelle spécifiques et anciens qu’il entend préserver et transmettre aux générations suivantes.

    Cette définition, établie par ces peuples lors de longues réunions de travail à l’ONU, recouvre des réalités sociales et économiques très différentes d’un peuple à l’autre. Ils ont des histoires coloniales et des héritages différents. Certains vivent dans des forêts, d’autres, dans des déserts, sur l’eau, dans des montagnes…

    Ces peuples, appelés également « peuples premiers » ou aborigènes, comptent de 370 à 400 millions de personnes sur la Terre, réparties dans 70 pays et plus de 5 000 cultures différentes.

    Ils représentent environ 5 % de la population mondiale, mais 15 % des plus pauvres, avec les plus mauvais indicateurs du Pnud (Programme des Nations unies pour le développement) pour ce qui est de l’accès aux soins, à l’éducation ou encore à la justice.


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  • "Protection des civils dans les guerres urbaines"

    Les conflits armés se livrent de plus en plus en zones peuplées. Selon «Action on Armed Violence», 20 384 civils ont été directement tués ou blessés par des armes explosives dans des zones peuplées en 2018. Lorsque des armes explosives sont utilisées dans des zones peuplées, 90% des victimes étaient des civils.

    Au-delà des morts et des blessés immédiats, l'utilisation d'armes explosives dans des zones peuplées entraîne la destruction d'infrastructures essentielles telles que des maisons, des hôpitaux, des écoles, des systèmes d'approvisionnement en eau et en électricité, et constitue un facteur clé des déplacements de population par-delà et à l'intérieur des frontières.

    La protection des civils contre l'utilisation d'armes explosives dans les zones peuplées peut être considérablement renforcée. Le Comité international de la Croix-Rouge et le Secrétaire général des Nations Unies ont indépendamment appelé les parties aux conflits armés à éviter l'utilisation, dans les zones peuplées, d'armes explosives ayant un impact important sur la région.

    Alors que le droit international en vigueur fournit une base solide pour la protection des civils contre les dommages causés par les armes explosives dans les zones peuplées, un nombre croissant de gouvernements se sont déclarés préoccupés par la nécessité de renforcer cette protection et de renforcer l'application du droit international humanitaire. L’amélioration des politiques et des pratiques des parties utilisant des armes explosives contribuerait à prévenir ou à réduire au minimum les dommages causés aux civils.

    Le Secrétaire général de l'ONU a appelé les États à s'engager de manière constructive dans les efforts visant à élaborer une déclaration politique pour lutter contre les dommages causés par l'utilisation d'armes explosives dans les zones peuplées.

    La Conférence de Vienne a favorisé une compréhension commune en examinant les différentes formes de dommages causés par l'utilisation d'armes explosives dans des zones peuplées, le contexte juridique et de bons exemples de pratiques militaires. En outre, la Conférence de Vienne a offert un espace pour un échange de vues sur des questions pertinentes concernant la proposition du Secrétaire général d’élaborer une déclaration politique.

    La Conférence de Vienne, qui s’est tenue les 1er et 2 octobre, a réuni des délégations de 133 États pour lutter contre l’utilisation des armes explosives dans les zones peuplées.

    La majorité  d’entre eux ont déclaré être prêts à travailler à une déclaration politique visant à mettre fin aux souffrances humaines causées par l'utilisation des armes explosives dans les zones peuplées. Les discussions qui se tiendront pendant six mois seront décisives pour protéger des millions de civils vivant dans les zones de guerre.

    Les États ont répondu à l'invitation de l'Autriche pour entendre les souffrances humaines causées aux civils par les bombardements dans les zones urbaines et pour discuter des aspects techniques, juridiques et militaires des guerres urbaines.

    La prochaine phase de négociations, qui débutera par une première réunion le 18 novembre à Genève, devrait s'achever par une conférence prévue début 2020 à Dublin, au cours de laquelle une déclaration politique devrait être ouverte à signature.

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    Violences sexuelles dans les conflits armés

    La Représentante spéciale des Nations Unies sur les violences sexuelles et les conflits armés s’est félicitée le 5 août 2019 de la décision du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine de consacrer une session publique annuelle à la lutte contre la violence sexuelle liée aux conflits sur le continent. 

