• Les enfants-soldats continuent d'être recrutés

    Les groupes armés au Soudan recrutent toujours des enfants, a dénoncé l'ONU mercredi, reconnaissant les efforts de Khartoum.

    Certains groupes armés au Soudan ont toujours recours aux enfants-soldats, a déploré mercredi 29 novembre 2017 l'ONU. L'organisation a toutefois reconnu les efforts faits par Khartoum pour empêcher le recrutement de mineurs.

    «Nous avons lancé un appel appuyé aux groupes armés afin qu'ils appliquent entièrement le droit international en matière de respect des enfants», a indiqué Olof Skoog, à la tête du groupe de travail de l'ONU sur le travail des enfants et les conflits armés.

    Dans une déclaration à la presse à Khartoum, il a expliqué les difficultés à obtenir des informations sur la situation des enfants dans des zones du Soudan en conflit comme dans les Etats du Kordofan-Sud (sud) et du Nil-Bleu (sud-est).

    Il a toutefois indiqué que son équipe de travail avait rencontré des enfants-soldats, et que beaucoup de mineurs sont toujours victimes de groupes armés, dont des factions rebelles. «Je ne peux pas vous donner de chiffres, mais cela m'inquiète», a-t-il affirmé.

    Meurtres, mutilations, agressions sexuelles

    Dans les zones de conflits, les enfants sont victimes de violations de toutes sortes - meurtres, mutilations, agressions sexuelles, enlèvements - et les écoles et les hôpitaux sont souvent la cible d'attaques, a ajouté M. Skoog. Selon lui, le gouvernement soudanais a fait des efforts pour empêcher le recrutement des enfants depuis qu'il a signé en mars 2016 un «plan d'action» avec l'ONU.

    Certains groupes rebelles ont aussi signé ce plan d'action, mais ne l'ont pas appliqué complètement, a souligné M. Skoog. Le responsable de l'ONU a par ailleurs insisté auprès de Khartoum pour que les enfants qui rendent les armes soient rapidement réintégrés dans la société.

    L'année dernière, le Soudan a libéré 21 enfants-soldats qui avaient été capturés au Darfour en 2015 lors de combats entre les forces gouvernementales et le mouvement rebelle pour la justice et l'égalité (JEM). «Dans tous les conflits, les enfants sont les plus touchés et cela est aussi le cas au Soudan malheureusement», a conclu M. Skoog.


    votre commentaire
  •  

     

    Dix ans après les Principes et engagements de Paris, cette conférence sera l’occasion de faire le point sur la protection des enfants vivant dans des conflits.

    Un tiers des besoins est pour la Syrie

    Le président François Hollande ouvre mardi 21 février à Paris une conférence destinée à mobiliser la communauté internationale sur le sort des 250 millions d’enfants vivant dans des zones de conflit.

    « Dix ans après les Principes et engagements de Paris relatifs aux enfants associés aux forces ou aux groupes armés, cette nouvelle initiative de la France et de l’Unicef rassemblera plus de 80 pays et près de 40 organisations internationales et non gouvernementales », précise la présidence de la République.

    La conférence sera l’occasion d’un important appel aux dons. « Les besoins s’élèvent à 3,3 milliards de dollars », selon Sébastien Lyon, directeur général de l’Unicef France, soit « le chiffre le plus élevé que l’Unicef ait jamais été appelé à demander pour les situations d’urgence. Il était de 1,5 milliard il y a encore quatre ans. » « Sur ces 3,3 milliards de dollars, 1,4 milliard est nécessaire juste pour le conflit syrien », précise le responsable.

    Sur le terrain, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) œuvre notamment à la libération des enfants recrutés dans des groupes armés. Depuis 2000, « environ 100 000 enfants ont pu être libérés », selon l’organisation.

    Recrutement d’enfant soldats au Soudan du Sud

    La conférence rassemble les pays signataires des Principes et engagements de Paris, une liste d’orientations et de suggestions politiques que les États sont invités à adopter en matière de protection des enfants, signés il y a dix ans. Des ONG seront également présentes, ainsi que des enfants-soldats qui témoigneront de leur expérience. 105 États ont adopté et signé les Principes et Engagements de Paris.

