• Somalie : le Conseil de sécurité réclame des progrès dans le processus de révision de la Constitution

    24 mars 2016 – Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté jeudi une résolution dans laquelle il réclame des progrès dans le processus de révision de la Constitution en Somalie et décide de proroger le mandat de la Mission des Nations Unies dans ce pays (MANUSOM) jusqu'au 31 mars 2017.

    Dans cette résolution, les membres du Conseil se félicitent que le Président somalien Hassan Sheikh et le gouvernement fédéral somalien se soient engagés à œuvrer en faveur de la tenue d'élections crédibles et ouvertes à tous en 2016.

    Ils insistent sur le fait « qu'il importe que la réconciliation à travers tout le pays constitue le fondement de toute démarche en faveur de la stabilité à long terme et que des progrès soient accomplis sur la voie de la tenue d'élections universelles d'ici à 2020, notamment en veillant à ce que la Commission électorale nationale indépendante et la Commission des frontières et de la fédération soient opérationnelles dans les plus brefs délais ».

    Le Conseil insiste également « sur l'urgente nécessité de veiller à ce que des progrès soient accomplis sans plus tarder dans le processus de révision de la Constitution dirigé par les Somaliens, l'objectif étant de mettre en place un régime fédéral efficace et un large processus de réconciliation qui favorise la cohésion et l'intégration nationales ».

    A cet égard, il souligne qu'il importe de soutenir l'achèvement du processus pacifique et sans exclusive de formation de l'Etat et d'offrir des services efficaces en matière de médiation le cas échéant.

    Les membres du Conseil soulignent qu'ils comptent « qu'il n'y aura pas de report des dates butoirs fixées pour la tenue des élections, qu'il s'agisse des élections présidentielle ou législatives ».

    S'agissant de la réforme du secteur de la sécurité, le Conseil de sécurité se félicite que le Président Hassan Sheikh et le gouvernement fédéral somalien se soient engagés à œuvrer en ce sens et estime qu'il faut constituer « de manière rapide et efficace une Armée nationale somalienne ».

    Par ailleurs, le Conseil engage la MANUSOM « à renforcer son dialogue avec toutes les composantes de la société civile somalienne, notamment les femmes, les jeunes, les entreprises et les chefs religieux, à concourir à ce que les vues de la société civile soient prises en compte dans le cadre des divers processus politiques ».

    Il demande également à la MANUSOM de renforcer et de maintenir sa présence dans toutes les capitales des administrations régionales provisoires, sous réserve du respect des normes de sécurité fixées par l'Organisation et si les conditions de sécurité le permettent, afin de fournir un appui stratégique au processus politique, au processus de paix et de réconciliation et à la réforme du secteur de la sécurité.


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  • L’Organisation syrienne des victimes de guerre dénonce le système d’extermination systématique des prisonniers du régime.

    «Mon frère était un juge militaire. Ils l’ont arrêté et détenu deux ans et deux mois. Et en mars 2012, ils l’ont tué à coups de barre de fer en prison. Je veux récupérer son corps, fleurir sa tombe. Je veux que Bachar soit puni. Quelle autorité sur cette terre peut lui rendre justice?» Dans le Club de la presse de Genève, dont les murs étaient couverts de photos de corps de détenus torturés à mort dans les prisons syriennes, le témoignage bouleversant d’Hanada al Refai, de l’Organisation syrienne des victimes de guerre, exprimait avec force l’exigence de justice des familles victimes du régime.

    Une écharpe aux couleurs du drapeau national autour du cou, Hanada raconte en larmes comment elle a cherché, en vain, son frère parmi les clichés pris par «César», ce photographe de l’armée syrienne qui a sorti de Syrie 45 000 clichés de détenus morts. «Le mois dernier, la commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie a accusé Damas d’extermination systématique de détenus, assurant que ces morts massives de prisonniers étaient le résultat d’une politique d’Etat», a rappelé en préambule le modérateur de cette conférence.