    « En offrant une occasion stratégique d'amplifier les bonnes pratiques et de partager les leçons tirées, cette réunion annuelle permettra d'accélérer la lutte contre la violence sexuelle liée aux conflits en tant que menace pour la paix, la sécurité et le développement », a salué Pramila Patten dans un communiqué de presse. 

    Selon la Représentante spéciale, cette réunion devrait également permettre à tous les États membres et partenaires de l'Union africaine de faire le point chaque année sur les progrès accomplis et les difficultés rencontrées dans la prévention et la répression de ces crimes graves. 

    Pour elle, l'inscription permanente de cette question à l'ordre du jour découle des accords conclus avec son Bureau, y compris le Cadre de coopération ONU-UA concernant la prévention et la réponse à la violence sexuelle liée aux conflits en Afrique, ainsi que la signature de communiqués conjoints avec presque tous les États membres de l'UA.

    Cette inscription « témoigne de la volonté politique de transformer les cultures du silence et de l'impunité en cultures de la responsabilité » et d'un engagement à œuvrer « en faveur d'une réponse globale, centrée sur les survivantes, comprenant des services sûrs, accessibles et de qualité, et à s'attaquer aux causes profondes sous-jacentes de la violence sexuelle, y compris les inégalités structurelles fondées sur le sexe ». 

    Selon Pramila Patten, « il est essentiel de renforcer l'échange d'informations, la coordination et la coopération judiciaire au niveau régional, ainsi que de réformer le secteur de la justice et de la sécurité au niveau national pour rendre ces institutions plus accessibles et mieux adaptées aux victimes, et de travailler avec les chefs traditionnels, religieux et communautaires au niveau local pour aider à faire évoluer la stigmatisation et les normes sociales qui font encore plus mal aux victimes et protègent les auteurs des crimes ».

    « J'appelle à un appui politique et financier soutenu pour aider les pays touchés à accélérer la mise en œuvre des cadres normatifs pertinents pour lutter contre la violence sexuelle liée aux conflits et faire respecter le droit international par toutes les parties, notamment les acteurs non étatiques », a déclaré la Représentante spéciale.


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  • La procureure Fatou Bensouda refuse pour le moment de rouvrir le dossier du raid israélien sur le flottille turque qui voulait se rendre à Gaza.

    Les juges de la Cour pénale internationale ont décidé en appel que la procureure devait à nouveau examiner la nécessité ou non de poursuivre Israël devant le tribunal établi à La Haye.

    La Cour pénale internationale (CPI) a ordonné le 2 septembre 2019 pour la deuxième fois à sa procureure de réexaminer la nécessité ou non de poursuivre Israël pour un raid meurtrier. Il avait été mené contre une flottille humanitaire à destination de Gaza en mai 2010.

    Dernière étape d'une longue bataille judiciaire au tribunal de La Haye, les juges ont statué en appel que la procureure Fatou Bensouda devait décider d'ici décembre si elle rouvrait le cas. «La procureure est sommée de reconsidérer sa décision avant le 2 décembre 2019», a déclaré le président de la Cour d'appel Solomy Balungi Bossa à la Cour, ajoutant qu'une majorité de juges avait appuyé la motion, deux s'y étant opposés.

    Cette flottille était composée de huit navires, avec à leur bord 70 passagers originaires d'une quarantaine de pays. Son objectif déclaré était d'apporter de l'aide à Gaza et d'attirer l'attention de la communauté internationale sur les conséquences du blocus.

    La procureure Fatou Bensouda avait été saisie de l'affaire par le gouvernement des Comores, Etat partie au Statut de Rome - le traité fondateur de la CPI - mais aussi celui auprès duquel était enregistré le Mavi Marmara, le navire amiral de la flottille internationale humanitaire.

    Elle avait décidé en 2014 de ne pas poursuivre Israël, considérant que les faits n'étaient «pas assez graves» même si elle estimait «raisonnable de penser» que des crimes de guerre avaient été commis. Fatou Bensouda avait confirmé sa décision en 2017 après que la CPI lui avait ordonné de réexaminer le dossier.

    Les juges ont estimé que Mme Bensouda avait «cru à tort» pouvoir être en désaccord avec les termes légaux présentés avant le procès. Mais ils ont souligné que la «décision finale» sur la réouverture ou non du dossier lui revenait.

