• Le président français François Hollande a estimé vendredi qu'il existait un risque de guerre entre la Turquie et la Russie du fait de l'implication turque en Syrie.

    La Turquie est impliquée en Syrie (...) Là, il y a un risque de guerre (avec la Russie) et c'est pourquoi le conseil de sécurité (de l'ONU) se réunit en ce moment, a-t-il dit sur France Inter.

    François Hollande a affirmé que la Russie ne s'en sortira pas en soutenant unilatéralement Bachar al-Assad, appelant à exercer une pression sur Moscou pour des négociations sur la Syrie.

    Je ne veux pas écarter la Russie de la solution. Je suis allé moi-même à Moscou pour dire à Vladimir Poutine: +Nous devons être tous ensemble pour faire cette transition politique.+ (...) Mais je ne peux pas accepter qu'en même temps qu'on négocie, on bombarde des populations civiles, a-t-il ajouté.

    Nous devons convaincre Moscou de trouver une solution politique, cela vaudra mieux aussi pour les intérêts russes, a-t-il ajouté.

    Interrogé sur l'attitude des Etats-Unis, il a rappelé que les Américains considèrent qu'ils n'ont plus à être partout présents dans le monde, comme ils l'étaient auparavant. Donc les Etats-Unis se sont mis en retrait (...) Bien sûr que je préfèrerais que les Etats-Unis soient encore davantage actifs, a-t-il dit.

    Il a rappelé que Washington avait abandonné Paris qui voulait à l'été 2013 frapper la Syrie après l'utilisation d'armes chimiques par l'armée de Bachar al-Assad.

    Qui doit prendre le relais, qui doit agir, qui doit être présent, qui doit porter les valeurs et les idéaux de la démocratie ? L'Europe. Et la France, en tout cas, en fera la démonstration, a assuré François Hollande.


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  • Ressources minières des astéroïdes: la chasse est ouverte

    La chasse aux ressources minières de l'espace, notamment des astéroïdes, ne relève plus de la science fiction: après les Etats-Unis, le Luxembourg a lancé mercredi 3 février 2016 une initiative pour inciter les entreprises à se lancer dans l'aventure.

    Premier pays européen à s'engager sur cette voie, le Luxembourg veut attirer sur son territoire des investisseurs et des compagnies en créant un "cadre réglementaire et juridique" favorable.

    Ce projet, présenté à la presse par le Vice-Premier ministre et ministre de l'Economie Etienne Schneider, intervient deux mois après la signature par le président américain Barack Obama d'une loi autorisant l'usage commercial des importantes richesses minières se trouvant sur les astéroïdes et la Lune.

    Le "Space Act" prévoit que tout matériau trouvé par un Américain ou une entreprise américaine sur le satellite naturel de la Terre ou sur ces corps célestes lui appartiendra.

    "Le Luxembourg veut lui aussi offrir un cadre réglementaire et juridique pour préparer l'exploitation de l'espace" et notamment des astéroïdes, a expliqué à l'AFP Jean-Jacques Dordain, ancien directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA), devenu conseiller du gouvernement luxembourgeois sur ce dossier.

    Les entreprises privées qui s'installeront au Luxembourg pour se lancer dans ce domaine seront assurées "de leurs droits" sur les ressources qu'elles extrairont des astéroïdes, par exemple des minerais rares, assure le ministère.

    Le Luxembourg, qui a fait ses preuves dans l'espace avec la réussite de son opérateur satellitaire SES, investira lui-même dans certains projets de recherche et développement. Il envisage aussi de prendre des participations directes dans le capital de certaines compagnies qui s'engageront dans des activités préparant cette exploitation.

    Le budget alloué à cette initiative, baptisée spaceresources.lu, n'a pas encore été fixé.

    Il y a plus d'un siècle, dans "La chasse au météore", l'écrivain français Jules Verne avait déjà raconté la rivalité d'astronomes pour s'approprier un météore riche en or, en train de tomber sur la Terre.

    La Nasa, l'agence spatiale américaine, a identifié 1.500 astéroïdes facilement accessibles.

    "Les bases" de la conquête des ressources des astéroïdes sont déjà là, même si des projets technologiques restent à accomplir, souligne M. Dordain.

    "On trouve sur les astéroïdes tous les minerais qu'on trouve sur Terre", ajoute-t-il.

    Il s'agira de récupérer des métaux rares (platine etc.). Mais aussi d'exploiter l'eau contenue sous forme de glace afin de réapprovisionner les engins spatiaux en eau et en carburant via l'hydrogène, pour permettre les missions lointaines.

    La tâche est immense. Cela demandera d'atterrir sur ces corps célestes - une technologie que l'Homme maîtrise déjà.

    Il faudrait aussi pouvoir rediriger les astéroïdes vers d'autres orbites pour favoriser l'extraction des ressources, indique M. Dordain. La Nasa travaille déjà sur cette technologie afin de parer aux dangers que représentent ces corps célestes pour la Terre ou les engins spatiaux.

    Pour les forages miniers, l'idée serait de s'appuyer sur le savoir-faire des entreprises dont c'est le métier sur Terre.

    Il faudra ensuite transformer les matériaux sur les astéroïdes. Et en renvoyer une partie sur Terre.

    "La Lune n'est pas exclue de cette quête", a précisé M. Dordain. L'initiative du Luxembourg "démontre que les Européens savent innover et sont capables de prendre des risques quand les enjeux sont importants", estime-t-il.

    "Le Luxembourg montre un peu la voie. Mais il faudra du temps pour que cela se concrétise. C'est du très long terme", tempère un important acteur européen du spatial.

    La société américaine Planetary Resources, qui développe des techniques pour exploiter les ressources minières des astéroïdes, dit avoir "hâte de travailler" avec le Luxembourg, selon le ministère.

    Sa concurrente, la société américaine Deep Space Industries, serait aussi intéressée, selon lui.

    Ceux qui s'engageront prendront des "risques", a reconnu M. Dordain. "Mais ce sont ceux qui investiront le plus tôt qui auront les plus grandes chances d'avoir un retour" favorable.


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  • Sénégal : des experts de l'ONU confirment que la détention de l'ancien ministre Karim Wade est arbitraire.

    29 janvier 2016 – Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a confirmé vendredi sa décision de 2015 sur le cas de Karim Wade, ancien ministre d'État à la coopération internationale du Sénégal, qui purge actuellement une peine de prison de six ans pour corruption.

    « Le Groupe de travail se tient à son avis selon lequel la détention de M. Karim Wade est arbitraire », a déclaré le Président du groupe de travail, Seong-Phil Hong. « Nous ne disposons d'aucune nouvelle information susceptible de nous amener à modifier notre décision ».

    Dans une déclaration rendue publique vendredi, le Groupe de travail a rappelé son avis du 20 avril 2005, qui considère comme arbitraire la privation de liberté de M. Wade et a demandé au gouvernement du Sénégal de prendre les mesures nécessaires pour remédier à la situation et la rendre conforme aux normes internationales des droits de l'homme.

    « Nous sommes au courant des allégations formulées dans certains médias relatives à un conflit d'intérêt supposé de l'un des membres du Groupe de travail qui l'exclurait de la participation aux délibérations dans cette affaire », a noté M. Hong. « Nous avons examiné l'allégation et constaté qu'elle était sans fondement ».