    Mazen Darwich, du Centre syrien pour la liberté d’expression, évoquait quelque 100 000 à 300 000 détenus, vivants, morts ou disparus depuis 2011 en Syrie, sans compter ceux qui sont prisonniers des divers groupes paramilitaires et groupes armés. Quelque 10 000 Syriens seraient encore emprisonnés aujourd’hui dans les centres de détention du régime. «L’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie doit exiger du gouvernement syrien qu’il fournisse la liste des détenus de ses prisons», déclarait-il. Une campagne sur Internet intitulée Savetherest a aussi été lancée en janvier pour demander la libération de tous les détenus syriens.

    «Maintenant vous savez pourquoi des Syriens quittent leur pays pour venir ici», ajoutait Hind Kabawat, membre du Haut Comité de négociation et du Comité consultatif des femmes. Elle indiquait que dans le cadre des négociations en cours à Genève, «la libération des femmes et des enfants détenus avait été demandée aux autorités de Damas».

    Concernant le processus de règlement politique du conflit syrien, tous les orateurs répétaient qu’il n’y aurait pas de paix durable sans la mise en place d’une justice transitionnelle. Pour Mazen Darwish, du Centre syrien pour la liberté d’expression, cela implique que Bachar el-Assad soit exclu de la solution. Sinon «ce serait comme demander aux Israéliens d’accepter Hitler comme premier ministre».


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  • Ben Emmerson, le rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, a insisté l’autre jour à Genève sur «l’inefficacité des mesures uniquement répressives».

    Le rapporteur de l’ONU appelle les Etats à respecter le droit international dans leur combat contre le radicalisme.

    Comment concilier protection des droits de l’homme et lutte contre l’extrémisme violent? La question fait toujours débat à l’ONU. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, de nombreux Etats se sont assis sur les principes qui scellent l’existence même des Nations Unies au prétexte qu’ils devaient renforcer leur sécurité. A chaque session du Conseil des droits de l’homme, les rapporteurs spéciaux déplorent les effets de la dérive sécuritaire du moment sur les libertés individuelles et collectives.

    Les cas de détentions arbitraires explosent à travers le monde. En décembre, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a proposé un plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent pour essayer de recadrer les choses. Les abus commis au nom de la lutte contre le terrorisme «compromettent la paix et la sécurité, l’exercice des droits de l’homme et le développement. Aucun pays ni aucune région ne sont à l’abri de ses effets», avait averti le Coréen qui achève son mandat à la fin de l’année. Sa démarche a été saluée mais la question continue à opposer les défenseurs des droits de l’homme et les gouvernements.

    A Genève, Ben Emmerson, le rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, a rappelé que les recommandations portées par Ban Ki-moon visaient à inciter les Etats à mettre en place de vraies politiques de prévention. Lors de son intervention, ce dernier a insisté sur «l’inefficacité des mesures uniquement répressives».

    Les Etats n’étant pas tombés d’accord sur une définition commune du terme «extrémisme violent», certains gouvernements n’hésitent pas à en faire un usage abusif. Il arrive que la lutte contre l’extrémisme violent serve de prétexte à des reprises en main musclées. Ce qui est par exemple le cas de la Turquie, de l’Egypte ou encore du Pakistan où les affaires de terrorisme sont traitées par des tribunaux militaires.

    Ben Emmerson redoute, en outre, la généralisation de «mesures disproportionnées et discriminatoires qui ciblent des minorités politiques et religieuses, des acteurs de la société civile, des défenseurs des droits de l’homme ou des personnes autochtones». Dans son rapport, le rapporteur spécial ne ménage aucun pays. Les abus commis au nom de la lutte contre le terrorisme ne sont pas l’apanage des régimes autocratiques.