    Critiques

    Les relations entre la Turquie et Israël, alliés stratégiques dans les années 90, s'étaient dégradées après le raid. Israël avait ensuite présenté ses excuses, accordé à la Turquie la permission d'accéder à Gaza par les ports israéliens, et versé 20 millions de dollars (18 millions d'euros) d'indemnités aux familles des victimes.

    En 2015, la CPI avait également lancé une enquête préliminaire sur des allégations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité en Israël et dans les territoires palestiniens, à la suite de la guerre à Gaza. Mais Mme Bensouda n'est pas encore passée à l'étape suivante consistant à ouvrir une véritable enquête.

    Le conseiller en sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, a menacé l'an dernier de faire arrêter les juges de la CPI s'ils agissaient contre Israël et les Etats-Unis. Ni Israël ni les Etats-Unis ne sont membres de la Cour pénale internationale, créée en 2002 pour juger des pires atrocités commises dans le monde.

    Fatou Bensouda, qui doit quitter son poste de procureure de la CPI en 2021, essuie depuis plusieurs mois des critiques après l'échec de plusieurs affaires qu'elle supervise. Plusieurs suspects très médiatisés ont été libérés, dont l'ancien dirigeant ivoirien Laurent Gbagbo plus tôt cette année.

    En 2010, la flottille affrétée par l'ONG turque IHH, considérée comme proche de l'actuel gouvernement islamo-conservateur au pouvoir à Ankara, avait été arraisonnée dans les eaux internationales par un commando israélien tandis qu'elle tentait de rallier Gaza, sous blocus israélien.

    Neuf Turcs qui se trouvaient à bord du Mavi Marmara avaient été tués dans l'assaut. Un dixième était mort plus tard de ses blessures.


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  • Lors de cette réunion du Conseil, le Président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, a appelé les Etats à être vigilants et à continuer à prendre des mesures concrètes pour assurer une interprétation ambitieuse et une mise en œuvre intégrale de ces conventions.

    Selon lui, les conventions de Genève, qui ont été ratifiées mondialement, représentent une des plus grandes réalisations de la coopération entre États. « Les conventions nous montrent ce qui est possible lorsque les États prennent des mesures collectives et individuelles pour faire respecter le droit et les principes humanitaires », a-t-il déclaré.

    Les conventions de Genève dictent les règles de conduite à adopter en période de conflits armés, notamment la protection des civils, des travailleurs humanitaires, des blessés ou encore, des prisonniers de guerre.

    La première convention de Genève date de 1864. Cependant, les textes en vigueur aujourd’hui ont été écrits après la Seconde Guerre mondiale, notamment les quatre conventions de Genève signées le 12 août 1949.

    « Les quatre conventions sont entrées en vigueur un an plus tard, le 21 octobre 1950, et sont, depuis, au centre du droit international humanitaire », a relevé le Conseil juridique de l’ONU, Miguel de Serpa Soares, lors de cette session du Conseil de sécurité.

    Cette année marque également le 20e anniversaire de l'adoption de la résolution 1265, première résolution du Conseil sur la protection des civils.

    Nous pouvons et devons faire plus - Peter Maurer, Président du CICR

    Peter Maurer a rappelé que trop souvent le CICR voit les conséquences de la violation du droit international humanitaire : massacres, torture, viols, villes détruites, et traumatismes psychologiques.

    Mais, selon lui, les violations persistantes de la loi ne signifient pas que cette loi est inadéquate, mais plutôt que les efforts visant à assurer son respect sont insuffisants. « Nous pouvons et devons faire plus », a-t-il dit.

    Il a appelé les Etats à ratifier tous les traités relatifs au droit international humanitaire, à renforcer la doctrine, les règles et les pratiques d’engagement militaire, et à s'assurer que la formation militaire inclut les principes du droit international humanitaire.

    Selon le chef du CICR, les nouvelles technologies créent de nouvelles lignes de front dans le cyberespace, ainsi que de nouvelles façons de combattre. « Face à ces nouveaux défis, nous devons constamment réfléchir à la signification et au développement du droit international humanitaire pour relever les défis de la guerre », a-t-il conclu.

    De son côté, Miguel de Serpa Soares a noté que les Conventions de Genève et les autres instruments du droit international humanitaire ne contiennent pas de dispositions spécifiques concernant la protection des soldats de la paix des Nations Unies.

    « Cependant, il ne fait aucun doute qu'ils sont protégés par le droit international humanitaire dans les situations de conflit armé », a-t-il souligné.


