• La CPI condamne un Malien à 9 ans de prison

    La CPI condamne un Malien à 9 ans de prison pour des destructions de monuments historiques et religieux à Tombouctou.

    La Cour pénale internationale (CPI) a condamné mardi à neuf ans de prison le Malien Ahmad Al-Faqi Al-Mahdi pour son rôle dans la destruction de monuments historiques et religieux à Tombouctou, au Mali, lors du conflit qui a secoué ce pays en 2012 et 2013.

    Cette décision a été aussitôt saluée par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, les sciences et la culture (UNESCO) et par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

    Statuant à l'unanimité, une Chambre de première instance de la CPI a conclu, « au-delà de tout doute raisonnable », qu'Ahmad Al-Mahdi était « coupable, en tant que coauteur, du crime de guerre consistant à avoir dirigé intentionnellement des attaques contre des bâtiments à caractère religieux et historique » à Tombouctou en juin et juillet 2012, selon un communiqué de la CPI.

    La Chambre a condamné Al-Mahdi à neuf ans d'emprisonnement. Le temps que celui-ci a passé en détention depuis son arrestation, en exécution du mandat d'arrêt délivré par la CPI le 18 septembre 2015, sera déduit de sa peine.

    Le communiqué rappelle qu'à l'ouverture du procès le 22 août 2016, Al-Mahdi avait plaidé coupable du crime de guerre consistant à avoir attaqué 10 monuments à caractère religieux et historique à Tombouctou entre le 30 juin environ et le 11 juillet 2012. Il s'agissait de neuf mausolées inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO et de la porte dite « secrète » de la mosquée Sidi Yahia.

    A l'époque, Ahmad Al-Mahdi était consulté comme spécialiste des questions religieuses et était très actif dans l'administration mise sur pied localement par les groupes islamistes extrémistes Ansar Dine et Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) qui s'étaient emparés de la région nord du Mali.

    La décision de la CPI « est une étape historique dans la reconnaissance de l'importance du patrimoine pour les communautés qui l'ont préservé au fil des siècles et, au-delà, pour l'humanité tout entière », a déclaré la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova.

    « Cette décision historique, une première au titre du statut de Rome, est une étape capitale dans la lutte contre l'impunité des destructions du patrimoine culturel. (…) C'est une étape décisive de l'affirmation de la justice et un pas supplémentaire pour la paix et la réconciliation au Mali », a ajouté Mme Bokova. Le statut de Rome est le traité fondateur de la CPI.

    Dans un communiqué, la MINUSMA a également salué le jugement de la CPI qui, a-t-elle dit, représente « un signal fort ». Ce jugement « constitue une avancée dans la lutte contre l'impunité » au Mali. « Toutefois, il importe que la justice pour d'autres crimes graves soit rendue afin que les nombreuses victimes puissent avoir droit à la vérité, à la justice et à la réparation », a-t-elle ajouté.


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    Les 193 pays membres de l’ONU ont approuvé le 19 septembre 2016 une déclaration politique sur le « respect des droits » des réfugiés et des migrants. Elle est toutefois floue et peu contraignante.

    le 19 septembre sur une journée « sans précédent » consacrée aux réfugiés et aux migrants, la veille de l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies qui rassemble chaque année les dirigeants du monde entier à New York. Malheureusement cela ne sert qu'à se donner bonne conscience devant une crise sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, on dénombre 65 millions de personnes déplacées dans le monde, dont 21 millions de réfugiés.

    Le 19 septembre, donc, à l’initiative du secrétaire général de l’ONU, les délégués des 193 pays membres de l’organisation ont approuvé une « déclaration de New York. » Sous un nom ronflant, il s’agit de l’une des formes les moins contraignantes de documents diffusés par les Nations unies. Cette déclaration politique met l’accent sur « le respect des droits fondamentaux » des migrants, la coopération contre le trafic ou l’accès à l’éducation pour les enfants déplacés. Elle ne contient ni objectifs chiffrés, ni engagement sur la répartition du « fardeau ».

    Une version antérieure engageait plus les États

    Ban Ki-moon avait bien suggéré que les pays accueillent chaque année 10 % du total des réfugiés, aux termes d’un « pacte mondial ». Au fil des négociations, cet objectif a été gommé et le « pacte » a été renvoyé au mieux à 2018. La présidente de Médecins du monde, Françoise Sivignon, remarquait le 19 septembre, depuis New York, qu’« en juillet, la version du document engageait beaucoup plus les États concernant la réinstallation de ces réfugiés ».

