• Réfugiés

    21 septembre 2015 – Le nouveau Président de l'Assemblée générale des Nations Unies, Mogens Lykktoft, du Danemark, a appelé lundi 21 septembre 2015 tous les pays à contribuer à résoudre la crise mondiale des réfugiés, alors que la communauté internationale célèbre la Journée internationale de la paix.

    A l'occasion de sa première conférence de presse depuis sa prise de fonctions, mardi dernier, en tant que Président de la 70ème session de l'Assemblée générale, M. Lykketoft a appelé les Etats membres de l'ONU à être à la hauteur de leurs obligations internationales et à prendre des décisions courageuses pour répondre aux besoins des réfugiés dans le monde.

    « Le monde n'a pas connu une crise humanitaire mondiale de cette ampleur depuis la Seconde Guerre mondiale et avec l'hiver qui approche dans l'hémisphère nord, cela ne peut qu'empirer », a-t-il averti.

    « Les histoires tragiques et les images déchirantes que nous voyons dans les médias ne sont que la pointe émergée de l'iceberg », a-t-il ajouté. « Ceci est une crise mondiale. Et cela exige une solution mondiale ».

    Selon lui, les pays riches devraient soit accueillir davantage de réfugiés ou donner plus d'argent pour les aider, et de préférence faire les deux. « Dire non aux deux n'est pas une option », a-t-il dit.

    Lors de sa première semaine en fonction, M. Lykketoft a discuté de la crise des réfugiés avec plusieurs États membres concernés. Il a l'intention de convoquer prochainement une réunion de l'Assemblée générale sur cette question, à la suite d'une réunion de haut niveau organisée par le Secrétaire général de l'ONU le 30 septembre.

    « La majorité des personnes fuyant la guerre et la violence sont des réfugiés et ont le droit de demander l'asile sans aucune forme de discrimination. Ce n'est pas un crime de chercher refuge et asile. L'avenir de millions de femmes, d'hommes et d'enfants est en jeu », a souligné le Président de l'Assemblée générale.

    M. Lykketoft a déclaré qu'il avait l'intention de discuter de la question avec le Pape François lors de sa visite à l'ONU vendredi.

    « La situation des réfugiés et des migrants arrivant en Europe en provenance du Moyen-Orient et de l'Afrique me préoccupe. J'ai déjà souligné la responsabilité individuelle et collective des Etats européens à réagir de façon responsable et humaine. J'encourage aussi d'autres pays à démontrer leur sens de l'humanité et à participer à des programmes de réinstallation volontaires », a ajouté M. Lykketoft.

    « Nous devons nous assurer que les pays touchés par l'arrivée de réfugiés, en particulier les pays voisins de la Syrie, reçoivent le soutien et l'assistance nécessaires pour répondre aux besoins de ces populations vulnérables. Nous devons également veiller à ce que l'ONU et les agences humanitaires travaillant en étroite collaboration avec les réfugiés de la région aient le financement nécessaire pour apporter pleinement et rapidement leur soutien à ceux qui en ont besoin », a-t-il encore dit.


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  • Le HCR propose des mesures concrètes pour stabiliser la crise des réfugiés en Europe

    22 septembre 2015 – Alors que les dirigeants européens se réunissent mardi et mercredi à Bruxelles, notamment pour déterminer le nombre de réfugiés qu'ils seront prêt à accueillir, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) les a exhortés à prendre une série de mesures d'urgence pour tenter de juguler cette crise de plus en plus chaotique.

    « C'est peut- être la dernière chance pour l'Europe de définir une réponse cohérente afin de gérer une crise qui ne fait qu'exacerber la souffrance et l'exploitation des réfugiés et des migrants, sans parler des tensions entre les pays », a déclaré mardi la porte-parole de l'agence, Melissa Fleming, lors d'un point de presse à Genève.

    « Cette crise de volonté politique s'ajoute au manque d'unité entre pays européens, ce qui se traduit par une gestion chaotique », a affirmé la porte-parole, s'exprimant au nom du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres.

    « Quand, en 1956, 200.000 Hongrois ont fui vers l'Autriche et la Yougoslavie, ils ont non seulement été bien reçus, mais un programme de réinstallation a également été rapidement mis en place, et 140.000 personnes ont été réparties entre les autres pays européens. Ce qui qui était possible alors devrait l'être aussi aujourd'hui », a-t-elle ajouté, tout en encourageant les Etats européens à saisir l'opportunité offerte par ces deux journées de discussions pour surmonter leurs différences de points de vue.

