• L'Egypte rend deux îlots à l'Arabie saoudite

    Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a ratifié le transfert à l'Arabie saoudite de deux îlots de la mer Rouge.

    Cette décision intervient quelques jours après que le Parlement eut approuvé l'accord de rétrocession, qui a fait l'objet d'une longue saga judiciaire avec des jugements contradictoires.

    Le gouvernement avait annoncé en avril 2016 un accord sur la rétrocession à Ryad de ces deux îlots inhabités, soulevant une vive controverse dans le pays et des manifestations réprimées par la police.

    De nouveaux appels à manifester au cours de la semaine passée ont conduit à des dizaines d'arrestations. Les deux camps se sont également affrontés devant les tribunaux et plusieurs jugements contradictoires ont été prononcés dans cette affaire.

    Le Parlement avait approuvé le 14 juin l'accord de rétrocession à l'issue de trois jours de débats mouvementés, durant lesquels des députés de l'opposition avaient interrompu les séances en scandant des slogans dénonçant la rétrocession des deux îlots.

    M. Sissi a insisté sur la nécessité de retourner les îlots à leurs «propriétaires». «Les nations sont gouvernées par des constitutions et des lois (...), et non par des caprices ou des émotions», avait-il affirmé, cité par la présidence.

    Importance symbolique

    Mercredi, la Haute cour constitutionnelle a suspendu tous les jugements rendus sur la rétrocession, le temps de choisir la juridiction habilitée à juger ce dossier.

    Pour certains Egyptiens, les deux îles ont une importance symbolique, liée aux quatre guerres ayant opposé leur pays à Israël. Situées stratégiquement à l'entrée du golfe d'Aqaba, elles permettent de contrôler l'accès au port israélien d'Eilat grâce au détroit de Tiran.

    C'est la fermeture de ce détroit par le héraut du panarabisme Gamal Abdel Nasser qui avait précipité la guerre israélo-arabe de 1967, permettant à Israël d'occuper la péninsule du Sinaï, ainsi que les deux îles stratégiques. L'accord de paix de Camp David signé en 1979 par les deux belligérants autorisa l'Egypte à récupérer ses territoires, mais lui interdit d'y installer des troupes.

    Les autorités justifient la rétrocession en expliquant que les deux îles, situées près de la pointe sud de la péninsule du Sinaï, appartenaient à l'Arabie saoudite mais que Ryad avait demandé en 1950 au Caire d'en assurer la protection.


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  • Le Maroc ne "reconnaîtra jamais" la République sahraouie

    Le Maroc, qui vient de faire son retour à l'Union africaine (UA), ne "reconnaîtra jamais" la République arabe sahraouie démocratique (RASD), a déclaré à la presse le ministre marocain délégué aux Affaires étrangères.

    "Non seulement le Maroc ne reconnaît pas -et ne reconnaîtra jamais- cette entité fantoche mais il redoublera d'efforts pour que la petite minorité de pays, notamment africains, qui la reconnaissent encore, fassent évoluer leur position dans le sens de la légalité internationale et des réalités géopolitiques", a affirmé Nasser Bourita dans un entretien dimanche avec le site d'info en ligne Le Desk.

    Le retour du Maroc au sein de l'UA "ne changera rien dans nos positions immuables concernant la marocanité du Sahara" occidental, a souligné M. Bourita, cheville ouvrière de la diplomatie marocaine.

    Le Maroc a réintégré l'UA lundi à Addis Abeba où 39 chefs d'Etat africains sur 54 se sont prononcés en faveur de ce retour.

    Le royaume avait quitté l'organisation en 1984 pour protester contre l'admission de la République arabe sahraouie démocratique, proclamée par le Front Polisario au Sahara occidental, un territoire que Rabat contrôle dans sa grande majorité et considère comme sien.

    Le sommet d'Addis Abeba a donné lieu à une intense bataille diplomatique, les principaux soutiens du Polisario -Algérie et Afrique du Sud en tête- ayant tenté de s'opposer à la réintégration du Maroc.

    Ces pays "ont tout fait pendant des mois pour contrer notre retour, et ce jusqu'à la dernière minute", a commenté à l'AFP une source diplomatique haut placée.

    "Le sommet d'Addis a été pour eux un camouflet, ils rament aujourd'hui pour présenter cet échec comme un succès", a ironisé cette source.

    Le Polisario et ses alliés affirment que le retour du Maroc au sein de l'UA vaut une reconnaissance des frontières de la RASD.

    "Il s'agit d'un non sens du point de vue du droit international et de la pratique des Etats", a rétorqué M. Bourita selon lequel la reconnaissance d'un pays "est un acte libre, éminemment souverain" de la part d'un Etat.

    "Le fait pour un Etat de siéger dans une enceinte internationale en présence d'une entité non reconnue, ne peut impliquer une reconnaissance par lui de cette entité", explique-t-il.

