• L'ONU s'inquiète de la situation à la frontière entre la Colombie et le Venezuela

    Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est inquiété vendredi 28 août 2015 de rapports faisant état de violations des droits de l'homme dans le cadre des expulsions de Colombiens ordonnées par le Venezuela suite à un incident frontalier entre les deux pays.

    « Nous sommes préoccupés par la situation à la frontière entre la Colombie et le Venezuela, en particulier s'agissant des rapports concernant des violations des droits humains survenues dans le contexte des expulsions de Colombiens », a déclaré une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, lors d'un point de presse à Genève, en Suisse.

    « Nous sommes également préoccupés par la déclaration de 'l'état d'urgence' dans six communes proches de la frontière, dans l'Etat de Táchira au Venezuela », a-t-elle ajouté.

    Selon la presse, les relations entre les deux Etats voisins d'Amérique du Sud se sont brusquement tendues après une embuscade à la frontière attribuée par le Venezuela à des paramilitaires colombiens, dans laquelle trois militaires et un civil ont été blessés.

    En réaction, Caracas a décidé de décréter l'état d'urgence et de fermer une partie de sa frontière avec la Colombie. Cette mesure s'est également doublée de l'expulsion, en quelques jours, de plus d'un millier de Colombiens installés au Venezuela, sous le motif qu'ils n'étaient pas en règle.

    « Nous exhortons les autorités vénézuéliennes à garantir que les droits humains de toutes les personnes concernées soient pleinement respectés, en particulier s'agissant des déportations », a appelé la porte-parole.

    Mme Shamdasani a également appelé au nom du HCDH les autorités des deux pays à veiller à ce que la situation se résolve par le dialogue, dans le calme et dans le respect de leurs obligations en vertu du droit international des droits de l'homme et du droit international des réfugiés.

    Tout en soulignant l'intention du HCDH de suivre de près l'évolution de la situation, Mme Shamdasani a déclaré que son agence était prête à collaborer avec les autorités colombiennes et vénézuéliennes pour trouver une solution à cette crise.


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  • L’Arctique convoité (suite)

    La Russie a déposé à l’ONU une nouvelle demande d’extension de sa souveraineté sur une partie de l’océan Arctique. Elle marque ainsi sa volonté de profiter des richesses du sous-sol et de la mer.

    Par ailleurs Shell vient d’être autorisé par l’administration américaine à creuser plus profondément au large de l’Alaska dans le cadre de forages controversés.

    Quels sont les principaux pays qui convoitent une partie de l’océan Arctique ?

    Le 4 août 2015, la Russie a déposé auprès de la commission de la Convention de la mer (Convention onusienne de Montego Bay, 1982) une nouvelle revendication de l’extension de son territoire maritime en océan Arctique.

    Une première requête russe, en 2002, avait été rejetée. Moscou a donc entrepris des campagnes de cartographie et de géologie sous-marine s’appuyant sur des relevés sonars et des carottages pour étayer son dossier.

    Un beau jour d’août 2007, un sous-marin russe, plongeant au niveau du pôle Nord a planté, muni d’une pince mécanique, un drapeau russe en titane, par 4 200 m de fond, sous la banquise. Pour prouver que les dorsales de Lomonossov (qui courent sur 2 000 km, de la Sibérie jusqu’à l’île d’Ellesmere au Canada) et de Mendeleïev sont les prolongements sous-marins du plateau continental sibérien.

    Et que Moscou est habilité à revendiquer, au-delà des 200 milles nautiques, et dans une limite de 350 milles, une exploitation de cette surface de deux fois l’aire de la France. Cette zone empiète sur celles revendiquées par la Norvège avec l’île du Spitzberg, et du Danemark avec le Groenland, territoire d’outre-mer dépendant de Copenhague.

    Deux autres pays riverains, le Canada et le Danemark, assurent que ces dorsales correspondent au prolongement du socle groenlandais ou canadien. En 2014, le Danemark a déposé une requête portant sur près de 900 000 km2 , jusqu’à la limite des 200 milles nautiques russes.

