• Hallucinant: un "pacte contre le populisme" formé par des multinationales aux Pays-Bas

    De grandes entreprises néerlandaises telles que Unilever, Philips et Ahold Delhaize veulent, à un mois des élections législatives, lutter contre le populisme et le négativisme, qu'elles considèrent comme un danger pour les Pays-Bas, en stimulant l'économie.

    "Le populisme est un symptôme de l'absence de progrès", a déclaré le directeur Europe d'Unilever Jan Zijderveld, cité samedi par le quotidien Het Financieele Dagblad. "Il manque pour le moment une perspective de croissance et cela nourrit le négativisme."

    Pour le journal de référence FD, "les entreprises sentent aussi dans leurs nuques le souffle chaud des citoyens en colère et tentent, un mois avant les élections, d'influencer le sentiment".

    Les Pays-Bas lanceront le 15 mars une série d'élections cruciales en Europe avec des scrutins en France et en Allemagne, alors que le sentiment anti-Union Européenne ne cesse de croître et que le continent est aux prises avec sa pire crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale.

    Ces thèmes ont favorisé les partis d'extrême droite européens pendant que le programme anti-islam, anti-immigration et anti-système du député néerlandais Geert Wilders lui a permis de se hisser à la tête de tous les sondages ces derniers mois, devant les libéraux du Premier ministre Mark Rutte (VVD).

    "Pour aller à l'encontre du populisme, nous avons besoin d'un nouveau modèle d'affaires, un point à l'horizon vers lequel nous pouvons travailler lors de la prochaine décennie", a affirmé M. Zijderveld, à l'origine de l'initiative. "Dans les débats électoraux, on parle seulement d'aujourd'hui, pas de l'avenir."

    Les multinationales néerlandaises souhaitent ainsi "créer un large mouvement de personnes et d'entreprises qui soient à nouveau fières des Pays-Bas et croient en leurs capacités à résoudre les problèmes", a-t-il expliqué: "Des problèmes internationaux, des solutions néerlandaises."

    Selon ces entreprises, les Pays-Bas peuvent, grâce à leurs compétences, répondre à cinq tendances: le problème alimentaire, la gestion de l'eau (potable), le vieillissement de la population, l'urbanisation et le passage à l'énergie durable.

    Sont notamment parties prenantes à ce qu'ils appellent "une alternative pour le négativisme croissant" le géant néerlandais de l'agroalimentaire et des cosmétiques Unilever, le pétrolier britannico-néerlandais Shell, le groupe néerlando-belge de la distribution Ahold Delhaize, le géant de l'électronique Philips et le groupe de produits laitiers FrieslandCampina.

    "Notre plan n'est ni rouge, ni vert, mais se place au-dessus de la politique", a souligné Rudolph Jordaan, du cabinet de recrutement Egon Zehnder.


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  • Se retirer de la Cour pénale internationale nuit à la justice pour tous, selon l'ONU

    7 février 2017 – Alors que le Burundi, l'Afrique du Sud et la Gambie ont annoncé leur intention de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), le Conseiller spécial de l'ONU pour la prévention du génocide, Adama Dieng, estime que dénoncer le Statut de Rome nuit à la justice internationale pour tous.

    Le mois de juillet 2017 marquera le quinzième anniversaire de l'entrée en vigueur du Statut de Rome portant création de la CPI.

    « La négociation et l'adoption du Statut de Rome demeurent l'une des plus importantes réalisations du siècle dernier en matière de lutte contre l'impunité. Depuis l'adoption du Statut, plus de la moitié des États de la planète sont devenus membres de la Cour. Trente-quatre États parties sont africains, ce qui constitue le plus grand groupe régional à ce jour », souligne M. Dieng dans un point de vue publié dans The East African.

    Selon lui, « l'Afrique a tout lieu d'être fière de la création de la Cour, considérée à juste titre comme le début d'un nouveau chapitre de la lutte contre l'impunité et un moyen de tenir responsables de leurs actes ceux qui ont trop longtemps méprisé la vie et la dignité de leur population ».

    Le Conseiller spécial rappelle que la Cour était également envisagée comme une institution destinée à compléter les systèmes judiciaires nationaux. « On pensait que la Cour pourrait contribuer de façon positive à la transformation politique, sociale et économique en renforçant l'état de droit et le respect des libertés et droits fondamentaux du peuple africain. Le fait que la plupart des affaires concernant l'Afrique portées devant la Cour l'ont été par des États africains eux-mêmes le confirme. Cinq des dix enquêtes en cours ont été ouvertes à la suite de la saisine de la Cour par les pays africains concernés », ajoute M. Dieng, qui est un ancien Greffier du Tribunal pénal international pour le Rwanda.

    Selon lui, les idéaux et les valeurs qui ont présidé à la création de la Cour n'ont rien perdu de leur pertinence, quinze ans après l'entrée en vigueur du Statut de Rome.

