• Le «défenseur de Srebrenica» a été acquitté

    L'ancien chef de guerre bosniaque Naser Oric et son compagnon d'armes, Sabahudin Muhic, étaient accusés d'avoir assassiné trois Serbes.

    Le «défenseur de Srebrenica», Naser Oric, a été acquitté lundi par un tribunal de Sarajevo d'accusations de crimes de guerre contre des Serbes lorsqu'il défendait l'enclave musulmane lors de la guerre de 1992-95.

    Désormais âgé de 50 ans, il a écouté le juge Saban Maksumic le déclarer innocent de l'assassinat de trois prisonniers serbes dans les alentours de Srebrenica. L'acquittement a également été prononcé pour Sabahudin Muhic, 49 ans, son frère d'armes pendant le conflit intercommunautaire.

    Ce verdict était très attendu pour des raisons opposées par les Bosniaques musulmans comme par les Serbes.

    Pour les premiers, Oric est le «héros» de la défense de l'enclave de Bosnie orientale, qui a tenu le siège imposé par les forces serbes jusqu'à la chute de juillet 1995.

    En quelques jours, les forces du «boucher des Balkans», Ratko Mladic, y avaient alors massacré 8000 hommes et adolescents bosniaques, un crime qualifié d'acte de génocide par la justice internationale.

    Pour les Serbes, qu'ils soient de Bosnie ou de Serbie voisine, Oric est un «assassin» qui a mené de 1992 à 1995 des attaques contre des villages serbes des alentours de Srebrenica, y commettant des crimes contre des civils et des prisonniers.

    Partialité

    Des associations de victimes estiment que 2.428 civils et militaires serbes ont été tués dans cette zone durant le conflit.

    Arrêté une première fois en 2003 et jugé pour ces crimes devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), à La Haye, Oric avait d'abord été condamné à deux ans de prison, pour ne pas avoir empêché meurtres et mauvais traitements.

    Mais il avait été acquitté en appel en 2008, le TPIY accordant d'importantes circonstances atténuantes à ce commandant inexpérimenté, désigné à ce poste à 25 ans. Le tribunal avait insisté sur les conditions de vie difficiles des milliers de Bosniaques réfugiés à Srebrenica après le début de l'offensive serbe en 1992.

    Son acquittement avait indigné Belgrade. Des responsables politiques et associations serbes avaient alors accusé le TPIY de «partialité».

    La justice serbe a émis en 2014 un mandat d'arrêt international contre Oric, l'accusant d'avoir mené «plusieurs attaques contre des villages serbes de la région de Srebrenica, afin de les vider de leur population serbe par l'intimidation, la torture et le meurtre».

    La Suisse l'avait arrêté un an plus tard, mais avait refusé de le remettre à la Serbie, après une vive bataille diplomatique entre Sarajevo et Belgrade. Les autorités bosniennes s'étaient alors engagées à le juger à Sarajevo.

    Le procès a débuté en janvier 2016. Oric et Muhic étaient accusés d'avoir assassiné trois Serbes, hors combat, entre juillet et décembre 1992.

    La pression de Belgrade

    Des témoins, dont un ancien soldat bosniaque qui a témoigné sous couvert d'anonymat, avaient affirmé qu'Oric avait égorgé une de ces trois victimes en juillet 1992. Ce que l'intéressé niait.

    Vinko Lale, président d'une association de prisonniers de guerre serbes, ne croyait guère en ce procès, «une farce, comme celui de la Haye». «Prendre seulement trois cas sur plus de 2.000 morts dans cette région est vraiment tragi-comique», dit-il.

    Kada Hotic, vice-présidente d'une association des mères de Srebrenica, dont des proches ont été tués dans le massacre de 1995, déplorait qu'en décidant de juger Oric, la justice bosnienne avait «cédé à la pression». Elle dénonce la volonté de Belgrade «d'équilibrer entre les deux communautés la responsabilité pour des crimes de guerre».

    Selon des associations serbes, aucun Bosniaque n'a à ce jour été condamné pour des crimes commis contre des Serbes dans la région de Srebrenica.

    Trois autres anciens soldats bosniaques sont jugés depuis avril 2016 à Sarajevo pour l'assassinat et la disparition d'une dizaine de prisonniers de guerre serbes de Srebrenica en juillet 1992.