    « En réalité, les trois principaux riverains, Russie, Canada, Danemark, se sont entendus pour se partager l’Arctique, alors qu’une revendication plus restreinte aurait eu un intérêt mondial en préservant une zone internationale, observe Eric Canobbio, géopolitologue à l’Université de Saint-Denis.

    « Cette démarche est classique : il faut revendiquer large pour être prêt, comme le demande souvent la commission du droit de la mer, à négocier un accord à l’amiable et à faire des concessions le moment venu », poursuit ce spécialiste des mondes polaires.

    Qu’en est-il des autres pays riverains ?

    La Norvège, membre de l’Otan dont une partie de la zone revendiquée se chevauche avec celle de la Russie, subit le contre-coup du durcissement des relations entre Russes et Occidentaux. Plusieurs grands projets industriels russo-norvégiens sont gelés, et l’effondrement du prix des matières premières n’incite pas à les soutenir.

    L’Islande aspire également à sa part du gâteau arctique. Après avoir renoncé à intégrer l’UE, elle envisage de jouer la carte de la Chine (qu’elle vient de faire entrer au sein du Conseil de l’Arctique) en lui proposant alumineries et ports en eau profonde.

    L’Islande est essentiellement préoccupée par son stock halieutique qui, avec le réchauffement climatique, a tendance à migrer vers le nord. Les États-Unis enfin. Installés aux premières loges de l’Arctique grâce à l’Alaska, ils n’ont pas ratifié la Convention du droit de la mer, mais revendiquent néanmoins une extension territoriale ! « Une action recevable diplomatiquement, mais pas techniquement », observe Eric Canobbio.

    En attendant, l’exploitation de l’Alaska s’intensifie. Ainsi, le géant pétrolier anglo-néerlandais Shell a été autorisé lundi 17 août par l’administration américaine à creuser plus profondément au large de l’Alaska, dans le cadre de forages exploratoires controversés.

    Barack Obama avait provoqué la colère des écologistes en autorisant en mai 2015 le groupe à forer dans l’Arctique.

    Pourquoi ces pays convoitent-ils ces zones marines ?

    L’océan Arctique est riche en ressources énergétiques et recèle 13 % du pétrole et 30 % du gaz naturel non découverts de la planète. Mais ces réserves sont encore potentielles, non vérifiées, et pas forcément rentables à exploiter. Notamment quand le prix du baril est de seulement 50 dollars, comme actuellement.

    Par ailleurs, les Russes ne sont pas très performants en matière d’exploration pétrolière et gazière off-shore. C’est pourquoi les sociétés d’État Gazprom et Rosneft s’étaient associés avec l’Américain ExxonMobil, le Français Total, l’Italien Eni et le Norvégien Statoil en mer de Barents. Mais depuis la crise ukrainienne et les sanctions occidentales, tous ces projets d’exploitation ont été gelés.

    Les autres convoitises portent sur les minerais (cuivre, nickel, zinc, uranium, palladium, terres rares comme le coltan ou le tantale), les réserves halieutiques (morue, hareng, maquereau, églefin, flétan, sébaste), ainsi que les passages maritimes du Nord-Ouest et du Nord-Est.

    Pour ce dernier, actuellement le mieux équipé en ports et en brise-glace, on estime que 850 navires (minéraliers, gaziers et quelques paquebots) le fréquenteront par an à l’horizon 2050. Il permet un raccourci d’environ 6 000 km par rapport à la route empruntant le canal de Suez, soit une vingtaine de jours de navigation au lieu de 40.

    Comment se prend la décision d’extension de la souveraineté d’un État ?

    La commission des limites du plateau continental des Nations Unies étudie les dossiers et donne un avis, qui n’est pas décisionnaire, mais facilite les négociations entre les impétrants.

    Cette négociation peut être laborieuse quand elle concerne plusieurs pays. « Actuellement, la commission croule sous les demandes (Méditerranée, mer de Chine) et la remise de son arbitrage peut prendre beaucoup de temps, jusqu’à dix ou vingt ans », explique Eric Canobbio.

    Attendue par les spécialistes, cette nouvelle revendication russe confirme un état de fait. « L’idée d’une sanctuarisation de l’océan Arctique, d’un patrimoine commun de l’humanité, est belle et bien morte », relève Eric Canobbio.