    « Toutefois, en dépit de ces réalisations, la Cour est de plus en plus menacée. Le Burundi, l'Afrique du Sud et la Gambie ont tous trois annoncé leur intention de se retirer de la Cour. D'autres États ont menacé de le faire si certaines conditions n'étaient pas remplies. Ces pays reprochent principalement à la Cour de manquer d'équité dans ses décisions en matière de poursuites judiciaires, qui, aux yeux de certains, visent de façon disproportionnée des dirigeants africains », note-t-il.

    Le Conseiller spécial juge utile d'engager un franc dialogue entre toutes les parties prenantes afin « de renforcer la confiance mutuelle et la coopération ».

    « Les retraits pourraient laisser un vide juridique désastreux, qui nuirait à la capacité des victimes d'obtenir réparation pour violations graves de leurs droits fondamentaux », estime-t-il.

    « Alors que des atrocités continuent d'être commises en Syrie, au Yémen, en Iraq, au Soudan du Sud et ailleurs, ce n'est pas le moment de renoncer à la Cour », ajoute-t-il. « Au lieu de fragiliser la Cour en refusant de la soutenir et de coopérer, les États parties aussi bien que les parties non étatiques devraient unir leurs efforts pour faire de la Cour une institution solide et efficace ».


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  • Génocide et autres crimes contre les minorités religieuses et ethniques

    Le 6 décembre 2016, le sénat français a adopté une proposition de résolution invitant le Gouvernement à utiliser toutes les voies de droit pour reconnaître les crimes de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre perpétrés contre les minorités ethniques et religieuses et les populations civiles en Syrie et en Irak.

    Des initiatives en ce sens existent déjà et concernent, au-delà des djihadistes de Daech, tous ceux qui commettent des crimes en Syrie et en Irak, mais les obstacles sont nombreux.

    « Cette idéologie totalitaire, nous devons la combattre par la force du droit et de la justice. Combattre ce totalitarisme par le droit, mes chers collègues, c'est s'opposer à la barbarie avec ce qui fait notre force : nos propres valeurs. » C’est ainsi que Bruno Retailleau, sénateur LR de Vendée et a exposé l’objectif de la proposition de résolution invitant le gouvernement à utiliser toutes les voies de droit pour reconnaître les crimes de génocide, les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre perpétrés contre les minorités ethniques et religieuses et les populations civiles en Syrie et en Irak. « Il faut, d'abord, utiliser les deux voies à notre disposition : essayer de convaincre le gouvernement irakien de rendre compétente la Cour pénale internationale sur son sol, dans ses frontières ; saisir le Conseil de sécurité des Nations unies, au risque de se voir opposer des vetos », a poursuivi Bruno Retailleau dans son discours au Sénat le 6 décembre dernier.

    Adopté ce même jour à l’unanimité – les groupes communistes et écologistes se sont abstenus – le texte n’a pour l’instant qu’une portée symbolique. Les obstacles pour faire reconnaître le crime de génocide sont nombreux. « La France poursuivra ses efforts pour que la Cour pénale internationale puisse être saisie. C'est un long chemin, a reconnu le secrétaire d’État Matthias Fekl, devant les sénateurs. Vous en connaissez mieux que quiconque les obstacles, en particulier le fait que la Syrie ne soit pas partie au Statut de Rome et qu'une saisine par le Conseil de sécurité serait probablement bloquée par un veto. Toutefois, cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir à des moyens pour que justice soit rendue. »

    Les sénateurs à l’origine de la proposition de loi ont identifié deux moyens principaux d’action. Le premier : déférer les auteurs de ces crimes devant la Cour pénale internationale (CPI). Le problème est que ni l’Irak ni la Syrie ne sont signataires du Statut de Rome. Le Sénat appelle donc le gouvernement à tout faire pour convaincre ces gouvernements de rendre compétente la Cour pénale internationale (CPI) sur leur sol.

    Deuxième axe : saisir le Conseil de sécurité des Nations unies. L’exposé des motifs de la proposition rappelle d’ailleurs que la France a déjà tenté en mai 2014 de faire adopter une résolution visant à ce que le Conseil de sécurité saisisse la Cour pénale internationale de l’ensemble des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises en Syrie par l’ensemble des parties au conflit. Celle-ci avait été rejetée par la Russie, alliée du régime syrien. « Si nous nous en tenons, dans un premier temps, à l'État islamique et au territoire de l'Irak, je pense que nous pouvons ensemble faire en sorte de désamorcer les vetos des grandes nations qui siègent au sein du Conseil de sécurité et qui se sont déjà opposées à cette solution », plaide Bruno Retailleau.

    Une position qui a poussé les groupes écologistes et communistes à s’abstenir. « Il n’est fait aucune mention, ni dans l’exposé des motifs de la présente proposition de résolution ni dans son dispositif, des autorités syriennes sous la houlette de Bachar el-Assad, de ses alliés, les Russes, et des milices étrangères, qui commettent quotidiennement des crimes de guerre, notamment à Alep », a ainsi regretté la sénatrice écologiste Esther Benbassa. Le texte a été adopté par l’Assemblée nationale le 8 décembre, avec les mêmes réserves exprimées par certains.