    Leila Zerrougui, la représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés du secrétaire général des Nations unies, assistera à la conférence, comme Peter Maurer, le président du comité international de la Croix-Rouge (CICR) et Anthony Lake, le directeur exécutif de l’Unicef.

    Concernant les enjeux de la conférence, Jean-Pierre Lacroix, en charge des organisations internationales au ministère des Affaires étrangères, indique « le phénomène de recrutement des enfants-soldats, avec des chiffres élevés dans certains pays, plus de 17 000 au Soudan du Sud, environ 5 000 en Somalie, plus de 1 000 au Yémen ».

    Les enfants sont également exposés à « l’impossibilité d’aller à l’école et d’avoir accès à l’aide humanitaire » et aux « violences directes : meurtres, mutilations, violences sexuelles, enlèvements de masse ».

     


    votre commentaire
  • L'ONU célèbre 20 ans de protection des enfants dans les conflits armés

    8 février 2017 – De hauts responsables des Nations Unies et de la communauté internationale se sont félicité mercredi 8 février 2017 des deux décennies d'efforts pour protéger les enfants contre le fléau de la guerre en marquant le vingtième anniversaire de la résolution 51/77 (1997) de l'Assemblée générale sur la promotion et la protection des droits des enfants.

    Lors d'une réunion informelle de l'Assemblée générale, le Président de cet organe de l'ONU, Peter Thomson, a qualifié cette résolution de « développement marquant dans nos efforts mondiaux pour améliorer la protection des enfants dans les situations de conflit ».

    « Parmi les horreurs incompréhensibles qui se produisent dans le chaos des zones de guerre, des crimes, des violations et des abus sont perpétrés contre les membres les plus vulnérables de nos sociétés, à savoir nos enfants », a déclaré M. Thomson dans un discours.

    Il a appelé à un effort concerté pour protéger les enfants dans les conflits armés, dans le cadre des engagements de la communauté internationale en faveur de la paix et de la sécurité, du développement durable et des droits de l'homme.

    À la suite de la résolution historique adoptée il y a 20 ans, l'Assemblée générale a prié le Secrétaire général de nommer un Représentant spécial pour les enfants et les conflits armés. Ce poste est occupé actuellement par Leila Zerrougui, qui a succédé à Graça Machel, Olara Otunnu et Radhika Coomaraswamy.

    C'est le rapport historique de Mme Machel datant de 1996 qui a conduit à la création du mandat et à la nomination d'un représentant spécial.

    Elle a exhorté les États membres à considérer les enfants comme des 'zones de paix' et a déclaré qu'en se concentrant sur eux, « les responsables politiques, les gouvernements, les entités militaires et non étatiques commenceront à reconnaître combien ils détruisent avec les conflits armés et le peu qu'ils gagnent ».

    La meilleure façon de protéger les enfants contre les conflits armés est de prévenir les conflits armés en premier lieu, a écrit Mme Machel. Cette idée fait écho au message du Secrétaire général António Guterres, prononcé par sa Cheffe de Cabinet, Maria Luiza Ribeira Viotti.

    Le Secrétaire général a estimé que l'éducation de bonne qualité et le travail productif et décent pour les jeunes constituaient des conditions préalables à la fois pour la paix et le développement.

    Toutefois, lorsque la prévention échoue, il demande au Bureau du Représentant spécial de continuer de surveiller et de signaler les violations. « Nous devons également continuer de renforcer les relations avec les autorités locales et nationales, les partenaires régionaux et la société civile pour prévenir et protéger les enfants contre les violations graves », a déclaré M. Guterres.


    votre commentaire
  • La réinsertion des enfants soldats au Moyen-Orient

    L’histoire porte depuis longtemps la trace de ce fléau moderne qu’est la question des enfants soldats. Recensé dès l’antiquité gréco-romaine, ce phénomène a prévalu jusqu’au XIXe siècle. Avec l’avènement des nations modernes, on a cru qu’il disparaîtrait peu à peu. Aujourd’hui, pourtant, il s’observe dans la quasi-totalité des continents et des conflits, même s’il relève de l’exception au sein des corps d’armée constitués.