    Reste que revendiquer des portions du plateau continental arctique ne permettra pas forcément de pouvoir les exploiter, compte tenu des difficiles conditions climatiques, des contraintes drastiques des grands assureurs et du futur code maritime polaire toujours en chantier.


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    La course à l’Arctique se poursuit

    Après le Danemark, le Canada et la Norvège, la Russie a revendiqué devant les Nations unies la souveraineté sur plus d’un million de kilomètres carrés dans l’Arctique.

    Que prévoit le droit international ?

    Aujourd’hui, personne ne possède le Pôle Nord et l’océan qui l’entoure. La zone est considérée comme étant internationale. La souveraineté des États qui entourent cette région du monde est limitée aux 200 mille marins. Le droit de la mer fixe en effet à 200 milles marins, (environ 370 km) de ses côtes le contrôle d’un État et l’exploitation des ressources.

    Chaque État peut revendiquer l’extension de sa zone économique exclusive au-delà des 200 milles marins et dans une limite de 350 milles s’il démontre à partir d’études géologiques les limites de son plateau continental qui s’étend sous les eaux.

    Pour cela, un pays doit ratifier la convention des Nations unies sur le droit de la mer, puis déposer sa requête devant la Commission de l’ONU qui travaille sur les limites des plateaux continentaux. À partir du moment où il ratifie la convention, un État a dix ans pour faire valoir ses droits.

    Cela dit, le droit d’un État à un plateau continental étendu au-delà des 200 miles est imprescriptible et ne dépend ni du calendrier des revendications concurrentes ni d’une occupation des espaces maritimes.

    Autrement dit, un État qui pose sa requête après ses voisins, ou qui ne déploie pas d’importantes campagnes de prospection minière ou pétrolière ne voit pas pour autant sa position affaiblie.

    ► Que réclame la Russie ?

    La Russie a déposé le 4 août 2015 son dossier auprès de la commission de l’ONU qui travaille sur les limites du plateau continental. Il s’agit du 2e dépôt de dossier après la demande de 2001. Les experts des Nations unies avaient alors invité les Russes à apporter davantage de preuves pour étayer leur revendication sur plus d’un million de kilomètres carrés jusqu’au pôle Nord.

    Les autorités russes considèrent qu’une partie de la dorsale de Lomonossov et de celle de Mendeleïev font partie du continent eurasiatique. Pour étayer leur demande, la Russie a mené plusieurs expéditions scientifiques sur les limites du plateau continental russe.

    En 2007, un sous-marin robot a planté symboliquement un drapeau russe en titane au fond des eaux polaires, à la verticale du pôle nord géographique.

    ► Quels sont les autres pays qui revendiquent une part de l’Arctique ?

    Tous les pays de la région revendiquent une part de souveraineté sur l’Arctique. La Norvège a déposé un dossier en 2006. Le Canada a soumis ses revendications pour l’Océan Atlantique en 2013 et prévoit de le faire pour le pôle Nord en 2016. En décembre 2014, le Danemark qui contrôle le Groenland a fait de même.

    Même s’ils prétendent eux aussi à une part de souveraineté à partir de l’Alaska, les États-Unis ne prévoient pas de déposer de dossier à court terme. Ils n’ont en effet toujours pas ratifié la convention des Nations unies sur le droit de la mer, un préalable à toute requête.

    Le président Bill Clinton a signé le texte en 1994, mais l’absence d’une majorité au sénat a empêché sa ratification. Le 15 mai 2007, le président Bush a réitéré sa demande auprès des sénateurs et des députés, sans succès. Le président Barack Obama y est lui aussi favorable.

    Aux États-Unis, les opposants font prévaloir que le traité empiète sur la souveraineté nationale et met en place une bureaucratie internationale qui peut agir de manière contraire aux intérêts américains

    ► Quelles sont les zones litigieuses au pôle Nord ?

    La zone la plus litigieuse de l’océan Arctique se situe autour de la dorsale de Lomonossov, chaîne de montagnes sous-marine qui s’étend sur 2 000 km, des îles de la Sibérie russe à celle d’Ellesmere au Canada, avec le pôle Nord géographique entre les deux.