    Un effort mondial pour faire reconnaître les crimes de génocide

    De nombreuses assemblées et parlements ont adopté des résolutions allant dans le même sens. En avril 2016, c’est le Parlement européen qui a reconnu les crimes de Daech envers les minorités religieuses comme étant un « génocide », les deux chambres britanniques ont fait de même, tout comme la Chambre des représentants des États-Unis.

    Un vote similaire a échoué au parlement du Canada. « Le Canada condamne avec fermeté les atrocités commises par Daech au Moyen-Orient (…), mais la détermination du génocide doit être menée de façon objective et responsable. C’est pour cela que nous avons formellement demandé aux autorités internationales compétentes de donner leur avis sur cette question » a expliqué Justin Trudeau, le premier ministre du Canada.

    « Nous ne sommes pas forcément dans une revendication revancharde, explique pour sa part Mgr Yousif Thomas Mirkis, archevêque chaldéen de Kirkouk. Je crois que les faits parlent d’eux-mêmes. Il faut maintenant qu’ils soient étudiés au cas par cas par la justice nationale et internationale de façon équitable. Malheureusement, la justice n’est jamais rapide. Recueillir les témoignages prendra du temps, et je crains que la vengeance se manifeste plus tôt que la justice. Les sunnites voudront se venger contre d’autres sunnites qui ont pris leur maison, les chiites contre les sunnites… »

    Des procédures en cours

    En France, la Coordination chrétiens d’Orient en danger (CHREDO) a déjà déposé une plainte auprès de la CPI en septembre 2014. « L’objectif est simple, explique Me Samia Maktouf, avocate de l’association. Nous voulons faire condamner pour crime de génocide et crime de guerre les djihadistes français qui commettent des exactions en Syrie et en Irak et jouent un rôle important dans les organisations djihadistes, que ce soit Daech ou Al Qaida. » Selon l’avocate, deux réunions de travail ont déjà eu lieu à la CPI. « Nous avançons avec le bureau de Madame le Procureur Fatou Bensouda. Il nous faut maintenant des noms de djihadistes ressortissants européens, dont les pays ont signé le Statut de Rome, afin d’avoir une chance d’ouvrir vraiment le dossier. »

    Ce genre de dossier est extrêmement difficile à instruire car il implique d’enquêter sur des zones difficilement accessibles et qu’il vise des personnes encore « en activité ». « Des preuves sous forme de vidéos et de photos, comme celles diffusées sur les réseaux sociaux, peuvent être utiles, mais leur authenticité ainsi que la date et le lieu où elles ont été réalisées doivent être établis », souligne Human Right Watch.

    Au nom de la CHREDO, Samia Maktouf a déposé aussi une plainte auprès du Parquet de Paris en février 2016. « Nous n’avons pour l’instant aucun retour », assure-t-elle.

    Les « revenants », premières brèches dans l’impunité

    Face au repli de Daech ou d’autres groupes terroristes, de nombreux djihadistes reviennent sur leur sol d’origine. Par ailleurs, dans le cadre de la crise des réfugiés, des victimes, mais aussi des suspects syriens ou irakiens, sont arrivés en Europe. Leurs procès « constituent les premières brèches dans l’impunité et les premières tentatives crédibles pour traduire en justice les personnes responsables d’avoir terrorisé des civils pendant les récents conflits en Syrie et en Irak » , souligne dans un rapport l’ONG Human Right Watch.

    Le premier a avoir été jugé coupable de torture en tant que crime de guerre en Europe est Mohannad Droubi, un Syrien, combattant de l’Armée syrienne libre. En février 2015, il a été condamné par un tribunal suédois pour avoir torturé un membre supposé de l’armée régulière syrienne et avoir posté la vidéo sur Facebook. Il avait obtenu un permis de séjour en Suède en 2013.

    De son côté, l’Allemagne a ouvert, en plus d’enquêtes portant sur des cas précis, une enquête plus large, dite « structurelle », « visant à collecter les preuves disponibles en Allemagne afin de faciliter de futures procédures pénales devant des tribunaux allemands ou autres », rapporte Human Right Watch.