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  • A Malte, une prise de conscience pour lutter contre la mer de plastique

    Les océans compteront bientôt plus de détritus en plastique que de poissons. Etats et entreprises prennent des engagements.

    Le temps de lire cette phrase, plus d’une demi-tonne de plastique aura été déversée dans la mer. A ce rythme – 400 kilos par seconde – «d’ici à 2050, les océans pourraient contenir plus de plastique que de poissons», a averti Federica Mogherini, à Malte, jeudi 5 octobre 2017. La cheffe de la diplomatie européenne donnait le coup d’envoi de la quatrième conférence internationale «Our Ocean» («Notre Océan»), organisée par l’Union sur la gouvernance des espaces maritimes.

    Pendant deux jours, politiques, scientifiques et militants écologistes ont dressé un bilan désastreux de l’état des océans, pointant notamment le problème du plastique. Impossible à éliminer par la nature, il s’y accumule partout, y compris dans les êtres vivants. «Nous sommes vraiment proches d’arriver au point où quel que soit le poisson pêché en mer que vous mangez, il contiendra du plastique», a alerté le prince Charles, personnellement très engagé sur les questions environnementales.

    29 substances toxiques dans le sang

    Les hommes ne sont pas épargnés: Emily Penn, jeune militante de l’ONG eXXpedition, a fait tester son sang. Des traces de 29 substances toxiques interdites par l’ONU, sur les 35 recherchées, y ont été trouvées. Elle les attribue notamment au plastique. La célèbre océanographe Sylvia Earle (vue dans le documentaire Mission Blue en 2014), s’est alarmée que «même la haute mer soit menacée par nos actions», rappelant par exemple que 90% des requins ont disparu.

    L’économie circulaire est la principale solution envisagée à Malte. Plutôt que de fabriquer des objets, les utiliser, parfois pour quelques secondes seulement, puis les jeter, il faut produire des objets réutilisables et recyclables, ce qui limite à la fois le gâchis de matières premières et la pollution. C’est l’objectif de la fondation de la navigatrice Ellen MacArthur. Elle a convaincu plusieurs multinationales d’agir en ce sens: The Coca-Cola Company (qui produit 100 milliards de bouteilles en plastique chaque année, selon Greenpeace), PepsiCo, Marks Spencer, Unilever, Mars et Werner Mertz se sont engagés jeudi à utiliser uniquement des emballages «recyclables, réutilisables ou compostables d’ici à 2025 au plus tard».

    Efforts de transparence

    Encore faut-il que le plastique soit recyclé: moins de 30% des déchets collectés le sont effectivement dans l’Union européenne. En effet, il n’y a pas une, mais des matières plastiques, pas toutes recyclables et souvent mélangées dans un même emballage. Pour essayer de remédier à ce casse-tête, Unilever promet de publier la liste des composants utilisés pour conditionner ses produits d’ici à 2020.

    Un effort a également été consenti par les industriels du secteur. Le chimiste Borealis AG (plus de 1000 milliards de bénéfices en 2016) doit investir 19 millions d’euros (21,8 millions de francs) dans des projets liés au recyclage. Côté logistique, le groupe a également promis de ne plus perdre dans la nature les billes de plastique qui servent de base à ses produits – très petites, elles sont difficiles à récupérer et facilement ingérées par les poissons. Quant au géant américain Dow Chemical Company, dont les bénéfices se comptent aussi en milliards, il a promis de mettre sur la table… 128 000 euros (147 000 francs). De nombreux autres fonds de recherches ont été annoncés lors de la conférence, pour plusieurs dizaines de millions de francs.

    Gobelets en plastique dans le collimateur de l'UE

    L’Union européenne s’est engagée à ne plus utiliser de gobelets en plastique dans l’ensemble de ses locaux et réunions dès la fin de cette année. Le groupe de médias Sky a fait la même promesse. En France, les cotons-tiges, la vaisselle à usage unique et les cosmétiques qui contiennent des microbilles en plastique, présentes par exemple dans les exfoliants, seront interdits entre 2018 et 2020.

    Mais, a conclu Frans Timmermans, le vice-président de la Commission européenne, «notre principal défi n’est pas la technologie ou l’argent […], c’est la connaissance, le changement collectif des comportements et la gouvernance». Autrement dit, aux citoyens la responsabilité d’arrêter de consommer du plastique – car, insiste Frans Timmermans, «les industriels nous disent que ce sont les consommateurs qui leur réclament des bouteilles en plastique aux couleurs vives. N’importe quoi!»