    Les revendications de chacun des États se chevauchent, tous estimant que cette dorsale fait partie de leur plaque continentale. S’ils sont concurrents, il leur arrive aussi de mener des opérations scientifiques en commun, tant les études dans cette région du monde sont onéreuses et complexes.

    Selon les spécialistes, la question de la souveraineté sur l’Arctique ne se réglera pas avant quinze à vingt ans. L’étude des données scientifiques de la revendication canadienne réclamera, à elle seule, cinq ans à la commission des limites du plateau continental. Et tant que les États-Unis n’auront pas déposé de dossier, aucun règlement pérenne des litiges ne sera possible.

    ► Pourquoi l’Arctique attire-t-elle la convoitise des États riverains ?

    Qu’ils concernent le pôle Nord ou d’autres mers du monde, la course à l’extension des zones économiques exclusives relève avant tout d’une stratégie de puissance. Elle flatte le prestige des pays et de leur gouvernement et renforce leur place dans le monde. La Russie notamment en a fait un de ses axes prioritaires de sa politique étrangère.

    Les revendications des pays ont également des motifs économiques, la zone exclusive octroyant le contrôle des activités de pêche et l’accès aux ressources énergétiques. Des estimations avancent que 13 % du pétrole et 30 % du gaz naturel non découverts sur la planète se trouvent sous les mers du pôle Nord. La fonte des glaciers pourrait par ailleurs ouvrir de nouvelles routes maritimes pour le commerce d’ici l’été 2050.

    Cependant, les arguments économiques sont à relativiser. Les réserves pétrolières et minières n’ont fait l’objet pour l’instant que de vagues études non vérifiées. Leur exploitation en haute mer et dans des conditions polaires nécessiterait des coûts très élevés que ne justifie pas aujourd’hui le prix du baril de pétrole.


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  • Israël va construire une clôture de sécurité avec la Jordanie

    Le chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahu a annoncé que son pays va édifier une clôture de sécurité sur trente kilomètres le long de sa frontière avec la Jordanie, au nord du port d'Eilat.

    Le gouvernement israélien a décidé d'édifier une clôture de sécurité sur trente kilomètres le long de sa frontière avec la Jordanie, au nord du port d'Eilat, a annoncé ce lundi 29 juin le premier ministre Benjamin Netanyahu. Selon ce dernier, elle devra assurer la sécurité d'un aéroport qui doit ouvrir près d'Eilat.

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    Une telle clôture, haute de cinq mètres, existe déjà depuis deux ans à la frontière israélo-égyptienne, entre la bande de Gaza et Eilat, officiellement pour prévenir les infiltrations de groupes armés et de migrants illégaux.

    La Jordanie et Israël ont 240 kilomètres de frontière commune. Les deux pays coordonnent également les opérations de contrôle dans la vallée du Jourdain le long des 95 km de frontière entre la Jordanie et la Cisjordanie occupée par l'Etat hébreu.

    La clôture qui va être établie sur une partie méridionale de la frontière israélo-jordanienne contribuera à assurer la sécurité de l'aéroport qui doit ouvrir l'an prochain à Timna, à 20 kilomètres d'Eilat, a souligné Benjamin Netanyahu. «C'est une question de sécurité nationale», a-t-il affirmé.

    Israël a signé un traité de paix avec l'Egypte en 1979 et avec la Jordanie en 1994.

     


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  • Washington menace Pékin en mer de Chine méridionale

    Les États-Unis ont accusé la Chine de violer les « normes internationales » en mer de Chine méridionale, lors d’un sommet sur la sécurité en Asie le week-end des 30 et 31 mai 2015 à Singapour.

    La Chine revendique la quasi-totalité de la mer de Chine, un enjeu stratégique majeur, et accuse les États-Unis de tenir un discours vindicatif qui menace la stabilité de la région.

    La tension monte entre les États-Unis et la Chine au sujet du contrôle de zones stratégiques en mer de Chine méridionale. Cette immense région maritime est revendiquée par plusieurs nations riveraines et en particulier par Pékin, qui veut en faire une zone exclusive sous son contrôle – ce que les États-Unis considèrent comme une violation des lois maritimes internationales.