    Il est impossible d’obtenir les effectifs d’enfants soldats en chiffres absolus : les Nations Unies elles-mêmes ne se risquent plus à un dénombrement précis. Selon Nick Scarborough, responsable du pôle administratif de l’organisation Child Soldiers International , « tous les chiffres que nous mentionnons reposent sur des estimations et il existe des conflits pour lesquels nous ne disposons d’aucune estimation… Pourtant, le Secrétariat général des Nations Unies a répertorié sept armées nationales et 50 groupes armés qui recrutent et exploitent des enfants, ce qui indique la persistance et la gravité de cette violation. » Les enfants soldats sont le plus souvent des garçons, notamment au Moyen-Orient, mais à l’échelle mondiale, on estime à quelque 40 % le nombre de filles soldats , particulièrement vulnérables à la prédation sexuelle et à d’autres formes de violence.

    Le Protocole additionnel I de la quatrième Convention de Genève interdit la participation d’enfants de moins de quinze ans aux hostilités . Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale précise également que « le fait de procéder à la conscription ou à l'enrôlement […] d’enfants dans des forces ou des groupes armés constitue un crime de guerre dans tout conflit armé ». En 2000, le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits des enfants a relevé l’âge minimum de l’enrôlement (a) et la participation directe aux hostilités à 18 ans. Si 123 pays ont ratifié ce texte depuis 2002, les progrès sont lents. En s’appuyant sur le mécanisme de surveillance et de communication de l’information, le groupe de travail créé par la Résolution 1612 du Conseil de Sécurité  a constaté qu’il restait beaucoup à faire sur ce front, étant donné que les violations les plus fragrantes sont majoritairement dues à des acteurs non étatiques.

    Au Moyen-Orient, toutes les parties impliquées dans les conflits en cours ont été accusées d’utiliser des enfants soldats (a), les enfants déplacés de force paraissant particulièrement exposés. Leur présence est attestée dans les rangs des milices chiites d’Iraq , des groupes rebelles  anti-régime, comme l’Armée syrienne libre, des milices syriennes pro-régime (a), des unités afghanes chiites , recrutées sous le contrôle de l’Iran, voire du Hezbollah libanais (a). Des enfants soldats prennent également part à la guerre au Yémen  et sont utilisés par le PKK kurde en Iraq  et les Unités de protection du peuple (YPG) en Syrie .

    Pourtant, c’est l’utilisation faite de ces enfants par le groupe État islamique (EI) qui a retenu le plus l’attention, en raison de sa notoriété, mais aussi du rôle spécifique que jouent les « lionceaux du califat » dans la dramatisation du groupe, à des fins de propagande interne et externe .

    En Occident et ailleurs, les médias se sont beaucoup intéressés à ces enfants utilisés par l’EI comme bourreaux (a) ou kamikazes – des pratiques utilisées sciemment par la mouvance djihadiste pour désensibiliser les enfants et instaurer une « nouvelle normalité ». Cependant, « la présence et la participation d’enfants servant les besoins de la propagande globale de l’EI ne se limitent pas à ces actes de violence extrême. Tous les jours ou presque, les enfants sont mis en avant dans des contextes multiples : exécutions surmédiatisées, camps d’entraînement, joutes de mémorisation du Coran et campagnes de prosélytisme (caravanes de da’wa) ». L’EI choisit ses lionceaux à l’issue d’un processus de sélection mené auprès de populations d’enfants placés sous sa férule. La plupart ont été enlevés à leurs parents ou sont orphelins, c’est le cas des Yézidis (a), par exemple. Reste « qu’un pourcentage croissant d’enfants rejoignent les rangs de l’EI au terme d’un processus de formation (a) au cours duquel Daech leur instille le sens du dévouement et de la camaraderie. Certains chercheurs décomposent ce processus en plusieurs étapes : « d’après les données dont nous disposons à l’heure actuelle, (on observe) six phases de socialisation des enfants à l’EI : séduction, instruction (a), sélection, subjugation, spécialisation et cantonnement ». Certains enfants sont issus de familles étrangères installées de leur plein gré sur les territoires occupés par l’EI, mettant en lumière un phénomène rare : l’embrigadement d’enfants soldats avec l’assentiment des familles, y compris des familles locales favorables à l’EI ou en quête désespérée d’avantages monétaires ou autres.