    Les démocraties courent le risque d’y perdre leur âme. Dans son collimateur, des lois de plus en plus intrusives adoptées dans l’urgence, en Europe notamment. Par le passé, le juriste britannique a pris position dans l’affaire des tortures autorisées par la CIA en réclamant l’ouverture de poursuites à l’encontre des responsables politiques et militaires américains. Ben Emmerson n’a de cesse de rappeler que l’usage de méthodes «musclées» dans la lutte contre le terrorisme n’a pas empêché l’émergence de groupes encore plus violents. Aujourd’hui, il préconise de s’appuyer sur la société civile pour empêcher certaines franges de la population, plus vulnérables aux discours radicaux, de basculer dans l’extrémisme violent.

    Le débat ouvert devant le Conseil des droits de l’homme a montré des lignes de fracture au sein de la coalition mondiale contre le terrorisme. Derrière le débat sémantique autour de la définition de l’extrémisme violent, des visions différentes du monde s’opposent. Ben Emmerson en a posé le cadre en rappelant qu’il ne pouvait pas y avoir de prévention efficace sans un engagement à respecter les droits fondamentaux de tous les individus. Ce qui revient, selon lui, à bannir toute forme de discriminations fondées sur l’origine, la religion, les convictions politiques ou le sexe.


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  • Otan : les propos très « Guerre froide » du général Breedlove

    Devant des sénateurs américains, le général Philip Breedlove, commandant des forces de l’Otan en Europe, a dénoncé le rôle de la Russie dans la déstabilisation de la Syrie, de l’Ukraine et de l’Union européenne.

    Qu’à dit Philip Breedlove sur la Russie et les migrants ?

    « Ensemble, la Russie et le régime syrien utilisent délibérément les migrants comme une arme pour déstabiliser les structures de l’Europe et casser l’unité européenne », a déclaré le 1er mars le général américain Philip Breedlove qui est à la tête des forces armées de l’Otan en Europe devant une commission des forces armées du Sénat américain.

    « Le largage de bombes du régime syrien contre les civils et la non-précision des armes utilisées par les forces russes n’ont pas d’autres raisons que de pousser les populations à fuir afin de mettre une énorme pression sur les Européens », a insisté le militaire de la bannière étoilée, dont les accents complotistes rappellent les propos utilisés fréquemment par les autorités russes quand ils évoquent le rôle des États-Unis dans le monde.

    À ses yeux, le flot des centaines de milliers de migrants syriens a déjà affecté l’Europe, des Balkans à la Scandinavie, à l’avantage de Moscou.

    Pour le général, les criminels et les terroristes d’origine européenne qui se sont entraînés à préparer des attentats peuvent se glisser parmi le flot des réfugiés et agir « comme un cheval de Troie ».

    Le général Philip Breedlove a comparé Daech « à un cancer » qui profite des failles déclenchées par l’arrivée des réfugiés. « La Russie a choisi d’être un adversaire et pose une menace grandissante aux États-Unis et à nos partenaires européens », insiste-t-il.

    Que pense-t-il de la situation en Ukraine ?

    Les combats et incidents ont augmenté dans l’est de l’Ukraine ces deux dernières semaines entre séparatistes pro-russes et forces ukrainiennes. « Pendant un certain temps, il y a eu une période relativement plus calme le long de la ligne de contact » séparant les forces ukrainiennes des séparatistes pro-russes, a-t-il expliqué devant la commission des forces armées du Sénat américain. Mais pendant ces deux dernières semaines, cela a changé, l’activité a beaucoup augmenté ».

    Il y a eu « 71 événements, escarmouches, échanges de tirs, tirs de snipers ou d’artillerie sur les dernières 24 heures, a-t-il précisé. Sur la dernière semaine, il y a eu environ 450 événements, cela montre que l’activité augmente ».

    Les Russes sont toujours « très impliqués dans la région du Donbass (est), continuant à fournir aux séparatistes aide au commandement, soutien de combat, drones, communications et protection de missiles sol-air », a-t-il indiqué.

    Ce qui est « inquiétant, c’est qu’il y a désormais de l’activité dans des zones qui étaient très calmes comme Lougansk, et que les attaques impliquent des armes lourdes que l’on pensait sorties de la zone des combats ».