    La semaine précédente, le Conseil européen des Ministres de l'intérieur a formellement approuvé l'accueil de 40.000 réfugiés sur le continent. Les Ministres ont discuté mardi de la proposition formulée il y a 15 jours par la Commission européenne d'accueillir 120.000 réfugiés supplémentaires.

    « Il est essentiel que les 120.000 places supplémentaires soient approuvés cette semaine pour la crédibilité de tout programme de réinstallation », a ajouté Mme Fleming, soulignant toutefois qu'un programme de réinstallation, à ce stade de la crise, ne sera pas suffisant pour stabiliser la situation.

    La porte-parole a par conséquent listé une série de mesures d'urgence proposées par le HCR à l'attention des dirigeants européens : un fort soutien européen envers la création et le renforcement immédiat des structures d'accueil et d'enregistrement des réfugiés en Grèce et en Italie, les deux principaux points d'entrée des réfugiés et migrants en Europe, où ils arrivent à une moyenne de 6.000 par jour ; le démarrage immédiat du transfert des 40.000 réfugiés autorisés la semaine dernière de la Grèce et l'Italie vers le reste de l'Europe ; le renforcement des mécanismes pour permettre le retour en toute humanité des personnes n'ayant pas besoin d'une protection internationale dans leur pays.

    « En parallèle, des mesures sont aussi nécessaires d'urgence pour stabiliser la situation dans les pays voisins de l'Europe, y compris un apport de fonds humanitaires supplémentaires et un soutien structurel aux pays accueillant d'importantes populations de réfugiés », a déclaré la porte-parole du HCR.

    Selon la presse, les ministres européens de l’Intérieur ont finalement voté mardi, à une large majorité, un plan de répartition de manière volontaire et en deux temps : d’abord 66.000 demandeurs vont se voir proposer un pays d’accueil, pour soumettre leur demande d’asile. Une deuxième offre de 54.600 places reste en réserve.


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  • Un traumatisme ne justifie pas l'octroi de l'asile

    La justice a débouté un ressortissant turc d'origine kurde. Ce requérant affirmait avoir été sévèrement maltraité dans son pays d'origine, notamment durant le service militaire.

    Le diagnostic d'un stress post-traumatique subi par un requérant d'asile ne suffit pas à prouver l'existence de mauvais traitements. Et donc l'octroi de l'asile. Le Tribunal administratif fédéral (TAF) y voit uniquement un indice dans l'appréciation de la vraisemblance de motifs de persécution.

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    Le TAF a ainsi débouté un ressortissant turc d'ethnie kurde. Ce requérant affirmait avoir été sévèrement maltraité dans son pays d'origine, notamment durant le service militaire.

    Des actions de guerre en première ligne

    Il disait aussi qu'il aurait été contraint de participer à des actions de guerre en première ligne. Ces évènements auraient entraîné chez lui un trouble psychiatrique grave.

    En 2010, sa demande d'asile avait été rejetée par l'Office fédéral des migrations - devenu le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) - en raison de l'invraisemblance des mauvais traitements allégués. Son renvoi avait été ordonné.

    Après avoir vu cette décision confirmée par le TAF, le ressortissant turc avait déposé une demande de réexamen, faisant valoir qu'il pouvait prouver par des certificats médicaux les mauvais traitements mis en doute précédemment.

    En l'espèce, le TAF juge qu'un rapport médical peut attester l'existence d'un trouble psychique ou d'un traumatisme, non pas sa cause exacte. Le diagnostic d'un tel trouble ne constitue en soi pas encore une preuve que l'intéressé a subi les mauvais traitements prétendus.

    A juste titre

    En même temps, l'avis d'un spécialiste peut être un indice du caractère plausible de faits ou d'événements. Dans ce sens, il convient de tenir compte des rapports médicaux dans l'appréciation de la vraisemblance de motifs de persécution.

    Concernant l'intéressé, le TAF juge toutefois que les déclarations des spécialistes ne sont pas explicites au point de rendre crédibles les motifs allégués. C'est à juste titre que le SEM a refusé de réexaminer le veto opposé à la demande d'asile, en dépit du risque aigu de suicide diagnostiqué chez le requérant. (arrêt D-5781/2012 du 8 mai 2015)


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  • Chaque jour dans le monde, 30 000 personnes doivent fuir leur foyer

    Le nombre de déplacés de force à cause des conflits atteint le nombre record de 38 millions de personnes, selon le rapport de l’observatoire des situations de déplacements internes présenté mercredi 6 mai aux Nations unies à Genève.