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  • Bosco Ntaganda condamné pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité

    La Cour pénale internationale (CPI) a reconnu coupable l’ancien chef de guerre congolais Bosco Ntaganda de crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour des exactions commises en 2002 et 2003 en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

    « Aujourd’hui, le 8 juillet 2019, la Chambre de première instance VI de la Cour pénale internationale a déclaré M. Bosco Ntaganda coupable, au-delà de tout doute raisonnable, de 18 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis en Ituri, en RDC, en 2002-2003 », a annoncé lundi la CPI dans un communiqué.

    Bosco Ntaganda est le chef adjoint présumé de l'état-major général responsable des opérations militaires de l'Union des Patriotes Congolais et des Forces Patriotiques pour la Libération du Congo (UPC/FPLC) qui était dirigé par Thomas Lubanga. Ce dernier, qui fut le chef de Bosco Ntaganda, a été condamné en mars 2012, à 14 ans de prison par la CPI.

    Agé de 45 ans, Bosco Ntaganda a été reconnu coupable de 13 crimes de guerre et de cinq crimes contre l’humanité, pour lesquels il a plaidé non coupable en 2015. « Bien que les éléments de preuve n’aient pas étayé tous les incidents signalés par le Procureur, ils ont néanmoins démontré que, pour chacun des 18 chefs d’accusation, au moins une partie des charges étaient prouvées au-delà de tout doute raisonnable », a relevé la CPI.

    Lors d’une audience publique tenue au siège de la Cour à La Haye (Pays-Bas), la Chambre a conclu que M. Ntaganda est coupable de meurtres, d’avoir dirigé intentionnellement des attaques contre des civils, de viols, d’esclavage sexuel, de persécutions et de pillages en tant que crimes de guerre et crimes contre l’humanité. « Il a été reconnu coupable en tant qu’auteur indirect des autres crimes », a souligné la CPI.

    Bosco Ntaganda a 30 jours pour faire appel de ce jugement

    Pour la Chambre de première instance VI de la CPI, l’UPC et son aile militaire, les FPLC, ont été impliqués à tout moment dans au moins un conflit armé non international contre une partie adverse, en Ituri entre août 2002 et décembre 2003. « La conduite de l’UPC / FPLC contre la population civile était le résultat attendu d’une stratégie préconçue visant la population civile. Les crimes ont été commis conformément à une politique de l’UPC / FPLC. M. Ntaganda exerçait une fonction militaire très importante au sein de l’UPC / FPLC », souligne la Chambre de première instance VI composée du juge président Robert Fremr, de la juge Kuniko Ozaki et du juge Chang-ho Chung.

    Les parties au procès (l’accusation et la défense) ont 30 jours pour faire appel de ce jugement.

    La prochaine étape pour la CPI est de déterminer la peine de M. Ntaganda dans cette affaire. La Chambre recevra les observations des parties et des participants concernant la possible peine. « Dans l’attente de la décision sur la détermination de la peine, M. Ntaganda restera en détention », a précisé la Cour, ajoutant que les questions relatives aux réparations en faveur des victimes « seront examinées en temps voulu ».

    Le procès de M. Ntaganda s’est ouvert le 2 septembre 2015 et les conclusions finales ont été entendues en août 2018. Au cours des 248 audiences, la Chambre a entendu 80 témoins et experts appelés à la barre par le Bureau du Procureur de la CPI, Fatou Bensouda et 19 témoins appelés à la barre par l’équipe de la défense dirigée par Maître Stéphane Bourgon.

     


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  •  Les baleiniers du Japon relancent la chasse commerciale après 31 ans de pause

    Après 31 ans de pause, des navires baleiniers japonais ont repris la mer pour leur première mission de chasse commerciale.

    Des navires baleiniers japonais ont repris la mer lundi pour leur première mission de chasse commerciale en plus de trois décennies, actant la décision prise il y a six mois par le gouvernement de quitter la Commission baleinière internationale (CBI) et de s'affranchir ainsi d'un moratoire.

    Sous le ciel nuageux de Kushiro (sur l'île septentrionale de Hokkaido), cinq navires munis de harpons ont appareillé après une cérémonie où plusieurs élus ont revendiqué la légitimité de cette tradition.