    « En Europe, nous parlons d’une crise sans précédent. Mais, comment les dirigeants européens peuvent-ils dire qu’ils sont dépassés alors qu’ils n’accueillent que 6 % des déracinés ? 82 % d’entre eux vivent dans des pays en développement. La proportion est de 1 réfugié pour 1 000 Européens, quand elle est de 1 réfugié pour 4 Libanais, par exemple », souligne Fanny Petitbon, chez Care France. Son ONG a été l’une des trente organisations associées au processus de rédaction de la déclaration approuvée à New York. « Nous avons investi du temps et de l’énergie dans ce travail intensif de six mois, pour n’être finalement qu’écoutés », résume Fanny Petitbon.

    Les ONG ont de nombreux regrets

    Pourtant les sujets ne manquent pas. Il y a l’accueil des migrants qui partent sur les routes vers l’Europe. Les images de l’hiver 2015-2016, notamment dans les Balkans, pourraient être bientôt de retour. « Nos conditions d’accueil sont en dessous des standards minimums », note Fanny Petitbon. Ensuite, la question de la mise en détention des migrants mineurs a été éludée dans le texte onusien. « Un enfant, ça ne s’enferme pas. Même en dernier ressort », résume Françoise Sivignon. Les ONG soulignent également que la nécessité « d’assistance » envers les migrants a été préférée au terme plus contraignant de « protection ». Enfin, « cette déclaration de New York » aurait pu être l’occasion de donner un « statut particulier aux migrants, comme cela est le cas pour les réfugiés depuis la Convention de Genève depuis 1951 », souligne la présidente de Médecins du monde.

    Le 20 septembre, le président Barack Obama a abordé le sujet. À New York, il a invité une quarantaine de pays donateurs qui ont promis d’accueillir davantage de réfugiés, de leur offrir des possibilités d’éducation et d’emploi et d’accroître l’aide aux principaux pays d’accueil souvent débordés. Plus de la moitié de ces réfugiés vivent dans huit pays à faibles ou moyens revenus, comme la Jordanie, la Turquie, le Kenya ou l’Éthiopie.

    Le 19 septembre, l’OCDE – qui regroupe les pays industrialisés – a invité « les gouvernements à lutter contre le rejet de l’immigration », à l’occasion de la publication de ses « perspectives des migrations internationales ». Jean-Christophe Dumont, l’un des rédacteurs, suggère : « il faut dire aux gens qu’ils ne vont pas être submergés, expliquer quelles dynamiques la migration peut amener ». Certains l’ont compris, comme le Canada où « tout un effort est fait en amont dans les communautés pour anticiper l’accueil des migrants ». Il rejoint ainsi les propos de Monseigneur Robert Vitillo, membre de la délégation du Saint-Siège à la conférence d’hier sur les réfugiés. Pour ce dernier, le problème des réfugiés ne peut être résolu par les seuls gouvernements. Il nécessite « une approche de solidarité de la part de la société civile et des organisations religieuses ».

    L’Assemblée générale de l’ONU est un rendez-vous diplomatique annuel qui rassemble les dirigeants du monde entier à New York en septembre.

    Elle se tient sous très haute sécurité dans une ville qui a été le théâtre d’un attentat à la bombe le 17 septembre, non revendiqué, qui a fait 29 blessés.

    Chacun des 193 chefs d’État à la possibilité de s’exprimer brièvement à la tribune de l’ONU. Barack Obama s’est adressé pour la dernière fois à l’Assemblée. Michel Temer, le président brésilien, a  prononcé le premier discours du 20 septembre, juste avant lui.


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    Le seuil des 300'000 réfugiés au Burundi a été dépassé, a dit vendredi à Genève le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR). Ces personnes sont parties principalement de cinq provinces. Même si leur nombre cette année n'atteint pas celui de 2015, le flux reste régulier. Plus de 20'000 personnes ont fui en juillet et août.Le HCR s'attend à ce que ce nombre continue d'augmenter dans les prochains mois. Le dispositif d'accueil des quatre pays voisins est «sérieusement débordé» et les conditions «restent désastreuses» pour de nombreux réfugiés. Le HCR demande à la communauté internationale d'étendre son soutien.


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    Aucun dirigeant n'estime possible la conclusion d'un accord avant la fin du mandat du président Barack Obama.

    Les ministres du Commerce de l'Union européenne (UE) débattaient vendredi 16 septembre 2016 à Bratislava de l'avenir du traité de libre-échange en négociation avec les Etats-Unis (TTIP ou Tafta). Cet accord est décrié en Europe et tant la France que l'Autriche veulent enterrer.