    Des chiffres tout simplement effarants. Les personnes acculées à fuir en raison des guerres, conflits, violences, massacres et persécutions n’ont jamais été aussi nombreuses sur la planète. Elles sont au total 38 millions de personnes déplacées, soit 4,7 millions de plus que l’année précédente a recensé l’observatoire des situations de déplacement interne dans son rapport présenté ce mercredi 6 mai au siège des Nations unies de Genève.

    C’est encore sans compter les quelque 17 millions de réfugiés internationaux. Le Haut-Commissariat aux réfugiés publiera ses nouvelles données sur le sujet dans son rapport à paraître en juin 2015.

    Comme le rappelait récemment à La Croix, Hélène Thiollet, chercheuse spécialisée dans l’étude des migrations internationales, les personnes fuient en restant le plus possible à proximité de leur lieu d’habitation, à la fois parce qu’elles gardent l’espoir de pouvoir rentrer chez elles et par manque de moyens (l’exil étant très coûteux). D’où le fait que les victimes de violence se trouvent en très grande majorité dans leur pays.

    Onze millions de déplacés en 2014

    Rien qu’en 2014 ce sont onze millions de personnes qui ont dû fuir des épisodes de violence, soit 30 000 personnes par jour, essentiellement en Irak, en Syrie, en République démocratique du Congo, au Soudan du sud et au Nigeria, là où les situations de crise prolongée sont les plus aiguës.

    Le rapport fait valoir que le creusement des inégalités, les énormes disparités en termes de richesse, d’éducation et de développement humain, les rivalités pour l’accès à la terre et aux ressources et les frustrations sociales constituent un terreau propice à la prolifération de groupes armés responsables de déplacements massifs de population.

    « Des dangers sans précédents »

    Ainsi pas moins de 2,2 millions de personnes ont fui en 2014, les zones tombées aux mains de Daech (acronyme arabe d’État islamique) en Irak, s’ajoutant au million de déplacés des années précédentes. Les violents combats au Soudan du sud ont jeté sur les routes 1,3 million de personnes.

    Ces conflits armés contemporains « exposent les civils à des dangers sans précédent, liés à la prolifération des armes, au non-respect par les belligérants des règles du droit international humanitaire et à la nature de plus en plus asymétrique des conflits ». 

    Plus d’un tiers des Syriens sont des déplacés

    Plus de 1,1 million de Syriens ont tenté d’échapper à la guerre civile qui ravage le pays. Au bout de quatre années de guerre, la Syrie est devenue le pays au plus grand nombre de déplacés au monde : au moins 7,6 millions de personnes, soit plus du tiers de la population du pays.

    Car cette situation de déplacés que tous veulent croire temporaire s’installe durablement dans le temps. Dans la quasi-totalité des soixante pays touchés par des conflits et suivis par l’observatoire, ce dernier a recensé des personnes déplacées depuis plus de dix ans. Et souvent ces déplacés sont contraints de fuir à nouveau leurs lieux de refuge gagnés par les conflits.

    L’Europe n’est pas épargnée

    Aucun des continents n’est vierge de déplacés. Le continent européen totalise 2,8 millions de déplacés, dont près d’un million en Turquie.

    En 2014, les conflits en Ukraine, d’abord l’annexion de la Crimée par la Russie, puis les combats dans l’est du pays entre armée ukrainienne et forces séparatistes pro-Russes ont contraint quelques 650 000 personnes à fuir le lieu d’habitation.

    Plus de 6 millions de déplacés en Colombie

    Le plus long conflit armé du continent américain entre la guérilla révolutionnaire et l’armée colombienne a alimenté au fil des décennies les flots de déplacés – six millions au total – faisant de la Colombie le deuxième pays au monde en nombre de déplacés, même si ce chiffre est sans doute surestimé, des personnes ayant pu remédier durablement à leur situation selon l’observatoire. Les pourparlers de paix ouverts fin 2012 ont certes ralenti les vagues de déplacements forcés de population mais n’ont pas permis d’y mettre un terme. Ils étaient encore près de 140 000 à avoir fui en 2014.


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  • Niger : les réfugiés fuyant le nord du Nigéria aggravent l'insécurité alimentaire du pays, selon l'ONU

    11 février 2015 – La propagation des attaques violentes à travers la frontière entre le nord du Nigéria et le Niger est à l'origine de déplacements massifs de populations et entrave les efforts pour fournir une assistance humanitaire dans la région, a déclaré le Programme alimentaire mondial (PAM).