    Des flambées irrégulières de violence et surtout les mines qui truffent la zone de guerre continuent d’alourdir le bilan du conflit, qui a fait plus de 9 000 morts depuis son déclenchement il y a presque deux ans.

    Les négociations de paix dans ce conflit restent au point mort alors que Kiev et l’Occident accusent la Russie de soutenir militairement les rebelles, ce que Moscou dément.


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  • Sanctions historiques contre Pyongyang

    Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mercredi 2 mars 2016 une résolution qui alourdit de façon drastique les sanctions imposées à la Corée du Nord. Elle a été approuvée à l'unanimité, y compris par la Chine, seule alliée de Pyongyang.

    Elle a été immédiatement saluée par le président américain Barack Obama, y voyant une réponse «ferme, unie et appropriée» à un essai nucléaire - le quatrième depuis 2006 - et un tir d'une fusée effectués respectivement les 6 janvier et 7 février par la Corée du Nord, en violation de plusieurs résolutions onusiennes.

    «La communauté internationale, s'exprimant d'une seule voix, a envoyé à Pyongyang un message simple: la Corée du Nord doit abandonner ces programmes dangereux et choisir une meilleure voie pour son peuple», a ajouté le président américain dans un communiqué.

    Ces sanctions «sont parmi les plus lourdes jamais adoptées contre un pays», a souligné l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft, tandis que son homologue français François Delattre saluait «des sanctions sans précédent mais ciblées».

    Séoul satisfaite

    La présidente sud-coréenne Park Geun-hye a salué jeudi matin cette nouvelle, estimant qu'il s'agissait d'un message fort pour inciter Pyongyang à renoncer à ses ambitions nucléaires. «J'espère sincèrement que le Nord va à présent abandonner son programme de développement nucléaire et emprunter la voie du changement», a déclaré Park Geun-hye.

    La présidente sud-coréenne a adopté un ton de plus en plus dur envers Pyongyang depuis le quatrième essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier et le tir le 7 février d'une fusée, largement considéré comme un test de missile balistique déguisé.

    Les nouvelles sanctions «envoient un message fort de la part de la communauté internationale qui recherche la paix dans la péninsule coréenne et dans le monde», a-t-elle ajouté.

    Interdictions et restrictions en masse

    Pour la première fois, les pays membres de l'ONU seront tenus d'inspecter toutes les marchandises en provenance et à destination de la Corée du Nord. Ils devront aussi interdire aux navires soupçonnés de transporter des cargaisons illégales vers la Corée du Nord de faire escale dans leurs ports.

    Et la résolution impose de nouvelles restrictions aux exportations nord-coréennes afin de limiter la capacité du régime à financer ses programmes militaires.

    Elle interdit ainsi les exportations de charbon, de fer et de minerai de fer, sauf si les revenus générés sont utilisés pour la «subsistance» de la population nord-coréenne.

    Plus de carburant

    Pyongyang aura aussi interdiction de vendre de l'or, du titane et des minerais rares utilisés dans la haute technologie, et ne pourra plus se procurer de carburant pour l'aviation et pour les fusées.

    La résolution renforce les restrictions bancaires existantes et les pays seront tenus de bloquer tout avion soupçonné de transporter des marchandises en contrebande vers la Corée du Nord.

    La liste noire s'allonge

    La liste noire des individus et entreprises sanctionnés pour leur implication dans le développement par Pyongyang d'armes nucléaires et balistiques s'allonge avec 16 personnes et 12 entités supplémentaires, dont l'agence spatiale nord-coréenne (NADA).

    Les diplomates nord-coréens «impliqués dans des activités illicites» devront être expulsés et les dignitaires du régime ne pourront plus se procurer montres de luxe ou jet-skis.

    Quatre séries de sanctions

    La Corée du Nord est déjà sous le coup de quatre séries de sanctions internationales depuis son premier essai nucléaire en 2006 qui a été suivi par trois autres en 2009, 2013 et 2016.

    Ces sanctions ne l'ont cependant pas empêchée de poursuivre sa course aux armements, soulignaient récemment des experts de l'ONU.