    « Le groupe de travail estime que ses membres ont scrupuleusement adhéré au Code de conduite des titulaires de mandat des Procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme, qui les oblige à exercer leurs fonctions sur la base d'une évaluation indépendante, impartiale et professionnelle des faits en se fondant sur les normes des droits de l'homme internationalement reconnues », a souligné l'expert.

    Selon la presse, Karim Wade, fils de l'ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, avait été nommé en mai 2009 ministre d'État à la coopération internationale, avant de quitter le gouvernement après la défaite de son père en 2012. Il est incarcéré depuis 2014 pour enrichissement illicite et détournements de fonds.


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  • L’Union Africaine se détourne du Burundi

    Le vingt-sixième sommet de l’Union africaine a décidé de ne pas intervenir militairement au Burundi.Choisi par ses pairs, c’est le Tchadien Idriss Déby qui prend la présidence tournante de l’UA.

    Ce sont finalement les intérêts des chefs d’Etat qui l’ont emporté à l’issue du 26e sommet de l’Union africaine (UA), dimanche 31 janvier, affaiblissant la marge de manœuvre de l’organisation panafricaine sur les dossiers du continent.

    L’UA avait surpris en proposant, en décembre 2015, l’envoi d’une « mission de stabilisation » de cinq mille hommes au Burundi, secoué depuis le printemps par des violences déclenchées par l’annonce de Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat de président. Mais la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu) devra attendre que les « préventions » du président Nkurunziza soient levées. Le chef de l’Etat burundais, absent du sommet, avait promis de « combattre » cette mission de maintien de la paix qu’il a qualifiée de « force d’invasion et d’occupation ».

    • Rétropédalage sur le Burundi

    Il n’y aura donc pas de force de l’UA déployée à Bujumbura sans le consentement de M. Nkurunziza. La Commission de l’UA, qui s’était montrée intransigeante, s’est finalement dérobée devant les pressions des présidents attachés au principe de souveraineté nationale, à l’instar du Gambien Yahya Jammeh, du Tanzanien John Magufuli, de l’Egyptien Abdel Fatah Al-Sissi et de l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema.

    La Commission veut encore dialoguer avec le président. Pour cela, elle a décidé d’envoyer une délégation « de très haut niveau » à Bujumbura pour insister sur le « dialogue inclusif » et le déploiement de la force, qui reste encore une option. « Il n’y a pas de volonté ni d’occuper ni d’agresser » le Burundi, a réaffirmé Smaïl Chergui, commissaire au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA lors d’une conférence de presse, dimanche.

    « Nous sommes très satisfaits », a fait savoir Alain Aimé Nyamitwe à la fin de la cérémonie de clôture du sommet. Le ministre des affaires étrangères du Burundi s’est également dit peu convaincu que des chefs d’Etat et de gouvernement feront le déplacement à Bujumbura pour « avoir un avis ». « Nos amis burundais ne veulent pas entendre raison en empruntant la voie du dialogue, avance un ministre d’Afrique de l’Ouest. Mais ils ne vont pas tarder à le regretter. »

    • Idriss Déby à la tête de l’Union africaine

    Le mandat du président zimbabwéen Robert Mugabe s’est achevé comme il avait commencé : par un discours fleuve où il a fustigé les Occidentaux sous une salve d’applaudissements. « Ils sont partout sur le continent par le truchement des ONG, des espions qui prétendent venir en Afrique pour nous aider », a-t-il déclaré samedi à la tribune. Plus applaudi pour ses diatribes que pour son bilan à l’UA, il a profité de la présence du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Ban Ki-moon, pour réclamer une réforme du Conseil de sécurité et deux sièges permanents pour l’Afrique avec un droit de veto. Il n’a épargné personne, et surtout pas ceux qui souhaitent son départ après trente-cinq ans de pouvoir. « [Ils disent que] Mugabe devrait partir ? Dites-leur de se taire ! », a-t-il poursuivi.

    Robert Mugabe a passé le flambeau au président tchadien. « C’est difficile de succéder à Robert Mugabe (…), infatigable militant de l’indépendance et de la dignité de l’Afrique », a déclaré Idriss Déby Itno. Sa désignation a fait l’objet d’un consensus dans le groupe des pays d’Afrique centrale qui devait prendre la présidence tournante. L’opposition tchadienne a mal digéré ce choix alors que le mandat présidentiel d’Idriss Déby touche à sa fin. Elle accuse l’organisation panafricaine de soutenir sa candidature. « S’il ne remporte pas l’élection d’avril, son poste de président de l’UA reviendra à son successeur », tranche un membre de sa délégation.

    « Nous nous réunissons trop souvent. Nous parlons toujours trop, mais nous n’agissons pas assez et parfois pas du tout », a déploré M. Déby, avant d’exhorter les Africains à unir leurs forces et à ne plus être « des observateurs passifs de solutions qui viennent d’ailleurs ».

    Chef de file avec le Nigeria de la lutte contre Boko Haram dans la région du lac Tchad, le dirigeant tchadien, au pouvoir depuis vingt-cinq ans, a également envoyé des troupes au Mali dans le cadre de l’intervention militaire française en 2013. Souvent considéré comme un allié de la France, le Tchad accueille les militaires de l’opération « Barkhane » dans la capitale, N’Djamena, depuis 2014.

    • Le « virus » du terrorisme

    Les Africains doivent être solidaires dans la lutte contre le « virus » du terrorisme, a plusieurs fois répété Idriss Déby lors du sommet. Et cette solidarité « ne doit pas se réduire à des mots ». L’engagement du Tchad dans la lutte contre le terrorisme dans la région va sans doute placer les questions sécuritaires au cœur du programme de l’année 2016 de l’UA.

    Les troubles en Somalie, en Libye, le nord du Mali ont été longuement discutés lors du huis clos des chefs d’Etat et de gouvernement. Le programme est chargé : il faut « coordonner le travail des services de sécurité africains, mettre tout en œuvre pour donner les capacités nécessaires à ceux qui n’en ont pas, organiser la formation, a listé Smaïl Chergui. La communauté internationale doit se rendre compte que le terrorisme est un phénomène global auquel il faut une réponse collective. »

    En témoignent la crise en Libye et l’expansion de l’Etat islamique sur son territoire qui inquiètent sérieusement les pays africains. « Nous ne pourrons mener une action vigoureuse que si nous avons un gouvernement en place et des forces libyennes que nous pourrons encadrer, entraîner, équiper pour s’occuper de cette mission, a poursuivi M. Chergui. Nous ne croyons pas à une solution militaire en Libye. » Une délégation de haut niveau composée de cinq chefs d’Etat va être formée pour appuyer la mission onusienne en Libye dirigée par l’Allemand Martin Kobler.

    C’est le président kényan, Uhuru Kenyatta, qui a mené l’offensive contre la Cour pénale internationale (CPI), lui-même poursuivi par l’instance avant que les charges ne soient levées à la fin de 2014. Ses confrères africains ont suivi. Sa proposition, adoptée à l’issue du sommet de l’UA, vise au désengagement des pays africains du statut de Rome, ratifié par 123 Etats.