    La seconde moitié de l'année 2014 a été le cadre d'une augmentation importante du nombre de nouveaux arrivants en provenance du Nigéria dans la région de Diffa, au sud-est du Niger, a mis en garde cette semaine une porte-parole du PAM, Elisabeth Byrs. Alors que l'agence de l'ONU dénombrait seulement 15.000 personnes ayant franchi la frontière en octobre, ce nombre s'élève désormais à 125.000 personnes, réparties sur plus de 140 sites et villages, a-t-elle précisé.

    Suite à l'arrivée massive de personnes déplacées, la population de Diffa a presque doublé sur la période, menaçant les moyens de subsistance des habitants et le niveau des stocks de nourriture dans une région aux prises avec la sécheresse depuis plusieurs années consécutives.

    Mme Byrs a déclaré que le PAM avait commencé à distribuer des vivres dans l'un des camps de réfugiés que le gouvernement du Niger a accepté d'ouvrir pour accueillir les Nigérians, fournissant notamment une alimentation complémentaire à tous les enfants de moins de cinq ans.

    C'est d'autant plus important, a-t-elle ajouté, qu'un enfant sur trois déplacés souffre de malnutrition aiguë globale, comparé à un sur cinq dans la population d'accueil, soit dans les deux cas bien au-dessus du seuil d'urgence de 15%.

    Selon une évaluation effectuée par le PAM et ses partenaires au Niger en novembre 2014, 52,7% des ménages déplacés et leurs familles d'accueil souffrent gravement ou modérément d'insécurité alimentaire et ont besoin d'une assistance d'urgence.

    Mme Byrs a déclaré que le PAM prévoyait de distribuer de la nourriture pour tout le monde dans les camps et de porter assistance à 238.000 personnes au Cameroun, au Tchad et au Niger en 2015. A cette fin, l'agence de l'ONU a précisé qu'elle avait besoin de 50,1 millions de dollars de financement cette année, dont 41,4 millions font actuellement défaut.


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  • Les réfugiés syriens en Jordanie sombrent dans l'extrême pauvreté, selon le HCR

    14 janvier 2015 – Un grand nombre de Syriens réfugiés en Jordanie sont en train de sombrer dans l'extrême pauvreté à un rythme alarmant en raison de l'ampleur de la crise et de l'insuffisance du soutien de la communauté internationale, indique un nouveau rapport de l'agence de l'ONU pour les réfugiés, rendu public mercredi.

    « Je suis ici pour exprimer ma solidarité avec les réfugiés syriens, alors que les répercussions de la tempête de neige Huda se font toujours sentir et pèsent encore plus lourdement sur leurs conditions de vie déjà désastreuses », a déclaré dans un communiqué de presse le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, à l'occasion de la publication du rapport.

    Actuellement en visite pour une durée de deux jours en Jordanie, M. Guterres rencontrera à Amman des réfugiés interrogés dans le cadre de l'étude ainsi que d'autres réfugiés dans le camp de Za'atari.

    Menée conjointement par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l'organisation non gouvernementale International Relief and Development (IRD), cette nouvelle étude se base sur des données collectées en 2014 lors de visites à domicile auprès de 150.000 réfugiés syriens vivant à l'extérieur des camps en Jordanie.

    Au total, la Jordanie compte actuellement 620.000 réfugiés syriens officiellement identifiés, dont 84% vivent en dehors des camps.

    Selon le rapport, les deux tiers des réfugiés sur le territoire jordanien vivent désormais en dessous du seuil national de pauvreté, et un ménage sur six se trouve dans des conditions d'extrême pauvreté, avec moins de 40 dollars par personne et par mois.

    Près de la moitié des ménages visités par les chercheurs en charge de l'étude n'avaient pas de chauffage ; un quart se trouvaient sans électricité ; et 20% ne disposaient pas de toilettes en état de marche. Les coûts de location représentaient plus de la moitié des dépenses des ménages et de nombreuses familles de réfugiés étaient forcées de partager un logement avec d'autres familles pour réduire les coûts.

    « Si la communauté internationale ne renforce pas son soutien aux réfugiés, les familles seront contraintes d'opter pour des stratégies d'adaptation de plus en plus drastiques », s'est inquiété le chef du HCR. « Plus d'enfants abandonneront l'école pour trouver du travail et plus de femmes risqueront d'être exploitées, y compris via le recours au sexe pour la survie ».

    Alors que le conflit syrien est sur le point de rentrer dans sa cinquième année, de nombreux réfugiés sont de plus en plus dépendants de l'aide humanitaire, a déclaré M. Guterres. Parallèlement, les ressources et infrastructures de la Jordanie ont été poussées dans leurs dernières limites, a-t-il ajouté.