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    Les rapporteurs souhaitent que la fermeture de Guantanamo soit immédiate. Ils demandent également des investigations.

    La fermeture de la prison de Guantanamo souhaitée par le président américain Barack Obama doit s'accompagner d'investigations, selon six experts de l'ONU. Ils ont demandé vendredi à Genève que les responsables de violations des droits de l'homme soient poursuivis.

    Les autorités américaines doivent assurer des investigations «indépendantes» sur des allégations de transfèrement extraordinaire, torture et détention secrète, disent-ils. L'appel est lancé par les rapporteurs spéciaux sur le contre-terrorisme Ben Emmerson, la torture Juan Mendez et l'indépendance de la justice Monica Pinto.

    Mais aussi par les rapporteurs sur la détention arbitraire Seong-Phil Hong, les disparitions forcées Houria Es-Slami et sur la promotion de l'équité sur la scène internationale Alfred de Zayas. Tous demandent que les conclusions de ces investigations soient rendues publiques et que les responsables soient poursuivis.

    Vers les prisons classiques

    Ils souhaitent aussi que la fermeture de Guantanamo soit mise en œuvre immédiatement pour que les détenus puissent être acheminés dans des prisons aux Etats-Unis. Cette mesure «doit être une priorité» du président américain et du Congrès.

    Tous les prisonniers doivent obtenir des conditions qui respectent les standards internationaux. Personne ne doit notamment être détenu en isolement prolongé. Les prisonniers doivent être légitimement accusés et poursuivis devant des cours ordinaires et ont droit à des procès équitables.

    Ils doivent dans le cas contraire être relâchés, notamment en intégrant le principe de non-refoulement, et aussi obtenir des réparations adaptées.


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  • Kinshasa - La pauvreté est le grand ennemi de la région des Grands Lacs, en crise depuis plus de vingt ans, a estimé mercredi le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila.

    Le grand ennemi dans la région des Grands Lacs, c'est la pauvreté, base matricielle des conflits récurrents dans la région, a déclaré M. Kabila à l'ouverture à Kinshasa d'une conférence sur les investissements du secteur privé, en présence du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

    Devant des représentants des États de la région, des investisseurs et les opérateurs économiques du secteur privé, M. Kabila a plaidé pour l'intégration des économies des pays de cette partie de l'Afrique subsaharienne.

    Il faut tourner définitivement et de manière irréversible la page sombre de la violence, en plus des efforts fournis dans le sens de recréer la confiance entre les États de la région, a estimé M. Kabila.

    M. Ban Ki-moon a estimé que pour briser le cycle de violence et conflits qui endeuillent la région, il ne suffit pas de régler le problème de sécurité, mais qu'il était nécessaire de fonder le développement économique et social sur des bases stables, promouvoir la bonne gouvernance et un État de droit.

    Région en proie à des crises récurrentes, la plupart des pays de cette zone fait l'expérience de la violence.

    Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril 2015 du président Nkurunziza à un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet. Plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la crise, qui a poussé au moins 240.000 personnes à l'exil.

    Les relations entre le Rwanda et le Burundi sont au plus bas, Bujumbura accusant Kigali de soutenir ses opposants, voire de servir de base arrière à une rébellion naissante.

    M. Ban, qui s'est rendu mardi à Bujumbura, a obtenu que M. Nkurunziza et l'opposition s'engagent dans un dialogue politique pour mettre fin à la crise.

    L'est de la RDC a été, quant à lui, l'épicentre de deux guerres ayant ravagé le pays entre 1996 et 2003.

    Depuis, cette partie du territoire congolais est le théâtre d'affrontements entre des dizaines de groupes armés congolais et étrangers, pour des raisons ethniques, foncières ou pour le contrôle des ressources minières.

    Le président du patronat congolais, Albert Yuma, a plaidé pour la diversification de l'économie régionale, largement dépendant des matières premières.

    En effet, en dépit de la variété des ressources naturelles dont regorge la région des Grands Lacs (minerais, pétrole, bois, etc), la majorité des pays est encore confrontée au problème de développement.