    « L’Afrique se sent délaissée, pas entendue. Les Etats africains qui ont participé à l’Assemblée des Etats de la CPI se sont sentis humiliés », a déclaré au Monde Afrique la cheffe de la diplomatie kényane, Amina Mohamed.

    La CPI a ouvert jeudi 28 janvier le procès de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, qui a recueilli à Addis certains soutiens. Le ministre congolais (Brazzaville) de l’économie forestière et du développement durable, Henri Djombo, s’est par exemple écrié : « Certains chefs d’Etat africains patriotes, nationalistes, sont victimes d’idéologies importées, contraires aux us et coutumes nationaux. Personne ne peut juger les valeurs des autres ! »

    « La CPI s’acharne beaucoup plus sur l’Afrique et sur les chefs d’Etat africains, y compris en exercice, alors que des violations des droits de l’homme flagrantes se font ailleurs, mais personne n’est inquiété, a lâché pour sa part le président tchadien, Idriss Déby, lors d’une conférence de presse dimanche 31 janvier. Nous avons décidé d’harmoniser notre position en attendant que la CPI prenne la mesure de l’importance de la position africaine sur la question. »

    Pour le président kényan, la seule alternative au retrait du statut de Rome – qui régit la CPI –, est une réforme drastique de la Cour. Des réunions avec le Conseil de sécurité de l’ONU sont au programme lors desquelles des ministres africains vont, entre autres, réclamer l’abandon des poursuites contre le vice-président kényan, William Ruto.

    • Succession à la tête de la Commission

    Bien que la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma quitte son mandat de présidente de la Commission de l’UA en juillet, elle a soigneusement évité le sujet de sa succession lors de ce 26e sommet. Les rumeurs courent depuis des mois sur sa volonté de briguer la présidence sud-africaine en 2019 pour succéder à son ex-époux Jacob Zuma. Le prochain congrès de l’ANC aura lieu en 2017 et ses allers-retours répétés à Johannesburg ne font que renforcer l’idée selon laquelle elle ne se représentera pas à la tête de la Commission. Selon des observateurs, elle pourrait même écourter son mandat.

    Les prétendants à sa succession ont jusqu’à la fin du mois de mars pour déposer leur candidature. Les pronostics vont bon train sur le remplaçant de la Sud-Africaine. Le ministre algérien des affaires étrangères, Ramtane Lamamra, est pressenti comme le favori. « Il est plus sollicité par la presse que Mme Dlamini-Zuma », a ironisé un diplomate nord-africain.

    Très impliqué dans la résolution des conflits sur le continent, notamment en Libye et dans le nord du Mali où il a participé activement aux pourparlers de paix, l’Algérien de 63 ans est l’ancien commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, de 2008 à 2013, et avait eu droit à une standing-ovation lors de son départ du Conseil de paix et de sécurité.

    Les jeux sont loin d’être faits, mais certains diplomates se questionnent déjà sur l’avenir de son compatriote Smaïl Chergui, l’actuel commissaire du CPS, en cas de nomination de son chef de la diplomatie à la tête de la Commission de l’UA. Selon certains observateurs, la présence de deux Algériens aux postes-clés de l’organisation panafricaine pourrait faire des jaloux.

    • L’Afrique va-t-elle quitter la CPI ?

    C’est le président kényan, Uhuru Kenyatta, qui a mené l’offensive contre la Cour pénale internationale (CPI), lui-même poursuivi par l’instance avant que les charges ne soient levées à la fin de 2014. Ses confrères africains ont suivi. Sa proposition, adoptée à l’issue du sommet de l’UA, vise au désengagement des pays africains du statut de Rome, ratifié par 123 Etats.

    « L’Afrique se sent délaissée, pas entendue. Les Etats africains qui ont participé à l’Assemblée des Etats de la CPI se sont sentis humiliés », a déclaré la cheffe de la diplomatie kényane, Amina Mohamed.

    La CPI a ouvert jeudi 28 janvier le procès de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, qui a recueilli à Addis certains soutiens. Le ministre congolais (Brazzaville) de l’économie forestière et du développement durable, Henri Djombo, s’est par exemple écrié : « Certains chefs d’Etat africains patriotes, nationalistes, sont victimes d’idéologies importées, contraires aux us et coutumes nationaux. Personne ne peut juger les valeurs des autres ! »

    « La CPI s’acharne beaucoup plus sur l’Afrique et sur les chefs d’Etat africains, y compris en exercice, alors que des violations des droits de l’homme flagrantes se font ailleurs, mais personne n’est inquiété, a lâché pour sa part le président tchadien, Idriss Déby, lors d’une conférence de presse dimanche 31 janvier. Nous avons décidé d’harmoniser notre position en attendant que la CPI prenne la mesure de l’importance de la position africaine sur la question. »

    Pour le président kényan, la seule alternative au retrait du statut de Rome – qui régit la CPI –, est une réforme drastique de la Cour. Des réunions avec le Conseil de sécurité de l’ONU sont au programme lors desquelles des ministres africains vont, entre autres, réclamer l’abandon des poursuites contre le vice-président kényan, William Ruto.


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  • L'accord de partenariat transpacifique signé par 12 pays

    L'accord de partenariat transpacifique (TPP), qui doit permettre de créer la plus vaste zone de libre-échange au monde, a été signé jeudi par les 12 pays partenaires lors d'une cérémonie en Nouvelle-Zélande retransmise en direct à la télévision.

    Le TPP vise à abattre les barrières au commerce et à l'investissement entre ses membres, dont les Etats-Unis et le Japon, qui représentent près de 40% de l'économie mondiale.

    Le président américain, Barack Obama, a salué dans un communiqué publié à Washington la signature d'un accord qui "renforcera notre leadership à l'étranger et soutiendra les emplois ici aux Etats-Unis".

    L'accord a été signé par l'Australie, Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, les Etats-Unis et le Vietnam.

    Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié sous deux ans par les Parlements nationaux et notamment par le Congrès américain où il suscite une hostilité croissante, spécialement dans cette période de campagne présidentielle.

    M. Obama a pressé le Congrès de ratifier ce texte "aussi rapidement que possible".

    "Le Congrès doit le ratifier aussi rapidement que possible afin que notre économie puisse bénéficier immédiatement de dizaines de milliards de dollars avec de nouvelles opportunités à l'export", a plaidé Barack Obama.

    Le Canada voisin veut, pour sa part, engager un débat avant d'entamer un processus de ratification parlementaire.

    Très vaste, l'accord vise à fixer les règles du commerce et des investissements internationaux au 21e siècle et compte pousser la Chine à adapter ses propres règles en matière de commerce, d'investissement et de droit commercial à celles établies par le TPP.

    Il prévoit une ouverture substantielle des marchés des produits agricoles pour le Canada, les Etats-Unis et le Japon, que cela soit pour le sucre, le riz, le fromage ou le boeuf.

    Il concerne aussi des secteurs comme l'échange de données et la propriété intellectuelle qui n'étaient pas couverts par de précédents accords multilatéraux.

    "Aujourd'hui est un jour important, pas seulement pour la Nouvelle-Zélande, mais aussi pour les 11 autres pays du partenariat transpacifique", a déclaré le Premier ministre néo-zélandais, John Key, maître de la cérémonie de signature à Auckland avec le représentant spécial américain au Commerce extérieur Michael Froman.