    Washington s’inquiète en particulier de la récente expansion chinoise dans cette région, à partir d’îlots semi-artificiels. En termes peu diplomatiques, plusieurs de ses responsables militaires et politiques ont fait part de leur préoccupation, le week-end des 30 et 31 mai 2015 à Singapour, à l’occasion d’un forum annuel sur la sécurité en Asie (appelé « Dialogue Shangri-La »).

    Le secrétaire américain à la défense Ashton Carter a notamment accusé la Chine de n’être « pas en phase avec les règles et les normes internationales ». 

    La tension se cristallise autour des îles Spratly, un vaste archipel corallien d’une centaine d’îles, quasiment inhabitées, s’étalant sur quelque 410 000 kilomètres carrés. Situés sur un carrefour de routes maritimes stratégiques pour le commerce mondial, ces îlots recèlent potentiellement d’importantes réserves d’hydrocarbures et sont revendiqués, pour tout ou partie, par la Chine, le Vietnam, les Philippines, Brunei, Taïwan et la Malaisie.

    Opérations de remblaiement des îlots de la part de la Chine

    À tel point que Pékin y mène d’énormes opérations de remblaiement, de façon à transformer des récifs coralliens en ports et en infrastructures diverses.

    Le secrétaire américain à la défense, Ashton Carter, a reconnu que d’autres pays avaient mené ce type d’opérations, y compris le Vietnam avec l’édification de 48 avant-postes, les Philippines (huit), la Malaisie (cinq) et Taïwan (un).

     « Cependant, un pays est allé beaucoup plus loin et beaucoup plus vite que n’importe quel autre. Et c’est la Chine », a-t-il affirmé, appelant à « un arrêt immédiat et durable des travaux de remblaiement par tous ceux qui revendiquent » la souveraineté sur l’archipel.

    Un conflit qui menace la stabilité de la région

    Dimanche 31 mai 2015, l’amiral Sun Jianguo, chef d’état-major général adjoint de l’Armée populaire de libération (APL), a minimisé les tensions et balayé les accusations américaines. « La situation en mer de Chine méridionale est dans l’ensemble sereine et stable, la liberté de navigation n’a jamais été entravée »,a-t-il affirmé au cours de ce même dialogue annuel du Shangri-La.

    Dans ce contexte la question est de savoir ce que les États-Unis veulent et peuvent faire concrètement au-delà de la rhétorique. Personne ne veut une guerre mais le ministre malaisien de la défense a dit craindre que ces contentieux ne finissent par déclencher « un des conflits les plus meurtriers de notre temps, sinon de l’histoire ».


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  • Il existe des pays malchanceux. Mal placés ou trop bien placés – c’est tout comme – par la géographie. La Tunisie en est un qui connut, pêle-mêle, richesses, succès et malheurs aux temps des Phéniciens, des Vandales qui portèrent bien leur nom, des chrétiens, des corsaires, des Arabes bien sûr, et j’en passe… Et surtout qui est au bord du Sahara, la plus grande zone de non-droit qui ait longtemps existé en Afrique. Qui ait fait rêver poètes et chansonniers. Mais où l’insécurité fut presque toujours de règle : dans les années 1930 encore, les légionnaires que chantait Édith Piaf dans Le Fanion de la Légion occupaient un fortin assiégé par des « salopards » inconnus qui « tenaient la plaine ». Et depuis des années, les organisateurs du Paris-Dakar font passer celui-ci par l’Amérique latine…

    Il faut aussi rappeler ou souligner – car bien des Français l’ignorent ou l’ont oublié – que les premières négociations d’Évian, en 1961, furent reportées sine die parce que la délégation française et celle du FLN ne s’entendaient pas – malgré les références historiques que citaient les uns et les autres – sur le caractère algérien du Sahara. Ce litige-là prolongea la guerre. Et pas seulement pour une question de pétrole ou d’essais atomiques, comme beaucoup le pensent. Car il est vrai que les frontières du Sahara, tracées au cordeau, ne correspondent pas à la géographie physique, ni à la géographie humaine de ces territoires.