    «Le TTIP est de fait suspendu, car les négociations ne se poursuivent pas vraiment», a affirmé vendredi matin le ministre de l'Economie autrichien, Reinhold Mitterlehner, à son arrivée dans la capitale slovaque.

    «Il serait raisonnable de (le) mettre complètement en sourdine» et «de le relancer (...) avec un nouveau nom, une meilleure transparence et des objectifs plus clairs», a-t-il ajouté.

    Une position proche de celle de la France, qui avait affirmé ces dernières semaines vouloir demander «la fin des négociations» à Bratislava.

    Le TTIP, immense chantier ouvert en 2013, vise à faire tomber les barrières commerciales entre l'UE et les Etats-Unis, comme les droits de douane ou les restrictions réglementaires qui entravent l'accès aux marchés.

    Mais ses opposants - ONG, élus de tous bords, syndicats ou militants - l'estiment «dangereux» pour la démocratie, la sécurité alimentaire ou encore les normes sociales et environnementales. Régulièrement appelés à manifester, ils étaient encore plusieurs dizaines de milliers le 17 septembre en Allemagne.

    Pas avant la fin du mandat d'Obama

    Plus qu'un abandon ou une suspension des négociations - déjà très lentes -, les 28 pourraient surtout acter le fait qu'aucun accord ne sera conclu avant la fin du mandat du président Barack Obama, en janvier 2017, l'objectif initial.

    «Il n'y aura certainement pas de traité cette année», a estimé le ministre de l'Economie allemand, le social-démocrate Sigmar Gabriel, qui a vertement critiqué le TTIP ces derniers mois, à contre-courant de la chancelière Angela Merkel.

    «Il y a des difficultés et encore beaucoup à faire donc l'hypothèse d'une solution rapide devient de plus en plus étroite», a concédé vendredi la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, qui négocie avec les Etats-Unis au nom des Etats membres. Elle appelle cependant à poursuivre les négociations «afin de faire le plus de progrès possible».

    Contrairement à la France et à l'Autriche, douze pays européens, dont l'Italie, l'Espagne et la Grande-Bretagne, ont récemment affiché dans une lettre ouverte leur soutien au TTIP.

    Aux Etats-Unis, où la campagne présidentielle bat son plein, le sujet n'est guère porteur. C'est même, quel que soit le candidat, «un jeu de massacre», souffle une source européenne.

    Les élections, comme handicap

    Autres handicaps à l'avancée des négociations, l'élection présidentielle française au premier semestre 2017, suivie des élections législatives allemandes à la fin de l'été, qui pourraient repousser l'élan attendu à la fin de l'année prochaine.

    Cette situation a poussé Cecilia Malmström à revêtir son bleu de chauffe ces derniers jours pour défendre l'autre traité, le Ceta, conclu avec le Canada, un texte de 1600 pages devenu pour elle «le point principal» de la rencontre de Bratislava.

    A coup d'interviews ou de réunions publiques, elle martèle le message du président de la Commission, Jean-Claude Juncker: le Ceta «est le meilleur accord et le plus progressiste jamais négocié par l'UE».

    Elle compte notamment discuter avec les derniers ministres réticents d'une déclaration commune, rédigée avec les Canadiens, «afin de calmer quelques inquiétudes». «On doit bien encadrer la manière dont les services publics doivent être protégés», a détaillé le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, évoquant aussi la question des «normes sociales».

    Ce traité doit être signé le 27 octobre prochain, lors d'un sommet à Bruxelles en présence du premier ministre canadien Justin Trudeau. Il sera ensuite provisoirement appliqué, le temps d'être ratifié par les Parlements de tous les pays de l'UE, une procédure qui peut prendre des années.

    Mais ses adversaires le décrivent comme «un cheval de Troie» de l'accord avec les Etats-Unis. «C'est une chance d'essayer, avec un partenaire comme le Canada, qui est très européen, qui est un pays qui nous ressemble beaucoup, de prendre le contrôle de la globalisation», leur répond Mme Malmström.

    L’Assemblée générale de l’ONU est un rendez-vous diplomatique annuel qui rassemble les dirigeants du monde entier à New York en septembre.

    Elle se tient sous très haute sécurité dans une ville qui a été le théâtre d’un attentat à la bombe le 17 septembre, non revendiqué, qui a fait 29 blessés.

    Chacun des 193 chefs d’État à la possibilité de s’exprimer brièvement à la tribune de l’ONU. Barack Obama s’adresse pour la dernière fois à l’Assemblée. Michel Temer, le président brésilien, a  prononcé le premier discours du 20 septembre, juste avant lui.