    L'accord va permettre d'offrir "un meilleur accès aux biens et services à plus de 800 millions de personnes dans les pays du TPP, qui représentent 36% du PIB mondial", a-t-il ajouté.

    Si les promoteurs du TPP assurent qu'il permettra de doper la croissance économique dans la région, plusieurs organisations non-gouvernementales affirment que cet accord débouchera sur une déréglementation généralisée au bénéfice exclusif des multinationales.

    A Auckland, des manifestants ont bloqué des routes pour protester contre la signature de l'accord qui entraînera, selon eux, des suppressions d'emplois.


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  • Offensive européenne contre l'évasion fiscale des multinationales

    La Commission européenne a déclaré jeudi 28 janvier 2016 la guerre à l'optimisation fiscale des multinationales, de plus en plus sous pression, comme le montrent les déboires de Google, en Grande-Bretagne et en Italie notamment.

    "Les jours sont comptés pour les entreprises qui réduisent abusivement leurs impôts sur le dos des autres", a prévenu le Commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, présentant son plan de combat à Bruxelles.

    Cette mise en garde survient au moment où Google est dans le viseur du fisc de plusieurs pays européens. Rome réclame ainsi au géant de l'internet américain plus de 200 millions d'euros d'arriérés d'impôts.

    Mercredi, le ministre français des Finances, Michel Sapin, avait estimé qu'un accord du géant de l'internet Google avec la France sur ses arriérés d'impôts était "aussi une nécessité".

    Quant au redressement fiscal "dérisoire" de Google au Royaume-Uni, conclu vendredi dernier, il suscite de plus en plus de critiques. Jeudi, la collègue danoise du Français Moscovici, Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence, s'est dit prête à étudier cet accord, pour évaluer si une enquête est nécessaire.

    "Toutes les compagnies doivent payer leur juste part d'impôts où elles réalisent leurs bénéfices", a de son côté martelé M. Moscovici, refusant de commenter l'accord britannique avec Google.

    Le projet, composé notamment de deux directives, qu'il a présenté jeudi s'inscrit dans la foulée d'un plan concocté par l'OCDE, organisation regroupant une trentaine de pays développés.

    Baptisé BEPS (Base Erosion and Profit Shifting, terme anglais désignant l'optimisation fiscale), ce plan préconise notamment l'échange de renseignements entre administrations fiscales offrant une vision complète et unifiée des indicateurs clés de l'activité dans les différents pays des multinationales. Ces dernières seront obligées de détailler leurs résultats et leur charge fiscale pays par pays.

    Mercredi, une trentaine de pays – dont le Royaume-Uni, le Luxembourg, la Suisse, le Liechtenstein et des émergents comme le Mexique ou le Chili, mais pas les USA – ont d'ailleurs signé à l'OCDE à Paris un accord en sens, applicable à partir de 2017.

    Dans une des deux directives de son plan, M. Moscovici reprend quasiment mot pour mot les mesures préconisées par l'OCDE. Mais il souhaiterait aller plus loin et rendre ces renseignements publics. Il a promis de revenir au printemps avec une proposition concrète.

    Aller plus loin

    Avec la seconde directive, la Commission veut empêcher le recours abusif aux dispositifs "défiscalisants" (prêts intragroupes, déduction d'intérêts, etc), car nombre de multinationales exploitent les divergences entre législations nationales et les subtilités de la comptabilité pour être taxées le moins possible.

    M. Moscovici a dit "compter sur le soutien du parlement européen et le soutien des Etats membres" pour l'adoption rapide de ces mesures. Les questions fiscales requièrent l'unanimité des 28 Etats membres ce qui rend toujours plus compliqué leur approbation.

    Selon le commissaire, les Pays-Bas, qui assurent au premier semestre la présidence de l'UE, partagent sa volonté d'avancer vite.

    Ce plan s'insère dans la lutte contre l'opacité fiscale lancée par la Commission européenne après l'éclatement du scandale LuxLeaks en novembre 2014, qui avait profondément terni l'entrée en fonction de Jean-Claude Juncker en tant que nouveau président de la Commission.

    Il avait mis en lumière un système d'évasion fiscale à grande échelle des multinationales et particulièrement le rôle joué par certains Etats, comme le Luxembourg, à une époque où M. Juncker était à la fois Premier ministre et ministre des Finances.

    Les propositions de jeudi ont été globalement bien accueillies par les ONG, même si elles estiment qu'elles ne vont pas assez loin. L'eurodéputé français Alain Lamassoure (PPE, droite), qui préside la commission parlementaire sur les accords fiscaux entre Etats et multinationales, les a jugées "bienvenues".

    Mais il a réclamé un second volet : "l'harmonisation de la définition du même bénéfice imposable au sein de l'UE", estimant que le "résultat ridicule du traitement fiscal de Google au Royaume Uni était la meilleure illustration de cette nécessité".    


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  • Corruption: inquiétude sur les pays émergents

    Les puissances économiques émergentes inquiètent l'ONG Transparency International qui, dans son rapport annuel sur la corruption dans le monde, rendu public mercredi, pointe plus particulièrement du doigt le Brésil ou la Malaisie.

    «Tous les BRICS (acronyme des cinq puissances économiques émergentes que sont le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud), les pays prometteurs de l'économie mondiale, sont concernés et ont des scores en-dessous de 50 dans notre index», a expliqué à l'AFP Robin Hodess, directrice de recherche au sein de l'ONG basée à Berlin.

    Chaque année, Transparency International (TI), ONG basée à Berlin, établit un «Rapport sur la perception de la corruption», une évaluation (portant cette année sur 168 pays) sur une échelle de 0 à 100, qui classe les pays du plus corrompu au plus vertueux.

    Données collectées

    Ce travail s'appuie sur des données collectées par 12 organismes internationaux, parmi lesquels la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou encore le Forum économique mondial.

    Cette année, le Brésil «est le pays qui a enregistré la plus forte baisse dans le classement: il a chuté de 5 points et de 7 places et occupe à présent la 76e place», souligne le rapport.

    Le scandale Petrobas et la tempête politique qu'il a provoquée ont eu «un impact phénoménal», a souligné Robin Hodess.

    Pots-de-vin et pétrole

    La compagnie pétrolière publique aurait versé pendant des années des pots-de-vin à au moins 25 députés, six sénateurs et trois gouverneurs, principalement dans le camp du gouvernement, aux mains du Parti des travailleurs (PT, gauche).

    La Russie est le moins bien classé des BRICS (119e). Elle se classe derrière la Chine (83e), l'Inde (76e) et l'Afrique du Sud (61e).

    En Asie, les accusations de corruption à l'encontre du Premier ministre de Malaisie, Najib Razak, ont également retenu l'attention de l'ONG.

    En 2015, la Malaisie (54e, -4 places) «a de nouveau reculé (dans le classement) et cette affaire illustre le fait que si certaines mesures ont été prises, l'idée de s'attaquer aux racines de la corruption ne s'accompagne pas d'une volonté politique suffisante», a expliqué à l'AFP Samantha Grant, coordinatrice Asie pour TI.