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  • Une femme dirigera des Marines au combat

    Une jeune lieutenante va devenir la première femme à commander un peloton des Marines américains sur le champ de bataille.

    Une femme va diriger des Marines américains au combat pour la première fois de l'histoire de ce prestigieux corps de l'armée américaine, a annoncé lundi 25 septembre 2017 le Pentagone. «Je suis fier de cet officier et de ceux de sa promotion», a indiqué le commandant du corps des Marines, le général Robert Neller, dans un communiqué.

    «Les Marines ont le droit de s'attendre à des officiers compétents et capables, et ils le méritent», a-t-il ajouté. Les officiers de cette promotion remplissent toutes les conditions pour se préparer à leur prochain défi, celui de diriger des Marines, «y compris au combat».

    Treize semaines d'entraînement

    Cette jeune lieutenante, qui a tenu à garder l'anonymat, est la première à avoir achevé avec succès les 13 semaines d'entrainement extrêmement physique que subissent les Marines pour pouvoir commander un peloton d'une quarantaine d'hommes au combat. Il n'est ouvert aux femmes que depuis avril 2016.

    Le Pentagone a publié une vidéo de l'entraînement de certains des 88 Marines ayant ainsi accédé au grade d'officier sur les 131 qui ont essayé. On y voit une jeune femme brune, les cheveux ramenés en arrière par un strict chignon et le visage caché par des lunettes noires.

    Une femme va diriger des Marines américains au combat pour la première fois de l'histoire de ce prestigieux corps de l'armée américaine, a annoncé lundi le Pentagone. «Je suis fier de cet officier et de ceux de sa promotion», a indiqué le commandant du corps des Marines, le général Robert Neller, dans un communiqué.

    «Les Marines ont le droit de s'attendre à des officiers compétents et capables, et ils le méritent», a-t-il ajouté. Les officiers de cette promotion remplissent toutes les conditions pour se préparer à leur prochain défi, celui de diriger des Marines, «y compris au combat».

    Treize semaines d'entraînement

    Cette jeune lieutenante, qui a tenu à garder l'anonymat, est la première à avoir achevé avec succès les 13 semaines d'entrainement extrêmement physique que subissent les Marines pour pouvoir commander un peloton d'une quarantaine d'hommes au combat. Il n'est ouvert aux femmes que depuis avril 2016.

    Le Pentagone a publié une vidéo (ci-dessous) de l'entraînement de certains des 88 Marines ayant ainsi accédé au grade d'officier sur les 131 qui ont essayé. On y voit une jeune femme brune, les cheveux ramenés en arrière par un strict chignon et le visage caché par des lunettes noires.

    Photos intimes sur les réseaux sociaux

    L'administration Obama a supprimé en 2016 les dernières discriminations en fonction du sexe dans l'armée, ouvrant aux femmes tous les postes de combat (forces spéciales, infanterie, blindés...), même les plus exposés. Le corps des Marines s'est montré le plus réticent à cette évolution. Il avait été secoué au printemps par un scandale après la diffusion sur des réseaux sociaux de photos intimes de femmes Marines, diffusées sans leur consentement par des collègues masculins.

     


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  •  Un traité symbolique interdit l'arme nucléaire

    Plusieurs pays, Brésil en tête, ont lancé la signature d'un traité pour bannir l'arme atomique. Les grandes puissances le boycottent.

    Une cinquantaine de pays, Brésil en tête, ont lancé mercredi 20 septembre 2017 à l'ONU à New York la signature d'un traité à portée symbolique bannissant l'arme atomique. Ce texte a surtout une portée symbolique en raison de son boycott par les grandes puissances nucléaires.

    Elaboré en quelques mois, le traité a été adopté en juillet par 122 pays. Il doit entrer en vigueur dès lors qu'il aura été ratifié par 50 pays. Le président brésilien Michel Temer a été le premier à signer ce texte, et devait être suivi par les représentants de 50 autres pays.

    Mais aucune des neuf puissances nucléaires - Etats-Unis, Russie, Chine, Inde, Pakistan, Israël, France, Royaume-Uni, Corée du Nord - n'a prévu de s'y rallier. Les pays de l'OTAN sont aussi restés à l'écart, ainsi que le Japon, seul pays à avoir subi, en 1945, une attaque à l'arme atomique.