    Devant le Sénat, le 6 décembre, le secrétaire d’État Mathias Fekl a tenu a souligner les efforts de la France pour traduire devant la justice les djihadistes de retour sur le sol français. Il a ainsi communiqué aux sénateurs les derniers chiffres du parquet général de Paris, en date du 28 novembre 2016. « 464 procédures judiciaires en lien avec la zone Syrie-Irak ont été ouvertes au pôle antiterroriste de Paris depuis 2012 ; quelque 369 dossiers sont toujours en cours, dont 167 informations judiciaires et 204 enquêtes préliminaires ; 331 individus sont actuellement mis en examen ; 207 sont placés en détention provisoire et 114 sous contrôle judiciaire ; 135 individus ont été jugés ou visés dans des informations judiciaires clôturées, 61 étant en attente d'un jugement et 74 condamnés ; 19 affaires, concernant, au total, 74 personnes, ont été jugées. S'agissant plus spécifiquement, parmi ces données, des chiffres relatifs au traitement judiciaire des combattants de retour en France, nous comptabilisons 167 personnes, dont 43 condamnés, 110 mis en examen, 13 prévenus et 1 témoin assisté. »


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    La justice kényane interdit la fermeture du camp de Dadaab

    Le camp rassemble 256 000 réfugiés majoritairement somaliens, depuis 25 ans. La justice s’est opposée au projet de fermeture du gouvernement kenyan.

    Quelle est la portée de cette décision ?

    La justice kényane a déclaré jeudi 9 février « nulle et non avenue » la décision du gouvernement de fermer le camp de réfugiés de Dadaab, réputé être le plus grand au monde. « La décision du gouvernement de viser spécifiquement les réfugiés somaliens constitue un acte de persécution d’un groupe, est illégale, discriminatoire et donc anticonstitutionnelle », a déclaré le juge de la Haute Cour.

    John Mativo se prononçait sur une plainte déposée par la commission nationale kényane des droits de l’homme. « Cette décision est très importante. Pour qu’un programme de retour soit volontaire, il faut que les réfugiés puissent faire un choix. Ce n’est pas le cas actuellement à Dadaab », constate Laetitia Bader, chez Human Rights Watch. Le gouvernement peut cependant faire appel de cette décision.

    Pourquoi le Kenya veut-il fermer Dadaab ?

    Dadaab, situé à une centaine de kilomètres de la frontière avec la Somalie, abrite 256 000 réfugiés, en très grande majorité des Somaliens ayant fui depuis 1991 la guerre civile, les islamistes radicaux et des sécheresses.

    Nairobi avait annoncé le 6 mai dernier sa décision de fermer Dadaab : le gouvernement kényan estimait que les attaques des islamistes somaliens chebabs à Nairobi en 2013 et à l’université de Garissa en 2015 avaient été planifiées dans ce camp.

    Le Kenya avait fixé la date de la fermeture à la fin novembre 2016, avant de la reporter au 21 mai 2017 à la suite d’une requête du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). En avril 2015, le gouvernement kényan avait déjà menacé de fermer Dadaab, avant que les États-Unis ne promettent 39 millions d’euros d’aide en plus.

    Cette fois-ci, les annonces de fermeture du camp de Dadaab n’ont pas été suivies de rallonges budgétaires de la part des grands bailleurs de fonds comme Echo ou la Usaid. Le dernier appel lancé par le HCR n’a été financé qu’à 38 %. « Depuis trois mois, les rations distribuées par le programme alimentaire mondial (PAM) ont été réduites de moitié », constate Laetitia Bader.

    Que peuvent faire ces réfugiés ?

    Le gouvernement kényan voulait que 50 000 réfugiés retournent en Somalie en 2016. « À la mi-octobre, ils étaient déjà 27 000 à être repartis de Dadaab. Les autorités avaient annoncé que la proposition d’une aide au départ de 400 € par personne prendrait fin début décembre », souligne Louise Carr, coordinatrice du programme « Personnes déracinées » à Amnesty international.

    Les organisations humanitaires estiment que les conditions de sécurité ne sont pas réunies en Somalie pour accepter ces retours. « Ils vont souvent rejoindre les camps informels de déplacés où s’entassent déjà plus d’un million de Somaliens », affirme Laetitia Bader. Elle insiste également sur « les risques d’une nouvelle famine dans le pays, du fait du manque de pluies. »

    La solution pour ces réfugiés passe par une réinstallation dans des pays tiers. « Les solutions pérennes pour que ces personnes aient la possibilité de reconstruire leurs vies sont multiples, comme les visas d’asile ou humanitaire », conclut Louise Carr.


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  • Le nombre de réfugiés dépasse 1,5 million au Soudan

    Une véritable catastrophe humanitaire se déroule dans le pays d'Afrique orientale, miné par une guerre civile depuis 2013.

    Le conflit au Soudan du Sud a provoqué la pire crise de réfugiés actuelle en Afrique, la troisième dans le monde. Le nombre dépasse désormais 1,5 million de personnes, a indiqué vendredi à Genève l'ONU.

    Dans les quatre derniers mois de 2016, 500'000 personnes ont dû fuir en quatre mois contre moins de 800'000 pour l'ensemble de l'année, selon le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR). Plus de 60% d'entre eux sont des enfants, dont de nombreux font face à une malnutrition.

    Depuis début janvier, 70'000 nouveaux réfugiés ont quitté le pays. Par ailleurs, les violences ont fait plus aussi de 2 millions de déplacés. Les réfugiés mentionnent des violences intensives, des enlèvements, l'utilisation d'enfants dans le conflit ou encore des viols. Des indications montrent des «atrocités de masse», a indiqué devant la presse un porte-parole du HCR William Spindler.