    "C'est une petite industrie, mais je suis fier de chasser les baleines. La pratique existe depuis plus de 400 ans dans ma cité", a expliqué à l'AFP Yoshifumi Kai, président d'une association de pêcheurs de baleines, tout excité de repartir en mer.

    Idem pour le jeune Hideki Abe qui, compte tenu de son jeune âge, 23 ans, n'a encore jamais participé à une mission de ce type.

    "Je suis un peu nerveux, mais heureux que nous puissions commencer. Je souhaite que davantage de personnes goûtent de la baleine, au moins une fois", a-t-il confié avant le départ.

    Le navire-usine Nisshin Maru, bâtiment amiral de la flotte baleinière nippone, et plusieurs autres embarcations ont aussi quitté le port de Shimonoseki (sud-ouest), où trône une énorme statue de baleine.

    "Nous estimons que les baleines sont des ressources marines comme les poissons et qu'elles sont utilisables sur la base de critères scientifiques", a expliqué à l'AFP un responsable du ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche.

    "Nous déterminons des quotas de sorte à ne pas nuire aux espèces", a-t-il précisé. Le maximum d'ici décembre est fixé à 227 prises.

    Un rite auquel tient une partie de la population

    Les baleiniers n'iront pas tuer en haute mer, comme il l'ont fait ces trente dernières années "pour des raisons scientifiques".

    Le Japon avait débuté ses "missions de recherches" en Antarctique et dans le nord-est du Pacifique il y a respectivement 32 et 25 ans, renonçant alors à une pêche purement commerciale, mais utilisant une "exception scientifique", tolérée par la CBI.

    Durant ces décennies, l'archipel n'a cessé d'être critiqué par les défenseurs des cétacés pour ses façons de procéder jugées cruelles, alors que des méthodes non létales existent pour mener les études voulues, selon ses détracteurs.

    En outre, si les chercheurs étaient certes les premiers à se pencher sur les baleines rapportées, une partie de leur chair finissait sur les étals des poissonniers, malgré un appétit peu important pour cette chair.

    Mais il y a une volonté et fierté de préserver un rite auquel tient une partie de la population, notamment des personnes âgées qui se souviennent que la baleine était leur seule source importante de protéines durant la disette d'après-guerre.

    Pour certaines communes, la pêche à la baleine est une raison d'être sinon économique, du moins culturelle et morale.

    C'est le cas de Shimonoseki, où les cantines scolaires initient les enfants à cette tradition culinaire pour ressusciter l'habitude de consommation.

    L'Islande ne chassera pas la baleine

    Au-delà de la condamnation de cette pratique, Patrick Ramage, directeur du programme conservation marine du Fonds international pour le bien-être animal (Ifaw), voit dans la reprise de la chasse commerciale et l'arrêt de la pêche scientifique en Antarctique une sorte de baroud d'honneur du Japon.

    "J'y ai beaucoup réfléchi pendant de nombreuses années. C'était un fantasme et maintenant le fantasme se réalise. Le Japon est en train d'arrêter la chasse à la baleine en haute mer, pas encore un arrêt complet, mais c'est un énorme pas vers la fin", expliquait-il lors d'une récente conférence au Japon.

    "Cette industrie (de chasse à la baleine) va se noyer très rapidement", prédisait-il.

    "On nous en servait à la cantine quand j'étais petite, mais je ne pense pas que j'en mangerai de nouveau. Je trouve que le Japon devrait davantage faire ses choix en tenant compte du reste du monde qui dit que ce n'est pas bien", a confié à Tokyo une jeune Japonaise de 30 ans désireuse de garder l'anonymat.

    A l'inverse, l'Islande s'abstiendra de chasser pour la première fois depuis 2002, les deux entreprises spécialisées ayant décidé de renoncer à la saison 2019.

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    Triste jour pour les cétacés. Le Japon va reprendre dès lundi la chasse commerciale à la baleine 

    Le Japon relance officiellement la chasse commerciale à la baleine, actant la décision prise il y a six mois de quitter la Commission baleinière internationale (CBI) et de s'affranchir ainsi d'un moratoire appliqué durant trois décennies.

    "Nous estimons que les baleines sont des ressources marines comme les poissons et qu'elles sont utilisables sur la base de critères scientifiques", a expliqué à l'AFP un responsable du ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche.

    "Nous déterminons des quotas de sorte à ne pas nuire aux espèces", a-t-il précisé.