    Les enfants soldats servent souvent de chair à canon, mais pour l’EI, il s’agit également de les inscrire dans une stratégie de long terme, qui intègre l’idée d’un échec éventuel de la constitution d’un califat, en raison de la pression militaire inexorable que le groupe subit. En témoignent les mots de ce djihadiste  : « Nous pensons que cette génération d’enfants est celle du Califat… C’est une doctrine juste qui leur a été inculquée. Tous aiment aller au combat, pour bâtir l’État islamique. »

    Devant le recul des forces de l’EI à Mossoul et à Raqqa, deux questions se présentent à nous : la réadaptation de tous les enfants sous l’emprise du groupe depuis deux ans et plus et la réinsertion des « lionceaux », autrement plus délicate. D’après Mia Bloom, professeur à l’université d’État de Géorgie , ce travail « nécessite une coordination et une créativité qu’aucun programme de déradicalisation n’a jamais mis en œuvre jusqu’à présent. […] Il faut prendre à bras le corps le traumatisme psychologique de ces enfants par le biais d’une approche concertée ; […] les rééduquer pour qu’ils désapprennent les entorses faites par l’EI à la foi musulmane. » Les familles jouent habituellement un rôle essentiel dans cette réadaptation. Cependant, dans le cas présent, certains enfants poussés à l’embrigadement par leur propre famille devront peut-être en être séparés, ce qui exacerbera leur traumatisme.

    Outre les « lionceaux », des milliers d’autres enfants soldats devront faire l’objet d’une réinsertion et d’une réadaptation (a), quelque soit leur obédience. Au regard de la menace que font peser l’EI et d’autres groupes affidés sur le monde, l’évidence dicte à la communauté internationale de répondre unie au défi de la réinsertion afin de mobiliser financement et expertise, sous peine de favoriser la gestation d’une autre génération de la terreur.


    votre commentaire
  • 16'000 enfants enrôlés de force depuis janvier

    L'Unicef dénonce l'enrôlement de force d'enfants par les différentes parties en conflit au Soudan du Sud, malgré la signature d'un accord de paix.

    Quelque 16'000 enfants ont été enrôlés de force cette année par les différentes parties en conflit au Soudan du Sud, a dénoncé vendredi l'Unicef.

    Malgré la signature d'un accord de paix en août, «il y a peu de signe d'amélioration», selon l'agence des Nations Unies.

    «De graves violations des droits des enfants, dont des assassinats, des enlèvements et des violences sexuelles, continuent à travers le pays», a déclaré un porte-parole de l'Unicef, Christophe Boulierac, lors d'un point de presse à Genève.

    Christophe Boulierac a expliqué que «depuis le début de 2015, la situation des enfants au Soudan du Sud a empiré», avec «un enrôlement et une utilisation constants d'enfants, essentiellement des garçons mais aussi des filles, par les forces et groupes armés».

    Depuis janvier, «environ 16'000 enfants ont été recrutés par les groupes et forces armés», a-t-il dit, précisant «qu'ils sont donc tous encore dans les groupes et forces armés».

    Pas seulement des combattants

    Il est courant d'appeler «enfants soldats» les enfants associés aux forces et groupes armés, terme qui évoque l'image de jeunes garçons portant des uniformes et des armes. Mais dans la pratique, l'utilisation de ces enfants est plus large que leur participation à des hostilités en tant que combattants.

    Ces enfants peuvent aussi notamment, pas exclusivement, exercer d'autres fonctions comme porteurs ou messagers et sont envoyés dans des zones et situations extrêmement dangereuses du fait des combats. Les filles sont souvent utilisées à des fins sexuelles et pour des mariages forcés.