    Près de la moitié du total d'entre eux, près de 700'000 personnes, ont rejoint l'Ouganda. Près de 350'000 se sont rendus en Ethiopie et plus de 300'000 au Soudan. L'appel de plus de 640 millions de dollars par le HCR en 2016 n'a été financé qu'à un tiers. En 2017, il demande près de 790 millions de dollars.


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  • L'ONU célèbre 20 ans de protection des enfants dans les conflits armés

    8 février 2017 – De hauts responsables des Nations Unies et de la communauté internationale se sont félicité mercredi 8 février 2017 des deux décennies d'efforts pour protéger les enfants contre le fléau de la guerre en marquant le vingtième anniversaire de la résolution 51/77 (1997) de l'Assemblée générale sur la promotion et la protection des droits des enfants.

    Lors d'une réunion informelle de l'Assemblée générale, le Président de cet organe de l'ONU, Peter Thomson, a qualifié cette résolution de « développement marquant dans nos efforts mondiaux pour améliorer la protection des enfants dans les situations de conflit ».

    « Parmi les horreurs incompréhensibles qui se produisent dans le chaos des zones de guerre, des crimes, des violations et des abus sont perpétrés contre les membres les plus vulnérables de nos sociétés, à savoir nos enfants », a déclaré M. Thomson dans un discours.

    Il a appelé à un effort concerté pour protéger les enfants dans les conflits armés, dans le cadre des engagements de la communauté internationale en faveur de la paix et de la sécurité, du développement durable et des droits de l'homme.

    À la suite de la résolution historique adoptée il y a 20 ans, l'Assemblée générale a prié le Secrétaire général de nommer un Représentant spécial pour les enfants et les conflits armés. Ce poste est occupé actuellement par Leila Zerrougui, qui a succédé à Graça Machel, Olara Otunnu et Radhika Coomaraswamy.

    C'est le rapport historique de Mme Machel datant de 1996 qui a conduit à la création du mandat et à la nomination d'un représentant spécial.

    Elle a exhorté les États membres à considérer les enfants comme des 'zones de paix' et a déclaré qu'en se concentrant sur eux, « les responsables politiques, les gouvernements, les entités militaires et non étatiques commenceront à reconnaître combien ils détruisent avec les conflits armés et le peu qu'ils gagnent ».

    La meilleure façon de protéger les enfants contre les conflits armés est de prévenir les conflits armés en premier lieu, a écrit Mme Machel. Cette idée fait écho au message du Secrétaire général António Guterres, prononcé par sa Cheffe de Cabinet, Maria Luiza Ribeira Viotti.

    Le Secrétaire général a estimé que l'éducation de bonne qualité et le travail productif et décent pour les jeunes constituaient des conditions préalables à la fois pour la paix et le développement.

    Toutefois, lorsque la prévention échoue, il demande au Bureau du Représentant spécial de continuer de surveiller et de signaler les violations. « Nous devons également continuer de renforcer les relations avec les autorités locales et nationales, les partenaires régionaux et la société civile pour prévenir et protéger les enfants contre les violations graves », a déclaré M. Guterres.


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  • Le Maroc ne "reconnaîtra jamais" la République sahraouie

    Le Maroc, qui vient de faire son retour à l'Union africaine (UA), ne "reconnaîtra jamais" la République arabe sahraouie démocratique (RASD), a déclaré à la presse le ministre marocain délégué aux Affaires étrangères.

    "Non seulement le Maroc ne reconnaît pas -et ne reconnaîtra jamais- cette entité fantoche mais il redoublera d'efforts pour que la petite minorité de pays, notamment africains, qui la reconnaissent encore, fassent évoluer leur position dans le sens de la légalité internationale et des réalités géopolitiques", a affirmé Nasser Bourita dans un entretien dimanche avec le site d'info en ligne Le Desk.

    Le retour du Maroc au sein de l'UA "ne changera rien dans nos positions immuables concernant la marocanité du Sahara" occidental, a souligné M. Bourita, cheville ouvrière de la diplomatie marocaine.

    Le Maroc a réintégré l'UA lundi à Addis Abeba où 39 chefs d'Etat africains sur 54 se sont prononcés en faveur de ce retour.

    Le royaume avait quitté l'organisation en 1984 pour protester contre l'admission de la République arabe sahraouie démocratique, proclamée par le Front Polisario au Sahara occidental, un territoire que Rabat contrôle dans sa grande majorité et considère comme sien.

    Le sommet d'Addis Abeba a donné lieu à une intense bataille diplomatique, les principaux soutiens du Polisario -Algérie et Afrique du Sud en tête- ayant tenté de s'opposer à la réintégration du Maroc.

    Ces pays "ont tout fait pendant des mois pour contrer notre retour, et ce jusqu'à la dernière minute", a commenté à l'AFP une source diplomatique haut placée.