    Quand il borde la partie nord ou sud, ou orientale et ainsi de suite, d’un pays, ce désert, difficile à contrôler, représente plus qu’une porte ouverte à bien des trafics et à tous les courants d’influence, à toutes les rivalités ethniques, et ainsi de suite. Les pays qui disposent de gouvernements « forts », comme l’Algérie et le Maroc au nord, parviennent plus ou moins à garder ce que l’on ose à peine appeler leurs frontières. Au sud, pour la région du nord du Cameroun, c’est une autre affaire. Et le Nigeria semble décidé à laisser le champ libre à Boko Haram, tant que l’on ne touchera pas à ses installations pétrolières. Une situation énigmatique. Pour ne pas dire plus.

    Au nord, le Mali est évidemment en première ligne. Mais les frontières héritées de la colonisation lui ont laissé des zones presque désertiques occupées par des tribus touarègues, souvent désunies voire même divisées en leur sein. Bien sûr, certains de leurs chefs ont appris depuis quelque temps à jouer le jeu de la modernité, à se faire appeler leaders, et leurs ethnies « mouvements » ou « partis ». Sous ces étiquettes modernes ils ont encore conclu un accord le 1er  mars à Alger avec les représentants de l’ONU, de l’Union européenne et du gouvernement de Bamako qui règne théoriquement sur ces territoires, accord qu’ils se sont empressés de dénoncer le 15 mars.

    La Tunisie souffre évidemment, au sud et à l’est, d’un autre voisinage dangereux, celui de la Libye, royaume du désordre et désormais de l’islamisme, après que la France, à l’initiative de Nicolas Sarkozy et de Bernard-Henry Lévy, fut intervenue pour renverser Kadhafi – que l’on ne saurait regretter bien sûr –, mais sans s’assurer de la suite et en laissant distribuer à tout va armes et munitions. Comment la faible démocratie tunisienne peut-elle survivre avec un tel voisin ?

    Mais il faut élargir la question à tout le Sahara, cette zone sans frontières valides qui pourrait devenir une base pour le terrorisme. C’est pourquoi la France est intervenue au Mali. Avec un certain succès d’abord. L’Europe, paraît-il, allait l’aider. Et puis, rien. Le Sahara est pourtant tout proche de notre continent. Mais l’Europe n’a pas de politique étrangère. Elle parvient tout juste à élaborer une politique économique, discutable.

    Jacques Duquesne (La Croix)


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  • Lima accuse Santiago d'actes d'espionnage

    Le Pérou a rappelé pour consultation vendredi 20 février 2015 son ambassadeur à Santiago et envoyé un message de protestation aux autorités du Chili, a annoncé le Premier ministre péruvien, Ana Jara. Lima accuse son voisin d'actes d'espionnage.

    Un communiqué de presse du ministère des Affaires étrangères avait déjà fait état auparavant du rappel pour consultation de l'ambassadeur et avait affirmé que dans une note diplomatique le gouvernement avait exprimé "sa plus vive protestation et son rejet des actes d'espionnage visant la sécurité nationale".

    Le rappel pour consultation est une procédure d'urgence diplomatique permettant à un Etat de manifester son mécontentement à l'égard d'un pays tiers. Dans sa note, la chancellerie péruvienne réclame "une enquête rapide et approfondie pour poursuivre les responsables de ces actes". Elle demande également que le Chili "garantisse que de tels actes d'espionnage ne se reproduiront pas".

    Le Pérou a reconnu jeudi qu'il enquêtait sur trois membres de sa marine soupçonnés d'espionnage entre 2005 et 2012 pour le compte du Chili, évoquant des faits "honteux". Le président péruvien Ollanta Humala a parlé d'une situation "grave pour les relations bilatérales".

    Le ministère des Affaires étrangères chilien a nié les faits et répondu jeudi qu'il "n'encourageait ni n'acceptait aucun acte d'espionnage dans d'autres pays ou sur son propre territoire".