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    Près de 150 participants issus de 43 pays se sont réunis du 5 au 7 septembre 2016 à Abuja au Nigeria, pour lutter contre la traite des êtres humains en Afrique et dans le monde.
    Présent à la rencontre, l’archevêque de Manille et président de Caritas Internationalis, le cardinal Luis Antonio Tagle espère qu’« un jour, sera aboli ce terrible crime contre l’humanité ».

    « Être au XXIe siècle, un siècle aux grandes avancées scientifiques et technologiques, et voir persister dans le monde ce terrible crime contre l’humanité qu’est la traite humaine, c’est inacceptable ». C’est en ces termes que l’archevêque de Manille (Philippines) et président de Caritas Internationalis le cardinal Luis Antonio Tagle a rappelé la nécessité de lutter contre la traite des êtres humains, à l’occasion de la rencontre sur le sujet à Abuja au Nigeria, du 5 au 7 septembre. À l’initiative de Caritas Internationalis et du Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants, près de 150 personnes de 43 nationalités ont participé aux différentes tables rondes et ateliers sur le thème « Une seule famille humaine. Non à la traite des personnes ».

    La tenue de cette rencontre en Afrique et plus particulièrement au Nigeria, est hautement symbolique. Pour Geneviève Colas, fondatrice pour le Secours catholique du collectif « Ensemble contre la traite des êtres humains » et membre du groupe de pilotage du réseau mondial Coatnet, « choisir le Nigeria, c’est faire état de la situation actuelle du continent africain sur le sujet de la traite humain et notamment de l’exploitation sexuelle des jeunes Nigériennes en France mais c’est aussi parler la question du terrorisme avec Boko Haram aux portes du pays ».

    « Abolir ce crime contre l’humanité »

    En présence de plusieurs Caritas, de conférences épiscopales, de congrégations religieuses et d’ONG, « quatre grandes thématiques contemporaines de la traite humaine ont ainsi été abordées », détaille Geneviève Colas. Ainsi, la question de la traite des enfants, de l’exploitation sexuelle, de la traite en situation de crise ou dans le cadre maritime, a été étudiée.

    En juin 2016, le pape François, qui qualifie la traite d’êtres humains de « crime contre l’humanité » a signé une déclaration renforçant la lutte contre le crime organisé et la traite des êtres humains. Tout en reprenant les mots du pape, le cardinal Tagle, joint par La Croix, espère qu’« un jour, la traite des êtres humains sera abolie ». Il souhaite qu’à l’issue de cette rencontre,« tous les pays présents aient pris conscience de la nécessité de travailler ensemble même si cela n’est pas facile ». Ainsi un plan d’action sera établi pour « définir la politique à tenir ces prochains mois et années », explique Geneviève Colas.

     


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  • 15 ans après, l'Amérique en guerre perpétuelle

    Depuis cette attaque sur le sol américain, le pays est dans un état de conflit permanent contre la «terreur» islamiste.

    Le 11 septembre 2001 a changé à jamais le visage de l'Amérique. Il a non seulement bouleversé sa diplomatie et sa politique sécuritaire, mais, depuis quinze ans, les Etats-Unis restent en guerre perpétuelle contre le «terrorisme» djihadiste sans réussir à mettre fin au «chaos» au Moyen-Orient.

    Si le président Barack Obama, au pouvoir depuis janvier 2009, a refusé l'interventionnisme militaire à tout crin dans les guerres du monde arabe et cherché à réconcilier l'Amérique avec les pays musulmans, il laisse les Etats-Unis dans un état de conflit permanent contre la «terreur» islamiste, relèvent des experts.

    Le démocrate, qui quittera la Maison-Blanche en janvier, demeurera le président qui a sorti son pays des bourbiers d'Irak et d'Afghanistan. Ces conflits dévastateurs avaient été déclenchés par son prédécesseur républicain George W. Bush en riposte aux pires attentats de l'histoire et sous la bannière de la «guerre mondiale contre le terrorisme».

    Multiples théâtres

    Mais, «même quinze ans après le 11 septembre, les guerres au Moyen-Orient, les métastases de l'EI (Etat islamique), la radicalisation en ligne et les attentats en Europe et en Amérique empêchent d'enterrer le paradigme de la 'guerre mondiale contre le terrorisme'», analysait vendredi, pour le Forum économique mondial, Tamara Cofman Wittes, directrice de recherche à la Brookings.

    De fait, la première puissance mondiale reste engagée militairement - certes, de manière limitée ou en appui logistique - sur de multiples théâtres: en Syrie et en Irak contre l'EI, en Afghanistan, en Libye, au Yémen, en Somalie ou au Nigeria face à une myriade d'insurrections islamistes.