    Le traité d'interdiction des armes nucléaires a été ouvert à la signature mercredi au siège des Nations Unies à New York, le Secrétaire général, António Guterres, saluant une « étape historique » avec ce « premier traité multilatéral de désarmement en plus de deux décennies ».

    L'ONU juge que la menace nucléaire est à son plus haut niveau depuis la fin de la Guerre froide. « Il y a toujours environ 15.000 ogives nucléaires dans le monde », a souligné M. Guterres. « Nous ne pouvons plus laisser ces armes apocalyptiques mettre en danger notre monde et le futur de nos enfants ».

     

    Le but de ce nouveau pacte est de renforcer le Traité de non-prolifération des armes nucléaires, entré en vigueur en 1970, qui vise à éviter que la fabrication d'armes nucléaires ne se répande dans le monde, ainsi que le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE), ouvert à la signature en 1996, mais toujours pas entré en vigueur. Le TICE n'entrera en vigueur qu'une fois ratifié par huit pays inscrits dans une annexe du document et qui ne l'ont pas encore fait. Ces pays sont : la Chine, l'Egypte, la République populaire démocratique de Corée (RPDC), l'Inde, l'Iran, Israël, le Pakistan et les États-Unis.

    Les supporteurs du nouveau traité estiment qu'il est temps d'aller plus loin que la non-prolifération nucléaire en bannissant définitivement la fabrication et la possession d'armes nucléaires, ainsi qu'en éliminant les arsenaux existants. S'il est mis en application, il rendra totalement illégales les armes atomiques, à l'instar des armes biologiques depuis 1972 et des armes chimiques depuis 1993.

    « Le traité d'interdiction des armes nucléaires est le produit d'inquiétudes grandissantes quant aux risques posés par l'existence des armes atomiques », a estimé M. Guterres. « C'est un pas important vers un but universel, celui d'un monde libéré des armes nucléaires ».

    La négociation du traité d'interdiction des armes nucléaires a commencé en mars ; 122 pays sur 192 l'ont approuvé en juillet. Parmi les plus fervents défenseurs de ce traité, on trouve l'Autriche, le Brésil, le Mexique, l'Afrique du Sud, la Suède, l'Irlande et la Nouvelle-Zélande. Mais les pays dans le monde détenteurs de la bombe atomique ont boycotté l'adoption du traité, ainsi que des pays membres de l'OTAN, plusieurs pays d'Afrique et d'Asie centrale, l'Australie et le Japon.

    « Aucun pays ne peut se targuer d'être à l'abri d'une éventuelle attaque atomique », a pour sa part déclaré Miroslav Lajčák, Président de l'Assemblée générale. « Hélas, les essais nucléaires, unanimement condamnés par le Conseil de sécurité, continuent aujourd'hui ».

    Les tensions entre la Corée du Nord, ses voisins et les Etats-Unis au sujet du programme nucléaire nord-coréen sont une source d'inquiétude pour la communauté internationale. Le Président américain Donald Trump a menacé mardi de « totalement détruire » la Corée du Nord. Le Secrétaire général de l'ONU António Guterres a rappelé que « des paroles incendiaires pouvaient mener à des malentendus fatals ».

     

    Lors d'une autre réunion consacrée au TICE, le Secrétaire général a encouragé les huit Etats dont la ratification est déterminante pour qu'il entre vigueur à le faire « le plus tôt possible ».

     

    Il a aussi sévèrement critiqué l'essai nucléaire effectué par la RDPC en début de mois. « De manière triste et dangereuse, les actions provocatrices et déstabilisantes de la RDPC » mettent à mal la « culture mondiale d'opposition aux essais nucléaires » obtenue ces vingt dernières années, a dit le chef de l'ONU.

    Etats-Unis, France et Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ont à plusieurs reprises critiqué l'initiative ces derniers mois. Ils ont cité la crise nord-coréenne en exemple d'un contexte sécuritaire qui rendrait l'arme atomique indispensable.

    «Il n'y a rien que je souhaite tant pour ma famille qu'un monde sans arme nucléaire, mais nous devons être réalistes. (...) Qui peut croire que la Corée du Nord accepterait une interdiction des armes nucléaires? », avait ainsi déclaré en mars l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley.