    "Ainsi, la majeure partie des pays arabes", ou encore l'Iran, qui siègent à l'ONU en présence d'Israël "ne reconnaissent pas" l'Etat hébreu. "Est-ce que l'Algérie reconnaît Israël du seul fait qu'elle siège à l'ONU à ses côtés?", souligne M. Bourita.

    "Le problème de la RASD n'est pas seulement avec le Maroc, mais avec les deux tiers des Etats membres de l'UA qui ne reconnaissent pas cette entité", a par ailleurs ajouté la source diplomatique déjà citée.

    "Cette situation anormale est aujourd'hui dévoilée, le retour du Maroc est un défi direct à la présence du Polisario au sein de l'UA", selon cette source.

    "Le Maroc continuera de se mobiliser pour délégitimer la RASD. Il le fera dans le cadre bilatéral, comme il l'a fait jusqu'à présent", a ajouté cette même source, sans autre précision.


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    Des députés ont voté contre la congestion avec Maurice

    Les parlementaires français se sont opposés mercredi 18 janvier 2017 à la ratification du traité signé pour le partage de la gestion de l’île de Tromelin avec les Mauriciens. Ils dénoncent notamment une forme d’abandon de la souveraineté nationale. L’Etat français a ainsi abandonné la ratification dudit traité en retirant le vote de l’ordre du jour de cette semaine. La France en 2010 a donné son accord à l’Ile Maurice pour cogérer l’île de Tromelin et ses eaux.

    En 2013 à l’Assemblée nationale, l’approbation de ce traité qui pourtant devait se faire automatiquement ne s’est pas faite à cause de l’opposition du député du Tarn dénonçant un bradage de la souveraineté.

    L’île de Tromelin fait partie des TAAF

    Cet îlot perdu dans l’Océan Indien, long d’environ 1 700 mètres et large de près de 700 mètres avec 280.000 km carrés de domaine maritime, est géré par les TAAF ou Terres australes et antarctiques françaises.

    Historiquement, l’île de Tromelin était le théâtre d’un dramatique naufrage remontant au XVIIIe siècle. Des esclaves d’origine malgache ont été abandonnés sur cet îlot par l’équipage d’un navire de traite, ils sont restés sur cette île complètement déserte pendant une quinzaine d’années avant de voir enfin du secours arrivé. Parmi le collier d’îles que la France déroule autour du monde, Tromelin ne peut prétendre au rang des perles. Perdu dans l’océan Indien, à 500 kilomètres au nord de la Réunion, ce minuscule plateau de sable balayé par les alizés, ceint d’une barrière de récifs, n’est habité que par des bernard-l’ermite, quelques tortues et des oiseaux marins. Située à l’écart des routes de navigation, l’île n’est connue que pour une terrible histoire d’esclaves malgaches abandonnés par des marins français en 1761. Sur la soixantaine de malheureux, seuls huit furent sauvés, quinze ans plus tard !

    L’avenir de cette terre inhospitalière provoque pourtant aujourd’hui un vif tohu-bohu au sein de la représentation nationale. En cause, un accord signé entre Paris et l’Île Maurice en 2011 pour établir une forme de cogestion administrative sur l’île et, surtout, sur les quelque 285 000 km2 de zone économique exclusive (ZEE) d’océan qui l’entourent.

    Un « abandon de souveraineté »…

    Une loi d’approbation de l’accord-cadre, déjà votée au sénat en 2012,  n'a pas été adoptée mercredi 18 janvier à l’Assemblée nationale. Une perspective à laquelle s’opposent des élus, qui y voyaient un abandon de souveraineté.

     

    Les députés Philippe Folliot (UDI), Laurent Furst (LR) et Gilbert Le Bris (PS) ont lancé la semaine dernière une pétition (en ligne sur change.org) qui recueille des milliers de soutiens, dont ceux d’une cinquantaine de parlementaires. « Cet accord est scandaleux car à la différence d’un traité de pêche classique, il permet à un pays tiers de délivrer des permis dans notre zone exclusive, argumente Philippe Folliot. C’est du jamais vu et il n’y a en plus aucune contrepartie. »

    Ce dossier empoisonne les relations entre les deux pays depuis quarante ans. La République de Maurice revendique sa souveraineté en se fondant sur une interprétation du traité de Paris de 1814 mettant fin aux guerres napoléoniennes, dans lequel la France cédait au Royaume-Uni l’île Maurice « et ses dépendances ». Une exégèse contestée par Paris, qui a continué de développer sur Tromelin des activités de relevés météorologiques et d’arraisonner les navires pêchant dans la ZEE sous licence mauricienne.

    Jacques Chirac se laisse convaincre en 1999 de trouver une issue au contentieux. Nicolas Sarkozy accélère le processus en 2008, puis le Sénat vote la loi de ratification sous le mandat de François Hollande.