    L'intégration économique demeure encore balbutiante, a-t-il dit, dénonçant entre autres, la prédominance de l'informel, de la concurrence déloyale et du commerce illicite.

    Pour la firme américaine de services technologiques Macfadden, ces assises offrent des opportunités d'investissements spécifiques dans le secteur de l'énergie, très défaillant dans la région.

    La conférence a pour objectif de fournir des informations sur les opportunités d'affaires à haut rendement dans de nombreux secteurs: énergie, mines,agriculture, tourisme, infrastructures, télécommunications et finances.


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  • Etats-Unis: opacité sur l'élimination par drones

    Un rapport pointe de nouveau le manque de transparence sur le nombre, l'efficacité et les victimes de frappes par drones.

    Malgré ses promesses répétées, l'administration Obama s'est montrée largement incapable de dissiper l'opacité régnant autour des éliminations par drone menées par les Etats-Unis, selon un rapport d'un groupe de réflexion de Washington rendu public mardi.

    «Il n'y a eu pratiquement aucun progrès» pour améliorer la transparence sur ces frappes visant les djihadistes d'Al Qaïda, du groupe Etat islamique ou d'autres formations extrémistes, selon ce rapport du Stimson Center, déjà auteur en 2014 d'un rapport remarqué sur le sujet.

    L'administration ne fournit toujours aucune information qui permettrait d'avoir une vision d'ensemble sur le nombre de frappes dans tel ou tel pays par exemple, et sur leur bilan, y compris en ce qui concerne les victimes civiles, déplore le rapport.

    Résultat, il n'est pas possible «d'améliorer la mesure de l'efficacité et de l'utilité» de ces frappes, souligne-t-il.

    Bases juridiques manquantes

    Elle n'a pas non plus publié de documents détaillés pour «expliquer quelles sont les bases juridiques nationales et internationales» permettant de justifier ces homicides, regrette le rapport.

    Et le document souligne aussi que la Maison Blanche n'a apparemment pas donné suite à sa promesse d'enquête détaillée après la mort en janvier 2015 de deux otages occidentaux, Warren Weinstein et l'Italien Giovanni Lo Porto, dans une attaque de drone américain à la frontière afghano-pakistanaise.

    Depuis sa prise de fonction en 2009, Barack Obama a beaucoup compté sur les attaques de drones pour éliminer les chefs d'Al-Qaïda et d'autres groupes extrémistes islamistes, des zones tribales du Pakistan à la Somalie et au Yémen.

    Et le document souligne aussi que la Maison Blanche n'a apparemment pas donné suite à sa promesse d'enquête détaillée après la mort en janvier 2015 de deux otages occidentaux, Warren Weinstein et l'Italien Giovanni Lo Porto, dans une attaque de drone américain à la frontière afghano-pakistanaise.

    Avec l'emploi de forces spéciales et la formation de troupes locales, les drones armés comptent parmi les outils préférés d'un président soucieux d'éviter au maximum l'envoi de troupes américaines au sol.

    Long terme

    Mais l'efficacité à long terme des éliminations ciblées est contestée par nombre d'experts.

    La publication du rapport survient alors que l'Italie vient d'autoriser les Etats-Unis à utiliser la base de Sigonella, en Sicile, pour mener des frappes contre l'EI en Libye.

    Selon le rapport du Stimson center, plus d'une dizaine de pays dans le monde abriteraient des bases de drones américains, dont l'Afghanistan, Djibouti, l'Ethiopie, le Koweït, le Niger, les Philippines, le Qatar, les Seychelles, l'Arabie saoudite, la Turquie ou les Emirats.

     

     

     

     

     


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  • Irak : l'ONU appelle à venir en aide aux civils pris au piège par Daech

    22 février 2016 – Une responsable de l'ONU s'est déclarée profondément préoccupée par le sort de milliers de civils actuellement pris au piège par les combats dans la ville de Falloujah et le district de Sinjar, en Iraq, appelant le gouvernement à redoubler d'efforts pour reloger ces populations civiles vers des zones plus sûres, avant que leur situation ne se détériore davantage.