    «Obama pense qu'il faut éviter les grandes guerres qui aggravent les choses», explique à l'AFP Hussein Ibish, chercheur au Arab Gulf States Institute in Washington. Au contraire, le commandant en chef a fait entrer ses militaires dans une nouvelle ère: drones, forces spéciales, formation d'armées locales.

    Le coût humain et financier en est limité, après la mort de 5300 soldats américains, 50'000 autres blessés et 1600 milliards de dollars dépensés entre 2001 et 2014 en Irak et en Afghanistan, selon le Congrès.

    Chaos insoluble

    Cette politique militaire de Barack Obama avait culminé en mai 2011 lorsque des forces spéciales avaient tué dans sa maison au Pakistan le chef d'Al-Qaïda responsable du 11 septembre, Oussama ben Laden. Mais pour M. Ibish, cet «usage limité des ressources» militaires «ressemble à une guerre ininterrompue».

    «C'est même plus qu'une guerre permanente parce que les ressources militaires limitées ne peuvent rien changer à l'instabilité» des conflits régionaux, critique l'analyste. Il juge que l'administration Obama «a accepté que le chaos actuel soit insoluble».

    De fait, pour la tragédie syrienne, aucune paix durable n'est en vue, malgré les interventions militaires et tentatives diplomatiques des Etats-Unis et de la Russie. Et un réengagement armé américain d'envergure au Moyen-Orient n'est pas aux programmes des rivaux à la présidentielle du 8 novembre, Hillary Clinton et Donald Trump.

    Pas la bonne réponse

    De fait, quinze ans après le 11 septembre, «la réponse militaire n'est pas la bonne, car le terrorisme ne représente pas une menace existentielle» pour les Etats-Unis, dit à l'AFP Amy Greene, chercheuse américaine à sciences politiques Paris.

    Le président Obama, qui avait déjà jugé en janvier que l'EI «ne représentait pas une menace existentielle pour notre nation», a reconnu samedi que la «menace terroriste avait évolué».

    «En Afghanistan, en Irak, en Syrie et au-delà, nous combattrons sans relâche les organisations terroristes comme Al-Qaïda et l'Etat islamique», a-t-il promis dans un message sur le 11 septembre. «Nous les détruirons et nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger notre pays», a-t-il martelé.

    Pourtant, conteste Mme Greene, «il n'y a pas eu d'attaque sur le sol américain de la même ampleur» que les attentats minutieusement préparés du 11 septembre, qui ont fait près de 3000 morts.

    Face à la menace «terroriste», les Etats-Unis ont fait grossir un tentaculaire appareil de surveillance et de renseignement sur leur territoire et à l'étranger. Le budget pour la CIA, le FBI et la NSA a quasiment doublé depuis 2001. Depuis le Patriot Act voté après le 11 septembre et «revalidé par M. Obama (...) les Américains ont accepté de céder une partie de leurs libertés», déplore Mme Greene.


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  • Appel à mettre fin au commerce légal d'ivoire

    Les dirigeants mondiaux réunis à Hawaï ont adopté samedi 10 septembre 2016 un texte, malgré l'opposition du Japon et de la Namibie.

    Les responsables gouvernementaux réunis à la conférence de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Hawaï ont adopté samedi un texte appelant à mettre un terme à tous les marchés domestiques de commerce d'ivoire.

    Au terme d'intenses débats, et malgré l'opposition de la Namibie et du Japon notamment, la motion, non contraignante, a été adoptée le jour de la clôture de la conférence, qui a duré dix jours et a réuni 9000 personnes à Honolulu, à Hawaï.

    «C'est la première fois qu'un organe international appelle chaque pays dans le monde à mettre un terme aux marchés légaux d'ivoire», a déclaré Andrew Wetzler, du Conseil de défense des ressources naturelles.

    Le Japon et la Namibie traînent la patte

    «C'est une victoire pour les éléphants, qui avec un peu de chance sera réitérée à la fin du mois à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) à Johannesburg», en Afrique du Sud.

    Le texte «exhorte les gouvernements des pays concernés par le commerce national d'ivoire à prendre toutes les mesures législatives et réglementaires pour l'arrêter».

    Le Japon et la Namibie, dont les marchés intérieurs d'ivoire sont en expansion, ont tenté en vain d'adoucir le texte, en déposant une vingtaine d'amendements.

    «La communauté internationale de la protection de la nature fait un grand pas en avant», s'est félicité Cristian Samper, responsable de la Wildlife Conservation Society (WCS), l'une des ONG représentées à la conférence. «Plus de ventes domestiques d'ivoire. Les éléphants en ont eu assez du commerce d'ivoire, et le monde aussi».