    Le Soudan du Sud a proclamé son indépendance en juillet 2011, avant de replonger dans la guerre en décembre 2013 en raison de dissensions politico-ethniques, alimentées par la rivalité entre le chef de l'Etat Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar. Les combats n'ont jamais vraiment cessé en dépit d'un accord de paix signé le 26 août entre le gouvernement de Juba et les rebelles.

    Le conflit, marqué par des atrocités attribuables aux deux camps, a fait des dizaines de milliers de morts et chassé plus de 2,2 millions de personnes de chez elles. Environ 1500 enfants ont été tués, selon l'Unicef.


    votre commentaire
  • Colombie : l'ONU salue la volonté des FARC de renoncer au recrutement d'enfants

    5 novembre 2015 – La Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, a salué jeudi l'engagement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC-EP) à renoncer au recrutement et à l'utilisation d'enfants de moins de 18 ans.

    « C'est une étape importante pour protéger les enfants de Colombie et rendre les pratiques de recrutement des FARC-EP conformes au droit national et international », s'est félicitée dans un communiqué de presse Mme Zerrougui.

    La Représentante spéciale était de retour à New York après avoir participé à des discussions entre le gouvernement colombien et les FARC-EP sur la question du sort des enfants dans les conflits armés, du 30 octobre au 3 novembre à La Havane, à Cuba. Ces discussions, à l'issue desquelles les FARC-EP se sont engagées à renoncer au recrutement et à l'utilisation de mineurs, s'inscrivaient dans les cadres des pourparlers de paix en cours entre les deux parties à Cuba.

    Mme Zerrougui a ajouté que les FARC-EP ont fait part de leur volonté, au cours de ces discussions, de libérer les enfants de moins de 15 ans présents dans leurs rangs. Sur ce point, a-t-elle précisé, les deux parties se sont déclarées prêtes à entamer un processus de réinsertion des enfants dans la société.

    Le Représentante spéciale a rappelé que les normes internationales et l'intérêt des enfants doivent guider les parties afin d'offrir des services de réinsertion adaptés à leurs besoins, en particulier ceux des filles, des orphelins et enfants provenant de communautés autochtones et d'origine africaine.

    Elle a ajouté que, pour garantir la sûreté et la sécurité des enfants avant, pendant et après le processus de libération, faire en sorte qu'ils ne soient pas à nouveau recrutés par d'autres groupes devra être une priorité.

    « Je suis impatiente de voir les premiers enfants rapidement libérés et confirme que l'ONU est prête à soutenir la libération et la réinsertion de tous les enfants de moins de 18 ans présents dans les rangs des FARC-EP », a déclaré Mme Zerrougui.


    votre commentaire
  • Enfants soldats de l'EI: 50 morts au bilan

    Plus de 50 enfants recrutés par l'EI ont été tués dans des violences depuis le mois de janvier. Ils sont appelés «les lionceaux du califat».

    Plus de 50 enfants recrutés comme combattants par le groupe extrémiste État islamique (EI) en Syrie ont été tués dans des violences depuis le début de l' année , rapporte une ONG mercredi.

    L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a documenté la mort de 52 enfants soldats, tous âgés de moins de 16 ans et recrutés dans le cadre d'un programme appelé par l'EI «les lionceaux du califat».

    A l' été 2014 , le groupe ultraradical a proclamé un «califat» sur les territoires qu'il contrôle dans la Syrie en guerre et en Irak voisin.

    Plus de 1'100 enfants recrutés depuis janvier

    Le programme assure un entraînement militaire et religieux intensif pour les petits dans les zones contrôlées par l'EI, selon l'Observatoire, qui dispose d'un large réseau de sources à travers la Syrie.

    Depuis janvier, l'EI a recruté plus de 1'100 enfants, et au moins 31 garçons ont été tués en juillet dans des explosions, des combats ou des frappes aériennes du régime ou de la coalition menée les États-Unis, d'après l'OSDH.

    Enfants kamikazes

    L'EI a habituellement recours aux enfants pour tenir un barrage ou rassembler des renseignements dans les zones hors de son contrôle, mais le groupe leur confie de plus en plus la tâche d' exécuter des prisonniers ou de mener des attaques suicide.