    Le Pérou avait perdu un pan de son territoire, annexé par le Chili (région d'Arica), après la Guerre du Pacifique (1879-83). Les relations diplomatiques entre les deux pays connaissent des hauts et des bas. En janvier 2014, la Cour internationale de Justice (CIJ) avait mis fin à une querelle territoriale séculaire entre Lima et Santiago avec l'attribution au Pérou d'une zone maritime sous souveraineté chilienne riche en ressources halieutiques.


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  • Dans la presse, dimanche 4 janvier, le président bolivien Evo Morales avait évoqué l’idée d’une méditation du pape François, rappelant le récent succès de la diplomatie vaticane dans la normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis.

    Le ministre chilien des affaires étrangères Heraldo Muñoz a rejeté, lundi 5 janvier, l’hypothèse d’une médiation du Saint-Siège évoquée par le président bolivien Evo Morales à propos du différend territorial qui oppose les deux pays depuis plus d’un siècle.

    La Bolivie n’a en effet jamais accepté d’avoir dû céder au Chili, en 1883 à l’issue de la Guerre du Pacifique, son unique accès à la mer, constitué aujourd’hui par les régions chiliennes de Tarapaca et Antofagasta, soit 400 km de côtes et 120 000 km2, dont le désert d’Atacama, très riche sur le plan minier.

    En 2013, la Bolivie a déposé un recours devant la Cour internationale de justice (CIJ), à La Haye (Pays-Bas), dont le Chili conteste toutefois la compétence en la matière, estimant qu’elle a été créée après le traité de 1904 ratifiant la cession de territoires entre le Chili et la Bolivie.

    Demande d’information du pape

    Dans un entretien aux médias gouvernementaux, dimanche 4 janvier, le président Evo Morales avait évoqué l’idée d’une méditation du pape François sur ce sujet, rappelant le récent succès de la diplomatie vaticane dans la normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba.

    Le président bolivien avait alors expliqué que, lors d’une récente rencontre avec le pape argentin, celui-ci lui avait demandé des explications sur le différent boliviano-chilien et qu’il lui avait transmis le Livre bleu qui résume la position historique et juridique en faveur d’un accès souverain à la mer de la Bolivie.

    Sortant lundi d’une réunion à la CIJ, le ministre chilien des affaires étrangères a dit tout ignorer d’une éventuelle demande du Saint-Siège.

    « Le Chili n’acceptera pas une quelconque médiation »

    « Nous savons tous que la diplomatie vaticane est hautement compétente et très sérieuse », a-t-il reconnu, soulignant que « c’est au Saint-Siège qu’il revient de dire si le Saint-Père a demandé des informations au président bolivien ».

    Heraldo Muñoz s’est toutefois montré très réticent à l’idée d’une méditation vaticane. « Le Chili n’a pas accepté dans le passé, n’accepte pas et n’acceptera pas une quelconque médiation sur un sujet qui est absolument bilatéral », a-t-il précisé, insistant sur le fait que son pays « ne peut envisager ni accepter de céder un territoire sous la pression ou la médiation de qui que ce soit, d’autant plus que le cas est porté à La Haye ».

    En 1979, le Chili avait déjà accepté une médiation du Saint-Siège dans le conflit qui l’opposait à l’Argentine – le pays du pape François – à propos du canal du Beagle, à l’extrémité de la Terre de feu. La médiation poussée par Jean-Paul II avait abouti au traité d’amitié argentino-chilien signé le 29 novembre 1984 au Vatican.


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  • Treize ans de conflits réglés en trois jours, selon Kaboul

    Le Pakistan et l'Afghanistan ont mis un terme en "trois jours" à 13 ans de différends, a affirmé à Islamabad le président afghan Ashraf Ghani. Ils misent sur la collaboration économique pour stabiliser la région après le retrait des troupes de combat de l'Otan en décembre.

    "Nous avons levé les obstacles de 13 années en trois jours... Nous nous sommes mis d'accord sur une vision commune où l'Afghanistan et le Pakistan seront le coeur de l'Asie afin d'assurer une intégration économique" entre le sud et la portion centrale du continent, a déclaré M. Ghani lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif.