    … ou un « arrangement pragmatique »

    Dans le rapport présenté avec la proposition de loi à l’Assemblée en mars 2013, le député LR Hervé Gaymard assure que cet accord ne traite pas de la souveraineté, « sur laquelle il n’est pas possible de transiger », mais représente un simple « arrangement pragmatique ». La cogestion entre les deux pays « n’est pas étendue aux activités de surveillance et de contrôle de la pêche, dont le caractère régalien toucherait trop aux questions de souveraineté », insiste-t-il.

    De fait, les autorités s’engagent à s’entendre sur l’évaluation des stocks de poissons et les conditions de délivrance des licences et aussi sur d’autres sujets, comme les fouilles archéologiques ou « une gestion responsable de l’environnement de l’île ».

    En outre, le rapport Gaymard souligne qu’après vingt ans de négociations, cet accord, conclu pour une durée de cinq ans renouvelable, paraît raisonnable eu égard aux autres intérêts en jeu, « la France étant le premier partenaire économique de Maurice ».

    Toutes ces garanties n’ont pas convaincu Philippe Folliot qui, au printemps 2013, découvre le projet et parvient, avec le ministre des outre-mer d’alors, Victorin Lurel, à le faire retirer de l’ordre du jour. « On avait, comme aujourd’hui, utilisé la procédure accélérée pour empêcher tout débat, tempête Philippe Folliot. Personne, pas même le rapporteur, ne connaît vraiment les conséquences de ces accords. »

    Un encombrant symbole

    Au-delà de Tromelin, le député du Tarn, qui nourrit une passion pour les territoires hérités de l’empire colonial, dénonce une atteinte à notre domaine maritime de 11 millions de kilomètres carrés – le deuxième après celui des États-Unis – sur trois océans.

    « Il y aura un effet domino, prédit le député. Alors que l’écologie, les nouvelles énergies et l’alimentation seront les enjeux majeurs du XXIe siècle, nous n’avons pas le droit de brader cette richesse. » Le sujet s’emballe depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, qui dénoncent une cession pure et simple de Tromelin. À quelque mois de la présidentielle, le sort de la petite île pourrait bien devenir un encombrant symbole.

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    Jocelyn Chan Low, historien mauricien : « Une souveraineté fragile »

    « Cet accord est un moyen de calmer les revendications territoriales. Ni la France, ni l’île Maurice ne renoncent à leurs droits, mais elles ont décidé par cette cogestion d’avancer sur des questions concrètes, comme les fouilles archéologiques. Si cet accord n’aboutit pas, l’île Maurice va probablement réclamer un arbitrage à la Cour pénale de La Haye.

    Tromelin était géré par les Anglais, les autorités françaises leur ont d’ailleurs demandé une autorisation pour y installer une station météorologique après-guerre. Lorsque le Royaume-Uni a accordé l’indépendance à l’île Maurice, en 1968, l’îlot aurait dû revenir dans le giron mauricien. La France est consciente que sa souveraineté est fragile, sinon elle n’aurait jamais accepté un tel accord. »

    ANNEXE:

    Les îles revendiquées de l’océan Indien

    ► L’archipel des Chagos appartient au Royaume-Uni, mais est revendiqué par Maurice depuis 1968.

    ► L’îlot de Tromelin appartient à la France, mais est revendiqué par Maurice depuis 1976.

    ► Les îles Glorieuses appartiennent à la France, mais sont revendiquées par Madagascar depuis 1972 et également par les Comores.

    ► L’île Juan de Nova appartient à la France, mais est revendiquée par Madagascar depuis 1972.

    ► Les îles Bassas da India et Europa appartiennent à la France, mais sont revendiquées par Madagascar depuis 1972.


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  • En mer de Chine du Sud, Pékin ignore la justice internationale

    Le régime communiste chinois, qui a rejeté le verdict de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, considère le recours par Manille pour faire valoir ses droits sur les Spratleys comme un motif de confrontation

    Dix jours après la sentence de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye qui a balayé toutes les prétentions de Pékin en mer de Chine du Sud, le pouvoir chinois continue d’avancer ses pions comme si de rien n’était. Le tribunal international statue que l’affirmation de souveraineté chinoise sur 90% de cette mer ne repose sur aucune base légale? Pékin rétorque que cette décision est un «morceau de papier bon à jeter». La Haye stipule que la Chine ne peut faire valoir aucune Zone économique exclusive dans l’archipel des Spratleys? Pékin renforce ses patrouilles et annonce des exercices militaires pour protéger ses «territoires». La Cour d’arbitrage dénonce les graves atteintes à l’environnement provoquées par les constructions militaires sur des rochers entourés de récifs coralliens? Le commandant des forces navales chinoises rétorquait mardi que son pays «ne cessera jamais» de construire.

    Camouflet pour Pékin

    «Si elle s’enferme dans cette posture, dans son refus de reconnaître la décision de La Haye alors qu’elle est signataire de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, la Chine risque de perdre sa crédibilité», estime Daniel Schaeffer, général français à la retraite et membre du groupe de réflexion Asie 21.