    Afin de remédier à cette situation critique, le HCR fournit une aide mensuelle en espèces à 21.000 familles syriennes parmi les plus vulnérables, soit 14% de la population réfugiée syrienne vivant en dehors des camps. À la fin de l'année 2014, plus de 10.000 ménages supplémentaires de réfugiés syriens ont été identifiés comme étant éligibles à ce programme, mais en raison du manque de fonds, le HCR n'a pas été en mesure de leur venir en aide.

    Selon les conclusions du rapport, toute nouvelle réduction du niveau actuel d'assistance humanitaire aurait des conséquences immédiates et graves pour les réfugiés syriens en Jordanie. La situation est particulièrement préoccupante pour les populations les plus vulnérables, indique le rapport, tels que les ménages dirigés par des femmes et des réfugiés âgés.

    M. Guterres a cependant souligné que l'ampleur de cette crise peut être atténuée si la communauté internationale intensifie ses efforts pour alléger les souffrances des réfugiés.

    « La générosité du peuple jordanien et de son gouvernement doit aller de pair avec un soutien massif de la communauté internationale – un soutien aux réfugiés eux-mêmes et aux populations locales qui les accueillent, mais également un soutien structurel et budgétaire au gouvernement jordanien pour l'éducation, la santé, l'eau et son assainissement, et l'électricité afin de lui permettre de faire face à ce gigantesque défi », a déclaré en conclusion le Haut-Commissaire pour les réfugiés.


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  • Cela s’explique par la multiplication de nouvelles crises qui s’ajoutent aux anciennes.

    Pour la première fois depuis la 2e guerre mondiale, le nombre de déplacés dans le monde en raison de conflits et de crises a dépassé le seuil des 50 millions, selon un rapport publié vendredi 20 juin par le HCR (Haut-Commissariat pour les Réfugiés), une agence de l’ONU.

    A fin 2013, « 51,2 millions de personnes étaient déracinées, soit 6 millions de plus que les 45,2 millions comptabilisés fin 2012 », a indiqué Antonio Guterres, haut-commissaire pour les réfugiés, en présentant le rapport à la presse.

    Énorme augmentation

    « Nous sommes confrontés à une énorme augmentation de tous les déplacements forcés », a indiqué Antonio Guterres, en ajoutant qu’il y a eu 2,5 millions de nouveaux réfugiés syriens et 6,5 millions de déplacés internes en Syrie depuis le début du conflit. De nouveaux importants déplacements de population ont aussi eu l’an dernier en Afrique, notamment en Centrafrique et au Soudan du Sud.

    Selon Antonio Guterres, deux raisons expliquent cette forte croissance, d’une part « la multiplication de nouvelles crises », qui poussent les populations à quitter leur foyer, et d’autre part « la persistance des vieilles crises, qui semblent ne jamais vouloir mourir ».

    « Surmonter les différences »

    La communauté internationale, a exhorté Antonio Guterres « doit surmonter ses différences et trouver des solutions aux conflits actuels au Soudan du Sud, en Syrie, en République centrafricaine et ailleurs ».

    « Il y a actuellement autant de personnes déracinées que la population totale de pays tels que la Colombie, l’Espagne, l’Afrique du Sud ou la Corée du Sud », a ajouté Antonio Guterres pour donner une idée de l’ampleur du phénomène. Les déplacements forcés regroupent trois catégories de population : les réfugiés, les demandeurs d’asile, qui agissent à titre individuel, et les déplacés internes, qui restent dans leur pays, mais qui ont quitté leur foyer.


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  • GENEVE - Ils représentent la moitié des millions de réfugiés syriens ayant fui leur pays: toute une génération d'enfants syriens traumatisés, isolés et privée d'éducation, s'alarme vendredi 29 novembre 2013 l'ONU dans un rapport.

    Taha (son nom n'est pas publié par l'ONU pour des raisons de sécurité), 15 ans, témoigne de l'horreur de la guerre. C'était près de chez lui, en Syrie, il a vu sept corps. Impossible d'oublier. Chaque fois que j'y pense, c'est comme si quelqu'un me plantait un couteau, dit-il.

    Taha et d'autres centaines de milliers de jeunes syriens vivent actuellement dans des camps, où le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a recueilli leurs récits.

    Si nous n'agissons pas rapidement, une génération d'innocents sera sacrifiée à cause de cette guerre épouvantable, a mis en garde le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, dans la présentation de cette première étude approfondie réalisée par le HCR sur des enfants syriens depuis le début du conflit en mars 2011.

    Le monde doit agir pour sauver de la catastrophe une génération d'enfants syriens traumatisés, isolés et en proie aux souffrances, a averti, pour sa part, l'émissaire du HCR, l'actrice Angelina Jolie.