    Le bateau-usine Nisshin Maru, navire amiral de la flotte baleinière nippone, et plusieurs autres navires quitteront le port de Shimonoseki (sud-ouest), où trône une énorme statue de baleine, pour aller chasser des cétacés le long des côtes japonaises, dans la zone d'exclusivité économique de l'archipel. Une autre flotte partira de Kushiro (île septentrionale de Hokkaido).

    "Nous sommes tout excités par cette reprise de la pêche", a commenté Yoshifumi Kai, qui préside une association de pêcheurs.

    Une partie de leur chair finissait déjà sur les étals des poissonniers

    Les baleiniers n'iront pas tuer en haute mer, comme il l'ont fait ces trente dernières années "pour des raisons scientifiques".

    Le Japon avait débuté ses "missions de recherches" en Antarctique et dans le nord-est du Pacifique il y a respectivement 32 et 25 ans, renonçant alors à une pêche purement commerciale, mais utilisant une "exception scientifique", tolérée par la CBI. Durant ces décennies, l'archipel n'a cessé d'être critiqué par les défenseurs des cétacés pour ses façons de procéder jugées cruelles, alors que des méthodes non létales existent pour mener les études voulues, selon ses détracteurs.

    Lire aussi :Des pêcheurs japonais ont tué 177 baleines dans le Pacifique

    En outre, si les chercheurs étaient certes les premiers à se pencher sur les baleines rapportées, une partie de leur chair finissait sur les étals des poissonniers, ce même si les consommateurs de baleine ne courent pas les rues.

    Mais il y a une forme de volonté de préserver une tradition qui reste ancrée chez une partie de la population, notamment des personnes âgées qui se souviennent que la baleine était leur seule source importante de protéines durant la disette d'après-guerre.

    Et puis il y a une fierté de certaines cités pour lesquelles la pêche à la baleine est comme une raison d'être sinon économique du moins culturelle et morale.

    C'est le cas de Shimonoseki. Ici, depuis le mois de février, de la baleine est occasionnellement servie dans les cantines scolaires afin d'initier les enfants à cette tradition culinaire de la région et de ressusciter l'habitude de consommation.

    Un baroud d'honneur

    Au-delà de la condamnation de cette pratique, Patrick Ramage, directeur du programme conservation marine du Fonds international pour le bien-être animal (Ifaw), voit dans la reprise de la chasse commerciale et l'arrêt de la pêche scientifique en Antarctique une sorte de baroud d'honneur du Japon.

    "J'y ai beaucoup réfléchi pendant de nombreuses années. C'était un fantasme et maintenant le fantasme se réalise. Le Japon est en train d'arrêter la chasse à la baleine en haute mer, pas encore un arrêt complet mais c'est un énorme pas vers la fin", a-t-il expliqué lors d'une récente conférence au Japon.

    "Cette industrie (de chasse à la baleine) va se noyer très rapidement", prédit-il, estimant qu'elle est entretenue par des subventions pour une population de consommateurs qui va finir par s'éteindre.

    "On nous en servait à la cantine quand j'étais petite, mais je ne pense pas que j'en mangerai de nouveau. Je trouve que le Japon devrait davantage faire ses choix en tenant compte du reste du monde qui dit que ce n'est pas bien", a confié à Tokyo une jeune Japonaise de 30 ans désireuse de garder l'anonymat.

    Certains spécialistes japonais jugent aussi que le retrait de la CBI est une erreur: "le Japon doit y revenir et défendre le principe d'une gestion durable des ressources", estime Masayuki Komatsu, un ancien négociateur auprès de l'instance internationale.


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  • Victoire indigène contre l'industrie pétrolière

    En Equateur, un jugement a été rendu en faveur des Waorani, qui ne verront pas l'industrie pétrolière entrer sur leurs terres.

    Les indigènes waorani en Equateur ont remporté vendredi 20 avril 2019 une première bataille judiciaire contre l'industrie pétrolière, avec un jugement qui suspend son entrée sur leurs terres en Amazonie et pourrait compliquer l'exploitation d'autres gisements d'hydrocarbures dans le pays.

    Au terme de deux semaines de délibéré, un tribunal pénal de Puyo (centre) a validé un recours intenté par cette tribu pour être protégé contre le projet du gouvernement d'ouvrir 1800 km2 de leur territoire à l'exploitation pétrolière. Les juges ont déterminé que ce projet attentait au droit constitutionnel des peuples à l'autodétermination et à être consultés sur l'extraction de ressources non renouvelables dans leur habitat.