    La décision de La Haye – un camouflet pour Pékin même si le résultat était attendu – fait désormais figure de test pour toute la région. Longtemps, la Chine s’est positionnée comme le champion des pays en voie de développement face aux grandes puissances. C’est dans cette logique que Pékin fut l’un des premiers Etats à signer puis à ratifier la Convention sur le droit de la mer (contrairement aux Etats-Unis qui ne l’ont toujours pas ratifiée). Sur le plan international, le droit devait l’emporter sur la force. La montée en puissance économique et militaire de la Chine s’est ainsi accompagnée ces dernières années d’un discours rassurant sur l’«émergence pacifique» d’un acteur responsable de la communauté internationale. Le refus de Pékin de suivre les décisions du tribunal arbitral de La Haye, saisi par les Philippines, a de quoi inquiéter ses voisins.

    Île ou rocher?

    En clair, dans le nouvel ordre régional que tente d’imposer la Chine, les règles ne sauraient être dictées par l’ONU. Le ministre philippin des Affaires étrangères, Perfecto Yasay, se l’est vu signifier par son homologue chinois, Wang Yi, en fin de semaine dernière, en marge d’un sommet entre l’UE et l’ASEAN. «Ils nous ont demandé d’être prêts à des négociations bilatérales, mais en dehors de la sentence arbitrale, sans en tenir compte», a expliqué le chef de la diplomatie philippin en rapportant les propos de la partie chinoise. «Si vous insistez pour le respect du jugement, alors nous pourrions être sur la voie de la confrontation», a ajouté Wang Yi.

    Pékin, qui a d’emblée refusé l’arbitrage de La Haye pour trancher un différent avec Manilles portant, notamment, sur le respect de ses droits de pêches dans les Spratleys, a sans doute été pris de court par l’ampleur de la décision de la Cour arbitrale. «La surprise est venue du fait que La Haye a classifié l’ensemble des îles clés de l’archipel des Spratleys en rochers.» La différence? Une île, qui implique la possibilité d’une vie humaine indépendante, génère une zone maritime étendue avec un droit à une zone économique exclusive (ZEE) de 200 miles nautiques (380 kilomètres). Un rocher, «qui ne se prête pas à l’habitation humaine ou à une vie économique propre» selon La Haye, n’a pas de ZEE. Tout l’argumentaire de Pékin s’effondre. La Chine a bétonné sept rochers dont certains avec un port et une piste d’atterrissage pour prouver leur caractère d’«île». Cela ne compte pas tranche La Haye, seul l’état naturel est pris en considération.

    Bénéfice pour Pékin?

    Cette décision pourrait avoir une portée internationale bien plus importante qu’il n’y paraît. C’est ce que souligne le professeur de droit à l’Université George Washington, Mark E. Rosen, dans un article paru cette semaine dans la revue The Diplomat. Si l’on suit l’argumentaire de La Haye concernant les Spratleys, les îles disputées des Senkaku/Diaoyu entre la Chine et le Japon, en mer de Chine de l’Est, devraient être catégorisées comme des rochers. Cela se ferait cette fois-ci au bénéfice de Pékin puisqu’elles sont actuellement occupées par Tokyo. Mais de manière beaucoup plus significative, de nombreuses îles du Pacifique générant des millions de kilomètres carrés de territoires pour les Etats-Unis et la France pourraient perdre leur statut. «Pour la Chine, qui a de loin la plus importante flotte de pêcheurs au monde, ce serait tout à son avantage.»


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  • Pékin met en garde contre le risque de «conflit»

    La Cour permanente d'arbitrage estime que la Chine n'a pas de «droits historiques» en mer de Chine méridionale.

    «Le tribunal juge qu'il n'y a aucun fondement juridique pour que la Chine revendique des droits historiques sur des ressources dans les zones maritimes à l'intérieur de la 'ligne en neuf traits'», a indiqué mardi la CPA, dans son jugement qui comporte près de 500 pages.

    Pékin considère comme relevant de sa souveraineté la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale - réputée riche en hydrocarbures -, au grand dam de pays riverains aux prétentions rivales: Philippines, Vietnam, Malaisie et Brunei. La région est également un carrefour de routes maritimes vitales pour le commerce mondial et les eaux sont riches en poissons.

    La Chine, qui a boycotté les audiences, se fonde sur une délimitation en «neuf pointillés» apparue sur des cartes chinoises datant des années 1940. Dans sa requête introduite en 2013, Manille demande à la CPA de déclarer que les prétentions chinoises sont une violation de la Convention de l'ONU sur le droit de la mer (CNUDM), dont les deux pays sont signataires.

    Droits souverains philippins violés

    «Le tribunal estime que la Chine a violé les droits souverains des Philippines dans sa zone économique exclusive», à savoir un espace jusqu'à 200 milles marins sur lequel un Etat exerce des droits souverains, a indiqué la CPA.