    «Don personnel»

    Mardi, le procureur général de Malaisie a écarté les soupçons de corruption visant Najib Razak, estimant que le versement sur son compte personnel de 627 millions d'euros n'avait rien à avoir avec de la prévarication mais résultait d'un «don personnel» de la famille royale saoudienne.

    Globalement, «deux tiers des 168 pays évalués par l'indice 2015 obtiennent une note inférieure à 50», relève le rapport.

    Les plus mauvais élèves sont ex aequo la Corée du Nord et la Somalie (8 points), devancés par le Soudan (165e, 15 points) et l'Afghanistan (166e, 11) tandis que l'Irak (161e, 16) et la Syrie (154e, 18) ne sont pas loin.

    A contrario, la Scandinavie monopolise les premières places du classement: le Danemark est en tête (91 pts), devant la Finlande (90) et la Suède (89).

    Citoyens engagés

    En dépit du constat que la grande majorité des pays ont une note inférieure à la moyenne, Transparency relève avec satisfaction «que le nombre de pays ayant réussi à améliorer leur score a été plus élevé que celui des pays où il a baissé» en 2015.

    «2015 a également été une année où les citoyens sont encore une fois descendus dans la rue pour protester contre la corruption», a souligné, dans un communiqué le président l'ONG, le Péruvien José Ugaz, qui y voit un «signal fort».

    A cet égard, l'organisation cite en exemple le Guatemala. «Les gens ont manifesté, se sont exprimés avec force contre la corruption qui touchait le gouvernement dans son ensemble et le président est désormais en prison», a souligné Mme Hodess.

    Novice en politique, l'humoriste Jimmy Morales a été élu l'an passé après une mobilisation historique qui avait culminé avec la démission, quelques jours avant le premier tour le 6 septembre, du président Otto Perez, ex-général de 64 ans au pouvoir depuis 2012, puis son placement en détention provisoire. La mobilisation des gens «peut faire une grande différence», en conclut, optimiste, Robin Hodess.

     

    CLASSEMENT : 1. Danemark 91 points

    2. Finlande 90

    3. Suède 89

    4. Nouvelle-Zélande 88

    5. Pays-Bas 87

    = Norvège 87

    7. Suisse 86

    8. Singapour 85

    9. Canada 83

    10. Allemagne 81

    = Luxembourg 81

    = Grande-Bretagne 81

    16. Etats-Unis 76

    18. Japon 75

    22. Qatar 71

    23. France 70

    36. Espagne 58

    54. Malaisie 50

    58. Grèce 46

    61. Italie 44

    66. Turquie 42

    76. Brésil 38

    = Inde 38

    83. Chine 37

    119. Russie 29

    158. Haiti 17

    = Guinée-Bissau 17

    = Venezuela 17

    161. Irak 16

    = Libye 16

    163. Angola 15

    = Sud-Soudan 15

    165. Soudan 12

    166. Afghanistan 11

    167. Corée du Nord 8

    = Somalie 8.


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  • Bonne année 2016: Comment porter un toast au nouvel an dans 19 pays

    NOUVEL AN - Le réveillon est l’excuse parfaite pour boire un verre.

    Si vous vous trouvez dans l’un de ces pays, vous pourrez fêter le Nouvel An comme quelqu’un du coin!

    JAPON
    Les Japonais disent: "Akemashite omedetou gozaimasu!" ("Bonne année!") à minuit. Pour trinquer, ils s’exclament: "Kanpai!" ("A la vôtre!").

    ROYAUME-UNI
    Les Britanniques se souhaitent "Happy new year", forment un cercle, se donnent la main en croisant les bras et chantent Auld. Ils trinquent en disant: "Cheers !" (“A la vôtre!”)

    CANADA et ÉTATS-UNIS
    Les traditions sont assez similaires dans ces deux pays. On  compte à rebours et on crie 'Bonne année!' Et puis on embrasse la personne qui est le plus près de nous. Si elle est d’accord, bien sûr!"

    CORÉE DU SUD
    En Corée du Sud, on dit: "새해 복 많이 받으세요 (Saehae bok mani baduseyo)", ce qui signifie: "Plein de bonheur pour cette année!" Les Coréens lèvent leur verre en disant: "Gunbae!"

    BRÉSIL
    Au Brésil, on se souhaite une "Feliz ano novo" ("Bonne année") et "Saúde" ("Santé").

    Quand les Brésiliens fêtent le réveillon sur la plage, ils piquent une tête dans l’eau sept fois de suite parce que ça porte bonheur.

    CHINE
    Les Chinois fêtent généralement deux fois le nouvel an: l’occidental et le chinois. On dîne traditionnellement avec sa famille (Nian Ye Fan) pendant le réveillon du Nouvel An chinois, mais que la plupart des gens préfèrent sortir regarder les feux d’artifice ou assister à des spectacles pour le Nouvel An occidental. Les Chinois se souhaitent "Xin Nian Hao" ("Bonne année") sur les coups de minuit.

    GRÈCE

    En Grèce, on se dit "Χρόνια Πολλά" ("Bonne année"), qui se prononce à peu près "Ηronia Pola", on s’embrasse sur les deux joues et on serre tout le monde dans ses bras.

    Il est de coutume, sur les coups de minuit, de jeter une grenade (le fruit!), symbole de bonheur et de prospérité, sur la porte d’entrée de la maison. Plus il y a de pépins éparpillés, meilleure sera l’année.

    Elle ajoute qu’on trinque en disant "Yama mas" (γεια μας), l’équivalent de notre "Santé!", sans se regarder dans les yeux ni reposer le verre sur la table.

    AUSTRALIE
    En Australie, on fait à peu près la même chose qu’aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni: on se souhaite une "Happy New Year"... ou si on a un peu trop bu: "Je vous aime. Tous. Vous êtes tous mes potes!"

    COLOMBIE
    Les Colombiens s’écrient: "Feliz año nuevo" et se serrent dans les bras les uns des autres. Ils mangent ensuite douze grains de raisin, pour chacun des mois de l’année à venir, en faisant un vœu par grain. Certains prennent une valise et font le tour du pâté de maison, dans l’espoir de voyager au cours de la nouvelle année! D’autres brûlent de grandes effigies pour marquer symboliquement la fin de l’année qui vient de s’écouler.

    Comme en France, on trinque en disant "Salud!" ("Santé!") ou "Chin chin".

    ITALIE
    Les Italiens disent "Buon anno!" et "Cin cin". Dans le sud du pays, les gens jettent parfois de la vaisselle et d’autres vieilleries par la fenêtre pour marquer la fin de l’année en cours.

    DANEMARK
    En danois, on trinque en disant: "Skål", ce qui signifie: "A la vôtre!" On peut aussi enchaîner avec une chanson, mais tout dépend des circonstances.

    ROUMANIE
    En Roumanie, les gens trinquent généralement en disant “Noroc!", qui se traduit littéralement par “Bonne chance!” ou “Sănătate” ("A votre santé").

    Pour souhaiter la nouvelle année, on dit: "Un an nou fericit!"