    Efforts américain et chinois

    Selon les spécialistes, le commerce domestique d'ivoire nourrit le braconnage, utilisé comme écran par les trafiquants pour camoufler leurs importations et exportations illégales.

    Les Etats-Unis et la Chine, qui figurent parmi les plus gros consommateurs d'ivoire, ont déjà accepté d'interdire presque totalement leur marché domestique d'ivoire.

    La CITES a interdit le commerce international d'ivoire d'éléphant en Afrique en 1989. Mais le braconnage des éléphants pour leurs défenses se maintient à des niveaux élevés, menaçant d'extinction les éléphants africains, selon une étude publiée en ouverture de la conférence internationale.

    Déclin de la population d'éléphants

    La population des éléphants vivant dans les savanes d'Afrique a décliné de 30% entre 2007 et 2014, principalement en raison du braconnage, selon ce recensement panafricain inédit financé par Paul Allen, co-fondateur de Microsoft et philanthrope.

    Ce déclin s'est par ailleurs accéléré au fil des ans et atteint actuellement 8% par an, selon l'étude, qui a identifié l'Angola, le Mozambique et la Tanzanie comme des zones particulièrement touchées par le braconnage.

    Les populations d'éléphants vivant dans les savanes du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), du nord du Cameroun et du sud-ouest de la Zambie sont, elles, menacées d'une «extinction locale».

    Signal fort aux trafiquants

    Les ONG environnementales ont salué l'initiative de l'UICN et appelé la CITES, qui doit se réunir à Johannesburg à la fin du mois, à aller encore plus loin.

    «Nous espérons que les délégués seront incités par le vote de l'UICN à adopter une résolution soumise par des gouvernements africains qui appelle également à fermer les marchés domestiques d'ivoire», a ajouté M. Samper du WCS.

    «La fermeture des marchés domestiques d'ivoire enverra un signal fort aux trafiquants et aux bandes criminelles organisées, celui que l'ivoire ne vaut rien et n'encouragera plus leurs activités criminelles qui causent des problèmes de sécurité pour les habitants et détruisent la nature», a-t-il estimé.

     


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  • Affrontements entre Turcs et Kurdes

    Combattants kurdes et chars turcs se sont affrontés samedi 27 août 2016, dans le nord de la Syrie.

    Des affrontements ont éclaté samedi entre des chars turcs et des combattants kurdes ou soutenus par ces derniers dans le nord de la Syrie, au quatrième jour d'une offensive sans précédent de la Turquie visant à la fois le groupe djihadiste, Etat islamique (EI) et les milices kurdes. Il s'agit des premiers combats de ce type depuis l'envoi mercredi des premiers blindés turcs sur le sol syrien dans le cadre de l'opération «Bouclier de l'Euphrate», qui marque une nouvelle phase dans ce conflit déjà complexe déclenché en 2011 et ayant fait plus de 290'000 morts.

    L'agence de presse progouvernementale turque Anadolu a fait état du premier décès confirmé d'un militaire participant à cette offensive, tué samedi dans une attaque à la roquette de membres du Parti de l'Union démocratique (PYD), la principale milice kurde de Syrie, contre deux chars. Trois autres soldats ont été blessés, selon Anadolu.

    Blindés attaqués

    La Turquie considère le PYD et son aile militaire, les YPG (Unités de protection du peuple kurde), comme des organisations «terroristes», bien qu'elles soient épaulées en tant que forces combattant efficacement les djihadistes par les Etats-Unis, alliés d'Ankara.

    Les blindés ont été attaqués dans la région de Jarablos, ville que des rebelles soutenus par la Turquie ont reprise mercredi au groupe Etat islamique (EI), a expliqué de son côté l'agence de presse Dogan.

    Avancée turque

    Ces affrontements sont intervenus au lendemain de l'annonce par Washington et Moscou, qui soutiennent des camps opposés en Syrie, de progrès pour parvenir à un cessez-le-feu, tandis que les hostilités se poursuivaient dans ce pays, notamment à Alep (nord).

    «Les chars turcs ont avancé aujourd'hui jusqu'aux abords de la localité d'al-Amarné dans la province d'Alep, au sud de la frontière, et des combats ont alors éclaté entre eux et des combattants appuyés par les forces kurdes», a dit à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

    Un responsable de l'administration semi-autonome kurde en Syrie a confirmé à l'AFP ces accrochages.