    La Cour a également décidé que les éléments revendiqués par la Chine n'étaient pas à même d'accueillir une population humaine et n'avaient donc pas le statut d'île. Ces «éléments» ne sont donc «pas capables de générer une zone économique exclusive».

    La CPA a déclaré que «certaines zones maritimes sont comprises dans la zone économique exclusive des Philippines, parce que ces zones ne sont chevauchées par aucun droit de la Chine».

    Manille sourit, Pékin grogne

    Les Philippines «saluent» la décision, a déclaré mardi le ministre philippin des Affaires étrangères, appelant à la retenue.

    La Chine, qui a déjà affirmé qu'elle ne tiendrait aucun compte d'un verdict susceptible de remettre en cause ses prétentions de souveraineté sur cette mer, martèle depuis plusieurs mois que la CPA n'a pas compétence. Pékin érige l'affaire en véritable «cause nationale» via son puissant appareil de propagande.

    La Chine a d'ailleurs répété sa position aussitôt le jugement rendu: elle «n'accepte pas, ni ne reconnaît» l'arbitrage de la CPA, a annoncé l'agence d'Etat Chine nouvelle. «La Chine a indiqué de multiples fois que la CPA avait été saisie unilatéralement par le (précédent) gouvernement philippin et n'avait aucune juridiction» en la matière, a ajouté l'agence officielle.

    Pour asseoir ses revendications, la Chine a agrandi des îlots ou récifs et y a implanté pistes d'atterrissage, ports et autres installations dont, récemment, quatre phares sur des récifs, et un cinquième en cours de construction, a précisé lundi 11 juillet 2016  Chine nouvelle.

    La Chine a mis mercredi 13 juillet 2016 en garde contre les risques de «conflit» en mer de Chine méridionale. Elle a affirmé son droit d'y créer une zone de défense aérienne, au lendemain d'une décision arbitrale qui a rejeté ses revendications dans la région.

    La décision rendue mardi 12 juillet 2016  par la Cour d'arbitrage permanente (CPA) de la Haye est accablante pour Pékin. Elle fournit des munitions diplomatiques considérables aux Philippines, à l'origine de la procédure d'arbitrage, mais aussi à d'autres voisins qui s'opposent de longue date aux prétentions territoriales chinoises.

    «Un papier bon à jeter»

    La sentence d'arbitrage est «un papier bon à jeter», a réagi le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Liu Zhenmin, affirmant le «droit» de Pékin d'instaurer «zone d'identification de la défense aérienne» (Adiz) dans la région.

    Que Pékin mette en place cette zone, qui verrait les avions civils contraints de s'identifier auprès de contrôleurs militaires, «dépend du niveau de menace que nous subissons». Le pays espère revenir à la table des négociations avec Manille, a-t-il ajouté.

    Précédent

    La Chine avait proclamé une Adiz en 2013 sur une grande partie de la mer de Chine orientale, entre la Corée du Sud et Taïwan, suscitant l'ire de la communauté internationale.

    Pékin a également publié un document réaffirmant la légitimité de ses «droits historiques» sur cette mer, droits que la CPA a jugé sans «aucun fondement juridique».

    Bâtiment de guerre taïwanais

    La pression monte sur la Chine du côté des puissances occidentales, au nom du droit de la liberté de navigation dans cette zone qui représente plus de 4500 milliards d'euros annuels de fret.

    Les tensions militaires montent déjà d'un cran. La Chine a lancé des exercices navals dans le nord de la région tandis que le commandement américain dans le Pacifique a annoncé le déploiement d'un porte-avions pour renforcer la «sécurité».

    Taïwan, autre perdant puisque ses revendications sont très similaires aux prétentions chinoises, a envoyé un bâtiment de guerre pour «protéger» ses «droits».

    Taiping, «un rocher»

    Le bâtiment pris la mer pour Taiping, l'île principale de l'archipel disputé des Spratleys, qui est administrée par Taïwan. La CPA a jugé que Taiping était en fait «un rocher». A ce titre, elle ne peut générer de zone économique exclusive, ce qui contrecarre les revendications de Taïwan sur les eaux avoisinantes.

    Le gouvernement taïwanais a déclaré que le jugement était «complètement inacceptable», et qu'il n'était pas contraignant légalement puisque la CPA n'avait pas invité officiellement Taïwan à participer à la procédure ni ne lui avait demandé son point de vue.

    «Les eaux de mer de Chine méridionale sont sur le point de devenir bien plus turbulentes», a commehté Ian Storey, spécialiste de la sécurité régionale basé à Singapour.


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  • Les deux voisins que sont l'Erythrée et l'Ethiopie s'accusent mutuellement depuis longtemps d'attaques.

    Les deux pays demeurent ennemis et leurs forces se surveillent de près le long de la frontière lourdement fortifiée.

    L'Erythrée a accusé lundi 13 juin l'Ethiopie, à laquelle l'a opposé un conflit meurtrier entre 1998 et 2000, d'une attaque à sa frontière, mais Addis Abeba a affirmé ne pas avoir eu connaissance de ces combats.