    ESPAGNE
    En Espagne, les gens disent "Salud!" ou “chin chin” quand ils trinquent. Pour le réveillon du Nouvel An, ils ajoutent "Feliz año" ou "Feliz año nuevo" ("Bonne année!"). La tradition veut que l’on pose le verre sur la table avant de boire.

    Il ne faut pas trinquer avec un verre d’eau, ni un verre en plastique. Certaines personnes mettent leur bague en or dans leur coupe de champagne et portent du rouge le 31 décembre pour avoir de l’argent et rencontrer l’amour l’année suivante.

    Les jeunes disent parfois aussi: “Arriba, abajo, al centro y pa’dentro” ("En haut, en bas, au centre et à l’intérieur.")

    A minuit, quand l’horloge sonne les douze coups, ils mangent douze grains de raisin avec leur famille ou leurs amis, avant d’embrasser tout le monde sur les deux joues.

    RÉPUBLIQUE TCHÈQUE
    Les Tchèques trinquent avec toutes sortes de boissons (de la bière, du vin, des shots) en disant “Na zdraví!” (“Santé!”). La plupart vous regardent dans les yeux, mais ce n’est pas systématique. Avec la bière, les verres doivent d’abord se toucher par le haut, puis par le bas, avant d’être posés sur la table. C’est seulement alors que l’on peut boire. Boire des shots est quelque chose de plus “intime”, surtout quand c’est la première fois avec une personne. Dans ce cas, on dit: “Ahoj!” (“Salut!”), pour signifier que l’on considère l’autre comme un-e bon ami-e. C’est souvent l’occasion de s’adresser à l’autre de manière moins formelle. Si vous êtes invité-e chez quelqu’un et que cette personne vous offre un shot fait maison, décliner signifie que vous refusez son amitié.

    "Bonne année" se dit "Šťastný nový rok!"

    ALLEMAGNE
    Ils comptent à rebours de dix à un avant de se souhaiter une "Frohes neues Jahr" ("Bonne année"). Ils se serrent dans les bras les uns des autres et beaucoup ont l’habitude de verser un peu de plomb en fusion dans de l’eau glacée pour prédire l’avenir, en fonction de la forme que le plomb prend dans l’eau.

    Quand ils trinquent, ils disent: "Prost!" ("A la vôtre!") ou, dans un registre un peu plus soutenu, "Zum Wohl!" ("A votre santé!").

    INDE
    Après le compte à rebours (parfois accompagné de la chanson The Final Countdown), on s’embrasse et on serre les autres dans ses bras.

    En hindi, bonne année se dit "Naya Saal Mubarak", mais on souhaite généralement la nouvelle année en anglais.

    LIBAN
    Dès qu’il est minuit, les jeunes appellent généralement leurs amis et leur famille, et le ou la premier-e à dire "Bonne année" reçoit une pièce de la personne à qui il ou elle l’a souhaitée.

    En arabe, on trinque à minuit en disant "فى صحتك" ou simplement "صحتك" (qui se prononce "Sahetak" et signifie "A ta santé").

     

     


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  • Patrimoine culturel immatériel : un comité de l'UNESCO inscrit de nouveaux éléments

    2 décembre 2015 – Le Comité pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a inscrit mercredi matin vingt nouveaux éléments sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, a indiqué l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

    Le Comité, réuni en Namibie jusqu'au 4 décembre, avait déjà inscrit mardi cinq éléments sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ainsi que trois éléments sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité

    L'examen des candidatures d'inscription sur la Liste représentative est désormais terminé pour cette année avec 23 éléments inscrits sur un total de 35 candidatures.

    La Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité est composée des expressions qui démontrent la diversité du patrimoine immatériel et qui font prendre davantage conscience de son importance.

    Les éléments inscrits mercredi 2 décembre 2015 sont :

    Autriche – L'équitation classique et la Haute École de l'École d'équitation espagnole de Vienne

    L'équitation classique à l'École d'équitation espagnole de Vienne est l'art traditionnel et la pratique de la reproduction, de l'élevage, du dressage et de la monte des chevaux lipizzans. Ses pratiques sociales variées et ses cérémonies et rituels sont basés sur la relation ancienne entre les éleveurs, les palefreniers, les artisans, les cavaliers et les chevaux. Les connaissances en matière d'élevage de chevaux et d'utilisation des équipements sont transmises aux élèves par les palefreniers et les cavaliers expérimentés. La tradition procure aux communautés de l'École un sentiment d'identité et assure la sauvegarde des techniques d'élevage des chevaux.

    Azerbaïdjan - L'artisanat du cuivre de Lahidj

    L'artisanat du cuivre de Lahidj est la pratique traditionnelle de fabrication et d'utilisation des produits en cuivre concentrée dans la communauté Lahidj, dans le Caucase. Le maître chargé de la fonte prépare le cuivre avant que le forgeron-marteleur le batte en plaques fines. Un artisan grave les plaques dont les motifs, qui portent sur l'environnement, témoignent des connaissances et valeurs traditionnelles. Les Azerbaïdjanais achètent les objets en cuivre pour les utiliser au quotidien. Cette pratique est transmise de père en fils et est perçue comme une marque claire de l'identité Lahidj.

    Bulgarie - Le surova, festival populaire dans la région de Pernik

    Le surova est un festival populaire qui a lieu dans les villages de la région de Pernik les 13 et 14 janvier pour fêter le Nouvel An. La nuit, un groupe de mascarade, le survakari, joue dans le centre du village en endossant le rôle de personnages – jeunes mariés, prêtre, ours – qui se rendent dans les maisons le jour suivant pour marier les jeunes couples et présager une bonne santé aux habitants. Un repas est offert et des dons sont collectés pour les plus défavorisés. Toutes les générations participent au festival, particulièrement les jeunes, ce qui renforce leur estime d'eux-mêmes.

    Cambodge; Philippines; République de Corée; Viet Nam - Les rituels et jeux de tir à la corde

    Les rituels et jeux de tir à la corde dans les cultures rizicoles d'Asie de l'Est et du Sud-Est sont pratiqués au sein des communautés pour assurer récoltes abondantes et prospérité. Ils marquent le début du cycle agricole et commencent souvent par des rites commémoratifs en hommage aux divinités locales. Ils sont souvent organisés devant la maison communale ou le sanctuaire du village. Deux équipes à chaque extrémité d'une corde tentent de tirer celle-ci de leur côté. Cette pratique non compétitive renforce la solidarité et l'identité communautaires. Les aînés dirigent les jeunes gens et les rituels.

    Colombie; Équateur - Les musiques de marimba, les chants et les danses traditionnels de la région du Pacifique Sud colombien et de la province d'Esmeraldas d'Équateur

    Les musiques de marimba, les chants et les danses traditionnels sont des expressions musicales intégrantes du tissu de la communauté des afro-descendants dans la région du Pacifique Sud colombien et de la province d'Esmeraldas en Équateur. La musique est créée par un xylophone, des tambours et des maracas. Les histoires et poèmes chantés accompagnés de danses ont lieu lors d'événements rituels, religieux et festifs pour célébrer la vie, une forme de culte des saints ou un adieu au défunt. La communauté est détentrice et praticienne de ces expressions qui renforcent l'appartenance au groupe et son identité. Cet élément, inscrit en 2010 par la Colombie, est désormais élargi à l'Équateur et remplace celui inscrit précédemment.