    D'après l'Observatoire, ceci est devenu plus fréquent avec la surveillance plus accrue de la Turquie de sa frontière et la perte de passages frontaliers , rendant plus difficile pour l'EI de faire transiter des combattants adultes.

    Depuis le début de l'année, au moins 18 enfants ont été utilisés comme kamikazes, plus récemment dans les combats entre EI et forces kurdes dans le nord-est de la Syrie.

    «Quand un enfant en arrive au point de devenir kamikaze , cela veut dire qu'il a subi un lavage de cerveau total », affirme à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

    Recrutement chez les forces kurdes

    Mercredi, l'ONG Human Rights Watch a critiqué les forces kurdes syriennes pour ne pas avoir tenu leur promesse de cesser de recourir à des enfants soldats.

    D'après l'organisation , les Unités de protection du peuple kurde (YPG), principale milice kurde en Syrie , avait démobilisé environ 150 enfants en 2014, mais elles continuent de recruter des garçons et des filles de moins de 18 ans comme combattants.

    La milice «YPG s'est engagée à ne plus envoyer d'enfants faire la guerre et devrait respecter sa promesse», a déclaré Fred Abrahams, conseiller spécial auprès de HRW.

    Même si les YPG combattent des groupes comme l'EI «qui bafouent les lois de la guerre (...) ce n' est pas une raison pour tolérer des abus de la part de ses propres forces», indique l'organisation.

    La guerre en Syrie , qui avait commencé par la répression sanglante de manifestations pacifiques qui ont dégénéré en rébellion armée, est devenu un conflit meurtrier et complexe où s'affrontent armée, rebelles, kurdes et djihadistes sur un territoire de plus en plus morcelé.


    votre commentaire
  • Centrafrique: plus de 350 enfants-soldats relâchés par des groupes armés

     

    Centrafrique: plus de 350 enfants-soldats relâchés par des groupes armés


    Bangui - Plus de 350 enfants-soldats centrafricains, dont plusieurs âgés de moins de 12 ans, ont été libérés jeudi par des groupes armés, suite à un accord signé avec l'Unicef, a annoncé l'organisation dans un communiqué.

    Après deux ans d'intenses combats, la libération des enfants par ces groupes - le même jour - est un véritable pas vers la paix, s'est réjoui le représentant à Bangui du Fonds des Nations unies pour l'Enfance (Unicef), Mohamed Malick Fall.

    La violence et la souffrance peuvent maintenant céder la place à un avenir meilleur pour les enfants, a-t-il ajouté.

    Au cours de cérémonies distinctes, 357 enfants ont été libérés dans la région de Bambari (Centre) par l'ex-rébellion Séléka - majoritairement musulmane - et les milices - principalement chrétiennes - anti-balaka, principaux belligérants de la crise qui a ravagé la Centrafrique depuis plus de deux ans.

    Il s'agit de la plus grande libération d'enfants associés aux groupes armés en République centrafricaine depuis que la violence a éclaté en 2012, souligne l'Unicef.

    Pour M. Fall, c'est le début d'un processus qui, nous l'espérons, va aboutir à la libération de milliers d'enfants associés aux groupes armés en République centrafricaine.

    Chacun d'entre eux aura besoin d'un large soutien et de protection afin qu'ils puissent reconstruire leur vie et reprendre leur enfance, a-t-il dit.

    La semaine dernière, les chefs de huit groupes armés centrafricains s'étaient engagés à relâcher plusieurs milliers d'enfants-soldats ainsi qu'à cesser tout recrutement d'enfants, en marge du Forum de Bangui, qui réunit près de 600 participants durant une semaine pour la réconciliation nationale et discuter de l'avenir du pays.

    D'après l'Unicef, de 6.000 à 10.000 enfants seraient intégrés dans les différents groupes armés et rébellions qui sévissent depuis des années en Centrafrique.