    L'Ethiopie «a déclenché une attaque contre l'Érythrée sur le front de Tsorona», dimanche, a précisé le ministère érythréen de l'Information dans un communiqué. «A notre connaissance, il n'y a pas d'affrontements», a de son côté annoncé le porte-parole du gouvernement éthiopien, Getachew Redda.

    L'Erythrée a obtenu son indépendance de l'Ethiopie en 1991 après trois décennies de guerre. Une nouvelle guerre l'a opposée à l'Ethiopie de 1998 à 2000.

    Les deux pays demeurent ennemis et leurs forces se surveillent de près le long de la frontière lourdement fortifiée.

    Les deux voisins s'accusent mutuellement depuis longtemps d'attaques et de soutiens à des rebelles dans chaque pays.

    En février dernier, l'Ethiopie avait accusé l'Erythrée d'être derrière des manifestations antigouvernementales qui avaient été violemment réprimées par Addis Abeba.


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  • La frontière entre la Belgique et les Pays-Bas modifiée

    Belgique et Pays-Bas vont redessiner un tronçon de leur frontière, le long de la Meuse, pas très loin de la ville de Maastricht. Au passage, « notre pays devient plus petit », écrit la journaliste Marie-Laure Mathot, du quotidien belge L’Avenir, qui a révélé l’affaire. En effet, la Belgique fait don de 14 hectares de terre aux Pays-Bas, qui lui cède en retour 4 hectares, en amont de la Meuse.

    La Belgique sera donc rétrécie de 10 hectares au total, alors que son territoire compte plus de trois millions d’hectares, soit 30 528 km². Peu de chose, quand on sait que la zone en question n’est ni construite ni habitée, et pas de quoi faire reculer le plat pays dans le classement mondial par superficie – la Belgique se classe à la 139e place – la France, avec ses territoires d’Outre-Mer, est 41e .

    Les caprices d’un fleuve

    Mais cette rectification de frontière unifiera mieux le territoire des deux pays du Benelux, en s’adaptant à un caprice de la Meuse. En effet, le cours du fleuve près de la presqu’île d’Eijsder Beemden, lieu de l’échange, a sensiblement dévié depuis 1843, date où la frontière initiale entre les pays a été instaurée. Et les berges ont connu des rectifications.

    Du coup, des petites parcelles de leur territoire national se trouvant de l’autre côté du fleuve, les polices belge et néerlandaise étaient obligées de passer par le pays voisin (en demandant l’autorisation au préalable) pour y intervenir, ou de traverser la Meuse en bateau.

    Ce qui avait fait de la zone arborée un épicentre du trafic et de la consommation de drogues, un no man’s land, où les lois étaient difficilement applicables. Il y a trois ans des promeneurs néerlandais y avaient découvert un cadavre en zone belge, et la police belge avait perdu beaucoup de temps à mener l’enquête.

    Les Parlements devront se prononcer cette année

    De quoi lancer le processus d’échange entre les deux pays, vivement réclamé par les riverains et la localité belge de Visé, toute proche. Il s’agit cependant d’une véritable modification des frontières des deux pays, ce qui est peu courant en Europe.

    Le projet va donc devoir passer devant les Parlements belge et néerlandais pour être approuvé par un vote, avant d’être ratifié. Les deux pays se sont fixé l’objectif de le faire adopter en 2016. Pour Marcel Neven, député wallon et bourgmestre de Visé, « c’est une question de bon sens ».


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  • Arménie et Azerbaïdjan viennent négocier

    Les deux pays vont tenter de mettre un terme aux tensions qui les opposent concernant la région de Nagorny-Karabakh.

    Les présidents arménien et azerbaïdjanais négocieront en Suisse samedi sur le conflit qui les oppose sur la région du Nagorny-Karabakh, a annoncé jeudi le chef de l'Etat arménien Serge Sarkissian. Le conflit dure depuis la fin des années 1980.

    Serge Sarkissian et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev doivent se retrouver dans la région de Berne, selon le chef de l'Etat arménien. Ils seront accueillis par le conseiller fédéral Didier Burkhalter, a indiqué à l'ats le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

    La Suisse, pays hôte de cette rencontre, ne participe cependant pas à l'entretien, qui se déroule à huis clos, a précisé le DFAE.

    Près de 30'000 morts

    Peuplée en majorité d'Arméniens mais rattachée à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique, cette région montagneuse a été le théâtre d'une guerre qui a fait 30'000 morts et des centaines de milliers de réfugiés entre 1988 et 1994. Malgré la conclusion d'un cessez-le-feu et plusieurs années de négociations, aucun traité de paix n'a toutefois été signé.

    Les efforts de paix sont coordonnés par le «Groupe de Minsk» de l«OSCE. Cette structure coprésidée par la Russie, les Etats-Unis et la France comprend, outre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, la Turquie, l'Italie, l'Allemagne, le Bélarus, la Suède, la Finlande et la «troïka» de l'OSCE (composée jusqu'à la fin de l'année de la Serbie, de l'Allemagne et de la Suisse).