    Pris pour cible

    Al-Amarné se situe à 8 km au sud de Jarablos, où les rebelles s'affairaient samedi 27 août 2016 à désamorcer les engins explosifs laissés par l'EI. Toujours au sud de cette ville, l'armée turque a détruit samedi un poste de commandement de «groupes terroristes», a signalé Anadolu.

    Cette agence n'a pas précisé quels groupes étaient visés dans ces frappes, mais des rebelles soutenant les Kurdes en Syrie ont affirmé avoir été pris pour cible par l'aviation turque.

    «Des avions turcs ont bombardé nos positions ce matin dans le sud de Jarablos et dans le village de Til-Emarne où vivent des civils», a annoncé dans un communiqué le Conseil militaire de Jarablos, lié au Forces démocratiques syriennes (FDS) pro-Kurdes. «Avec cette agression, une nouvelle phase du conflit va s'ouvrir dans la région», a-t-il ajouté.

    Eviter une ceinture continue

    Un peu plus tôt samedi, l'armée turque avait envoyé six nouveaux blindés en Syrie, a constaté un photographe de l'AFP dans le village de Karkamis, à la frontière turque. Après trois jours d'opérations, elle dispose désormais de 50 chars et de 380 soldats dans ce pays, selon le quotidien Hürriyet.

    Pour la Turquie, en conflit avec les Kurdes sur son propre territoire, cette offensive vise entre autres à empêcher les Kurdes syriens de former une ceinture continue le long de sa frontière.

    Les forces de sécurité turques subissent des attaques quasi-quotidiennes de la part du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), dont la dernière en date a provoqué la mort d'au moins 11 policiers vendredi à Cizre (sud-est), près de la frontière syrienne.

    Par ailleurs, le régime syrien a repris samedi Daraya, une des premières villes à s'être soulevées contre Bachar el-Assad, après l'évacuation de la population de cet ex-fief rebelle situé près de Damas et soumis pendant quatre ans à un siège impitoyable.

    Explosifs largués

    Au même moment, des barils d'explosifs ont de nouveau été largués par les forces gouvernementales sur un quartier d'Alep aux mains des insurgés, faisant au moins 15 morts et plusieurs blessés parmi les civils, selon l'OSDH.

    La deuxième ville de Syrie, où 1,5 million de personnes sont prises au piège, est l'un des principaux points de désaccord entre les Etats-Unis et Moscou qui ont fait état vendredi à Genève de progrès pour parvenir à un cessez-le-feu. Mais les modalités d'un accord pour tenter de mettre fin au conflit doivent encore être définies.


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  • Forcing diplomatique à Genève autour de la Syrie

    John Kerry et Sergueï Lavrov se sont retranchés à l’Hôtel Président Wilson pour essayer de finaliser un accord de cessez-le-feu.

    C’est dans un Hôtel Président Wilson «bunkerisé», dont l’accès est protégé d’un côté par de lourds plots en béton et de l’autre par un char de la police, que John Kerry et Sergueï Lavrov ont entamé un marathon diplomatique pour trouver un accord sur la Syrie. Russes et Américains travaillent depuis plusieurs semaines sur un projet d’accord de cessez-le-feu entre le gouvernement et l’opposition. Les violents combats de ces dernières semaines qui ont ensanglanté Alep et l’extrême précarité des populations qui se retrouvent prises au piège exigent de faire taire les armes pour que puissent passer les convois d’aide humanitaire.

    Accusée de mollesse sur le dossier syrien, surtout dans le rapport de force avec la Russie, l’administration américaine souhaiterait redorer son blason en arrachant à Genève l’accord tant attendu. John Kerry sait que le symbole serait fort. Mais de l’aveu même des diplomates engagés dans ce marathon diplomatique, les obstacles à surmonter sont encore nombreux. Malgré leurs efforts, les deux puissances n’arrivent pas à mettre de l’ordre dans les rangs des deux camps qui s’opposent et qu’elles soutiennent. Jusqu’à présent, Washington n’est pas arrivé à faire entendre raison aux Saoudiens. Les divisions au sein du Haut Comité des négociations sont un casse-tête toujours insurmontable. Et Moscou ne semble pas toujours avoir une totale emprise sur Damas.

    Aux divisions et à la confusion, il faut ajouter le jeu plus trouble que joue de la Turquie qui vient de frapper des positions tenues par les milices kurdes qui combattent Daech et parmi lesquelles étaient infiltrés des conseillers militaires américains. Autant dire que la réunion entre John Kerry et Sergueï Lavrov ne pouvait pas démarrer dans de plus mauvaises conditions.