    Plus de 2,2 millions de Syriens se sont enregistrés comme réfugiés auprès du HCR. Et selon M. Guterres, les Nations unies estiment désormais que plus de trois millions de Syriens ont fui leur pays, chiffre incluant toutefois les réfugiés non enregistrés ainsi que les Syriens ayant quitté le pays avant le conflit, a précisé à l'AFP un porte-parole du HCR.

    Selon le rapport, environ 294.300 enfants syriens ont pour l'instant trouvé refuge en Turquie, 385.000 au Liban, 291.200 en Jordanie, 77.120 en Irak, 56.150 en Egypte et plus de 7.600 en Afrique du Nord.

    Plus de 3.700 d'entre eux sont non accompagnés ou séparés de leurs deux parents. En outre, plus de 70.000 familles réfugiées syriennes vivent sans le père.

    Les auteurs de l'étude, qui n'ont pu interviewer des enfants qu'en Jordanie et au Liban, indiquent avoir reçu des informations sur de jeunes garçons formés au combat en vue d'un retour en Syrie.

    En outre, ils ont constaté que de très nombreuses familles réfugiées sans ressources financières envoient leurs enfants travailler pour assurer leur survie. En Jordanie et au Liban, ils ont trouvé des enfants, certains âgés de sept ans seulement, travaillant de longues heures pour un maigre salaire, parfois dans des conditions dangereuses.

    Ainsi, dans le camp jordanien de Zaatari, la plupart des 680 commerces emploient des enfants. Et une étude effectuée dans onze des douze gouvernorats de Jordanie montre que près d'un ménage réfugié sur deux survit en partie ou totalement grâce au salaire d'un enfant.

    Aussi une majorité d'enfants réfugiés syriens ne va pas à l'école. Plus de la moitié des enfants syriens d'âge scolaire vivant en Jordanie ne fréquente aucune école. Au Liban, environ 200.000 enfants réfugiés syriens en âge d'aller à l'école pourraient rester déscolarisés d'ici la fin 2013.

    Autre symptôme inquiétant, le grand nombre de bébés nés en exil sans certificat de naissance, un document pourtant essentiel pour prévenir l'apatridie.

    Après quasiment 1.000 jours d'un conflit qui a fait plus de 120.000 morts, le HCR appelle la communauté internationale à soutenir les pays voisins de la Syrie pour qu'ils maintiennent leurs frontières ouvertes. Il demande aussi qu'ils offrent davantage de places de réinstallation et d'admission pour motifs humanitaires aux familles de réfugiés avec des enfants gravement blessés et à ceux qui sont en situation d'insécurité.


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  • La Malaisie n’offre pas d’avenir aux Rohingyas réfugiés

    Fuyant par milliers les violences communautaires en Birmanie, les Rohingyas sont de plus en plus nombreux à partir pour la Malaisie.

    Ils y sont pourtant interdits de travail et d’éducation, sans statut de réfugié et vivent dans la peur des arrestations arbitraires.

    Des dizaines de personnes ont été portées disparues après le naufrage, au large de la Birmanie, d’un navire transportant près de 70 réfugiés rohingyas fuyant les violences communautaires, a annoncé la police dimanche 3 novembre. 

    Le 17 septembre, plus de 120 réfugiés rohingyas étaient morts noyés après le naufrage de leur bateau. Ayant quitté la Birmanie, où leur ethnie, musulmane et apatride, est souvent prise pour cible par les extrémistes bouddhistes, ils fuyaient vers la Malaisie, pays en majorité musulman et terre d’accueil pour déjà plus de 40 000 Rohingyas réfugiés.

    « S’ils savaient ce qui les attend ici, ils n’auraient jamais mis leur vie en danger », regrette Ahmed Rami. Arrivé en Malaisie en 1987, il souhaitait atteindre l’Australie, comme la très grande majorité des Rohingyas. Quelques années plus tard, enfin enregistré auprès du Haut Comité des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR­), il consacre sa maigre subvention mensuelle à la gestion d’un refuge pour les Rohingyas.

    la Malaisie leur refuse le statut de réfugié

    L’un des derniers arrivés au refuge s’appelle Abdul Samih. Ancien imam, il a quitté la Birmanie lorsque les extrémistes bouddhistes ont brûlé son école et tiré sur ses élèves. Allongé sur une paillasse, il regarde le plafond depuis plusieurs heures déjà. Aujourd’hui, il ne travaille pas, car on lui a interdit de sortir : la police malaisienne a lancé début septembre sa plus grande opération à ce jour contre les travailleurs illégaux, afin d’en déporter « un demi-million », selon le ministre malais de l’intérieur.