    Multiplication des incidents

    Les accrochages se multiplient le long de la ligne de démarcation de la région séparatiste et les deux pays s'accusent mutuellement de déclencher ces attaques. La semaine dernière, les autorités rebelles ont accusé l'armée azerbaïdjanaise d'avoir utilisé des chars pour la première fois depuis 1994.

    Au début du mois, le «Groupe de Minsk» a prévenu que «le statu quo est devenu intenable» et appelé Bakou et Erevan à réduire les tensions.

    Le Caucase du Sud compte parmi les priorités de la Suisse en matière de politique de paix. Depuis de nombreuses années, Berne s'implique dans cette région, un engagement dont témoignent notamment les activités déployées dans le domaine des bons offices, rappelle le DFAE.

    Depuis sa présidence de l'OSCE en 2014, la Confédération met par ailleurs à disposition un représentant spécial de l'organisation pour le Caucase du Sud.


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  • Sahara occidental : Ban Ki-moon exhorte les parties en conflit à entamer de véritables négociations

    5 novembre 2015 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a exhorté le Maroc et le Front Polisario à entamer un processus de négociation pour parvenir à une solution politique mutuellement satisfaisante qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental.

    « Alors que le conflit sur l'avenir du Sahara occidental et la souffrance humaine qu'il a engendrée durent depuis près de quarante ans, la situation dans le nord-ouest de l'Afrique est de plus en plus alarmante », s'est inquiété M. Ban dans un communiqué de presse rendu public mercredi soir à New York. « Ce conflit doit prendre fin si l'on veut que les peuples de la région puissent relever les défis communs auxquels ils font face et réaliser leur plein potentiel », a-t-il ajouté.

    Le Secrétaire général a rappelé que le statut définitif du territoire fait l'objet d'un processus de négociation sous l'égide de l'ONU, en accord avec les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

    « Je constate avec regret que les propositions formulées par le Royaume du Maroc et le Front Polisario en avril 2007 n'ont pas abouti à de véritables négociations, que le Conseil et moi-même avons appelées de nos vœux à de nombreuses reprises », a déploré le chef de l'ONU.

    M. Ban a déclaré que son Envoyé personnel pour le Sahara occidental, Christopher Ross, a intensifié ses efforts afin de faciliter la tenue de négociations entre les parties, sans conditions préalables et de bonne foi, pour parvenir à une solution politique mutuellement satisfaisante qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental.

    « Rien n'a pour l'instant été fait en ce sens », a noté le Secrétaire général.

    M. Ban a par conséquent demandé instamment à toutes les parties concernées dans la région et au sein de la communauté internationale à prendre appui sur les efforts déployés par son Envoyé personnel pour faciliter le début de véritables négociations dans les prochains mois.

    L'ONU est impliquée dans des efforts de médiation concernant le conflit sur le Sahara occidental depuis 1976, lorsque des combats ont opposés le Maroc au Front Polisario qui revendique l'indépendance du territoire depuis la fin de l'administration coloniale espagnole.


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  • Sahara occidental : Mohammed VI appelle à la fin de « l’économie de rente »

    Le roi du Maroc a appelé à la fin de « l’économie de rente » afin de favoriser le développement du Sahara occidental, à l’occasion du 40e anniversaire de la « Marche verte » marocaine sur ce territoire contrôlé depuis par Rabat mais revendiqué par des indépendantistes.

    « Aujourd’hui, après quarante années (…), nous voulons opérer une véritable rupture avec les méthodes adoptées dans la prise en charge des affaires du Sahara : rupture avec l’économie de rente et des privilèges », a-t-il dit dans un discours prononcé vendredi en fin de soirée depuis Laâyoune, la principale ville du territoire.

    « Nous tenons à ce que les fils de nos provinces du sud disposent des moyens nécessaires pour gérer leurs propres affaires et montrer leur capacité à assurer le développement de la région », a fait valoir le souverain.

    Une mobilisation

    Il a annoncé la mobilisation de « tous les moyens disponibles pour la réalisation de grands chantiers et de projets sociaux ». Il a évoqué la réalisation d’une « voie express » de près d’un millier de km entre Tiznit (sud-ouest du Maroc), et Dakhla, ou encore la construction d’une usine de dessalement d’eau de mer dans cette même ville, la deuxième du Sahara occidental.

    « Les revenus des ressources naturelles continueront d’être investis au profit des habitants », a assuré Mohammed VI, à propos de cette région riche en phosphates et aux eaux très poissonneuses.

    Les 40 ans de la « Marche verte »

    Ce discours fait écho à un plan de développement élaboré en 2013 par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui prévoit de mobiliser sur 10 ans plus de 13 milliards d’euros, en favorisant l’investissement privé.