    "Le sommet d'Addis a été pour eux un camouflet, ils rament aujourd'hui pour présenter cet échec comme un succès", a ironisé cette source.

    Le Polisario et ses alliés affirment que le retour du Maroc au sein de l'UA vaut une reconnaissance des frontières de la RASD.

    "Il s'agit d'un non sens du point de vue du droit international et de la pratique des Etats", a rétorqué M. Bourita selon lequel la reconnaissance d'un pays "est un acte libre, éminemment souverain" de la part d'un Etat.

    "Le fait pour un Etat de siéger dans une enceinte internationale en présence d'une entité non reconnue, ne peut impliquer une reconnaissance par lui de cette entité", explique-t-il.

    "Ainsi, la majeure partie des pays arabes", ou encore l'Iran, qui siègent à l'ONU en présence d'Israël "ne reconnaissent pas" l'Etat hébreu. "Est-ce que l'Algérie reconnaît Israël du seul fait qu'elle siège à l'ONU à ses côtés?", souligne M. Bourita.

    "Le problème de la RASD n'est pas seulement avec le Maroc, mais avec les deux tiers des Etats membres de l'UA qui ne reconnaissent pas cette entité", a par ailleurs ajouté la source diplomatique déjà citée.

    "Cette situation anormale est aujourd'hui dévoilée, le retour du Maroc est un défi direct à la présence du Polisario au sein de l'UA", selon cette source.

    "Le Maroc continuera de se mobiliser pour délégitimer la RASD. Il le fera dans le cadre bilatéral, comme il l'a fait jusqu'à présent", a ajouté cette même source, sans autre précision.


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    La 14e journée internationale de tolérance zéro aux mutilations sexuelles féminines, le lundi 6 février, permet de faire le bilan sur une pratique d’un autre âge qui frapperait trois millions de femmes et d’enfants chaque année

    Depuis 14 ans, la date du 6 février figure à l’agenda de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des grandes institutions de protection des femmes, en tant que journée internationale de tolérance zéro aux mutilations sexuelles féminines.

    On estime que près de 200 millions de femmes vivent en ayant subi une mutilation sexuelle dont 44 millions ont 14 ans et moins. La moitié des victimes sont réparties entre l’Égypte, l’Éthiopie et l’Indonésie mais au total, ce sont près de 30 pays d’Afrique et du Moyen-Orient qui sont concernés par cette pratique archaïque. Chaque année, près de 3 millions de petites filles subiraient une excision selon l’ONU.

    Une pratique douloureuse et dangereuse

    L’expression « mutilation génitales féminines » recouvre un ensemble de pratiques aboutissant à l’ablation partielle ou totale ou à l’altération des organes génitaux féminins externes pour des raisons non médicales. L’excision en est une des manifestations les plus connues.

    À mi chemin entre le « rite initiatique » et le passage obligatoire pour garantir la « pureté » des jeunes filles jusqu’à leur mariage, la pratique est souvent multiséculaire, davantage liée à la tradition qu’à la religion.

    Réalisées le plus souvent sans anesthésie et dans des conditions d’hygiène non appropriées, les conséquences de ces mutilations génitales sont à la fois physiques et psychologiques. Infections multiples, hémorragies, douleurs pendant les rapports sexuels, la liste des séquelles est longue.

    Traditionnellement, la majorité des excisions sont pratiquées alors que les petites filles n’ont pas encore trois ans, même s’il arrive que des fillettes d’une dizaine, voire d’une quinzaine d’années subissent elles aussi l’excision.

    Des millions de femmes concernées

    Pourtant, la pratique recule dans de nombreux pays. Au Liberia par exemple, si plus de 80 % des femmes de plus de 45 ans sont excisées, ce pourcentage est inférieur à 40 % chez les moins de 20 ans.

    Plusieurs raisons expliquent cette diminution relative. À la multiplication des campagnes de sensibilisation dans les villages, s’ajoutent le net progrès de l’éducation donnée aux filles et l’urbanisation.

    Au fil des années, beaucoup de pays où l’excision est traditionnellement pratiquée se sont dotés de loi protégeant les femmes et criminalisant de tels actes. Mais dans certains pays comme la Sierra Léone ou le Liberia, les mutilations génitales restent encore impunies.

    Si les mentalités évoluent, la pression sociale pour faire exciser les jeunes filles reste immense dans de nombreux pays, notamment dans les zones rurales et dans les familles pauvres.


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    Un rapport sur les armes explosives en zone peuplée a été publié ce lundi 6 février 2017 à Genève. Leur usage s'est multiplié dans les conflits ces dernière années.

    L'usage d'armes explosives en zone peuplée a augmenté largement ces dernières années, notamment en Syrie, tuant ou blessant plus de 33'000 personnes en 2015. Le degré de précision de ces engins peut être «imprévisible», conclut une étude présentée lundi à Genève.