    « Parmi ceux déjà arrêtés, il y a beaucoup de réfugiés, assure l’ONG Tenaganita, qui lutte pour les droits des migrants en Malaisie. Notre pays ne reconnaît pas le statut de réfugié. Du coup, s’ils travaillent, ils sont considérés comme illégaux. »

    « Je suis en train de me faire enregistrer par l’UNHCR, qui me donnera dans plusieurs mois une subvention qui me permettra à peine de vivre. En attendant, qu’est-ce que je peux faire ? Attendre et mourir de faim ? », s’interroge Abdul Samih, qui a « perdu tout espoir d’atteindre un jour l’Australie ».

    « Sans le droit de travailler, les réfugiés sont en Malaisie dans une situation précaire, aggravée par l’absence d’un statut légal qui pourrait les protéger contre la déportation ou les détentions arbitraires », s’inquiète l’UNHCR dans un communiqué.

    tensions avec les autres réfugiés birmans

    Ahmed Rami tourne les pages d’un journal jusqu’à s’arrêter sur l’une et pointer du doigt la photo d’un jeune homme. « C’est un Rohingya. Il a été poignardé hier dans la rue. Sûrement par des bouddhistes. »

    Depuis plusieurs mois, les tensions montent entre la communauté des réfugiés rohingyas, qui multiplie les manifestations pour protester contre les violences en Birmanie. Cinq travailleurs clandestins birmans ont été tués début juin. Dans les semaines qui ont suivi, quatre autres Rohingyas ont disparu et deux ont été décapités, « par vengeance », explique Ahmed Rami. Les auteurs de ces meurtres n’ont toujours pas été retrouvés, continue-t-il. La police malaisienne, qui poursuit son enquête, a refusé de répondre aux questions de La Croix.

    « Pour des raisons de sécurité, mes parents m’ont fait promettre de ne jamais révéler que je suis rohingya », raconte Jamilah, 18 ans, qui porte un hidjab rose à la mode malaisienne. Depuis deux ans, elle ne sort plus du petit appartement qu’elle partage avec quatre compatriotes.

    les réfugiés n’ont pas le droit d’étudier

    « J’avais des amies malaises, elles m’ont demandé si j’allais intégrer une université. Comme je suis réfugiée, je n’ai pas le droit d’étudier : j’ai compris que c’était une question piège, qu’elles avaient des doutes. Donc, je leur ai menti et j’ai dit que je partais à Singapour pour étudier, se souvient-elle. Du coup, je ne sors plus : si elles me voient, elles devineront que je suis rohingya et je risque d’être arrêtée. »

    Ahmed Rami montre au loin les tours jumelles de la compagnie pétrolière Petronas, hautes de 452 mètres. « J’ai travaillé sur leurs chantiers. Il y avait 55 000 panneaux de verre à poser. Chaque fois que j’en terminais un, j’y inscrivais “Rohingya”. Pour que la Malaisie se souvienne que, nous aussi, malgré tout, nous avons aidé à construire le pays. »

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    Les Rohingyas, minorité musulmane apatride, peuvent-ils devenir citoyens birmans ? La question est au coeur des violences communautaires qui ont récemment secoué l'ouest du pays mais il semble exclu que le pouvoir y consente, préviennent les experts.

    Quelque 800.000 Rohingyas, considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées de la planète, vivent confinés dans l'Etat Rakhine, où des affrontements entre musulmans et bouddhistes ont fait depuis juin 2012 au moins 180 morts et 110.000 déplacés, principalement des musulmans.

    Privés de nationalité par la junte au pouvoir jusqu'en mars 2011, les Rohingyas sont vus par la plupart des Birmans comme des immigrés illégaux du Bangladesh, un ostracisme qui alimente un racisme quasi-unanime à leur encontre.

    Mais l'ouverture politique a placé le nouveau régime sous les feux des projecteurs. "Nous voudrions que les problèmes (...) non résolus du statut des Rohingyas soient pris en compte par les dirigeants birmans de tous les bords politiques", a déclaré cette semaine le chef de la diplomatie britannique William Hague.

    "A long terme, nous devons travailler pour donner aux Rohingyas une sorte de statut légal (...) avec un accès aux droits et services de base", a indiqué de son côté à l'AFP Vivian Tan, porte-parole du Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).

    Mais quel statut ? Le gouvernement rakhine a lancé une enquête sur les musulmans de l'Etat pour déterminer s'ils sont citoyens, a indiqué à l'AFP son porte-parole Win Myaing. Mais les objectifs de ce recensement sont pour l'instant bien flous.