    La Suisse ne fait pas partie des Etats qui signent ce texte mercredi. La Confédération aura besoin de plusieurs mois avant de décider quelle est sa position sur le nouveau Traité d'interdiction des armes nucléaires, a-t-elle fait savoir il y a une semaine.  


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  • À l’ONU, le G5 Sahel peine à convaincre

    En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, une réunion s’est tenue, lundi 18 septembre, pour trouver des financements à la brigade antiterroriste voulue par la France dans le Sahel.Un projet qui soulève scepticisme car il se heurte à bien des difficultés.Le G5 Sahel, cette « grande affaire » conçue pendant le quinquennat de François Hollande par Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la défense, pour impliquer et unir la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad dans la lutte armée contre le djihadisme et les trafics, s’enfonce dans les sables mouvants du désert sahélien. En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le nouveau président français Emmanuel Macron a tenté, lundi après-midi, de relancer cette machine qui ne convainc pas grand monde sur la scène internationale.Avec lui, se sont réunis les cinq chefs d’État du G5 Sahel, le président en exercice de l’Union africaine, Alpha Condé, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Les États-Unis, invités à participer à cette rencontre de haut niveau, n’étaient pas assurés d’envoyer un représentant de premier plan.

    Scepticisme et intérêts régionaux contradictoires

    En organisant ce mini-sommet, la diplomatie française comptait inciter la communauté internationale à financer la force antiterroriste conjointe. Lancée officiellement le 2 juillet à Bamako par Emmanuel Macron lui-même, elle n’a toujours pas de fonds, ou si peu. Sur les 423 millions d’euros nécessaires à cette brigade de 5 000 hommes, un quart a été versé. Or, elle doit être opérationnelle d’ici à la fin octobre, selon le calendrier exposé par le président français au début de l’été.

    Mais voilà, la France se heurte, sur ce dossier, au scepticisme du Conseil de sécurité, en premier lieu des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Pourquoi ? Plusieurs raisons invalident le projet défendu par l’Élysée. Il bloque, d’abord, sur des intérêts régionaux contradictoires. L’Algérie et le Maroc ne voient pas cette initiative d’un très bon œil : « La priorité pour Alger, c’est de nous voir partir du Sahel », confie un diplomate. « Et le Maroc tient un double discours : côté face, il lutte contre le terrorisme. Côté pile, il est impliqué dans les trafics, en premier lieu du haschisch », poursuit-il. Or, sans l’appui franc de la part de ces deux acteurs de la région, la lutte contre les trafics et les djihadistes est vouée à durer indéfiniment.

    Par ailleurs, le G5 se heurte, par sa faute, aux résistances de ses voisins subsahariens. À commencer par la Côte d’Ivoire : « Les chefs d’État du G5 n’ont pas voulu s’associer avec Abidjan, se privant de la meilleure armée de l’Afrique de l’Ouest. Ils ont craint de passer au second plan derrière le président ivoirien et de perdre une partie de la rente financière que le G5 suppose », explique un connaisseur du dossier.

    Une efficacité tactique et stratégique en cause

    Enfin, dernier point qui grève la confiance, le comportement peu fiable des membres du G5 : en premier lieu de la Mauritanie, du Mali et du Tchad. La première joue en solo : « C’est un G4 + 1 en réalité », dit un acteur du G5.

    Le président malien fait l’unanimité contre lui, dans son pays comme à l’extérieur. L’armée malienne, même formée par l’Union européenne, additionne les échecs contre les groupes armés : « Plus de 250 soldats maliens ont été tués depuis le début de l’année par les djihadistes, assure le même acteur, c’est une hécatombe. »

    Et le Tchad conditionne son maintien dans le G5 à une aide financière pour payer ses fonctionnaires. Il entend, aussi, ne pas être ennuyé par ses entorses répétées à la démocratie, à la défense des droits de l’homme et par son rôle dans la crise centrafricaine. Autant de raisons qui font douter, pour l’heure, de l’efficacité tactique et stratégique du G5.

    Autre crise africaine abordée, lundi, en marge de l’Assemblée générale : la RD-Congo. Cette réunion devait apporter son soutien l’accord de la Saint-Sylvestre qui prévoit la tenue de l’élection présidentielle d’ici à la fin de l’année 2017.