    Bien que l'ONU soit dans l'incapacité d'accéder à l'heure actuelle aux civils de Falloujah, dans la province d'Al-Anbar, qui reste sous le contrôle de Daech, l'ONU a reçu des informations indiquant que leurs conditions de vie se détériorent rapidement, a déclaré la Coordonnatrice humanitaire des Nations Unies pour l'Iraq, Lise Grande, dans un communiqué de presse publié ce weekend.

    « Nous recevons des rapports faisant état de famine et d'une pénurie de médicaments et de produits essentiels. Nous savons que les civils essaient de quitter la ville, mais qu'on les en empêche, et nous craignons que la situation ne deviennent désespérée », a déclaré Mme Grande.

    La Coordonnatrice humanitaire a appelé les autorités iraquiennes et le gouvernement régional du Kurdistan à respecter leurs obligations en vertu du droit humanitaire international et à redoubler d'efforts pour faciliter l'évacuation et le relogement des civils vers des zones plus sûres. Elle a aussi souligné que des mesures urgentes doivent être prises pour soulager les souffrances des personnes qui luttent pour survivre dans le pays.

    Mme Grande s'est également déclarée très préoccupée par la situation dans le gouvernorat de Ninive, où plus de 520 personnes, dont environ 250 enfants, sont bloquées depuis trois mois sur la ligne de front, à l'est des monts Sinjar.

    « C'est le milieu de l'hiver et ces personnes sont incapables d'accéder à de la nourriture, de l'eau, des abris et une assistance médicale », a-t-elle précisé, ajoutant que permettre aux familles d'accéder à des zones contrôlées par le gouvernement améliorerait considérablement leur situation.

    L'ONU estime que plus de 3 millions de personnes ont été forcées de fuir leur domicile en Iraq depuis janvier 2014 et que 3 millions d'autres vivent actuellement dans des zones sous le contrôle de Daech. Plus de 500.000 civils ont regagné leur domicile suite à la libération de certaines de ces zones par le gouvernement.


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  • Le président français François Hollande a estimé vendredi qu'il existait un risque de guerre entre la Turquie et la Russie du fait de l'implication turque en Syrie.

    La Turquie est impliquée en Syrie (...) Là, il y a un risque de guerre (avec la Russie) et c'est pourquoi le conseil de sécurité (de l'ONU) se réunit en ce moment, a-t-il dit sur France Inter.

    François Hollande a affirmé que la Russie ne s'en sortira pas en soutenant unilatéralement Bachar al-Assad, appelant à exercer une pression sur Moscou pour des négociations sur la Syrie.

    Je ne veux pas écarter la Russie de la solution. Je suis allé moi-même à Moscou pour dire à Vladimir Poutine: +Nous devons être tous ensemble pour faire cette transition politique.+ (...) Mais je ne peux pas accepter qu'en même temps qu'on négocie, on bombarde des populations civiles, a-t-il ajouté.

    Nous devons convaincre Moscou de trouver une solution politique, cela vaudra mieux aussi pour les intérêts russes, a-t-il ajouté.

    Interrogé sur l'attitude des Etats-Unis, il a rappelé que les Américains considèrent qu'ils n'ont plus à être partout présents dans le monde, comme ils l'étaient auparavant. Donc les Etats-Unis se sont mis en retrait (...) Bien sûr que je préfèrerais que les Etats-Unis soient encore davantage actifs, a-t-il dit.

    Il a rappelé que Washington avait abandonné Paris qui voulait à l'été 2013 frapper la Syrie après l'utilisation d'armes chimiques par l'armée de Bachar al-Assad.

    Qui doit prendre le relais, qui doit agir, qui doit être présent, qui doit porter les valeurs et les idéaux de la démocratie ? L'Europe. Et la France, en tout cas, en fera la démonstration, a assuré François Hollande.


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