    Les deux voisins aux relations tumultueuses misent entre autres sur les projets de ligne électrique CASA-1000 et de gazoduc TAPI afin de relier les ressources énergétiques d'Asie centrale à l'Asie du Sud, via l'Afghanistan, véritable pont entre ces deux régions peu intégrées, a souligné M. Sharif.

    Chemin rocailleux et compliqué
    Le projet TAPI souhaite relier sur 1800 kilomètres les titanesques champs gaziers du Turkménistan au Pakistan et à l'Inde, deux marchés émergents assoiffés d'énergie, en passant par les vallées rocailleuses de l'Afghanistan, contrôlées en partie par les talibans, ce qui pourrait compliquer la réalisation du projet selon des analystes.

    Selon des sources proches du dossier, les géants ExxonMobil, Chevron, Petronas, BP et aussi le français Total font partie des groupes intéressés à la construction de cette autoroute du gaz dont la facture est évaluée à au moins 7,6 milliards de dollars.

    MM. Ghani et Sharif ont aussi évoqué les questions sécuritaires lors de leur entretien, le Pakistan réitérant son appui au processus de réconciliation afghan visant à pacifier le pays confronté à l'insurrection des talibans.

    Enterrer la hache de guerre
    Le Pakistan et l'Afghanistan s'accusent depuis des années de soutenir des groupes rebelles des deux côtés de leur longue et poreuse frontière.

    Successeur de Hamid Karzaï, au pouvoir de la fin 2001 à septembre dernier, Ashraf Ghani a voulu enterrer la hache de guerre en faisant sa première visite officielle au Pakistan afin de resserrer les liens et d'agir en commun pour tenter de rallier les rebelles talibans afghans à la paix.


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  • Khartoum - Les présidents du Soudan et du Soudan du Sud sont convenus mardi à Khartoum de reprendre les discussions pour démarquer leur frontière contestée, une dispute qui avait dégénéré en conflit armé en 2012.

    Les présidents sud-soudanais Salva Kiir et soudanais Omar el-Béchir ont chargé un comité de renouer le dialogue en vue de la démarcation de la zone tampon à la frontière, avec le déploiement de troupes hors de cette zone.

    Dans un communiqué commun lu par le ministre des Affaires étrangères soudanais Ali Karti, les deux chefs d'Etat ont en outre répété qu'ils cesseraient de soutenir ou abriter les groupes rebelles sévissant chez l'un et l'autre, sans autre précision.

    M. Kiir devait achever sa visite mardi soir mais l'ambassadeur soudanais à Juba Mutrief Siddig a affirmé aux journalistes qu'il passerait une nuit supplémentaire à Khartoum car son avion avait eu des problèmes techniques.

    Le Soudan du Sud a acquis son indépendance du Soudan en 2011, après un accord de paix en 2005 qui avait mis fin à des décennies de guerre entre le Sud et le Nord.

    Mais de fortes tensions demeurent entre Khartoum et Juba. Outre la démarcation de frontière, la question du partage de la manne pétrolière et celle du statut de régions disputées comme Abyei, minent toujours leurs relations.

    Juba a hérité de la majorité des réserves pétrolières connues du Soudan d'avant la partition, mais reste tributaire des oléoducs du Nord pour exporter.

    En 2012, les troupes sud-soudanaises avaient brièvement occupé la zone frontalière de Heglig, la principale région de production de pétrole du Soudan revendiquée par les deux pays.

    Ce conflit avait abouti à la signature d'accords la même année pour déterminer la ligne de démarcation d'une zone-tampon démilitarisée le long de leur frontière. Mais les désaccords ont empêché une telle démarcation.

    De plus, depuis décembre le Sud-Soudan est ravagé par un conflit civil provoqué par des combats au sein de l'armée minée par des dissensions politico-ethniques, sur fond de rivalité entre les troupes fidèles à M. Kiir et celles de son ancien vice-président Riek Machar.

    Des combats ont en outre opposé fin octobre l'armée sud-soudanaise aux rebelles dans l'importante ville pétrolière de Bentiu (nord), après plusieurs mois de calme relatif.

    La dernière rencontre entre les deux chefs d'Etat à Khartoum remonte à avril.


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