    Mohammed VI est arrivé vendredi soir à Laâyoune pour une rare visite officielle. Saluant la foule, il a parcouru en voiture la ville parée d’innombrables drapeaux marocains afin de marquer les 40 ans de la « Marche verte », organisée par son père Hassan II pour revendiquer l’appartenance du Sahara occidental au Maroc.

    Quelque 350 000 Marocains avaient participé à cette marche au départ du colonisateur espagnol, en 1975.

    Pas de concessions

    Quatre décennies plus tard, ce vaste territoire d’un demi-million d’habitants continue toutefois d’être revendiqué par les indépendantistes du Front Polisario. Soutenus par Alger, ils réclament un référendum d’autodétermination et rejettent le plan d’autonomie présenté en 2007 par Rabat.

    Un cessez-le-feu est en vigueur depuis 1991, et l’ONU compte une mission, la Minurso. Les efforts de médiation de l’émissaire Christopher Ross sont en revanche dans l’impasse.

    Rabat fera face « avec fermeté à toutes les tentatives visant à contester l’exercice de la plénitude de ses pouvoirs sur son territoire » et « il se leurre celui qui attend du Maroc qu’il fasse toute autre concession », a prévenu Mohammed VI.

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    6 novembre 1975. Un grand jour pour le Maroc qui annexa et confirma sa souveraineté sur le Sahara occidental. Une journée noire pour les Sahraouis qui réclament depuis lors leur droit à l’autodétermination. Ce 6 novembre 2015, jour de fête nationale au Maroc en souvenir de la « marche verte » qui déferla sur le Sahara occidental, Mohamed VI se déplace à Laayoune.

    Au bout de quarante de conflit et d’échecs diplomatiques répétés, le Maroc mise sur le fait que le temps joue en sa faveur et propose un plan d’autonomie renforcé de sa « province du Sud », « le maximum que le Maroc puisse offrir », selon le roi.

    Le quarantième anniversaire de la marche verte va être sans nul doute l’occasion pour le roi d’enfoncer le clou. « Le Maroc restera dans son Sahara, et le Sahara demeurera dans son Maroc jusqu’à la fin des temps », avait-il tempêté le 6 novembre 2014.

    Le 30 septembre dernier, il a réaffirmé à New York devant les Nations unies, que le Maroc « refusera toute aventure irresponsable concernant le différend régional autour du Sahara marocain ». Le pays reste intraitable sur la question. Deux jours auparavant, le royaume suspendait l’ouverture du premier magasin Ikea dans le pays. L’argument selon lequel il aurait manqué des autorisations au géant suédois n’a trompé personne. Tout le monde y a vu une riposte aux sympathies de la Suède pour le Polisario.

    La Suède dénonce les conditions de détention des Sahraouis

    Le pays scandinave réclame de longue date que la mission des Nations Unis au Sahara occidental (Minurso) voit ses missions élargies au respect des droits humains. L’ensemble des ONG dénoncent en effet les violations des droits humains et le sort terrifiant qui est fait aux prisonniers politiques sahraouis dans les geôles marocaines. Mais ce qui a déclenché la sanction envers Ikea a été la proposition de loi pour la reconnaissance du Polisario par le parti social-démocrate suédois début septembre.

    L’émissaire onusien, le diplomate américain Christopher Ross, se casse les dents sur ce dossier depuis six ans. La Minurso a toujours théoriquement pour mission l’organisation d’un référendum. Mais « aucune solution politique [n’est] en vue », constatait le dernier rapport de l’ONU en avril.

    Une situation alarmante pour Ban Ki-Moon

    A l’est des 2 700 kilomètres de mur de sable qui sépare le territoire « marocain » à l’Ouest de celui contrôlé par le Polisario, la situation dans les camps de Tindouf, sur le sol algérien est jugée de plus en plus critique. Christopher Ross avait alerté sur la « frustration » de la population, sur les problèmes politiques, économiques et de sécurité, ainsi que sur le sort des jeunes « qui évoluent dans un environnement marqué par la proximité des filières de contrebande et l’activité des groupes extrémistes dans le Sahel ».

    La situation au Sahara occidental « est en train de devenir de plus en plus alarmante », s’est inquiété Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU, qui a appelé au lancement de « négociations sincères dans les mois à venir ».

    L’histoire de la « marche verte »

    1973. Création du Front Polisario, mouvement de libération nationale du peuple sahraoui, soutenu par l’Algérie.

    1974. L’Espagne annonce son intention de se retirer du Sahara espagnol qu’elle administrait depuis 1884.

    1975. Le roi Hassan II organise une « marche verte », 350 000 personnes pénètrent sur le territoire du Sahara occidental, pour annexer ce territoire, poussant au départ de l’Espagne. L’ONU réclame le retrait des Marocains.

    1976. Le Front Polisario proclame la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et se lance dans une guérilla.

    1991. Création de la Minurso, la mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, toujours en place pour veiller au respect du cessez-le-feu.


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