    Des conseillers russes et américains de haut niveau qui planchent sur le projet de cessez-le-feu depuis plusieurs semaines sont tous du voyage. En milieu de journée, Staffan de Mistura, le médiateur de l’ONU, a pu s’entretenir quelques minutes avec John Kerry et Sergueï Lavrov. «L’ONU n’a pas été consultée ou impliquée dans la négociation de l’accord qui est en train d’être négocié», a rappelé le diplomate italo-suédois avant d’exhorter les deux parties à tenir compte, aussi, de «l’extrême gravité» de la situation à Daraya où des milliers d’insurgés et de civils attendent d’être évacués dans des conditions qui sont dramatiques. La pression est énorme pour faire de cette rencontre un tournant dans la crise syrienne. En début de soirée, l’agence Tass annonçait que l’équipe de Staffan de Mistura allait rejoindre les délégations russes et américaines.


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  • les guerres hybrides d'Obama

    Le samedi 9 juillet 2016, en fin de journée, lors de sa conférence de presse de clôture, au sommet de l’Otan à Varsovie, Barack Obama a fait publiquement cet aveu: « en tant que commandant en chef de l’armée la plus puissante du monde, je passe beaucoup de temps à ruminer » sur la guerre.

    En réponse à une question de Mark  Landler, journaliste au New York Times, sur la nature de la guerre au 21ème siècle et, plus précisément, sur la probabilité de devenir le premier locataire de la Maison Blanche à avoir présidé un pays en guerre pendant deux mandats, avec des troupes toujours déployées en Afghanistan, en Irak et en Syrie, le président américain a longuement répondu.

    Extraits:

    « Quand je suis arrivé au pouvoir en 2009, nous avions 180 000 soldats en Irak et en Afghanistan. Aujourd’hui, nous avons une fraction de cela. Ils ne sont pas impliqués dans des situations de combat mais dans la formation, le conseil et l’assistance ».

    En guerre contre des acteurs non étatiques

    « Quand nous avons affaire à des acteurs non étatiques et que ces acteurs non étatiques sont situés dans des pays avec une capacité limitée, notre but ultime est de travailler en partenariat avec ces pays afin qu’ils puissent sécuriser leurs frontières et éliminer, eux-mêmes, ces menaces terroristes. »

    (…)

    « Parce qu’ils sont des acteurs non étatiques, il est très difficile pour nous d’obtenir la satisfaction d’une rencontre entre McArthur et l’Empereur japonais avec une guerre officiellement terminée. »

    Une approche hybride de la sécurité nationale

    (…)

    « Je pense donc que ce que nous avons essayé de faire, ce que j’ai essayé de faire est de créer une architecture, une structure – et ce n’est pas encore là – qui mette l’accent sur les partenariats avec les pays, sur la consolidation des États fragiles, la résolution des conflits internes partout où nous le pouvons, en essayant de faire le plus possible à travers nos partenaires locaux, tout en se réservant la possibilité, la nécessité de frapper nous-mêmes des organisations ou des individus qui essaient de tuer des Américains, des Belges, des Français ou des Allemands – combinant avec une collecte de renseignement beaucoup plus efficace. Mais cela devient de plus en plus une approche hybride de la sécurité nationale. Et je pense que cela va probablement être quelque chose que nous devrons continuer à faire dans les années à venir. »

    (…)

    « Face à cet autre type de menace de bas niveau, une menace qui n’est pas existentielle mais qui peut faire des dégâts réels et causer un préjudice réel à nos sociétés, et qui crée le genre de peur qui peut causer la division et des réactions politiques, nous devons faire mieux. »

    Rendre compte des victimes civiles d’attaques de drones

    « Ainsi, par exemple, la raison pour laquelle j’ai publié un rapport sur les victimes civiles des attaques de drones – tout en comprenant que certains contestent les chiffres – c’est que j’essaie d’institutionnaliser un système où nous commençons à rendre compte pour ce différent type de menace pour la sécurité nationale et ces différents types d’opérations. »

    Une base juridique plus solide

    « C’est encore imparfait. Mais je pense que nous pouvons y arriver. Et ce que je peux honnêtement dire, sur la façon dont la NSA fonctionne, sur la manière dont les attaques de drone fonctionnent, sur nos partenariats avec d’autres pays, sur mes efforts pour fermer Guantanamo d’ici la fin de ma présidence – ou sur l’interdiction de la torture, je suis convaincu que ces efforts se feront sur une base juridique plus solide, plus conforme à la loi et aux normes internationales, plus représentatif de nos valeurs et de notre éthique. Mais nous avons plus de travail à faire. Ce n’est pas parfait et nous devons lutter avec ces questions tout le temps. »


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