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    Toujours plus d’enfants au travail et d’esclaves dans le monde

    Une étude publiée par l'organisation internationale du travail à Genève et l'Alliance 8.7 le 18 septembre 2017 recense 40 millions d'esclaves et 152 millions d'enfants qui travaillent.

    Toujours plus d’enfants au travail et d’esclaves dans le monde

    Toujours plus d’enfants au travail et d’esclaves dans le monde

    Toujours plus d’enfants au travail et d’esclaves dans le monde


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  •  Les ultra-orthodoxes contraints de faire l'armée

    La puissante communauté était exempte de service militaire, obligatoire pour tous en Israël. La Cour suprême a annulé cette exception.

    La Cour suprême israélienne a annulé un texte qui exempte les ultra-orthodoxes du service militaire, provoquant le mécontentement de cette puissante communauté.

    Violation du principe d'égalité

    Selon des documents de la cour vus par l'AFP, les neuf juges de la cour ont décidé qu'un amendement à la loi sur le service militaire adopté en 2015 était plus favorable aux étudiants en religion qu'aux autres, jugeant ainsi qu'il «viole le principe de l'égalité».

    Ensuite, à une majorité de huit contre un, ils ont jugé qu'il devait être annulé. «La majorité des juges a statué que l'annulation (de l'amendement) prendrait effet seulement un an après la date du jugement», selon un résumé de ce dernier.

    Ce délai permettra de donner du temps aux hommes politiques pour trouver une formule qui puisse être acceptable à la fois pour la cour et pour les partis ultra-orthodoxes, dont le soutien est vital au gouvernement de Benjamin Netanyahu.

    Obligatoire sauf exception, le service militaire, généralement à l'âge de 18 ans, est de deux ans et huit mois pour les hommes et de deux ans pour les femmes.

    Mécontentement

    Les dirigeants ultra-orthodoxes ont fait part de leur mécontentement à la suite de cette décision, sans pour autant menacer de retirer leur appui au gouvernement qui dispose d'une faible majorité au Parlement.

    «C'est un jugement lamentable», a déclaré Menahem Eliezer Moses, du parti Judaïsme unifié de la Torah, à la chaîne publique One TV.

    «Nous n'allons certainement pas démanteler le gouvernement», a-t-il ajouté. «Il y a encore deux ans avant les élections» législatives.

    Le ministre de l'Intérieur Arié Dery, du parti Shass, est allé dans le même sens. «La cour suprême est totalement déconnectée de nos traditions», a-t-il dit sur Twitter. «Nous agirons de toutes nos forces pour amender la loi et permettre la poursuite de l'arrangement actuel».

    Les ultra-orthodoxes observent strictement les règles du judaïsme dans tous les aspects de la vie quotidienne et spirituelle. Ils considèrent la conscription comme une source de tentations pour les jeunes, sortis du monde fermé de la prière et de l'étude religieuse. Cette communauté représente environ 10% de la population.

    Le service militaire est régulièrement à l'origine de heurts avec les policiers, lors de manifestations ou d'arrestations de jeunes cherchant à échapper à l'enrôlement.


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  •  Crimes contre l'humanité: six Argentins condamnés

    7 prévenus ont été acquittés, et 10 condamnés, dont 6 militaires à perpétuité pour les 266 cas de crimes contre l'humanité jugés à Tucuman.

    Six anciens militaires argentins ont été condamnés vendredi 15 septembre 2017à la réclusion à perpétuité pour crimes contre l'humanité par le tribunal de Tucuman, dans le nord du pays. Cette région a été le théâtre d'une répression violente par les militaires de 1975 à 1983.

    Parmi les onze autres prévenus dans ce dossier, sept ont été acquittés et quatre ont écopé de peines de 4 à 18 ans de prison, au terme du procès de 15 mois sur 266 cas de crimes contre l'humanité.

    Le jugement a été accueilli par des vivats parmi la centaine de militants et proches de victimes réunis devant le tribunal. Les plaignants incluaient notamment six femmes, enceintes au moment de la répression et dont les enfants sont encore recherchés par l'organisation des Grands-mères de la place de Mai.

    Un cas exceptionnel

    L'ordre de mener une répression via l'envoi de troupes dans cette région avait été donné par l'ancienne présidente Isabel Peron (1974-1976), avant même le début de la dictature (1976-1983).