    Deux années de recherches

    Il diffère «de manière significative» selon le système d'armes, indique le rapport du Centre international de déminage humanitaire de Genève (GICHD), publié après deux ans de travaux. Le document établi par 18 spécialistes internationaux décortique les effets des mortiers aux canons d'artillerie en passant par des canons de char, des lance-roquettes ou des bombes larguées par des avions.

    Des facteurs comme la fabrication de l'arme, le niveau de la formation de l'opérateur, l'alignement, le contrôle de la qualité des munitions, la maintenance de l'arme ou l'expérience du tireur entrent en ligne de compte.

    Un lance-roquette multi-canons non guidé de 122 mm à portée maximale peut avoir un impact humain et sur les infrastructures sur près de 20 hectares au moins. Une bombe aérienne guidée peut aussi provoquer des dégâts sur une zone importante malgré sa précision.

    Plus de décès avec les mortiers et l'artillerie

    Les mortiers et les canons d'artillerie sont eux peu adaptés aux zones peuplées où leur efficacité sur des cibles petites et mouvantes est limitée. Comme la plupart des autres systèmes d'armes indirects.

    Ces armes provoquent deux fois plus de victimes que les bombes ou les lance-roquettes qui ont pourtant un impact sur un territoire plus large. Les canons de char sont responsables de moins de décès.

    Parmi les effets des armes explosives, figurent le souffle, la chaleur et la fragmentation de la munition. S'ajoutent également les fragmentations secondaires et débris provoqués par l'impact. Les bâtiments peuvent atténuer ou renforcer ces conséquences et une salve de munitions peut combiner plusieurs effets.

    Par ailleurs, le risque de décès augmente lorsque les individus tentent de s'abriter à l'intérieur de maisons, de voitures ou d'autres sites fermés. La pression du souffle peut provoquer aussi de nombreux désagréments pour la santé des habitants.

    Explosion aérienne visée

    En revanche, une recherche plus approfondie doit être menée sur les conséquences en fonction de la structure et du matériel des bâtiments. Des différences sont observées dans plusieurs régions.

    Le rapport explique aussi que toutes les forces armées ne disposent pas des instruments pour évaluer les effets de l'utilisation d'armes explosives. Une analyse de la cible ou des vulnérabilités de l'environnement à proximité doivent notamment permettre de réduire l'impact et de choisir l'arme qui colle le plus à la situation.

    Des ajustements sont possibles mais ils sont limités par les différents types d'armes. Ils sont même parfois utilisés pour renforcer le souffle et la fragmentation. Une explosion aérienne d'une arme de ce type peut aussi augmenter son effet jusqu'à 100%. Et tuer davantage d'habitants.

    Un nouvel acteur dans le désarmement à Genève

    Arrivé en début d'année
    Les organisations actives sur le désarmement à Genève se sont étoffées d'une nouvelle entité. La Plateforme du désarmement de Genève (GDG) est entièrement opérationnelle depuis janvier dernier.

    Favoriser le dialogue
    Cette ONG souhaite réunir tous les acteurs dans ce domaine pour faciliter la collaboration entre eux. Elle veut provoquer la discussion sur les nouvelles thématiques et, de manière moins politisée et plus informelle, sur les questions difficiles. Et favoriser aussi le dialogue avec les institutions qui n'oeuvrent pas sur le désarmement.


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  • La réinsertion des enfants soldats au Moyen-Orient

    L’histoire porte depuis longtemps la trace de ce fléau moderne qu’est la question des enfants soldats. Recensé dès l’antiquité gréco-romaine, ce phénomène a prévalu jusqu’au XIXe siècle. Avec l’avènement des nations modernes, on a cru qu’il disparaîtrait peu à peu. Aujourd’hui, pourtant, il s’observe dans la quasi-totalité des continents et des conflits, même s’il relève de l’exception au sein des corps d’armée constitués.

    Il est impossible d’obtenir les effectifs d’enfants soldats en chiffres absolus : les Nations Unies elles-mêmes ne se risquent plus à un dénombrement précis. Selon Nick Scarborough, responsable du pôle administratif de l’organisation Child Soldiers International , « tous les chiffres que nous mentionnons reposent sur des estimations et il existe des conflits pour lesquels nous ne disposons d’aucune estimation… Pourtant, le Secrétariat général des Nations Unies a répertorié sept armées nationales et 50 groupes armés qui recrutent et exploitent des enfants, ce qui indique la persistance et la gravité de cette violation. » Les enfants soldats sont le plus souvent des garçons, notamment au Moyen-Orient, mais à l’échelle mondiale, on estime à quelque 40 % le nombre de filles soldats , particulièrement vulnérables à la prédation sexuelle et à d’autres formes de violence.