    République populaire démocratique de Corée - La tradition de la préparation du kimchi dans la République populaire démocratique de Corée

    Le kimchi est un plat à base de légumes préparé en assaisonnant différents légumes ou plantes sauvages avec des épices, des fruits, de la viande, du poisson ou des fruits de mer fermentés avant qu'ils ne subissent une fermentation lactique. Il est servi comme plat d'accompagnement à chaque repas et lors d'occasions spéciales. Bien que les différentes conditions climatiques locales et les préférences entraînent des variations de recettes, la préparation du kimchi est une coutume dans tout le pays. Les détenteurs et praticiens de l'élément sont principalement des femmes. Toutefois, avec la préparation de grandes quantités pour l'hiver, les membres de la famille, les voisins et d'autres membres de la communauté contribuent au renforcement de la cohésion sociale.

    Éthiopie - Le Fichee-Chambalaalla, festival du Nouvel an des Sidamas

    Le Fichee-Chambalaalla est une fête du Nouvel An célébrée par les Sidamas. Il commémore une femme qui apportait à ses proches un plat qui était partagé avec les voisins. De nos jours, des enfants se rendent chez leurs voisins qui leur servent du ''buurisame'', un plat concocté avec de fausses bananes. Le festival inclut d'autres manifestations collectives qui se terminent par les conseils des chefs de clans à la communauté sur les vertus qu'il y a à travailler dur, par exemple. Transmis par les familles et la participation au festival, cette pratique encourage la coexistence pacifique et une bonne gouvernance.

    Grèce - Le savoir-faire artisanal tiniote du marbre

    L'art de la sculpture sur marbre est une expression de l'identité culturelle de Tinos. Les artisans du marbre possèdent des connaissances empiriques sur la structure et les propriétés des roches marbrières. La transmission suit des pratiques ancestrales : les savoir-faire sont transmis des maîtres aux apprentis, qui sont habituellement des membres de la famille. Les motifs traditionnels sont principalement de nature religieuse ou protectrice ; ils figurent souvent des cyprès, des fleurs, des oiseaux et des navires et sont installés sur les bâtiments, les églises et les cimetières. Les gravures réalisées sur divers récipients et impostes en marbre mettent l'accent sur la fertilité et la prospérité.

    Indonésie - Trois genres de danse traditionnelle à Bali

    Les danses traditionnelles balinaises, dansées par des hommes et des femmes, sont réparties en trois catégories – sacrée, semi-sacrée et destinée au divertissement des communautés en général. Symbolisant des traditions, coutumes et valeurs religieuses particulières, les danses sont constituées de divers mouvements et expressions faciales sur une musique produite par un gamelan. Les danseurs, vêtus de costumes aux couleurs vives et aux motifs floraux et animaux, doivent faire preuve de discipline, d'humilité, de charisme et doivent insuffler une énergie spirituelle à leurs performances. Les danses sont principalement transmises de manière informelle à des groupes d'enfants.

    Kazakhstan; Kirghizistan – L'aitysh/aitys, art de l'improvisation

    L'aitysh ou aitys est une compétition improvisée de poésie orale parlée ou chantée entre deux personnes au son d'instruments de musique traditionnels comme le dombra kazakh. Le public choisit les sujets et le gagnant est celui qui démontre la plus grande virtuosité musicale et rythmique, son originalité et son esprit. L'aitysh/aitys est une composante culturelle populaire des sociétés et une partie de l'identité des communautés de détenteurs multiethniques du Kirghizistan et du Kazakhstan qui est pratiqué lors de diverses occasions, des fêtes locales aux événements nationaux, souvent pour soulever des questions sociales importantes. La transmission est faite des générations les plus anciennes aux plus jeunes.

    Namibie - Le oshituthi shomagongo, festival des fruits du marula

    Le festival des fruits du marula, appelé Oshituthi shomagongo, est organisé sur deux à trois jours entre fin mars et début avril. Il réunit les huit communautés Aawambo du nord de la Namibie autour de la consommation de ''l'omagongo'', une boisson élaborée à partir des fruits du marula. Pour la préparer, les hommes sculptent des ustensiles ; les femmes fabriquent des paniers et des pots, et ramassent les fruits avec les enfants avant d'en extraire le jus pour fermentation. On chante des chants traditionnels, on récite des poèmes et on discute des choses de la vie. Transmis par l'observation et la participation, l'élément unit générations et communautés.

    Pérou - La danse Wititi de la vallée du Colca

    La danse du Wititi de la vallée du Colca est une danse populaire traditionnelle associée au passage à l'âge adulte. Elle est dansée par les jeunes pendant les fêtes religieuses de la saison des pluies. Des couples en costume traditionnel forment des rangées et dansent au son de la musique d'un groupe. La danse coïncide avec le début d'un nouveau cycle de production agricole et symbolise le renouveau de la nature et de la société. Les compétitions entre villages renouvellent cette pratique tout en renforçant les liens sociaux et l'identité culturelle. La transmission a lieu à l'école et lors des réunions familiales.

    Roumanie - Les danses des garçons en Roumanie

    Les danses des garçons sont un type de danse populaire masculine roumaine pratiquée lors d'événements festifs et de performances sur scène. Un chef de danse forme le groupe tandis qu'un autre mène la danse. Les participants peuvent être âgés de 5 à 70 ans et comprennent des danseurs hongrois, roms et roumains, contribuant au dialogue interculturel et à la cohésion sociale. Cette danse aide les jeunes hommes à renforcer leur statut au sein des communautés traditionnelles, particulièrement aux yeux des jeunes filles et de leur famille dans la perspective d'un mariage.

    Arabie saoudite - Alardah Alnajdiyah, danse, tambours et poésie d'Arabie saoudite

    L'Alardah est un spectacle traditionnel qui associe danses, percussions et poésie chantée et qui est considéré comme fondamental par les communautés qui le pratiquent. Un interprète chante des vers ensuite repris par d'autres interprètes qui portent des épées et qui se déplacent au rythme des tambours. Présenté lors d'événements familiaux, locaux et nationaux, il est exécuté par les hommes tandis que les femmes conçoivent les costumes. Ni l'âge ni la classe n'empêchent de participer, aidant ainsi à la cohésion sociale. Des individus, des écoles, des troupes, le voisinage et les provinces transmettent l'Alardah.

    Slovaquie - La culture de la cornemuse

    La culture de la cornemuse est présente dans toute la Slovaquie, comprenant la fabrication d'instruments, le répertoire musical, le style et l'ornementation, la danse, les expressions verbales particulières et les coutumes populaires. Nombre de ses caractéristiques symbolisent la culture populaire traditionnelle du pays et sont liées à son environnement, comme les matériaux utilisés pour la fabrication d'instruments. Une communauté s'enorgueillit de posséder un joueur de cornemuse lors d'évènements locaux, la musique générant un sentiment d'identité pour le public. Les savoir-faire sont transmis au sein des familles et des communautés par une formation formelle et informelle.