    Le tribunal a enjoint à l'Etat de mener une nouvelle consultation publique conforme aux exigences de la Cour interaméricaine des droits de l'Homme, qui siège à San José, la capitale du Costa Rica. Le jugement peut faire l'objet d'un appel des ministères concernés, ceux de l'Energie et de l'Environnement, ainsi que du ministère public. Dans ce cas, la cour d'appel de la province de Pastaza serait saisie.

    Le sous-sol appartient à l'Etat

    Dans cette affaire, le gouvernement équatorien assure qu'il a toutes les autorisations requises par la loi, grâce à une enquête publique réalisée en 2012. Cependant, les plaignants estiment qu'elle ne s'est pas faite dans les règles, avec des fonctionnaires arrivés par avion qui avaient rapidement obtenu l'assentiment des populations grâce à des arguments trompeurs, de la nourriture et des rafraîchissements.

    Les Waorani, forts de quelque 4800 membres, sont propriétaires d'environ 8000 km2 de jungle, une petite partie de l'Amazonie équatorienne. La loi reconnaît leur souveraineté, cependant le sous-sol appartient à l'Etat. L'exploitation du pétrole est un des piliers de l'économie équatorienne depuis les années 1970. Elle a laissé des traces de destruction bien visibles dans la forêt: saccage de vastes superficies, sources d'eau contaminées, montagnes de déchets, disparition de la faune.

    Le groupe argentin Tecpetrol avait exprimé son intérêt pour le projet en question, appelé «bloc 22», avant de se désister faute de réserves suffisantes et en raison des risques qu'il comportait. Le jugement constitue «un précédent important pour l'Amazonie», a estimé l'avocate des plaignants, Lina Maria Espinosa, qui a estimé que d'autres peuples de la région pourraient prendre exemple sur le combat des Waorani.

     

     


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  • Afghanistan : les juges de la CPI refusent l'ouverture d'une enquête

    La Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) a rejeté, à l'unanimité, vendredi 12 avril 2019, la demande de la Procureure d'ouvrir une enquête pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés sur le territoire de l'Afghanistan.

    « Les juges ont décidé qu'une enquête sur la situation en Afghanistan à ce stade ne servirait pas les intérêts de la justice », a expliqué la Cour dans un communiqué publié le même jour.

    Le 20 novembre 2017, la Procureure Fatou Bensouda avait demandé aux juges de la Chambre préliminaire l'autorisation d'ouvrir une enquête sur des crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés relevant de la compétence de la CPI qui auraient été commis en Afghanistan en lien avec le conflit armé qui s'y déroule depuis le 1er mai 2003, ainsi que sur des crimes similaires en lien avec le conflit armé en Afghanistan qui auraient été commis sur le territoire d'autres États parties au Statut de Rome depuis le 1er juillet 2002.

    Le 15 mars dernier, le Secrétaire d'État des États-Unis, Mike Pompeo, avait annoncé l'imposition de restrictions de visas aux fonctionnaires de la CPI qui participent à une enquête sur des citoyens américains. La semaine dernière la Procureure de la Cour, Fatou Bensouda, a confirmé que son visa d'entrée aux États-Unis avait été annulé.

    Après avoir soigneusement examiné les informations fournies par la Procureure, la Chambre a estimé vendredi que la requête « constituait une base raisonnable permettant de considérer que des crimes relevant de la compétence de la CPI auraient été commis en Afghanistan et que des affaires potentielles seraient recevables devant la Cour ».

    Une enquête sur la situation en Afghanistan ne servirait pas à ce stade les intérêts de la justice.

    Toutefois, la Chambre a pris note du temps écoulé depuis l'ouverture de l'examen préliminaire en 2006 et de l'évolution de la situation politique en Afghanistan, du manque de coopération dont la Procureure a bénéficié et qui risque de se raréfier si une enquête était autorisée, entravant les chances de succès des enquêtes et des poursuites, ainsi que de la nécessité pour la Cour d'utiliser ses ressources en accordant la priorité aux activités qui auraient de meilleures chances de réussir.