    «C'est un cas unique en Argentine, avec une occupation militaire au sein même du pays, car l'armée s'est installée dans le sud de la province de Tucuman comme s'il s'agissait d'une occupation dans une nation étrangère», a expliqué le procureur en charge du dossier, Pablo Camuña.

    Dans cette région, les militaires ont réalisé «des recensements, un contrôle du territoire, une intervention absolue sur la vie sociale de chaque village, avec des bases et des centres clandestins répartis dans toute la province de Tucuman», a-t-il ajouté.

    Terrorisme d'Etat

    Lors du procès, où sont intervenus plus de 400 témoins, «on a pu reconstruire les lignes principales du premier chapitre du plan systématique de persécution et d'extermination de la population et le premier cas de terrorisme d'Etat de notre Histoire», selon les termes du procureur.

    Les avocats qui défendaient les militaires ont argué du décret présidentiel évoquant «l'anéantissement d'éléments subversifs» comme justification de cette opération. Des milliers de personnes ont disparu, ont été persécutées ou forcées à l'exil lors de celle-ci. A l'époque, Tucuman s'était fait remarquer par la présence de plusieurs organisations armées de gauche, qui ont été démantelées au cours de l'opération militaire, en visant principalement les dirigeants ouvriers et les étudiants.

    L'Argentine a souffert d'une dictature parmi les plus violentes d'Amérique latine, avec 30'000 disparus selon les organisations de défense des droits humains.  


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  • Allemagne : arrêt des poursuites contre un ex-infirmier d'Auschwitz

    La justice allemande a clos les poursuites contre Hubert Zafke, un ancien infirmier du camp d'Auschwitz, car il n'est plus "apte à comparaître".

    La justice allemande a annoncé mardi 12 septembre 2017 clore les poursuites contre un ancien infirmier du camp d'extermination d'Auschwitz, Hubert Zafke, 96 ans, celui-ci n'étant plus "apte à comparaître", mettant fin à un long imbroglio judiciaire.

    Les familles de victimes, qui s'étaient constituées partie civile, ont qualifié la décision de nouvelle "blessure".

    Le tribunal de Neubrandenbourg (est) a annoncé la fin des procédures après la présentation fin août d'un nouveau rapport d'experts psychiatres qui estimait que le nonagénaire ne pouvait être jugé.

    "Du fait de sa démence, il n'est plus en état de suivre les audiences, de comprendre la procédure (...) et de se défendre de manière efficace", explique la cour dans un communiqué.

    Les familles des victimes "espéraient que les procédures donneraient lieu à une forme de justice tardive", a écrit dans un communiqué Thomas Walter, l'avocat des deux fils d'une femme tuée à Auschwitz. 

    L'arrêt des poursuites est une "nouvelle blessure infligée par la justice allemande et elle ne guérira pas, comme celles infligées il y a plus de sept décennies par des SS comme Zafke". 

    Hubert Zafke était accusé de "complicité" dans l'extermination d'au moins 3681 Juifs gazés dès leur arrivée dans le camp emblématique de la Shoah, entre le 15 août et 14 septembre 1944.

    Sur la période visée par l'accusation, 14 convois de déportés sont arrivés à Auschwitz. Dans l'un d'eux se trouvaient Anne Frank, auteur du célèbre journal, ses parents et sa sœur aînée. La mère de l'adolescente née en Allemagne est morte d'épuisement à Auschwitz. Les deux sœurs ont succombé à Bergen-Belsen début 1945.

    Le procès de M. Zafke s'était ouvert en février 2016 devant le tribunal de Neubrandenbourg mais s'était rapidement enlisé, miné par des batailles de procédure et d'experts sur la santé de l'accusé et de requêtes en récusation visant le tribunal.

    En octobre 2016, la justice avait finalement demandé que le procès redémarre à zéro.

    Hubert Zafke était le quatrième accusé d'une vague de procès tardifs du nazisme, après John Demjanjuk, Oskar Gröning et Reinhold Hanning, tous condamnés dans une ambiance solennelle face à des salles combles.

    Engagé à 19 ans dans la Waffen SS, il avait combattu sur le front de l'Est, avant de servir dans les camps de Neuengamme et Auschwitz, auprès des médecins chargés de "sélectionner" les déportés envoyés à la mort.

    Hubert Zafke avait été déjà condamné en 1948 à quatre ans de prison par un tribunal polonais pour ses activités à Auschwitz et pour son appartenance à la Waffen-SS.


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