    Au fil d'une histoire marquée par les troubles, les rébellions et les coups d'État, de nombreux groupes armés - parfois divisés en factions rivales - se sont formés dans le pays où ils ont créé leurs propres fiefs. Une quinzaine de ces mouvements sévissent encore aujourd'hui en République centrafricaine.


    votre commentaire
  • Accord sur la libération des enfants-soldats en Centrafrique

    Huit chefs des principaux groupes armés de Centrafrique se sont engagés à démobiliser leurs enfants-soldats.

     

    Entre 6 000 et 10 000 enfants centrafricains sont concernés par cette mesure.

    C’est la première grande annonce du forum de Bangui, cette réunion sur la réconciliation et l’avenir de la Centrafrique qui rassemble, depuis lundi 4 mai, les principaux acteurs du pays. Elle concerne les enfants-soldats. La quasi-totalité des groupes armés se sont engagés à relâcher ces derniers.

    Dans ce pays déchiré par une épouvantable guerre civile depuis deux ans, l’enrôlement des enfants par ces groupes est général, aussi bien parmi la Séléka, la coalition à majorité musulmane qui s’est emparée du pouvoir en mars 2013 jusqu’à l’intervention française en décembre de cette année, que parmi les anti-balaka, ces milices d’autodéfenses constituées contre la Séléka.

    L’accord a été négocié par l’Unicef. « C’est l’aboutissement de plus d’un an de travail avec le ministère des affaires sociales et les différents groupes armés », explique de Bangui, Donaig Le Du, la responsable de la communication de l’Unicef en RCA. « Ces groupes se sont engagés, à libérer les enfants qu’ils détiennent, à s’abstenir d’en mobiliser dans le futur et à nous donner un libre accès aux zones sous leur contrôle », précise-t-elle.

    Entre 6 000 et 10 000 enfants-soldats

    Rien n’a été épargné à ces mineurs, garçons et filles, estimés entre 6 000 et 10 000. Ils ont été envoyés au combat. Ils ont tenu les check-points et les barrières sur les routes afin de contrôler les passages, éliminer les indésirables et assurer la sécurité des quartiers.

    Ils ont été transformés en tortionnaires, en bourreaux, en violeurs, en serviteurs, en cuisiniers, en espions, en esclaves sexuels. Pour Mohamed Malick Fall, représentant de l’Unicef en RCA, « ce pays est un des pires au monde pour les enfants ». 

    Repérer, comptabiliser et enregistrer ces enfants ne sera pas une tâche facile compte tenu de leur nombre, de leur éparpillement sur un territoire aussi grand que la France et la Belgique réunies, et de la pauvreté des infrastructures pour les atteindre.

    Pas de date de libération

    En attendant, aucun calendrier n’a été fixé pour leur libération. « Soyons prudents, mais c’est un point de départ », a admis le porte-parole de l’Unicef à Genève, Christophe Boulierac. « Nous allons, maintenant, nous pencher sur les conditions de la démobilisation avec les groupes armés : pouvoir accéder à ces enfants, les recenser avant de les intégrer dans un programme de réinsertion », poursuit Donaig Le Du.

    Le programme de réinsertion compte deux volets. Médical, d’abord. Depuis deux ans, ces enfants vivent dans des conditions extrêmement précaires : ils ont vécu dans la forêt sans hygiène et sans soins. Ils doivent être examinés, soignés, accompagnés psychologiquement.

    Ensuite, ils seront réintégrés dans leur communauté d’origine. « C’est le plus délicat, note Donaig Le Du. Ces enfants ne sont pas nécessairement les bienvenus : ils ont pu attaquer leur communauté. Il arrive que des familles ne veuillent plus les voir. Il faut du temps pour renouer des liens. »

    Une démobilisation coûteuse

    L’objectif ? Leur permettre de redevenir des enfants, de réintégrer l’école, de suivre une formation professionnelle : « tout faire pour qu’ils n’aient plus envie de rejoindre un groupe armé à la prochaine crise », précise-t-elle.