    Les Rohingyas ne font pas partie des 135 "groupes ethniques" officiels à qui la loi sur la citoyenneté de 1982 octroie une citoyenneté pleine et entière. Et le fait qu'ils assurent avoir été sur le territoire avant 1823, début de la colonisation britannique, ne suffit pas.

    "Nous n'avons pas l'intention d'accepter en tant que nouveau groupe ethnique les apatrides et ceux qui ne sont pas inclus dans les groupes ethniques officiels, comme les Rohingyas", a indiqué à l'AFP Zaw Htay, du bureau présidentiel.

    Les autorités refusent même de reconnaître leur nom, faisant souvent référence aux "soi-disant Rohingyas". Une véritable "tentative d'ethnocide, c'est-à-dire de tuer l'identité culturelle d'un groupe", dénonce Maung Zarni, chercheur à la London School of Economics.

    Les Rohingyas pourraient demander à être "citoyens naturalisés", une catégorie bénéficiant de droits moindres s'ils peuvent prouver leur présence dans le pays avant l'indépendance en 1948, poursuit-il. Mais "ils ont été privés de documents depuis des décennies" et la majorité ne pourra fournir de preuves de vie en Etat Rakhine.

    D'autres analystes relèvent que le gouvernement ne peut prendre le risque de les naturaliser en masse face à une opinion publique qui les déteste, à trois ans d'élections cruciales pour la transition démocratique.

    "Le gouvernement pourrait faire face à une réaction populaire violente s'il accorde la citoyenneté aux Rohingyas", prévient Nicholas Farelly, de l'Université nationale australienne. "Ce serait une tragédie si la question des Rohingyas était exacerbée par le besoin d'hommes politiques de s'assurer du soutien avant les élections de 2015".

    La tentative d'un élu du parti majoritaire de refondre la loi sur la citoyenneté a d'ailleurs fait long feu mardi au parlement. Immédiatement rejetée par ses pairs, sa proposition n'était pourtant pas en faveur des Rohingyas.

    "Ce n'est pas le moment de faire ça", a souligné Mann Kan Nyunt, également parlementaire de l'USDP, craignant les "doutes et les malentendus".

    Quant à l'opposition démocratique, elle se garde bien de prendre le problème à bras-le-corps: la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi refuse de prendre position, appelant simplement à la fin des violences.

    "Je ne pense pas qu'on doive utiliser son autorité morale (...) pour défendre une cause particulière sans chercher à connaître vraiment les racines du problème", a-t-elle récemment déclaré.


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  • Un habitant des Kiribati, un archipel du Pacifique Sud menacé par la montée des eaux, a demandé à la Nouvelle-Zélande le statut de réfugié pour cause de réchauffement climatique.

    Il réclame le statut de réfugié climatique

    Ioane Teitiota, 37 ans et habitant des Kiribati, a fait appel cette semaine du refus des autorités néo-zélandaises de l'immigration de lui accorder le statut de réfugié. Ce qui entraîne son retour forcé vers les Kiribati, a expliqué jeudi son avocat Michael Kitt.

    Selon lui, son client ne doit pas être renvoyé aux Kiritabi, une trentaine d'atolls coralliens dont la plupart dépassent à peine le niveau de l'eau. Des zones entières de l'archipel sont régulièrement envahies par l'océan et les récoltes s'appauvrissent en raison de l'infiltration d'eau salée dans les réserves d'eau douce.

    «Un accès à l'eau douce est un droit fondamental. Le gouvernement des Kiribati est incapable, et peut-être réticent, de garantir ces choses car c'est totalement hors de son contrôle», a déclaré l'avocat à Radio New Zealand.

    Le cas de son client pourrait créer un précédent, non seulement pour les 100'000 habitants des Kiribati, mais pour toutes les populations menacées par le changement climatique causé par l'homme, a-t-il estimé. Cette montée du danger crée une nouvelle classe de réfugiés, dont les droits ne sont pas reconnus par les conventions internationales, a-t-il poursuivi.

    Vie menacée

    Les autorités de Nouvelle-Zélande ont refusé le statut de réfugié à Ioane Teitiota en arguant que personne ne menaçait sa vie s'il retournait chez lui. Mais Michael Kitt réplique que la vie de son client, et de ses trois enfants, est menacée par l'environnement.

    La Haute cour d'Auckland doit se prononcer dans cette affaire avant la fin du mois. Le président des Kiribati, Anote Tong, avait indiqué fin 2012 réfléchir au déplacement de population vers les Fidji et le Timor oriental, des terres relativement proches.

     


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