    « Nonobstant le fait que toutes les conditions requises sont remplies concernant à la fois la compétence et la recevabilité, la situation actuelle en Afghanistan est telle qu'elle rend extrêmement difficile la réussite d'une enquête et de poursuites », a estimé la Chambre. « En conséquence, il est peu probable que la poursuite d'une enquête aboutisse à la réalisation des objectifs énumérés par les victimes en faveur de l'enquête ».

    La Chambre a donc conclu qu'une enquête sur la situation en Afghanistan ne servirait pas à ce stade les intérêts de la justice et a rejeté la demande de la Procureure d'autoriser l'enquête.

    La Chambre est composée du juge Antoine Kesia-Mbe Mindua, de la juge Tomoko Akane et du juge Rosario Salvatore Aitala.

     


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  • L’ONU appelle les Etats à faire respecter le DIH

    Le chef de l’humanitaire de l’ONU a appelé lundi 1er avril 2019 le Conseil de sécurité et les Etats membres à agir afin de mieux faire respecter le droit international humanitaire et préserver l’espace dans lequel évoluent les travailleurs humanitaires.

    « Aujourd'hui, les conflits sont marqués par des attaques plus directement dirigées contre les travailleurs humanitaires et contre le personnel et les établissements médicaux », a déploré le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Mark Lowcock, devant les membres du Conseil.

    En 2018, 317 attaques contre des travailleurs humanitaires ont fait plus de 113 morts. 388 attaques contre le personnel de santé ont été enregistrées l’année dernière par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces dernières ont coûté la vie à plus de 300 personnes et fait 400 blessés.

    « Dans certains endroits, le personnel médical est également confronté à des poursuites pénales pour avoir soigné des combattants blessés », a dit M. Lowcock.

    Selon Mark Lowcock, qui est aussi le Coordinateur des secours d’urgence de l’ONU, le monde dispose déjà d’un cadre juridique solide pour protéger les activités humanitaires en période de conflits. Le problème, c'est que les parties belligérantes et leurs soutiens ne le respectent pas toujours. « Et cela a de graves conséquences », a-t-il dit.

    M. Lowcock a indiqué que le viol est aujourd’hui utilisé comme arme de guerre de façon délibérée et organisée. « Une femme déplacée sur cinq interrogée dit avoir subi des violences sexuelles », a-t-il dit. Et les enfants ne sont pas épargnés. Enrôlement dans des groupes armés, mariages forcés précoces, participation à des attaques suicides. Plus de 21.000 violations graves des droits de l’enfants ont été vérifiées par les Nations Unies en 2017.

    « Le droit international humanitaire vise à minimiser la souffrance humaine en temps de guerre, notamment en protégeant les activités humanitaires », a dit M. Lowcock. « Davantage faire respecter le droit international humanitaire est l’un des moyens les plus efficaces de préserver l'espace humanitaire », a-t-il ajouté.

    Prendre les humanitaires pour cible ne fait que rendre les populations plus vulnérables, a-t-il dit. Selon le chef du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), 139 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, la plupart d'entre elles en raison d'un conflit armé. « C’est trois fois plus qu'il y a dix ans », a-t-il dit.

    Devant le Conseil, Mark Lowcock a recommandé des actions dans cinq domaines :

    1. Promouvoir les politiques et pratiques visant à renforcer l’adhésion au droit international humanitaire.

    2. Elargir et approfondir la compréhension et l’acceptation des règles existantes du droit international humanitaire.

    3. Faciliter les activités humanitaires et médicales.

    4. Faire respecter les règles du droit international humanitaire.

    5. Etablir une reddition des comptes en cas de violations de ce droit.

    Le chef d’OCHA a souligné que les États « ont vraiment besoin de faire beaucoup mieux » pour que les auteurs de graves violations du droit international humanitaires rendent des comptes.

    Il a ainsi suggéré l’adoption de législation nationales adéquates et renforcées dans ce domaine. Et lorsque les systèmes nationaux de justice sont insuffisants, il devrait y avoir plus de soutien aux mécanismes judiciaires internationaux ou hybrides, y compris la Cour pénale internationale, a-t-il dit.

    « N’oublions jamais qu’établir la responsabilité pour les violations graves du droit international humanitaire est requise par la loi », a souligné le Secrétaire général adjoint. A ce titre, « les sanctions imposées par le Conseil de sécurité peuvent être un outil puissant pour promouvoir le respect (de ce droit) », a rappelé M. Lowcock aux membres du principal organe onusien à qui incombe la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

     


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