    Le Protocole additionnel I de la quatrième Convention de Genève interdit la participation d’enfants de moins de quinze ans aux hostilités . Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale précise également que « le fait de procéder à la conscription ou à l'enrôlement […] d’enfants dans des forces ou des groupes armés constitue un crime de guerre dans tout conflit armé ». En 2000, le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits des enfants a relevé l’âge minimum de l’enrôlement (a) et la participation directe aux hostilités à 18 ans. Si 123 pays ont ratifié ce texte depuis 2002, les progrès sont lents. En s’appuyant sur le mécanisme de surveillance et de communication de l’information, le groupe de travail créé par la Résolution 1612 du Conseil de Sécurité  a constaté qu’il restait beaucoup à faire sur ce front, étant donné que les violations les plus fragrantes sont majoritairement dues à des acteurs non étatiques.

    Au Moyen-Orient, toutes les parties impliquées dans les conflits en cours ont été accusées d’utiliser des enfants soldats (a), les enfants déplacés de force paraissant particulièrement exposés. Leur présence est attestée dans les rangs des milices chiites d’Iraq , des groupes rebelles  anti-régime, comme l’Armée syrienne libre, des milices syriennes pro-régime (a), des unités afghanes chiites , recrutées sous le contrôle de l’Iran, voire du Hezbollah libanais (a). Des enfants soldats prennent également part à la guerre au Yémen  et sont utilisés par le PKK kurde en Iraq  et les Unités de protection du peuple (YPG) en Syrie .

    Pourtant, c’est l’utilisation faite de ces enfants par le groupe État islamique (EI) qui a retenu le plus l’attention, en raison de sa notoriété, mais aussi du rôle spécifique que jouent les « lionceaux du califat » dans la dramatisation du groupe, à des fins de propagande interne et externe .

    En Occident et ailleurs, les médias se sont beaucoup intéressés à ces enfants utilisés par l’EI comme bourreaux (a) ou kamikazes – des pratiques utilisées sciemment par la mouvance djihadiste pour désensibiliser les enfants et instaurer une « nouvelle normalité ». Cependant, « la présence et la participation d’enfants servant les besoins de la propagande globale de l’EI ne se limitent pas à ces actes de violence extrême. Tous les jours ou presque, les enfants sont mis en avant dans des contextes multiples : exécutions surmédiatisées, camps d’entraînement, joutes de mémorisation du Coran et campagnes de prosélytisme (caravanes de da’wa) ». L’EI choisit ses lionceaux à l’issue d’un processus de sélection mené auprès de populations d’enfants placés sous sa férule. La plupart ont été enlevés à leurs parents ou sont orphelins, c’est le cas des Yézidis (a), par exemple. Reste « qu’un pourcentage croissant d’enfants rejoignent les rangs de l’EI au terme d’un processus de formation (a) au cours duquel Daech leur instille le sens du dévouement et de la camaraderie. Certains chercheurs décomposent ce processus en plusieurs étapes : « d’après les données dont nous disposons à l’heure actuelle, (on observe) six phases de socialisation des enfants à l’EI : séduction, instruction (a), sélection, subjugation, spécialisation et cantonnement ». Certains enfants sont issus de familles étrangères installées de leur plein gré sur les territoires occupés par l’EI, mettant en lumière un phénomène rare : l’embrigadement d’enfants soldats avec l’assentiment des familles, y compris des familles locales favorables à l’EI ou en quête désespérée d’avantages monétaires ou autres.

    Les enfants soldats servent souvent de chair à canon, mais pour l’EI, il s’agit également de les inscrire dans une stratégie de long terme, qui intègre l’idée d’un échec éventuel de la constitution d’un califat, en raison de la pression militaire inexorable que le groupe subit. En témoignent les mots de ce djihadiste  : « Nous pensons que cette génération d’enfants est celle du Califat… C’est une doctrine juste qui leur a été inculquée. Tous aiment aller au combat, pour bâtir l’État islamique. »

    Devant le recul des forces de l’EI à Mossoul et à Raqqa, deux questions se présentent à nous : la réadaptation de tous les enfants sous l’emprise du groupe depuis deux ans et plus et la réinsertion des « lionceaux », autrement plus délicate. D’après Mia Bloom, professeur à l’université d’État de Géorgie , ce travail « nécessite une coordination et une créativité qu’aucun programme de déradicalisation n’a jamais mis en œuvre jusqu’à présent. […] Il faut prendre à bras le corps le traumatisme psychologique de ces enfants par le biais d’une approche concertée ; […] les rééduquer pour qu’ils désapprennent les entorses faites par l’EI à la foi musulmane. » Les familles jouent habituellement un rôle essentiel dans cette réadaptation. Cependant, dans le cas présent, certains enfants poussés à l’embrigadement par leur propre famille devront peut-être en être séparés, ce qui exacerbera leur traumatisme.

    Outre les « lionceaux », des milliers d’autres enfants soldats devront faire l’objet d’une réinsertion et d’une réadaptation (a), quelque soit leur obédience. Au regard de la menace que font peser l’EI et d’autres groupes affidés sur le monde, l’évidence dicte à la communauté internationale de répondre unie au défi de la réinsertion afin de mobiliser financement et expertise, sous peine de favoriser la gestation d’une autre génération de la terreur.


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