     

    Turkménistan - Le chant épique Görogly

    Le chant épique Görogly est une tradition de spectacle oral narrant les exploits du héros légendaire national Görogly et ses quarante cavaliers. Les praticiens sont des interprètes turkmènes spécialisées dans ce chant épique qui comprend narration, chant, poésie, improvisation vocale et musique. Il donne aux communautés détentrices un sentiment fort d'identité, reflète les aspirations des Turkmènes au bonheur, et promeut des valeurs telles que le courage, l'honnêteté, l'amitié, et l'équité. Les maîtres associent l'enseignement informel et la transmission des savoir-faire pendant les représentations publiques.

     

    Émirats arabes unis; Arabie saoudite; Oman; Qatar - Le Majlis, un espace culturel et social

    Les Majlis, « endroits pour s'asseoir », sont des lieux où les membres de la communauté se réunissent pour discuter des événements et des enjeux locaux, échanger des nouvelles et se divertir. Ils jouent un rôle important dans la transmission du patrimoine oral. Ce sont généralement de grands espaces confortables équipés pour préparer des boissons. Les aînés possédant de vastes connaissances locales sont considérés comme ses véritables détenteurs alors que les juges et les cheikhs arbitrent les conflits. Les femmes disposent de leurs propres Majlis, même si certaines femmes importantes fréquentent d'autres Majlis, à caractère plus intellectuel. Cette pratique est transmise par la présence d'enfants aux côtés des membres de la communauté plus âgés.

     

    Émirats arabes unis; Arabie saoudite; Oman; Qatar - Le café arabe, un symbole de générosité

    Servir du café arabe est un aspect important de l'hospitalité dans les sociétés arabes. Traditionnellement, le café est préparé devant les invités par des hommes et des femmes et est aussi servi par les cheikhs et les chefs de tribus. Les grains sont grillés, moulus dans un mortier avec un pilon et ensuite infusés dans une cafetière. L'invité le plus important ou le plus âgé est servi le premier. Cette pratique est transmise au sein des familles et comprend l'éducation des jeunes par les aînés pour choisir les grains au marché.

     

    Émirats arabes unis; Oman - L'Al-Razfa, un art traditionnel du spectacle

    Al-Razfa est un art du spectacle populaire aux Émirats arabes unis et Sultanat d'Oman qui était à l'origine pratiqué comme une célébration de la victoire. C'est maintenant une forme de divertissement communautaire lors d'événements festifs qui voient des groupes d'hommes tenir des répliques de fusils en bois en chantant des vers, souvent de poésie traditionnelle nabati, sur de la musique. De jeunes filles participent parfois en agitant leurs cheveux au son des instruments. Les instruments et la musique ont été adaptés pour plaire à un public plus jeune. Les savoir-faire sont transmis de manière informelle au sein des familles.

     

    Venezuela (République bolivarienne du) - Les connaissances et technologies traditionnelles liées à la culture et à la transformation de la curagua

    Les connaissances et technologies traditionnelles liées à la culture et à la transformation de la curagua jouent un rôle important dans le façonnage de l'identité des communautés vivant dans la municipalité d'Aguasay. Grâce à leur force, les hommes extraient et préparent les fibres de curagua qui sont utilisées par les femmes pour tisser des produits artisanaux comme le hamac, emblème traditionnel de la région. Promouvant la coopération et l'entraide pour dépasser les barrières ethniques, socioculturelles et de genre – les femmes générant des revenus importants –, la transmission est principalement effectuée au sein des familles par la tradition orale.


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  • La spirale des violences fait naître de nouvelles générations de tortionnaires qui n’ont cure du droit international.

    Le CICR n’est pas seulement sur le terrain pour porter secours aux populations civiles otages de conflits sanglants. Depuis sa création, l’organisation basée à Genève s’efforce de faire vivre le droit humanitaire international en jouant les vigies. L’une des missions historiques du CICR consiste, notamment, à rendre visite aux personnes privées de liberté pour détecter, prévenir et empêcher les atteintes à leur intégrité physique ou morale. Un combat de plus en plus difficile. Avec l’explosion du nombre de conflits et la spirale des violences, une nouvelle génération de tortionnaires, parfois plus violente que la précédente, opère à l’ombre des prisons ou des champs de bataille. «Plus que jamais la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants persistent», constate le CICR.

    A chaque retour de mission, ses équipes essaient de faire avancer le débat et la réflexion pour mieux gérer ce phénomène. Cette semaine, l’organisation humanitaire se penche sur «la figure du tortionnaire et les processus qui peuvent pousser ce dernier à l’acte de torture».

    Action préventive

    Fouiller l’âme de ces bourreaux, démonter le mécanisme qui nourrit les postures criminogènes, c’est le travail de la psychologue psychothérapeute française Françoise Sironi qui va venir échanger ses connaissances et son expérience avec les experts et chefs d’équipe du CICR. Un travail de l’ombre rarement mis en lumière mais qui permet de mesurer l’efficacité des outils juridiques existants tout en fournissant des informations pratiques et concrètes aux équipes qui opèrent sur le terrain.

    «La lutte contre la torture est un défi qui ne peut être adressé dans son ensemble que dans une perspective à la fois préventive, curative et normative», résume Sophie Barbey, chargée des questions de détention au sein du CICR.

    Pour combattre plus efficacement toutes les formes de mauvais traitements, il est important de cerner qui sont les responsables de ces actes, et quelle est leur place dans le système auquel ils appartiennent. «Agir sur le comportement de ces personnes implique de déconstruire les mécanismes qui les ont forgés et de comprendre au mieux les raisons qui les ont poussés à l’acte», poursuit Sophie Barbey.

    Comment devient-on un bourreau et pourquoi? Quel rôle ont ces personnes dans la société? Voilà quelques-unes des questions qui seront soulevées. «Un même silence lie souvent tortionnaires et victimes de torture. Silence du déni pour les uns, silence de la peur intériorisée pour les autres. Ce silence qui cache la vérité renforce alors la culture d’impunité et érode l’interdiction de la torture et la sanction liée à de tels actes», constate le CICR.

    Séquelles irréparables

    Françoise Sironi considère que l’on ne peut comprendre «la fabrication des tortionnaires» par la seule perversité de certains individus. «Il existe un véritable travail d’initiation du bourreau […] qui rend possible la transgression des interdits et des tabous du monde ordinaire», explique-t-elle.

    Evidemment, la multiplication des conflits ces dernières années et les coups de sabre portés au droit humanitaire, expliquent que la question de la torture soit un véritable sujet de préoccupation. Mais pour les équipes du CICR, il est important de savoir se détacher de l’actualité pour nourrir une réflexion et un travail de fond. Aucun pays ou communauté n’est immunisé contre l’apparition et la persistance d’un tel phénomène, «souvent justifié ou toléré sur des bases politiques, sécuritaires, culturelles et/ou religieuses», relève l’organisation basée à Genève.

    Pour les humanitaires et les défenseurs des droits de l’homme, les actes de torture et autres formes de mauvais traitements constituent une «atteinte intolérable à la dignité de la personne humaine». Ils prétéritent aussi l’avenir. Les conséquences physiques et psychologiques pour les individus victimes de torture sont souvent graves, voire irréparables. Mais surtout, elles nourrissent le ressentiment et la haine qui perpétuent le cycle des violences.

    Lutter contre la torture CICR, jeudi 3 décembre, 18 h 30-20 h. Inscriptions


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