    Depuis l’année dernière, 2 800 enfants ont été démobilisés en RCA. Le coût n’est pas négligeable pour l’Unicef. « Il faut compter 2 500 dollars par enfants (environ 2 250 €), assure Donaig Le Du. Il va falloir une vaste mobilisation de la Communauté internationale sur ce sujet. »

    Qu’obtiennent les groupes armés en échange de cet accord ? Une amnistie  ? « Non, répond Donaig Le Du. L’engagement pris n’assure en aucun cas l’impunité à ces groupes armés. Mais une fois la démobilisation réalisée, ils pourront disparaître de la liste des groupes armés utilisant des mineurs établie par les Nations unies. »

    L’amnistie, ces groupes l’espèrent plutôt de la nouvelle Constitution présentée et débattue cette semaine à Bangui. Si elle est adoptée en l’état, elle permettra aux auteurs de violations de droits humains d’échapper à la justice et donc de pouvoir se présenter à l’élection présidentielle prévue cet été. Une perspective qui n’a pas échappé à ces groupes armés.


    votre commentaire
  • Soudan du Sud : des centaines d'enfants enlevés seraient sur le point d'être envoyés au front

    2 mars 2015 – Suite à de nouveaux rapports faisant état de centaines d'enfants enlevés par des hommes armés dans un village au Soudan du Sud, le représentant du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) dans le pays s'est inquiété de leur utilisation imminente dans les combats en cours.

     

    Le 21 février dernier, l'agence de l'ONU avait condamné dans les termes les plus vigoureux l'enlèvement de dizaines de garçons, dont certains âgés d'à peine 13 ans, par un groupe armé près de Malakal dans le nord du Soudan du Sud. L'UNICEF avait alors indiqué qu'au moins 89 enfants avaient été enlevés par des soldats armés dans la localité de Wau Shilluk, dans l'État pétrolier du Haut-Nil, où des milliers de personnes ont été déplacées par le conflit qui sévit dans le pays.

     

    Dans un communiqué de presse rendu public dimanche à Juba, la capitale du Soudan du Sud, l'UNICEF a exprimé à nouveau son inquiétude face aux derniers rapports selon lesquels les enfants ne seraient pas 89 mais des centaines à avoir été enlevés afin d'être enrôlés de force dans le conflit. Ces mêmes rapports font en outre état du recrutement par la force d'hommes adultes, à l'occasion de raids menés les 15 et 16 février derniers.

     

    Selon des témoins, a indiqué l'UNICEF, des enfants armés ne portant pas l'uniforme, âgés d'à peine plus de 12 ans, ont été aperçus dans un camp d'entrainement militaire. L'agence de l'ONU soupçonne la milice proche du chef de guerre Johnson Olony, qui contrôle la zone et a déjà été accusé par le passé d'enrôlement d'enfants soldats, d'être responsable de ces exactions.

     

    « Nous craignons qu'ils aillent directement de la salle de classe à la ligne de front », a déclaré le Représentant de l'UNICEF au Soudan du Sud, Jonathan Veitch. « L'UNICEF appelle Johnson Olony à laisser ces enfants retourner à l'école et réintégrer leurs familles immédiatement », a-t-il ajouté.

     

    M. Veitch a également exhorté les autorités du Soudan du Sud à faire usage de leur influence auprès de la milice de Johnson Olony, qui est proche des forces gouvernementales, pour obtenir la libération des enfants.

     

    Dans un effort important de collecte d'information, tant à Juba que dans l'Etat du Haut-Nil, l'UNICEF et ses partenaires ont tenté de reconstituer les fait qui se sont produits durant et après le raid et de découvrir l'emplacement des enfants. L'une des principales difficultés rencontrées dans la collecte de preuves, cependant, est liée à la forte présence de la milice dans la zone qui entrave l'accès à des informations de première main.

     

    D'après les rapports reçus par l'UNICEF, les enfants enlevés n'ont pas été rassemblés en un seul groupe. Certains d'entre eux auraient même été autorisés à revenir dans leur village pour manger avec leurs parents, voire dans certains cas à retourner à l'école, avant d'être à nouveau repris par la milice à la tombée de la nuit.

     

    L'UNICEF estime qu'au moins 12.000 enfants au total ont été utilisés par les différentes parties au conflit au Soudan du Sud.


    1 commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique